Réalisme ou Utopie : une présentation

31/05/2005
Par

Un vieux débat à gauche. Le réformisme social-démocrate s’est traditionnellement contenté de compromis. En France, où l’âme est facilement révolutionnaire, on préfère souvent exiger le mieux ; et le bien est un mal. L’art du compromis est malaisé, cependant, car il faut dévoiler des préférences et abandonner des espoirs. Tout n’est pas idéal.

Lors du Referendum, les partisans du « non » ont avancé que le Traité constitutionnel n’était pas assez social.

Très défavorable à la partie III, compilation des traités antérieurs, les opposants au Traité constitutionnel ont préféré qu’à l’issue du vote, l’état du droit de l’UNION soit celui du Taité de Nice. Paradoxe apparent puisqu’ils font valoir que le refus de la France imposera une renégociation plus favorable à leurs vues.

Une analyse que ne partageaient pas les partisans du Traité, choisissant une amélioration certaine, fut-elle médiocre et indécise, à l’espoir incertain d’un changement.

Il reste que le choix effectué à cet égard par les partisans du « oui » comme du « non » qui se réclament de l’idée européenne trahit sans doute un clivage sur la nature de la politique : réalisme ou utopie.

Les réalistes admettent l’imperfection et le compromis, lors même que le compromis leur pèse. Les utopistes trouvent trop élevé le prix d’une renonciation à un idéal.

Il apartient à la gauche, qui veut le changement et le progrès, de se déterminer sur ce très vieux choix.

3 commentaires to Réalisme ou Utopie : une présentation

  1. egdltp le 21/07/2005 à 14 h 17 min

    ENtièrement d’accord avec vous, tant que ce choix n’aura pas été tranché comme en GB ou en Allemagne, encore que là le réalisme de gauche risque de faire regretter l’idéalisme, le camp « progressiste » dans lequel je me reconnais et auquel vous sembler appartenir n’arrivera pas au pouvoir.

  2. jules le 21/07/2005 à 15 h 06 min

    Je ne sais si le camp progressiste ne parviendra pas au pouvoir… Mais que pourrait-il en faire ? La mise en oeuvre d’une politique suppose l’adhésion des électeurs. Je ne vois pas que les adversaires du traité s’accomodent d’une réforme de l’Etat-providence. Je ne suis pas certain que les dirigeants de gauche croient à la pérennité de la politique attendue par ses sympatisans – du moins si l’on en croit l’hostilité marquée au libéralisme lors de la campagne référendaire.

    Aussi je me demande si les socialistes n’espèrent pas secrètement que les réformes soient effectuées par un gouvernement de droite ; ils en retireraient un possible bénéfice électoral et la possibilité de mener une politique libre des nécessités de la réforme. Je doute cependant que l’impopularité de la droite lui permette d’engager des réformes, ou alors, elles seront marginales, comme lecontrat de nouvelle embauche, dont les effets seront probablement limités.

  3. egdltp le 21/07/2005 à 18 h 08 min

    Le problème du gouvernement en France est qu’il ne s’audite pas, voir le traitement des rapports de la Cour des Comptes. Les décisions sont plus jugées sur la couleur politique de leur porteur que sur leur conséquences, sauf quand elles vont dans le sens de celui qui dirige. A force de s’entendre promettre tout et n’importe quoi, le citoyen est amené à se desinterresser totalement de ce qui dépasse le cadre de sa vie propre ou familiale. Un programme accompagné des indicateurs et des rendez vous d’évaluations clairs sont pour moi la condition sine qua non d’une sortie de l’ambiance actuelle. Sinon le chacun pour soi continuera de plus belle, vu que l’exemple viens de haut. Il est trop facile de demander aux autres de tenir compte des besoins de tous quand soi même on ne prévoit pas de participer aux effort communs, ou si ces efforts sont sans effet sur notre situation personnelle. Là est je pense un piste pour bousculer la doxa populaire sur l’économie et le politique.

    Sinon sur la répartition droite/gauche des changements, c’est bien la gauche qui a cassé l’ascenseur inflationiste de l’indexation des salaires sur les prix.

    Le « libéralisme » est trop vécu par le commun comme le « renard libre dans le poulailler libre », alors que c’est bien autre chose dans la lettre sinon l’esprit.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Markup Controls
Emoticons Smile Grin Sad Surprised Shocked Confused Cool Mad Razz Neutral Wink Lol Red Face Cry Evil Twisted Roll Exclaim Question Idea Arrow Mr Green