Une étude qualitative a été réalisée par Euro-RSCG sur la vision qu’ont les jeunes cadres de leurs aînés. Les résultats sont rapportés par Raphaëlle Bacqué dans un article du Monde en date du 16 juin 2005. Ils ne sont guère flatteurs pour les élites en place. Autant dire que l’aristocratie est mure pour une révolution.
Ce n’est pas à un commentaire que j’entends me livrer, mais à une clin d’oeil historique. Non pas une comparaison, qui eût supposé la rigueur scientifique, mais une impression libre. Elle ne repose sur rien d’autre qu’une association fugitive.
A la veille de la Révolution, les Etats généraux furent réunis par Louis XVI à la suite de difficulté financières qui avaient vu la succession rapide des ministres des finances. Les trois ordres furent alors invités à délibérer à Versailles.
A la suite d’une querelle liée aux modalités du vote (par tête ou par ordre), le Tiers-Etat se vit rejoindre par une partie du clergé et de la noblesse, menée par le Duc d’Orléans, frère du Roi. On a souligné, à cet égard, le rôle des puînés dans le processus égalitaire.
En effet, les fils cadets ne portaient pas le titre et étaient exclus des fonctions politiques auxquelles pouvaient prétendre leurs aînés. Et si les revendications de la noblesse à l’orée de la révolution visaient à l’amenuisement du pouvoir royal, les cadets savaient qu’ils ne profiteraient guère du succès politique de leur caste. En revanche, ils pouvaient tout espérer de l’institution d’un ordre nouveau. Voyez le rôle du Vicomte de Noailles, inspirateur de la nuit du quatre août, et puîné.
Quel rapport avec l’étude précitée ? C’est que les craquements populaires qu’on a pu mesurer lors des dernières consultations électorales, nourrissent une part de l’aristocratie moderne. Les jeunes cadres, comme les cadets d’hier, aspirent à l’exercice d’un pouvoir confisqué par des aînés auxquels ils ne croient plus. Jusque chez les patriciens, on trouve des révolutionnaires. Jadis le Duc d’orléans ; aujourd’hui, au sein des formations politques, les seconds.
Il y a derrière chaque révolutionnaire, assure Frank Herbert, un aristocrate. Aussi une situation proto-révolutionnaire ne se caractérise-t-elle pas par la révolte du peuple (voyez le 21 avril 2002), mais par l’alliance du peuple et de cette partie des élites qui a cessé de croire en ses chances de succession.
Le travail scientifique serait à faire, mais dans une société où les espoirs de promotion sociale sont faibles, où les positions se gagnent à l’héritage, où le discours du pouvoir suscite, c’est selon, rire ou affliction, la situation est mure pour une révolution. Le « Grand soir », peut-être pas. Plus sûrement, une récolte matudinale des biens et des honneurs.
le duc d’Orléans n’est pas le frère du Roi mais son cousin éloigné, issu de la branche de Monsieur, frère de Louis XIV. Mais le rôle des frères de Louis XVI les futurs Louis XVIII et Charles X a été moteur ds la révolution…
Je me couvre la tête de cendre ; vous avez, malheureusement pour mon orgueil, parfaitement raison.
Je me suis abandonné à la connaissance (superficielle) de cette traditionque le cadet des héritiers du trône de France prenaient ce titre.
La force de l’allusion en souffre, mais confirmez-moi que l’argument principal de mon billet n’est pas atteint par trop