La parrainage des candidatures, un discret nuage de paternalisme républicain

16/08/2006
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Un sondage via internet livre ses résultats – provisoires – sur l’audace de François Hollande : 49 % des répondants jugent avec défaveur la consigne donnée par le premier secrétaire de ne pas parrainer d’autre candidat que celui du parti socialiste. Mais 41 % l’approuvent.

Parmi les soutiens argumentés, Paxatagore et Hugues estiment que le parti socialiste n’a pas à favoriser des candidatures qui lui sont hostiles idéologiquement et pratiquement, ce d’autant que celles-ci n’ont aucune chance de prospérer électoralement.

Contre cette position, Krystoff (loci communi oblige), dans un commentaire sous le billet de Hugues. Et je dois le concéder, moi-même.

Brutalement : Le Parti socialiste utilise un instrument de la démocratie élective au profit d’intérêts strictement partisans. Passant, il tient les électeurs pour des imbéciles.

Plèbe stupide et sensible, par caprice, aux candidats les plus incertains. Et il est certain qu’il y a du caprice à refuser tout compromis ; à chercher le candidat dont le discours colle absolument à ses attentes. Elles sont nombreuses et diverses. Autant d’attentes, autant de candidats.

Mais voyez la solution. Puisque le peuple est incapable de frustrer ses espérances, il convient de trouver les moyens de les restreindre. C’est une forme de paternalisme républicain, mais bien peu démocratique[1]. On présuppose que les électeurs sont incapables de se déterminer en considération de l’intérêt général. En filigrane, tout de même, l’idée que le procès électoral est incapable de satisfaire à la défense de la Res publica.

Puisque les risques de la prolifération pèsent sur les socialistes, mieux à même s’assurer un gouvernement, il faut suppléer à l’incurie des électeurs et se préoccuper, en leur lieu et place, du sort du gouvernement.

Oui, mais :

Si nous sommes soumis, la faute, cher Brutus,
N’est pas dans nos étoiles, mais elle est en nous-mêmes.[2]

Si les électeurs admettent de se voir mal gouvernés par un candidat issu de la gauche dite « radicale« , je ne vois guère pourquoi ils seraient privés de cette opportunité. Le principe de la démocratie n’est pas de faire émerger le gouvernement le plus efficace, mais celui qui répond au mieux aux attentes du peuple. Le meilleur gouvernement, en démocratie, n’est pas le meilleur administrateur, mais celui qui résulte des urnes[3].

Aussi bien décelai-je, peut-être avec un peu trop d’acuité, quelques ferments de tyrannie dans l’idée qu’un candidat doit être « capable de gouverner« [4]. Et j’ajoute que la démocratie suppose que l’on puisse se voir gouverné par des incapables[5]. A s’inquiéter des talents et compétences, on peut préférer, à tout prendre, s’intéresser aux membres du Conseil constitutionnel[6].

Frédéric Rolin, finalement, propose une critique du système actuel, et des instruments de réponse. Le problème ne résulte pas d’une procédure de sélection des candidats, mais des modalités de cette procédure. La confier exclusivement aux élus conduit à confire la classe politique dans un choix endogène. Mais il existe d’autres modalités de sélection qui autorisent des candidatures souhaitées par les électeurs, sans courir le risque des postures par trop fantaisistes.

Notes

[1] La république a pour fin le bien commun ; la démocratie repose sur le choix du peuple.

[2] Shakespeare, Jules César, I. 2. v. 141-142. trad. L. Lecocq.

[3] La seule limite admissible est le respect des droits fondamentaux. Mais il ne me semble pas que le PS se soit inquiété de tels risques institutionnels ; du moins, si j’en juge par le projet qu’il présente.

[4] Le terme est de Paxatagore, qui précise : « Par capacité, j’entends simplement qu’ils ont derrière eux un staffs de gens pour former un gouvernement, des cabinets ministériels, mais aussi des élus.« 

[5] Ce qui tendrait d’ailleurs parfois à élever le brevet de démocratie que l’on peut décerner à nos institutions.

[6] Il y a au moins un membre qui n’est pas juriste de formation. Un seul membre est professeur des universités. Et il y a à peine trois docteurs, si je me souviens bien.

28 commentaires to La parrainage des candidatures, un discret nuage de paternalisme républicain

  1. sdl le 16/08/2006 à 19 h 00 min

    Il faut dans cette affaire d’oukaze hollandais voir aussi les choses dans leur aspect concret et pas seulement sur le plan des principes. J’ai entendu dire (désolé pour la précision de mes sources) qu’en 2002 les instances nationales du PS ont fait le forcing auprès de leurs cadres locaux (1ers fédéraux) afin qu’ils incitent les maires PS à parrainer des candidats ‘pluriels’ pour diverses raisons: – Gluckstein pour embeter Laguiller – Le candidat vert parce que çà la foutait mal qu’il n’ait pas ses 500 signatures – Taubira parce qu’elle est sympa… Si cet écho est exact, cela signifie que de tels candidats n’existent que parce qu’il y a une pression positive (pas simplement une absence d’interdiction)du PS pour qu’ils aient les 500 signatures. Ceci me parait être un éclairage interessant de la décision de F. Hollande. Ensuite, on peut discuter d’une réforme du système, de la désignation des membres du CC, etc… Mais c’est un débat assez éloigné de la décision en question.

  2. jules (de diner's room) le 16/08/2006 à 19 h 12 min

    Concrètement, l’exigence des 500 signatures opère un barrage à l’entrée.

    C’est peut-être justifiable pour des raisons pratiques (coût des frais électoraux financés par la nation ; et encore), mais plus difficilement du point de vue de l’expression du suffrage.

    Et je ne trouve pas que les problèmes de système et de désignation des membres du CC sont éloignés. Tout ceci participe d’une certaine vision de l’électeur et du citoyen, vision qui n’est pas sans rapport, peut-on penser, avec la désaffection de ce dernier pour les candidatures orthodoxes.

    Que le PS veule maximiser ses chances de gouverner, cela va de soi. Mais le filtre du parrainage n’a pas pour fonction d’assurer l’ordre électoral. Le premier alinéa de l’article 7 de la Constitution y répond.

    D’où ma présentation initiale. Le PS détourne une institution démocratique au profit de considérations partisanes.

  3. sdl le 16/08/2006 à 19 h 30 min

    Je crois résolument que la discipline de parti contribue fortement à l’enlisement de nos institutions.
    Mais l’aspect qui me gène le plus dans la critique de l’interdiction faite aux élus PS de parrainer un candidat non PS est en fait très prosaique: personne n’oblige ces élus à faire campagne pour leur propre élection sous l’étiquette PS et je ne crois pas qu’ils seront exclus du PS s’ils bravent l’interdit.

    A vrai dire je crois que l’interdit est de façade, que le message est surtout que le PS ne soutiendra pas en sous-main les petits candidats…

  4. Monsieur Prudhomme le 16/08/2006 à 19 h 37 min

    Pour mettre fin au « paternalisme républicain, … bien peu démocratique », il suffirait de supprimer la règle des 500 parrainages.

  5. jules (de diner's room) le 16/08/2006 à 19 h 49 min

    L’interdiction est de façade, si vous voulez ; mais il n’empêche que les présupposés sous-jacents sont douteux.

    Supprimer les parrainages, c’est à voir. Les filtres peuvent présenter une utilité, peut-être. Il reste que la multiplication des candidatures répond à l’esprit de nos institution comme à leur lettre.

  6. Monsieur Prudhomme le 16/08/2006 à 21 h 20 min

    Pour la crédibilité de nos institutions nous avons intérêt à ce que les candidats soient en nombre limité et surtout crédibles. A quoi bon avoir 20 ou trente candidats si seuls 3 ou 4 ont les capacités, la personnalité et l’expérience pour assumer convenablement la fonction ? Nous vivons une période de discrédit du politique où le désenchantement peut faire sortir à peu près n’importe quoi des urnes, du moins, on l’a vu une fois. Le pragmatisme commanderait donc de restreindre l’accès à la fonction a priori. Dans le paternalisme il y a l’idée d’une personne qui cherche à asseoir sa domination sous couvert d’une bienveillance intéressée. Je ne vois pas d’aristocratie à l’oeuvre pour préserver ses privilèges, mais il me semble que nous avons besoin d’une élite républicaine parmi laquelle choisir nos dirigeants.

  7. jules (de diner's room) le 16/08/2006 à 21 h 25 min

    Oui, mais parmi les 20 candidats, il n’appartient à nul autre que le peuple souverain de déterminer qui a les capacités qu’il estime nécessaire.

    La tyrannie se présente rarement sous les atours de la brutalité. il se peut même qu’elle estime faire le bien et assure la suvegarde de la chose publique. Mais c’est bien de la tyrannie que la démocratie se méfie.

  8. Monsieur Prudhomme le 16/08/2006 à 22 h 15 min

    Certes, mais le peuple souverain peut déléguer à d’autres le soin de faire la préselection. Après tout il délègue bien le pouvoir de voter la loi ce qui n’est pas peu de chose. Par ailleurs le suffrage universel direct n’est pas la condition nécessaire de la démocratie, sinon la Grande Bretagne ne compterait pas au rang des démocraties (les Etats-Unis non plus d’ailleurs). De plus au début de la cinquième république le président n’était pas élu au suffage universel mais par un collège de grands électeurs, preuve que le suffrage universel n’allait pas de soi pour les concepteurs de la constitution.

  9. Monsieur Prudhomme le 16/08/2006 à 22 h 19 min

    Quand j’écris « à d’autres » je pêche par imprécision. D’ailleurs « …peut déléguer le soin … » aurait suffit.

  10. jules (de diner's room) le 16/08/2006 à 22 h 43 min

    Précisément, mais dès lors que le président est élu au suffrage universel direct, on voit mal ce qui justifie le type de délégation que vous évoquez.

    Notez que je m’en moque, pour ma part, mais je n’aime pas l’on restreigne discrètement les choix que l’on prétend m’offrir.

    Cela étant, je suis libre de sanctionner le parti socialiste en lui refusant mon suffrage lors des élections à venir.

  11. sdl le 16/08/2006 à 23 h 13 min

    vous devriez voter pour pour Besancenot: vous sanctionnerez le PS sans avantager l’UMP! :) Sans rire, je crois que c’est le calcul que font beaucoup de gens…

  12. Mouaips le 17/08/2006 à 6 h 17 min

    T’affole pas Jules : c’est dans les urnes que tout ceci se jouera. Qu’y-a-t-il à débattre en démocratie avec ces hommes politiques qui résument les débats sociaux à des tactiques électorales ? à l’évidence, rien : donc, soit on est indifférent à la société dans laquelle on vit et on s’en branle, soit on s’y intéresse et dès lors, on classe ces individus parmi les nuisibles, aux côtés des fantômes du communisme, des nationalistes, et des grands capitalistes.

    Il n’est d’ailleurs pas inimaginable, puisque trois années d’élections consécutives sont à suivre, que cette décision marque le tant attendu acte de décès du PS français, que personne ne regrettera (il va sans dire qu’en ce qui ne concernera que ma petite personne, je joue cette carte à fond dans le cadre de mon action militante personnelle) : et l’heure à laquelle je poste plaidera certainement en faveur de la présomption d’énergie dans l’engagement.

  13. Sr le 17/08/2006 à 7 h 58 min

    « Le principe de la démocratie n’est pas de faire émerger le gouvernement le plus efficace, mais celui qui répond au mieux aux attentes du peuple. Le meilleur gouvernement, en démocratie, n’est pas le meilleur administrateur, mais celui qui résulte des urnes. »

    Est-ce bien sûr ? Vous raisonnez sur la question qui hante, depuis Platon, ce qui est devenu la science politique : qui doit gouverner ? Laquelle amène toujours des réponses du type : les philosophes, les prolétaires, ceux qui combattent, ceux qui paient les impôts, le peuple (ou ses élus, aussi incompétents soient-ils), Moi…

    Karl Popper avait proposé de poser différemment la question : comment s’assurer que les erreurs du gvt seront corrigées ?

    La démocratie apparaît alors comme le meilleur moyen, mais non plus comme une fin en soi. Ce qui l’amène notamment à préférer le scrutin majoritaire à la proportionnelle (www.radicalparty.org/party/popper_fra.htm)

    Il me semble que la restriction à l’entrée dans la course à la présidentielle répond au même objectif. A moins que vous ne puissiez me soutenir, « les yeux dans les yeux », que le deuxième tour de la dernière présidentielle était parfait puisque c’était celui pour lequel le peuple avait voté ?

    Ou bien, en l’absence d’une véritable volonté collective, n’est-ce pas plutôt qu’un certain nombre d’électeurs se sont plantés dans leurs anticipations ? Mais alors que reste-t-il du meilleur gvt élu si les électeurs se trompent ?

  14. Clic le 17/08/2006 à 10 h 13 min

    Je suis complètement Jules sur cette question. Pour Platon, la démocratie n’est pas le système idéal, mais il est bien ce que Jules présente: le gouvernement de n’importe qui, choisit par le tirage au sort. C’est Rancière qui m’a ouvert les yeux là dessus (et Bernard Manin). Depuis Tocqueville la démocratie n’est ni une fin ni un moyen, mais le fondement de la vie sociale: l’idée que nous vivons nos relations comme si nous étions égaux, alors que nous savons bien que nous ne le sommes pas. Il n’est pas difficile de trouver des textes de Rancières sur internet, mais je vous en donne une petite citation: « La démocratie n’est ni la forme du gouvernement représentatif ni le type de société fondé sur le libre marché capitaliste. Il faut rendre à ce mot sa puissance de scandale. Il a d’abord été une insulte : la démocratie, pour ceux qui ne la supportent pas, est le gouvernement de la canaille, de la multitude, de ceux qui n’ont pas de titres à gouverner. Pour eux, la nature veut que le gouvernement revienne à ceux qui ont des titres à gouverner : détenteurs de la richesse, garants du rapport à la divinité, grandes familles, savants et experts. Mais pour qu’il y ait communauté politique, il faut que ces supériorités concurrentes soient ramenées àun niveau d’égalité première entre les « compétents » et les « incompétents ». En ce sens, la démocratie n’est pas une forme particulière de gouvernement, mais le fondement de la politique elle-même, qui renvoie toute domination à son illégitimité première. Et son exercice déborde nécessairement les formes institutionnelles de la représentation du peuple. » On peut trouver ça dangereux, on peut préférer le gouvernement des élites (la république), mais dans ce cas, je crois qu’il faut être cohérent et cesser de se présenter, quand cela nous arrange, comme des démocrates. Or, malgré tout, je crois que nous y sommes attachés.

  15. jules (de diner's room) le 17/08/2006 à 11 h 56 min

    Il y a deux hypothèses, Sr.

    Dans la première, les électeurs étaient mal informés, et il sont voté en méconnaissance de cause.

    Dans la seconde, ils étaient informé, et ont voté en connaissance de cause.

    J’hésite entre les deux. Il est probable que beaucoup de ceux qui n’ont pas voté pour Lionel Jospin n’espéraient pas que J.-M. Le Pen soit au deuxième tour. Mais il est très probable également qu’ils ne souhaitaient que médiocrement Lionel Jospin au second tour.

    Quoi qu’il en soit, deux observations :

    La mésinformation des électeurs en 2002 résulte de la prohibition de publication des sondages qui pesait sur le scrutin, et avait laissé apparaître une baisse singulière des intentions de vote en faveur de Lionel Jospin

    C’est ainsi que les recettes médiocres – et contraire à la liberté – des élites politiques, censées apurer les élections, se heurtent aux stratégies des gouvernés. On doit au moins aux monétaristes de l’avoir montré en matière économique.

    Par ailleurs, on ne peut écarter que les électeurs ont choisi le meilleur candidat. Qu’ils aient changé d’opinion ne change pas grand chose à l’affaire. Et je conteste ici que la démocratie ne soit pas une fin en soi.

    C’est une méthode de détermination du meilleur gouvernement fondé sur une procédure, ce que l’on peut préférer à un jugement substantiel, comme en pratiquent les religions, avec la pacification que cela suppose.

  16. Clic le 17/08/2006 à 14 h 07 min

    C’est parce que la démocratie n’est jamais pleinement réalisée dans une procédure qu’elle prend des formes (dont on peut discuter afin de savoir quelle est la plus démocratique) et qu’elle reste une fin. Pour être plus précis, on pourrait dire que la démocratie, ce n’est pas une procédure (tel mode de scrutin) mais c’est ce qui légitime ces procédures et les critique. Un gouvernement est plus légitime parce que plus démocratique, même s’il ne l’est jamais vraiment. Mais il est plus légitime parce qu’il se fonde sur l’égalité dans le pouvoir entre tous, ce qui a une certaine valeur, quoi qu’on puisse en dire (il est étonnant, entre parenthèse, que les français résument « de la démocratie en Amérique » à une critique de la tyrannie de la majorité – et par là de la démocratie -, alors que Tocqueville passe l’essentiel de ses deux tomes à saluer les vertues de la démocratie américaine).

  17. Clic le 17/08/2006 à 14 h 08 min

    bizarrement, sur mon ordinateur, mon commentaire apparaît avant celui auquel je voulais répondre…

    Je ne saurais dire pourquoi : je ne puis modifier sans toucher à la base de donnée. Trop d’efforts et un peu de risque, mais les lecteurs indulgents comprendront que vous répondiez au commentaire suivant de Sr

  18. Sr le 17/08/2006 à 14 h 11 min

    {{Et je conteste ici que la démocratie ne soit pas une fin en soi.

    C’est une méthode de détermination du meilleur gouvernement fondé sur une procédure}}

    Désolé, mais je ne suis toujours pas convaincu. Ces deux propositions me paraissent contradictoires : d’un côté, la démocratie est « une méthode de détermination fondée sur une procédure », de l’autre, elle est une fin en soi ; mais une méthode n’est jamais qu’un moyen, non une fin.

    Sauf à considérer que la fin de la démocratie est le « meilleur gvt ». Cependant, si le meilleur gvt est celui qui a été élu parce que la démocratie est le meilleur des systèmes, on tourne en rond. Je continue de préférer la conception réaliste critique de Popper : il n’y a pas de bon gvt, seul compte le fait de pouvoir les remplacer.

    Cela étant, nos divergences ne jouent qu’à la marge : modes de scrutin et conditions d’accès à la candidature pour l’essentiel. En revanche, sur le reste et notamment l’information des électeurs, je vous suis tout à fait.

    Un détail, cependant, aucune information n’étant parfaite (et surtout pas les sondages), les électeurs seront toujours et nécessairement mal informés et donc susceptibles de voter en méconnaissance de cause, avec toutes les incertitudes que cela comporte.

  19. Frédéric Rolin le 17/08/2006 à 15 h 19 min

    POur ajouter un point au débat, il me semble surtout qu’une des critiques que l’on peut faire au système tient à ce que les parrainages doivent être obtenus pour l’essentiel aurpès d’élus locaux. Je ne vois pas en quoi la représentativité d’un postulant candidat ou d’un parti à l’échelon local peut-être mis en relation avec la possibilité de présenter une candidature à l’élection présidentielle.

  20. jules (de diner's room) le 17/08/2006 à 17 h 02 min

    Sr et Clic,

    Le bien, le juste et le meilleur peuvent être conçus de façon substantielle ou procédurale.

    Une approche substantielle suppose qu’il existe un bien en soi, indépendant des modalités de sa réalisation.

    Une approche procédurale suppose que le bien résulte d’une procédure. Autrement dit, un résultat est bon dès lors qu’il procède de règles propices à le faire apparaître.

    D’un point de vue substantiel, le « bon gouvernement » est celui qui assure les missions qui lui sont confiées de la façon la plus efficace. Son mode de désignation est indifférent.

    D’un point de vue procédural, le « bon gouvernement’ »‘ ne résulte que d’un mode de désignation adequat. De la sorte, on ne tourne pas en rond en disant que «  le meilleur gvt est celui qui a été élu parce que la démocratie est le meilleur des systèmes » ». C’est même l’essence de l’analyse ; Ce qui garantit la qualité du résultat, c’est la qualité du procéssus.

    C’est en ce sens que la démocratie trouve sa vertu dans le mode de désignation qu’elle met en œuvre. La démocratie participe donc d’une conception procédurale du «  »bon gouvernement«  ».

    Professeur Rolin,

    Je souscris à votre critique, qui, je le crois, ressortit à l’idée que l’élection du Président de la république procède d’une logique plus procédurale que substantielle.

    C’est la représentativité qui vous tient lieu de critère. Et non pas les capacités, compétences, ou autres qualités substantielles.

    Je réitère du reste l’invitation faite dans le billet à lire vos propos sur le sujet.

    M’est avis cependant, que la question du parrainage – ou des investitures – ne fera pas l’économie d’une réflexion adjacente sur le financement de la campagne. Au risque de provoquer, je dirais qu’il y a quelques arguments pour libérer les modalités de financement ; cela aurait pour effet de ne pas subventionner des candidatures anecdotiques, et d’assurer que celles-ci reposent sur un engagement suffisamment large.

  21. brigetoun le 17/08/2006 à 17 h 14 min

    tout ceci est bien beau, et en outre la démocratie n’est jamais qu’un mot qui peut être interprété comme l’on veut et sert un peu à tout. Les pays de l’est se présentaient comme des démocraties et actuellement « la plus grande démocratie » décide qui mérite ou non ce nom selon des critères aussi obscurs que contestables (ou peut être pas si obscurs, ou peut être contestables d’autant qu’ils restent flous et qui seraient rejetés s’ils l’étaient) mais dans le cas présent l’important est qu’après avoir contribué à la division par l’élaboration d’un projet en vase (très) clos nous faisons tout pour que les électeurs nous repoussent et s’éparpillent sur ceux qui pourront avoir les signatures sésames, le tout pour la plus grande gloire de Sarkozy.

  22. Mouaips le 17/08/2006 à 18 h 52 min

    Jules et al. : sauf vot’respect, votre raisonnement pourrait être plus simple :

    En France, le Président de la République dispose de prérogatives très étendues parce que sa légitimité vient très directement du peuple français. C’est pour cette raison que d’aucuns considèrent que l’actuel Président de la République n’est pas légitime (dans l’esprit, s’entend).

    Avec ce que propose le PS, le futur président risque de ne pas être davantage légitime que l’actuel, puisqu’on souhaite restreindre le choix de l’électeur par des procédés d’ordinaire réservés aux contaonales ou aux sénatoriales.

  23. jules (de diner's room) le 17/08/2006 à 19 h 15 min

    Correction : historiquement, l’octroi des prérogatives a précédé l’élection au suffrage universel qui date de 1962.

  24. Mouaips le 17/08/2006 à 19 h 35 min

    I stand corrected. L’argument, pour tout à fait recevable qu’il est me semble pourtant difficile (voire périlleux) à employer pour le précédent à cet instant.

  25. Laurent GUERBY le 17/08/2006 à 19 h 42 min

    Comme le fait remarquer Sr, encore un bon argument pour la proportionnelle qui offre une bonne solution au probleme, actuellement les « petits » partis ne peuvent s’exprimer que lors de la presidentielle ce qui est un comble…

  26. Clic le 17/08/2006 à 19 h 59 min

    Mouaips: il s’agissait juste de savoir si la légitimité est fondée sur la compétence du candidat ou non. Je crois que vous allez dans mon sens (qui était celui de Jules dans son texte) puisque vous trouvez Chirac illégitime, probablement pas en raison de son incompétence notoire, mais plutôt parce que peu de français ont voté pour lui au premier tour, c’est en tout cas comme ça que je vous comprends.

    Jules: je suis bien d’accord, mais une procédure peut être construite pour sélectionner des personnes compétentes (le cas extrème, c’est le concours) or juger de procédures électorales à l’aune de la démocratie, c’est bien observer à quel degré l’égalité de tous (y compris des incompétents, c’est ce que vous disiez) y est réalisée. Au fond, il me semble que c’était là votre désaccord avec Paxatagore et Hugues… Voyons voir maintenant où apparaitra ce message (tapé à 19h58, mon Dieu je suis en retard)

  27. Mouaips le 18/08/2006 à 9 h 11 min

    Clic: Je suis d’accord avec vous : mais, d’une manière plus générale, j’observe que :

    1) Nos institutions (les françaises de 2006) ne peuvent guère fonctionner sans président de la république légitime aux yeux de tous. 2) Interférer sur la liberté réelle ou postulée de choix des électeurs par quelque procédé que ce soit affaiblit la légitimité de l’élu.

    S’il existe des contradictions dans les textes régissant nos institutions, ce qui reste à démontrer du moins, dès lors qu’on considère les lubies du Premier Secrétaire et de sa famille (politique) pour ce qu’elles sont, ce parti qui a voulu, réalisé, et fait soutenir par référendum une réforme n’a qur’à se mordre ….ce qu’il a à se mordre… Et, je rajouterai, par pure provocation, pour le PS français comme pour tant d’autres : s’ils n’aiment pas la France comme elle est, qu’ils la quittent.

  28. jani-rah le 23/08/2006 à 23 h 36 min

    Cet épisode a entrainé un débat intense sur notre forum. En effet, ce système supposerait une plus grande part de proportionnelle. En l’état, cela nécessite des tractations, l’appui de petits maires ruraux non apparentés…

    Mais en tant qu’électeur PS, puis-je accepter que mon maire paraine De Villier ou Besancenot ? …

    Un système qui assurerait plus de représentativité et moins de micro-candidat serait sûrement une bonne chose…

    Réformisme et rénovation http://rfrn.over-blog.com

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