On dit aux enfants de ne pas jouer avec l’interrupteur.
- Pourquoi ?
Parce que le fait d’éteindre puis rallumer une ampoule consomme davantage d’énergie que de la laisser incandescente.
- Et quelle magistrale idée publicitaire nous vient aujourd’hui ?
Celle d’éteindre l’électricité pour quelques minutes entre 19h55 et 20h.
- A quel effet ?
Aux fins « d’attirer l’attention sur le réchauffement climatique de la planète« , si l’on en croit les soixante-dix associations écologistes à l’origine de l’appel.
- Pourquoi ?
Je vais me permettre de citer en vrac la porte-parole de l’organisation Alliance pour la planète.
- « L’objectif est de donner la parole aux Français sur un sujet qui leur tient à coeur.«
- « Nous avons choisi les lumières pour leur symbolique forte. Cela ne va pas changer les choses. Ce n’est qu’un signal visible.«
Visible, si l’on peut dire.
Enfin, je songerai en n’éteignant ni mon ordinateur, ni mon réfrigirateur, ni mon chauffe-eau, ni mes ampoules basses consommation, ni mon téléviseur ou mon poste de radio, ni le chauffage électrique, que je vais ce soir économiser quelques beaux et bons watts d’énergie coûteuse.
Il arrive parfois que l’affliction soit profonde devant la comédie contemporaine. Mais on n’est rarement assuré de ne devoir creuser plus bas encore.
Je me souviens de l’opération « drapeau blanc » contre la violence routière et d’un pote qui voulait mettre un drapeau noir pour faire chier tous les montons pleins d’une bonne conscience achetée à peu de frais… Hulot et son pacte inutile servait aussi à ça d’ailleurs.
Bizaremment, c’est un mec qui possède un 4X4 qui m’a envoyé le mail pour les 5 minutes. Un beauf de droite qui s’achète une conscience.
Notez ceci : un ordinateur portable consomme (typiquement, environ) 4 fois moins de courant qu’un fixe.
L’heure d’électicité pour un ordi de bureau doit tourner aux alentours de 0.05 E.
Swâmi a réfléchi au fait que l’électricité n’est pas stockable… donc… peut-être super mauvaise idée, en fait! http://petaramesh.org/post/2007/02/01/Manif-electrique
Ah, y’a de la concurrence, ce soir. Du coup, je préempte pour mon billet de demain l’analyse sociologisante de la législation anti-fumeurs.
Ma saute d’humeur contre ton vrai billet ?
Je ne sais pas si on peut appeler ça de la concurrence.
Je n’y avais pas pensé, en effet, les interrupteurs (et les lampes à incandescence aussi, certainement) se comportent comme des bobines dans les éclairages/extinctions, c’est pour ça que les vieux interrupteurs font des étincelles (quand on met en équation, ça saute aux yeux, l’intensité tend vers l’infini pendant un très court laps de temps). D’autant plus que ça risque de déstabiliser le réseau électrique, ce genre de bêtises ^^.
L’exemple de Facultatif juste au dessus est aussi très bon : on est englué pour raison purement économique dans des architectures matérielles très consommatrices d’électricité, totalement gaspillée en chaleur (et le plus drôle, c’est qu’il faut encore de l’électricité pour refroidir le truc), tandis que des architectures RISC de type ARM ou MIPS sont très puissantes et ne chauffent pas (qui s’est déjà brûlé avec son téléphone portable ?), preuve que l’on pourrait faire, mais que l’on ne fait pas (les Chinois sont moins mijorés, apparemment : http://linuxfr.org/2007/02/01/22002.html ; ça risque de bien bouleverser le marché si ça marche
).
Mais en attendant, on pourra toujours éteindre ses lumières pour faire trop bien semblant (surtout que je ne suis jamais chez moi, à cette heure-là ; d’ailleurs, ce serait cool si la salle Pleyel pouvait éviter de s’y mettre ^^).
Vous êtes sur de ça ??? le fait de les éteindre et de les allumer use plus vite les lampes à incandescence, mais cela ne dépense pas plus d’électricité. Ce raisonnement est peut être différent pour d’autres types de lampes, comme les tubes fluorescents (vulgairement et improprement appelés « neons ») qui utilisent une sorte de starter à l’allumage, et qui dépensent donc probablement un peu plus. Mais je doute que cela corresponde à plus de quelques secondes d’utilisation… et encore.
Petite réflexion de quelqu’un qui a des bases en électricité :
si beaucoup de monde (trop?) éteignent leurs appareils en même temps, la production sera supérieur à la consommation. Problème non? surtout que cela sera soudain.
si beaucoup de monde (trop?) allument leurs appareils en même temps, la production sera inférieur à la consommation. Problème non?
et pour finir, il me semble qu’un appareil en allumage provoque un appel de courant non négligeable. Ca sera rigolo si tout saute ^^
Parce que le fait d’éteindre puis rallumer une ampoule consomme davantage d’énergie que de la laisser incandescente
Le problème n’est pas tant là que dans le fait que si, par exemple 10 millions de foyers rallument leurs ampoules à 20h00, cela génère un pic de consommation brutal sur le réseau qui ne peut être absorbé qu’en sollicitant de moyens de production de type centrales thermiques au gaz, au charbon ou au fioul, c’est à dire des moyens de production à fort dégagement de CO2. Donc l’opération aura certainement un impact écologique négatif. Mais c’est souvent le problème avec les écolos, leurs raisonnements manquent un peu de consistance et de cohérence scientifique…
Le but principal de cette opération était à mon avis de montrer que les gens sont réceptifs aux problèmes qu’engendre notre consommation croissante en énergie. Alors si cette méthode de sensibilisation n’est certes pas idéale pour certaines des raisons citées plus haut, je trouve qu’elle a au moins le mérite d’exister. Que proposent les détracteurs de ce genre d’initiatives? Ne rien faire, ne pas en parler, ne pas modifier ses habitudes (au cas où ça risquerait de faire changer les choses…)? En affirmant ceci, on sort clairement du cadre de la « bonne pensée » actuelle. Super! Mais cette position est-elle réellement tenable? C’est trop facile de juger les « moutons » qui se donnent bonne conscience quand soi-même on ne s’engage pas. Allez, au boulot, aidons-les ces pauvres écolos qui manquent de cohérence!
Personellement, j’ai quand même trouvé le procédé commode pour savoir sur quelle planète vivaient chacun de mes voisins : il m’aura suffi de faire un petit tour dehors pour regarder les fenêtres. En période de campagne et à des fins parfaitement militantes, ce sera certainement très utile pour toucher effectivement cette partie silencieuse et discrète de la population qui laisse dire et n’en pense pas moins.
@Krystoff : et le problème avec les blogueurs c’est qu’ils ironisent toujours sur tout. Je ne suis pas sûr que les centrales à fioul ou charbon aient une telle réactivité, j’aurais plutot pensé que le choc temporaire était absorbé en pompant de l’eau en amont des barrages, pour ouvrir les vannes ensuite.
De toute facon personne n’a prétendu que l’action était écologique en elle-meme, il s’agissait juste d’une action de lobbying des associations écolos – et de diffusion, par un geste qui ne coute rien, des idées écolos dans la population. Une facon de faire accepter plus tard des gestes plus couteux ?
La mesure est symbolique. Si elle peut amener quelques ados (nom de Dieu! tu vas éteindre ta lumière!) à éteindre quand ils sortent de leur chambre ou de la cuisine, c’est déjà un résultat.
Et dire qu’éteindre et rallumer consomme davantage d’électricité que de laisser brûler me semble spécieux.
Car si j’éteins deux ans…
EDF n’a pas eu l’air d’estimer qu’une hausse de la consommation avait été observé du fait de la coupure, du moins, si j’en crois leurs communiqués de presse.
Je suppose que ça n’empêchera pas quiconque y trouvera intérêt de trouver quelques dizaines d’experts appointés pour prétendre le contraire la prochaine fois et tous les porte-voix requis pour relayer ce message catastrophiste. Ce qui permettra, au fond, de contribuer à l’édification du citoyen par la comparaison entre prédictions expertes et faits.
Remarquez que s’ils avaient demandé d’éteindre nos montres, réveils et horloges pendant cinq minutes, on aurait été un peu embêtés pour retrouver l’heure exacte…
hum ! Je me rappelle qu’ici, on a su me dire que je n’étais pas juriste et que mes propos étaient sots.
Puis-je faire remarquer à Jules qu’il apparait aujourd’hui évident qu’il n’est pas électricien ? et que :
« Parce que le fait d’éteindre puis rallumer une ampoule consomme davantage d’énergie que de la laisser incandescente. »
est une ineptie ?
Au mieux vous claquez votre ampoule, mais en éteignant, même très peu de temps, vous aurez forcément moins consommer qu’en laissant allumé.
Et d’ailleurs, vous pouvez le vérifier vous-même, avec votre compteur.
Vous jouez avec votre interrupteur pendant 2 mn et puis vous laisserez ensuite votre lumière allumée pendant 2 mn, et vous verrez ce qu’il en est.
Et n’oubliez pas de nous tenir au courant.
Je crois savoir – mais l’on me corrigera – que l’allumage d’un appareil électrique produit un appel de courant plus élevé que le maintien de la tension existante.
De sorte que, par exemple, on peut calculer l’exigence en énergie de l’allumage d’un ordinateur. Et en conclure quelle est la durée d’extinction minimale (20 à 30 mn) pour autoriser de réelles économies d’éenergies.
Pour les ampoules à incandescence, me semble-t-il, ce problème de la surconsommation à l’allumage dépend de la résistance. C’est qu’en effet, il l’exigence d’énergie pour porter l’ampoule à incandescence est plus faible lorsque l’ampoule est à température adéquate.
En tout état de cause, les allumages trop fréquents diminuent la durée de vie de l’ampoule et engendrent du gaspillage.
Sur les appels de courant : ils sont en effet plus forts à l’allumage pour beaucoup d’appareils, mais, même pour un ordinateur, la différence n’est pas telle qu’il faille 20 ou 30 minutes d’extinction pour la compenser ! Tout au plus quelques secondes.
Cet appel de courant est source d’un nombre de pannes bien plus élevé à l’allumage qu’en fonctionnement, c’est typique pour les ampoules à incandescence qui claquent lorsqu’on les allume, mais c’est aussi le cas de beaucoup de matériel électronique.
C’est en raison de ce risque accru de panne, et non de la surconsommation temporaire, qu’on déconseille de jouer avec les interrupteurs.