Oui, il faut féliciter les argentins.
Car ils ont vaincu, et fort bien.
On pourra grogner au relâchement de l’équipe de France, mais enfin, ce ne serait pas très juste. Après tout, ils ont tenté de se battre.
Tenté, et échoué.
Lorsque l’on reviendra sur cette coupe du monde, il n’y aura pas de quoi pavoiser.
Contre les argentins, qu’il faudra peut-être apprendre à ne pas mépriser, deux défaites.
La condescendance avec laquelle on rappelle qu’ils ont vaincus six fois sur les sept dernières rencontres laissait entendre qu’ils ne le devraient pas. Dirait-on des blacks : « Attention, ils nous ont battu six des sept dernières fois » ?[1]
Contre les anglais, une défaite.
Contre les »blacks, un miracle.
Parmi les nations importantes du rugby, l’équipe de France a battu des irlandais pâles comme la pluie. Et c’est bien tout.
On peut s’en prendre aux règles. Les regroupements laissent la part belle aux défenses. Certes, mais c’est ainsi que l’on triomphe des neo-zélandais.
On peut s’en prendre aux équipes. Brutalement simple, la tactique anglaise. Bien agaçante, l’attaque au ras des argentins.
Peut-être, mais on sait aussi jouer à la main en Argentine. Et lorsque l’équipe de France se met en grève de placages, le puma se fait une joie à porter le ballon dans l’en-but, fort civilement et promptement.
La tristesse des équipes adverses était due pour une part à la qualité de la défense française. Contre le roc, on ne se jette pas ; contre la falaise, on ne saute pas ; contre la défense française, on creuse à coup de regroupements, mètre à mètre. Les français auraient-ils voulu jouer à la main que leurs adversaires y auraient gagné des espaces. Comme hier soir les argentins.
Mais une défense puissante ne suffit pas à défaire les ambitions simples et pratiques des jeux argentins et anglais.
Car, d’où qu’on le prenne, et quelque soit la tactique en place, il faut être plus fort pour vaincre. Et la France fut friable et faible.
L’invocation du manque de chance – « cela s’est joué à peu de choses » – qui accompagne sûrement les défaites, masque quand même une certaine régularité dans la médiocrité.
A peu de choses, encore, contre les argentins hier au soir ?
Le match des « occasions manquées« ?
Cela sonne comme les commentaires entendus au soir des défaites renouvelées contre les équipes italiennes en football, autrefois.
Je n’ai pas eu le sentiment de voir hier soir une défaite du détail. Certes, on sentait que l’envie avait été fabriquée pour l’occasion ; et qu’elle ne baignait pas l’équipe d’une rage de combattre. Ou par intermittence. Cela s’est vu surtout en défense. L’absence de rigueur a montré combien l’équipe de France sait bien défendre, souvent.
Et en creux, on a pu voir encore combien elle ne sait plus attaquer, se contentant de défendre en avançant, repoussant l’adversaire jusqu’à son en-but lorsqu’elle gagne.
Le constat du match d’hier, apaisé – affadi – de l’enjeu de la compétition, laisse deux amertumes.
Celle de n’avoir voulu combattre pour l’honneur.
Celle de ne plus savoir combattre lorsqu’on le veut.
Notes
[1] Ils nous ont battu sept des huit dernières fois.
C’est étrange, tout le monde semble avoir trouvé l’arbitre irréprochable. Ou alors, le commentateur de rugby ne s’abaisse pas à remettre en cause ce genre de décisions.
Oui, il est d’usage que les cancres condamnent les correcteurs.
Mais en effet, ce n’est pas l’usage, au rugby, de faire peser le poids d’une défaite sur l’arbitre.
De même qu’on ne se roule pas par terre en geignant, car la terre, c’est l’humiliation.
maii si on peut malgré tout prétende à etre champion du monde…
Ouf ! J’ai eu peur : j’ai craint un instant que vous ne parliez des négociateurs français à Lisbonne, doont on aura pas à priori à se plaindre…
Ai-je dit que l’arbitre portait le poids de la défaite ? Heureusement, non. Mais comme il a été démontré que la France avait largement bénéficié des erreurs de l’arbitre contre les Blacks, celui-là (néo-zélandais…) n’a pas été exempt de reproches.
Et je pense ça même en ne découvrant pas le rugby à l’occasion de la Coupe. Comme quoi, on peut être capable de dire que l’arbitre n’est pas un Dieu sur Terre qui ne faillit pas sans être étranger à ce sport.
ne plus savoir combattre lorsqu’on le veut
certes, c’est la triste morale de l’histoire
on doit aussi se poser la question des joueurs – les gens disent, notamment certains comme michalak, que les joueurs ont le potentiel pour faire autrement – mais peut-on vraiment faire mieux avec les joueurs sélectionnés?
qui a vu marty réussir une passe? ou même envisager de faire une passe? le critère de sélection, c’était la qualité de la défense
la rotation et l’incertitude pesant sur les joueurs ont eu comme conséquences : – de ne pas construire un fond de jeu – de faire se taire les râleurs, car celui qui osait l’ouvrir ne jouait plus. aucun n’a osé, tous ont alors fait sur le terrain ce qui était demandé par le sélectionneur. diviser pour régner, comme le fait d’avoir 3 ou 4 capitaines…
on peut aussi se demander si les joueurs français en devenir jouent le jeu de la sélection en restant remplaçants dans certaines grosses écuries comme le stade français on dit ce que l’on veut du foot, mais on n’imagine pas le numéro 10 de l’EDF cirant le banc d’un grand d’europe : c’est un titulaire en club
bref, 8 ans de préparation pour arriver à ces constats, c’est triste
le nouveau sélectionneur a du boulot!
Bsr a tous !!! je pense que ce qui est triste et inquietant ( surtout lol ) Dans tous les sports les francais ont etaient attristant. N’ya t’il pas des remises en questions ?
on parle plus du sportif-money que de leurs performances, c’est vrais si vous suivez ce qui est dit a chaque fois et dans leur cas, perdre ou gagner pour un certain nombre de joueurs qu cela change pour eux ? Rien…Car ils gagneront comme même pas mal d’argent, ou est la vrais motivation du sport ?
Par chance, j’ai raté la diffusion de cette petite finale qui m’aurait probablement déprimée. Ce n’est que vers 23 heures qu’ayant terminé toutes mes tâches domestiques (dont le remplacement d’une batterie automobile, chose dont je ne suis pas familier), je m’exclamai : Je me précipitai alors sur Internet et devant le 34 à 10, je me suis dit qu’une fois de plus, comme vous le dites si bien en conclusion, et malgré toutes les déclarations d’avant match, rien n’a été fait pour tenter de conquérir la 3ème place, de prendre une revanche sur le « match aller » des poules. Exactement comme il y a 4 ans contre la Nouvelle-Zélande.
Tout ceci est assez dépitant.