La société générale a-t-elle creusé ses pertes ?

25/01/2008
Par

Une chose m’étonne depuis hier, en lisant la presse.

On fait peser sur l’arbitragiste indélicat l’extravagance des pertes de la Société Générale.

Et pourtant, c’est bien cette dernière qui a dénoué les positions prises par son employé, passant ainsi de pertes virtuelles à des pertes réelles.

Le trader, en effet, intervenait sur le marché des futures. Ce qui signifie qu’il passait des contrats à terme en spéculant sur l’évolution du prix du référent. Il avait omis, cependant, de couvrir ses positions, de sorte que la Société Générale se trouvait engagée pour des montants importants[1]. Ceci, cependant, ne suffit pas à explique pas les pertes.

En effet, le contrat à terme se dénoue à un horizon fixé par avance[2] ; quelques semaines en principe.

Notre joueur avait donc passé en début d’année des contrats à terme sur indices en spéculant à la hausse de ces derniers. Les premiers jours de janvier montrèrent que les indices chutaient lourdement – environ 12 à 15 % sur la période, ce qui n’est pas mince. En conséquence de quoi, la Société Générale risquait de faire face à des engagements encore plus considérables au terme.

D’où l’inquiétude des dirigeants.

D’où leur réaction : déboucler les positions pour éviter l’aggravation des risques.

Problème, les risques de pertes au jour de la décision s’élevaient à 1,5 milliard d’euros. Mais du fait des remarquables résultats des indices européens lundi et mardi, celles-ci se haussèrent à près de 5 milliards.

Autrement dit, l’on est passé d’un risque de perte de 1,5 milliard ou plus à une perte certaine de plus du triple.

Mieux encore, en dénouant ses positions sur l’indice, la Société Générale a peut-être accru la baisse de son titre et celle des indices – alors porté par les valeurs bancaires ; en sorte qu’elle a nourri ses propres pertes sur les futures.

Autant dire que ce sont les décisions des dirigeants de la Société Générale qui ont causé les pertes effectives.

Quant à savoir si les pertes auraient été inférieures ou supérieures, on en jugera aux échéances des contrats à terme[3].

Bien sûr, je n’aurais pas aimé être à la place des dirigeants ; et je concède que le maintien d’une position haussière dans un environnement turbulent et tendanciellement baissier constituait un risque inquiétant.

Mais il reste que la Société Générale a largement participé à son propre dommage. Et qu’elle a beau jeu de se défausser sur l’imprudence et les manoeuvres de son employé.

Au fait, un mot sur les actionnaires de la Société Générale.

Ceux-ci sont censés supporter les pertes de la société. De surcroît la chute de la valeur du titre ne constitue pas pour eux, en principe, un préjudice réparable. En effet, les juges considèrent que la perte de valeur affecte tous les actionnaires, en sorte que le dommage subi n’est pas personnel.

En conséquence de quoi, nonobstant les fautes des dirigeants[4], il est fort douteux que les actionnaires fussent réparés de la perte de valeur de leur titre.

Notes

[1] En tant qu’arbitragiste, il était censé prendre des positions à moyen terme couvertes par d’autres position de court terme sur d’autres marchés ; les maigres différences d’ajustement constituant la rémunération de l’arbitragiste.

[2] Quoique les pertes potentielles – au gré de lévolution du référent – sur futures soient appelées chaque soir par une chambre de compensation.

[3] En tenant compte de ce que les actes de la Société Générale ont pesé sur l’indice.

[4] On pourra leur imputer celle de la supervision de l’employé indélicat.

33 commentaires to La société générale a-t-elle creusé ses pertes ?

  1. Question le 25/01/2008 à 12 h 27 min

    Bonjour
    Concernant le debouclage rapide de la position qui a entraine plus de pertes, c’est une procedure normale: vous avez une position a probleme,
    - soit vous la debouclez de suite en risquant effectivement de creer des pertes mais vous arretez le risque d’aller encore plus loin,
    - soit vous attendez mais ca peut etre pire, mieux, pareil, bref, c’est l’inconnu et l’inconnu doit etre evite le plus possible… et donc leur decision de tout deboucler le plus vite possible est ‘logique’ et je pense qu’ils savaient que les pertes ne se limiteraient pas a 1.5M mais a plus… En attendant de voir, les pertes pouvaient etre pires. Cette partie la de l’affaire ne m’etonne pas…
    Par contre tout le reste… ;)
    Alex

  2. Facultatif, coiffeur en ville le 25/01/2008 à 12 h 32 min

    Il était quand même regrettable, pour une banque vedette française des produits dérivés sur actions, de constater que ses positions étaient frauduleuses. Et quel malheureux hasard que de le découvrir exactement le mauvais jour, ne trouvez-vous pas ? Il est certainement quelque peu rétrograde de considérer de manière quelque peu maniaque que jouer à un jeu implique d’en accepter les règles, mais comme disait succintement le Maître de Guerre, à la guerre, au poker ou en matière de finances : « Pas de c…, pas d’embrouilles » : parfois, l’arbitrage est à faire entre la cause et son soldat.

    Nerves.

  3. Monsieur Prudhomme le 25/01/2008 à 13 h 08 min

    « Il avait omis, cependant, de couvrir ses positions » Est-ce illégal ? En quoi y a-t-il eu fraude dans cette affaire exactement ? J’ai du mal à comprendre…

  4. Beber le 25/01/2008 à 13 h 34 min

    Monsieur Prudhomme > Je ne pense pas que ce soit illégal, mais c’est idiot.

    Jules > Mais si la Sogé avait gardé un tel volume en connaissance de cause, n’aurait-elle pas été dans l’illégalité ?

  5. Vonric le 25/01/2008 à 13 h 46 min

    Globalement d’accord avec Jules. Concernant la remarque 2 sur les appels de marge journaliers liés aux futures, on pourra s’étonner a juste titre du fait que personne ne s’était aperçu de cela… j’aimerais mieux comprendre…

    J’ajoute un commentaire sur le rôle des dirigeants. Lorsqu’on paye des millions un board de directors de banque, on s’attend au moins a un peu de sang froid lors d’une situation difficile. Or si la décision est mécanique, et se borne a dire « on vend », ma fille de 3 ans peut le dire. Doit-elle être rémunérée quelques millions ? (bonnes âmes, c’est par ici…)

  6. jules (de diner's room) le 25/01/2008 à 13 h 49 min

    Question,

    Oui, comme je le dis, j’aurais été bien marri de devoir faire le choix des dirigeants.

    Cela dit, je les trouve un peu rapides dans leur attribution de l’ampleur du préjudice à leur employé.

    Ce d’autant que le déblocage – si j’ai bien suivi – s’est déroulé au cours de la journée de lundi et de mardi, soit en pleine chute de cours. Une chute si brutale que l’on pouvait raisonnablement penser qu’une correction interviendrait. Ce qui est du reste arrivé en fin de semaine.

    Bref, si le déblocae était mené aujourd’hui, et ceteris paribus, la perte effective serait sans doute inférieure au millard cinq cent mille euros.

    Pour le reste, il n’est rien de contraire à la loi dans les différents actes passés, du moins à l’égard des tiers.

    Mais au sein de la Banque, le salarié devra répondre à l’égard de son employeur, de même que les salariés chargés du contrôle s’ils ont commis des fautes ; de même encore que les dirigeants s’ils s’avère que leur surveillance a été négligente.

  7. Beber le 25/01/2008 à 14 h 05 min

    > Pour le reste, il n’est rien de contraire à la loi dans les différents actes passés, du moins à l’égard des tiers. Même au niveau des clauses de solvabilité et autre Bâle 2 ?

  8. jules (de diner's room) le 25/01/2008 à 14 h 11 min

    Et bien, c’est le genre de chose qui se juge à échéance ; d’ici là, l’augmentation de capital aura passé.

    Et puis le risque est faible de voir la commission bancaire sanctionner. Au pire enjoindrait-elle l’établissement de crédit de respecter les ratios.

    En passant, les principes de Bâle II ne sont pas directement applicables, mais sont issus d’une directive transposée en France au début 2007.

  9. Poil de lama le 25/01/2008 à 14 h 16 min

    Excusez-moi si je ne comprends rien aux subtilités de la finance moderne: je ne suis qu’un salarié de bas de gamme qui gagne de l’argent (très peu) en se levant tous les matins pour aller gratter. Mais quelqu’un pourrait-il m’expliquer en peu de mots pourquoi mes deux hypothèses préférées dans cette histoire sont totalement dénuées de vraisemblance?

    1) Les dirigeants de la Société Générale mentent effrontément et prennent (et apparemment à juste titre) leurs actionnaires pour les derniers des cons?

    2) (beaucoup, beaucoup moins vraisemblable) Les dirigeants de la Société Générale ont magistralement fait la preuve de leur totale incompétence alliée à une effarante irresponsabilité, devraient être foutus à la porte avec perte et fracas, mis en garde à vue avec des bracelets aux poignets quand ce ne serait que pour leur apprendre à vivre, et très vite retrouvés pendus dans leur salle de bain à côté d’un mot disant « pardon, pardon, pardon »?

    Il y a en tout cas une chose dont je suis sûr: si j’avais fait subir à mon employeur, fût-ce par négligence, des pertes non pas égales à celles de la SG, mais bien 200 000 fois inférieures (c’est ce que je peux envisager dans mes cauchemars les plus fous)… eh bien sans l’ombre d’un doute j’aurais passé la nuit dernière en garde à vue, y compris dans le plus grand respect de la présomption d’innocence. Et je n’aurais même pas eu l’idée de m’en plaindre!

    C’est moi qui suis fou ou c’est toute la planète financière?

  10. jules (de diner's room) le 25/01/2008 à 14 h 22 min

    Vos deux hypothèses sont dénuées de vraisemblance parce qu’elles ne s’appuient sur rien de tangible.

    Par ailleurs, je puis vous assurer que si vous étiez mis en garde à vue pour un simple soupçon négligence, vous pourriez crier à la séquestration. De sorte que la chose dont vous êtes sûr n’a aucune chance de se produire.

  11. Poil de lama le 25/01/2008 à 14 h 28 min

    Je crois que nous ne vivons pas sur la même planète.

  12. Alexandre delaigue le 25/01/2008 à 14 h 40 min

    apparemment, ils avaient une position non couverte a 60 milliards… C’est pas 1.5 qu’ils risquaient de perdre en gardant la position, mais deux fois les fonds propres.

  13. jules (de diner's room) le 25/01/2008 à 14 h 47 min

    La perte de 1.5 était celle qui était anticipée au jour précédent la décision de dénouer les contrats. Elle n’était bien sûr que potentielle.

    D’autre part, l’engagement de 60 milliards ne signifie par une perte de 60 milliards, sauf à imaginer – cas bien improbable – une valeur des indices à 0 ; ce qui aurait sans doute posé d’autres problèmes à la SocGen.

    En tout état de cause, rien ne dit que l’exposition ne se serait pas révélée bénéficiaire.

  14. Pascal le 25/01/2008 à 14 h 52 min

    Poil, en quoi vous concerne les pertes de la SG ? Vous travaillez pour la banque (ce sont eux qui s’inquietent, a juste titre, en cas de takeover)? Vous avez un compte avec eux ? Vous avez des actions ?

    Bref, ca vous coute quelque chose ?

    Les prises de risque, il y en a toujours et on entend rarement les gens se plaindre quand c’est leur sicav qui fait mieux que les autres.

    Qu’il y ait eu une faute au sein de la banque, c’est evident, mais une banque, ce n’est pas une machine, ce sont des hommes qui la font marcher avec les memes problemes humains que partout.

    Alors pour l’hypothese 1, c’est effectivment la prison qui en recevrait des dirigeants et a mon avis, ca concentre les esprits.

    Il est juste que le debouclage des positions se soit fait au plus mauvais moment, mais c’est generalement le cas croyez moi (La loi de l’emmerdement maximum s’applique toujours).

    Ceci dit, les pertes potentielles etaient largement superieures a 1.5 milliards. La preuve, ca leur a coute 4.9mlds. C’est facile a dire apres, mais j’ai l’impression que Dimanche soir, les dirigeants voyaient plutot le potentiel d’avoir a mettre la cle sous la porte. Le seul point positif des journees de Lundi et Mardi, c’est que la liquidite etait tres importante et a permis de ne pas faire trop de bruit. Parce que si ca c’etait su (nos chefs nous ont dit Mardi d’eviter de traiter avec la sg parce que les rumeurs parlaient de 40 mds de pertes…), les marches auraient chute encore plus. Et la, on ne sait pas ou ca pouvait aller.

    C’est une situation differente d’une banque qui prend des positions en connaissance de cause.

    Enfin n’oublions pas que la banque fait quand meme pres d’1 milliard d’euros de benefices, apres cette perte et les 2 mds pour les subprimes.

    J’aurais tendance a dire que leur business est plutot bon a la base.

  15. Pascal le 25/01/2008 à 14 h 57 min

    Je crois que les 60 milliards, c’est l’equivalent de la position en action reelles a travers les futures.

    C’est a dire, si vous avez 1000 euros d’action, vous perdez 10%, ca vous coute 100 euros. Les futures permettent d’acheter ces 1000 euros en n’ayant que 100 euros. C’est l’effet de levier.

    10% de 60 milliards, ca fait un peu plus…

  16. Poil de lama le 25/01/2008 à 15 h 05 min

    Pascal: oui, j’ai un compte chez eux. Depuis 1978. Mais plus pour très longtemps, cela dit: je l’ai vidé pas plus tard que ce matin. Pas par panique, que ce soit bien clair: par dégoût.

    J’ai beaucoup aimé la pub de Daniel Bouton dans les quotidiens de ce matin, notamment le passage « avec – j’en suis convaincu – le maintien de la confiance de nos clients »… Eh bien, les autres font comme ils veulent, mais en ce qui me concerne, il peut se brosser pour le maintien de ma confiance. J’ai bien noté qu’il me « priait d’accepter ses excuses ». Voilà un monsieur très bien élevé, beaucoup mieux élevé que moi sans l’ombre d’un doute. N’empêche que ses excuses… il peut les placer dans des fonds spéculatifs.

  17. Christpohe le 25/01/2008 à 15 h 26 min

    Jules je suis dans lensemble d’accord avec toi. J’ai juste un doute sur le cote reglementaire de l’affaire. En effet les positions de se trader etait semble-t-il cache et donc le risque encouru par la SG inconnu de ses dirigeants.

    En decouvrant l’affaire, la SG se devait de respecter ses engagements (BALE 2 ?). Je ne connais pas cette reglementation mais je me demande si celle-ci n’aurait pas joue un role.

  18. Pascal le 25/01/2008 à 15 h 40 min

    Poil: vous voyez, c’est formidable les marches. Non seulement ca ne vous coute rien, mais en plus vous pouvez les punir. Meme si les employes de votre agence n’y sont pour rien…

    Christophe, les reglementations n’ont a mon avis rien a voir.

    Par contre, le risque que la banque fasse faillite, il etait bien reel.

  19. Vonric le 25/01/2008 à 16 h 07 min

    Pour travailler un peu dans le milieux des activités de marché, il est d’usage de ne pas couper l’ensemble de ses poses d’un coup, mais d’opérer avec un peu plus de stratégie… cela semble toutefois inconnu des dirigeants de la SG et peut légitiment inquiéter fortement sur les capacités des seigneurs de cette banque d’élite. Y’aurait-il eu faute de la direction ? Peut importe, de toute facon c’est au choix (choix multiple possible): – l’ensemble des employés lambdas de la banque (on épargnera les grandes stars) – les actionnaires – le contribuable qui payera (payeront).

  20. Pascal le 25/01/2008 à 16 h 38 min

    Que les dirigeants n’aient pas vraiment idee de la facon de fonctionner des marches, ce n’est un secret pour personne, surtout pas dans une banque francaise.

    Couper ses poses parce qu’un trade ne marche pas bien, c’est une chose et les montants ne sont pas similaires.

    Decouvrir une position gigantesque, qui perd 1.5mds en mise au marche, ce n’est pas vraiment la meme chose. Ce n’est plus une question de se dire « mon idee ne marche pas, je sors », mais c’est que la banque survive. Et si la nouvelle etait sortie avant la coupe, que croyez vous qu’il soit arrive?

    Encore une fois, c’est facile a dire aujourdhui, mais si le Fed a coupe les taux de 0.75bp, ce n’est pas parce que les choses allaient bien, et bien malin qui aurait parie dans un sens ou dans l’autre avec le sort de la banque au final.

    Les rumeurs Mardi, c’etait 40mds de pertes.

    Ce qui est interessant de savoir, c’est qu’est ce qui se passait dans la tete du type. Parce que meme s’il avait gagne de l’argent, il aurait probablement ete vire de toute facon.

  21. Facultatif, coiffeur en ville le 25/01/2008 à 17 h 16 min

    Pascal, vous oubliez un détail : à ce jour, ou plutôt, depuis cinquante ans, les pertes des banques ont toujours fini par être couvertes soit par d’autres intérêts, soit par la collectivité.

    Donc, oui, tout le monde est concerné. Jusqu’à apurement définitif du bilan.

  22. Pascal le 25/01/2008 à 17 h 27 min

    Si ce sont d’autres interets, ca concerne qui d’autre exactement ?

    Pour ce qui est de la collectivite, faudrait quand meme pas exagerer. Ce sont les politiciens qui decident de donner l’argent des autres, les banques seraient bien idiotes de le refuser.

    L’exemple de Northern Rock est tres instructif la dessus.

    Je crois que vous vous trompez de bouc emissaire, mais en France ca fait toujours bien de critiquer le grand capital, les golden boys, les banques qui pretent trop facilement, etc…

  23. Clems le 25/01/2008 à 17 h 32 min

    Il faudrait savoir les produits concernés exactement. Car contrairement à ce que l’on croit sur certains produits on peut tout perdre en une journée (et en général ceux qui parient sur des indices).

    Donc la SG préférait perdre 5 M plutôt que tout. Ensuite en fin de mois, on doit payer ses positions à la liquidation.

    Dans un marché baissier à quelques jours de la liquidation, il est normal de préférer solder les positions plutôt que jouer l’avenir de la banque sur un coup de dés.

    D’autant plus que les 60 M évoqués correspondent à un effet de levier. Donc à des DETTES. (un levier c’est par exemple 10000 en banque mais 100000 en actions, levier fois 10, une baisse de 10 %, vous perdez la totalité de votre capital de mise, 20 % vous avez des dettes, sur un warrant vous pouvez avoir une baisse de 100 %)

  24. wxs le 25/01/2008 à 18 h 18 min

    « Il faudrait savoir les produits concernés exactement. Car contrairement à ce que l’on croit sur certains produits on peut tout perdre en une journée (et en général ceux qui parient sur des indices). »

    Exactement. On peut perdre plus de 100% en une journée avec certain produit. Or les fonds propres de la SG sont de 30 milliards…

  25. Clems le 25/01/2008 à 18 h 27 min

    Ils ont frôlé la catastrophe monumentale. Entre parenthèses en misant ainsi ils ont faussé les cours. Avant car avant autant de mouvements ils ont probablement soutenu le cac, après (et ils n’ont pas informé les actionnaires) lors de la purge en amplifiant le volume d’échange à la vente.

  26. gwynfrid le 25/01/2008 à 19 h 14 min

    Evidemment ils ont vendu dans de très mauvaises conditions. Mais l’alternative était sans doute pire: laisser sortir l’information tout en conservant la position, autrement dit, annoncer une perte potentiellement énorme mais au montant exact très incertain, risquant ainsi de déclencher une vraie panique. L’action SG n’a plongé que de 4% environ, ce qui n’est finalement pas beaucoup dans le contexte d’une catastrophe pareille. Ce n’est donc pas forcément si mal joué que ça.

  27. J M le 25/01/2008 à 22 h 35 min

    Hé, juste un truc: vous n’arriverez pas a me faire croire qu’il y avait 50 milliards sur UNE seule pose. Ou alors le gars c’est pas un joueur de base: il a des nerfs d’aciers trempé. Il devait forcément en avoir plusieurs (dans le cas peu improbable mais pas impossible non plus ou il est le seul responsable). En gros, plusieurs actifs dans différentes monnaies. Ou dans différents indices. Perso je suis pas un crack du jeu sur les indices, mais il me semble que jouer sur un seul indice n’est pas suicidaire, c’est pire.

    De plus, avouer la faute en plein marasme revient a dire a sa femme qu’on l’a trompée le jour de l’anniversaire de mariage: divorce, avocats et tout le tremblement. D’ou ma question: le fait que la société générale puisse être rachetée ne pousserait il pas certains a faire en sorte de baisser sa valeur ? (Paranoïa quand tu nous tient)

  28. JF le 26/01/2008 à 13 h 50 min

    Bonjour, Moi ce que j’ai du mal à comprendre, c’est pourquoi les politiques et l’Etat s’investissent autant dans le problème. Je n’ai pas réussi à voir quel est la répartition en détention du capital de la SG, j’ai juste vu que la CDC en possède qqchose comme 2,5%. Mais à part ça, pour moi la SG est une banque totalement privée non ? Alors si elle fait faillite, c’est sûr c’est dommage pour ses actionnaires et ses clients, ainsi que pour ses employés. Mais c’est comme ça. Ou alors la SG doit-elle considérée comme un pilier incontournable de l’économie française pour qu’une éventuelle défaillance de sa part mette tout le monde sur le pont ? J’avoue que j’ai du mal à comprendre. Il y a tous les jours des sociétés qui déposent leur bilan et laisse une ardoise non négligeable. Et que je sache, ça n’empêche pas Sarkozy de prendre ses vacances et personne ne demande aux dirigeants de chaque société qui se plante de venir s’expliquer au parlement. Alors pourquoi cette hystérie collective ? Un trader a apparemment fait une grosse connerie et ça coûte un paquet de fric à la SG. Bon. Ce n’est ni la première fois, ni la dernière. ET ALORS ? Et si la SG disparaissait du décor, en quoi cela serait-ce si grave à long terme ? ( s’entend pour la France entière… )

  29. Choublanc le 28/01/2008 à 10 h 47 min

    Je cherchais à comprendre cette affaire et je suis tombé sur cette page où, messieurs dames, vous semblez, dans l’ensemble, achement au courant. Moi, je ne connais rien du tout au monde de la finance mais j’ai cru comprendre en vous lisant, si lon en croit M. Boutton: – Un gars joue pendant un an avec 50Mds alors qu’il n’a droit qu’à 5. Et personne ne s’en apercoit pendant un an- 1- La Soge, s’est rendu compte des placements du gars 5 jours avant la grand messe de l’annonce des résultats. 2 – Les dits placements engagent des sommes qui risquent de mettre en faillite la banque donc elle n’a pas le choix, il faut tout liquider avant l’annonce des résultats. 3 – Bah merde, elle doit tout liquider, pile le jour où les marchés s’effondrent…

    Est-ce que j’ai bien compris? Si c’est ça, c’est plus la loi de « l’emmerdement maximum », ça revient à s’écraser un doigt de pied contre son armoire normande, se faire un panari immédiat, une gagrene carabiné et mourir dans l’après midi, non ?

  30. Vonric le 28/01/2008 à 11 h 58 min

    Clems> Erreur, vous n’avez pas de dette: le produit a une valeur proche de 0, pas négative. Vous n’avez des dettes que si vous avez emprunté pour acheter.

  31. Pascal le 28/01/2008 à 14 h 39 min

    Choublanc, a priori c’est une histoire de ce genre mais on en saura plus (j’espere !) apres les differentes enquetes.

    Il semblerait quand meme qu’il ait avoue avoir fait des choses qu’il n’aurait pas du faire, du genre depasser ses limites et produire des faux pour cacher ses positions.

    J’aime bien le « pas par enrichissement personnel ». En fait, c’est a cause de son bon coeur et son devouement pour la banque.

    Je me demande d’ailleurs si ses avocats n’ont pas lu ce blog, parce qu’ils reprennent l’argument de la sg ayant agrandi les pertes par sa precipitation a sortir les positions.

  32. Clems le 28/01/2008 à 19 h 32 min

    « Clems> Erreur, vous n’avez pas de dette: le produit a une valeur proche de 0, pas négative. Vous n’avez des dettes que si vous avez emprunté pour acheter. »

    Il s’agit bien de cela, jouer avec les leviers c’est acheter des produits financiers avec de l’argent que l’on a pas pour revendre avant la période de liquidation en espérant que cela monte, c’est donc un investissement « à crédit ». Votre compte de trade vous autorise toujours de jouer (à l’époque ou je faisais de la bourse du moins) environ 3 fois votre capital bcp plus sur les produits les plus risqués (paradoxalement). Si vous perdez tout vous devrez rembourser tout et si vous n’avez pas l’argent, vous avez une dette. Vous avez le même souci si vous oubliez de solder vos positions avant la liquidation (j’ai 10000 € j’achète pour 50000, je ne solde pas pour une raison x ou y, je dois donc 40000 € mais je suis propriétaire des actions)

    On peut aussi vendre des produits financiers que l’on a pas pour les acheter après si l’on joue la baisse de l’action. On appelle cela VADER.

  33. julien le 30/01/2008 à 1 h 26 min

    J’amène un peu de candeur sur ce fil de professionnels de la profession.. :-)

    Je ne suis donc ni bousicoteur ni financier, mais une chose m’a frappé en lisant tous vos posts : le fait que l’ami Kerviel ait pris des positions risquées sur des montants si importants n’a pas l’air de réellement choquer grand monde…

    On parle tout de même de 1,5 milliards d’euros de risque et de 5 milliards partis en fumée !!!

    Je travaille dans un secteur plus traditionnel que la finance et je ne connais pas beaucoup de personnes de 31 ans autour de moi qui puisse « gérer » autant d’argent(heu.. non en fait personne).

    Ce n’est pas tant le fait que Jérôme Kerviel prennent des risques qui me choquent (c’est la nature même de ce métier), c’est que quand de telles sommes sont en jeu, n’importe quel trader moyen, voire peu brillant visiblement, puissent maquiller de telles sommes sans subir de réel contrôle (ou en tout cas, il a eu la possibilité de contounrer ces controles assez facilement et pendant très longtemps)… Quel potentiel de « tricherie » pour un cador du front office alors ??? (ok, cette question est un peu démago mais c’est pas grave :-) )

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Markup Controls
Emoticons Smile Grin Sad Surprised Shocked Confused Cool Mad Razz Neutral Wink Lol Red Face Cry Evil Twisted Roll Exclaim Question Idea Arrow Mr Green