Le sénateur de l’Illinois a remporté la primaire de Caroline du Sud avec 55 % des suffrages, devant Hillary Clinton – 27 % – et John Edwards – 18 % – qui paraît distancé.
Le fait remarquable de cette victoire est la dispersion démographique des votes. Les afro-américains ont massivement préféré Obama, les femmes – blanches – ont choisi Hillary Clinton, et les hommes – blancs – se sont porté vers Edwards. La proportion de femmes – 61 % – et d’afro-américains parmi les électeurs enregistrés comme démocrates laissait cependant attendre cette issue.
Le problème d’Obama, cependant, est que des allégeances identitaires ne le favorisent guère pour les États décisifs du super tuesday.
En effet, les électeurs hispaniques se comptent souvent parmi les électeurs blancs, du moins, lorsque la question raciale surgit. En Californie particulièrement, l’hostilité réciproque des communautés hispanique et afro-américaine peut susciter un vote anti-Obama, si celui-ci est considéré comme un candidat représentant des afro-américains.
C’est du reste le piège que le sénateur de l’Illinois avait pu éviter lors des caucuses de l’Iowa, en recueillant une majorité des votes blancs.
Par ailleurs, les personnes âgées continuent de privilégier Hillary Clinton, alors que les jeunes électeurs choisissent Obama, sans considération de sexe ou de couleur. La pyramide démographique favorise naturellement la sénatrice de New York.
La primaire de Floride constitue donc une étape importante de la course démocrate, malgré la non comptabilisation des délégués issus de cette consultation[1]. L’importance du vote hispanique et des personnes âgées permettra de juger si Barack Obama peut contester à Hillary Clinton l’avantage qu’elle tire de la distribution de la population. Ou si, comme en Iowa, le vote se dégage des affinités démographiques.
Vendredi, le New York Times a choisi de soutenir Hillary Clinton pour l’investiture démocrate et John Mc Cain pour l’investiture républicaine.
Pour Hillary Clinton, principalement son expérience et des qualités de leadership peu contestées. Contre Barack Obama, une certaine incertitude. C’est une chose que d’assurer le changement, encore faut-il en donner l’assise.
Pour John Mc Cain, une volonté à rompre avec l’administration de George W. Bush, une capacité à engager des réformes bipartisanes, et une certaine rigueur morale. Ainsi du traitement des prisonniers : le sénateur de l’Arizona a ainsi fait valoir que « le traitement des prisonniers dans les temps les plus difficile en dit beaucoup sur le caractère d’un pays.« [2].
De son côté – de l’autre côté de l’Atlantique, Kiki est fatiguée des primaires démocrates :
J’arrête de regarder cette campagne minable parce que le scénario n’est pas à la hauteur du moment. On ne parle plus que des Clintons, de racisme, de féminisme, de mesquinerie, de divisions, d’inspiration, de manipulations, du passé, et d’un futur sublimé. Je m’attendais à mieux. Les candidats sont attirants. Ils avaient tout pour faire de cette campagne, un moment non pas propre mas mémorable mais ils se sont laissés emporter par l’idée que leur rival était un ennemi.
Oui, c’est un peu le problème des primaires. Lorsque l’on est d’accord sur l’essentiel, il faut se ditinguer sur les personnalités ; et ce n’est pas toujours pour le meilleur.
« Lorsque l’on est d’accord sur l’essentiel, il faut se ditinguer sur les personnalités ; et ce n’est pas toujours pour le meilleur. «
C’est bizarre : dit comme ça, ça me rappelle la campagne présidentielle opposant Royal à Sarkozy. Et, incidemment, la raison pour laquelle elle perdra la prochaine présidentielle comme la dernière opposée à la même personnalité.
Rien de suprenant à ce que le NYT accorde sa préférence à deux « libéraux ». On aura le choix entre la gauche et l’ultra gauche! Récession assurée!
Hm,
La consultation des agrégats sur les trente dernières années infirme très largement votre postulat.
De fait, l’économie américaince se porte souvent mieux après les mandats démocrates que républicains.