Du moins satisfait-il au tag culinaire que lui a adressé Rubin il y a quelques temps.
Le principe : en dévoiler un peu — façon journal féminin.
Mais la cuisine est pour votre serviteur un sacerdoce, comme en témoignent les rares excursions faites hors les champs austères du droit, de la politique et de l’économie.
A table, donc.
1. Un plat que je n’aime pas : Un plat vide.
2. Mes trois aliments[1] favoris : Comme il est cruel de choisir…
- L’œuf, d’abord : simple, économique et subtil. Se cuisine de mille manières. S’accommode d’autant de façons.
- Le cochon : tout y est bon, c’est vrai, mais la charcuterie est meilleure encore. Faut-il vraiment choisir ? Alors ce sera un jamon iberico de bellota Jabugo en tranches fines. Sinon, de la bresaola italienne.
- Le hareng : oui, je sais, c’est étrange, mais la vue d’un hareng tendre et charnu, presque érotique, a un je-ne-sais-quoi d’émoustillant. Tonifié par l’acidité du vinaigre, alangui dans une sauce douce ou simplement salé, voilà l’ami des papilles et l’énemi des régimes amaigrissants.
3. Ma recette préférée : Cela dépend des heures.
Comme je ne déteste pas cuisiner, un plat long dont la façon exige de multiples détails. Disons des lasagnes. Ne serait-ce que la préparation de la sauce tomate vous emporte pour quelques heures. Ajoutez à cela l’élaboration de l’appareil et un bon après-midi s’impose.
Le conseil du chef : n’hésitez pas à gouter un verre de rosé et salivant devant le Dolcetto d’Alba qui accompagnera vos lasagnes.
4. Ma boisson de prédilection : le vin.
— Quel vin ?
— Sadique.
En fait, le prochain sera peut-être le meilleur. Mais je confesse avoir été ému par un Haut-Brion rouge.
5. Le plat que je rêve de réaliser : honte sur moi. J’aimerais réussir une fois dans ma vie des œufs pochés.
Dès cette flétrissure effacée, je m’intéresserai à la cuisine Thaï.
6. Mon meilleur souvenir culinaire :
Chez Pierre Gagnaire : c’étaient des ris de veau. Ils avaient été cuits simplement percés d’un bâton de réglisse.
L’usage veut que l’on désigne quelques futurs candidats à l’exercice.
Il me semble que Versac fait de trop fréquentes allusions à ses choix œnologiques pour ne point céder à l’amour de la chère.
Laurent a su perdre dix kilos. Qu’il nous dise donc comment il les avait pris.
Si on peut faire revenir Charles’ en sollicitant un peu de l’esthète qui est en lui, une suggestion d’en dire un peu sur les plaisirs de la table.
Jean-Pierre Raffarin m’a l’air d’un solide sénateur. On leur prête un goût des plaisirs simples. Et pour avoir fréquenté une fois la table de la Présidence, je témoigne de son excellente qualité. Quel sera, Monsieur le Premier Ministre, le menu de demain ?
Notes
[1] La rigueur impose de ne point inviter les condiments ; sinon, j’aurais tiré des larmes de mes bons lecteurs à l’évocation de mes huiles d’olive aimées. Douces et vertes ; presque amères parfois. Elles sont l’équivalent subtil des meilleurs vins — dont elles empruntent au reste les terroirs.
Mon Julot, érotique comme un hareng, c’est gentil d’avoir pensé à moi, mais j’ai déjà répondu, certes avec moins de talent que toi, à cette chaîne :
http://embruns.net/logbook/2008/05/26.html#006514
Aaah, l’oeuf, c’est vrai qu’on peut en faire des trucs avec. Dernière découverte pour ma part : l’omelette au four. La texture est originale et le mode de cuisson permet de nombreuses fantaisies dans les ingrédients (encore plus que l’omelette classique, c’est dire).
Et la bresaola: c’est une merveille. J’avais découvert cette spécialité de boeuf séché dans une excellente pizzeria de Niort qui l’utilisait comme ingrédient d’une de ses pizzas (eh oui, ce n’était pas n’importe quelle pizzeria – elle a fermé depuis, hélas). Depuis, j’en prends souvent comme antipasto quand je vais dans une pizzeria, une pasteria, un restaurant italien, bref partout où j’en trouve sur la carte. L’antipasto se présente généralement sous la forme d’une assiette de tranches de bresaola baignant dans l’huile d’olive accompagnées de tranches de citron. Un recommandation qui m’a été faite par le serveur de mon restaurant italien favori, et que je vous transmets : additionner d’un peu de poivre (au moulin !) avant de déguster ajoute une dimension supplémentaire au bonheur.
Pour moi rien ne vaut l’osso bucco et le boeuf bourguignon.
hé bien, chateau Haut-brion, mon coco, tu ne t’embêtes pas !!!
Quelle année ?
Copieur. Un peu.
Pas tant que ça : d’abord, c’est moi qui cuisine.
pour l’oeuf poché une astuce toute simple, du film étirable dans un bol, y casser l’oeuf, bien serrer le film et le nouer plonger le tout dans l’eau frémissante 2 à 3 minutes suivant la fraicheur de l’oeuf, et hop le tour est joué!
Si je peux me permettre, au point 6. je suppose que tu parles de ris de veau et non de riz de veau… Je n’ai pas pu résister à cet affront fait à mon plat préféré.
Peut-être partagerons-nous un œuf dur à la RDB ce soir…
La pipolisation du ouaibe est-elle déjà en marche?
Pizza Bresaola : Pâte huilée et aillée, roquetta, tranches de bresaola et copeaux de parmesan