A propos de la crise financière : quel doit ĂŞtre le rĂ´le d’une rĂ©glementation ?

30/09/2008
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On n’a pas fini d’en entendre sur les impĂ©rities du capitalisme financier et du libĂ©ralisme — entendez : la « dĂ©rĂ©glementation« .

Le PrĂ©sident Sarkozy s’est au reste employĂ© Ă  en dĂ©noncer les excès, en appelant, d’une paternelle sĂ©vĂ©ritĂ©, au renforcement des contrĂ´les sur les banques, les agences de notation, les instruments de marchĂ© et Ă  peu près tout ce que la finance contemporaine compte d’institutions.

Pourtant, la crise actuelle devrait inviter Ă  une lecture plus fine des fonctions de la rĂ©glementation ; en particulier dans le domaine Ă©conomique. Car rien n’assure qu’une intervention de la puissance publique soit bonne en soit. Ni mĂŞme que des mesures restrictives permettent de ramener une sage prospĂ©ritĂ©s aux nations inquiètes.

De fait — il est bon de le rappeler — la finance de marchĂ© et le secteur bancaire sont des domaines hautement contraints par le droit. Des règles prudentielles, par exemple, imposent aux Ă©tablissements de crĂ©dit de respecter un ratio entre leurs sources de financement et la distribution de crĂ©dit, de telles façons qu’elles ne prĂŞtent pas de façon trop inconsidĂ©rĂ©es et puissent faire face aux besoins des dĂ©posants. Les intervenants sur les marchĂ©s financiers doivent ĂŞtre capables de couvrir leurs engagements lorsqu’ils se lancent dans des transactions Ă  terme. De façon gĂ©nĂ©rale, les opĂ©rations risquĂ©es font l’objet d’une surveillance de la part des autoritĂ©s de contrĂ´le.

Suffit-il dès lors de considĂ©rer la crise actuelle pour conclure Ă  l’inefficacitĂ© des instruments de surveillance et de contrĂ´le ?

Et bien ce n’est pas certain.

Le comportement des agents économiques dépend largement de la combinaison de leurs anticipations de profit et de leur aversion au risque.

Lorsqu’ils estiment que l’environnement est sĂ»r, ils sont tentĂ©s de hausser les risques qu’ils prennent dans l’espoir d’un profit Ă©levĂ©. Leur aversion au risque est faible. Dans un environnement incertain, ils rĂ©pugnent Ă  prendre des risques et prĂ©fèrent limiter leurs chances de profit.

Il se trouve que la crise tout Ă  la fois violente et rampante des derniers mois, paradoxalement, tient davantage Ă  une Ă©lĂ©vation de leur aversion au risque qu’Ă  une aviditĂ© immodĂ©rĂ©e.

Depuis le retournement du marchĂ© immobilier amĂ©ricain et l’incertitude qui pèse sur les produits subprimes, les banques, inquiètes de l’Ă©tat de leurs partenaires, hĂ©sitent Ă  conclure des transactions sur le marchĂ© monĂ©taire. La crainte que l’une ou l’autre d’entre elles ne parviennent Ă  faire face Ă  ses engagements entrave les prĂŞts de liquiditĂ©s[1]. Or, les Ă©tablissements de crĂ©dit ont des besoins rĂ©guliers de liquiditĂ©s, ne serait-ce que pour faire face aux demandes de leur clientèle. Et le dĂ©faut de liquiditĂ© peut conduire Ă  la cessation des paiements alors mĂŞme que les banques disposent d’actifs. D’oĂą un affolement gĂ©nĂ©ral[2].

Pourtant, les produits titrisĂ©s qui sont Ă  l’origine des inquiĂ©tudes ne reprĂ©sentent pas une telle masse, Ă  l’Ă©chelle du système, que l’on doive craindre un effondrement de la finance. Il n’est pas mĂŞme certain que ceux-ci constituent des actifs sans valeur[3]. A grande Ă©chelle, donc, le risque de perte n’est pas si Ă©levĂ©. A l’Ă©chelle d’un opĂ©rateur, il s’Ă©lève Ă  raison de sa situation particulière ; autrement dit, de son degrĂ© d’engagement dans les actifs litigieux. Or, non seulement il est difficile pour le marchĂ© de connaĂ®tre le degrĂ© d’engagement d’un seul opĂ©rateur, mais il est Ă©galement ardu de se faire une idĂ©e du degrĂ© de risque que prĂ©sentent les produits titrisĂ©s[4].

En bref, les vacillations actuelles proviennent davantage de craintes spĂ©cialisĂ©es mais diffuses, que d’une inquiĂ©tude sur l’Ă©volution Ă©conomique gĂ©nĂ©rale.

Et Ă  tout prendre, il convient sans doute de faire dĂ©croĂ®tre l’aversion au risque des institutions financières. Car c’est Ă  un comportement excessivement prudent de tous que l’on peut attribuer une bonne part des dĂ©règlements actuels. En ce sens, les efforts de la puissance publique pour prendre en charge le risque collectif peuvent trouver une justification.

Pour autant, fera-t-on valoir, si la crise actuelle se manifeste par une crise de confiance, c’est bien que la politique antĂ©rieure a Ă©tĂ© exagĂ©rĂ©ment lĂ©gère ; et l’aversion au risque bien trop faible. La restructuration de la finance impose donc de crĂ©er des normes qui favorisent une apprĂ©ciation du risque plus certaine. D’oĂą un contrĂ´le nĂ©cessairement plus intense sur les produits risquĂ©s et l’interdiction de certaines opĂ©rations.

Il convient, cependant, d’y regarder Ă  deux fois.

Outre que l’innovation financière prĂ©sente tout de mĂŞme quelque vertu pour l’Ă©conomie dite « rĂ©elle« [5], le problème ne rĂ©side peut-ĂŞtre pas tant dans le contrĂ´le que dans l’aversion au risque des parties prenantes.

Admettons, par exemple, que de nouvelles rĂ©glementations permettent d’Ă©lever la transparence des produits et des transactions. Admettons encore que le contrĂ´le des agences de notation assure une Ă©valuation des risques plus aiguĂ«, il n’est pas impensable que l’aversion au risque des institutions financières dĂ©croissent ; de telle sorte qu’elles adoptent des comportements plus risquĂ©s — et peut-ĂŞtre plus risquĂ©s encore qu’auparavant.

Ou, pour utiliser une image, lorsque le brouillard se lève, le conducteur a tendance Ă  Ă©lever sa vitesse de conduite, mĂŞme s’il roule sur le verglas ou une route sinueuse.

Aussi bien, plutĂ´t que chercher Ă  amenuiser le risque en bridant les activitĂ©s financières ou Ă  le rendre plus intelligible par les acteurs, ne faut-il pas imaginer plutĂ´t des mĂ©canismes plus performants de rĂ©tablissement en cas de rĂ©alisation des risques. Autrement dit, ne vaut-il pas mieux choisir de guĂ©rir plutĂ´t que d’espĂ©rer prĂ©venir ?

Encore une image : il est certainement possible d’Ă©viter qu’un enfant se blesse en jouant. Pour cela, on peut l’immobiliser dans des sangles. N’est-il pas plus souhaitable de s’assurer qu’il sera soignĂ© en cas de blessure lĂ©gère ?[6]

On ne peut sans doute Ă©carter l’idĂ©e que la rĂ©glementation peut contribuer Ă  mesurer le risque financier. Mais encore convient-il de s’interroger sur le système que l’on entend dĂ©velopper.

Notes

[1] En particulier lorsque les prĂŞts sont adossĂ©s Ă  des titres, car l’inquiĂ©tude porte alors sur la valeur de la garantie.

[2] Du fait de la rarĂ©faction des liquiditĂ©s, les intermĂ©diaires financiers comme les entreprises s’efforcent de cĂ©der des actifs sur les marchĂ©s financiers, de telle façon que les cours baissent. Sans compter l’effet direct sur le cours des institutions financières cotĂ©es.

[3] Ceci dĂ©pend bien sĂ»r de l’Ă©volution de la dĂ©faillance des emprunteurs.

[4] Notamment parce qu’on ignore aujourd’hui le risque de crĂ©dit.

[5] Comme le rappellent Etienne Wasmer, mes camarades les éconoclastes et Rationalité limitée.

[6] Et encore faut-il Ă©viter de le rattraper sans cesse lorsqu’il trĂ©buche, afin de ne pas le voir jouer Ă  Icare sur le toit de la maison.

22 commentaires to A propos de la crise financière : quel doit ĂŞtre le rĂ´le d’une rĂ©glementation ?

  1. toto le 30/09/2008 Ă  19 h 27 min

    Autre très bon complĂ©ment :

    « Face Ă  la crise Ă©conomique, financière et bancaire, qui se joue actuellement, de nombreuses voix, plus ou moins autorisĂ©es, se font entendre pour demander plus de rĂ©glementation, plus d’intervention de l’Etat, plus de contrĂ´le sur le fonctionnement des marchĂ©s financiers, dĂ©cidĂ©ment bien incapables de se rĂ©guler seuls. Certes, mais la rĂ©glementation est-elle une solution aussi efficace que l’on veut bien le dire ? Si les marchĂ©s sont un mode de coordination qui a des dĂ©fauts, n’est-ce pas Ă©galement le cas de l’action de l’Etat ? Ces demandes sont-elles vĂ©ritablement une solution au problème ou, au contraire, en font-elles parties ? Quelques rĂ©flexions Ă  l’aide de la sociologie des organisations pour y voir un peu plus clair….

    Suite ici :

    « Un cercle vicieux de la rĂ©glementation bancaire ?  » http://uneheuredepeine.blogspot.com/2008/09/un-cercle-vicieux-de-la-rgulation.html

  2. toto le 30/09/2008 Ă  21 h 09 min

    La rĂ©gulation pourrait bien ĂŞtre LE vrai problème ? :

    > Faillite de la rĂ©gulation ou du rĂ©gulateur ? – Dans la sĂ©rie: « la rĂ©gulation publique ne marche pas », parce que les lobbys rĂ©gulĂ©s rĂ©ussissent Ă  nĂ©gocier des arrangements dĂ©rogatoires avec le rĂ©gulateur, l’on apprend que le soi disant « gendarme » du marchĂ© boursier US, la SEC, a accordĂ© une dĂ©rogation aux fameux ratios prudentiels en vigueur Ă  5 banques.

    http://cozop.com/vincent_benard/subprimes_encore_et_toujours_revue_de_web_dormez_braves_gens_etat_regule_pour_vous

    Une autre cause du credit crunch : What caused the crunch? Men and testosterone http://women.timesonline.co.uk/tol/life_and_style/women/the_way_we_live/article4848188.ece

    Le cocktail testostérone + régulation semble très explosif.

  3. Clems le 30/09/2008 Ă  21 h 50 min

    Le problème c’est l’immobilier. On a laissĂ© les banques, les agence immobilières crĂ©er une vĂ©ritable bulle spĂ©culative. Il est normal aujourd’hui que cela explose. Comment expliquer qu’un bien immobilier soit valorisĂ© 5 Ă  10 fois ce qu’il vaut rĂ©ellement lors d’une vente ? Y compris Ă  la construction ? Plus que le contrĂ´le ou la gestion du risque c’est le rapport du prix des choses par rapport Ă  la rĂ©alitĂ© qui devrait prĂ©dominer.

    Bien entendu tout le système s’Ă©croule. Les chinois sont plus malins en ce qui concerne l’immobilier. Eux au moins ont protĂ©gĂ© ce secteur de toute spĂ©culation.

    Donc oui Ă  mon avis il faut que l’Ă©tat intervienne. Mais laissez mourir les banques est aussi une façon d’intervenir.

  4. jules (de diner's room) le 30/09/2008 Ă  22 h 48 min

    Vous connaissez la « vraie valeur » de l’immobilier ?

    Pour ce qui concerne l’immobilier en Chine, je ne suis pas certain que tout le monde partage votre opinion sur l’absence de spĂ©culation.

  5. Laurent GUERBY le 30/09/2008 Ă  23 h 29 min

    « De fait — il est bon de le rappeler — la finance de marchĂ© et le secteur bancaire sont des domaines hautement contraints par le droit. »

    Ce n’est pas une contrainte, mais l’origine : c’est le droit qui donne la possibilitĂ© aux banques privĂ©es de creer de l’argent. Pas de rĂ©glementation pour crĂ©er ce droit Ă©gale pas de finance telle que nous la connaissons.

    « Pourtant, les produits titrisĂ©s qui sont Ă  l’origine des inquiĂ©tudes ne reprĂ©sentent pas une telle masse, Ă  l’Ă©chelle du système, que l’on doive craindre un effondrement de la finance. »

    On parle de 10-15% du PIB USA quand mĂŞme en depreciation d’actifs immobiliers (titrisĂ©s et revendus ou pas).

    http://www.rgemonitor.com/roubini-monitor/253240/barrons_interview_and_video_with_roubini_yes_thats_2_trillion_of_debt-related_losses

    Mon billet de 2007 est toujours d’actualitĂ© apres un an …

    http://guerby.org/blog/index.php/2007/08/20/165-ble-oseille-et-crise-financiere

  6. George le 01/10/2008 Ă  0 h 37 min

    Cher Jules, c’est toujours un plaisir de lire votre prose Ă©lĂ©gante et Ă©quilibrĂ©e. Je souscris aisĂ©ment Ă  votre circonspection ainsi qu’aux points principaux de votre analyse.

    NĂ©anmoins la stratĂ©gie que vous esquissez, qui prend en compte les contradictions des actions prĂ©emptives (pour simplifier et rappeler le mot apocryphe prĂŞtĂ© Ă  Marc Twain « prĂ©voir est très difficile surtout quand les prĂ©visions concernent l’avenir »), constitue en fait une reformulation de la doctrine dĂ©veloppĂ©e par la Federal reserve Bank sous Alan Greenspan qui cherchait Ă  accompagner et « guĂ©rir » pour reprendre votre mot les exubĂ©rances irrationnelles des investisseurs. La situation actuelle souligne les risques de cette fonction ambiguĂ« de pompier potentiellement pyromane.

    Plus profondĂ©ment, la difficultĂ© fondamentale du capitalisme financier tel qu’il s’est caractĂ©risĂ© depuis le dĂ©but des annĂ©es 90 est qu’il produit une volatilitĂ© et une instabilitĂ© très forte sous couvert de discours millĂ©naristes sur les nouveaux sentiers de croissance et sur la stabilitĂ© nouvelle du système financier (je pense notamment aux discours du forum de la stabilitĂ© qui se rĂ©unit depuis 1997.

    Non qu’il faille ou qu’il soit possible de les supprimer cependant leur occurence rapide depuis 20 ans crĂ©e des coĂ»ts sociaux majeurs (ces externalitĂ©s principalement Ă  la mode dans le domaine environnemental)pour les Ă©conomies industrialisĂ©es et les autres.

    De plus, les actions ponctuelles des opĂ©rateurs publics crĂ©ent des effets d’Ă©viction très importants et obèrent Ă  moyen terme leurs capacitĂ©s d’action dans d’autres domaines qui sont censĂ©s servir le dĂ©veloppement sinon la croissance.

    La proposition dĂ©veloppĂ©e par Patrick Artus appelant de ses voeux la crĂ©ation d’opĂ©rateurs acheteurs de dernier ressort de long terme contribuerait peut-ĂŞtre Ă  affermir la situation Ă  moyen terme (http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=42473).

    Il est vrai que l’absence du FMI malgrĂ© les discours de son presque nouveau directeur gĂ©nĂ©ral est assourdissante.

  7. BA le 01/10/2008 Ă  10 h 06 min

    3,8 millions d’euros pour l’ex-patron de Dexia ?

    Le président du comité de direction de Dexia, Axel Miller, qui a dû démissionner mardi 30 septembre, pourrait partir avec une indemnité de 3,8 millions d’euros, selon son contrat.

    La banque Dexia a été sauvée par les gouvernements français, belge et luxembourgeois, qui lui apporteront au total 6,4 milliards d’euros.

    Le gouvernement français injectera 3 milliards d’euros pour renflouer la banque Dexia, le gouvernement belge injectera 3 milliards d’euros lui-aussi, le gouvernement luxembourgeois injectera 400 millions d’euros.

    http://eco.rue89.com/2008/09/30/38-millions-deuros-pour-lex-patron-de-dexia

    Trois conclusions :

    1- Quand les banquiers gagnent en jouant Ă  l’Ă©conomie-casino, les banquiers gardent l’argent.

    2- Quand les banquiers perdent en jouant Ă  l’Ă©conomie-casino, les contribuables paient des milliards d’euros pour les renflouer.

    3- Quand les banquiers perdent en jouant Ă  l’Ă©conomie-casino, les banquiers partent en empochant des millions d’euros en parachutes dorĂ©s.

  8. jules (de diner's room) le 01/10/2008 Ă  10 h 42 min

    Laurent,

    Le droit n’est pas autre chose qu’une contrainte. C’est ainsi, par exemple, que le fondement de la monnaie publique est son « cours lĂ©gal« , c’est Ă  dire l’obligation de l’accepter en paiement.

    D’autre part, je ne sais pas s’il est pertinent de rapporter le montant des dĂ©prĂ©ciations d’actifs au PIB, qui est après tout une somme des valeurs ajoutĂ©es.

    George,

    Justement, les crises n’ont, pour l’essentiel, pas Ă©tĂ© conçues comme des occurrences normales du système, auxquelles il faudrait faire face grâce Ă  des institutions idoines, mais comme des accidents pathologiques ; d’oĂą, finalement, des solutions empiriques.

    Je dirais que la propositions de Patrick Artus que vous mentionnez va dans le sens que je dĂ©gage, sinon qu’il faudrait examiner les consĂ©quences en termes d’alĂ©a moral et d’aversion au risque.

  9. Marc_B le 01/10/2008 Ă  12 h 01 min

    A mon sens, si les actionnaires n’imposaient pas un tel niveau de retour sur investissement, les banques prendraient moins de risques…

    C’est le rĂ´le de l’actionnariat qu’il faudrait revoir en renforĂ ant par exemple l’actionnariat salariĂ© et le poids des admninistrateurs indĂ©pendants pour Ă©quilibrer les pouvoirs

    Ensuite ce qu’il faut pouvoir dĂ©courager ou du moins limiter c’est la spĂ©culation des fonds. Il n’est pas normal que telle ou telle valeur gagne ou perde 20 % de sa valeur en Bourse en une journĂ©e

    Hormis la règlementation, je ne vois pas comment les choses pourraient être autrement

    Après cela peut passer par une rĂ©glementation intelligente et globale qui intègre Ă  la fois le mode de fonctionnemet des marchĂ©s, la gouvernance d’entreprise (rĂ©muĂ©nrations, responsabilitĂ©s..) et le rĂ´le et la responbsabilitĂ© des actionnaires

  10. Laurent GUERBY le 01/10/2008 Ă  12 h 12 min

    Oui je sais que la loi est la pour restreindre la liberté, je lis ton blog depuis assez longtemps :) .

    Sur la construction du monde financier : le droit restreint la libertĂ© de tout le monde relativement a la manipulation de la monnaie : vous et moi ne pouvons pas creer de la monnaie officielle. Par contre une banque a le droit (libertĂ©) supplĂ©mentaire relativement a nous de creer de la monnaie officielle et en Ă©change de ce droit elle se soumets a des obligations (regulation, ratios prudentiels, etc…). On peut parfaitement imaginer un systeme avec une monnaie officielle ou les banques privĂ©es ne peuvent pas creer de la monnaie officielle et sont simplement des institutions de depots et financent par leur capital seul.

    La variation de valeur de ces actifs est bien un flux, donc comparable par nature au PIB (et la plupart des articles sur les crises comptent bien relativement au PIB). Par contre est-ce qu’elle s’impute directement a la mesure PIB, je ne saurai le dire, elle viendra au moins diminuer les profits de ces institutions et certains profits sont comptĂ©s dans le PIB.

    Un expert pourrait peut-ĂŞtre nous aider.

  11. Clems le 01/10/2008 Ă  13 h 34 min

    « Pour ce qui concerne l’immobilier en Chine, je ne suis pas certain que tout le monde partage votre opinion sur l’absence de spĂ©culation. »

    Vous avez raison Jules mais il faut aussi que ce « tout le monde » se tienne au courant des modifications rĂ©centes de lĂ©gislation. Ensuite la chine c’est vaste, il y a x lĂ©gislations, mais dĂ©jĂ  ne pas ĂŞtre propriĂ©taire de son terrain et voir le cadastre se modifier sans cesse cela protège dĂ©jĂ  pas si mal…

    Enfin pour ce qui est de la vraie valeur je la connais. Dans ma famille il y a un promoteur immobilier, une agence immobilière au moins un architecte et un banquier.

    Donc si eux vous disent que un il se font des marges phĂ©nomĂ©nales, que deux ils se moquent de la crise car il y a encore des acheteurs et que de toute façon vous n’avez pas le choix, vous pouvez penser que le prix est juste ou vous pouvez penser comme moi qu’il faudrait intervenir.

  12. LOmiG le 01/10/2008 Ă  13 h 34 min

    Je suis d’accord avec toto : c’est la règlementation, et la lĂ©gèretĂ© des politiques monĂ©taires qui sont responsables de la crise actuelle.

    Ne mettons pas sur le dos des « marchĂ©s » et du capitalisme, quelque chose qui est du Ă  l’intervention Ă©tatique et Ă  la dĂ©responsabilisation des acteurs…

    Ă  bientĂ´t !

  13. toto le 01/10/2008 Ă  14 h 24 min

    @ LOmiG

    > »Je suis d’accord avec toto »

    La question est posĂ©e, elle n’est pas encore tranchĂ©e !

    Déjà peut-être faudrait il faire la distinction entre réglementation et régulation. Réglementer plus , peut-être pas mais réguler intelligemment pourquoi pas.

    Le débat est ouvert.

  14. Rubin le 01/10/2008 Ă  15 h 54 min

    Qu’il me soit permis de citer le grand John Cleese: « Ne nous disputons pas sur le point de savoir qui a tuĂ© qui ! »

    Plus sĂ©rieusement, je salue le courage de Jules : s’acharner Ă  Ă©crire avec un minimum de sĂ©rieux alors que la crise actuelle est l’occasion pour beaucoup de dĂ©fouler leurs fantasmes antilibĂ©raux les plus primaires, c’est hĂ©roĂŻque !

  15. jules (de diner's room) le 01/10/2008 Ă  18 h 12 min

    Laurent,

    Le système que vous prĂ©conisez est l’arrĂŞt de l’activitĂ© bancaire. Les dĂ©pĂ´ts, dont vous faites Ă©tats, naissent des crĂ©dits accordĂ©s. Ou, si vous prĂ©fĂ©rez, les dĂ©pĂ´ts font les crĂ©dits. Si vous entendez stĂ©riliser l’activitĂ© bancaire, vous nous ramenez Ă  une Ă©conomie prĂ©-moyennageuse, et encore…

    Et je rĂ©itère, comparer les variations financière Ă  une grandeur comme le PIB n’a pas grand sens.

    Clems,

    Et bien, je ne pense pas comme vous. Il y a au moins un consensus d’Ă©conomistes sur l’immobilier, c’est que la rĂ©glementation n’a pour seul effet que de rarĂ©fier l’offre et d’augmenter le coĂ»t du logement. Un consensus que la France se fait fort d’illustrer avec constance.

    Donc, je pense qu’il convient de ne pas intervenir.

    Lomig,

    Les acteurs ne sont pas dĂ©responsabilisĂ©s, mais imparfaitement informĂ©s. Et la crise ne provient sans doute pas de l’intervention de l’État. La dĂ©nouer, en revanche, suppose qu’il agisse.

    Rubin,

    Je vois très heureux de constater qu’un texte de Pierre-NoĂ«l Giraud (via les econoclastes, dans le Monde, semble aller dans le sens de ma conclusion.

  16. Clems le 01/10/2008 Ă  19 h 25 min

    « Un consensus que la France se fait fort d’illustrer avec constance. »

    Voila pourquoi le prix de l’immobilier dans Paris que ce soit Ă  la vente ou Ă  la location (et maintenant dans toute l’Ile de France) et maintenant le double voire le triple d’une ville comme Berlin et ce sans prendre en compte les quartiers de l’ex RDA sinon vous me diriez que c’est trop facile.

    Remarquez ce n’est pas seulement un souci de rĂ©glementation mais aussi une politique de construction. Au moins l’actuel maire semble avoir compris oĂą il faut placer les bureaux.

    Pour ce qui est des « Ă©conomistes » c’est les mĂŞmes qui conseillaient Netixis il y’ a quelques semaines Ă  l’achat en bourse ? Ou ceux qui Ă©taient aux commande Ă  la SG et chez DEXIA ? Heureusement que je me conseille moi mĂŞme.

  17. Jules (de diner's room) le 01/10/2008 Ă  19 h 28 min

    Oui, mais la rĂ©glementation n’est pas pour rien dans l’absence de construction dans Paris. Je suis certain que vous n’ignorez pas le rĂ´le des servitudes d’urbanisme, telles que les servitudes non tolendi aedificendo.

  18. JUREL le 01/10/2008 Ă  19 h 40 min

    Il et certain que ce que vous ecrivez n’et pas totalement vrai.Je m’explique, la rĂ©glementation prudentielle n’a pas vocation Ă  gĂ©rer la banque,c’est juste un cadre balisĂ© pour l’activitĂ© risque de banque et uniquement des banques. Lorsque les banques travaillent plus sur le hors bilan que sur le bilan, le rĂ©gulateur ne peut plus rien rĂ©guler, puisque par dĂ©faut, la banque lui Ă©chappe.

  19. Clems le 01/10/2008 Ă  20 h 49 min

    Jules, je comprends mal ce que vous tentez de dĂ©montrer. La rĂ©glementation a strictement les effets qu’elle est censĂ©e obtenir. Ou bien c’est une mauvaise rĂ©glementation.

    Je vous donne deux exemples si vous mangez des sucres, des graisses vous allez augmenter votre taux de cholestĂ©rol, si vous mangez des pommes, vous allez le faire baisser. Par consĂ©quent il serait inutile de pester contre l’alimentation dans son entier.

    Second exemple les tĂ©lĂ©communications. Vous n’ignorez pas que ce que l’on nomme l’ARCEP est un rĂ©gulateur, un gendarme qui fixe x rĂ©glementations. Hors je vous force Ă  constater que ce rĂ©gulateur est bien l’une des causes incontestables de la baisse de votre facture de tĂ©lĂ©phone et d’internet depuis une dizaine d’annĂ©es et ce en agissant directement sur les tarifs du catalogue de services de l’opĂ©rateur historique.

    Voila qui met Ă  mal votre thĂ©orie qui consisterait Ă  accuser les rĂ©glementations de mettre Ă  mal l’offre et de faire monter les prix. Au contraire maintenant que la bride se lâche on constate une consolidation du secteur.

    Lorsque c’est nĂ©cessaire il faut intervenir. Cette crise n’existerait pas si les biens immobiliers Ă©taient aux prix qu’ils doivent ĂŞtre. Personne n’aurait besoin de s’endetter pendant 30 ans sur des sommes astronomiques et de dĂ©passer sa capacitĂ© de remboursement. Outre cela si les banques acceptaient l’idĂ©e qu’il ne faut pas encourager cette hausse, les vendeurs ne trouvant pas d’acheteurs et bien souvent coincĂ©s dans des prĂŞts relais seraient bien obligĂ©s de baisser leurs prĂ©tentions.

    Je pense que c’est trĂ©s exactement ce qui va se passer et se passe dĂ©jĂ  dans une moindre mesure en tout cas en province… Si on laisse les banques qui doivent crever, crever.

    Pour moi cette purge est salutaire. Mais il faut aussi intervenir sur ce qui motive la spéculation immobilière.

  20. MB le 02/10/2008 Ă  14 h 15 min

    Je suis fort ignorant en matière Ă©conomique mais il me semble que Laurent GUERBY pose la question du seigneuriage. Il semble que des gens apparemment sĂ©rieux pensent que l’on pourrait priver les banques commerciales de la possibilitĂ© de crĂ©er de la monnaie scripturale et confĂ©rer ce privilège aux banques centrales, au profit des Etats. Je serais intĂ©ressĂ© par la lecture d’une critique des travaux de MM. Huber et Robertson.

  21. Laurent GUERBY le 03/10/2008 Ă  13 h 37 min

    jules, je dit « imaginer », vous relatez « prĂ©conisez ». Devant tant de mauvaise fois je ne peux que m’incliner.

    Quand au ratio vis a vis du GDP, Nouriel Roubini l’utilise et il est un des seuls Ă©conomistes un minimum crĂ©dible sur cette affaire.

  22. achat immobilier le 19/11/2009 Ă  20 h 51 min

    Les marchĂ© sont d’eternels retournements, il n’y a rien d’Ă©tonnant Ă  cela !

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