Bon, me voilà sous les ors de la République et derrière les projecteurs de la télévision.
Une cinquantaine de participants vaque, presque timide. Il faut dire que le contrôle à l’entrée est rien moins que rigoureux. Mais cordial, convenons-en. Le tout est d’être sur une liste. Les afters du Sénat ne sont pas bien différentes de celles qui rythment usuellement les nuits parisiennes — du moins, telles que je me les imagine.
A noter que pour avoir déjà été l’hôte de cette noble institution, je me dois d’observer que les liqueurs y prospèrent mieux en fin de matinée qu’en fin de soirée.
03h29 : A l’heure où nous parlons, L’Ohio penche nettement pour Obama — mais avec 14% de votes recueillis seulement, la Pennsylvanie s’offre au même, avec près d’un quart des votes examinés. Obama toujours, mène en Floride. La nuit ne sera peut-être pas très courte, mais les espoirs de Mc Cain sont nettement réduits.
03h46 : L’ambiance est un peu étrange ici. Une sorte d’agitation calme.
03h48 : La Pennsylvanie est donnée à Obama qui continue de mener en Ohio et en Floride. Il est désormais très improbable que John Mc Cain puisse rattraper la tendance.
Cette élection promet d’être gagnée pour le candidat démocrate, mais de là à conclure à un raz-de-marée, il y a un pas. Les républicains résistent finalement dans les états où ils ont l’habitude de vaincre. Et c’est finalement à une victoire classique des démocrates qui se dessine. Avec des swing states décisifs.
Si les tendances se confirment, que devra-t-on conclure sur la question raciale ?
Retrouver un départage historique pourrait laisser songer que la couleur d’Obama a finalement été indifférente aux électeurs. Ce qui n’est pas mince.
Sur la question sociale, faudra-t-il admettre que le vote a traduit une demande de protection plus forte de la part des électeurs modestes ?
En définitive, le plus surprenant des résultats qui s’annoncent tient peut-être à leur conformisme. La résistance des bastions républicains est notable ; peut-être même remarquable. Mon analogie avec les élections de 1980 se révèle probablement trop audacieuse.
04h15 : Enfin !!!
Enfin, le Sénat sort le champagne !
D’autres que moi — qui n’érige pas la suspicion en vertu républicaine — pourrait y voir une forme de festivité partisane. Je me contenterai de juger qu’il s’agit du réconfort mérité prodigué à ceux pour qui la nuit commence à s’achever car l’espoir — les craintes — de surprise s’épuisent.
04h26 : Ironie du sort. L’Indiana, premier état à délivrer des résultats est toujours « too close to call« .
04h47 : Les résultats qui se dessinent se révèlent finalement conformes aux enquêtes d’opinion préélectorales.
Ce qui doit faire respirer les sondeurs.
Ce qui semble également indiquer que l’effet Bradley n’a pas joué.
05h03 : CNN annonce le président élu. MSNBC aussi. Et ABC abonde.
Le New-York Times et le Washington Post demeurent prudent.
05h11 : Fox news reconnaît également la victoire du candidat démocrate.
On se demande quand Mc Cain va concéder sa défaite.
05h12 :Le Washington Post la proclame. Ainsi que le New-York Times, avec un titre que je laisserai provisoirement en forme de conclusion : Racial Barrier Falls in Heavy Turnout.
Malgré toutes les réserves que l’on peut émettre sur le projet de Barack Obama et l’agacement qui peut naître devant l’unanimisme national, on doit convenir que les États-Unis savent donner des leçons au monde.
05h25 Épilogue : Beau et digne discours de concession de John Mc Cain.
Notule sur les afters du Sénat : dans la plupart de ces lieux qui accueillent généralement les libations, danses et autres manifestations festives, il est de coutume de trouver aux abords des lieux d’aisance des distributeurs de préservatifs. Au Sénat, on y peut quérir des tests d’ébriété. Ce n’est pas moins sage.
J’adore la notule finale
Si ce n’est pas un raz de marré, c’est tout de meme un tres large victoire auquelles on n’était plus habitué depuis les deux mandats de Bush.