Élections européennes : j’ai fait mon choix. Merci François Bayrou.
C’est peu de dire que je nageais dans l’incertitude il y a quelques heures encore.
Comme souvent, j’ai procédé par élimination plutôt que par élection.
Quel tableau s’offrait à ma délibération citoyenne ?
Parmi les formations susceptibles de missionner un représentant au Parlement, j’ai éliminé derechef le Front National, pour cause d’hostilité à l’union européenne, le NPA, pour cause d’indifférence à l’idée européenne. Sans compter que l’une et l’autre formation professent des idéologies qui me sont fort lointaines.
Le Front de gauche et Libertas n’ont pas davantage retenu mon attention. Hors préjugé partisan, leur approche de l’Europe est empreinte d’une hypocrisie tribunitienne qu’il ne me plaît pas d’appuyer. Sans compter que l’Union européenne semble constitue pour eux un simple instrument de différenciation politique ; un outil de marketing au service d’une existence nationale.
Restaient donc quatre listes : celle de l’UMP, menée par Michel Barnier. Celle du Parti socialiste, conduite par Harlem Désir. Celle du Modem, avec Marielle de Sarnez. Celle d’Europe écologie, avec Daniel Cohn-Bendit.
Malgré mon préjugé social-libéral, je n’ai pas mis longtemps à éliminer le Parti socialiste. Les tergiversations socialo-centrées de la constitution des listes et le parti pris presque exclusivement anti-gouvernemental de la campagne m’ont dissuadé de leur accorder mon suffrage. Pour un parti qui se prétendait légataire d’une ambition européenne, l’indifférence presque assumée à l’endroit des questions extra-nationales a refroidi un enthousiasme déjà bien tiède.
Quoique de gauche par tradition élective, j’ai considéré un vote UMP.
Pour avoir rencontré Michle Barnier à quelques reprises, il me semblait que son engagement européen — malgré quelques tortillements gouvernementaux — justifiait que l’on s’y intéresse.
Mais j’ai néanmoins écarté cette option pour trois raisons.
Passons sur le soutien affirmé à José Manuel Barroso1.
La première chose est que l’UMP, comme le Parti socialiste, a donné à la consultation électorale les allures d’un plébiscite sur la politique — voire la personne — du Président de la République2. Et il ne me sied pas d’y être associé.
La seconde chose est que les députés européens de l’UMP déterminent souvent leur vote en fonction de considérations de politique interne — se désolidarisant en cela des autres membres du PPE. C’est ainsi qu’ils se mettent au service de la gloire du Président de la République française plutôt qu’à celle des peuples de l’Union. Autrement dit, ils exportent les querelles domestiques là où elles ne devraient pas trouver asile.
La troisième chose est que la politique de constitution des listes n’a pas été marquée — il s’en faut de beaucoup — par le souci de faire luire l’engagement européen du parti majoritaire. Davantage pas celui d’offrir de confortables pantoufles aux personnels méritants du Parti ou en disgrâce présidentielle. Une sorte d’outil de management des ressources humaines de l’UMP. En atteste le cas de Rachida Dati, sur lequel il n’est guère besoin de disserter.
Si l’on ajoute à cela que l’on prête à Michel Barnier d’autres ambitions que le seul siège de parlementaire, et l’on comprendra que le vernis dont je créditais l’UMP contre le PS s’est bien vite écaillé.
Demeuraient le Modem et Europe écologie.
Pour le Modem, une tradition d’engagement européen et des parlementaires traditionnellement impliqués dans leur tâche3. Contre, le choix d’une campagne bien plus centrée sur la question nationale que sur l’avenir de l’Union4 et une couche de peinture socio-républicaine sur la tradition démocrate et libérale du parti centriste.
Pour Europe écologie, la même tradition d’engagement européen et le refus d’une hostilité stricte au mécanisme du marché ; ceci porté par la personnalité de Daniel Cohn-Bendit. Contre, la curieuse alliance avec l’alter-mondialisme, hostile au marché comme à sa régulation supra-étatique ; ceci porté par la personnalité de José Bové. Bref, une alliance de la carpe et du lapin teintée d’opportunisme.
Et c’est là que je dois des remerciements à François Bayrou.
Ses saillies et son comportement à l’endroit de Daniel Cohn-Bendit m’ont convaincu que les listes du Modem ne méritaient pas mon vote.
Ce qui sourdait de façon vague et incertaine m’est soudainement apparu avec netteté : Comme le vote pour l’UMP — ou le PS — le vote Modem tient du plébiscite, mais pour François Bayrou. Ce dernier a entendu asservir toute consultation électorale — et son parti — à son ambition présidentielle.
Qu’on ne se méprenne pas. Les aspirations de François Bayrou ne m’apparaissent pas viles ou indignes. Et pas davantage la constitution d’une force politique susceptible de les soutenir.
Cependant, je juge trop lourd le prix qu’il fait payer aujourd’hui au débat public. De son manifeste anti-sarkoziste à sa dénonciation outrancière des médias, il y a là une frontière imperceptible qui méritait de ne pas être franchie. Elle le fut hier, et non sans goujaterie.
Je m’interrogeais ces derniers mois : François Bayrou méritait-il de rejoindre le Président Sarkozy et Ségolène Royal au banquet de l’évangélisme politique opportuniste ?
L’incident d’hier lève mes doutes.
Et selon moi, il a dû perturber quelques autres centristes de gauche qui, délaissant le parti socialiste, hésitaient entre le Modem et les verts5. Ma défiance nouvelle devrait être partagée par d’autres, comme le suggère aujourd’hui Éric Dupin.
Au delà, je concède que l’incident marquera durablement le jugement que je porte sur François Bayrou. Et je ne suis plus loin de partager les opinions de mes amis Authueil et Koz, qui n’ont jamais nourri, il est vrai, de véritable sympathie pour le personnage politique.
Pour effacer la fêlure, et séduire à nouveau une électorat aujourd’hui apartide6, il faudra un peu plus que du temps. François Bayou devra concéder son tort et faire amende honorable. Sinon avec sincérité, au moins de façon crédible. Mais ce n’est pas, il s’en faut de beaucoup, la tradition nationale.
Alors, concluons en guise de boutade que l’épisode d’hier aura au moins un bénéficiaire lointain : ce futur et inconnu candidat du Parti socialiste aux élections présidentielle.
- Après tout, c’était plutôt une marque de conviction plutôt que d’opportunisme. [↩]
- L’un des slogans qui s’affiche en ce moment sur le site de l’UMP est : « Le 7 juin, je vote pour la majorité présidentielle« . Il y aurait déjà à dire sur la notion de « majorité présidentielle » dans une élection interne. Mais pour une élection européenne, c’est affligeant. [↩]
- Si l’on excepte François Bayrou. [↩]
- Nonobstant les dénégations de François Bayrou. [↩]
- La porosité de ces deux formations est d’ailleurs remarquable. [↩]
- Un néologisme inélégant dont je ne suis néanmoins pas peu fier. [↩]

Je plussoie! j’ai suivi le même cheminement, et moi aussi le débat d’hier soir aura achevé de discréditer Bayrou, et pour longtemps…
Pour ma part, je regrette l’agressivité (partagée) du débat d’hier, mais le modem (et Bayrou) me semblent encore le moins mauvais choix parmi les partis et listes en présence.
Entre la politique Sarko-Besson sur les immigrés pour séduire le FN d’un côté et le PS qui n’arrive pas à se relever de l’autre, la politique fr. est affligeante. Et cette espèce de course aux sondages et au marketing politique ne l’est pas moins…
On finit par regretter de Gaule et les communistes, qui eux, au moins, avaient des convictions.
J’ai aussi une certaine sympathie pour les verts, je pourrais voter pour eux sur certains points (pas sur tous) mais de là à ce qu’ils puissent assurer un rôle central en France ou en Europe ?!
Quant à Cohn-Bendit, qui a du bagout, il a été inutilement agressif (« minable », etc.). Il ne semble jamais avoir regretté son livre de 1975 (où plutôt le passage plus que douteux auquel faisait allusion Bayrou). (C’est de l’histoire ancienne mais qd même gênante)
Pour moi, l’idéal serait un PS rénové, avec un leader style Bayrou. Mais c’est impossible et enfantin.
Alors je voterai (devoir de citoyen), sans enthousiasme, sans trop y croire, de manière un peu protestataire, mais en essayant de garder raison.
Peu importe que la liste de Cohn Bendit soit une alliance d’obscurantiste. Peu importe que la France et l’Europe prennent 20 ans de retard dans des domaines aussi secondaire que la recherche agronomique et le nucléaire, à cause de quelques ayatollahs environnementalistes. Ce qui compte c’est la gouaille de Daniel Cohn Bendit.
Tous les arguments présentés ici sont parfaitement valables, mais il y en a un qui m’intrigue, et ce d’autant plus que je l’ai vu plus d’une fois : quel est le problème d’être élu au Parlement Européen et d’enchaîner avec un poste à la Commission Européenne ? J’aurais instinctivement tendance à penser qu’il s’agit plutôt d’une bonne chose, dans la mesure où cela donne au Commissaire Européen une légitimité démocratique via le suffrage populaire, un peu comme les ministres sortent souvent des parlements nationaux. Et ce faisant, cela apporte de la légitimité, ce n’est pas comme si l’on démissionnait aussi sec pour rester député en son pays. Non ?
Bon, je n’ai rien contre la nomination comme commissaire d’un député. C’est de bonne tradition parlementaire. Ce que je regrette, c’est que cela fera un député PPE de bonne qualité en moins au Parlement.
Jules, je partage votre embarras et le partageait aussi avant « l’incident » (je note pour ma part qu’on ne pousserait qu’à peine plus de cris d’effarement si, sur le plateau, M. Bayrou avait assassiné Mme Chabot, ou déclaré sa flamme -politique- à Marine le Pen… Même si je vous accorde qu’il ne s’est pas montré très digne à cette occasion)
Cependant, je m’étonne de vous voir prêter autant d’attention aux errements du président du Modem, alors que nous sommes appelés à voter sur un scrutin de liste sur laquelle il ne figurera pas, et ce alors que rien à ma connaissance dans le programme des uns et des autres n’a changé fondamentalement depuis Jeudi soir… Pourquoi ne laisserions nous pas à l’UMP le soin de voter uniquement en fonction du Big Boss, à fortiori quand celui-ci ne se présente pas? Est-ce que les programmes politiques sont devenus si accessoires? (je vous accorde que dans des élections unipersonnelles, il faut se concentrer sur la personnalité du candidat…. mais là?). Est-ce que le « track record » des candidats(pour les sortants), ou leur engagement européen, leurs positions politiques antérieures sur les sujets politiques qu’ils seront appelés à traiter,… ne comptent pas? Je serais surpris que vous répondissiez par l’affirmative, et impatient d’en entendre plus sur cette question le cas échéant.
(Ceci étant dit, votre approche vous permet de faire un choix, alors que la mienne me laisse face à la perplexité qui fut la votre… Damned, la route est longue et la pente est dure
)
Je sais bien que François Bayrou ne figure pas sur les listes. Non plus que le Président Sarkozy. Mais l’enjeu plébiscitaire du vote UMP ou Modem me disconvient.
Cela dit, mon choix s’est fait par élimination, et non par élection. Donc, je ne vais pas défendre Europe Ecologie avec pugnacité.
Et si je persiste à voter, c’est que l’absence de mon suffrage conduirait éventuellement à favoriser une liste que je ne souhaite pas voir émerger. Songeons par exemple au seuil des 5 % requis.
Je suis surpris que vous sembliez avoir oublié les approximations régulières de Bayrou au cours de sa carrière politique, et notamment, ses exercices ministériels. Mais, va, il n’est que justice que la campagne donne à chacun l’occasion de faire étalage de son savoir-être.
L’incident est d’autant plus regrettable que, quoi que semble en penser François Bayrou, un retour aux affaires du PS ne peut guère se concevoir sans les sympathies européennes qu’a su se créer Europe Ecologie, tout en neutralisant un opposant européen mineur en phagocytant José Bové.
Et dans le rôle d’allié au centre du PS, il n’y a pas deux places.
Je n’ai pas oublié les approximations de François Bayrou. Mais il me semblait avoir résisté jusques ici à la tentation tribunitienne à laquelle ont cédé le Président sarkozy et Ségolène Royal. J’ai un peu plus de mal à le croire.
Je ne soulignerais jamais trop le respect que je vous porte : alors, puisque je m’adresse à l’auteur de l’article récent le plus documenté traitant des mécanismes de l’élection, je me permets une remarque : l’écart entre les positions prises au P.E. des élus européens proches de François Bayrou et les positions publiques de François Bayrou est bien plus important que celui qui peut exister entre les positions prises au P.E. par les élus proches des leaders d’Europe Ecologie et les positions défendues par les leaders d’Europe Ecologie.
La liberté dont disposeront d’autant plus les futurs élus MODEM ne pouvant que grandir au fur et à mesure que le crédit du messie du MODEM s’effrite, je me demande s’il ne faut pas également considérer quel usage un éventuel élu redevenu libre pourrait faire de sa liberté et de comparer cela au comportement tout à fait prévisible des futurs élus d’Europe Ecologie, comportement prévu et ancitipé par leurs pires adversaires politiques, lesquels se trouvent, évidemment, dans la société civile.
Autrement dit : qu’importe le leader lorsque celui-ci n’a pas les moyens d’imposer ses vues aux élus de ses listes.
« J’aurais instinctivement tendance à penser qu’il s’agit plutôt d’une bonne chose, dans la mesure où cela donne au Commissaire Européen une légitimité démocratique via le suffrage populaire, un peu comme les ministres sortent souvent des parlements nationaux. »
Pas lorsqu’on est tête du liste du parti majoritaire, c’est à dire, député européen nommé par le gouvernement français.
Et si vous croyez qu’à ce niveau de politique européenne la ficelle ne se voit pas…
j’avais déjà tout éliminé, hélas.
car en dépit de mon souci écolo, je ne peux me résoudre à voter pour quoi que ce soit qui approche Bové.
c’est que je vis dans un endroit où, par malheur, il a fait son meilleur score aux présidentielles, et où ses amis promettent tout simplement un violence jamais vue depuis 1984 http://www.lnc.nc/articles/article_71138_249793.htm.
alors, non, impossible de voter vert.
donc retour au PS. en même temps, le PS local est sympathique, alors…
Jules, la remarque de « vains dieux » est pertinente. Vous vous en tenez à du superficiel pour prendre une décision qui n’a rien à voir. Prendre une position suite à une chamaillerie est un peu court. Pourquoi les excès de langage du porte parole de l’UMP n’ont-ils pas été mis dans la balance par exemple ? Ils sont fichtrement plus agressifs que ceux tenus par les leaders des Verts et du Mouvement Démocrate.
Vous m’avez habitué à plus de profondeur, je trouve que c’est léger de reprendre simplement les petites phrases rabâchés à longueur de média comme argument. Bayrou parlerait donc que des intérêts nationaux ? C’est ignorer que son propos porte sur des valeur et un projet de société (du moins lorqu’on lui donne la possibilité d’en parler et qu’il ne tombe pas dans le piège d’un format d’émission ridicule,cf ce qu’en a dit Melenchon). Un projet de société est tout autant national qu’européen, dissocié les deux est idiot.
J’espère Jules que vous nous ferez partager prochainement votre lecture des actions des députés, au travers du programme sur lequel ils ont été élu. La pertinence du vote de demain en sera éclairée.
Je trouve chez les militants une tendance à me trouver de la profondeur lorsque je suis en accord avec leur engagement, et plus de superficialité lorsque je m’en écarte.
Mais si vous voulez savoir, pour avoir discuté et interrogé Marielle de Sarnez, je crains que le Modem n’ait vraiment pas grand chose à proposer en matière européenne. Non plus si vous me le permettez, que sur le plan des valeurs. Mais j’étais prêt à passer l’indigence d’aujourd’hui sur la foi de l’engagement d’hier.
Quant à l’allusion au porte-parole de l’UMP, vous me permettrez un certain agacement. La défense qui consiste à dire que notre adversaire est aussi nul — ou pire — que nous ne rehausse nullement nos qualités. Elle ne font que confirmer notre incurie, avec, de surcroît, un ton de cour de récréation.
Certe, les militant fatigués d’une campagne ne sont pas très objectifs, et lisent les propos au travers du filtre de la campagne qu’ils viennent de vivre
Cependant il est difficile d’entendre que les projets ou valeurs sont vides au MoDem alors que François Bayrou est le porteur d’un modèle de société rappeler dans son dernier ouvrage, illustré par contre poids de la gouvernance de Nicolas Sarkozy, mais qui n’en est pas moins un projet de société qui aurait dût avoir toute sa place dans la campagne européenne, car c’est bien le projet européen qui façonne une partie du projet national.
Avez-vous lu Jules le livre Abus de pouvoir ?
Je ne suis pas d’accord sur le fait que le modèle de gouvernance prôné par François Bayrou, qui s’intéresse au système national, a vocation a régir l’Union. Sauf à se noyer dans des généralités illusoires.
Cela dit, je reconnais ne pas avoir lu son livre, et n’en connais que ce que l’auteur ou ses partisans en extraient, dans un débat public manifestement contraint par le temps.
« Pourquoi les excès de langage du porte parole de l’UMP n’ont-ils pas été mis dans la balance par exemple ? »
Jules ayant éliminé le vote UMP préalablement, et hésitant entre la liste écologiste et la liste modem, je ne vois pas ce que le porte parole de l’UMP (ou du PS) aurait pu avoir une influence sur ce choix.
Pour ma part, je voterai PS sans la moindre hésitation même si je comprends (et partage dans une certaine mesure) les reproche qui lui sont fait). Des discours comme celui-ci me confortent dans mon choix:
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2009/05/s%C3%A9gol%C3%A8ne-royal-plaide-pour-les-%C3%A9tatsunis-deurope-dans-lindiff%C3%A9rence-m%C3%A9diatique.html
« n’écoutez pas ceux vous dirons que ce n’est pas votre mandat : les délégués des États généraux n’avaient pas non plus reçu mandat de déclarer les Droits de l’Homme, pourtant ils l’ont fait. N’hésitez pas, députés socialistes, à faire entre l’Europe dans l’histoire. Appelez les parlements nationaux en renfort (…), appelez les peuples en soutien ». « Nous voulons plus d’Europe, nous voulons une Europe de plus », a-t-elle martelé : « vous devez faire l’Europe unie, l’Europe unie des peuples d’Europe »
J’adhère totalement à ce discours
Je suis aussi de ceux pour lesquels le débat n’a fait que violemment confirmer une impression vague mais de plus en plus tenace au fil des mois.
Bayrou est un naufrage…
A parcourir quelques blogs, j’ai aussi le sentiment qu’A Vous de juger fut le chemin de Damas de beaucoup.
Soyons clairs. L’Europe est un projet libéral. On peut la souhaiter libérale ET sociale mais certainement pas anti-libérale.
Le désamour français pour l’Europe est né du glas d’une illusion: celle d’une Europe projection de la France, consolatrice de sa perte de puissance et protectrice des intérêts petits ou gros qu’elle ne pouvait plus défendre seule.
Et il fallait que ce fût une Europe des Etats puisqu’en France, l’Etat c’est tout.
Il me semble que le désarroi exprimé sur cette page ne tient pas tant aux aspects circonstanciels de cette campagne qu’au non-sens consistant à devoir faire son choix dans une offre exclusivement étatiste et anti-libérale pour faire fonctionner un projet d’essence libérale.
Personnellement je fais donc le choix de voter alternative libérale, sans espoir de désigner un représentant mais en essayant d’éviter de prêter main-forte à un détournement de vote ou du moins de ne pas abaisser le seuil des 5%.
Le seul problème d’un tel suffrage est qu’il bénéficie mécaniquement à une liste obtenant un score supérieur à 5 %. Je dirais donc, a priori, que votre suffrage, nonobstant son inspiration, servira en pratique les listes du FN ou de Libertas.
Car votre voix sera comptée au bénéfice des uns ou des autres.
Il est vrai que des connections — curieuses — existent entre Libertas et alternative libérale.
En m’exprimant, je fais remonter (très modestement il est vrai) le seuil des 5% ce qui n’est pas forcément en faveur de Libertas. Mais quand bien même Libertas dépasserait ce seuil, ma voix profiterait plutôt à l’une des principales formations si j’ai bien compris votre récente démonstration.
Je serais curieux de connaître les « curieuses connections » pouvant exister entre Libertas qui prône le refus de l’immigration et le protectionnisme et Alternative Libérale dont le programme proclame que « les politiques anti-immigration ou de contrôle de l’immigration menées aujourd’hui coûtent cher, en coûts administratifs et sociaux, et le refus de rendre l’immigration libre favorise la criminalité et les situations de non-droit » ou encore que « les personnes, les biens, les services, les capitaux, les idées doivent pouvoir circuler librement non seulement en Europe, mais aussi entre l’Europe et le reste du monde ».
Ce doit être ça:
Article du figaro.fr
Soit. Merci d’éclairer ma lanterne.
Nous aurions donc le grand complot de Sarkozy contre Bayrou via Cohn-Bendit et le petit complot d’Alternative Libérale qui roulerait pour Libertas. Mazette!
Dans cette campagne de Pieds Nickelés, j’hésite entre Ribouldingue et Filochard.
En fait, la première voix non exprimée pour une formation politique qui ne bénéficie pas de 5% profite à la formation qui a la plus forte moyenne, soit, la première qui est la plus proche du quotient électoral sans l’atteindre.
Donc, en fonction de l’abstention, plutôt les petites formations.
Le problème le plus grave pour Bayrou dans cette affaire, c’est que s’il considère les errements passés comme imprescriptibles (politiquement) malgré l’amende honorable de leur auteur, il s’aliène ipso facto les voix des électeurs sensibles aux questions portant sur la laïcité. Car ceux, dont je suis, qui avaient voté pour lui lors de la présidentielle, et ce malgré son désastreux projet de loi scolaire, se demandent maintenant quel est le crédit qu’ils peuvent accorder à son repentir sur ce sujet. D’ailleurs, s’il est sincère c’est encore pire, puisque cela signifierait soit que lui seul est capable de venir à résipiscence, soit que la faute d’attouchement, quel que soit le contexte, est infiniment plus grave que l’atteinte du ministre à une valeur républicaine . Dans le premier cas, c’est soit une absence totale de charité, soit une preuve d’orgueil démesuré. Dans le second, c’est de la duplicité ou de l’inconséquence.
Quelles que soient les raisons, il s’est mis dans un très mauvais cas. Sarkozy, me semble-t il, peut se réjouir.
Quant à moi, je voterai du coup pour Cohn-Bendit. Malgré Bovet et pas seulement par empathie.
Il y a tout de même une certaine Eva Joly sur la liste, et je suis bien plus inquiet des questions de probité que des avantages concurrentiels qui seraient soi disant perdus. Sans parler des questions d’écologie proprement dite et des reniements du Grenelle.
Comme le faisait justement observer Marmontel, la persévérance, l’opiniâtreté et la cohérence sont d’excellentes vertus, hormis le cas où leur empire se manifeste dans la course vers l’abîme.
Je ne déteste pas votre référence.
Bon, finalement MoDem quand même. Je n’ai pas la télé, M. Bayrou n’est après tout pas candidat, j’ai souvent voté UDF aux européennes et, comme le note Verel, leur profession de foi est plus convaincante que celle d’Europe Ecologie. Mais pas plus enthousiaste que ça.
Concernant François Bayrou, j’avais auparavant été choqué de la façon, très populiste, avec laquelle il avait condamné le principe même de la procédure d’arbitrage dans « l’affaire Tapie »