Et bien nous voilà avec les premières estimations.
20h30 :
L’UMP bénéficie de son engagement européen d’un doigt : plus de 28 %.
Le Parti socialiste touche les dividendes de son indigence : 17 %
Europe écologie a réussi à faire oublier José Bové : 15 %
Le Modem, suivant en cela les prédictions de François Bayrou, a été mésestimé par les sondages : 9%
Le Front de gauche prime le NPA. 7 contre 5 %.
Le Front national devance Libertas, mais pas de tant que cela : 6 contre 5 %.
Grand gagnant en France : le Président Sarkozy.
Grands perdants en France : François Bayrou et Martine Aubry.
Grande gagnante à gauche : Ségolène Royal.
21h25 :
A la République des blogs, on se fait des confidences sur les suffrages de chacun. Le mode élimination semble l’avoir emporté. de sorte que les résultats déplorables du Partis socialiste et du Modem trahissent bien un sentiment de désaffection de leurs sympathisants. Le Modem s’est effrité au profit de l’UMP et d’Europe écologie, le PS, au profit d’Europe écologie et du Front de gauche, probablement.
Il semble que François Bayrou a payé le prix de son incartade de jeudi dernier. Les hésitants n’ont pas goûté ses saillies contre Daniel Cohn-Bendit — plutôt apprécié parmi la bourgeoisie centriste — non plus que sa posture exagérément victimaire. Compte tenu de son implication personnelle, il y perdra quelques plumes pour l’avenir.
L’UMP — c’est remarquable — obtient un score favorable en cours de législature. A leur crédit, le choix d’un candidat autenthiquement européen, et finalement peu suspect d’opportunisme politique — du moins national.
Il est d’ailleurs remarquable qu’après quelques mois de crise financière, les partis conservateurs renforcent leur emprise électorale sur l’Union1. A l’inverse, les partis sociaux-démocrates, qui criaient au loup sur les risques de l’absence de régulation, perdent du crédit : de l’inconvénient d’être Cassandre ? Ou peut-être d’avoir traité avec une hypocrite légèreté une question apparemment grave. Certes, l’histoire semble leur donner raison, mais par accident.
Dans l’ordre interne, c’est avec une délectation un peu désespérée que l’on observe Martine Aubry, déléguée à la défaite lors du congrès de Reims, goûter les fruits amers de la conspiration. Des dagues bien plantées savent toujours trouver leur chemin.
21h40 :
Ah… La qualité des sondages. François Bayrou avait raison.

- Comme semble le démontrer les tendances dans les états membres. [↩]
Sacré claque pour le PS et le modem. Aubry et Bayrou sont-ils morts ?
Et il n’y a plus qu’un seul « grand » parti : l’UMP. Ne va-t-on pas avoir la droite, l’UMP et Sarko pour de longues années encore ?
Le ridicule n’a jamais tué : tel est d’ailleurs bien le drame de la démocratie.
« Ah… La qualité des sondages. François Bayrou avait raison. »
Loin de moi l’idée de défendre les sondeurs, mais peut-être y a-t-il eu un fort basculement suite au débat de jeudi soir. Bayrou, en attaquant Cohn-Bendit sur le terrain de l’ordre moral, a fait de l’anti-mai 68 à la Sarkozy, ce qui a peut-être beaucoup déplu à son électorat un peu bobo.
Vous avez raison. Mais pas moins que François Bayrou, qui prédisait des écarts significatifs entre les sondages et les résultats.
C’est un mauvais résultat pour le PS mais finalement un résultat trompeur pour l’ump car il s’agit d’une élection à un tour. Ils font face à un front contestataire trés important et le FN finalement est en train de récupérer une partie de son électorat.
Un petit peu d’histoire…
En 1994, la liste PS, conduite par Michel Rocard fait 14,5 %, talonnée par la liste de Bernard Tapie.
On considère que le PS est mort, et quelques mois plus tard, après le renoncement de Jacques Delors à être candidat à la présidentielle, tous les commentateurs « autorisés » s’accordent à dire qu’il se pourrait que la gauche n’atteigne même pas le 2ème tour de la présidentielle.
En 1995, Jospin fait une très bonne campagne, un score plus qu’honorable à la présidentielle, et deux ans plus tard, le PS gagne les législatives…
En 1999, la liste RPR, menée par un certain Nicolas Sarkozy, termine troisième du scrutin, devancée par la liste de Charles Pasqua. Les commentateurs autorisés sont unanimes : la carrière politique de Nicolas Sarkozy est terminée.
En 2004, le PS fait 28 %, l’UMP 16 %…Tiens c’est tout juste l’inverse 5 ans plus tard…
Conclusion : on ne peut tirer aucune conclusion d’une élection européenne
Je dois dire que j’attends avec gourmandise les « révélations » de François Bayrou comportant « des noms et des dates » qui montreront « en cas d’écart important entre les sondages et les résultats » (c’est le cas, son score était bien supérieur dans les sondages) comment les sondages sont manipulés.