L’impertinence et la culture perdue de la gauche

10/08/2009
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Si l’on devait, d’ici quelques décennies, porter le regard sur la culture qui nous immerge, peut-être y trouvera-t-on le précipité d’un hymen improbable. Celui de l’impertinence et du respect.

De cette étrange union est née une époque confuse et torturée. Apaisée à certains égards ; exubéramment belliqueuse — voire litigante — par d’autres. En tous les cas, une époque hésitante et brusque, où les cultures semblent l’emporter partout et la culture nulle part ; où le conservatisme niche sous les plus ardentes professions de progressisme, et le progressisme a des allures de vieille lune.

Je ne vois pas de raison de croire que ce tumulte doux ne pèse sur la politique. Ou plutôt, les cultures politiques. A gauche, mais aussi à droite. Avec d’improbables combinaisons dont la présidence actuelle a fait un remarquable emploi.

I. - D’un côté, donc, le respect. Une revendication universelle qui tend à exiger de chacun la reconnaissance — voire l’estime — de toute singularité. Une revendication qui trouve sa source dans l’idée d’une société pluraliste, qui ne saurait, sans opprimer, ériger des valeurs, mœurs ou cultures en modèle. Une société pluraliste que l’on a parfois tenté de réduire à sa dimension ethnicisée : société multiculturelle ou métissée.

De l’autre, l’impertinence. Ce n’est peut-être pas une invention de la contreculture des baby-boomers. Après tout, on trouvait bien avant le printemps soixante-huit comiques, bouffons et provocateurs, qui s’y entendaient à faire rire contre les bonnes manières, les conventions et les pouvoirs. Ce qui a changé, cependant, c’est le statut de l’impertinence. Elle est devenue elle-même valeur. L’une des plus haute. Et si je devais dater un moment de l’évolution, je le situerais dans les premières années de Canal Plus, chaîne de télévision qui faisait de l’impertinence une profession — de foi — puis un facteur clé de succès1 au travers de « l’esprit canal« .

Ces années 80, héritières du bouillonnement des années 60 et 70 voient triompher leurs valeurs. La démographie le voulait. Les contestataires des années de contreculture prenaient peu à peu la direction politique, économique et intellectuelle de la France. Mais les valeurs qu’ils apportaient à la tête de la France étaient celles d’une jeunesse turbulente.

II. - L’impertinence présente deux aspects.

Elle se veut résistante aux pouvoirs. C’est là la source de sa légitimité. Contre tout pouvoir, donc contre toute oppression, elle emprunte à la mythologie de la résistance2 ainsi qu’à la tradition voltairienne. Se proclamer impertinent, c’est se faire le héraut de la liberté. Mais sur un mode léger.

L’esprit3, ou le comique : voici l’instrument de l’impertinence contemporaine. Sa signature. Le comique a pour lui de ne point indisposer comme le ferait l’hystérie grandiloquente des révolutionnaires. Il séduit par la connivence qu’il impose au rieur. Il paralyse par son innocuité. C’est l’arme des faibles, donc des opprimés.

Oui mais voilà. L’impertinence rigolarde est parfaitement à sa place lorsqu’elle combat le pouvoir. Elle l’est nettement moins lorsqu’elle l’épouse. Ce qui est advenu à la fin des années ’80. Alchimie subtile de la chaîne Canal plus, dont l’actionnariat et les dirigeants sont si  proches des élites politiques, économiques et médiatiques4, tout en multipliant les programmes « impertinents« .

Bref, l’impertinence se doit d’avoir des cibles puissantes. Lorsqu’elle est au pouvoir — ou lorsqu’elle l’accompagne, elle doit s’inventer des oppresseurs.

III. - Ce fut le « politiquement correct« , figure sombre du « respect« .

Le terme est la traduction inappropriée de la « political correctness » américaine. Il s’agit, comme souvent, d’une création terminologique faite par les adversaires de la théorie critique5. Pour aller vite, la théorie critique postule que la domination sociale de certains groupes sur les autres trouve à la fois son accomplissement et sa source dans les pratiques quotidiennes. En particulier le langage et les mœurs.

Il en résulte que la marche vers l’émancipation doit s’accomplir par la déconstruction du discours majoritaire pour faire apparaître les préjugés et sous-entendus qui le fondent. Par exemple, la littérature classique porte en elle les stigmates de la domination de l’homme sur la femme, du blanc sur les personnes de couleur, des hétérosexuels sur les homosexuels.

Parallèlement, il convient de faire émerger un discours épuré de préjugés négatifs, voire empreint de préjugés favorables, pour restituer aux groupes dominés la part de dignité qui leur a été dérobée. D’où certaines tentatives de diffuser6 — ou d’imposer — des codes de langage politiquement neutres. Ce qu’on a dénoncé comme de la police du verbe ou « political correctness« . D’où, encore, les « pride » — fierté — qui appellent le « respect« . Bref, le « politiquement correct » et la culture du respect coulent de la même source et caressent parfois les mêmes rivages.

Cependant, la culture du respect, parce qu’elle vise à s’imposer contre la liberté d’autrui, présente naturellement une dimension oppressive qui devait se heurter à l’empire de l’impertinence7.

IV.- La gauche, héritière légitime de la lutte contre l’oppression, ne pouvait qu’être déchirée entre ses deux formes contemporaines que sont l’impertinence et la culture du respect.

Avançons jusque dans les années 2000. Le débat, qui a cheminé au cours des années 90′, s’est peu à peu sédimenté autour de la question du multi-culturalisme. C’est qu’il est bien difficile de proclamer son attachement au respect de toutes les cultures tout en prétendant s’attaquer à toutes les formes de domination. Après tout, on n’échappe difficilement à sa culture.

L’affaire dite des « caricatures de Mahomet » en a été la vibrante illustration.

D’un côté, ceux qui revendiquaient la liberté de combattre la rigueur d’un Islam conçu comme largement oppressif. De l’autre, ceux qui voulaient voir dans les dessins moqueurs une forme d’irrespect.

De l’un et de l’autre côté, on a trouvé des figures de droite et de gauche. Contre les caricatures, ceux qui estiment que les convictions religieuses doivent faire l’objet de respect, parmi lesquels des catholiques, comme mon ami Koz, que l’on accusera difficilement de bolchévisme. De l’autre, Philippe Val, mais aussi le Président Sarkozy, au nom de la liberté d’expression, mais également au nom d’une certaine immunité de l’acte humoristique.

Les débats sont cependant plus vifs au sein de la gauche.

C’est que, pensé-je, la gauche politique est sérieuse. Certes, elle reconnaît dans l’humour une forme aboutie de la liberté d’expression. En sorte qu’il ne fait pas bon se trouver du côté des censeurs. Mais il y a dans le rire une forme de frivolité impropre à la gravité du monde.

Et puis le républicanisme — fût-il de gauche — n’est pas exempt d’autoritarisme. Après tout, c’est à la gauche que l’on doit ces lois qui répriment les injures et provocations à la haine raciale.

Elle ne peut cependant prendre une distance avec la modernité prescriptive des cultures du respect et de l’impertinence8. Aussi bien la gauche se trouve-t-elle à la fois mal à l’aise et engoncée devant les débats d’aujourd’hui.

La droite qui se dit « décomplexée » trouve, pour sa part, tout avantage à épouser les valeurs contemporaines.

Il ne faudrait pas attribuer trop vite à la gauche le monopole de l’impertinence. De fait, l’impertinence politique trouve bien souvent à droite de solides défenseurs. Et s’ils ne sont pas à droite, ils ne sont clairement pas à gauche9.

De fait, la révolution conservatrice occidentale s’est largement construite contre le discours moralisateur et culpabilisant de la théorie critique10. Cette attaque a incontestablement trouvé un écho dans l’opinion et l’intelligentsia de gauche. Si bien que le Président Sarkozy, se prétendant lutter contre les tabous et l’esprit soixante-huitard, a trouvé quelques oreilles attentives.

V. - Alors, la gauche a-t-elle perdu sa culture en cédant à l’empire de l’impertinence ?

Oui, d’une certaine façon.

La culture du respect conduisait à inévitablement à une société victimaire. Un instrument dont la droite peut jouer avec autant de talent ; voire, plus de virtuosité.

L’empire de l’impertinence dissout les remparts moraux. Et il est difficile à la gauche de ne point prétendre à la hauteur. Après tout, le progrès ne connaît que l’horizon.

Je ne crois pas, cependant, qu’elle gagnerait à lutter contre les courants. Sauf à s’y épuiser. Mais elle pourrait s’accommoder mieux du voyage en soignant les passagers.





  1. Comme on aime à le dire dans les ouvrages de management. []
  2. N’oublions pas combien la mystique résistante a pesé sur la génération des baby-boomers. []
  3. Plus rarement l’humour, qui consiste à rire de soi. En cela, l’humour est anglais alors que le français a plutôt la tradition de l’esprit. []
  4. Son premier président, André Rousselet, était un fidèle collaborateur de François Mitterrand. Et ce dernier n’a pas ménagé ses efforts pour faire naître Canal plus sous sa la forme qu’on lui connaît. []
  5. Critical theory. []
  6. En particulier dans les universités. []
  7. Illustration : un dictionnaire parodique du politiquement correct. []
  8. Ce que fait Alain Finkielkraut depuis bien des années désormais. Mais au prix de souffrir la qualification de réactionnaire. []
  9. Je pense en particulier à Pierre Desproges. []
  10. Elle n’était pas tenue d’épouser la culture du respect, et a pu jouer parfois de l’extrémisme de son avant-garde. []

7 commentaires to L’impertinence et la culture perdue de la gauche

  1. owbi le 11/08/2009 à 9 h 58 min

    Bonjour,

    Billet très intéressant, mais je me demande s’il n’est pas basé sur une confusion entre respect et tolérance. La tolérance, c’est (en tout cas comme je la comprends) ce que vous décrivez : une indifférence à l’égard d’autrui, un « il fait bien ce qu’il veut du moment que ça ne me concerne pas directement ». C’est la liberté qui ne s’arrête que la où commence la mienne, et seulement la mienne. En bref c’est la traduction du fait que j’ai pas envie d’être embêté avec les problèmes des autres, et qu’on me foute la paix dans mon coin. Difficile d’imaginer qu’on puisse construire un « être ensemble » avec ça, et effectivement l’appel constant à la tolérance s’accompagne bien du communautarisme : « laissez-nous être entre nous, nous replier sur nous, ne vous occupez pas de nous ». Fait amusant, ceux qui n’ont que le mot « tolérance » à la bouche ne révèlent souvent foutrement intolérants sur certaines cibles faciles (le catholicisme par exemple – je ne suis pas catholique), montrant ainsi que ce qu’ils souhaitent préserver c’est surtout leur confort intellectuel. Et donc le « politiquement correct » est juste la traduction linguistique de la tolérance : affadir le langage pour gommer les points d’aspérités, en oubliant que ce sont les aspérités qui permettent aux gens de s’accrocher, par le conflit mais aussi par l’entrée en dialogue.

    Le respect, par comparaison, c’est l’intérêt sincère pour autrui, l’effort de comprendre sa façon d’être, et le courage de lui dire si un aspect de son comportement me dérange par rapport à mes propres règles éthiques. La différence avec la xénophobie, l’homophobie, et autres phobies sociétales, c’est que justement les phobies sont irraisonnées, basées sur le simple et systématique rejet de la différence, de l’inconnu qui fait perdre des repères bien rassurants. Le respect s’accommode aussi bien de la tolérance que de l’intolérance (comprendre le racisme n’est pas le tolérer), il est donc parfois difficile à assumer, mais au moins provient-il d’un mouvement vers autrui (même s’il nous semble abjecte) et d’une volonté d’entrer en dialogue avec lui. Et en conflit, si cela s’avère nécessaire.

    Donc en gros, ma tolérance (comme mon intolérance) pour autrui l’enferme dans son particularisme, mon respect me rapproche de lui.

    Ce qui fait (si on remplace « respect » par « tolérance » dans votre billet) que les deux notions s’accommodent fort bien l’une de l’autre. Déclamer hypocritement sa tolérance pour l’autre, et en même temps en faire une cible pour l’impertinence, l’esprit , la moquerie, la pique… tout ce qui rejette autrui dans ses aspects ridicules (ou perçus comme tels), et le réduit à ça. La caricature. Ce n’est contradictoire qu’en apparence : ceux qui prêchent la tolérance à tout crin sont assez constamment dans leur vision du monde caricaturaux d’une façon confondante, l’organisant en groupes sociaux homogènes et bien délimités. Ceci dit la caricature peut aussi s’accompagner de respect, à condition que l’impertinence s’accompagne d’humour, de cette capacité, comme vous le dites si bien, de reconnaitre chez moi les mêmes traits ridicules que chez autrui (et au passage d’accepter la moquerie en en riant). La moquerie vexe et déchire, l’humour rapproche par un rire commun. D’ailleurs le manque d’auto-ironie est un trait assez constant chez les sectaires, c’est même à ça qu’on les reconnait. Alors bien sûr, dans le domaine politique, on n’a pas forcément envie de se rapprocher de son adversaire. Mais dans le domaine médiatique, l’impertinence est surtout l’expression d’un manque assez impressionnant de culture et d’humilité. « Connards arrogants » est un qualificatif plutôt gentil pour la plupart des « comiques » de la télé. Ça fait un peu cliché, mais c’est vrai qu’il n’y a plus beaucoup de Desproges et de Coluche.

    Pour le rapport avec la culture de gauche, je ne sais pas trop. Peut-être la gauche a-t-elle plus de mal, de par l’effondrement de certaines de ses bases idéologiques, à assumer les inévitables contradictions de toute action publique. La tolérance serait alors un refuge commode, en attendant que les débats sur la crise d’identité de la gauche aboutissent.

    • Jules le 11/08/2009 à 19 h 01 min

      Je ne partage pas votre analyse sur la tolérance.

      D’abord, c’est bien le « respect » qui est invoqué.

      Ensuite, la « tolérance » est une façon d’affirmer la supériorité de ses valeurs. Ou, comme le disait Mirabeau lors des délibérations sur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen :

      Je ne viens pas prêcher la tolérance. La liberté la plus illimitée de religion est à mes yeux un droit si sacré, que le mot tolérance qui essaye de l’exprimer me paraît en quelque sorte tyrannique lui-même, puisque l’existence de l’autorité qui a le pouvoir de tolérer l’atteinte à la liberté de penser est tyrannique par cela même qu’elle tolère et qu’ainsi elle pourrait ne pas tolérer.

      Enfin, l’ironie n’est pas la seule dimension de l’impertinence. Elle n’en est que le moyen. L’impertinence est d’abord une atteinte aux conventions et/ou au pouvoirs.

  2. [...] remercierez Jules, venu me sortir d’une peu justifiée torpeur estivale, au moyen d’une référence à la position que je peux tenir ici, et que je tins en particulier il y a plus de trois ans de [...]

  3. Commentaire.s le 11/08/2009 à 17 h 27 min

    « Tout pourrirait sans le sel radical, (…) l’individu qui refuse de bêler selon le ton et la mesure » disait Alain. L’humour impertinent permet en effet d’exprimer des critiques sur la société et ainsi d’évacuer des tensions de façon non-violente. Les sociétés démocratiques contemporaines se sont rendues compte de l’utilité de cet humour et donc cherché à l’institutionnaliser, le dénaturant pour le rendre très ambigü. Difficile en effet de croire que la critique du pouvoir peut être sincère si elle émane du pouvoir lui-même.

    Mais la liberté d’expression ne peut pas être sans limite. Toute liberté, même celle de rire, implique une certaine responsabilité. Puisque les actes que nous faisons ne nous sont imposés par rien ni personne mais que nous les choisissons librement, nous sommes responsables de nos actes. C’est d’ailleurs le fondement de toute justice. Nous devons donc être conscient des conséquences de nos actes et notamment du mal que nous pouvons occasionner. Cela concerne aussi la liberté d’expression, qui n’est donc pas sans limite. Tout ne peut pas être fait ni dit, au point d’être nul et vulgaire comme le dit Koztoujours, mais l’humour doit savoir ne pas être insultant et rester respectueux, sans pour autant perdre l’aspect dérangeant de la remise en cause qu’il provoque.

    Un équilibre très dur à trouver. Et la gauche est plus en difficulté face à ce problème car on attend beaucoup d’elle, sans doute trop. On voudrait qu’elle soit à la fois idéaliste et responsable, qu’elle soutienne la liberté en même temps qu’elle protège les individus.

    Je conclurais avec une phrase issu de la jurisprudence. 28 septembre 1982, tribunal des flagrants délires, réquisitoire du procureur « de la République Desproges française », Pierre Desproges : « On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui. »

    • Jules le 11/08/2009 à 19 h 06 min

      Je ne suis pas d’accord avec vous et Koz sur ce point. Ou alors, dans certaines limites.

      Il me semble que la liberté d’expression, notion juridique qui suppose une protection de l’État — ie, du juge — ne peut être indexée sur le bon ou mauvais goût du propos.

      Il y a de grandes décisions de la Cour suprême US sur ce point, en matière de pornographie notamment.

      Sur ce point, je vous invite à lire un ancien billet, qui répondait au reste au billet de Koz cité dans le présent post.

      • koz le 11/08/2009 à 23 h 23 min

        Mais j’espérais qu’il deviendrait clair que je n’indexe pas la liberté d’expression sur le bon ou le mauvais goût. Certains raisonnement, notamment juridiques, ne me sont pas totalement étrangers. Et si l’analogie n’a pas totalement de sens, je sais par exemple qu’on n’accorde pas de protection à une oeuvre en fonction de sa qualité ou non… Bien sûr, la liberté d’expression est accordée même aux minables et aux cons. Ca ne m’échappe pas. Mais je refuse de me laisser enfermer dans le débat de cette manière-là. Je refuse que l’on ampute le débat en se contentant d’invoquer la liberté d’expression, pour des personnes qui préméditent l’offense. La liberté d’expression, ils l’ont. C’est un acquis. On se fait peur facilement en prétendant qu’elle serait en péril. Donc soit, ils l’ont. Et moi, je n’ai pas l’intention de m’empêcher de dire ce que j’en pense ni, dans le cas des caricatures de Mahomet, qu’il est terrible que l’Occident se fasse remarquer par sa capacité à offenser inutilement les autres et à faire bloc pour défendre les auteurs de ladite offense. Mais la liberté d’expression, ils l’ont.

      • Commentaire.s le 13/08/2009 à 19 h 12 min

        Comme Koz, je ne conditionne pas la liberté d’expression au bon goût ou au respect du « politiquement correct » (au sens le plus répandu, même s’il est manifestement dévoyé). Nous disposons tous de la liberté d’expression, c’est une chance immense et il ne s’agit certainement pas de revenir sur ce point. Lorsque je parle de restriction de la liberté, de responsabilité, je fais surtout appel à la responsabilité individuelle de chacun (même si l’Etat peut pallier certaines défaillances). Mais, je le répète, notre liberté suppose que nous soyons responsables. Nous devons savoir limiter nous-mêmes notre propre liberté, éviter les gestes qui pourraient offenser autrui et ne pas éprouver empiriquement ses limites comme un enfant inconscient.

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