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Tintin au pays des oubliettes ?

Philippe Bilger, puis Aliocha, s’inquiètent d’une prochaine action judiciaire visant à interdire la diffusion de Tintin au Congo.

L’auteur de cette initiative s’est lancé dans une telle procédure en Belgique, mais cette dernière est toujours en cours d’instruction. Il envisage désormais de la mener en France.

Les déterminants juridique d’une telle demande demeurent aujourd’hui incertains. Il s’agit de faire valoir les préjugés racistes contenus dans l’œuvre pour en solliciter l’interdiction. Ce qui peut s’appuyer sur le droit de la presse — en matière civile, comme l’ont avancé les défenseurs du requérant.

Les adversaires d’une telle action, au rang desquels Philippe Bilger et Aliocha — probablement soutenus par une bonne part de la population française — soulignent avec raison que son succès conduirait à vouer au même sort un certain nombre d’ouvrages classiques, qui charrient une bonne quantité de propos offensants et choquants pour notre époque éprise du respect de tous1. Il entendent en cela que les œuvres d’hier ne sont pas à lire avec les lunettes d’aujourd’hui.

Et Philippe Bilger s’inquiète d’un « abus de conscience » qui légitimerait un contrôle de l’accès à l’information fondé sur le maintien des citoyens dans une « perpétuelle enfance« .

Si je ne suis pas loin d’adopter sa conclusion générale, je ne partage pas la lapidaire vigueur de son raisonnement.

Posons, pour la commodité de la discussion, que Tintin au Congo présente effectivement des préjugés racistes et que ceux-ci ne sont pas assortis d’une quelconque distance qui viendraient en modérer la portée. On conviendra alors que la lecture de l’ouvrage peut conduire le lecteur non averti à les épouser, dès lors qu’il est invité à partager le point de vue du sympathique reporter Tintin.

On me répondra que le destinataire d’une œuvre d’art n’est en rien tenu d’adopter les valeurs d’un auteur ou d’un personnage. Et, comme Philippe Bilger, on jugera qu’il s’agit ni plus ni moins que de priver le citoyen de sa capacité de sa juger et de sa raison.

Certes.

Mais il faut tenir compte du destinataire lui-même.

En l’occurrence, un enfant.

L’enfant, en droit, n’est pas fondé à faire valoir sa pleine raison citoyenne. Qu’il suffise pour cela de considérer qu’il n’a pas la capacité politique — non plus que civile — avant ses 18 ans. C’est que l’on juge sa conscience imparfaite encore ; tout comme sa volonté, fragile et susceptible d’être influencée. C’est d’ailleurs pour cette raison que le droit lui accorde la possibilité de faire annuler les contrats qu’il a pu passer avant sa majorité.

Dés lors, il n’est pas absurde de protéger cet enfant contre les préjugés les plus détestables. Ce qui semble justifier, du reste, un certain moralisme de l’éducation nationale, diversement dirigé selon les époques2. On pourrait d’ailleurs estimer qu’il s’agit, ni plus ni moins, que de les remplacer par les préjugés les mieux partagés de la société contemporaine.

Se pose cependant la question des moyens.

Les pouvoirs publics se sont donné le pouvoir de contrôler les publications susceptibles de mettre en danger la jeunesse. Il s’agit de la loi n°49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse3. Le ministère s’assure notamment que les publications destinées à la jeunesse ne contiennent « aucune insertion présentant sous un jour favorable (…) tous actes (…) de nature (…) à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques« .

Au titre des sanctions, parmi d’autres, la possibilité d’interdire la publication litigieuse. Il convient de noter, à cet égard, que la justice peut être saisie sur le fondement de ce texte par des associations agrées, ou alertée par un particulier4.

La loi confie encore au ministre la possibilité de limiter la diffusion de certaines publications aux majeurs. C’est l’article 14 :

Le ministre de l’intérieur est habilité à interdire :

- de proposer, de donner ou de vendre à des mineurs de dix-huit ans les publications de toute nature présentant un danger pour la jeunesse en raison de leur caractère licencieux ou pornographique, ou de la place faite au crime ou à la violence, à la discrimination ou à la haine raciale, à l’incitation, à l’usage, à la détention ou au trafic de stupéfiants.

Il s’agit là d’une mesure destinée à protéger la jeunesse contre l’influence des œuvres destinées aux adultes. Une traduction claire de l’idée selon laquelle l’esprit des jeunes gens doit être mieux protégé que celui des adultes. On hésite cependant à admettre que Tintin au Congo participe d’une entreprise d’incitation à la discrimination ou à la haine raciale, quellle qu’accueillante soit aujourd’hui la jurisprudence. De surcroît, la mesure résulte d’une prérogative exclusive de l’autorité publique. Elle n’appartient pas au justiciable particulier.

Il existe donc des instruments juridiques pour protéger le jeune lecteur contre les préjugés d’hier. Cependant, ces moyens ne peuvent être mis en œuvre par un simple particulier.

Ce n’est donc pas la protection de la jeunesse qu’il devra invoquer, mais la sienne propre. Autant dire, la lutte contre le préjugé qu’il devrait souffrir, et l’offense que lui fait subir l’ouvrage. En tant que congolais, il a quelque titre pour cela. En ce cas, on se place dans le cadre plus général de l’écrit offensant.

L’interdiction d’un ouvrage n’est pas des plus fréquent en France. En particulier lorsqu’elle est demandée par un particulier. On estime, à raison, que la liberté d’expression est une valeur des plus hautes à défendre dans une société démocratique5.

C’est pourquoi, même lorsque l’écrit a un contenu illicite, il est rare que soit ordonnée la cessation de sa diffusion ; et encore plus rare que les exemplaires déjà publiés soient saisis.

A ce titre, il convient de rappeler l’affaire « Mein Kampf« .

Nul ne doute que l’ouvrage contient quelques propos peu conformes à la législation en matière de haine raciale. Et pourtant, sa publication est libre sur le sol français. Comment cela se peut-il ?

Eh bien la Cour d’appel de Paris a pu estimer, dans un arrêt du 11 juillet 19796, que « Mein Kampf » pouvait faire l’objet d’une publication en raison de son « intérêt historique et documentaire« . Elle a cependant assorti cette publication d’un avertissement au lecteur. En voici un extrait :

« Mein Kampf », qui constitue assurément un document indispensable pour la connaissance de l’histoire contemporaine, est aussi une œuvre de polémique et de propagande dont l’esprit de violence n’est pas étranger à l’époque actuelle et qui par là-même peut encore, malgré l’inanité de ses théories, contribuer à une renaissance de la haine raciale ou à l’exaspération de la xénophobie.

(…)

La publication de « Mein Kampf » peut heurter la sensibilité de ceux qui, directement ou à travers leurs proches, ont souffert des persécutions et des crimes commis, à une époque encore récente, au nom de la doctrine hitlérienne. Pourtant les victimes du plus atroce crime contre l’humanité ne peuvent être vouées à l’oubli. Il importe que les hommes se souviennent du crime et s’en détournent avec horreur dans les temps à venir.

Il est donc nécessaire de rappeler ici au lecteur ce à quoi l’ouvrage qu’il a entre les mains, a conduit.

Bien sûr, nul ne doute que la partisans d’une doctrine raciste feront fi de l’avertissement en question. Cependant, il est apparu au juge que l’argument éducatif — historique — justifiait que chacun puisse prendre connaissance du document.

Cette jurisprudence est-elle applicable à notre cas ?

C’est possible.

En effet, comme Hergé l’a admis lui-même, il a été victime des préjugés de son époque et a participé à leur diffusion par cette œuvre. En cela, Tintin au Congo présente un « intérêt historique et documentaire« . Comme, du reste, nombre d’ouvrages classiques auxquels fait allusion Philippe Bilger.

Cependant, une telle analyse suppose de mettre en œuvre des dispositifs permettant au lecteur — en particulier au jeune lecteur — d’apprécier ce caractère historique. Ce sera le mécanisme de l’avertissement ou celui de la bibliothèque de Brooklin7. Une façon d’infantiliser le lecteur.

— Oui, mais lorsque le lecteur est enfant, ne convient-il pas de la traiter comme tel ?

Sans doute.

Et à plus forte raison, peut-on penser, que le jeune lecteur n’a pas la perspective historique qui lui permet de situer la proximité géographique ou temporelle d’une œuvre. Fouillez donc dans vos souvenirs8… A titre personnel, je confesse avoir tenu le pantalon de golf pour un objet tout à fait enviable de la mode masculine pendant mon enfance.

Et pour le dire brutalement, Hergé, ce n’est pas Luis-Ferdinand Céline.

Et cela peut donc justifier un traitement différencié.

Mais pour en revenir à une considération plus générale, pour conclure, je souhaiterais diriger l’attention sur les fonctions du droit.

Pour sage qu’il puisse apparaître — et il l’est bien souvent — le droit souvent parfois aveugle au temps et à l’histoire.

Il ne fait guère de doute qu’une bande dessinée pour enfant écrite aujourd’hui, qui présenterait des situations telles que celles de Tintin au Congo, aurait toute chance de susciter quelque indignation. Y compris, je le pense, dans le fors d’Aliocha ou de Philippe Bilger. Ce qui, me semble-t-il, trouble le débat, c’est cette familiarité enfantine que nous avons développé avec l’œuvre.

Pour le droit, il n’est rien de tel — ou alors, par de subtils détours. L’œuvre est ce qu’elle est en l’époque d’aujourd’hui, et avec des lecteurs d’aujourd’hui. Elle dispose du même pouvoir de suggestion.

Si l’on admet que l’enfant mérite une protection contre cette puissance de suggestion, alors, il faut prévenir l’enfant d’aujourd’hui contre les errements d’hier.

Mais c’est peut-être, je ne suis pas loin de le penser, un prix bien cher à payer que l’intervention de la justice en cette matière. Peut-être celui d’une société incapable de traiter par autre chose que le droit les cheminements de l’histoire et les scories du passé.

Avec le risque de devoir jeter Tintin aux oubliettes.





  1. Sinon de chacun. []
  2. Il est d’ailleurs notablement ironique que l’un des tableau — aujourd’hui disparu — décrié de Tintin au Congo voit le héros instruire des enfants indigènes de « leur patrie, la Belgique« . []
  3. Il s’agit, selon l’article 1er, de « toutes les publications périodiques ou non qui, par leur caractère, leur présentation ou leur objet, apparaissent comme principalement destinées aux enfants et adolescents« . On peine à en exclure Tintin. []
  4. Ce qui ne l’obligera pas à agir []
  5. C’est d’ailleurs le fondement de la censure partielle de la loi dite HADOPI. []
  6. Je n’ai pas encore réussi à me procurer la décision. Si quelqu’un peut me la transmettre, je lui en serai reconnaissant. []
  7. Elle limite l’accès des ouvrages litigieux aux lecteurs avertis. []
  8. En l’occurrence, j’ai appris à lire dans Tintin. c’était le Lotus bleu. []
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16 Commentaires

  1. Ah ! Merci Jules de nous éclairer juridiquement sur cette affaire. Deux remarques me viennent à l’esprit.

    D’abord, la comparaison avec Mein Kampf omet une différence essentielle entre les deux affaires, Mein Kampf est un pamphlet ou un essai, ou encore un programme politique, appelons ça comme on veut tandis que Tintin au Congo est une oeuvre de fiction, qui plus est humoristique. Que cet humour soit désormais mal venu, j’en suis la première convaincue, mais dès qu’on touche à la fiction on entre sur des terres à risque.

    Ensuite, une censure 80 ans après la parution d’une oeuvre, c’est quand même troublant. Non ?

    • Chère Aliocha,

      Tout d’abord, l’éclairage juridique n’est destiné qu’à faire apparaître, en guise d’illustration, le type d’approche que l’on peut conduire pour éclairer une réflexion plus générale.

      Ensuite, je suis tenté de réfuter vos deux arguments.

      Même en admettant l’argument que vous tirez de la différence de finalités entre Tintin et Mein Kampf, il reste que le droit s’en tient à l’effet du discours. Et il se trouve que le discours tenu dans le Tintin n’est pas dépourvu de préjugés.

      Par ailleurs, vous distinguez sur la forme — pamphlétaire pour l’un ; humoristique pour l’autre — mais on pourrait soutenir que l’objet de l’un et de l’autre ouvrage vise à présenter une réalité empreinte de préjugé. L’un et l’autre ont une ambition pédagogique, si vous voulez ; même s’il ne s’adresse pas au même lectorat. Mais enfin, passons. Il est tout à fait hasardeux de vouloir faire passer Tintin au Congo pour Mein Kampf.

      Sur l’argument des 80 années, je vais vous inviter à relire ma conclusion.

      Et puis, après tout, Mein Kampf compte 85 années. A ce compte, il faudrait s’étonner de toute tentative de censure ?

  2. La même loi de 49 qui avait obligé à changer la fin du 6ème volume de Lucky Luke, « Hors la loi » ( http://www.bdoubliees.com/journalspirou/sfigures3/luckyluke/index.htm ), tout à coup moins sanglante (d’ailleurs, depuis, plus personne n’a jamais été tué dans l’Ouest). Cette affaire me rappelle l’auto-censure dans « l’intégrale » DVD de Tex Avery de l’épisode « Uncle Tom’s cabana » ( http://www.metacafe.com/watch/390426/tex_avery_uncle_toms_cabana_1947/ ), tout simplement « oublié » (le noir^W américain africain y est désigné comme menteur — mais c’est pourtant assez drôle).

    À propos de « Mein Kampf », à l’occasion de sa libération de droits prochaine (enfin, dans 6 ans), ça jaserait fort dessus — jusqu’ici, il fallait un peu lutter pour l’avoir, le land de Bavière traînant des pieds, alors que bientôt il faudra juste télécharger un « .txt ». D’un autre côté, c’est tellement bête qu’il faudrait déjà être bien atteint pour y trouver un intérêt en soi. Dans tous les cas, la censure ne marche toujours qu’un temps, sur la longue, ça n’a aucun intérêt (pensons à l’Index de l’Église, qui sert maintenant de très bonne bibliographie, merci pour le référencement !).

    Et d’ailleurs, il n’y a pas des parents derrière les gosses qui lisent des bédés ? (déjà qu’on n’a pas droit au sang qui jaillit dans les Dragon Ball français sous prétexte qu’il y aurait des gosses qui regardent… Halte au politiquement correct et à la surprotection infantile !)

    • Quand on parle de Lucky luke, il amusant de noter aussi qu’au début de ses aventures, il boit de la bière et fume des roulées, maintenant c’est brin d’herbe et coca…

  3. Pour mon premier commentaire chez vous je m’en vais être désagréable :) et vous faire remarquer que le phylactère disparu dans Tintin au Congo n’est pas à propos des « ancêtres les gaulois » mais bien : « Je vais vous parler de votre patrie, la Belgique. » La bulle incriminée a été changée au profit de : « Combien font 2 + 2. »

  4. le préfet sanctionné aurait-il été victime de Tintin au Congo ? On pourrait d’ailleurs se demander s’il n’y a pas d’autres victimes encore plus célèbres.
    Si je me réfère aux souvenirs que j’ai de la lecture de ce livre, il y a (tant que çà ?) X… années, j’avais tiqué non seulement sur certaines jugements de Tintin, mais aussi sur le nombre d’antilopes massacrées je ne sais plus trop quelle page (je n’ai pas l’album sous les yeux). D’ici à ce que les écolos viennent appuyer la plainte et que les chasseurs, mécontents de l’image de « viandards » qui y serait associée, ne s’y associent (un genre de triple entente), on a pas fini.
    Personnellement, j’ai toujours préféré Astérix (et Emacs c’est mieux que Vi !!). Ceci dit, les risques de succomber aux stéréotypes sont moindres. Hergé savait d’ailleurs s’en moquer à travers la personne des Dupond-t .
    Si vous laissez vos enfants lire Tintin au Congo et qu’ils y prennent plaisir, faites-leur lire les autres albums, cela devrait suffire à contrebalancer les influences potentiellement néfastes.

  5. Certes.
    Mais il faut tenir compte du destinataire lui-même.
    En l’occurrence, un enfant.

    A l’époque où j’y habitais (c’est à dire il y a une quinzaine d’années, les choses ont pu changer depuis), les anglais avaient en partie résolu ce problème en rangeant Tintin au Congo (et ce volume uniquement !) au rayon « adulte » de toutes les librairies. Ça ne résout pas tout, mais c’est déjà un début.

    Quant-à Mein Kampf, quand j’ai voulu me le procurer, justement par intérêt historique, je n’ai pu en trouver aucune traduction française sur mon site de vente en ligne préféré. Il faut croire que si la censure n’est pas faite par l’état, elle l’est par les éditeurs…

    • Mein Kampf est quand même accessible dans un certain nombre de bibliothèque : certes les éditeurs sont peut-être enclins à ne plus le publier, mais le livre est en accès public, je ne pense pas qu’on puisse parler de censure (et l’Etat assume ici un rôle inverse, en offrant cette accessibilité via les bibliothèque publique).

      • On peut le trouver ici : lien supprimé

        • Cela dit, aujourd’hui on interdirait la parution de
          - La question juive, de Karl Marx,
          - Les marchants de Venise de Shakespeare (qui a d’ailleurs failli l’être il y a quelques années !!)
          et d’autres choses encore pour les même stupides raisons.

          Ce genre de désir, d’interdire la bêtise dans un livre paru il y a 80 ans, contient lui-même la même bêtise qu’il voudrait supprimer.

          Et par là-même il s’empêche de pouvoir la décrire et la critiquer — par écrit et non par cris — de sorte à trouver une résonance dans chez d’autres, résonance qui fera réfléchir aussi celui qui produit une telle bêtise.

        • Vous êtes prié de ne pas fournir un lien vers un ouvrage encore protégé par un droit de propriété intellectuelle. Quelque soit la nature de l’ouvrage.

          • Il n’est plus protégé au Canada où la protection des œuvres est de 50 ans, contre 70 pour les pays ayant signé la convention de Berne sur la protection des œuvres intellectuelles.

            En conséquence, publier un lien vers cet ouvrage, sur un site résidant au Canada, relève d’une décision personnelle de celui ou celle qui le suit et non pas d’une disposition contraire aux lois, du site français qui le publie.

  6. Le Lotus Bleu, putain toute ma jeunesse.
    Je suppose que ce titre est censuré au Japon puisque qu’il parle de l’agression japonaise contre la Chine, agression justifiée par une provocation dont Tintin est témoin.
    J’aime bien le texte de l’avant dernière case de la page 22:
    « …et une fois de plus, le Japon a rempli sa mission de gardien de l’Ordre et de la Civilisation en Extrême Orient !…Si nous avons dû, à notre grand regret, envoyer des troupes en Chine , c’est pour défendre la Chine elle même!… »
    Mais moi, petit garçon, je n’ai rien vu, je ne regardais que Tintin,, il a fallu que je le lise à mes enfants pour découvrir de cette critique de l’impérialisme japonais et des concessions internationales. Tintin ne m’a rendu ni maoïste ni raciste .

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  1. Foutons la paix à Tintin, par pitié ! « La Plume d’Aliocha

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