Les désirs ont-il encore un avenir ?

17/09/2009
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Il a plu des rires sur le nouveau site de Désirs d’avenir.

Sur la page d’accueil, principalement, qui laissait incrédule et hilares — ou affligés — les nombreux visiteurs. Réactive, comme à son habitude, Ségolène Royal l’a faite modifier derechef.

Soufflée la poussière de deux années, et voici reparaître la vocation « participative » de Désirs d’avenir. Du moins formellement. Il est annoncé annonce que la homepage sera changée chaque semaine sur proposition des comités locaux.

Et pour le reste ?

Rien. Pas un blog ou un forum où les participants pourraient échanger et proposer ; pas un outil qui permettrait au « pouvoir de l’intelligence collective et au devoir de partager les savoirs »1 de se développer. Autant dire que le nouveau site, au delà de son ergonomie discutable et de son esthétique vétuste, contredit par sa construction l’ambition qu’il se donne.

C’est du reste, au delà du résultat, la méthode de conception qui pose problème.

En effet, la conception et la réalisation du site n’ont pas été confiées à des professionnels. Pis, c’est le compagnon de Ségolène Royal qui a été missionné pour le projet, nonobstant son défaut d’expérience dans le domaine de l’Internet politique et de la conception de sites.

Amateurisme et népotisme, voici les deux mamelles de cet échec, qui suscite, au delà de la farce d’un jour, des questions sur la pratique du pouvoir dans la galaxie ségoliste.

Il est toujours périlleux de se reposer sur un proche ; surtout au détriment de ses équipes. Cela peut faire naître un sentiment de favoritisme. Et de la rancœur lorsque les résultats du favori se révèlent piètres. Ajoutez à cela la déception franche de militants pourtant favorables au projet de Désirs d’avenir, et l’on devine que les choses ne seront pas si simple.

Notre ami Dagrouik, par exemple, évoque « une tromperie en terme de confiance dans les ressources militantes« .

De l’amateurisme, je pourrai vous copier ici le mail (documenté) que j’ai envoyé à Ségolène Royal au sujet de la régression en terme de communication Web observée depuis 2007. Je ne le ferai pas, mais sachez qu’elle n’a bien sûr pas répondu. Et je ne suis pas le seul dans ce cas.

(…)

Depuis 2006 je n’ai pas compté les journées, les soirées, les nuits perdues.  En particulier jusqu’au 6 mai 2007. Et certains proches aussi, qu’ont ils entendu comme réponse ? je n’ose vous le dire, tellement c’est du grand n’importe quoi.

Ce qui relativise, en passant, le propos tenu sur son site personnel par Ségolène Royal :

J’ai lancé il y a trois mois sur le site un appel à idées et à personnes ressources pour faire évoluer le site, le faire monter en puissance, et y créer de nouvelles rubriques. Je n’ai reçu que très peu de propositions.

Ceci pour dire qu’il y a quelques raisons de douter de l’avenir des désirs de Ségolène Royal, au delà de l’épisode cocasse.

Le succès de son entreprise reposait pour une bonne part sur les loyautés qu’elle avait faites naître. Loyauté de ses équipes et loyauté de ses partisans. Lorsque les signes d’affranchissement — voire de rupture — émergent, il y a lieu de douter de la pérennité de l’affaire.

Il faut dire que dans un système reposant sur la loyauté — un système féodal — on attend du chef une loyauté réciproque. Ce que les péripéties de la conception du nouveau site ne démontrent pas, il s’en faut de beaucoup.

Un mot, pour finir, sur le discours tenu à cette occasion par Ségolène Royal.

Cette dernière a suggéré à Martine Aubry d’engager une action contre les journalistes auteurs d’un livre désormais fameux qui fait état de fraudes lors de l’élection de la première secrétaire.

Le juriste lève un doigt.

Il s’agirait d’une action en diffamation fondée sur l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

Un problème cependant. L’action viserait à démontrer que le Parti socialiste a été atteint dans son honneur par des imputations qui le concernent. Or, malgré l’emphase de Ségolène Royal, on voit mal que le Parti socialiste lui-même soit mis en cause. Il s’agit de certains de ses membres, voire de certains de ses responsables. Mais tout ceci demeure de l’ordre interne du Parti. En sorte que l’on peut nourrir un doute sur la recevabilité d’une telle action.

Ceci pour dire que la tentative de piège politique dans lequel Ségolène Royal tente d’attirer Martine Aubry semble manquer de support.

C’est de bonne guerre, pourra-t-on dire.

Peut-être, mais c’est aussi un témoignage d’imprécision et de dilettantisme, que renforce la facture du site Internet. Jusque-là, les accusations de naïveté ou d’incompétence n’ont guère pesé sur le destin de l’ancienne candidate à l’élection présidentielle. Mais il pourrait en être autrement aujourd’hui, dans la mesure où tout ceci rentre dans le cadre étroit de la tactique politique. Et que cela se voit.





  1. Selon les termes de la présentation de l’association. []

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4 commentaires to Les désirs ont-il encore un avenir ?

  1. GroM le 17/09/2009 à 12 h 30 min

    J’ai un désir fou que … ça marche :) Voilà ce que j’obtiens en ce moment sur http://www.desirsdavenir.com

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    Un problème inattendu est survenu.
    Veuillez réessayer ultérieurement.

  2. nescitvox le 17/09/2009 à 12 h 42 min
  3. padawan le 18/09/2009 à 3 h 10 min

    Sur le seul plan du web, le point positif c’est qu’elle va bénéficier d’un buzz fabuleux. Pour les geeks et les pros du web, c’est une catastrophe industrielle désopilante qui va faire rire un certain temps, d’autant que la dame semble capable de faire encore pire selon les canons du web actuel. Mais il suffit de regarder un petit peu, sous les tapis à effets d’ombre du web 2.0, qu’il existe des sites très populaires qui n’ont rien à envier à la dernière production des studios du copain de la Lumière du Poitou. Je vais le dire comme je le pense : la majorité des gens ont un goût de chiotte, et ce site pourra tout à fait leur plaire.

    Sur le plan politique, j’ai tout de suite tiqué sur deux choses : 1) cette histoire de facture n’a pas pu sortir par erreur ou par erreur de chez Pierre Bergé. Est-il en train de la lâcher ? Et 2) les réactions de certains militants ou électeurs du P.S. (regardez les commentaires sur le site DA) sont plus violentes et plus menaçantes que celles des habituels contempteurs de la dame (qui n’ont pas encore récupéré d’un monumental fou rire). Elle a réussi à s’aliéner certaines de ses propres forces vives, et c’est à mon sens le plus important dans cette histoire. On peut entretenir facilement le mythe de la « démocratie participative » auprès du grand public, mais quand les militants se mettent à laver le linge sale en public, ça fait tache. Sans parler du népotisme, pratique courante, mais rarement aussi évidente.

    Malheureusement, nous somme dans un pays où les gens n’ont pas seulement mauvais goût, ils ont aussi la mémoire courte. Il lui reste encore suffisamment de temps avant les élections pour que cette histoire soit oubliée.

  4. Nescitvox le 22/09/2009 à 10 h 57 min

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