L’affaire Jean Sarkozy a connu hier son dénouement. Mais a-t-elle trouvé son épilogue ?
Il me vient, au lendemain de ce retrait qui n’est pas une retraite, une nuance de scepticisme.
On loue la sagesse — ou l’habileté — de celui qui su renoncer à son ambition après l’avoir dite de façon si vibrante. C’est qu’il y a quelque chose de chevaleresque dans le sacrifice d’une dignité promise. Une blessure acceptée qui fait de l’enfant, qui veut tout, un homme qui sait devoir frustrer sa convoitise. Un témoignage de maturité, assurément.
Certes. Mais à bien y regarder, Jean Sarkozy n’a pas abandonné toutes ses prétentions. Il sollicite aujourd’hui —et gageons qu’il sera satisfait — d’être désigné comme représentant du Conseil général des Hauts-de-Seine auprès de l’EPAD. Il occupera le poste opportunément rendu vacant par la démission d’Hervé Marseille, nommé par décret en conseil des ministres au Conseil économique et social. C’est dire que sur le fond, les critiques portées hier mériteraient de demeurer aujourd’hui. Tout du moins, sur les principes.
Il semble que, bulle rétractée, l’on se dispose à voguer vers d’autres rives. Par lassitude, peut-être. Et que restera-t-il ?
Peut-être une leçon politique.
L’élection donne une légitimité fragile et circonscrite. Et le plus grand pouvoir se trouve bridé par les soupçons les plus minuscules. On pardonne qu’il soit parfois détourné du bien commun pour servir une stratégie électorale. On admet moins aisément les libéralités politiques destinées aux proches. A fortiori, lorsqu’elles intéressent la famille. Et tout se passe comme si le pouvoir du père devait paralyser les aspirations du fils.
C’est que le soupçon planera toujours, nonobstant les qualités de l’homme, que sa bonne fortune résulte davantage de son hérédité que de son génie. Tout du moins, tant que le père présidera aux destinées de la nation et de son camps politique.
Sans doute pourra-t-il nicher au Conseil générale des Hauts-de-Seine, le présider peut-être, conquérir l’EPAD — plus tard — mais le sentiment flottera toujours que ces victoires ont été conquises en terre acquise.
Étrangement, donc, le principal obstacle qui s’élève entre Jean Sarkozy et son destin ne tient pas aux grognements des médias, mais à la position de son père.
« Étrangement, donc, le principal obstacle qui s’élève entre Jean Sarkozy et son destin ne tient pas aux grognements des médias, mais à la position de son père. »
Sans son père, Jean Sarkozy n’aurait pas de destin, surtout vu son cursus scolaire.
Les diplomes de nos jours n’ont jamais été aussi dévalorisés et paradoxalement aussi nécessaire.
Parce quand un BAC+2 ne vaut rien dans le monde du travail, que vaut celui ne l’a pas ? moins que rien !
Prenez Jean S, enlevez lui son patronyme, et lachez le dans le vaste monde, il sera au mieux employé chez Mc Do
Jean S est en train d’éprouver les petits inconvénients d’un bien grand avantage, puisqu’il ne renonce à presque rien à cause de son père de qq chose qu’il n’aurait pas eu sans lui
J’aime beaucoup la douce ironie de votre dernier paragraphe.
En sus de la leçon politique que vous tirez brillament, j’ai l’intuition qu’au delà du destin du fils c’est un peu l’avenir du père qui s’est infléchi.
Il aura rarement été donné au peuple de constater si cruellement, et non sans incrédulité même, le décalage entre les paroles et les actes. Ce que j’estime plus que périlleux pour un homme politique dont le principal atout réside dans la crédibilité des discours, promesses et « valeurs » affichées.
Peut-être n’aura t-il plus de destin politique à cause de son père. Cette histoire laissera des traces, et chaque fois que son nom paraîtra, quelqu’un se souviendra qu’un jour, élu dans le canton de Neuilly Sud qui lui était tout acquis, où il a vaincu sans péril et triomphé sans gloire. Puis couvé par son père, alors Président de la République, il a tenté de devenir à 23 ans, médiocre étudiant en seconde seconde année de droit, président de l’Epad qui coiffe l’aménagement de l’un des plus grands quartiers d’affaires d’Europe. Que les journaux du monde entier se sont gaussés de lui jusque dans l’Empire du Milieu.
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« Prenez Jean S, enlevez lui son patronyme, et lachez le dans le vaste monde, il sera au mieux employé chez Mc Do »
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et il me semble halllllllucinant que notre droite politique ne s’en émeuve pas davantage !
Votre article, Jules, est brillant , Bravo !
reponse à KKG :
même pas ! A Mac do ils exploitent des bac +5 ou 8 (étudiants ou doctorants sans bourse ou allocation) !
Bref, on en a rien a f.. de toute cette histoire, simplement elle montre que notre Naposarkosy
après avoir été brillant, habile, efficace, machiavélique est aujourd’hui dangeureux et grotesque !
l’affaire a sans doute été montée de toute pieces par le trio Sarko-Gueand-Gueno,
vous verrez dans un an le « petit » sera Président du conseilGénéral à défaut d’etre celui de l’Epad..
c’est reculer pour mieux sauter, classique !
Vous pouvez tout à fait répondre directement sous le commentaire qui vous intéresse.
Il est également permis de déférer à l’usage courtois qui consiste à désigner le président de la République par son titre. A défaut, par son nom. La critique n’impose nullement l’irrespect. Je dirais même qu’elle s’y perd.
Jean Sarkozy aurait-il donc perdu la foi au point de tenter de faire carrière par lui-même, comme son frère ?
Excusez-moi, je n’y crois pas une seconde. L’affaire ne fait donc que commencer. Il reviendra.