Vox populi, vox diei
Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, quel honnête citoyen pourrait raisonnablement se départir d’une franche inquiétude devant les menaces qui pèsent sur le moral de la Nation ?
C’est pourquoi on ne peut que se réjouir de l’entreprise que mènent de conserve la présidence de la République et la première chaîne de télévision française. C’est ce soir, en effet, que le chef de l’État, délaissant provisoirement les sujétions de sa charge, s’en ira affronter le trouble plébéien.
L’habileté du dispositif fait honneur à l’inventivité élyséenne comme au talent des gens de télévision. Laurence Ferrari, pour quelques brèves minutes, esquissera les grands traits du tableau de l’actualité. Puis, sous l’égide paternelle de Jean-Pierre Pernaut, quelques citoyens entretiendront le Président de leurs tracas quotidiens. Ces derniers ont été heureusement sélectionnés parmi les foules anonymes auxquelles TF1 sait donner la parole pour témoigner chaque jour des déchirements de l’époque.
Nul n’ignore que, malgré toute leur résolution, ces individus ordinaires pourraient ignorer quelques questions essentielles à l’édification du peuple. Voici pourquoi le Président Sarkozy ne manquera pas de rejoindre Syrius pour embrasser dans tous ces aspects le problèmes soulevés. Il a d’ailleurs invité la multitude de ses admirateurs à le saisir de leurs sujets de préoccupation ou d’intérêt, de façon à ce qu’il puisse satisfaire, autant que se peut, la soif de raison qui tenaille la France.
Il en est certains, admettons-le, pour s’élever contre l’éviction de la profession journalistique et la trivialité attendue de l’exercice. Convenons que les simples citoyens ne peuvent prétendre à l’élévation du regard qui caractérise la presse nationale.
Le plus sceptique des observateurs, cependant, ne saurait contester que la vue d’un nuage n’est pas la même selon qu’on le surplombe ou qu’il nous domine. Et l’on ne saurait faire grief au Président de partager, pour quelques minutes, le risque de la pluie.
Pas davantage ne doit-on blâmer la noble réserve des hommes de l’art qui suspendent pour un temps la légendaire acuité de leur mission de chasseur pour épouser le rôle modeste de berger fraternel et bienveillant.
C’est donc avec aménité que l’ami de la chose publique se doit d’accueillir cette heureuse inititative. Tout autant doit-il réserver une part d’indulgence aux goguenards, plus prompts à parler au nom du peuple qu’à l’entendre.
NB : Non, le titre choisi n’est pas une coquille, mais un simple calembour qui veut signifier : la voix du peuple, la voix du jour.

Copieur, c’est MON émission !!
Alo, Presidente ?
http://www.alopresidente.gob.ve/
Notre Bon Président touchera les écrouelles avec Laurence Ferrari puis en direct, lavera les pieds de pauvres, sélectionnés par TF1, chez Jean-Pierre Pernaut, il est prévu , si la cote de popularité ne remonte pas significativement , qu’Il embrasse des lépreux chez Denisot à une date à préciser.
Dur métier, enfin la paie est bonne et la retraite pas trop mauvaise.
Admirablement écrit (ça nous change des fadaises du tryptique juchant sur les hauteurs bien basses de France Télévisions dans le Monde de ce soir). Le titre est un bijou.
Sauf erreur de ma part (c’est ce qu’on dit quand on est peu sûr de ce que l’on s’apprête à avancer), il n’y a pas, à l’heure actuelle, de chef de l’Etat en France ; et le seul qu’il y ait jamais eu s’appelait Pétain.
« triptyque », mais en plus notre brochette n’en est pas un… disons hydre à trois têtes alors.