Faut-il instituer le vote obligatoire ?

19/03/2010
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Crédit : Rama. Creative commons

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Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, nul ne s’étonne que les vertus civiques les plus élémentaires se noient dans l’océan des vices d’aujourd’hui.

Ainsi de l’abstention électorale, fléau contemporain, contre laquelle s’élèvent les meilleurs esprits de notre époque troublée.

Alain Duhamel signe dans Libération une tribune dans laquelle il appelle à l’institution du vote obligatoire. Son propos repose sur deux arguments.

L’un est de nature politique :

[P]eut-il exister une démocratie légitime sans électeur ? Quel est le fondement d’un régime dont les citoyens refusent la participation la plus élémentaire, celle du vote ?

Autrement dit, un pouvoir qui procède de la délégation de souveraineté faite par l’électeur s’affaiblit lorsque s’affaiblit la volonté de la Nation.

L’autre est de nature morale :

Chacun considère qu’il a droit aux garanties de la solidarité nationale (santé, retraites, revenus minimums etc.) et à toutes les formes de sécurité et de liberté que l’État démocratique est censé garantir. En échange, le citoyen est supposé respecter les lois, jadis participer à la défense nationale et toujours accomplir son devoir électoral.

L’idée est que les bienfaits que l’État procure à ses citoyens a pour contrepartie un certain nombre d’obligations nécessaires ; parmi lesquelles le vote1. C’est une question de réciprocité.

La conséquence qu’en tire Alain Duhamel, pourtant, ne s’impose pas comme évidence. Rien ne dit en effet que le vote obligatoire réponde à ces vices de l’abstention électorale.

I. Sur la question de la légitimité politique, d’abord.

L’idée que la légitimité d’un Gouvernement démocratique procède du suffrage n’est guère contestable. En revanche, on peut discuter de la signification de l’abstention électorale, comme du remède qui consiste à imposer le vote.

En effet, il est possible de voir dans l’abstention, non pas une forme de contestation du pouvoir, mais au contraire une forme d’acceptation de ce même pouvoir, qui que soit celui qui l’exerce. Il n’est pas rare que l’on consente en s’abstenant d’agir. Dans la vie quotidienne, les cas sont nombreux des actes que l’on passe simplement parce qu’on ne s’y est pas opposé. Songez à ces abonnements divers auxquels vous ne mettez pas fin. Ils sont, dit-on, tacitement reconduits. Votre silence vaut consentement2.

Et de fait, pourquoi ne pas comprendre ainsi l’abstention. Faute d’un enjeu véritable, celui qui s’abstient accepte de laisser à d’autres le soin d’exprimer leurs préférences. Disons que je me moque du succès de la gauche ou de la droite, dès lors que la gauche radicale ou le Front national n’ont aucune chance de prospérer. Je laisse décider ceux pour qui la victoire de la gauche ou de la droite importe. Il n’y a pas là de distance par rapport au pouvoir qui sortira des urnes. Et l’on ne voit pas en quoi le pouvoir s’en trouverait moins légitime. Non pas une sénescence, donc, mais au contraire un signe de maturité démocratique.

A supposer cependant, que l’abstention témoigne d’une réticence ou d’un rejet, rien ne dit que le caractère obligatoire du vote soit le remède adéquat. C’est même, d’une certaine façon, le contraire.

Lorsque, tout d’abord, on oblige quelqu’un à faire quelque chose, on ne modifie pas ses désirs, mais sa volonté. Ou, pour le dire autrement, ce n’est plus une volonté libre qui s’exprime, mais une contrainte. Celui qui ne s’abstient pas de voter par crainte d’une sanction n’exprime rien quant à son acceptation ou son refus du système démocratique. On ne peut donc pas déduire de la participation électorale une plus grande légitimité dudit système.

Mais, mieux encore. Le caractère obligatoire du vote peut conduire les électeurs à exprimer leur mécontentement par un vote blanc. Et dans ce cas, la question de la légitimité du Gouvernement issu des urnes ne se pose guère, puisque de légitimité, il n’est point. Loin de la renforcer, une majorité de votes blancs ôte toute légitimité au nouveau pouvoir, sans même lui laisser le confort de l’ambiguïté.

II. Intéressons-nous à l’argument moral, ensuite.

Le vote serait une contrepartie des prestations assurées par l’État.

Encore une fois, l’équation n’a rien d’une évidence3. Dans les théories classiques du contrat social4, les prestations assurées par l’État — principalement la sécurité publique — ont pour contrepartie la soumission à l’État. Entendez par le respect des lois et de ceux qui l’appliquent. Mais le vote ne s’impose pas à l’État, non plus qu’aux sujets de droit.

La question du consentement par le vote résulte historiquement de l’impôt. Déterminer le montant et l’affectation des contributions suppose la possibilité de sujétions inégalitaires parmi les membres du corps social. Dès lors, il importe que ceux-ci puissent s’exprimer et décider, dès lors que leur patrimoine est en cause. Le vote, alors, ne résulte pas d’un devoir, mais constitue au contraire un instrument de contrôle du pouvoir et une garantie de la liberté individuelle. C’est ainsi dans le cadre de la liberté individuelle que le vote prend une place. Du côté des droits, donc, et non des devoirs.

Ceci n’interdit pas, il est vrai5, de concevoir une obligation légale de voter compatible avec le libéralisme politique, mais les justifications tiennent moins à une forme de réciprocité des devoirs entre l’État et le citoyen, qu’aux conditions d’exercice de la liberté individuelle.

III. Reste une question, toutefois.

Dès lors qu’il est obligatoire, le vote est-il encore un droit ?

Si l’on considère qu’il s’agit d’une fonction — et non d’un droit —, dans le cadre d’une procédure de désignation des dirigeants, alors le vote devient une mission qui s’impose à son titulaire.

Mais le problème d’une droit de vote fonction est qu’il est animé par une finalité utilitariste. Le choix des meilleurs dirigeants possibles. Dans ce cadre, il est loisible de discuter de l’universalité du suffrage. Mieux vaut confier le vote à ceux qui seront les plus aptes à choisir. Pourquoi, par exemple, ne pas imaginer des conditions de diplômes ?

A dire vrai, cette conception n’est pas celle qui domine la conception républicaine nationale. En témoigne d’ailleurs le fait que le handicap psychique ne fait pas obstacle à l’exercice du droit de vote6. A la différence de la minorité, objectera-t-on. Et il faut convenir que dans un véritable régime de droit de vote, l’âge, pas plus que le sexe, l’intelligence ou les aptitudes physiques ne devrait constituer une condition d’exercice.

IV. Le fait est, cependant, que le principal argument au secours d’un vote devenu obligatoire est le caractère inégalitaire de l’abstention électorale.

On observe en effet que les abstentionnistes se recrutent majoritairement parmi les personnes les moins dotées économiquement et culturellement. De sorte que ceux-ci ne contribuent pas au choix de politiques qui ont finalement pour effet de distribuer les inégalités. Et ceux qui, peut-on le penser, auraient le plus intérêt à peser sur l’offre électorale se trouvent délaissés par les politiques publiques parce qu’ils délaissent les urnes.

L’obligation de vote aurait donc cette vertu mécanique de rééquilibrer l’offre politique au bénéfice de catégories de la population qu’il est aujourd’hui inutile de courtiser. Elle constitue en outre une atteinte acceptable à la liberté individuelle puisqu’elle n’impose pas le choix du suffrage, ni même le suffrage lui-même. Chacun peut encore produire un bulletin blanc. De sorte que la liberté du vote demeure, si le droit de vote a disparu.

On ne démontre pas, cependant, que les pays qui ont adopté le vote obligatoire se singularisent par la qualité de leur offre politique ; non plus que par celle de leur vie civique. Et il n’est pas certain que la défiance à l’endroit du pouvoir politique se trouve mieux servi par un vote plutôt que par une ignorance, somme toute pacifique.

De façon plus générale, on peut nourrir l’idée qu’imposer l’exercice d’une liberté porte une contradiction intrinsèque. Et celle-ci trouvera une façon de s’exprimer de façon imprévue ; et peut-être nuisible. Par ailleurs, le civisme perd une grande part de sa valeur lorsqu’il est contraint. Et il n’est peut-être pas si anodin que le vote quitte le monde des vertus pour rejoindre celui des devoirs. La vie collective se nourrit aussi d’un peu de fierté. Ce que le bête accomplissement du devoir ne justifie peut-être pas.





  1. Alain Duhamel aurait pu néanmoins citer le premier de ces devoirs : celui de contribuer aux finances de l’État. []
  2. Qui ne dit mot consent, dit un adage parfois abusivement invoqué. []
  3. Pour s’en convaincre, il suffit de déduire les conséquences logiques du non respect d’un vote devenu obligatoire. Le contrevenant devrait être exposé à la privation d’une prestation sociale ou du bénéfice d’un service public. []
  4. Disons, Hobbes dans le Leviathan. []
  5. Il faut lire l’article de Justine Lacroix, Du suffrage universel à la participation universelle. Pour une obligation libérale de se rendre aux urnes ; et en particulier la partie consacrée à la compatibilité entre le vote obligatoire et les principes du libéralisme. []
  6. Ceci résulte de l’article L. 62-2 du code électoral : « Les bureaux et les techniques de vote doivent être accessibles aux personnes handicapées, quel que soit le type de ce handicap, notamment physique, sensoriel, mental ou psychique, dans des conditions fixées par décret ». []

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25 commentaires to Faut-il instituer le vote obligatoire ?

  1. Emmanuel le 19/03/2010 à 17 h 31 min

    Si le vote passe de droit à devoir, où est la limite ? Quel est le prochain droit qui deviendra obligatoire ?

    La liberté de la presse ? on va OBLIGER tout individu à tenir un blog ou un périodique papier ?

    Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? On va obliger les bretons, les corses et les berrichons à s’autodéterminer tous les ans ? Ca va être cocasse !

    Le droit de cuissage ? Ah non ? dommage…

  2. clems le 19/03/2010 à 18 h 07 min

    Tout à fait d’accord avec votre passage sur le consentement. Imaginons une mairie de droite. Si je devais voter absolument, j’aurais tendance à voter pour un partie de gauche. Alors qu’il est tout à fait possible que considérant le bilan du maire plutôt bon, je pourrais lui accorder le bénéfice du doute pour la suite et m’abstenir.

    Pour bcp, le vote est une méthode pour imposer le changement (d’où la « rupture »). Donc un vote sanction. Rendre obligatoire le vote me semble assez dangereux pour une majorité en place.

    Sauf à anticiper sa défaite.

  3. bob le 19/03/2010 à 18 h 13 min

    Vous avez tout dit (et vous avez raison sur toute la ligne).
    Tant d’abstention signifie probablement que pour beaucoup de gens (dont je suis), finalement, droite ou gauche, comme disait Le Pen, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
    Sans compter que les gens ont en sans doute ras-le-bol de l’enfumerie des politiciens, je veux dire par là beaux discours et promesses à tout va avant l’élection pour ensuite disparaitre dans les palaces sous les ors de la République pour se goinfrer en famille (au sens large : copains autant que cousins).

    • clems le 19/03/2010 à 18 h 52 min

      Pas tous. J’en connais au moins un qui est pédiatre. (mon mien pédiatre en plus) Et il exerce vraiment.

    • Ashley le 19/03/2010 à 23 h 04 min

      Ce nest pas Le Pen qui a employé l’expression « blanc bonnet et bonnet blanc » mais Jacques Duclos, candidat du Parti communiste français lors des élections présidentielles de 1969. Il manifestait par là son refus de choisir entre Georges Pompidou et Alain Poher au second tour. C’était hypocrite car ainsi cela renforçait Pompidou. A l’époque on avait viré De Gaulle et on en avait vraiment marre de dix ans de gaullisme et cette posture m’avait révolté, car nous voulions tous en finir avec la 5ème République.

  4. Moggio le 19/03/2010 à 19 h 52 min

    L’obligation de vote [...] constitue en outre une atteinte acceptable à la liberté individuelle puisqu’elle n’impose pas le choix du suffrage, ni même le suffrage lui-même. Chacun peut encore produire un bulletin blanc. De sorte que la liberté du vote demeure, si le droit de vote a disparu.

    Mais alors, dans ce cas, au regard du quatrième argument de ce point de vue très particulier, peut-on alors encore désapprouver « le processus politique » et n’y prendre « aucune part » ?

    • Jules le 20/03/2010 à 16 h 09 min

      Eh bien, on peut glisser une enveloppe vide dans l’urne, s’il est question de faire valoir — comme je le comprends dans ce texte — une opposition à l’offre électorale.

      On peut encore, si c’est le processus électoral qui gêne, faire usage de la liberté d’expression tout en respectant la loi. Après tout, l’opposition au Gouvernement et à la fiscalité n’interdit pas de se soumettre à la loi de l’impôt.

      Et l’on peut encore solliciter l’accueil d’un régime où l’élection n’est pas employée, comme l’Arabie Saoudite et le Brunei. Il n’est pas certain, cependant, que ces régimes offrent de multiples façons d’exprimer ses préférences pour telle ou telle forme de gouvernement.

  5. Aurelien le 19/03/2010 à 21 h 18 min

    Un électeur qui s’abstient c’est un électeur que les hommes politiques n’ont pas réussi à convaincre. Les hommes politiques ne se remettent pas assez en cause pour expliquer l’abstention. Plus de 50% des électeurs déclarent aux candidats : « Cassez-vous, pauvre cons ! » et pourtant on revoit les mêmes trognes d’#$@!* d’élections en élections.

    Je ne suis pas contre rendre le vote obligatoire, mais seulement et seulement si le vote blanc est reconnu. Un vote c’est un acte d’adhésion, un vote obligatoire sans pouvoir pour le vote blanc serait dévoyer la fonction même du vote.

    • Jules le 20/03/2010 à 16 h 10 min

      Le vote blanc est reconnu et comptabilisé. Mais ce serait sans doute un facteur de blocage trop grand que de lui donner un effet paralysant sur le scrutin. Après tout, il faut bien désigner des dirigeants — c’est du vote fonction.

      • Papichou le 20/03/2010 à 18 h 02 min

        Certes le vote blanc est reconnu et comptabilisé mais il est sans effet puisqu’il n’intervient pas dans le calcul des votes exprimés nécessaires pour fusionner, se maintenir, être élu au premier tour…
        Cette innocuité totale est certainement pour beaucoup dans le très faible nombre qu’il recueille quel que soit le taux d’abstention par ailleurs.
        Si bien que si l’on veut exprimer un désaccord sur l’offre politique d’ensemble ou simplement une réserve sur l’action d’une majorité sans pour autant adhérer aux thèses de l’opposition, l’abstention, malgré son ambiguité, reste le meilleur moyen de le faire comme le démontre la place qu’elle a occupé dans les commentaires.
        Pourquoi ne pas accepter l’idée que le taux considérable d’abstention dans les classes populaires signifie tout simplement: « notre indifférence est le seul vote qui nous permette de répondre à votre indifférence »?

        • Jules le 20/03/2010 à 19 h 07 min

          Le nombre de vote blancs ou nul n’est pas si insignifiants, puisqu’il représente plus que les voix obtenues par les listes d’extrême gauche.

          Par ailleurs, on peut faire des hypothèses sur la signification de l’abstention, mais sans doute pas en tirer une interprétation stricte et définitive. C’est qu’il y a plus éloquent que le silence.

          • Papichou le 20/03/2010 à 19 h 50 min

            Dans un monde où le bruit étend chaque jour davantage son empire, il est permis d’accorder de l’estime à la valeur du silence. D’ailleurs ne parle-t-on pas de silence éloquent voire assourdissant et ne dit-on pas que les grandes douleurs sont muettes? :D

  6. Dav le 19/03/2010 à 22 h 35 min

    Avant d’en arriver à de telles extrémités, je pense qu’il faudrait essayer – sur une élection « mineure – de mettre en place le vote par Internet (de manière sécurisé, je crois que ça se fait déjà ailleurs) et de faciliter la procuration.

    Je ne déclare pas de façon péremptoire que ça va résorber l’abstention, loin de là, mais j’aimerai quand même voir si ça aurait une influence…

    • Jules le 20/03/2010 à 16 h 11 min

      Probablement une sur-représentation des catégories de la population déjà sur-représentées. Tout du moins jusques à ce que l’usage d’internet se démocratise véritablement.

  7. Ashley le 19/03/2010 à 22 h 52 min

    Je suis sabsolument opposé à rendre le vote obligatoire (je préfère cette expression à celle de droit de vote obligatoire ; peut-on rendre un droit obligatoire ? je suis libre ou non d’exercer un droit. Par exemple si je ne veux pas exercer le droit de propriété je peux parfaitement rester locataire) pour des raisons pratiques et intellectueles.

    Les raisons pratiquesd’abord. Il me semble que ce serait une vue de l’esprit que d’obliger les cotoyens à voter. Il faudrait édicter des sanctions contre les non votants (probablement une amende, car une peine d’emprisonnement parait vraiment excessive) ce qui signifie qu’il faudrait prévoir des exceptions pour les cas de maladie, ou d’impossiblité à cause du travail ou d’éloignement fortuit (par exemple si j’ai retenu un voyage aux Seychelles et que le Président de la République vienne à mourir inopinément). Ce qui entrainera un contentieux important et qui sera impossible à régler. Bref on se trouve en face d’une fausse bonne idée.

    Au plan intellectuel il me semble impossible d’obliger un citoyen libre à voter. Ce serait aller à l’encontre du principe de liberté qui gouverne toute la vie politique. On ne peut pas plus obliger un cotyen à faire un geste politique qu’on ne sautrait l’obliger à pratiquer où à ne pas pratiquer un culte , ou à adhérer ou ne pas adhérer à un syndicat, ou à faire ou ne pas faire la grève.

    On a le droit d’être catholique ou anticlérical ou encore agnostique. L’agnosticisme es t également une manière de manifester sa liberté.

    On a donc le droit de voter à gauche, à droite ou de ne pas voter du tout.

    De surcroit le refus de voter ce n’est pas du j’menfoutisme. Le cotoyen qui refuse de se rendre aux urnes manifest par là même qu’il est en désaccord avec le système et que les candidats n’apportent pas les solutions qu’il attend. Ce peut être aussi pour manifester son écoeurement.

    A mon avis un taux d’abstention supérieur à 50% devrait faire réfléchir nos dirigeants politiques. Ce sont-ils demandés pourquoi tant de gens « votent avec leurs pieds » ?

    J’ai beaucop d’amiration pour Alain Duhamel qui est un homme sage, pondéré et mesuré ; mais là il me surprend beaucoup par sa démarche qui me parait excessive.

    NB Dimanche prochain je crois que je ferai la grasse matinée.

    • Jules le 20/03/2010 à 16 h 27 min

      Oui, mais on peut manifester son désaccord par le bulletin de vote blanc ou nul. Il est entendu que l’obligation de voter porte atteinte à une liberté, mais il n’est pas dit que cette atteinte soit des plus considérables.

    • Emmanuel le 20/03/2010 à 19 h 21 min

      La réponse serait peut-être un seuil minimal de participation pour valider un scrutin, ou bien un pourcentage des inscrits, non des votants ? Ainsi si ce seuil est suffisament haut les candidats seront obligés de proposer des programmes à même de séduire la population entière, et pas seulement les votants habituels.

      En cas de blocage, il y aurait gestion des affaires courantes, et justement les candidats seraient obligés de proposer un programme se différenciant de la simple gestion des affaires courantes.

      Qu’en pensez-vous ?

      • Jules le 20/03/2010 à 19 h 28 min

        Je pense que le périmètre des affaires courantes est assez difficile à circonscrire. Il faudra, quoiqu’il en soit, en venir à l’abandon du quorum ; sauf à paralyser toute action publique.

  8. Jérôme le 20/03/2010 à 1 h 40 min

    Moi je suis plutôt pour le vote obligatoire.

    C’est comme les gens qui râlent parce qu’ils sont « obligés de faire la fête » le 31 décembre. Que des mauvais coucheurs !
    Vive la grande fête de la démocratie, l’odeur de cantine des réfectoires où l’on vote, l’ambiance conviviale à 19h55 quand ceux qui se sont désignés pour le dépouillement attendent avec un sourire légèrement niais que soient constituées les enveloppes de 100, le sourire réprimé quand on découvre le scrutin de notre favori ou la gueule de 100 mètres quand la pile du candidat d’en face est deux fois plus haute que la nôtre, les heures passées devant la télé à écouter les hommes et femmes politiques « tirer des enseignements du scrutin » (selon la formule consacrée) diamétralement opposés (à partir des mêmes chiffres, pourtant).

    Je le dis d’un ton badin mais je suis absolument sincère.

    • clic le 21/03/2010 à 11 h 25 min

      Si l’on comprend la démocratie comme une blague, on peut rendre le vote obligatoire, effectivement… :roll:

  9. raven-hs le 20/03/2010 à 12 h 57 min

    On y viendra certainement.

    Le droit de vote obligatoire comme remède à la médiocrité des projets portés par la classe politique.

    Sauf erreur de ma part, le vote blanc n’est pas comptabilisé donc le droit de vote obligatoire donnerait une légitimité, certes quelque peu artificielle, au candidat élu puisque ne serait indiqué que le taux de participation qui serait excellent ( sauf si l’amende n’est pas assez chère ) et le taux de répartition des voix.

    Je suis entièrement d’accord avec la tribune de M. DUHAMEL, si l’abstention progresse, la politique n’interesse plus grand monde, que deviendront nos chroniqueurs politiques ?

    Voter c’est sauvé des emplois, ce qui n’est pas négligeable en ces temps difficiles.

  10. Mehdi Guiraud le 20/03/2010 à 20 h 03 min

    Cela ne vaut pas ton argumentation, mais je m’étais permis de donner mon avis également sur le sujet du vote obligatoire et du vote blanc, avec le point de vue qui est le mien, c’est à dire en faveur de la reconnaissance du vote blanc.

    Ci joint : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/contre-l-abstention-vote-71540

    Merci pour la qualité de tes arguments. Le système actuel permet en effet d’échapper à l’ambigüité d’un trop grand nombre de bulletins blanc. Ce qui signifie aussi qu’il permet toute les interprétations possibles. le vote d’extrême est contestataire pour certains , de changement pour d’autres et une véritable expression politique pour d’autres encore.

  11. Commentaire.s le 20/03/2010 à 21 h 40 min

    M. Duhamel devrait sans doute relire Benjamin Constant et comprendre que notre monde n’est plus celui des Anciens.

  12. Francois_DXB le 21/03/2010 à 12 h 49 min

    Je ne vais pas voter aujourd’hui. Ce la va faire bientôt 7 ans que je vis à l’étranger et petit à petit je me suis éloigné de ma région d’origine. En fait il y a 4 ans quand il a fallu renouveler la procuration faite à mon père je ne l’ai pas fait en connaissance de cause. Je peux voter au consulat pour les élections présidentielles et les referendums, et je le fais scrupuleusement, mais je ne sens plus en mesure de faire un choix éclairé pour les élections locale. Mon abstention n’est ni protestataire, ni même un acquiescement tacite, c’est juste la conséquence de mon maintient, un peu artificiel de mon nom sur les listes électorales. Ceci dit, je ne souhaite pas être rayer des listes ou perdre ma nationalité, un jour je reviendrais et je serais content de pouvoir m’exprimer en connaissance de cause dans les élections locales.
    Si jamais le vote devenait obligatoire, je pense que je serais dans la même situation que ma femme qui est Brésilienne et qui n’est tenu de voter que pour les Élections présidentielles et cela n’aurait donc aucune conséquence. Par contre pour connaitre la vie politique du Brésil où le vote est obligatoire, je ne suis pas convaincu que l’obligation de voter confère aux élus une plus grande légitimité*. Il me semble que courtiser les « les personnes les moins dotées économiquement et culturellement » tourne vite a la plus profonde démagogie.

    *Si l’on devait s’inspirer du Brésil on ferait mieux de s’intéresser à leur système d’urne électronique, mais c’est un autre sujet.

  13. noori le 11/04/2010 à 16 h 16 min

    déjà voter n’est pas un droit mai un devoir
    chaque citoyen a le devoir de participer au décision de son pays et faire entendre sa voix
    a mon avis, il ne sert a rien de rendre le vote obligatoire, puisque l’abstention est surtout dus au manque d’intérêt chez ceux qui vote, rien ne les satisfait
    de plus le fait de ne pas voter va se traduire par des votes blanc qui ne sont même pas pris en compte
    donc rendre le vote obligatoire ne va rien changer

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