Leçon de courage politique à l’usage des sceptiques

23/03/2010
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Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le citoyen français peut se réjouir que le courage politique le dispute à la fidélité aux engagement.

C’est dire si l’on doit s’étonner d’une abstention si massive lors des élections régionales.

Discours de M. le Président de la République prononcé à Artemare le jeudi 10 septembre 2009 :

— J’en ai pris l’engagement au printemps dernier : une fiscalité écologique nouvelle, la taxe carbone sera créée.
(…)
— Mesdames, Messieurs, la création d’une taxe carbone est tout sauf une décision anodine. Elle constitue un choix stratégique mûrement réfléchi, un virage fiscal majeur, ainsi qu’une décision économique de toute première importance.
(…)
— C’est un combat que je vais mener. La taxe carbone aux frontières est le complément naturel de la taxe carbone intérieure. Bien plus, la taxe carbone aux frontières est vitale pour nos industries et nos emplois. Elle exige d’abord la création de la taxe carbone en France.
(…)
— Vous le voyez, Mesdames, Messieurs, il en va de la fiscalité écologique comme de tant d’autres choses : il y a ceux qui en parlent, et il y a ceux qui la font. C’est pour moi, profondément, une question de responsabilité. Une question de responsabilité vis-à-vis de nos enfants et des générations à venir, car cette mesure contribuera à dessiner un monde meilleur pour eux. Une question de responsabilité vis-à-vis des Français d’aujourd’hui.
(…)
— La situation est trop grave pour se mentir ou pour faire semblant. Toute ma vie, j’ai voulu réhabiliter la politique. Au-delà des grands mots, réhabiliter la politique, c’est croire qu’il n’y a jamais de fatalité. (…) Réhabiliter la politique, c’est croire que la parole des responsables politiques doit garder un sens. Et il n’y a aucune fatalité à ce que le temps qui passe, les difficultés du moment ou la démagogie ambiante viennent à bout des plus belles idées, des engagements les plus indispensables et des combats les plus nobles. Voilà l’éthique que je porte dans mon action. Du courage, je n’en manquerai pas.

En effet :

François Fillon a annoncé, mardi 23 mars, lors d’une réunion de députés UMP l’abandon de la taxe carbone en soulignant qu’elle devait se faire au niveau européen pour « ne pas plomber la compétitivité » des entreprises françaises, selon plusieurs participants à la réunion. L’entourage du Premier ministre a assuré à l’AFP que cela ne signifiait pas l’abandon pur et simple de la taxe carbone.







NB : Un billet à la embruns, mais un commentaire s’impose-t-il vraiment ?

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16 commentaires to Leçon de courage politique à l’usage des sceptiques

  1. Moite le 23/03/2010 à 17 h 39 min

    Très très bel exemple de désinformation à la socialiste :D
    La taxe carbone a été un combat dans lequel le gouvernement a perdu énormément de popularité, car il avait décidé de la faire quel qu’en soit le prix : c’est ça le courage politique.
    Au final, devant le conservatisme de certaines corporations (les routiers en tête) et les menaces de l’Europe, il a du abandonner.

    Moi la conclusion que j’en tire c’est que :
    1- Même des réformes que tout le monde semblait prêt à appliquer, si c’est porté par Sarkozy, c’est contesté. C’est presque devenu un principe démago-républicain
    2- En France les conservatismes nous tueront tous, la grêve de la SNCF ce jour en est un autre exemple
    3- Finalement, en Europe, les états jouent un rôle bien moins important qu’on le croit

    Sur ce, continuez votre mauvaise foi, elle vous perd depuis 1995, mais ça semble pas vous gêner donc…

    • Jules le 23/03/2010 à 17 h 40 min

      Je suis honoré de recevoir les leçons de mauvaise foi d’un expert.

      Quant à la désinformation, vous la tirez du discours du Président de la République ou des propos du premier ministre ?

      • clems le 23/03/2010 à 18 h 22 min

        En plus vous qualifier de socialiste…

    • Emmanuel le 23/03/2010 à 18 h 18 min

      Désinformation ? Socialiste ? Je ne vois ni l’un ni l’autre ici.

      Sarkozy annonce avec force roulements d’épaules et coups de menton que la taxe carbone il la fera, LUI, qu’il n’est pas là que pour parler, LUI, que c’est SON combat, et qu’on verra ce qu’on verra, etc.

      Eh bien non il ne la fait pas, parce ses copains les industriels lui indiquent que c’est une mauvaise idée, et parce que telle que ses services l’ont (mal) conçue, le conseil constitutionnel l’a rejetée. Mais entretemps il aura parlé, parlé, parlé, bien plus que ses prédécesseurs et avec tout aussi peu de résultat. Rendement de la parole Sarkozyenne ? Déplorable.

      Et aura-t-il parlé pour synthétiser, apaiser, pour rassembler la nation, pour donner du sens , de la cohérence, comme devrait le faire un Président ? Non il a provoqué, agacé, choqué, heurté, bousculé, puis reculé, reculé, reculé. Toute cette violence symbolique pour des prunes.

      A tous les défauts de la vieille droite haineuse, il a ajouté l’inefficacité. Beau bilan !

      • clems le 23/03/2010 à 18 h 26 min

        La droite revient surtout à ses fondamentaux… Sécurité. Immigration. Impôts. Il a 2 ans pour masquer l’illisibilité de son bilan et l’incohérence de ses actions.

        • Emmanuel le 23/03/2010 à 18 h 35 min

          Pour les fondamentaux de la droite, je dirais surtout « discours sur l’insécurité » et « discours vertueux sur la fiscalité + gabegie copineuse ». Mais mon agacement peut m’égarer ?

          • clems le 23/03/2010 à 18 h 40 min

            La politique c’est surtout du discours effectivement.

  2. [...] EDIT: Para los que habléis francés y queráis conveceros de lo que decía sobre Sarkozy, un botón [...]

  3. Laurent le 24/03/2010 à 3 h 33 min

    « Le temps qui passe, les difficultés du moment ou la démagogie ambiante viennent à bout des plus belles idées, des engagements les plus indispensables et des combats les plus nobles »… Tout est dit.

  4. xerbias le 24/03/2010 à 8 h 47 min

    J’imagine que tous ceux qui regrettent la taxe carbone avaient voté UMP aux régionales. Parce que sinon, c’est de cette façon qu’a été entendu le « message » adressé par les Français au gouvernement lors de ce scrutin, et voilà le changement de politique si ardemment demandé…

    • clems le 24/03/2010 à 18 h 53 min

      Du tout… Vous pensez sincèrement que l’on glisse son bulletin dans une urne en fonction d’une et d’une seule réforme ? (non terminée et non validée dit en passant).

      C’est bien plus compliqué que cela le choix d’un candidat.

      En revanche,on peut supposer que malgré la taxe carbone, NS a constaté lors d’analyses plus fines un mauvais report de voix des électeurs « écologistes » sur les listes UMP.

      Donc il mécontente les électeurs traditionnels de son propre camp opposés comme il se doit à tout nouvel impôt, sans « gagner » des voix provenant de l’autre camp.

      La mauvaise affaire étant évidente et dans la mesure où il est démontré que son action passé/présente/future n’est que politicienne, il ferme le bal.

      Bref arrêtez de croire aux messages des français, un politicien ne s’intéresse qu’aux messages de son électorat.

  5. Gram le 24/03/2010 à 9 h 41 min

    Sans être un spécialiste de la question, j’imagine assez bien que cette taxe carbone avait des chances d’être contestée devant la Cour de Justice de l’UE sous l’angle de la liberté de circulation des marchandises, et donc d’être inapplicable dans son principe sauf à passer par une difficile concertation communautaire. Et si je ne me trompe pas, la contradiction entre le Premier Ministre et le Président de la République ne serait qu’apparente : on ne peut sans faire preuve de mauvaise foi reprocher à un responsable politique de n’avoir pu mener un projet à terme puisque son pouvoir se limitait à le proposer à l’autorité susceptible de le mener à bien.

    Malheureusement, l’abstention aux élections régionales qu’on déplore aujourd’hui est encore moins que l’abstention aux élections européennes que l’opinion publique se conforte à justifier au nom du mensonge répandu de la « Commission qui décide tout, de toute manière », alors que la Commission ne décide rien puisque ce pouvoir, en simplifiant à l’extrême, appartient à… nos élus aux parlements européens et nos gouvernements nationaux réunis en Conseil des Ministres (de l’UE).

    Bref, chercher une contradiction des propos de nos dirigeants nationaux me semble un peu facile si l’on ne relève pas aussi la contradiction d’un électorat qui ne s’intéresse pas aux échéances électorales qui lui auraient vraiment permis de peser sur les thématiques qui lui importent vraiment (la taxe carbone ?). Ce billet traduit la faiblesse de la démocratie non-locale davantage que l’inconstance présumée du politique, qui je l’imagine se conforte justement certainement fort bien d’une démocratie faible voire apparente (tout du moins si l’on tient bien Machiavel pour le père de la science politique moderne).

  6. Proteos le 24/03/2010 à 11 h 50 min

    Il reste tout de même que la décision du Conseil Constit rend très difficile l’instauration d’une taxe carbone avant 2013: avec les droits à polluer, cela fait 2 dispositifs en concurrence pour un même but. Contrairement à ce que raconte le Conseil, le fait que les droits soient pour l’instant attribués gratis n’influe pas sur leur efficacité (qui est due à la quantité limitée des dits droits). Par contre, pour ce qui est de l’égalité devant l’impôt, c’est tout à fait exact, même si je n’ai pas très bien compris comment les taux pour les routiers ont paru passer le cap de l’examen, alors qu’une tonne de CO2 provenant d’un camion ou d’une voiture ont un effet identique.

    Cela dit, le gouvernement est largement responsable de ce qui lui arrive sur ce sujet. Les moulinets qui ont suivi la censure furent pathétiques tellement il était visible que l’argumentation déployée menait à l’impasse (taxer sans prendre d’argent, quelle blague!). Consulter le Conseil Constitutionnel avant d’essayer de faire passer la taxe eut aussi été une bonne chose…

  7. Aranno le 25/03/2010 à 14 h 28 min

    Tu oublies la conclusion à la Eolas : « La taxe carbone n’est pas abandonnée mais suspendue à un accord européen. Donc elle ne se fera pas mais par la faute de l’Europe. » Et voilà! C’est beau, non ?

    • JaK le 25/03/2010 à 20 h 00 min

      Je vois très mal Eolas accuser l’Europe dans cette affaire.
      Il est trop Europhile pour ça (et pas assez Sarkosatre).

      • Astre Noir le 29/03/2010 à 13 h 02 min

        JaK :

        Le second degré, vous connaissez ?

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