Le malaise Gourcuff ou la société française hypocondriaque

17/06/2010
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Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, le football n’a pas donné sa part aux chiens.

L’équipe de France joue ce soir contre celle du Mexique. Et il se murmure que Yoann Gourcuff n’en fera pas partie. Au delà de la légitime fureur qui doit saisir l’amateur du beau jeu, l’épisode peut intéresser les plus indifférents des réfractaires à ce sport ; dont je ne suis pas, vous l’aurez compris.

Pour ceux qui l’ignorent, Yoann Gourcuff évolue au poste de milieu offensif ; ce qui signifie qu’il doit orienter le jeu vers l’avant en distribuant les ballons à ses partenaires de l’attaque. Cette fonction dite de « meneur de jeu » connaît un prestige particulier en France pour des raisons historiques. Elle fût occupée par Michel Platini et Zinedine Zidane.

On doit aux vertus de l’hérédité de souligner que Yoann Gourcuff doit beaucoup à son père Christian Gourcuff, entraîneur subtil et fidèle de l’équipe première du football club de Lorient. Autrefois rennais, puis milanais, son fils est aujourd’hui employé par les girondins de Bordeaux. Son physique avantageux lui vaut une touchante attention de la presse féminine1. Et par conséquent, une notoriété certaine auprès de ces dames. Il est également apprécié des journalistes sportifs qui louent sa bonne éducation, son intelligence et son expression en langue française. Il faut dire que ces qualités ne sont pas les plus partagées dans la société des joueurs de football. Et, semble-t-il, pas les plus goûtées.

Il a couru en effet le bruit dans les gazettes2 que le jeune Gourcuff subissait l’ostracisme de certains de ses coéquipiers. Et que cet ostracisme devait conduire Raymond Domenech à l’écarter de la sélection des titulaires. A l’origine de cette thèse, une explication de la mauvaise relation technique entre le milieu offensif, d’un côté, Franck Ribery et Nicolas Anelka, tous deux attaquants, de l’autre. Il fut observé pendant le match contre l’Uruguay que ces derniers omettaient d’approvisionner Yoann Gourcuff en ballons lorsqu’ils en avaient l’occasion3. Parmi les explications avancées4, une forme de jalousie née de l’image de premier de la classe que l’on dresse volontiers de Yoann Gourcuff. Autrement dit, Frank Ribery, Nicolas Anelka et quelques autres ne lui reprocheraient pas tant ses performances médiocres que l’excentricité de ses bonnes manières et sa bonne mine.

Cette théorie, cependant, n’a pas été confirmée. Si bien qu’on peut lui attribuer le statut de rumeur plus que de fait. Elle s’est installée peu à peu au cours de la semaine, nourrie par des précautions de langage de plus en plus évanescentes, des commentaires abondants et des éléments de contexte favorables. Et c’est ce qui la rend si intéressante.

Car c’est une rumeur que l’on a envie de croire, même pour s’en indigner. C’est une rumeur que l’on a envie de croire parce qu’elle caresse deux de nos fantasmes. Deux fantasmes qui nichent dans notre conscience sociale.

Le premier a trait avec l’image que nous nous plaisons à entretenir des joueurs de l’équipe de France de football. Et au delà, des joueurs professionnels de football. Des  jeunes hommes partis de peu — ou de rien — qui, grâce à l’insolence de leur talent5 peuvent satisfaire leur cupidité dans un monde où — on ne cesse de le dire — la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire. On blâme leur éloignement — ostensible lorsqu’ils portent un casque sur les oreilles — ; tout à la fois leur rouerie et leur stupidité lorsqu’ils propagent d’interview en interview les mêmes banalités souvent émaillées d’incorrections grammaticales. On se désole de leur immaturité et de leur arrogance. En particulier lorsqu’ils ne gagnent pas. Ils représentent à eux seuls les vices que l’on aime ici prêter au capitalisme : le lucre, la futilité et l’indécence. Bref, on n’aime rien tant que les détester. Et c’est pourquoi l’on peut accorder crédit à une rumeur d’hostilité appuyée sur une opposition de style entre la suffisance mercenaire de Nicolas Anelka ou Franck Ribery et l’humilité un peu lunaire de Yoann Gourcuff.

Mais il y a davantage.

L’opposition de style épouse une fracture de la société française contemporaine. Celle des bonnes gens et — pour le dire vite — des « racailles ».

Lorsque le Président Sarkozy alors en campagne avait employé le terme de « racaille », il avait choqué certains, mais il en avait contenté d’autres en posant un mot sur un ensemble d’attitudes, de comportement, d’éléments de style qui vont du port de vêtement à une façon de s’exprimer, en passant par un rapport aux civilités parfois distendu. Il n’y avait pas là qu’une dénonciation un peu facile de la délinquance, mais bien au delà, la désignation d’une sous-culture6 qu’abhorre une bonne partie de la société française7. Or, cette sous-culture se trouve fort bien représentée par Nicolas Anelka, né à Trappes, au ton et au jeu parfois empreints de morgue nonchalante. Elle se trouve également représentée par Frank Ribery qui affiche son attachement à la religion musulmane8 et a pu fréquenter, parmi d’autres9, une prostituée au prénom manifestement oriental10. Ajoutez à cela la couleur de peau d’un certain nombres de joueurs sélectionnés en équipe de France, et vous avez les ingrédients d’un sirupeux cocktail fantasmatique. Pris un à un ces éléments ne disent guère, mais si on les agrège, ils travaillent nos représentations collectives. Nos images et notre imaginaire. De fait, je ne suis pas loin de penser que l’hostilité que rencontrent les joueurs de football professionnels en France — et en particuliers ceux de l’équipe de France — trouve un support dans la méfiance — pour ne pas dire l’aversion — à l’endroit de la sous-culture des quartiers.

Dans ces représentations, Yoann Gourcuff occupe avec efficacité la place du « bouffon »11 au sein de la classe de cancres. Celui qui est persécuté pour sa soif d’apprendre, sa volonté de bien se tenir ; et un peu parce qu’il est blanc, ou tout au moins issu de la bonne terre de Bretagne12. Bref, les racailles se paient le petit français pour dissimuler leurs faiblesses. Un signe de leur mesquinerie car celui-ci se trouve être avoir des talents qu’ils n’ont pas : en particulier, une éducation. Au delà, les racailles ont envahi l’équipe de France — comme ils ont envahi la France —, et s’efforcent d’en expurger le « vrai français ».

Peut-être l’histoire est-elle vraie, mais cela n’a pas d’importance. Ce qui en a, en revanche, c’est que l’histoire paraît vraie13. Et elle paraît vraie parce qu’on a envie d’y croire. Et on a envie d’y croire parce qu’elle donne une substance à cette perception de notre société que nous avons fini par adopter. De la même manière que la victoire de 1998 avait pu nourrir les fantasmes positifs d’une société multiculturelle, les impérities de 2010 travaillent ces mêmes fantasmes. Mais de façon négative.

On peut le regretter, mais une société se nourrit tout autant de faits observables et quantifiables que de l’imaginaire qui leur donne un sens. Et d’une certaine façon, une réalité. Il semble que notre société se figure malade. Malade imaginaire peut-être, mais l’hypocondrie est bel et bien une affection. Que celle-ci soit psychique plus que physique n’y change pas grand chose. Sinon que l’on est conduit à rechercher de mauvais remèdes. Et enclin à entendre beaucoup de charlatans.





  1. Et homosexuelle []
  2. Et non pas « sur Internet », comme on peut le lire parfois. La source est un article paru dans L’Équipe de ce lundi. []
  3. Et que le jeu le commandait. []
  4. Autres que leur défaut de vision du jeu. Une hypothèse qui mérite pourtant qu’on s’y arrête, si, comme je le crains, ces seuls joueurs jouent ce soir. []
  5. Le talent, pour être admiré, suscite également la jalousie car il est distribué inégalement. Donc avec injustice. La rémunération du talent, pour être économiquement fort justifiée, n’en apparaît que plus injuste et usurpatrice. []
  6. Au sens anglo-saxon de subculture. []
  7. Et une partie croissante de ses élites. []
  8. L’Islam représente un élément de cette sous-culture que je suis bien en peine de désigner autrement que par « quartier » ou « banlieues », selon que l’on y vit ou pas. A la fois parce que c’est ainsi qu’on l’associe de l’extérieur ; parce que l’Islam constitue un élément de culture, même lorsqu’il n’est pas pratiqué ; également parce qu’il est parfois revendiqué comme un élément d’identité. []
  9. Ce qui peut laisser traîner l’évocation de cette pratique dite des « tournantes », que la pornographie la plus ordinaire connaît également. []
  10. Par ailleurs dotée par la médecine d’attributs dont la nature, dans sa proverbiale mesquinerie, avait cru bon de la priver. []
  11. Comme se plaît à le dire Alain Finkielkraut. []
  12. Le fait que Frank Ribery soit pour sa part boulonnais d’origine n’altère pas l’analyse. En adoptant l’Islam pour religion, en épousant une femme d’origine maghrébine — quelque lointaine cette origine puisse être — et en fréquentant une fille nommé Zahia, il adopte une partie des codes de la sous-culture des « quartiers ». En quoi l’on peut d’ailleurs soutenir que la dimension « raciale » n’est sans doute qu’un élément parmi d’autres. Même si elle est souvent mise en avant dans les débats prétendument « non politiquement corrects ». []
  13. Parions d’ailleurs qu’elle nourrira, bien au delà de la coupe du monde, la chronique des déviances du multiculturalisme. Et ceci même si elle se révèle fausse. []

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25 commentaires to Le malaise Gourcuff ou la société française hypocondriaque

  1. Mouick le 17/06/2010 à 16 h 09 min

    L’école de la république ne prépare guère, vous en conviendrez, au labeur qu’on ne peut éviter pour devenir sportif de haut niveau.

    Plus étonnant est de constater à quel point trop la fréquenter vous isole, définitivement, de la France qui s’est au moins une fois dans sa vie levée tôt contre son gré.

  2. vicnent le 17/06/2010 à 16 h 57 min

    La science peut aider : quand les joueurs sus désignés jouent ensemble, et qu’un comportement anormal est en place, cela doit avoir d’autres répercussions que l’habituel 0-0 (voire perte du match) auquel nous a maintenant bien habitué l’équipe de France ; il faut alors chercher ces repercussions à travers des indicateurs qui permettront, par le repérage d’écart types déviants par exemple, de montrer que l’éventuelle rumeur (ou fantasme) est alors un fait.

    N’oublions pas non le degré d’intelligence moyen des joueurs de l’équipe de France, hein…

  3. Pierre le 17/06/2010 à 17 h 41 min

    Merci, je trouve ça passionnant. Je ne sais pas dans quelle mesure vous avez raison de dire que l’existence réelle de ces réactions de type « cour de collège » n’importe pas (dans le cas général, bien entendu l’équipe de France en elle-même importe peu), mais votre point me semble pertinent. Très clairement, en l’occurence, nous pressentons le loup bien avant de savoir s’il rôde dans le coin…

  4. clems le 17/06/2010 à 19 h 10 min

    Vous pouvez vous inquiéter on lit les mêmes rumeurs bêtes. On a de la chance d’avoir du temps à perdre hein ?

    Sinon pour l’ambiance, il semble au moins que ce soit vrai. Le capitaine de l’équipe avouant qu’il ne le connait pas et que pour parler de lui, il fallait s’adresser à un autre (le clan lloris, gourcuff, toulalan).

    Bref, c’est embétant, surtout pour le capitaine de l’équipe.

    Après les causes de l’ambiance… Ceci dit, je crois plus volontier à l’hypothèse liée à l’éducation que celle liée à la couleur ou aux origines. Et le mépris est peut être présent des deux cotés. Finalement, c’est un peu comme au boulot.

  5. Sans pseudo le 17/06/2010 à 23 h 54 min

    Et Anelka avait initié le port du survêtement avec une jambe relevée, comme les esclaves traînant leur boulet ; alors que Gourcuff joue pour une équipe dont la ville fut très active dans le Commerce triangulaire.

    Et la rumeur sur les disputes dans l’autobus quant au choix des places, a-t-elle aussi un rapport avec un choc des cultures ?

  6. podarcis le 18/06/2010 à 0 h 03 min

    Votre théorie est vraiment sage et m’interpelle, mais en vous relisant (des fois je m’accroche) je constate que vous démontrez très précisément comment la rumeur se répand sur des faits réels (ignorance manifeste des attaquants etc…) et puis finalement avec beaucoup de talent vous expliquez que tout ceci n’est que le fantasme d’une société en mal d’histoire de cour d’école. Mouai…

    +1 pour clems
    tout ceci est à la fois culturel et, j’ajouterais, très immature finalement; et on le paie cash ce soir.
    Notre sélectionneur KO debout, la main sur la joue, en est déjà à se dire qu’il va finalement regarder le train passé sans nous, et le plus vite possible je vous prie. :arrow:

    Souvenez-vous de 98 l’un des meilleurs joueurs du monde Eric Cantona « le Magnifique » n’était pas sélectionné par Jaquet. Pourquoi? Le profile culturel ne collait pas avec le reste de la bande (…disait la rumeur, encore elle). Sans doute. Mais Maimé, manifestement, était bon, il avait plus de charisme et l’équipe, pas très convaincante avant et au début du mondial, avait une femme une vraie… la France entière.
    La mayonnaise a finalement pris.

    Aujourd’hui le sélectionneur met la défaite sur le « coup du sort qui s’abat sur nous »,
    je crois qu’il faudra un sacré coup du sort pour que la mayonnaise finisse par prendre.

    Viva Mexico,
    ce soir c’était eux les meilleurs. :cool:

  7. Ronin le 18/06/2010 à 3 h 47 min

    Article très bien écrit, vous avez fait philo ? ! A mon avis vous expliquez très bien la situation.

    • Jules le 19/06/2010 à 22 h 55 min

      J’en ai fait aussi. Mais je ne jurerais pas que cela donne un brevet de clarté.

  8. Verel le 18/06/2010 à 7 h 49 min

    Excellent article!
    Denys va en pâlir de jalousie
    Merci

    • Denys le 18/06/2010 à 16 h 37 min

      Jaloux ? Comme si j’avais le monopole de la pertinence en matière d’analyses sociologiques.

      • Jules le 19/06/2010 à 22 h 55 min

        Non, une position dominante.

  9. ArmaTure le 18/06/2010 à 13 h 28 min

    Quel blabla ce langage bobo….
    Écrivez simplement : les blacks et les muzz de l’EDF ne veulent pas d’une face de craie comme leader !
    là, au moins, on comprend…
    en attendant, vivement l’arrivée de Laurent Blanc et un bon coup de lessive dans cette équipe !

    • Jules le 18/06/2010 à 13 h 45 min

      Oui, je vois que vous avez des difficultés à comprendre. L’avantage, c’est que vous illustrez par vos propos parfaitement le sens de ce « blabla ».

  10. ArmaTure le 18/06/2010 à 13 h 32 min

    de toute façon, tout cela est vrai.
    Govou l’a reconnu à demi-mots dans une interview de l’Equipe du 18/06/2010
    et lors du match contre l’Uruguay, comptez le nombre d’actions combinées ou de passes Gourcuff-Anelka ou Gourcuff-Ribery… c’est flagrant et désolant !

  11. muzat le 18/06/2010 à 14 h 13 min

    La réalité n’est jamais très éloignée de l’imaginaire…

  12. Neo le 18/06/2010 à 16 h 01 min

    Juste une petite question: n’étant pas au faîte de la culture footballistique, j’ai remarqué hier soir que tous les joueurs de l’équipe de « france » ne portaient pas exactement le même maillot ! Certains portaient le maillot traditionnel (Toulalan par exemple) alors que d’autres (Anelka en tête) en portaient un avec des stries noires au scotch devant et dans le dos ! Après le « deux poids, deux mesures » est-ce que les « deux france » seraient en train de se matérialiser sous nos yeux ? Encore un fantasme mais n’allons pas imaginer que ces nouveaux « français » se prennent pour des « black panthers » aux petits pieds et sont en train de se faire les hérault d »un combat … immonde ?

    • ArmaTure le 18/06/2010 à 16 h 19 min

      j’avais remarqué :
      les bad boys en maillots moulants très rap9.3-muscule et les gentils garçons en maillots tradi…LOL

  13. clems le 18/06/2010 à 21 h 35 min

    En tout cas, sans lui c’était pire. Il peut les remercier, au moins personne ne l’accusera d’être la cause des maux de cette équipe.

    Sinon, L’Uruguay et le Mexique feront un nul. Il faut faire tourner l’effectif, reposer les titulaires, éviter les blessures, les cartons qui sortent trés rapidement cette année.

    Je serais domenech, je ferais participer les autres joueurs (les coiffeurs) pour les remercier et pour leur montrer un peu de confiance. Mais vu sa logique, il ne le fera probablement pas.

    La cause de la mauvaise ambiance c’est lui. Quand une équipe joue mal, elle se cherche toujours des boucs émissaires et des motifs d’exclusions, sans jamais oser désigner l’entraineur (le boss).

  14. VilCoyote le 19/06/2010 à 10 h 30 min

    Ce billet est un chef d’oeuvre. Merci de l’avoir écrit.

    • Thomas le 19/06/2010 à 12 h 22 min

      « Va te faire enculer sale fils de pute ». Ca aurait fait une bonne chute à votre billet en instillant un peu de parler footeux dans cette prose trop élégante pour rendre tout à fait compte du sujet, semble-t-il.

  15. Mossieur Resse le 19/06/2010 à 12 h 52 min

    Bravo pour ce commentaire très pertient que j’ai lu grace à un retweet. Je pense aussi que la dimension « religieuse » du phénomène n’est pas à occulter. Je me demande (ou pas, car je crois que c’est une réalité) qu’il y a dans cette opposition une dimension d’opposition religieuse, qui rejoint ce que vous dites sur le versant négatif de la « france black blanc beur », concept auquel je n’ai jamais adhéré non parce que je rejette le pluriethnicisme de la france, mais parce que le concept précisément, n’est mobilisable qu’en cas de victoire. Et là, dans la défaite ce que nous pouvons lire est la dérive d’une société multiculturelle vers un modèle communautariste où les composantes entrent en concurrences frontales. Ce que dit crument un de vos lecteurs: les blacks et les muzz de l’EDF ne veulent pas d’une face de craie comme leader !
    Ou ce que j’ai essayé de pointer, moins subtilement que vous, et plus subtilement j’espère que ce résumé un peu provoc (mais pas faux, en même temps, dans mon billet:
    http://blog-hrc.typepad.com/ressepire/2010/06/enc-et-fils-de-p-sont-dans-un-bateau.html
    . Bravo en tous cas pour cette approche qui ne rejette pas la rumeur tout en sachant l’analyser pour en tirer des hypothèses. Bravo et merci.

  16. phil le 20/06/2010 à 23 h 00 min

    Pour ce qui est du style de l’équipe de France je ne saurais dire mais pour le votre il est trés élègant assurément :)

  17. Les Misérables | Mind Overflow le 21/06/2010 à 16 h 19 min

    [...] plus improbables. Des clans se forment, des joueurs seraient ostracisés. L’Équipe de France révélateur d’un malaise dans notre société [...]

  18. Bubbles le 25/06/2010 à 15 h 40 min

    Peut-être l’histoire est-elle vraie, mais cela n’a pas d’importance. Ce qui en a, en revanche, c’est que l’histoire paraît vraie

    Certainement le passage le plus intéressant :idea:

    Rien de neuf en somme sous le soleil des mécanismes de propagation d’une rumeur depuis E. Morin (et certainement d’autres) et celle d’Orléans.

    Voila un excellent sujet de thèse pour un(e) futur(e) sociologue en tous cas.

  19. clic le 18/08/2010 à 11 h 29 min

    Je me souviens d’un journaliste qui avait expliqué que l’équipe de France de football c’était une cave de banlieue et qu’il est donc normal que Gourcuff ait eu du mal à s’intégrer. Depuis on a appris que Toulalan (qui était considéré comme l’un des bon gars responsables) avait été l’un des meneurs. Amusant, il a semble-t-il rédigé le texte des bleus lu par Domenech (ce qui suppose tout de même un important engagement dans cette histoire) mais au final il écope de la peine la moins lourde. Et on trouve des commentaires sur Le Monde pour dire « il l’a rédigé parce que les autres ne savent pas écrire ». C’est triste tout de même… c’est quand même à mettre en rapport avec ce dernier billet sur la délinquance des immigrés.
    Il y a quelques années, je me souviens d’un excellent reportage sur les prud’hommes (vraiment très très bon) où un président expliquait qu’un ouvrier qui avait traité son patron de je ne sais plus quoi (sale connard ou quelque chose comme ça) avait finalement vu son licenciement annulé (en fait je ne sais plus s’il était annulé (est-ce possible?) ou s’il avait eu une indemnité, ou autre…). Le président en question expliquait « l’avantage des prud’hommes c’est que nous avons un jury paritaire composé de personnes du métier qui avaient considéré que dans le monde du bâtiment, la langue utilisée est plus grossière que dans la société en générale et que l’insulte devait être comprise au regard des habitudes de langage du secteur ».

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