Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, l’oisiveté, mère de tous les vices bourgeois, a beaucoup perdu de sa dignité aristocratique.
On sait que la paresse a été vilipendée par la plupart des philosophes — tout du moins ceux dont l’humanité n’a pas été asséchée par la corrosion socialiste. Mais on ignore plus souvent que l’otium de nos pères latins présentait quelques vertus. L’oisiveté antique ne s’entendait pas d’un vice, mais d’une vie autorisée par la fortune et détachée de la vulgarité des affaires : le negotium1, donc, dont il est la négation. Notez ainsi que l’oisiveté est un terme positif et vient avant les affaires, terme négatif. Une forme de leçon philologique qu’il n’est pas interdit de méditer. L’otium cependant, n’invitait pas à la paresse mais à des activités plus profitables pour la perfection humaine telles que la poésie, la philosophie, les bains, les banquets et la fornication.
Tout ceci pour dire que si j’ai délaissé l’intérêt des affaires publiques depuis quelques temps, c’est au bénéfice d’un otium empreint de contemplation, de recueillement et d’abandon des sens.
Et je dois à mes bons lecteurs une confidence.
Longtemps, j’ai pensé que la Toscane était l’endroit le plus doux et le plus beau qui m’ait été donné de connaître sur cette terre. Une pierre à jeter dans le jardin de l’agnosticisme tant la douceur profonde des lieux semblait trahir un dessein supérieur empreint d’amour. J’en aime les pierres et les vins. Dans cet Eden, les serpents ont encore des pattes.
Me voici aujourd’hui dans une autre province tout aussi douce, tendre et opulente.
Un autre paradis.
Me voici bientôt polythéiste.
Seigneurs, romains et grecs avaient donc raison.
C’est beau, et bien sûr, c’est bon.
- Que les juristes privatistes ne s’y trompent pas, on distingue l’instrumentum du negotium, mais le negotium s’oppose à l’otium. [↩]






Oui, mais vous êtes où ? Vous tenez à l’anonymat ? Allé : on partira à votre recherche pour vous faire signer des autographes, se faire prendre en photo à vos côtés et vous ramener sur le droit chemin ou sur le chemin du droit.
Bonnes vacances
Pour ceux qui n’auraient pas reconnu, Jules, toujours plein de sollicitude pour ses lecteurs, a gentiment fourni dans l’une des photos toutes les informations nécessaires à sa localisation.
Il lui appartiendra de rectifier si cela s’avérait être une négligence.
Pour son édification, j’ajouterais enfin que je me suis baigné au mois de mars d’une année passée, dans l’eau qu’il contemple.
Tiens, j’étais il y a encore une semaine dans un petit lac pas très loin, un petit peu plus en altitude, où, allez savoir par quel miracle, il n’y avait aucune interdictions pour y poser mon camping car et même y faire griller des saucisses.
Bonne glace Jules, moi je suis un fan des glaces au yaourt quant je suis dans ce pays.
J’ai come l’impression de connaître votre lieu de villegiature.
Quand je vois ces photos, j’ai hâte d’être à mon tour en vacances, certes pas dans la même région, mais dans le même pays, dans une région où il y a aussi du vin, du fromage et de la charcuterie à foison, et je l’espère une gelateria à chaque coin de rue (et dans l’idéal, qui aurait de la glace au tiramisù, mais à ce moment là je ne suis pas sûr de revenir un jour en France).
Bonnes vacances à vous.
ps : je ne sais pas pourquoi, mais votre billet a un petit air de Lamartine (le spleen en moins) : ô temps suspend ton vol…
Jules pratique l’oisiveté: des bains, les banquets et la fornication?
Paysages et raffinements à volupté : l’Italie, pour les vacances, c’est le summum.
Pour les vacances seulement. Protitez-en al massimo !
Très belle évocation de ce temps où travailler était honteux et glander était noble ! Ca fait rêver, autant que vos photos, merci.