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	<title>Diner’s Room &#187; Jules</title>
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		<title>Des fleurs sans couronne</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 05:50:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Débat public]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le silence est d&#8217;or. Ceci est le dernier billet de Jules. Car bientôt, ce blog disparaîtra. Et Jules avec lui. Non point physiquement – que nos jeunes lecteurs se rassurent –, mais numériquement. Les mêmes raisons qui me conduisent à abandonner cet ouvrage m’incitent à laisser Jules voguer vers l&#8217;oubli. Ou, tout du moins, vers un épais silence. Ce n&#8217;est pas, croyez-le, l&#8217;effet du découragement ou de la lassitude. Ce n&#8217;est pas davantage que l&#8217;inspiration me fuie, malgré un mutisme récent — le temps de la méditation. Essentiellement, l&#8217;affaire est éthique. Éthique de l&#8217;auteur de ces pages ; éthique de celui qui n&#8217;est pas Jules seulement. Des changements affectent ma vie – pour le meilleur, que mes lectrices se rassurent – et pèsent désormais sur l&#8217;équilibre confortable que j&#8217;avais trouvé dans l&#8217;anonymat. Il m&#8217;est désormais difficile, sans heurter l&#8217;idée que je forme sur mon activité habituelle, de maintenir la discrétion sur mon industrie éditoriale. Et je n&#8217;imagine pas davantage continuer d&#8217;écrire sans en dire davantage sur mon état. Mais l&#8217;une et l&#8217;autre de ces exigences me sont impossibles à satisfaire. Parce que je ne le peux, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le silence est d&#8217;or.</p>
<p>Ceci est le dernier billet de Jules. Car bientôt, ce blog disparaîtra. Et Jules avec lui.</p>
<p>Non point physiquement – que nos jeunes lecteurs se rassurent –, mais numériquement. Les mêmes raisons qui me conduisent à abandonner cet ouvrage m’incitent à laisser Jules voguer vers l&#8217;oubli. Ou, tout du moins, vers un épais silence.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas, croyez-le, l&#8217;effet du découragement ou de la lassitude. Ce n&#8217;est pas davantage que l&#8217;inspiration me fuie, malgré un mutisme récent — le temps de la méditation. Essentiellement, l&#8217;affaire est éthique. Éthique de l&#8217;auteur de ces pages ; éthique de celui qui n&#8217;est pas Jules seulement. Des changements affectent ma vie – pour le meilleur, que mes lectrices se rassurent – et pèsent désormais sur l&#8217;équilibre confortable que j&#8217;avais trouvé dans l&#8217;anonymat. Il m&#8217;est désormais difficile, sans heurter l&#8217;idée que je forme sur mon activité habituelle, de maintenir la discrétion sur mon industrie éditoriale. Et je n&#8217;imagine pas davantage continuer d&#8217;écrire sans en dire davantage sur mon état. Mais l&#8217;une et l&#8217;autre de ces exigences me sont impossibles à satisfaire. Parce que je ne le peux, pour une part ; parce que je ne le veux, pour l&#8217;autre. Et, où que je regarde, je n&#8217;aperçois nul chemin. Aussi bien me reste-t-il à tirer ma révérence.</p>
<p>Ultime vanité, cependant, de celui qui s’apprête à disparaître, quelques mots en guise de testament<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_0_6465" id="identifier_0_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un testament, il est vrai, est destin&eacute; &agrave; des h&eacute;ritiers. Je n&amp;#8217;ose esp&eacute;rer qu&rsquo;il se trouve des candidats parmi mes bons lecteurs.">1</a></sup>.</p>
<p>Il n’a sans doute pas échappé aux lecteurs de ces pages que leur auteur nourrissait le goût du droit. Non seulement l’amour du technicien pour une belle machine, mais aussi celui du citoyen pour un remarquable instrument de civilisation.</p>
<p>J’ai eu tantôt l’occasion de regretter  le mépris — sinon l’indifférence — dans lequel on tient parfois le droit en France. En la présence du règlement, on s’agace de la contrainte ; face à son absence, on s’indigne. — Vide juridique, clame-t-on, oublieux de ce que le droit n’est jamais absent, car le silence de la loi n’est pas autre chose que la liberté<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_1_6465" id="identifier_1_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En ce sens, le droit est plus que mozartien : le silence qui suit la r&egrave;gle est encore du droit ; et ainsi en va-t-il de celui qui la pr&eacute;c&egrave;de.">2</a></sup>. Je n’ai pas manqué, en retour, de vanter l&#8217;œuvre de la loi et celle du juge ; ce qui ne signifie pas que toutes les lois enchantent<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_2_6465" id="identifier_2_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais le doivent-elles ?">3</a></sup> ; ni que toutes les décisions de justice ravissent<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_3_6465" id="identifier_3_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une lecture magnanime impose de consid&eacute;rer que lorsqu&rsquo;une partie l&rsquo;emporte, l&amp;#8217;autre perd. Quand l&amp;#8217;une et l&amp;#8217;autre n&amp;#8217;y perdent point.">4</a></sup>. Mais ils suppléent le pire : le primat de la force ou de la ruse.</p>
<p>Mais, plus que tout, le droit est une école de modestie, car il porte en lui le présupposé de la finitude de la condition humaine. A quoi bon une législation pénale sans délinquants ? A quoi bon une législation de l’environnement sans pollution ni pollueurs ? A quoi bon une législation du mariage sans désamour ?<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_4_6465" id="identifier_4_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les obligations du mariage, respect, secours, fid&eacute;lit&eacute; et assistance ne s&rsquo;imposeraient pas dans une relation soumise &agrave; l&rsquo;empire de l&rsquo;amour. Et c&rsquo;est une illusion un peu mi&egrave;vre que de concevoir le mariage comme une preuve d&rsquo;amour. L&rsquo;union juridiquement constitu&eacute;e qu&rsquo;est le mariage ne se con&ccedil;oit pas autrement que dans son &eacute;branlement ou sa disparition.">5</a></sup> A quoi bon un contrat sans égoïsme ?<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_5_6465" id="identifier_5_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un altruisme suffisamment g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; dispenserait sans doute d&rsquo;obtenir la promesse d&rsquo;ex&eacute;cuter ses engagements.">6</a></sup> A l&#8217;inverse de la politique, le droit ne prétend pas — ne devrait pas prétendre — au sublime. Il ne promet pas le bonheur<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_6_6465" id="identifier_6_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dans un &eacute;lan d&amp;#8217;enthousiasme, il arrive qu&amp;#8217;il proclame le droit &agrave; &amp;laquo;&amp;nbsp;la recherche du bonheur&amp;nbsp;&amp;raquo; &mdash; qui, contrairement &agrave; une opinion bien r&eacute;pandue, ne figure pas dans la Constitution des &Eacute;tats Unis, mais dans leur D&eacute;claration d&amp;#8217;Ind&eacute;pendance, d&eacute;pourvue de force juridique (le droit &agrave; la &amp;laquo;&amp;nbsp;recherche du bonheur&amp;nbsp;&amp;raquo; a cependant &eacute;t&eacute; constitutionnellement tir&eacute; du XIVe amendement par la Cour Supr&ecirc;me). Mais une telle pr&eacute;rogative ne constitue pas une cr&eacute;ance sur l&amp;#8217;&Eacute;tat. Tout juste sert-elle &agrave; &eacute;lever au niveau de la libert&eacute; d&amp;#8217;autres aspirations humaines, telles que le travail ou le mariage, ce qui t&eacute;moigne tout de m&ecirc;me d&amp;#8217;un certain optimisme. Mais il est permis au droit de ne pas &ecirc;tre pessimiste.">7</a></sup>. Il n’assure pas éviter le malheur. Mais il entend que les relations des hommes soient un peu moins turbulentes ; et leur malheur un peu moins cuisant. Et peut-être, dans une détresse envahissante, ouvrir un jour<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_7_6465" id="identifier_7_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une vue, pourquoi pas ?">8</a></sup> sur un coin de ciel. Le droit — contrairement à la politique — n&#8217;a pas le loisir du cynisme<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_8_6465" id="identifier_8_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le droit, d&amp;#8217;ailleurs, est grave. Et ce n&amp;#8217;est peut-&ecirc;tre pas la moindre de ses vertus, dans une &eacute;poque o&ugrave; une l&eacute;g&egrave;ret&eacute; am&egrave;re semble submerger tout discours.">9</a></sup>.</p>
<p>Et au fond, que reproche-t-on au droit ? De se glisser où il ne devrait pas ; de manquer là où on l&#8217;attend ?</p>
<p>Je m&#8217;en voudrais de conclure cet adieu sans y accrocher une goutte de Jean Carbonnier. Les juristes<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_9_6465" id="identifier_9_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tout du moins ceux qui n&amp;#8217;ont pas renonc&eacute; &agrave; une peu d&amp;#8217;&acirc;me.">10</a></sup> connaissent l&#8217;<em>hypothèse du non-droit</em>. Idée subtile de sociologue et/ou de poète : il est des provinces où le droit ne pénètre pas, parce qu&#8217;il a en été refoulé par d&#8217;autres modes de régulation, telles que la religion ou les mœurs<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_10_6465" id="identifier_10_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La courtoisie, par exemple, qui est une politesse un peu moins froide. Et il y aurait &agrave; m&eacute;diter sur les formes de la politesse&nbsp;administrative.">11</a></sup>, l&#8217;amitié — l&#8217;amour, peut-être ?</p>
<blockquote><p><em>Le dilemme n’est donc pas entre la loi et d’autres formes du droit : il est entre le droit et le non-droit. Mais entendons-nous bien sur le non-droit : ce n’est pas le néant, pas même le chaos. L’hypothèse est que, si le droit est écarté, le terrain sera occupé, est peut-être même déjà occupé d’avance, par d’autres systèmes de régulation sociale, la religion, la morale, les moeurs, l’amitié, l’habitude. Mais ce n’est plus du droit.</em>&nbsp;&raquo;<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_11_6465" id="identifier_11_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Essais sur les Lois, Defr&eacute;nois, 1995, 2e &eacute;d., p. 320, ouvrage d&eacute;j&agrave; cit&eacute; et combien recommand&eacute;.">12</a></sup></p></blockquote>
<p>Aussi doit-on se demander. Cette passion froide et acrimonieuse du droit, la frustration de sa présence et de son absence est-elle vraiment dirigée contre le droit ? Ne serait-ce pas plutôt que le <em>non-droit</em> s&#8217;étiole, et laisse place à un droit trop pesant quand il vient, trop absent quand il ne vient pas. Un peu comme les parents des adolescents. Et la pathologie du droit serait davantage celle du non-droit. Peut-être est-ce d&#8217;ailleurs le propre d&#8217;une société adolescente<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_12_6465" id="identifier_12_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et par nature, donc, en crise. Reste &agrave; savoir si le mouvement l&amp;#8217;entra&icirc;ne bien vers l&amp;#8217;&acirc;ge adulte, ou s&amp;#8217;il ne s&amp;#8217;agit pas d&amp;#8217;une de ces &eacute;ruptions de juv&eacute;nilit&eacute; propre &agrave; la&nbsp;s&eacute;nescence.">13</a></sup>.</p>
<p>Si on peut aspirer, donc, à ce que le droit ne soit pas trop haï, c&#8217;est aussi parce qu&#8217;il ne doit pas être trop aimé. Et là seront mes dernières volontés, en forme de vœu, pour vous et pour moi<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_13_6465" id="identifier_13_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce n&amp;#8217;est pas de l&amp;#8217;&eacute;go&iuml;sme, mais le t&eacute;moignage que si je n&amp;#8217;ai pas &eacute;t&eacute; tout &agrave; fait imperm&eacute;able &agrave; mes commentateurs.">14</a></sup>.</p>
<p>Le temps est ainsi venu de vaquer, sans oublier de remercier tous mes commentateurs et mes lecteurs fidèles et silencieux. Vous avez été une ombre familière et chaleureuse.<br />
</br><br />
</br><br />
Détails pratiques : ces pages disparaîtrons de la publication au 14 février 2012 — une coquetterie que l&#8217;on pardonnera — ce qui laisse une quinzaine de jours aux amateurs pour archiver les textes qui leur plairaient. Disparaîtront encore le compte Facebook, le compte Twitter et le compte GooglePlus.</p>
<p>Je m&#8217;arrangerai cependant pour conserver une adresse de courriel<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_14_6465" id="identifier_14_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle sera diff&eacute;rente de mon adresse @lieu-commun.org, que je n&amp;#8217;administre pas totalement. Je vous invite &agrave; utiliser le formulaire de contact pour obtenir la nouvelle.">15</a></sup>, derrière laquelle demeure une âme. Voyez-y une forme de mysticisme geek, mais je ne déteste pas l&#8217;idée qu&#8217;il subsiste quelque chose d&#8217;un être virtuel après sa disparition<sup><a href="http://dinersroom.eu/6465/des-fleurs-sans-couronne/#footnote_15_6465" id="identifier_15_6465" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ajoutez &agrave; cela la possibilit&eacute; pratique, quoiqu&amp;#8217;improbable, d&amp;#8217;une r&eacute;surrection.">16</a></sup>.</p>
<p>A vous, donc mes survivants et successeurs. Là où je serai je vous lirai.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6465" class="footnote">Un testament, il est vrai, est destiné à des héritiers. Je n&#8217;ose espérer qu’il se trouve des candidats parmi mes bons lecteurs.</li><li id="footnote_1_6465" class="footnote">En ce sens, le droit est plus que mozartien : le silence qui suit la règle est encore du droit ; et ainsi en va-t-il de celui qui la précède.</li><li id="footnote_2_6465" class="footnote">Mais le doivent-elles ?</li><li id="footnote_3_6465" class="footnote">Une lecture magnanime impose de considérer que lorsqu’une partie l’emporte, l&#8217;autre perd. Quand l&#8217;une et l&#8217;autre n&#8217;y perdent point.</li><li id="footnote_4_6465" class="footnote">Les obligations du mariage, respect, secours, fidélité et assistance ne s’imposeraient pas dans une relation soumise à l’empire de l’amour. Et c’est une illusion un peu mièvre que de concevoir le mariage comme une preuve d’amour. L’union juridiquement constituée qu’est le mariage ne se conçoit pas autrement que dans son ébranlement ou sa disparition.</li><li id="footnote_5_6465" class="footnote">Un altruisme suffisamment généralisé dispenserait sans doute d’obtenir la promesse d’exécuter ses engagements.</li><li id="footnote_6_6465" class="footnote">Dans un élan d&#8217;enthousiasme, il arrive qu&#8217;il proclame le droit à &laquo;&nbsp;<em>la recherche du bonheur</em>&nbsp;&raquo; — qui, contrairement à une opinion bien répandue, ne figure pas dans la Constitution des États Unis, mais dans leur Déclaration d&#8217;Indépendance, dépourvue de force juridique (le droit à la &laquo;&nbsp;recherche du bonheur&nbsp;&raquo; a cependant été constitutionnellement tiré du XIVe amendement par la Cour Suprême). Mais une telle prérogative ne constitue pas une créance sur l&#8217;État. Tout juste sert-elle à élever au niveau de la liberté d&#8217;autres aspirations humaines, telles que le travail ou le mariage, ce qui témoigne tout de même d&#8217;un certain optimisme. Mais il est permis au droit de ne pas être pessimiste.</li><li id="footnote_7_6465" class="footnote">Une vue, pourquoi pas ?</li><li id="footnote_8_6465" class="footnote">Le droit, d&#8217;ailleurs, est <em>grave</em>. Et ce n&#8217;est peut-être pas la moindre de ses vertus, dans une époque où une légèreté amère semble submerger tout discours.</li><li id="footnote_9_6465" class="footnote">Tout du moins ceux qui n&#8217;ont pas renoncé à une peu d&#8217;âme.</li><li id="footnote_10_6465" class="footnote">La courtoisie, par exemple, qui est une politesse un peu moins froide. Et il y aurait à méditer sur les formes de la politesse administrative.</li><li id="footnote_11_6465" class="footnote"><em>Essais sur les Lois</em>, Defrénois, 1995, 2e éd., p. 320, ouvrage déjà cité et combien recommandé.</li><li id="footnote_12_6465" class="footnote">Et par nature, donc, en crise. Reste à savoir si le mouvement l&#8217;entraîne bien vers l&#8217;âge adulte, ou s&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une de ces éruptions de juvénilité propre à la sénescence.</li><li id="footnote_13_6465" class="footnote">Ce n&#8217;est pas de l&#8217;égoïsme, mais le témoignage que si je n&#8217;ai pas été tout à fait imperméable à mes commentateurs.</li><li id="footnote_14_6465" class="footnote">Elle sera différente de mon adresse @lieu-commun.org, que je n&#8217;administre pas totalement. Je vous invite à utiliser le formulaire de contact pour obtenir la nouvelle.</li><li id="footnote_15_6465" class="footnote">Ajoutez à cela la possibilité pratique, quoiqu&#8217;improbable, d&#8217;une résurrection.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Civisme et civilité dans la France du XXIe siècle</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 14:55:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il faut parfois se faire moraliste. Ce qui, contrairement à un usage répandu dans la lingua editorialistae gallica ne signifie pas &#171;&#160;professeur de morale&#160;&#187;, mais observateur des mœurs. La condamnation de Jacques Chirac à deux ans de prison assortis de sursis a suscité des réactions partagées, mais mesurées1. Parmi les juristes, Philippe Bilger estime la peine prononcée &#160;&#187;ordinaire&#160;&#187; quand Olivier Baud la juge &#171;&#160;symbolique&#160;&#187;. Le point de vue du praticien ; celui du professeur. Deux façons d&#8217;apprécier l&#8217;application des lois. Mais aussi l&#8217;expression d&#8217;une ambiguïté française. Il est vrai que la France entretient avec le droit une relation compliquée, faite de passion2 et de dédain. Il est d&#8217;usage de souligner combien l&#8217;âme nationale est tout à la fois éprise de législation — la notion si peu juridique de &#171;&#160;vide de la loi&#160;&#187; en est l&#8217;expression — et volage quand à ses sujétions. Passion de réglementer, certes, mais réticence à obéir, aussi : Leur passion des lois, était-ce passion d&#8217;obéir ou de commander ? Sans doute dans une démocratie parfaite, chaque citoyen devrait être animé de la double vocation. Mais, dans la réalité de nos sociétés, ce ne sont pas les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il faut parfois se faire moraliste. Ce qui, contrairement à un usage répandu dans la <em>lingua editorialistae gallica</em> ne signifie pas &laquo;&nbsp;professeur de morale&nbsp;&raquo;, mais observateur des mœurs.</p>
<p>La condamnation de Jacques Chirac à deux ans de prison assortis de sursis a suscité des réactions partagées, mais mesurées<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_0_6417" id="identifier_0_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Si l&amp;#8217;on excepte celle&nbsp;d&amp;#8217;&Eacute;ric Raoult, qui semble estimer que la qualit&eacute; de d&eacute;linquant est ind&eacute;pendante de la commission d&amp;#8217;infractions.">1</a></sup>. Parmi les juristes, Philippe Bilger <a href="http://www.philippebilger.com/blog/2011/12/jacques-chirac-homme-sympathique-pr%C3%A9venu-condamn%C3%A9.html">estime</a> la peine prononcée &nbsp;&raquo;ordinaire&nbsp;&raquo; quand Olivier Baud <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/20/la-condamnation-de-m-chirac-signe-t-elle-la-fin-d-un-pouvoir-feodal_1620815_3232.html">la juge</a> &laquo;&nbsp;symbolique&nbsp;&raquo;. Le point de vue du praticien ; celui du professeur. Deux façons d&#8217;apprécier l&#8217;application des lois. Mais aussi l&#8217;expression d&#8217;une ambiguïté française.</p>
<p>Il est vrai que la France entretient avec le droit une relation compliquée, faite de passion<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_1_6417" id="identifier_1_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A lire, si ce n&amp;#8217;est d&eacute;j&agrave; fait : Droit et passion du droit sous la cinqui&egrave;me R&eacute;publique. Une fa&ccedil;on comme une autre de d&eacute;couvrir Jean Carbonnier.">2</a></sup> et de dédain. Il est d&#8217;usage de souligner combien l&#8217;âme nationale est tout à la fois éprise de législation — la notion si peu juridique de &laquo;&nbsp;vide de la loi&nbsp;&raquo; en est l&#8217;expression — et volage quand à ses sujétions. Passion de réglementer, certes, mais réticence à obéir, aussi :</p>
<blockquote><p><em>Leur passion des lois, était-ce passion d&#8217;</em>obéir<em> ou de </em>commander<em> ? Sans doute dans une démocratie parfaite, chaque citoyen devrait être animé de la double vocation. Mais, dans la réalité de nos sociétés, ce ne sont pas les mêmes individus qui décrètent et qui exécutent, et s&#8217;il y a là deux voluptés, cela fait deux espèces de voluptueux.</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_2_6417" id="identifier_2_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La passion des lois au si&egrave;cle des lumi&egrave;res, in Essais sur les lois, J. Carbonnier, Defr&eacute;nois 1979, p. 203. La deuxi&egrave;me &eacute;dition de cet ouvrage est toujours trouvable. Et pour la bonne bouche, la phrase introductive : &amp;laquo;&amp;nbsp;Il y a une rue des Lois au c&oelig;ur de Bruxelles et une impasse de la Loi dans un faubourg de Paris. On ne l&amp;#8217;a pas fait expr&egrave;s ; mais la clandestinit&eacute; de l&amp;#8217;hommage parisien se trouve refl&eacute;ter assez bien, en cette seconde moiti&eacute; du XXe si&egrave;cle, le peu d&amp;#8217;enthousiasme des fran&ccedil;ais pour leur l&eacute;gislation&amp;nbsp;&amp;raquo;.">3</a></sup></p></blockquote>
<p>On attribue parfois cette part du génie national à une disposition empreinte de culture latine, par opposition à l&#8217;arc anglo-saxon de la rigueur et du respect des lois. En surplomb, l&#8217;influence catholique ou protestante<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_3_6417" id="identifier_3_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais ne pourrait-on soutenir que le protestantisme a trouv&eacute; un terrain d&amp;#8217;accueil favorable l&agrave; o&ugrave; le rapport &agrave; la r&egrave;gle des populations &eacute;tait plus rigoureux.">4</a></sup>.</p>
<p>Il est certain que le rapport à la règle est un trait culturel qui nous rapproche ou nous éloigne d&#8217;autres cultures. Ce serait toutefois manquer une part importante de nos ethos propres que de nous immerger tous entiers dans un grand bassin méditerranéen.</p>
<p>Qui a visité souvent l&#8217;Italie ne peut manquer d&#8217;observer combien la réglementation y a valeur de suggestion plus que de prescription. Notamment dans le domaine de la police des relations sociales<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_4_6417" id="identifier_4_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Telle que la circulation routi&egrave;re par exemple.">5</a></sup> ou des affaires. Il est facile d&#8217;en déduire une forme de communauté latine de l&#8217;incivisme. A cette différence éminente, cependant, que l&#8217;italien semble s&#8217;accommoder fort bien de l&#8217;incivisme de ses concitoyens, quand le français s&#8217;en irrite volontiers. Il ne faut pas voir là, cependant, une différence de degré qui verrait l&#8217;italien corrompu jusque dans la tolérance au crime et le français retenu par des bribes de vertu. Tout ceci ressortit plutôt à une différence de rapport à la règle commune.</p>
<p>Si le conducteur italien peut volontier doubler en franchissant une bande blanche<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_5_6417" id="identifier_5_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir trois voitures de front sur les routes d&eacute;partementales de Sicile n&amp;#8217;est pas si rare.">6</a></sup>, il prend soin du piéton qui délaisse le trottoir<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_6_6417" id="identifier_6_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parfois parce qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;y a pas de trottoir ou que celui-ci est envahi de v&eacute;hicules gar&eacute;s.">7</a></sup> pour se promener sur la chaussée. Le non respect d&#8217;une réglementation ne signifie pas que l&#8217;on s&#8217;affranchisse de la considération des intérêts de son prochain. Informelle et abâtardie, la <em>règle</em> demeure néanmoins. Le conducteur français, à l&#8217;inverse, peut trouver intérêt à désobéir à la loi lorsque ce comportement lui assure un avantage sur autrui — le doubler, par exemple, ou prendre une place de stationnement. A l&#8217;orange, il accélère au risque de se trouver bloqué au croisement des routes et de provoquer un embouteillage. Et si, en Italie, un piéton peut sans difficulté traverser dans les clous en l&#8217;absence de feu de signalisation<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_7_6417" id="identifier_7_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le conducteur italien ralentit lorsque le pi&eacute;ton s&amp;#8217;engage sur la chauss&eacute;e pour traverser. Et ce, m&ecirc;me s&amp;#8217;il n&amp;#8217;existe pas de clous.">8</a></sup>, le même, en France doit attendre la cessation du flux des véhicules. Faute de quoi, il expose sa santé et s&#8217;assure des insultes.</p>
<p>Ceci pour dire que le rapport à la règle commune et à la transgression n&#8217;est pas le même en France et en Italie. Il y a un peu plus que le seul irrespect de la loi. L&#8217;Italie a la culture du compromis, ce qui témoigne d&#8217;une certaine souplesse par rapport à l&#8217;idéal, mais également d&#8217;une sensibilité à l&#8217;intérêt d&#8217;autrui et à la coexistence des uns et des autres. Et fort souvent, la transgression de la règle résulte d&#8217;un compromis. La France, à l&#8217;inverse, n&#8217;aime pas le compromis. Au moins dans l&#8217;imaginaire, il faut un vainqueur. Il s&#8217;ensuit d&#8217;ailleurs qu&#8217;une règle ne saurait véritablement être &laquo;&nbsp;<em>commune</em>&laquo;&nbsp;. D&#8217;une manière ou d&#8217;une autre, elle apparaît comme le produit ou l&#8217;instrument d&#8217;une personne ou d&#8217;une catégorie. Et la transgression collective est le produit d&#8217;une collection de justifications individuelles et contradictoires. Si, en Italie, l&#8217;incivisme n&#8217;exclut pas la civilité, en France, l&#8217;incivisme est le corollaire de l&#8217;incivilité.</p>
<p>Sans doute à cet égard ne faut-il pas contester à la France son titre de Patrie<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_8_6417" id="identifier_8_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et non pas &amp;laquo;&amp;nbsp;pays&amp;nbsp;&amp;raquo; des droits de l&amp;#8217;homme. La nuance tient &agrave; la notion d&amp;#8217;origine. Que les droits de l&amp;#8217;homme soient n&eacute;s sur le sol de France n&amp;#8217;est &mdash; au moins formellement &mdash; gu&egrave;re discutable. Que la France constitue l&amp;#8217;&Eacute;tat d&amp;#8217;&eacute;lection de ces m&ecirc;mes droits l&amp;#8217;est bien davantage.">9</a></sup> des droits de l&#8217;homme. Non pas parce qu&#8217;ils s&#8217;y trouvent respectés de toute part et de tout le monde, mais plutôt parce que chacun s&#8217;en estime créancier mal payé. C&#8217;est que, profondément je crois, le français aime le <em>privilège</em> et que rien ne ressemble davantage à un privilège qu&#8217;un droit<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_9_6417" id="identifier_9_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un droit subjectif, tel que les droits de l&amp;#8217;homme.">10</a></sup>. Du moins, lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de s&#8217;en prévaloir.</p>
<p>S&#8217;il y a un malentendu français, c&#8217;est au regard de la notion d&#8217;<em>égalité</em>. Car le français ne conçoit pas l&#8217;égalité autrement que comme une distribution de privilèges. Foison d&#8217;exemptions, Allocations multiples, pléthore de niches. On ne compte plus les dérogations à la loi commune. Celle-là même qui devrait assurer le traitement égal de tous<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_10_6417" id="identifier_10_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui explique, en passant, l&amp;#8217;ob&eacute;sit&eacute; de nos codes. La g&eacute;n&eacute;ralit&eacute; de la loi n&amp;#8217;appelle gu&egrave;re de pr&eacute;cision. En revanche, ciseler une exception suppose beaucoup de verbe.">11</a></sup>. Aussi bien s&#8217;explique-t-on sans mal que les réglementations les plus aveugles aux situations individuelles — tel que le code de la route, par exemple — soient si aisément transgressées. Et l&#8217;on ne se surprendra pas davantage que dans les classements internationaux des systèmes scolaires, la France se classe parmi les nations inégalitaires<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_11_6417" id="identifier_11_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour des raisons diff&eacute;rentes, le syst&egrave;me scolaire fran&ccedil;ais est le plus proche du syst&egrave;me am&eacute;ricain dans l&amp;#8217;appr&eacute;ciation de l&amp;#8217;in&eacute;galit&eacute;. Ce qui choque sans doute le pr&eacute;jug&eacute; national.">12</a></sup>. Il faut dire que toute règle d&#8217;uniformisation — comme la sectorisation — rencontre immédiatement des stratégies d&#8217;évitement et de reconstitution des privilèges par le truchement d&#8217;adresses de complaisance ou de cooptation occulte.</p>
<p>On peut sans doute se désoler d&#8217;une telle situation et regretter que la France ne fut pas l&#8217;Allemagne ou la Suède<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_12_6417" id="identifier_12_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ou pourquoi pas l&amp;#8217;Italie. Au moins, on boirait de bons vins &agrave; des prix d&eacute;cents dans les restaurants.">13</a></sup>, modèles de vertu civique, s&#8217;il en est. C&#8217;est d&#8217;ailleurs une tentation du juriste de salon<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_13_6417" id="identifier_13_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme votre serviteur.">14</a></sup>, car il voit dans le mépris du droit un peu du mépris à son endroit<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_14_6417" id="identifier_14_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui n&amp;#8217;est pas faux.">15</a></sup> ; et par conséquent, une forme d&#8217;atteinte à son honneur<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_15_6417" id="identifier_15_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La pulpe de l&amp;#8217;&acirc;me fran&ccedil;aise, selon Philipe d&amp;#8217;Iribarne.">16</a></sup>. Mais peut-être vaut-il mieux tenter de s&#8217;en accommoder pour tirer le meilleur de nos vices. Car il faut bien que chaque revers ait sa médaille<sup><a href="http://dinersroom.eu/6417/civisme-et-civilite-dans-la-france-du-xxie-siecle/#footnote_16_6417" id="identifier_16_6417" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&amp;#8217;est de bonne logique commutative.">17</a></sup>.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6417" class="footnote">Si l&#8217;on excepte <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20111215.FAP9013/la-condamnation-de-jacques-chirac-fait-reagir-la-classe-politique.html">celle</a> d&#8217;Éric Raoult, qui semble estimer que la qualité de délinquant est indépendante de la commission d&#8217;infractions.</li><li id="footnote_1_6417" class="footnote">A lire, si ce n&#8217;est déjà fait : <a href="http://www.amazon.fr/Droit-passion-droit-Sous-R%C3%A9publique/dp/2080801643">Droit et passion du droit sous la cinquième République</a>. Une façon comme une autre de découvrir Jean Carbonnier.</li><li id="footnote_2_6417" class="footnote">La passion des lois au siècle des lumières, in <em>Essais sur les lois</em>, J. Carbonnier, Defrénois 1979, p. 203. La deuxième édition de cet ouvrage est <a href="http://www.amazon.fr/Essais-sur-lois-2e-%C3%A9dition/dp/2856230253/ref=sr_1_1?s=books&amp;ie=UTF8&amp;qid=1324556950&amp;sr=1-1">toujours trouvable</a>. Et pour la bonne bouche, la phrase introductive : &laquo;&nbsp;Il y a une rue des Lois au cœur de Bruxelles et une impasse de la Loi dans un faubourg de Paris. On ne l&#8217;a pas fait exprès ; mais la clandestinité de l&#8217;hommage parisien se trouve refléter assez bien, en cette seconde moitié du XXe siècle, le peu d&#8217;enthousiasme des français pour leur législation&nbsp;&raquo;.</li><li id="footnote_3_6417" class="footnote">Mais ne pourrait-on soutenir que le protestantisme a trouvé un terrain d&#8217;accueil favorable là où le rapport à la règle des populations était plus rigoureux.</li><li id="footnote_4_6417" class="footnote">Telle que la circulation routière par exemple.</li><li id="footnote_5_6417" class="footnote">Voir trois voitures de front sur les routes départementales de Sicile n&#8217;est pas si rare.</li><li id="footnote_6_6417" class="footnote">Parfois parce qu&#8217;il n&#8217;y a pas de trottoir ou que celui-ci est envahi de véhicules garés.</li><li id="footnote_7_6417" class="footnote">Le conducteur italien ralentit lorsque le piéton s&#8217;engage sur la chaussée pour traverser. Et ce, même s&#8217;il n&#8217;existe pas de clous.</li><li id="footnote_8_6417" class="footnote">Et non pas &laquo;&nbsp;pays&nbsp;&raquo; des droits de l&#8217;homme. La nuance tient à la notion d&#8217;<em>origine</em>. Que les droits de l&#8217;homme soient nés sur le sol de France n&#8217;est — au moins formellement — guère discutable. Que la France constitue l&#8217;État d&#8217;élection de ces mêmes droits l&#8217;est bien davantage.</li><li id="footnote_9_6417" class="footnote">Un droit <em>subjectif</em>, tel que les droits de l&#8217;homme.</li><li id="footnote_10_6417" class="footnote">Ce qui explique, en passant, l&#8217;obésité de nos codes. La généralité de la loi n&#8217;appelle guère de précision. En revanche, ciseler une exception suppose beaucoup de verbe.</li><li id="footnote_11_6417" class="footnote">Pour des raisons différentes, le système scolaire français est le plus proche du système américain dans l&#8217;appréciation de l&#8217;inégalité. Ce qui choque sans doute le préjugé national.</li><li id="footnote_12_6417" class="footnote">Ou pourquoi pas l&#8217;Italie. Au moins, on boirait de bons vins à des prix décents dans les restaurants.</li><li id="footnote_13_6417" class="footnote">Comme votre serviteur.</li><li id="footnote_14_6417" class="footnote">Ce qui n&#8217;est pas faux.</li><li id="footnote_15_6417" class="footnote">La pulpe de l&#8217;âme française, <a href="http://www.amazon.fr/logique-lhonneur-entreprises-traditions-nationales/dp/2020207842">selon Philipe d&#8217;Iribarne</a>.</li><li id="footnote_16_6417" class="footnote">C&#8217;est de bonne logique commutative.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Autopsie d&#8217;une rumeur funèbre</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 17:35:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, on ne peut même plus dormir tranquille du sommeil éternel. Une rumeur court le web. Selon celle-ci, le Président Sarkozy aurait mis en scène le décès du policier blessé à Vitrolles de façon à pouvoir communiquer la nouvelle dans des circonstances opportunes. En clair, il aurait été fait silence sur la mort du serviteur des forces de l&#8217;ordre pour permettre au Président d&#8217;en faire l&#8217;annonce officielle quelques heures plus tard. L&#8217;affaire est délicate, mais elle ne sera pas difficile à confirmer. En effet, les dates et heures de la mort font l&#8217;objet d&#8217;une constatation officielle l&#8217;acte de décès, comme en dispose l&#8217;article 79 du Code civil. Par ailleurs, la constatation médicale de la mort répond à une série de conditions qui excluent les manipulations les plus grossières. Elles sont fixées aux articles R. 1232-1 et suivants du Code de la santé publique1. Il en ressort que le décès d&#8217;une personne sous assistance cardiaque et respiratoire résulte d&#8217;une destruction encéphalique irreversible. Ce que l&#8217;usage profane appelle la &#171;&#160;mort cérébrale&#171;&#160;. Autrement dit, la mort cérébrale est la mort médicalement constatée au sens du droit. A cet égard le prolongement artificiel de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, on ne peut même plus dormir tranquille du sommeil éternel.</p>
<p>Une rumeur court le web. <a href="http://www.plumedepresse.net/mort-du-policier-blesse-a-vitrolles-une-ignoble-manipulation-sarkozyste/#more-5993">Selon celle-ci</a>, le Président Sarkozy aurait mis en scène le décès du policier blessé à Vitrolles de façon à pouvoir communiquer la nouvelle dans des circonstances opportunes. En clair, il aurait été fait silence sur la mort du serviteur des forces de l&#8217;ordre pour permettre au Président d&#8217;en faire l&#8217;annonce officielle quelques heures plus tard. L&#8217;affaire est délicate, mais elle ne sera pas difficile à confirmer.</p>
<p>En effet, les dates et heures de la mort font l&#8217;objet d&#8217;une constatation officielle l&#8217;acte de décès, comme en dispose <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=77706D5046B0FC9703A71B42E9D55DD1.tpdjo14v_3?idArticle=LEGIARTI000024025785&amp;cidTexte=LEGITEXT000006070721&amp;dateTexte=20111209">l&#8217;article 79</a> du Code civil. Par ailleurs, la <em>constatation médicale</em> de la mort répond à une série de conditions qui excluent les manipulations les plus grossières. Elles sont fixées aux articles <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=31CD1CD9FECE4B17372CAEF87476BFE7.tpdjo14v_3?idSectionTA=LEGISCTA000006190246&amp;cidTexte=LEGITEXT000006072665&amp;dateTexte=20111209">R. 1232-1 et suivants</a> du Code de la santé publique<sup><a href="http://dinersroom.eu/6396/autopsie-dune-rumeur-funebre/#footnote_0_6396" id="identifier_0_6396" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ces r&egrave;gles ont &eacute;t&eacute; &eacute;tablies afin d&amp;#8217;organiser les pr&eacute;l&egrave;vements d&amp;#8217;organe, pour des raisons bien &eacute;videntes.">1</a></sup>. Il en ressort que le décès d&#8217;une personne sous assistance cardiaque et respiratoire résulte d&#8217;une <em>destruction encéphalique irreversible</em>. Ce que l&#8217;usage profane appelle la &laquo;&nbsp;<em>mort cérébrale</em>&laquo;&nbsp;. Autrement dit, la mort cérébrale est la mort médicalement constatée au sens du droit.</p>
<p>A cet égard le prolongement artificiel de certaines fonctions vitales est sans effet sur la date ou l&#8217;heure du décès qui doivent apparaître dans les actes de l&#8217;état civil. Ce prolongement est cependant nécessaire pour le prélèvement d&#8217;organes et n&#8217;a donc rien d&#8217;exceptionnel <em>en soi.</em> Mais il le deviendrait, il est vrai, s&#8217;il répondait à d&#8217;autres fins.</p>
<p>Rien n&#8217;empêche, me direz-vous, le médecin de différer l&#8217;heure de la constatation afin de satisfaire, disons, un éventuel caprice présidentiel.</p>
<p>Eh bien, si, le droit. Une déclaration inexacte constituerait un faux en écriture publique ou authentique. Et l&#8217;on doute que quiconque se risquerait à dix années d&#8217;emprisonnement<sup><a href="http://dinersroom.eu/6396/autopsie-dune-rumeur-funebre/#footnote_1_6396" id="identifier_1_6396" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ou quinze ans de r&eacute;clusion, si l&amp;#8217;on consid&egrave;re que le m&eacute;decin se trouve investi d&amp;#8217;une mission de service public.">2</a></sup> pour le bénéfice douteux de manœuvres tout de même difficiles à dissimuler. C&#8217;est que, figurez-vous, l&#8217;heure de la mort importe. Non point en raison d&#8217;une méticulosité administrative funèbre, mais pour permettre l&#8217;application de ce droit de damoclès qu&#8217;est la matière successorale. Pour quelques minutes de vie supplémentaire, des fortunes changent de main. Cela vaut bien que l&#8217;on s&#8217;en préoccupe<sup><a href="http://dinersroom.eu/6396/autopsie-dune-rumeur-funebre/#footnote_2_6396" id="identifier_2_6396" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En cas de d&eacute;c&egrave;s de coh&eacute;ritiers dans un accident commun, par exemple. Si p&egrave;re et fils d&eacute;c&egrave;dent, l&amp;#8217;ordre des d&eacute;c&egrave;s peut d&eacute;cider de la vocation successorale de la m&egrave;re. Elle est unique successeur de son enfant, s&amp;#8217;il a surv&eacute;cu &agrave; son p&egrave;re. Elle partage avec les parents de ce dernier dans l&amp;#8217;autre cas.">3</a></sup>.</p>
<p>Aussi bien, pourvu que ceux qui se sont saisi de l&#8217;affaire poursuivent leur enquête, il sera aisé de procéder aux vérifications idoines. Et chacun pourra à loisir juger de la délicatesse des différents protagonistes.</p>
<p>Un mot, cependant, sur la &laquo;&nbsp;<em>mascarade funèbre</em>&nbsp;&raquo; prêtée au chef de l&#8217;État.</p>
<p>L&#8217;affaire suscite l&#8217;intérêt car elle épouse volontiers l&#8217;idée que l&#8217;on forme sur le cynisme des politiques en général ; et du Président de la République en particulier. Une telle indélicatesse semble répondre au préjugé d&#8217;indécence et d&#8217;opportunisme froid que nous pouvons nourrir à leur endroit. Prêts à piétiner le caractère sacré de la mort pour une bénéfice électoral minuscule.</p>
<p>Il est certain que transiger avec la vérité du trépas manque de panache. Mais il est tout aussi certain que la conscription des défunts est un art de la politique. De Périclès à Malraux en passant par Bossuet et Lincoln, la tradition de l&#8217;oraison funèbre rappelle que les morts ne s&#8217;appartiennent plus tout à fait. Le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Soleil_vert_(film)">soleil vert</a> est d&#8217;abord une nourriture intellectuelle, morale et politique.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6396" class="footnote">Ces règles ont été établies afin d&#8217;organiser les prélèvements d&#8217;organe, pour des raisons bien évidentes.</li><li id="footnote_1_6396" class="footnote">Ou quinze ans de réclusion, si l&#8217;on considère que le médecin se trouve investi d&#8217;une mission de service public.</li><li id="footnote_2_6396" class="footnote">En cas de décès de cohéritiers dans un accident commun, par exemple. Si père et fils décèdent, l&#8217;ordre des décès peut décider de la vocation successorale de la mère. Elle est unique successeur de son enfant, s&#8217;il a survécu à son père. Elle partage avec les parents de ce dernier dans l&#8217;autre cas.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Les grandes vertus au service de la petite. La prostitution à l&#8217;assemblée nationale</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Dec 2011 13:30:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Débat public]]></category>
		<category><![CDATA[juridique]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[abolition]]></category>
		<category><![CDATA[égalité des sexes]]></category>
		<category><![CDATA[prostitution]]></category>
		<category><![CDATA[violences]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, il est rassurant que la crise financière et politique de l&#8217;Europe ne détourne pas les institutions des questions les plus essentielles. L&#8217;assemblée examine ce jour un projet de résolution réaffirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution qu&#8217;il sera bien difficile de ne point voter, sauf à passer pour un réactionnaire phallocrate. Une résolution est un texte destiné à exprimer une position d&#8217;ordre politique ou éthique. Il ne présente aucun caractère contraignant1 et participe de ce que l&#8217;on appelle la soft law, ou &#160;&#187;droit mou&#171;&#160;, selon une traduction qui en dit beaucoup sur la considération dans laquelle la doctrine française tient ce genre de procédé. Il s&#8217;agit donc, comme le veut la meilleure tradition nationale, de proclamer à s&#8217;en briser les cordes vocales avant d&#8217;aller s&#8217;émouvoir de sa propre grandeur à la buvette, assuré(e) que rien ne changera vraiment. Tout ceci, donc, n&#8217;est que théâtre. Le texte, cependant, mérite quelque attention, car il trahit un esprit brutal, imperméable au discernement et à la nuance. Et la fadeur inepte de la position adoptée est largement compensée par la bêtise outrancière de ses justifications. Ce qui n&#8217;est pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, il est rassurant que la crise financière et politique de l&#8217;Europe ne détourne pas les institutions des questions les plus essentielles.</p>
<p>L&#8217;assemblée examine ce jour un <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3522.asp">projet de résolution</a> <em>réaffirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution</em> qu&#8217;il sera bien difficile de ne point voter, sauf à passer pour un réactionnaire phallocrate.</p>
<p>Une <em><strong>résolution</strong></em> est un texte destiné à exprimer une position d&#8217;ordre politique ou éthique. Il ne présente <em>aucun caractère contraignant</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/6379/les-grandes-vertus-au-service-de-la-petite-la-prostitution-a-lassemblee-nationale/#footnote_0_6379" id="identifier_0_6379" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui ne signifie pas n&eacute;cessairement qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;aura aucun effet juridique. Ne serait-ce, par exemple, que pour &eacute;clairer le juge sur l&amp;#8217;interpr&eacute;tation de dispositions en vigueur, ou participer &agrave; la motivation d&amp;#8217;actes administratifs, tels que des mesures de police.">1</a></sup> et participe de ce que l&#8217;on appelle la <em>soft law</em>, ou &nbsp;&raquo;<em>droit mou</em>&laquo;&nbsp;, selon une traduction qui en dit beaucoup sur la considération dans laquelle la doctrine française tient ce genre de procédé. Il s&#8217;agit donc, comme le veut la meilleure tradition nationale, de proclamer à s&#8217;en briser les cordes vocales avant d&#8217;aller s&#8217;émouvoir de sa propre grandeur à la buvette, assuré(e) que rien ne changera vraiment.</p>
<p>Tout ceci, donc, n&#8217;est que théâtre.</p>
<p>Le texte, cependant, mérite quelque attention, car il trahit un esprit brutal, imperméable au discernement et à la nuance. Et la fadeur inepte de la position adoptée est largement compensée par la bêtise outrancière de ses justifications. Ce qui n&#8217;est pas nécessairement une surprise.</p>
<p>Trois arguments sont essentiellement avancés contre la pratique de la prostitution<sup><a href="http://dinersroom.eu/6379/les-grandes-vertus-au-service-de-la-petite-la-prostitution-a-lassemblee-nationale/#footnote_1_6379" id="identifier_1_6379" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ainsi r&eacute;sum&eacute; dans l&amp;#8217;&eacute;nonc&eacute; des motifs : &amp;laquo;&amp;nbsp;Comment ne pas voir que ces constats heurtent frontalement nos principes les plus fondamentaux&nbsp;: la non-patrimonialit&eacute; et l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; du corps humain ainsi que l&rsquo;&eacute;galit&eacute; entre les sexes et la lutte contre les violences de genre&nbsp;?&amp;nbsp;&amp;raquo;.">2</a></sup>.</p>
<p>1. La prostitution est contraire à l&#8217;<strong>égalité des hommes et des femmes</strong>.</p>
<p>2. La prostitution est une <strong>forme de violence</strong>.</p>
<p>3. La prostitution est une forme de <strong>patrimonialisation du corps humain</strong>.</p>
<p>Le <strong>premier argument</strong> repose sur une considération de fait :</p>
<blockquote><p><em>Considérant que la prostitution est exercée essentiellement par des femmes et que les clients sont en quasi-totalité des hommes, contrevenant ainsi au principe d’égalité entre les sexes.</em></p></blockquote>
<p>Ceci, démontres, selon les motifs,  la &laquo;&nbsp;<em>réalité sexuée de la prostitution</em>&laquo;&nbsp;. On veut bien en convenir. Mais en observant que la prostitution n&#8217;est pas la seule &laquo;&nbsp;réalité sexuée&nbsp;&raquo;, loin s&#8217;en faut. Il est des professions qui sont assurées quasi-exclusivement par les femmes<sup><a href="http://dinersroom.eu/6379/les-grandes-vertus-au-service-de-la-petite-la-prostitution-a-lassemblee-nationale/#footnote_2_6379" id="identifier_2_6379" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme aides-soignant, infirmier, ou assistant de direction.">3</a></sup> ; d&#8217;autres par des hommes. Certaines clientèlesencore, sont exclusivement masculines ou féminines.</p>
<p>Mais que faut-il en conclure du point de vue du droit ?</p>
<p>La lutte contre l&#8217;inégalité des sexes implique rarement de supprimer la réalité en cause. Imagine-t-on de lutter contre la sur-représentation des femmes parmi les infirmiers en supprimant les infirmiers ?</p>
<p>En réalité, la réponse la plus fréquente à ce genre de considération conduit à envisager des façon d&#8217;assurer une plus grande mixité. De sorte qu&#8217;en toute bonne logique, le constat d&#8217;une &laquo;&nbsp;réalité sexuée&nbsp;&raquo; devrait conduire le législateur à encourager le recours de femmes à la prostitution masculine et non pas en souhaiter la disparition.</p>
<p>Le <strong>second argument</strong> établit un lien entre la <strong>violence</strong> et la prostitution :</p>
<blockquote><p><em>Considérant que les agressions sexuelles, physiques et psychologiques qui accompagnent le plus souvent la prostitution portent une atteinte particulièrement grave à l’intégrité du corps des personnes prostituées.</em></p></blockquote>
<p>Passons sur le postulat paranormal selon lequel une agression psychologique peut entraîner une atteinte à l&#8217;intégrité du corps<sup><a href="http://dinersroom.eu/6379/les-grandes-vertus-au-service-de-la-petite-la-prostitution-a-lassemblee-nationale/#footnote_3_6379" id="identifier_3_6379" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je ne nie pas, cependant, que l&amp;#8217;id&eacute;e de la prostitution comme un entra&icirc;nement au c&ocirc;t&eacute; obscur de la Force pr&eacute;sente une forme de s&eacute;duction intellectuelle non n&eacute;gligeable.">4</a></sup> et intéressons-nous à l&#8217;argument sous-jacent : la prostitution est une activité risquée. Notez que malgré un certain louvoiement dans les motifs<sup><a href="http://dinersroom.eu/6379/les-grandes-vertus-au-service-de-la-petite-la-prostitution-a-lassemblee-nationale/#footnote_4_6379" id="identifier_4_6379" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&amp;laquo;&amp;nbsp;[R]ien ne fait obstacle &agrave; l&rsquo;objectif d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute;e de cette violence que constitue la prostitution.&amp;nbsp;&amp;raquo;">5</a></sup>, que la violence est présentée comme l&#8217;accessoire de la prostitution ; mais la prostitution n&#8217;est pas <strong>en elle-même</strong> une violence.</p>
<p>A cet argument de la violence <em>accessoire</em> — mais <em>contingente</em>— il est aisé de répondre que l&#8217;autorité publique a beau jeu de se défausser de ses obligations. Ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;il existe un risque de violence à l&#8217;occasion d&#8217;une activité quelconque, que cette activité doit être interdite. Lorsque le Gouvernement français a fait valoir que le travail de nuit des femmes accroissait le risque d&#8217;agression à leur égard, la Cour de justice de communautés européennes lui a sèchement répondu que la prévention des agressions pesait sur l&#8217;autorité publique et qu&#8217;il ne lui appartenait pas de s&#8217;en décharger par une atteinte aux droits des tiers<sup><a href="http://dinersroom.eu/6379/les-grandes-vertus-au-service-de-la-petite-la-prostitution-a-lassemblee-nationale/#footnote_5_6379" id="identifier_5_6379" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C.J.C.E., 25 juillet 1991, arr&ecirc;t C-345/89, STOECKEL : &amp;laquo;&amp;nbsp;En ce qui concerne les risques d&amp;#8217; agression, &agrave; supposer qu&amp;#8217; ils soient plus grands la nuit que le jour, des mesures appropri&eacute;es peuvent &ecirc;tre adopt&eacute;es pour y faire face sans porter atteinte au principe fondamental d&amp;#8217; &eacute;galit&eacute; de traitement entre hommes et femmes&amp;laquo;&amp;nbsp;.">6</a></sup>. Autrement dit, ce constat du risque de violence accessoire, devrait conduire les autorités à assurer un cadre plus sécurisant à l&#8217;activité de prostitution, et non à la rejeter dans une ignorance légale<sup><a href="http://dinersroom.eu/6379/les-grandes-vertus-au-service-de-la-petite-la-prostitution-a-lassemblee-nationale/#footnote_6_6379" id="identifier_6_6379" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voire la prohibition.">7</a></sup> propice à l&#8217;exacerbation de la fragilité des conditions. C&#8217;est pourtant la leçon qu&#8217;en tire la résolution en concluant grâce à un saut logique des plus périlleux que &laquo;&nbsp;<em>la prostitution ne saurait en aucun cas être assimilée à une activité professionnelle</em>&nbsp;&raquo;<sup><a href="http://dinersroom.eu/6379/les-grandes-vertus-au-service-de-la-petite-la-prostitution-a-lassemblee-nationale/#footnote_7_6379" id="identifier_7_6379" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je conc&egrave;de ici omettre l&amp;#8217;argument de la contrainte, mais faut-il vraiment rappeler que la libert&eacute; du travail suppose le droit de ne pas exercer une profession ? De sorte que la reconnaissance de la prostitution comme activit&eacute; professionnelle n&amp;#8217;aurait pas comme implication de l&eacute;gitimer les diverses contraintes et violences quoi peuvent s&amp;#8217;exercer sur les personnes qui l&amp;#8217;exercent.">8</a></sup>.</p>
<p>Allons enfin au troisième argument : celui de la <strong>patrimonialisation</strong> du corps humain.</p>
<blockquote><p><em>Considérant que la non patrimonialité du corps humain est l’un des principes cardinaux de notre droit et qu’il fait obstacle à ce que le corps humain soit considéré, en tant que tel, comme une source de profit.</em></p></blockquote>
<p>Il est des circonstances devant lesquelles l&#8217;âme humaine hésite, étirée de toute part par des sentiments fugitifs. Consternation, stupéfaction, hilarité ? Tout ensemble ?</p>
<p>Bien, pour le dire rapidement, la non patrimonialité du corps humain s&#8217;oppose à des actes qui auraient pour effet permettre l&#8217;établissement d&#8217;un <strong><em>droit de propriété</em></strong> sur le corps humain. On ne peut donc transférer la propriété de son corps ou de ses éléments. En revanche, il est tout à fait loisible d&#8217;en tirer profit par son <strong><em>exploitation</em></strong>, comme le font les sportifs, les mannequins et&#8230; tous ceux qui exercent leur force de travail de façon physique. Que l&#8217;exploitation du corps intéresse le sexe ou d&#8217;autres parties du corps humain est, de ce point de vue, tout à fait indifférent à la loi. Autrement dit, l&#8217;argument fondateur est d&#8217;une triste inanité. Il est cependant asséné avec la solennité des animateurs de fêtes foraines.</p>
<p>Et tout ceci pour quoi ?</p>
<p>Eh bien, après avoir laissé entendre que la prostitution constitue en elle-même une atteinte à la patrimonialité du corps humain, une violence faite aux femmes et une atteinte à l&#8217;égalité des sexes — rien que cela — la résolution se prononce pour&#8230; &laquo;&nbsp;<em>un changement progressif des mentalités et un patient travail de prévention, d’éducation et de responsabilisation des clients et de la société toute entière</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Oui, c&#8217;est cela la <em><strong>résolution</strong></em> en politique<sup><a href="http://dinersroom.eu/6379/les-grandes-vertus-au-service-de-la-petite-la-prostitution-a-lassemblee-nationale/#footnote_8_6379" id="identifier_8_6379" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et je passe sur &amp;laquo;&amp;nbsp;la notion de besoins sexuels irr&eacute;pressibles renvoie &agrave; une conception archa&iuml;que de la sexualit&eacute; qui ne saurait l&eacute;gitimer la prostitution, pas plus qu&rsquo;elle ne justifie le viol&amp;laquo;&amp;nbsp;, qui aurait m&eacute;rit&eacute; d&amp;#8217;&ecirc;tre &eacute;clair&eacute; par la question de la sexualit&eacute; des d&eacute;tenus, notamment au regard de la position de la Cour europ&eacute;enne des droits de l&amp;#8217;homme ne la mati&egrave;re.">9</a></sup>.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6379" class="footnote">Ce qui ne signifie pas nécessairement qu&#8217;il n&#8217;aura aucun effet juridique. Ne serait-ce, par exemple, que pour éclairer le juge sur l&#8217;interprétation de dispositions en vigueur, ou participer à la motivation d&#8217;actes administratifs, tels que des mesures de police.</li><li id="footnote_1_6379" class="footnote">Ainsi résumé dans l&#8217;énoncé des motifs : &laquo;&nbsp;Comment ne pas voir que ces constats heurtent frontalement nos principes les plus fondamentaux : la non-patrimonialité et l’intégrité du corps humain ainsi que l’égalité entre les sexes et la lutte contre les violences de genre ?&nbsp;&raquo;.</li><li id="footnote_2_6379" class="footnote">Comme aides-soignant, infirmier, ou assistant de direction.</li><li id="footnote_3_6379" class="footnote">Je ne nie pas, cependant, que l&#8217;idée de la prostitution comme un entraînement au côté obscur de la Force présente une forme de séduction intellectuelle non négligeable.</li><li id="footnote_4_6379" class="footnote">&laquo;&nbsp;[<em>R</em>]<em>ien ne fait obstacle à l’objectif d’une société libérée de cette violence que <strong>constitue</strong> la prostitution</em>.&nbsp;&raquo;</li><li id="footnote_5_6379" class="footnote">C.J.C.E., 25 juillet 1991, <a href="http://eur-lex.europa.eu/smartapi/cgi/sga_doc?smartapi!celexplus!prod!CELEXnumdoc&amp;lg=fr&amp;numdoc=61989CJ0345">arrêt C-345/89</a>, STOECKEL : &laquo;&nbsp;<em>En ce qui concerne les risques d&#8217; agression, à supposer qu&#8217; ils soient plus grands la nuit que le jour, des mesures appropriées peuvent être adoptées pour y faire face sans porter atteinte au principe fondamental d&#8217; égalité de traitement entre hommes et femmes</em>&laquo;&nbsp;.</li><li id="footnote_6_6379" class="footnote">Voire la prohibition.</li><li id="footnote_7_6379" class="footnote">Je concède ici omettre l&#8217;argument de la contrainte, mais faut-il vraiment rappeler que la liberté du travail suppose le droit de ne pas exercer une profession ? De sorte que la reconnaissance de la prostitution comme activité professionnelle n&#8217;aurait pas comme implication de légitimer les diverses contraintes et violences quoi peuvent s&#8217;exercer sur les personnes qui l&#8217;exercent.</li><li id="footnote_8_6379" class="footnote">Et je passe sur &laquo;&nbsp;<em>la notion de besoins sexuels irrépressibles renvoie à une conception archaïque de la sexualité qui ne saurait légitimer la prostitution, pas plus qu’elle ne justifie le viol</em>&laquo;&nbsp;, qui aurait mérité d&#8217;être éclairé par la question de la sexualité des détenus, notamment au regard de la position de la Cour européenne des droits de l&#8217;homme ne la matière.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Comptes et combines au Conseil constitutionnel</title>
		<link>http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Dec 2011 13:39:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<category><![CDATA[élection présidentielle 1995]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il a fallu que le gardien du temple se révélât apostat. On apprend de Jacques Robert, honorable professeur des facultés de droit et ancien membre du Conseil constitutionnel, comment les comptes de campagne de l&#8217;élection présidentielle de 1995 ont été amendés de façon à satisfaire aux exigences du droit. Et ce, au sein même de la haute institution. Il apparaît ainsi que les irrégularités ont été couvertes par les rapporteurs1 sous l&#8217;injonction du président d&#8217;alors. Sauf erreur de ma part, le sort de l&#8217;élection n&#8217;était pas alors en jeu. Car la seule sanction prévue étaient le refus du remboursement2. En revanche, la dignité du Conseil constitutionnel et la probité de ses membres s&#8217;en trouve atteinte. Non seulement au regard de l&#8217;éthique, mais également du droit. C&#8217;est que lesdits comptes ont été modifiés pour faire apparaître une position comptable erronée. Ce qui constitue un faux au sens de l&#8217;article 441-1 du Code pénal3. Mieux encore, ce faux porte sur une écriture publique, dans la mesure ou les comptes litigieux ont fait l&#8217;objet d&#8217;une publication officielle. Et ce faux encore, résulte des diligences de personnes chargées d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il a fallu que le gardien du temple se révélât apostat.</p>
<p>On <a href="http://www.leparisien.fr/faits-divers/jacques-robert-on-s-est-tous-dit-qu-il-se-fichait-de-nous-01-12-2011-1747309.php">apprend</a> de Jacques Robert, honorable professeur des facultés de droit et ancien membre du Conseil constitutionnel, comment les comptes de campagne de l&#8217;élection présidentielle de 1995 ont été amendés de façon à satisfaire aux exigences du droit. Et ce, au sein même de la haute institution. Il apparaît ainsi que les irrégularités ont été couvertes par les rapporteurs<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_0_6352" id="identifier_0_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui les avaient d&eacute;cel&eacute;es.">1</a></sup> sous l&#8217;injonction du président d&#8217;alors.</p>
<p>Sauf erreur de <a href="http://dinersroom.eu/5569/comment-lon-deshonore-une-republique/">ma part</a>, le sort de l&#8217;élection n&#8217;était pas alors en jeu. Car la seule sanction prévue étaient le refus du remboursement<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_1_6352" id="identifier_1_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&amp;#8217;est pourquoi je ne cesse de m&amp;#8217;&eacute;tonner qu&amp;#8217;un ancien membre du Conseil fasse valoir cet argument. Mais je ne demande qu&amp;#8217;&agrave; &ecirc;tre d&eacute;tromp&eacute; par un expert de la mati&egrave;re, s&amp;#8217;il s&amp;#8217;en trouve parmi mes bons lecteurs.">2</a></sup>. En revanche, la dignité du Conseil constitutionnel et la probité de ses membres s&#8217;en trouve atteinte. Non seulement au regard de l&#8217;éthique, mais également du droit.</p>
<p>C&#8217;est que lesdits comptes ont été modifiés pour faire apparaître une position comptable erronée. Ce qui constitue un <strong><em>faux</em></strong> au sens de l&#8217;article 441-1 du Code pénal<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_2_6352" id="identifier_2_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un faux intellectuel, dit-on, car il contient une constatation erron&eacute;e ; par opposition au faux mat&eacute;riel, qui r&eacute;sulte de l&amp;#8217;alt&eacute;ration physique d&amp;#8217;un document.">3</a></sup>. Mieux encore, ce faux porte sur une <em>écriture publique</em>, dans la mesure ou les comptes litigieux ont fait l&#8217;objet d&#8217;une publication officielle. Et ce faux encore, résulte des diligences de <em>personnes chargées d&#8217;une mission de service public</em>.</p>
<p>Prenez donc connaissance de l&#8217;article 441-4 du Code pénal :</p>
<blockquote><p>Le <strong>faux</strong> commis dans une <strong>écriture publique</strong> ou authentique ou dans un enregistrement ordonné par l&#8217;autorité publique est puni de dix ans d&#8217;emprisonnement et de 150000 euros d&#8217;amende.<br />
L&#8217;usage du faux mentionné à l&#8217;alinéa qui précède est puni des mêmes peines.<br />
Les peines sont portées à quinze ans de réclusion criminelle et à 225000 euros d&#8217;amende lorsque le faux ou l&#8217;usage de faux est commis par une personne dépositaire de l&#8217;autorité publique ou <strong>chargée d&#8217;une mission de service public</strong> agissant dans l&#8217;exercice de ses fonctions ou de sa mission.</p></blockquote>
<p>Vous avez bien lu. Les faits, tels qu&#8217;ils sont rapportés, ressortissent au crime de faux en écriture publique commis par une personne chargée d&#8217;une mission de service public et sont susceptibles d&#8217;entraîner une peine de réclusion de quinze années.</p>
<p>Une activité criminelle des membres du Conseil constitutionnel, voilà qui ne manque pas d&#8217;allure, convenons-en.</p>
<p>Sans doute les modifications ont-elles été réalisées par les rapporteurs<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_3_6352" id="identifier_3_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dont la loyaut&eacute; ne saurait se pr&eacute;valoir du commandement de l&amp;#8217;autorit&eacute; l&eacute;gitime.">4</a></sup>, mais sur ordre du président, ce qui caractérise au moins un acte de complicité. La situation des <em>membres</em> est, il est vrai, plus complexe. Dans la mesure où ils ont approuvé les comptes, ils se rendent coauteurs du faux. Mais ceux qui ont émis un vote négatif ne concourent pas à la commission de l&#8217;infraction. Tenus au secret des délibérations<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_4_6352" id="identifier_4_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui rel&egrave;ve, &agrave; mon sens de l&amp;#8217;article 226-13 du Code p&eacute;nal relatif au secret dit &amp;laquo;&amp;nbsp;professionnel&amp;nbsp;&amp;raquo;.">5</a></sup>, ils n&#8217;avaient pas à dénoncer l&#8217;infraction sur le point de se commettre<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_5_6352" id="identifier_5_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceci r&eacute;sulte &agrave; mon sens de l&amp;#8217;article 434-1 alin&eacute;a 3 qui d&eacute;charge les personnes tenues au secret professionnel de l&amp;#8217;obligation de d&eacute;nonciation de crime sur le point de se commettre. Par ailleurs, l&amp;#8217;article 40 du Code de proc&eacute;dure p&eacute;nale, qui fait obligation &agrave; toute &amp;laquo;&amp;nbsp;autorit&eacute; constitu&eacute;e&amp;nbsp;&amp;raquo; de d&eacute;noncer l&amp;#8217;infraction dont elle aurait connaissance dans l&amp;#8217;exercice de ses fonctions n&amp;#8217;admet pas de sanction p&eacute;nale.">6</a></sup>.</p>
<p>Sous cette réserve, on voudra bien convenir que le voile levé<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_6_6352" id="identifier_6_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au m&eacute;pris du secret des d&eacute;lib&eacute;ration, soit dit en passant.">7</a></sup> sur le fonctionnement du Conseil constitutionnel révèle un peu plus que des turpitudes. L&#8217;activisme manœuvrier du Président<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_7_6352" id="identifier_7_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dont la gloire f&ucirc;t sans doute la d&eacute;mission.">8</a></sup> et la passivité de ses autres membres ne donne pas une image très reluisante de l&#8217;institution. Or l&#8217;image de la Justice est au fondement de son pouvoir<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_8_6352" id="identifier_8_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui ne signifie pas qu&amp;#8217;il faut s&amp;#8217;asseoir dessus, mais au contraire, la polir.">9</a></sup>. &laquo;&nbsp;— <em>Not only must Justice be done; it must also be seen to be done</em>&laquo;&nbsp;, dit le juge britannique<em><strong>.</strong></em></p>
<p>Et le fait est que la justice rendue par le Conseil constitutionnel a parfois pu donner des raisons de douter de son impartialité ; ou tout du moins, de son imperméabilité à la contingence politique<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_9_6352" id="identifier_9_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En ce sens, notre ami Eolas dans son billet sur la derni&egrave;re d&eacute;cision Garde &agrave; vue.">10</a></sup>. Une critique jadis appuyée sur les modalités de son recrutement et qui trouve aujourd&#8217;hui le renfort d&#8217;un témoignage intestin.</p>
<p>Il sera difficile, je crois, de purger l&#8217;institution de ce soupçon qui n&#8217;est pas, en l&#8217;occurrence, un venin, mais une saine démangeaison.</p>
<p>La solution est connue : il suffit de limiter le pouvoir des politiques dans le processus de nomination des membres du Conseil<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_10_6352" id="identifier_10_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Selon diff&eacute;rentes modalit&eacute;s : soit que l&amp;#8217;on institue un droit de pr&eacute;sentation, soit que l&amp;#8217;on confie la nomination &agrave; une instance ind&eacute;pendante &mdash; au hasard, le CSM autrement compos&eacute;.">11</a></sup>. Mieux encore, d&#8217;assurer leur inamovibilité, comme tout juge indépendant qui se respecte.</p>
<p>La campagne de 2012 constitue à et égard une opportunité pour les candidats. Voilà une mesure peu couteuse et symbolique, qui parera d&#8217;une auguste vertu<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_11_6352" id="identifier_11_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Celle du d&eacute;mocrate exemplaire.">12</a></sup> celui qui croira bon la porter<sup><a href="http://dinersroom.eu/6352/comptes-et-combines-au-conseil-constitutionnel/#footnote_12_6352" id="identifier_12_6352" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par ailleurs, l&amp;#8217;indiff&eacute;rence conjugu&eacute;e des m&eacute;dias et des politiques pour ces questions techniques garantit &agrave; cette r&eacute;forme une chance raisonnable de succ&egrave;s.">13</a></sup>. Allez messieurs dames, un bon geste pour la République. C&#8217;est juste pour nourrir son état de droit et rester propre.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6352" class="footnote">Ceux-là même qui les avaient décelées.</li><li id="footnote_1_6352" class="footnote">C&#8217;est pourquoi je ne cesse de m&#8217;étonner qu&#8217;un ancien membre du Conseil fasse valoir cet argument. Mais je ne demande qu&#8217;à être détrompé par un expert de la matière, s&#8217;il s&#8217;en trouve parmi mes bons lecteurs.</li><li id="footnote_2_6352" class="footnote">Un faux <em>intellectuel</em>, dit-on, car il contient une constatation erronée ; par opposition au faux <em>matériel</em>, qui résulte de l&#8217;altération physique d&#8217;un document.</li><li id="footnote_3_6352" class="footnote">Dont la loyauté ne saurait se prévaloir du <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=A9C50A8C04A35F25CECB3643A4DF42D9.tpdjo03v_2?idArticle=LEGIARTI000006417216&amp;cidTexte=LEGITEXT000006070719&amp;dateTexte=20111102">commandement de l&#8217;autorité légitime</a>.</li><li id="footnote_4_6352" class="footnote">Qui relève, à mon sens de l&#8217;article <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=A9C50A8C04A35F25CECB3643A4DF42D9.tpdjo03v_2?idArticle=LEGIARTI000006417945&amp;cidTexte=LEGITEXT000006070719&amp;categorieLien=id&amp;dateTexte=20111201">226-13</a> du Code pénal relatif au secret dit &laquo;&nbsp;professionnel&nbsp;&raquo;.</li><li id="footnote_5_6352" class="footnote">Ceci résulte à mon sens de l&#8217;article 434-1 alinéa 3 qui décharge les personnes tenues au secret professionnel de l&#8217;obligation de dénonciation de crime sur le point de se commettre. Par ailleurs, l&#8217;article 40 du Code de procédure pénale, qui fait obligation à toute &laquo;&nbsp;autorité constituée&nbsp;&raquo; de dénoncer l&#8217;infraction dont elle aurait connaissance dans l&#8217;exercice de ses fonctions n&#8217;admet pas de sanction pénale.</li><li id="footnote_6_6352" class="footnote">Au mépris du secret des délibération, soit dit en passant.</li><li id="footnote_7_6352" class="footnote">Dont la gloire fût sans doute la démission.</li><li id="footnote_8_6352" class="footnote">Ce qui ne signifie pas qu&#8217;il faut s&#8217;asseoir dessus, mais au contraire, la polir.</li><li id="footnote_9_6352" class="footnote">En ce sens, notre ami Eolas dans <a href="http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/11/24/Garde-%C3%A0-vue-%3A-la-d%C3%A9mission-du-Conseil-Constitutionnel">son billet</a> sur la dernière décision Garde à vue.</li><li id="footnote_10_6352" class="footnote">Selon différentes modalités : soit que l&#8217;on institue un droit de présentation, soit que l&#8217;on confie la nomination à une instance indépendante — au hasard, le CSM autrement composé.</li><li id="footnote_11_6352" class="footnote">Celle du démocrate exemplaire.</li><li id="footnote_12_6352" class="footnote">Par ailleurs, l&#8217;indifférence conjuguée des médias et des politiques pour ces questions techniques garantit à cette réforme une chance raisonnable de succès.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Chronique Julienne n° 3 &#8211; La Horde du Contrevent</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Aug 2011 07:22:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Horde du Contrevent, d&#8217;Alain Damasio Par Spurina Voilà un livre qui va déplacer de l&#8217;air, et qui va faire autant de bruit que la tempête de la Saint Etienne en 1999, au minimum. Parce que l&#8217;ouvrage a reçu un Grand Prix de l&#8217;Imaginaire 2006 pas volé du tout (ce qui a du hâter sa sortie toute récente en poche par la même occasion). Alain Damasio déclarait dans une brochure publicitaire récente qu&#8217;il avait été impressionné par un texte entièrement basé sur un élément, appelé La Pluie, de R. Bradbury. Et c&#8217;est cette idée qu&#8217;il a reprise. Le vent est donc le personnage principal de ce roman, il est à l&#8217;origine de tout, il sert à tout, il exprime tout. Quelques mots sur l&#8217;histoire, plutôt originale à mon sens. On suit un groupe d&#8217;une vingtaine de personnes qui chemine à pied, toujours contre le vent, sur une bande de terre assez étroite. Leur but est d&#8217;arriver en Extrême-Amont, là où le vent est sensé prendre sa source, mais selon un code strict. Ils sont partis, après une rude formation, du point le plus éloigné de ce but (l&#8217;Extrême-Aval) il y a plus de vingt ans, et font suite à 33 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La Horde du Contrevent, d&#8217;Alain Damasio</strong></p>
<p>Par Spurina</p>
<p>Voilà un livre qui va déplacer de l&#8217;air, et qui va faire autant de bruit que la tempête de la Saint Etienne en 1999, au minimum. Parce que l&#8217;ouvrage a reçu un Grand Prix de l&#8217;Imaginaire 2006 pas volé du tout (ce qui a du hâter sa sortie toute récente en poche par la même occasion).</p>
<p>Alain Damasio déclarait dans une brochure publicitaire récente qu&#8217;il avait été impressionné par un texte entièrement basé sur un élément, appelé La Pluie, de R. Bradbury. Et c&#8217;est cette idée qu&#8217;il a reprise. Le vent est donc le personnage principal de ce roman, il est à l&#8217;origine de tout, il sert à tout, il exprime tout.</p>
<p>Quelques mots sur l&#8217;histoire, plutôt originale à mon sens. On suit un groupe d&#8217;une vingtaine de personnes qui chemine à pied, toujours contre le vent, sur une bande de terre assez étroite. Leur but est d&#8217;arriver en Extrême-Amont, là où le vent est sensé prendre sa source, mais selon un code strict. Ils sont partis, après une rude formation, du point le plus éloigné de ce but (l&#8217;Extrême-Aval) il y a plus de vingt ans, et font suite à 33 équipes du même genre qui se sont succédées depuis 700 ans, qui ont toutes échoué. Et le Contre, cette marche au long-cours, n&#8217;est pas exempt de dangers, celui du vent (et de ses diverses formes) en premier lieu mais aussi certains lieux, les chrones aux pouvoirs étranges et les rencontres.</p>
<p>La suite ici : http://casalibri.blog.fr/2007/06/05/la_horde_du_contrevent~2400173/</p>
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		<title>Chronique julienne n° 2 &#8211; Warbreaker</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Aug 2011 07:22:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Fantasy]]></category>
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		<description><![CDATA[Warbreaker, de Brandon Sanderson Par Maxime CABON Roman de Fantaisie en un tome, Warbreaker propose un schéma classique de la Fantaisie avec un monde ayant un système politique propre, un univers magique, qui me semble, original et une intrigue bien menée. Mais ne parlons pas de l&#8217;histoire, parlons du livre et de l&#8217;auteur: En effet celui-ci a eu une idée un peu folle, il a publié gratuitement le livre sur son bloque en version PDF, ainsi que les vertion antérieur, ce qui permet de suivre la création du livre. Brandon Sanderson est l&#8217;auteur qui continue et conclue la série &#171;&#160;la roue du temps&#160;&#187; &#8211; que je n&#8217;ose pas présenter je pense que la série est a un niveau presque similaire au trône de fer-. Problème majeur : le texte est en anglais&#8230; Mais d&#8217;un autre côté pas de panique, si vous  pouvez justement profiter de l’opportunité qui est offerte pour vous lancé. Car si je partage l&#8217;avis de notre hôte quand aux qualités analytique que certaines oeuvres de &#171;&#160;genre&#160;&#187; celles-ci ont en général une lacune le niveau de la langue est assez limité, ce qui implique une plus grande facilité pour le lecteur débutant. Voilà j&#8217;en fini avec ma présentation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Warbreaker, de Brandon Sanderson</strong></p>
<p>Par Maxime CABON</p>
<p>Roman de Fantaisie en un tome, Warbreaker propose un schéma classique de la Fantaisie avec un monde ayant un système politique propre, un univers magique, qui me semble, original et une intrigue bien menée.<br />
Mais ne parlons pas de l&#8217;histoire, parlons du livre et de l&#8217;auteur: En effet celui-ci a eu une idée un peu folle, il a publié gratuitement le livre <a href="(http://www.brandonsanderson.com/index.php) ">sur son bloque</a> en version PDF, ainsi que les vertion antérieur, ce qui permet de suivre la création du livre.</p>
<p>Brandon Sanderson est l&#8217;auteur qui continue et conclue la série &laquo;&nbsp;la roue du temps&nbsp;&raquo; &#8211; que je n&#8217;ose pas présenter je pense que la série est a un niveau presque similaire au trône de fer-.</p>
<p>Problème majeur : le texte est en anglais&#8230; Mais d&#8217;un autre côté pas de panique, si vous  pouvez justement profiter de l’opportunité qui est offerte pour vous lancé. Car si je partage l&#8217;avis de notre hôte quand aux qualités analytique que certaines oeuvres de &laquo;&nbsp;genre&nbsp;&raquo; celles-ci ont en général une lacune le niveau de la langue est assez limité, ce qui implique une plus grande facilité pour le lecteur débutant.</p>
<p>Voilà j&#8217;en fini avec ma présentation qui n&#8217;en est pas réellement une, mais j&#8217;espère que la curiosité et le fait que je redonne l&#8217;adresse du blogue: <a href="http://www.brandonsanderson.com/index.php">http://www.brandonsanderson.com/index.php</a> fera le reste.</p>
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		<title>Chronique Julienne n° 1 &#8211; Chung Kuo</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Aug 2011 07:22:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Chung Kuo, de David Wingrove Par Kemmei Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, il est important que la science-fiction associe au plaisir du voyage quelques opportunités de réflexion. A ce titre, la saga de David Wingrove « Chung Kuo » mérite pleinement d’être comparée à deux chefs d’œuvres du genre, «Dune » de Frank Herbert et « Fondation » d’Isaac Asimov. « Imagine a collaboration between James Clavell and Frank Herbert » (San Francisco Chronicle) Chung Kuo c’est la Terre du XXIIème siècle, un monde de quarante milliards d’habitants où les hommes vivent dans sept cités grandes comme des continents. Statut et situation géographique sont intimement liés dans ces villes hautes de trois cent niveaux, des bas-fonds peuplés de criminels jusqu’aux demeures  luxueuses habités par les familles nobles. Du haut de leurs palais et au sommet de l’ordre social se tiennent les dirigeants tous puissants de la planète, les sept T’angs. Depuis que Zao Chun a unifié l’humanité par la force des armes, ils veillent avec sagesse et bienveillance à maintenir la stabilité et la sécurité. Les solides traditions liées au culte des Dieux, au respect des ancêtres et au rôle de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Chung Kuo, de David Wingrove</strong></p>
<p>Par Kemmei</p>
<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, il est important que la science-fiction associe au plaisir du voyage quelques opportunités de réflexion. A ce titre, la saga de David Wingrove « Chung Kuo » mérite pleinement d’être comparée à deux chefs d’œuvres du genre, «Dune » de Frank Herbert et « Fondation » d’Isaac Asimov.</p>
<p>« Imagine a collaboration between James Clavell and Frank Herbert » (San Francisco Chronicle)</p>
<p>Chung Kuo c’est la Terre du XXIIème siècle, un monde de quarante milliards d’habitants où les hommes vivent dans sept cités grandes comme des continents. Statut et situation géographique sont intimement liés dans ces villes hautes de trois cent niveaux, des bas-fonds peuplés de criminels jusqu’aux demeures  luxueuses habités par les familles nobles. Du haut de leurs palais et au sommet de l’ordre social se tiennent les dirigeants tous puissants de la planète, les sept T’angs. Depuis que Zao Chun a unifié l’humanité par la force des armes, ils veillent avec sagesse et bienveillance à maintenir la stabilité et la sécurité. Les solides traditions liées au culte des Dieux, au respect des ancêtres et au rôle de la famille cimentent la société, tandis qu’une police omniprésente à la loyauté indéfectible veille au respect de l’Histoire officielle et de l’Edit contrôlant la technologie.</p>
<p>Mais le statu quo est de plus en plus difficile à maintenir, et des tempêtes soufflent sur Chung Kuo. Les industriels Hung Mao ne se contentent plus de leur pouvoir sur l’économie et demandent l’abolition des restrictions techniques. Des groupes idéalistes plus ou moins pacifiques dénoncent la corruption du régime et exigent plus de libertés et de justice. La révolte gronde dans les colonies martiennes. La surpopulation exacerbe les tensions sociales. Les conflits politiques dégénèrent rapidement en guerre ouverte, assassinats et actes terroristes se multiplient. Le chaos menace l’unité et peut-être même la survie de l’humanité. Confrontés à des ennemis insaisissables, divisés à leur tour, les T’angs sauront-ils arrêter la roue du changement ?</p>
<p>Maitre du monde ou homme-bête, ministre ou ouvrier, agent secret ou terroriste, artiste ou scientifique, les acteurs sont aussi ceux qui racontent l’histoire. La multiplicité des points de vue dépeint un tableau vivant et détaillé de ce monde-univers aux mille facettes. Echappant largement au manichéisme, les personnages suscitent facilement l’empathie ou la fascination du lecteur, d’autant plus qu’il les voit évoluer durant plusieurs décennies – du moins quand ils ne meurent pas au bout de quelques pages. A la manière d’A Song of Ice and Fire (George R.R. Martin), Chung Kuo est une toile tissée et enrichie par les destins et aventures individuelles de ses héros.</p>
<p>Passions, pouvoir, loyauté, guerre, art, technologies… Les plus grands enjeux de l’histoire humaine comme les petits drames du quotidien se rejoignent et se complètent pour former une fresque tragique et ironique. L’intrigue est développée sur des milliers de pages dans un style à la fois simple et fourmillant de détails, lieux et personnages dansant le ballet de leurs destinées au bord du gouffre sans jamais y tomber. Le souffle épique qui balaye toute la saga et un suspense parfaitement maitrisé font de Chung Kuo une série extrêmement addictive, qui transporte le lecteur d’émerveillement en surprises, malgré la dureté du monde et le tragique des évènements décrits.</p>
<p>De par l’immensité de son univers, le nombre des personnages, les multiples trames narratives et la force de son ambiance il est difficile de présenter Chung Kuo, comme il est compliqué de saisir en quelques mots du Seigneur des Anneaux (l’histoire d’un nain qui va jeter un anneau dans un volcan) de J.R. Tolkien. L’œuvre de David Wingrove n’en reste pas moins un « must have » pour l’amateur de science-fiction, unique en son genre et en sa richesse.</p>
<p>Post scriptum :</p>
<p>Un petit mot sur la disponibilité, qui est la seule faiblesse de cette saga et la seule explication rationnelle à son relatif manque de notoriété. L’édition originale en anglais comporte 8 volumes publiés chez First Edition entre 1989 et 1998 en grand format, puis plus tard en « poche ». La plupart peuvent être facilement achetés sur des sites de vente en ligne, même si le dernier est un peu plus rare.</p>
<p>1 &#8211; The Middle Kingdom (1989)<br />
2- The Broken Wheel (1990)<br />
3 &#8211; The White Mountain (1992)<br />
4 &#8211; The Stone Within (1993)<br />
5 &#8211; Beneath the Tree of Heaven (1994)<br />
6 &#8211; White Moon, Red Dragon (1994)<br />
7 &#8211; Days of Bitter Strength (1997)<br />
8 &#8211; The Marriage of the Living Dark (1999)</p>
<p>Une « préquelle » en deux volumes et en anglais est attendue pour novembre 2011, elle constituera le lancement d’une réédition entièrement révisée de la série par Corvus / Atlantic Books, redécoupée en 20 volumes (incluant les deux précités) et dont la fin aura été entièrement réécrite. En effet, The Marriage of the Living Dark, écrit sous pression et en un volume au lieu des deux prévus, a été jugé insatisfaisant par l’auteur lui-même.</p>
<p>Le premier volume (« L&#8217;Empire du milieu ») a été traduit en français et publié aux éditions Florent Massot en 2002, sans suite. Une nouvelle édition en français a (enfin !) vu le jour aux éditions de L&#8217;Atalante, sous le titre « Zhongguo ». Les trois premiers tomes traduits sont sortis entre 2007 et 2009 et disponibles dans toutes les librairies dignes de ce nom.</p>
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		<title>Les chroniques juliennes</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Aug 2011 19:44:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<category><![CDATA[thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, qui se ressemble s&#8217;assemble. Et c&#8217;est tant mieux. Non que je rechigne au métissage et autres divertissements de cet ordre, mais enfin, convenez qu&#8217;il est plus aisé de passer outre le sillon que le cañon. Au reste, on ne jouit jamais tant des différences qu&#8217;elles sont étiques et rares. Tout ceci pour dire que l’inclination se transmet d&#8217;autant mieux que l&#8217;on partage des goûts. Aussi bien tiens-je que la communauté de lecteurs de Diner&#8217;s Room, dans toute sa diversité, trouvera intérêt à découvrir les minuscules trésors que chacun voudra bien faire luire auprès des autres. Mais allons au fait. Je n&#8217;en ai pas fait l&#8217;article jusques ici, mais je confesse une inclination pour la littérature, dite, de genre. En particulier la science fiction. Mais aussi la fantasy et le thriller. Je ne suis d&#8217;ailleurs pas loin d&#8217;estimer que les contributions les plus stimulantes à la compréhension de notre monde nichent davantage dans la science fiction et le policier que dans une littérature classique suffoquée par le cynisme et l&#8217;étroitesse. J&#8217;arrive cependant au bout de la plaine. Non que j&#8217;ai épuisé les rayonnages de la grande distribution [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, qui se ressemble s&#8217;assemble.</p>
<p>Et c&#8217;est tant mieux.</p>
<p>Non que je rechigne au métissage et autres divertissements de cet ordre, mais enfin, convenez qu&#8217;il est plus aisé de passer outre le sillon que le cañon. Au reste, on ne jouit jamais tant des différences qu&#8217;elles sont étiques et rares. Tout ceci pour dire que l’inclination se transmet d&#8217;autant mieux que l&#8217;on partage des goûts. Aussi bien tiens-je que la communauté de lecteurs de Diner&#8217;s Room, <em>dans toute sa diversité</em>, trouvera intérêt à découvrir les minuscules trésors que chacun voudra bien faire luire auprès des autres.</p>
<p>Mais allons au fait.</p>
<p>Je n&#8217;en ai pas fait l&#8217;article jusques ici, mais je confesse une inclination pour la littérature, dite, de <em>genre</em>. En particulier la science fiction. Mais aussi la <em>fantasy</em> et le <em>thriller</em>. Je ne suis d&#8217;ailleurs pas loin d&#8217;estimer que les contributions les plus stimulantes à la compréhension de notre monde nichent davantage dans la science fiction et le policier que dans une littérature classique suffoquée par le cynisme et l&#8217;étroitesse.</p>
<p>J&#8217;arrive cependant au bout de la plaine. Non que j&#8217;ai épuisé les rayonnages de la grande distribution culturelle, usuellement bien pourvus à cet égard, mais enfin, j&#8217;ai peu à peu fait le tour des chefs d&#8217;œuvres et des <em>best sellers</em>. De sorte que je me trouve désormais devant un océan de mystère parmi lesquels je ne sais que choisir<sup><a href="http://dinersroom.eu/6320/les-chroniques-juliennes/#footnote_0_6320" id="identifier_0_6320" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour faire bonne mesure, je dois avouer que le best selling m&amp;#8217;appara&icirc;t comme un crit&egrave;re difficile &agrave; suivre. Certes, Dennis Lehanne est tr&egrave;s lu. Mais Michael Connelly aussi. Et ce n&amp;#8217;est pas la m&ecirc;me semoule, si vous me permettez.">1</a></sup>.</p>
<p>D&#8217;où une idée&#8230;</p>
<p>&#8230; Qui n&#8217;est pas la mienne. Chez un ami proche, il est de tradition familiale de faire partager à intervalle régulier une découverte en science fiction et/ou <em>fantasy</em>. J&#8217;en ai profité par contagion et je vois de multiples avantages à étendre le procédé à notre petite communauté de visiteurs.</p>
<p>Bien sûr, il s&#8217;agit de donner envie à votre prochain de partager votre enthousiasme. Aussi bien, une petite chronique s&#8217;impose. Dites-nous donc le genre de la chose ; de quoi il est question ; ce qui est plaisant ; ce qui l&#8217;est moins. Comparez-le, rapprochez-le, distinguez-le d&#8217;œuvres connues. Faites-nous renifler l&#8217;ambiance et avertissez-nous de l&#8217;humeur du lecteur. Celle dans laquelle l&#8217;ouvrage le plongera. N&#8217;hésitez pas à être cruel ou dithyrambiques<sup><a href="http://dinersroom.eu/6320/les-chroniques-juliennes/#footnote_1_6320" id="identifier_1_6320" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Vous savez, comme l&amp;#8217;atmosph&egrave;re le fut, selon S&eacute;verine Ferrer, &agrave; la sortie des premiers candidats du Loft.">2</a></sup> A votre guise, pourvu que nous salivions. Soyons bon Panurge, nous serons de bons moutons.</p>
<p>Je publierai vos contributions — au gré de leur arrivée — sous forme de billet autonome, et vous goûterez au plaisir des commentaires. Rien n&#8217;égale la civilité d&#8217;un échange sur la qualité d&#8217;un polar ou d&#8217;une série d&#8217;<em>héroic fantasy</em> en 8 tomes de 1200 pages.</p>
<p>Une contrainte, cependant, si vous le voulez bien : il n&#8217;est nul besoin de chroniquer le cycle de Dune, les Robots ou Fondation. De même que Millenium, l&#8217;Assassin Royal ou le Trône de Fer. A ce point de notoriété, les trésors sont un peu démonétisés. Préférez des ouvrages plus originaux, connus des spécialistes mais peu du grand public.</p>
<p>Pour proposer une chronique, c&#8217;est simple. Publiez un commentaire sous ce billet, ou adressez-moi un courriel via le <a href="/contact/">formulaire de contact</a>.</p>
<p>D&#8217;avance, mille remerciements, et à vos claviers.</p>
<p>NB : Les trois premières chroniques me sont arrivées et son publiées ici : <a href="http://dinersroom.eu/6334/chronique-julienne-n%c2%b0-1-chung-kuo/">1</a>, <a href="http://dinersroom.eu/6337/chronique-julienne-n%c2%b0-2-warbreaker/">2</a>, <a href="http://dinersroom.eu/6331/chronique-julienne-n%c2%b0-3-la-horde-du-contrevent/">3</a>.</p>
<p>N&#8217;hésitez pas à les commenter et à poursuivre vos productions.</p>
<p>Sachez cependant que je me rend cette semaine dans un pays abandonné par la technologie où l&#8217;accès à Internet est intermittent et non garanti, de sorte que je ne pourrai probablement pas assurer le suivi de publication avant quelques jours.</p>
<p>&nbsp;</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6320" class="footnote">Pour faire bonne mesure, je dois avouer que le <em>best selling</em> m&#8217;apparaît comme un critère difficile à suivre. Certes, Dennis Lehanne est très lu. Mais Michael Connelly aussi. Et ce n&#8217;est pas la même semoule, si vous me permettez.</li><li id="footnote_1_6320" class="footnote">Vous savez, comme l&#8217;atmosphère le fut, selon Séverine Ferrer, à la sortie des premiers candidats du <em>Loft</em>.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Élections présidentielles de 2012. France, États Unis. It&#8217;s the economy, stupid.</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Aug 2011 13:32:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Débat public]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, la politique de la France ne se fait pas à la corbeille, que diable. Ce nonobstant, les perspective économiques ne sont guère brillantes. Et il est difficile de croire que celles-ci ne pèseront pas sur les élections qui se profilent en France et aux États-Unis. Pour le dire brutalement, il me semble que Barak Obama ne peut espérer de second mandat tandis que la situation du Président Sarkozy ne peut être sauvée que par ses concurrents. A lire les analystes, il apparaît que la croissance économique des prochains trimestre sera faible, dans le meilleur des cas. Et peut-être négative si tout ne va pas pour le mieux. Or, cela a été noté également, les gouvernements ne disposent plus guère d&#8217;option budgétaire pour stimuler l&#8217;activité économique en raison des tensions sur le marché monétaire. En clair, la France et les États Unis, parmi d&#8217;autres, ne peuvent aggraver la situation de leurs finances publiques en distribuant du pouvoir d&#8217;achat1, car les prêteurs le leur feraient payer trop cher en intérêts. On ne peut les blâmer : il a été autrefois beaucoup reproché aux banques américaines d&#8217;avoir prêté [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, la politique de la France ne se fait pas à la corbeille, que diable.</p>
<p>Ce nonobstant, les perspective économiques ne sont guère brillantes. Et il est difficile de croire que celles-ci ne pèseront pas sur les élections qui se profilent en France et aux États-Unis. Pour le dire brutalement, il me semble que Barak Obama ne peut espérer de second mandat tandis que la situation du Président Sarkozy ne peut être sauvée que par ses concurrents.</p>
<p>A lire les analystes, il apparaît que la croissance économique des prochains trimestre sera faible, dans le meilleur des cas. Et peut-être négative si tout ne va pas pour le mieux. Or, cela a été noté également, les gouvernements ne disposent plus guère d&#8217;option budgétaire pour stimuler l&#8217;activité économique en raison des tensions sur le marché monétaire. En clair, la France et les États Unis, parmi d&#8217;autres, ne peuvent aggraver la situation de leurs finances publiques en distribuant du pouvoir d&#8217;achat<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_0_6304" id="identifier_0_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ou des incitations fiscales aux entreprises.">1</a></sup>, car les prêteurs le leur feraient payer trop cher en intérêts. On ne peut les blâmer : il a été autrefois beaucoup reproché aux banques américaines d&#8217;avoir prêté à des emprunteurs insolvables<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_1_6304" id="identifier_1_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et l&amp;#8217;on reproche aujourd&amp;#8217;hui aux institutions financi&egrave;res d&amp;#8217;avoir beaucoup trop pr&ecirc;t&eacute; &agrave; l&amp;#8217;&Eacute;tat grec.">2</a></sup>. La situation des finances publiques est aujourd&#8217;hui telle que ceux qui la financent — vous, si vous avez des produits d&#8217;épargne &laquo;&nbsp;monétaire&nbsp;&raquo; — estiment qu&#8217;ils courent un <em>risque</em> de pas être remboursés en totalité<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_2_6304" id="identifier_2_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Soit par un d&eacute;faut, soit, plus sournoisement, mais aussi plus probablement, gr&acirc;ce &agrave; une inflation stimul&eacute;e.">3</a></sup>. Or, ce risque se paye d&#8217;un taux intérêt plus élevé. Ce qui aggrave le poids de la dette dans les finances publiques. C&#8217;est ainsi, estime-t-on, que les effets positifs d&#8217;une distribution de revenu dans l&#8217;économie sont largement compensés par les effets négatifs de ses coûts.</p>
<p>Dans ces circonstances, on doit attendre une période plus ou moins longue de médiocre activité économique, le temps que la situation des finances publiques — et privées — s&#8217;améliore. Durant cette période, l&#8217;emploi stagne<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_3_6304" id="identifier_3_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quand le ch&ocirc;mage n&amp;#8217;augmente pas.">4</a></sup>, de même que les revenus. Ce qui, l&#8217;on s&#8217;en doute, ne rend pas les dirigeants politiques populaires aux yeux des agents économiques touchés : en l&#8217;occurrence, ils seront très nombreux. Comme on l&#8217;a vu, de surcroît, les gouvernements ne peuvent pas répondre aux sollicitations dont ils font l&#8217;objet sans risque d&#8217;une dégradation immédiate des finances publiques. C&#8217;est pourquoi leur situation sera périlleuse en période électorale.</p>
<p>Commençons par Barak Obama. Élu <em>cum laude</em> et auréole au plus fort de la crise financière de 2008, le nouveau Président se présentait comme un dirigeant volontariste<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_4_6304" id="identifier_4_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Yes, we can) et de compromis. S&amp;#8217;il est parvenu &agrave; r&eacute;aliser une r&eacute;forme de la protection sociale ((Au reste, modeste.">5</a></sup>, il n&#8217;aura pas été capable, au terme de son mandat, de garantir la stabilité de l&#8217;économie américaine, non plus que celle de l&#8217;emploi. Or, il est un fait que les Présidents américains sont jugés prioritairement sur la situation économique des électeurs, nonobstant leur action ou leur inaction à cet égard.</p>
<p><em>It&#8217;s the economy, Stupid</em>. La brutalité de l&#8217;aphorisme trahit cependant un phénomène documenté dans l&#8217;histoire des élections américaines. L&#8217;électeur américain est politiquement sensible à son niveau de vie, et il a tendance à en faire le critère principal de son jugement. Il se trouve que l&#8217;atonie de l&#8217;activité économique américaine couplée avec la nécessité de désendettement des ménages<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_5_6304" id="identifier_5_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et une fiscalit&eacute; tendanciellement haussi&egrave;re.">6</a></sup> conduit une part de ceux-ci à une dégradation de leur revenu, et par conséquent, à une diminution de leur niveau de vie.</p>
<p>Si l&#8217;on ajoute à cela l&#8217;épisode de la négociation du plafond de la dette et la baisse de sa notation par <em>Standards &amp; Poors</em>, il est difficile de montrer que le Président Obama a démontré sa capacité de <em>leadership</em>. Non seulement les américains estimeront qu&#8217;il n&#8217;a été capable de sauver leur <em>jobs</em>, seront ils tentés de juger qu&#8217;il n&#8217;a pas démontré sa force morale et politique. Ce qui devrait normalement se payer. De fait, selon <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-srv/politics/polls/postpoll_080911.html">un sondage</a> du <em>Washington Post</em>, il perd la confiance de l&#8217;opinion en matière économique.</p>
<p>Certes, les Républicains obtiennent des scores moins élevés encore et le récent <em>imbroglio</em> du plafond de la dette leur coûte davantage qu&#8217;à Barak Obama. Pour autant, cette défiance ne vise pas à un Républicain identifié mais un ensemble de parlementaires, ce qui n&#8217;obère donc pas les chances du future candidat. Et surtout, la situation économique des États Unis ne semble pas devoir s&#8217;arranger dans les prochains trimestres. Dans cette configuration, nombreux seront ceux qui seront tentés par <em>the other guy</em>.</p>
<p>En France, j&#8217;ai cru jusques ici que le Président Sarkozy conservait des bonnes chances de réélection en raison, principalement, du poids de la sociologie électorale et de l&#8217;incapacité de la gauche à réaliser une synthèse majoritaire. Mais les choses pourraient changer si la situation de l&#8217;économie s&#8217;aggrave.</p>
<p>S&#8217;il est peu probable que le Président Sarkozy soit jugé sur l&#8217;apparition de la crise, on examinera en revanche les mesures qu&#8217;il a prises à cet égard. Or, le regard le plus naïf ne pourra qu&#8217;observer tout à la fois l&#8217;impuissance du Président et l&#8217;immodestie de ses engagements. Ce qui pose la question de sa <em>crédibilité</em> en la matière. L&#8217;entreprise de communication qui a voulu placer le Président en <em>leader</em> mondial lors de la crise de 2008 ne résistera sans doute pas au choc de l&#8217;année 2011. Montrer un capitaine au Gouvernail dans la tempête, c&#8217;est efficace. Montrer le même quand le bateau coule, ça l&#8217;est moins. Bref, la politique du <em>spin</em> pourrait peser plus, finalement, que les actes du Président.</p>
<p>Ajoutez à cela que dans une élection orientée sur les enjeux économiques, avec des exigences de <em>rigueur</em> et de <em>sérieux</em>, la présentation des chiffres pourrait être plus iconiques que la mise en scène du gouvernement du monde. Regardez donc celle de la croissance des déficits et de la dette publique dans une période ou la dette souveraine fait l&#8217;actualité<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_6_6304" id="identifier_6_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et elle continuera de la faire.">7</a></sup>. L&#8217;explosion depuis 2007 est patente. Voyez, en face, les recettes fiscales. On peut prévoir une série de chiffres destinés à montrer que la rupture promise a bel et bien conduit l&#8217;économie française devant ses difficultés du jour. Ce sera peut-être injuste, mais assez facile à argumenter. Bref, au lieu que de pouvoir faire valoir la nécessité de sa politique économique<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_7_6304" id="identifier_7_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&eacute;cessit&eacute; discutable, au demeurant. Surtout en mati&egrave;re fiscale.">8</a></sup>, le Président sera conduit à discuter de la gravité de ses conséquences.</p>
<p>Parallèlement, les entreprises de droitisation sécuritaire passeront alors comme des tentatives d&#8217;évitement opportuniste. Une façon d&#8217;obvier les véritables problèmes. Autant dire que si les tendances économiques se confirment, la rhétorique politique de Grenoble sera provisoirement paralysée.</p>
<p>De surcroît, les mesures économiques proposées en guise de cadeau de campagne seront examinées avec méfiance par les électeurs, qui, je le crois, seront plus sensibles à la rigueur du candidat qu&#8217;à des minauderies que l&#8217;on sait aujourd&#8217;hui dangereuses.</p>
<p>Alors, faut-il promettre la défaite au Président Sarkozy ?</p>
<p>Peut-être pas. Il peut espérer que le candidat de gauche apparaîtra suffisamment déraisonnable pour profiter de la comparaison. Ce qui n&#8217;est pas tout à fait impossible, quand on entend bruisser la révolte contre la &laquo;&nbsp;dictature des marchés&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Bref, pour le Président Sarkozy aussi, l&#8217;espoir est à gauche.<br />
</br><br />
</br></p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6304" class="footnote">Ou des incitations fiscales aux entreprises.</li><li id="footnote_1_6304" class="footnote">Et l&#8217;on reproche aujourd&#8217;hui aux institutions financières d&#8217;avoir beaucoup trop prêté à l&#8217;État grec.</li><li id="footnote_2_6304" class="footnote">Soit par un défaut, soit, plus sournoisement, mais aussi plus probablement, grâce à une inflation stimulée.</li><li id="footnote_3_6304" class="footnote">Quand le chômage n&#8217;augmente pas.</li><li id="footnote_4_6304" class="footnote">Yes, we can) et de compromis. S&#8217;il est parvenu à réaliser une réforme de la protection sociale ((Au reste, modeste.</li><li id="footnote_5_6304" class="footnote">Et une fiscalité tendanciellement haussière.</li><li id="footnote_6_6304" class="footnote">Et elle continuera de la faire.</li><li id="footnote_7_6304" class="footnote">Nécessité discutable, au demeurant. Surtout en matière fiscale.</li></ol>]]></content:encoded>
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