<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Diner’s Room &#187; Peuples et Elites</title>
	<atom:link href="http://dinersroom.eu/category/debat-public/peuples-et-elites/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://dinersroom.eu</link>
	<description>Work In progress</description>
	<lastBuildDate>Tue, 31 Jan 2012 22:47:23 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.2</generator>
		<item>
		<title>Reflet et représentation : la démocratie narcissique</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1594/reflet-et-representation-la-democratie-narcissique/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/1594/reflet-et-representation-la-democratie-narcissique/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 09 Dec 2006 14:57:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peuples et Elites]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://localhost/wordpress/?p=1594</guid>
		<description><![CDATA[<p>On me pardonnera, en fin de semaine, de surseoir à l'examen rigoureux du problème posé, pour jeter en vrac quelques intuitions mal dégrossies. Que la vertu des commentaires supplée mon incurie.</p> <p>Je vois partout aujourd'hui, avec noblesse ou sans noblesse, se poser la question de la représentation comme de reflet. Laissez-moi vous en donner quelques illustrations.</p> <p>On a regretté hier l'absence de présence des minorités visibles à la télévision. Et <a href="http://www.france5.fr/asi/008182/14/139621.cfm">on a regretté</a> plus récemment qu'il y en eu trop dans l'équipe nationale de football. Sur <a href="http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/thema/876714.html">Arte</a>, une soirée consacrée à la publicité commerciale s'intéressait à la représentation des femmes dans l'univers de la réclame. Antoine Garapon animait il y a peu une <a href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/bien_commun/fiche.php?diffusion_id=46579">émission</a> sur la <em>représentativité</em> sociale dans l'administration française. <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php?2006/11/30/277-republique-des-blogs-en-bref-des-femmes-et-l-udf-rime">Ici même</a> on a disputé sur le projet représentatif de Quitterie Delmas.</p> <p>Mais ce désir de faire de l'élite le <em>reflet</em> d'une population ressortit-elle à l'évidence&#160;?</p> <p>Peut-être pas.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On me pardonnera, en fin de semaine, de surseoir à l&#8217;examen rigoureux du problème posé, pour jeter en vrac quelques intuitions mal dégrossies. Que la vertu des commentaires supplée mon incurie.</p>
<p>Je vois partout aujourd&#8217;hui, avec noblesse ou sans noblesse, se poser la question de la représentation comme de reflet. Laissez-moi vous en donner quelques illustrations.</p>
<p>On a regretté hier l&#8217;absence de présence des minorités visibles à la télévision. Et <a href="http://www.france5.fr/asi/008182/14/139621.cfm">on a regretté</a> plus récemment qu&#8217;il y en eu trop dans l&#8217;équipe nationale de football. Sur <a href="http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/thema/876714.html">Arte</a>, une soirée consacrée à la publicité commerciale s&#8217;intéressait à la représentation des femmes dans l&#8217;univers de la réclame. Antoine Garapon animait il y a peu une <a href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/bien_commun/fiche.php?diffusion_id=46579">émission</a> sur la <em>représentativité</em> sociale dans l&#8217;administration française. <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php?2006/11/30/277-republique-des-blogs-en-bref-des-femmes-et-l-udf-rime">Ici même</a> on a disputé sur le projet représentatif de Quitterie Delmas.</p>
<p>Mais ce désir de faire de l&#8217;élite le <em>reflet</em> d&#8217;une population ressortit-elle à l&#8217;évidence&nbsp;?</p>
<p>Peut-être pas.</p>
<p><span id="more-1594"></span></p>
<ul>
<li><strong>La double fonction de la représentation</strong></li>
</ul>
<p>Pour poser le problème de façon brute, voyons ce qu&#8217;il en est en droit, ce qui, après tout, n&#8217;est pas une considération négligeable dans la matière politique.</p>
<p>La &laquo;&nbsp;<em>représentation</em>&nbsp;&raquo; donc, est polysémique. Cette polysémie nourrit les ambiguïtés.</p>
<p>1 &#8211; Il peut s&#8217;agir de l&#8217;action de <em>montrer</em> ou de <em>faire apparaître</em>. C&#8217;est une perspective <em>spectaculaire</em><sup>[<a href="#pnote-286-1" id="rev-pnote-286-1">1</a>]</sup></p>
<p>2 &#8211; Il peut s&#8217;agir encore<sup>[<a href="#pnote-286-2" id="rev-pnote-286-2">2</a>]</sup> de cette technique consistant à investir <em>autrui</em> du <em>pouvoir</em> d&#8217;agir au nom et pour le compte du mandant. Autrement dit, le représenté donne mandat au représentant d&#8217;exprimer sa volonté pour lui. Le représentant, donc, reçoit ses pouvoirs du représenté, et il défend ses intérêts.</p>
<p>C&#8217;est dans ce deuxième sens que la représentation politique trouve sa source<sup>[<a href="#pnote-286-3" id="rev-pnote-286-3">3</a>]</sup>. Le mandat politique, en effet, opère délégation de pouvoir aux représentants à fin de défendre les intérêts des représentés et d&#8217;exprimer leur volonté. Il n&#8217;y a là nulle considération d&#8217;image, sinon celle de montrer à autrui le <em>meilleur</em> de ceux qu&#8217;on représente<sup>[<a href="#pnote-286-4" id="rev-pnote-286-4">4</a>]</sup>. C&#8217;est ainsi que les députés représentent la Nation, qui est une, et n&#8217;a qu&#8217;une volonté. Les aspirations à la diversité ne sauraient trouver ici nulle assise.</p>
<p>Alors, d&#8217;où vient que le désir spectaculaire diffuse aujourd&#8217;hui si aisément dans le discours public. A ce point, peut-être, que son insatisfaction fleure le scandale. </p>
<ul>
<li><strong>Intérêt général et unité</strong></li>
</ul>
<p>C&#8217;est que l&#8217;on a a travaillé sur la notion d&#8217;intérêt général, ces dernières décennies. Sinon en France, du moins sous d&#8217;autres cieux.</p>
<p>En démocratie, l&#8217;intérêt de la Nation est identifié à l<em>&#8216;intérêt général</em>&nbsp;; autrement dit, c&#8217;est un intérêt collectif fait intérêt général. Vous ne voyez pas la différence, chers bons lecteurs&nbsp;?</p>
<p>Revenons en monarchie, pour quelques lignes. Le Roi a pour mission la défense de l&#8217;intérêt du Royaume. Cet intérêt est distinct de celui du peuple de France, des <em>nations</em> de France. Les lois de la couronne obligent le Roi. Il y a sans doute un forme d&#8217;identification entre le Roi et le Royaume, mais non pas entre le Roi et les populations qu&#8217;il régit. Et si le pouvoir dont il est investit lui vient de Dieu, ce n&#8217;est pas aux fins de satisfaire ses passions, mais de servir une réalisation plus haute que celle de ses sujets<sup>[<a href="#pnote-286-5" id="rev-pnote-286-5">5</a>]</sup>.</p>
<p>Ce n&#8217;est peut-être pas lors de la Révolution que la perspective change. Certes, le Roi souffre-t-il du soupçon de défendre les intérêts des classes aristocratiques au mépris du tiers état&nbsp;; mais la Révolution n&#8217;a pas pour objet de défendre les intérêts du peuple<sup>[<a href="#pnote-286-6" id="rev-pnote-286-6">6</a>]</sup>. Il s&#8217;agit de fonder à nouveau l<em>&#8216;intérêt général</em>. Celui-ci trouve sa source dans la <em>Nation</em><sup>[<a href="#pnote-286-7" id="rev-pnote-286-7">7</a>]</sup>. Et la Nation est <em>une</em>, depuis la fête de la fédération du 14 juillet 1790<sup>[<a href="#pnote-286-8" id="rev-pnote-286-8">8</a>]</sup>. </p>
<ul>
<li><strong>Intérêt général et pluralisme</strong></li>
</ul>
<p>Mais l&#8217;intérêt général, notion quelque peu mystique, souffre le doute. Celui-ci n&#8217;est-il pas accaparé par quelque classe&nbsp;? C&#8217;est la critique marxiste. Le soupçon, en France, ne porte pas sur l<em>&#8216;existence</em> de l&#8217;intérêt général, mais sur son dévoiement au profit de quelques uns.</p>
<p>Ailleurs, on s&#8217;avise que l&#8217;expression d&#8217;un intérêt <em>collectif</em> pourrait n&#8217;être pas si aisé. Dès lors que l&#8217;intérêt général est porté et défendu par des individus qui ont des aspirations particulières, on peut imaginer que la définition en sera colorée. La solution, sans doute, n&#8217;est pas de couper les têtes, mais d&#8217;assurer, par une <em>procédure convenable</em>, que chaque partie de la population puisse faire valoir ses intérêts égoïstes lors de l&#8217;élaboration du droit.</p>
<p>De là que l&#8217;on admette la constitution de lobbies. De là encore que l&#8217;on estime que les minorités doivent être représentées lors de ce processus<sup>[<a href="#pnote-286-9" id="rev-pnote-286-9">9</a>]</sup>. Car il est une chose que la procédure majoritaire n&#8217;assure pas, c&#8217;est l&#8217;expression des minorités. D&#8217;où le risque naturel que ces minorités soient opprimées, d&#8217;une façon ou d&#8217;une autre.</p>
<p>Ce que nous appelons &laquo;&nbsp;<em>diversité</em>&laquo;&nbsp;, et que l&#8217;on dit ailleurs &laquo;&nbsp;<em>pluralisme</em>&laquo;&nbsp;, n&#8217;a pas pour objet initial d&#8217;aligner l&#8217;identité des représentants sur les représentés, mais d&#8217;assurer que la définition d&#8217;un intérêt collectif n&#8217;ignorera pas les aspirations des minoritaires. C&#8217;est une perspective <em>fonctionnelle</em><sup>[<a href="#pnote-286-10" id="rev-pnote-286-10">10</a>]</sup> et <em>procédurale</em><sup>[<a href="#pnote-286-11" id="rev-pnote-286-11">11</a>]</sup>, non pas <em>spectaculaire</em>.</p>
<p>Il y a une différence fondamentale, cependant, avec la tradition française. Celle-ci veut voir dans l<em>&#8216;intérêt général</em> l&#8217;intérêt d&#8217;un être unique&nbsp;: la <em>Nation</em>. Et la Nation ne connaît pas la diversité. Pour admettre la diversité et le pluralisme, il faut concevoir l&#8217;intérêt général comme un intérêt collectif, objet, donc, de conflits,de contradictions, et de compromis<sup>[<a href="#pnote-286-12" id="rev-pnote-286-12">12</a>]</sup>.</p>
<p>Le paradoxe démocratique, donc, veut que la conception moniste de l&#8217;intérêt général à la française le cède devant les aspirations au pluralisme.</p>
<p>Celles-ci, cependant, recèlent un biais. </p>
<ul>
<li><strong>Le biais spectaculaire</strong></li>
</ul>
<p>Voilà que pour défendre l&#8217;intérêt des minoritaires, l&#8217;on ne trouve guère mieux que d&#8217;inviter les minoritaire à exprimer leur intérêt lors du processus démocratique. Il est nécessaire, donc, que les minoritaires soient présents parmi les représentants.</p>
<p>Bien, mais on ne trouvera guère d&#8217;individus aujourd&#8217;hui pour ne pas se reconnaître un intérêt spécifique. La liste des critères illicites de discrimination en fournira une première approximation. Et l&#8217;on peut encore penser à la surreprésentation de certaines catégories professionnelles, ou que sais-je. Les intérêts sont divers et contradictoires. Ce ne devrait pas surprendre.</p>
<p>Poussez l&#8217;analyse jusqu&#8217;à son terme. La seule représentation qui vaille est celle qui résulte d&#8217;une photographie de la population<sup>[<a href="#pnote-286-13" id="rev-pnote-286-13">13</a>]</sup>. Certes, mais ce n&#8217;est à ce point qu&#8217;une perspective spectaculaire. La population se montre à elle-même. La représentation est un <em>reflet</em>. Que l&#8217;on songe cependant que l&#8217;on abandonne une bonne part de la fonction représentative.</p>
<p>La représentation vise à projeter la volonté hors de soi. La représentation est hétérogène et hétérodoxe. La loi de la Nation est ma loi. Mais ma loi n&#8217;est pas celle de la nation.</p>
<p>La perspective spectaculaire, jadis, n&#8217;était pas absente. Mais elle était tournée vers ailleurs. Revenons à la constitution de 1791&nbsp;:</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;<em>La nation pourvoit à la <strong>splendeur du trône</strong> par une liste civile, dont le corps législatif déterminera la somme à chaque changement de règne pour toute la durée du règne.</em>&laquo;&nbsp;</p>
</blockquote>
<p>Splendeur du trône hier. Le peuple veut se voir dans une élévation symbolique, politique ou technique<sup>[<a href="#pnote-286-14" id="rev-pnote-286-14">14</a>]</sup>. On renifle aujourd&#8217;hui un goût pour sa propre sa propre splendeur. C&#8217;est un travers narcissique de la Nation.</p>
<p>Mais narcisse souffrit de l&#8217;amour de son reflet, et se noya en le voulant baiser. </p>
<p></p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-1" id="pnote-286-1">1</a>] Au sens propre.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-2" id="pnote-286-2">2</a>] Dans un sens &#8216;figuré&nbsp;&raquo; mais dominant dans la technique juridique.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-3" id="pnote-286-3">3</a>] Mais pas seulement. Les avocats ont pour <em>mission</em> de défendre les intérêts de leur client. Il n&#8217;y a aucune raison de penser qu&#8217;ils fusionnent avec eux.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-4" id="pnote-286-4">4</a>] De là, les &laquo;&nbsp;<em>frais de représentation</em>&nbsp;&raquo; de ces cadres ou dirigeants qui représentent les intérêts de leur firme. De là les ors de la République, dont on fait un usage parfois bien discutable, si j&#8217;en crois le canard enchaîné de la semaine.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-5" id="pnote-286-5">5</a>] A l&#8217;endroit du peuple, d&#8217;ailleurs, la perspective est spectaculaire. Le roi se montre, et montre les attributs du pouvoir, comme l&#8217;expose Pascal.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-6" id="pnote-286-6">6</a>] Voyez l&#8217;article premier du Titre III de la Constitution de 1791 : &laquo;&nbsp;<em>La souveraineté est une, indivisible, inaliénable et imprescriptible. Elle appartient à la nation ; aucune section du peuple, ni aucun individu, ne peut s&#8217;en attribuer l&#8217;exercice.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-7" id="pnote-286-7">7</a>]  Voyez l&#8217;article 2 du Titre III de la constitution de 1791 : &laquo;&nbsp;<em>La nation, <strong>de qui seule émanent tous les pouvoirs</strong>, ne peut les exercer que par délégation.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-8" id="pnote-286-8">8</a>] Que nous avons pris comme date de fête <em>nationale</em>.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-9" id="pnote-286-9">9</a>] Pour des développements plus étendus sur cette question, lisez donc cet <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php?2005/11/26/78-de-la-discrimination-positive-dite-a-l-americaine">ancien billet</a> sur la discrimination positive à l&#8217;américaine.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-10" id="pnote-286-10">10</a>] La fonction est de déterminer cet <em>intérêt général</em> qui est collectif.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-11" id="pnote-286-11">11</a>] Cette fonction est assurée par une procédure.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-12" id="pnote-286-12">12</a>] Voyez encore cet <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php?2005/11/26/78-de-la-discrimination-positive-dite-a-l-americaine">ancien billet</a> pour des développements plus conséquents.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-13" id="pnote-286-13">13</a>] La loi sur la parité en est une illustration flagrante</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-286-14" id="pnote-286-14">14</a>] Et l&#8217;on planta la bannière étoilée sur les cailloux lunaires.</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://dinersroom.eu/1594/reflet-et-representation-la-democratie-narcissique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La parrainage des candidatures, un discret nuage de paternalisme républicain</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1511/la-parainage-des-candidatures-un-discret-nuage-de-paternalisme-republicain/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/1511/la-parainage-des-candidatures-un-discret-nuage-de-paternalisme-republicain/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 Aug 2006 17:18:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peuples et Elites]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://localhost/wordpress/?p=1511</guid>
		<description><![CDATA[<p>Un sondage via internet livre ses <a href="http://fr.news.yahoo.com/060816/206/54igh.html">résultats</a>  - provisoires - sur l'audace de François Hollande&#160;: 49 % des répondants jugent avec défaveur la consigne donnée par le premier secrétaire de ne pas parrainer d'autre candidat que celui du parti socialiste. Mais 41 % l'approuvent.</p> <p>Parmi les soutiens argumentés, <a href="http://www.paxatagore.org/index.php?2006/08/06/709-la-bonne-censure-socialiste">Paxatagore</a> et <a href="http://hugues.blogs.com/commvat/2006/08/le_beurre_large.html">Hugues</a> estiment que le parti socialiste n'a pas à favoriser des candidatures qui lui sont hostiles idéologiquement et pratiquement, ce d'autant que celles-ci n'ont aucune chance de prospérer électoralement.</p> <p>Contre cette position, <a href="http://krysztoff.typepad.com/1984/">Krystoff</a> (<em>loci communi</em> oblige), dans un commentaire sous le billet de Hugues. Et je dois le concéder, moi-même.</p> <p>Brutalement&#160;: Le Parti socialiste utilise un instrument de la démocratie élective au profit d'intérêts strictement partisans. Passant, il tient les électeurs pour des imbéciles.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un sondage via internet livre ses <a href="http://fr.news.yahoo.com/060816/206/54igh.html">résultats</a>  &#8211; provisoires &#8211; sur l&#8217;audace de François Hollande&nbsp;: 49 % des répondants jugent avec défaveur la consigne donnée par le premier secrétaire de ne pas parrainer d&#8217;autre candidat que celui du parti socialiste. Mais 41 % l&#8217;approuvent.</p>
<p>Parmi les soutiens argumentés, <a href="http://www.paxatagore.org/index.php?2006/08/06/709-la-bonne-censure-socialiste">Paxatagore</a> et <a href="http://hugues.blogs.com/commvat/2006/08/le_beurre_large.html">Hugues</a> estiment que le parti socialiste n&#8217;a pas à favoriser des candidatures qui lui sont hostiles idéologiquement et pratiquement, ce d&#8217;autant que celles-ci n&#8217;ont aucune chance de prospérer électoralement.</p>
<p>Contre cette position, <a href="http://krysztoff.typepad.com/1984/">Krystoff</a> (<em>loci communi</em> oblige), dans un commentaire sous le billet de Hugues. Et je dois le concéder, moi-même.</p>
<p>Brutalement&nbsp;: Le Parti socialiste utilise un instrument de la démocratie élective au profit d&#8217;intérêts strictement partisans. Passant, il tient les électeurs pour des imbéciles.</p>
<p><span id="more-1511"></span></p>
<p>Plèbe stupide et sensible, par caprice, aux candidats les plus incertains. Et il est certain qu&#8217;il y a du caprice à refuser tout compromis&nbsp;; à chercher le candidat dont le discours colle absolument à ses attentes. Elles sont nombreuses et diverses. Autant d&#8217;attentes, autant de candidats.</p>
<p>Mais voyez la solution. Puisque le peuple est incapable de frustrer ses espérances, il convient de trouver les moyens de les restreindre. C&#8217;est une forme de paternalisme républicain, mais bien peu démocratique<sup>[<a href="#pnote-196-1" id="rev-pnote-196-1">1</a>]</sup>. On présuppose que les électeurs sont incapables de se déterminer en considération de l&#8217;intérêt général. En filigrane, tout de même, l&#8217;idée que le procès électoral est incapable de satisfaire à la défense de la <em>Res publica</em>.</p>
<p>Puisque les risques de la prolifération pèsent sur les socialistes, mieux à même s&#8217;assurer un gouvernement, il faut suppléer à l&#8217;incurie des électeurs et se préoccuper, en leur lieu et place, du sort du gouvernement.</p>
<p>Oui, mais&nbsp;:</p>
<blockquote><p><em>Si nous sommes soumis, la faute, cher Brutus,</em><br />
<em>N&#8217;est pas dans nos étoiles, mais elle est en nous-mêmes</em>.<sup>[<a href="#pnote-196-2" id="rev-pnote-196-2">2</a>]</sup></p>
</blockquote>
<p>Si les électeurs admettent de se voir mal gouvernés par un candidat issu de la gauche dite &laquo;&nbsp;<em>radicale</em>&laquo;&nbsp;, je ne vois guère pourquoi ils seraient privés de cette opportunité. Le principe de la démocratie n&#8217;est pas de faire émerger le gouvernement le plus efficace, mais celui qui répond au mieux aux attentes du peuple. Le <em>meilleur</em> gouvernement, en démocratie, n&#8217;est pas le meilleur <em>administrateur</em>, mais celui qui résulte des urnes<sup>[<a href="#pnote-196-3" id="rev-pnote-196-3">3</a>]</sup>.</p>
<p>Aussi bien décelai-je, peut-être avec un peu trop d&#8217;acuité, quelques ferments de tyrannie dans l&#8217;idée qu&#8217;un candidat doit être &laquo;&nbsp;<em>capable de gouverner</em>&laquo;&nbsp;<sup>[<a href="#pnote-196-4" id="rev-pnote-196-4">4</a>]</sup>. Et j&#8217;ajoute que la démocratie suppose que l&#8217;on puisse se voir gouverné par des incapables<sup>[<a href="#pnote-196-5" id="rev-pnote-196-5">5</a>]</sup>. A s&#8217;inquiéter des talents et compétences, on peut préférer, à tout prendre, s&#8217;intéresser aux membres du Conseil constitutionnel<sup>[<a href="#pnote-196-6" id="rev-pnote-196-6">6</a>]</sup>.</p>
<p>Frédéric Rolin, finalement, propose <a href="http://frederic-rolin.blogspirit.com/archive/2006/07/10/pour-une-reforme-du-regime-des-«-500-signatures-».html">une critique</a> du système actuel, et des instruments de réponse. Le problème ne résulte pas d&#8217;une procédure de sélection des candidats, mais des modalités de cette procédure. La confier exclusivement aux élus conduit à confire la classe politique dans un choix endogène. Mais il existe d&#8217;autres modalités de sélection qui autorisent des candidatures souhaitées par les électeurs, sans courir le risque des postures par trop fantaisistes.</p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-196-1" id="pnote-196-1">1</a>] La république a pour fin le bien commun ; la démocratie repose sur le choix du peuple.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-196-2" id="pnote-196-2">2</a>] Shakespeare, Jules César, I. 2. v. 141-142. trad. L. Lecocq.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-196-3" id="pnote-196-3">3</a>] La seule limite admissible est le respect des droits fondamentaux. Mais il ne me semble pas que le PS se soit inquiété de tels risques institutionnels ; du moins, si j&#8217;en juge par le projet qu&#8217;il présente.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-196-4" id="pnote-196-4">4</a>] Le terme est de <a href="http://www.paxatagore.org/index.php?2006/08/06/709-la-bonne-censure-socialiste">Paxatagore</a>, qui précise : &laquo;&nbsp;<em>Par capacité, j&#8217;entends simplement qu&#8217;ils ont derrière eux un staffs de gens pour former un gouvernement, des cabinets ministériels, mais aussi des élus.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-196-5" id="pnote-196-5">5</a>] Ce qui tendrait d&#8217;ailleurs parfois à élever le brevet de démocratie que l&#8217;on peut décerner à nos institutions.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-196-6" id="pnote-196-6">6</a>] Il y a au moins un membre qui n&#8217;est pas juriste de formation. Un seul membre est professeur des universités. Et il y a à peine trois docteurs, si je me souviens bien.</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://dinersroom.eu/1511/la-parainage-des-candidatures-un-discret-nuage-de-paternalisme-republicain/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>28</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>blogs et politique</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1372/blogs-et-politique/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/1372/blogs-et-politique/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 22 Sep 2005 11:45:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peuples et Elites]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://localhost/wordpress/?p=1372</guid>
		<description><![CDATA[<p>Alerté par <a href="http://vanb.typepad.com/versac/2005/09/quand_les_blogs.html">Versac</a>, je suis allé lire la <a href="http://www.liberation.fr/page.php?Article=324889">tribune que Philippe Jeanne</a> (responsable de la filière change Natexis Banques populaires) consacre à... disons... la fabrique de l'opinion politique à l'ère des blogs. <a href="http://publiusleuropeen.typepad.com/publius/2005/09/un_appel_au_peu.html">Publius</a> s'est efforcé d'en synthétiser l'essence, mais il n'est rien que de revenir au texte, pour juger de la pertinence du propos.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alerté par <a href="http://vanb.typepad.com/versac/2005/09/quand_les_blogs.html">Versac</a>, je suis allé lire la <a href="http://www.liberation.fr/page.php?Article=324889">tribune que Philippe Jeanne</a> (responsable de la filière change Natexis Banques populaires) consacre à&#8230; disons&#8230; la fabrique de l&#8217;opinion politique à l&#8217;ère des blogs. <a href="http://publiusleuropeen.typepad.com/publius/2005/09/un_appel_au_peu.html">Publius</a> s&#8217;est efforcé d&#8217;en synthétiser l&#8217;essence, mais il n&#8217;est rien que de revenir au texte, pour juger de la pertinence du propos.</p>
<p><span id="more-1372"></span></p>
<p>Voici ce que Ph. Jeanne écrit sur les blogs (je souligne)&nbsp;:</p>
<blockquote><p> <em>La <strong>mode</strong> est aux blogs, aux forums, qui permettent à chacun d&#8217;exprimer son avis et de piocher ce qui lui plaît dans les <strong>étalages d&#8217;opinion</strong> qui lui sont offerts. Une vraie mode en effet, qui frappe tous les secteurs, de la politique à l&#8217;économie, du social à l&#8217;humanitaire, de la science aux arts, et assouvit une aspiration à plus de liberté en offrant des choix nouveaux. Mais aussi en laissant croire que tout est possible, que l&#8217;on peut prendre ici ou là un article ou deux dont on se sent proche, d&#8217;une idéologie ou d&#8217;une théorie économique, en laissant les autres qui nous correspondent moins. Chacun se forge une croyance, puise ses sources à droite ou à gauche sans se soucier de la <strong>cohérence d&#8217;ensemble</strong>, encore moins du <strong>dogme</strong> qui la sous-tend. Le global ne paie plus, et l&#8217;on voit l&#8217;adhésion politique s&#8217;effriter, quand le détail prend le pas sur le général.</em></p>
</blockquote>
<p></p>
<ul>
<li>Première leçon&nbsp;: la mode est au blogs, aux forums</li>
</ul>
<p>J&#8217;ignore ce que Ph. Jeanne désigne par &laquo;&nbsp;mode&nbsp;&raquo;, mais il m&#8217;a toujours semblé que ce terme désignait un phénomène tout à la fois nouveau ou éphémère. Or, les forums, puis les blogs aujourd&#8217;hui, sont des instruments qui résultent, <em>in fine</em>, de l&#8217;exploitation des possibilités d&#8217;internet. Les uns et les autres supposent en effet que suffisamment de personnes y aient accès. S&#8217;il est vrai que la massification de l&#8217;accès à internet est, en France, récente, il est douteux qu&#8217;elle soit <em>éphémère</em>.</p>
<p>Par ailleurs, blogs et forums reposent sur la possibilité d&#8217;éditer un <em>contenu dynamique</em>. Techniquement, l&#8217;idée est qu&#8217;il est possible d&#8217;héberger des pages que d&#8217;autres modifieront. La publication suppose des procédés de validation du contenu plus ou moins élaborés. De l&#8217;absence de modération, à la modération <em>a priori</em>. C&#8217;est cette même méthode qui permet de construire la merveilleuse encyclopédie coopérative <a href="http://fr.wikipedia.org/">wikipedia</a>, sur laquelle on trouve chaque jour davantage de contenu scientifique accessible librement. On peut sans doute imaginer que forums et blog disparaissent, mais ce sera au profit d&#8217;autres contenus dynamiques, qui autoriseront et susciteront des comportements analogues.</p>
<ul>
<li>Deuxième leçon&nbsp;: l&#8217;étalage d&#8217;opinions</li>
</ul>
<p>Disons-le, les termes laissent interrogateurs. Par &laquo;&nbsp;<em>étalage</em>&laquo;&nbsp;, on appelle une référence au <em>commerce</em>, ce qui, en matière d&#8217;idée, est marqué d&#8217;un soupçon d&#8217;obscenité. A la lecture, on comprend du reste, que l&#8217;idée d&#8217;un marché libre des idées semble déplaire à Ph. Jeanne. Dans les pays anglo-saxons l&#8217;idée d&#8217;un &laquo;&nbsp;<em>market place of ideas</em>&nbsp;&raquo; a pourtant des résonances positives.</p>
<ul>
<li>Troisième leçon&nbsp;: l&#8217;incohérence</li>
</ul>
<p>L&#8217;indifférence à la cohérence apparaît à Ph. Jeanne comme la marque d&#8217;une offre politique inspirée par les blogs et forums. L&#8217;idée est que les politiques font leur marché parmi les idées qui semblent avoir un echo favorable sur les blog et forums (ou sont-ce les blog et forums eux-mêmes qui produisent une offre incohérente&nbsp;? Le texte n&#8217;est pas très clair). Toujours est-il que les discours politiques auxquels adhère l&#8217;opinion publique sont marqués par la multiplication de solutions <em>incohérentes</em>. Cette affirmation appelle deux observations.</p>
<p><em>En premier lieu</em>, rien n&#8217;assure que les blogs et forums aient fait naître ni avivé cette tendance. A la lecture des programmes politiques anciens, on est tenté de croire le contraire. Au vu des politiques menées, il est permis de penser que les gouvernants eux-mêmes n&#8217;ont pas toujours eu le souci de la cohérence. Peut-être est-il vrai cependant que les blogs et forums offrent aux observateurs de l&#8217;opinion publique une expression plus claire de cette incohérence. Mais, pour autant qu&#8217;il nous en souvienne, les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Communication">théories de la communication</a> ont montré que la formation d&#8217;une opinion par le <em>récepteur</em> n&#8217;est pas seulement indexée par la qualité du message de <em>l&#8217;émetteur</em>. En d&#8217;autres termes, dans un discours cohérent, le récepteur accorde plus de prix à l&#8217;information qui conforte ses préjugés qu&#8217;à celle qui les conteste&nbsp;; un fonctionnement que l&#8217;internet n&#8217;a pas modifié significativement, mais qu&#8217;il na pas davantage inventé.</p>
<p><em>En second lieu</em>, le comportement politique consummériste que Ph. Jeanne prête à l&#8217;émergence des blogs et forums peut également être attribué à l&#8217;apprentissage de l&#8217;opinion publique. Au cours du siècle dernier, en effet, celle-ci a eu de multiples occasions d&#8217;éprouver la cohérence des politiques menées, des discours politiques proposés, des engagement tenus et de ceux qui ne le furent pas. On peut juger que la rigidité du discours politique, son indifférence à la réalité, son ignorance du feed-back électoral, a bien davantage participé à éloigner l&#8217;opinion politique des sources traditionnelles que l&#8217;apparition de l&#8217;internet, qui n&#8217;a fait qu&#8217;offrir une alternative. Le succès de l&#8217;alternative fait preuve, en creux, de l&#8217;échec des modes traditionnels de formation de l&#8217;opinion publique.</p>
<p>
Ph. Jeanne écrit encore&nbsp;:</p>
<blockquote><p> <em>chacun pense quasiment pouvoir trouver on line sur le Net les remèdes adéquats&nbsp;! Dans un tel monde, prendre le risque d&#8217;avoir raison même en étant impopulaire est encore moins possible qu&#8217;avant, et le phénomène est donc encore amplifié par les hommes politiques qui, eux aussi, tentent de se mettre «dans le sens du vent», en surfant sur ce qui leur semble être l&#8217;idée du moment.</em></p>
</blockquote>
<p>
Dérechef, je confesse mon désaccord avec l&#8217;impossibilité de &laquo;&nbsp;<em>prendre le risque d&#8217;avoir raison</em>&laquo;&nbsp;. J&#8217;avais exposé dans <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php?2005/07/24/22-la-france-ingouvernable">ce billet</a> pourquoi, bien au contraire, le politique qui adopterait cette attitude pourrait en tirer un bénéfice important. Mais surtout, j&#8217;ajoute que la dénonciation des politiques qui <em>tentent de se mettre «dans le sens du vent»</em> laisse songeur. Il est tout à fait certain que dans une démocratie représentative, les politiques cherchent à conquérir le pouvoir. Disourir à l&#8217;infini sur des questions étrangères aux préoccupations des électeurs peut apparaître comme une stratégie quelque peu incertaine. Aussi, le propos de Ph. Jeanne n&#8217;est-il pas neuf, il s&#8217;en faut de beaucoup.</p>
<p>En revanche, l&#8217;apparition des blogs de politiques me semble témoigner, bien au contraire, d&#8217;un souci (peut-être encore timide) de faire une place à la discussion ouverte sur les projets politiques. Bien sûr, on y trouve à ce jour pour l&#8217;essentiel, des entreprises de promotion et de communication descendante. Mais l&#8217;évolution est notable. Ainsi, D. Strauss-Kahn s&#8217;est-il engagé dans un <a href="http://www.blogdsk.net/dsk/2005/08/pour_un_blog_se.html">billet récent</a> à conclure les discussions qu&#8217;il ouvrait sur son blog. La multiplication des réseaux de blogs suscite d&#8217;ailleurs une réactivité plus élevée des politiques, comme on peut le vérifier <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php?2005/09/08/38-jean-dionis-encore-la-fabrique-legislative-ii">ici</a> et <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php?2005/09/10/39-la-tva-de-dsk">là</a> (<em>autopromotion</em>).</p>
<p>Pour conclure enfin, on ne peut manquer de faire état de la multiplication de blogs à contenu scientifique ou technique élevé, ce que <a href="http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2005/09/05/182-encore-de-linformation-de-qualite">la presse ne garantit guère</a>. Il y a lieu de se réjouir que des <a href="http://frederic-rolin.blogspirit.com/">universitaires</a> ou <a href="http://www.becker-posner-blog.com/index.html">prix Nobel</a> permettent un accès aisé à leurs réflexions, toujours stimulantes. A tout prendre, on peut préférer la disponibilité de telles informations à la tradition éditorialiste à la française, percluse de généralités et d&#8217;indignations.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://dinersroom.eu/1372/blogs-et-politique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Jean Dionis encore (la fabrique législative II)</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1369/jean-dionis-encore-la-fabrique-legislative-ii/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/1369/jean-dionis-encore-la-fabrique-legislative-ii/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Sep 2005 20:08:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peuples et Elites]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://localhost/wordpress/?p=1369</guid>
		<description><![CDATA[Alors que Fred, le commentateur d&#8217;un billet récent, faisait observer que la réunion chez Microsoft sur la réforme de la loi sur les droits d&#8217;auteur avait disparu de l&#8217;agenda du député UDF au profit d&#8217;une réunion à l&#8217;Assemblée sur le même sujet, Le site Toolinux indique que ce même député a également été invité par la Fondation pour le logiciel libre. Comme on le faisait valoir précédemment, une réponse positive ne pourrait manquer de satisfaire qui croit au rôle positif des groupes de pression. Passant, cet agenda modifié (mais disponible en cache) semble intéresser quelques amateurs, ce qui montre que Jean Dionis n&#8217;a pas abandonné leur souvenir&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que <em>Fred,</em> le commentateur d&#8217;un <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php?2005/09/03/36-l-udf-chez-microsoft-de-la-fabrique-legislative#c88">billet récent</a>, faisait observer que la réunion chez Microsoft sur la réforme de la loi sur les droits d&#8217;auteur avait disparu de l&#8217;agenda du député UDF au profit d&#8217;une réunion à l&#8217;Assemblée sur le même sujet, Le site Toolinux <a href="http://www.toolinux.com/news/communique/fsf_invitation_de_jean_dionis_et_pierre_sirinelli_a_une_reunion_de_travail_sur_le_projet_de_loi_dadvsi_ar6629.html">indique</a> que ce même député a également été invité par la Fondation pour le logiciel libre.</p>
<p>Comme on le faisait valoir précédemment, une réponse positive ne pourrait manquer de satisfaire qui croit au rôle positif des groupes de pression.</p>
<p>Passant, cet agenda modifié (mais disponible en cache) semble intéresser quelques amateurs, ce qui montre que Jean Dionis n&#8217;a pas abandonné leur souvenir&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://dinersroom.eu/1369/jean-dionis-encore-la-fabrique-legislative-ii/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Jean Dionis chez Microsoft (du lobbying dans la fabrique législative)</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1367/l-udf-chez-microsoft-de-la-fabrique-legislative/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/1367/l-udf-chez-microsoft-de-la-fabrique-legislative/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 03 Sep 2005 02:31:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peuples et Elites]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://localhost/wordpress/?p=1367</guid>
		<description><![CDATA[<p>On sait que le lobbying participe à la fabrique de la loi. A titre personnel, je juge que les groupes de pression sont une bonne chose pour la démocratie (je m'en expliquerai plus tard, puisque j'imagine que cette assertion ne recueillera sans doute pas l'adhésion de beaucoup de lecteurs). Evidemment, cela ne signifie pas que le citoyen ne puisse être intéressé à la connaisance des pratiques de Lobbying, quelles qu'elles puissent être...</p> <p>Et précisément, le hasard a voulu que je tombe sur les lignes bien anodines d'un site non moins anodin&#160;: celui de <a href="http://www.jeandionis.com/sommaire.asp">Jean Dionis</a>, député UDF du Lot-et-Garonne. Ceux qui se rendront sur cette page pourront jeter un regard distrait à l'agenda de notre représentant national. Ils y verrons que ce dernier a le 14 septembre prochain une réunion de travail <em>chez Microsoft France</em> sur le Projet de loi relatif au droit d'auteur .</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On sait que le lobbying participe à la fabrique de la loi. A titre personnel, je juge que les groupes de pression sont une bonne chose pour la démocratie (je m&#8217;en expliquerai plus tard, puisque j&#8217;imagine que cette assertion ne recueillera sans doute pas l&#8217;adhésion de beaucoup de lecteurs). Evidemment, cela ne signifie pas que le citoyen ne puisse être intéressé à la connaisance des pratiques de Lobbying, quelles qu&#8217;elles puissent être&#8230;</p>
<p>Et précisément, le hasard a voulu que je tombe sur les lignes bien anodines d&#8217;un site non moins anodin&nbsp;: celui de <a href="http://www.jeandionis.com/sommaire.asp">Jean Dionis</a>, député UDF du Lot-et-Garonne. Ceux qui se rendront sur cette page pourront jeter un regard distrait à l&#8217;agenda de notre représentant national. Ils y verrons que ce dernier a le 14 septembre prochain une réunion de travail <em>chez Microsoft France</em> sur le Projet de loi relatif au droit d&#8217;auteur .</p>
<p><span id="more-1367"></span></p>
<p>Ce n&#8217;est pas tant, du reste, que l&#8217;intervention de Microsoft dans la fabrique d&#8217;une loi dût étonner ni choquer. Après tout, l&#8217;environnement de la firme justifie qu&#8217;elle intervienne auprès des législateurs pour faire connaître ses intérêts. On sait du reste, que la protection des logiciels est traitée en droit français comme l&#8217;objet <a href="http://www.mascre-heguy.com/htm/fr/conseils/conseil_brevetabilite_logiciels.htm">d&#8217;un droit d&#8217;auteur</a>, ce qui ne plaît guère à certains éditeurs qui préfèrerait une protection par brevet. Microsoft tient d&#8217;ailleurs une <a href="http://linuxfr.org/2005/02/16/18321.html">part active</a> dans ce débat.</p>
<p>Le projet de loi sur les droits d&#8217;auteurs fait l&#8217;objet d&#8217;un dossier que l&#8217;on pourra consulter sur <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/031206.asp">cette page</a> de l&#8217;assemblée nationale. En quoi peut-elle intéresser Microsoft&nbsp;?</p>
<ul>
<li>Le texte prévoit notamment de traiter le <em>contournement</em> d&#8217;une protection numérique comme de la <em>contrefaçon</em>. Cette disposition est décisive pour une entreprise comme Microsoft (comme Apple du reste), car Microsoft crée notamment des formats de fichiers numériques audio (des sortes de .mp3) susceptibles d&#8217;être protégés en <em>nombre d&#8217;utilisation</em>, en <em>nombre de reproduction</em>, et en <em>nombre d&#8217;appareils de lecture</em>. Autrement dit, une plateforme vous vend un morceau de musique que vous pouvez écouter 10 fois, graver deux fois, et ne jouer que sur votre ordinateur et votre lecteur mp3 (mais pas sur l&#8217;ordinateur de votre fils&nbsp;: il va fallir apprendre à créer un serveur) Ces dispositifs sont légaux, mais ils s&#8217;agit désormais de pénaliser leur contournement.</li>
</ul>
<p>Ce texte est actuellement en discussion, et M. Dionis y prend sa part en commission des lois. Il <a href="http://www.juriscom.net/pro/visu.php?ID=709">y fait valoir notamment</a> que la loi doit répondre au problème du téléchargement illégal en favorisant les plateformes de téléchargement légal. On notera que le téléchargement légal doit proposer des fichiers protégés contre utilisation illimitée (notamment en gravure), sans quoi, l&#8217;exclusivité du droit est compromise pratiquement. Et c&#8217;est ici qu&#8217;il import de recourir à des règles pour prévenir le contournement des protections. <em>Quod erat demonstratum</em>. </p>
<p>Voilà pour les enjeux, mais revenons un peu au lobbying&#8230;</p>
<p>Une recherche via google (mots clés &laquo;&nbsp;dionis &laquo;&nbsp;microsoft&nbsp;&raquo;) m&#8217;a amené à vérifier que M. Dionis n&#8217;est pas un novice dans la législation en la matière. Il a été notamment le <a href="http://www.jeandionis.com/intervention-art.asp?pid=67">rapporteur de la loi sur la confiance dans l&#8217;économie numérique</a>, et ses positions ont suscité une <a href="http://special.sudouest.com/article.php3?id_article=1818">petite polémique online</a>.</p>
<p>Il a participé à plusieurs débats avec les intervenants de l&#8217;économie numérique, comme il le rappelle dans <a href="http://www.journaldunet.com/chat/retrans/040114_dionisdusejour.shtml">cet entretien</a>. Une telle position n&#8217;est pas scandaleuse pour un législateur. Il est même souhaitable que celui-ci obtiennent des informations auprès des différents intervenants. Naturellement, la justesse d&#8217;une telle information dépend de la multiplicité des sources. C&#8217;est pourquoi, on attend la rencontre de M. Dionis avec les représentants des intervenants du logiciel libre, des fabriquants de lecteurs numériques, voire des plateformes de téléchargement. On est cependant plus circonspect sur le fait que Microsoft reçoive le député. On aurait attendu que ce soit notre représentant qui auditionne la firme.</p>
<p>Il existe du reste des règles de bonnes pratiques du lobbying auxquelles les auteurs de réglements doivent s&#8217;astreindre pour respecter une fabrique honnête de la loi. Ainsi en va-t-il par exemple des institutions européennes qui cherchent à <a href="http://www.lobbying-europe.com/">encourager ces pratiques en les encadrant</a>. <a href="http://www.diploweb.com/ue/bertrand.htm">Certains auteurs</a> jugent cependant que les pratiques de l&#8217;Union en la matière ne sont pas exemplaires, et que le législateur français ne devraient pas y recourir&nbsp;; un point de vue que je ne partage pas.</p>
<p>Il est vrai qu&#8217;un petit peu de lobbying ne saurait nuire à Microsoft, ni à la culture informatique de Monsieur Dionis. Il est cependant permis d&#8217;être plus gêné de ce que Microsoft <a href="http://www.jeandionis.com/actu-art.asp?pid=94">équipe gratuitement</a> des écoles de la circonscription de M. Dionis au titre de <a href="http://blogs.microsoft.fr/jeanlr/archive/2005/07/25/6254.aspx">leurs oeuvres</a>&nbsp;; ces dernières étant destinées à répondre à leur responsabilité sociale. Un échange de bons procédé qu&#8217;il n&#8217;est pas interdit de juger discutable&#8230; <a href="http://www.journaldunet.com/chat/retrans/040114_dionisdusejour.shtml">au vu</a> des conseils qu&#8217;il dispense aux internautes.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://dinersroom.eu/1367/l-udf-chez-microsoft-de-la-fabrique-legislative/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La révolution des aristocrates</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1344/apres-le-peuple-la-revanche-des-puines/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/1344/apres-le-peuple-la-revanche-des-puines/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 16 Jun 2005 13:07:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peuples et Elites]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://localhost/wordpress/?p=1344</guid>
		<description><![CDATA[<p>Une étude qualitative a été réalisée par Euro-RSCG sur la vision qu'ont les jeunes cadres de leurs aînés. Les résultats sont rapportés par Raphaëlle Bacqué dans un <a href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-662252@51-662371,0.html">article du Monde</a> en date du 16 juin 2005. Ils ne sont guère flatteurs pour les élites en place. Autant dire que l'aristocratie est mure pour une révolution.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une étude qualitative a été réalisée par Euro-RSCG sur la vision qu&#8217;ont les jeunes cadres de leurs aînés. Les résultats sont rapportés par Raphaëlle Bacqué dans un <a href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-662252@51-662371,0.html">article du Monde</a> en date du 16 juin 2005. Ils ne sont guère flatteurs pour les élites en place. Autant dire que l&#8217;aristocratie est mure pour une révolution.</p>
<p><span id="more-1344"></span></p>
<p>Ce n&#8217;est pas à un commentaire que j&#8217;entends me livrer, mais à une clin d&#8217;oeil historique. Non pas une comparaison, qui eût supposé la rigueur scientifique, mais une impression libre. Elle ne repose sur rien d&#8217;autre qu&#8217;une association fugitive.</p>
<p>A la veille de la Révolution, les Etats généraux furent réunis par Louis XVI à la suite de difficulté financières qui avaient vu la succession rapide des ministres des finances. Les trois ordres furent alors invités à délibérer à Versailles.</p>
<p>A la suite d&#8217;une querelle liée aux modalités du vote (par tête ou par ordre), le Tiers-Etat se vit rejoindre par une partie du clergé et de la noblesse, menée par le Duc d&#8217;Orléans, frère du Roi. On a souligné, à cet égard, le rôle des puînés dans le processus égalitaire.</p>
<p><img src="/images/jeu de Paume.JPG" alt="Le serment du jeu de Paume" style="display:block; margin:0 auto;" /></p>
<p>En effet, les fils cadets ne portaient pas le titre et étaient exclus des fonctions politiques auxquelles pouvaient prétendre leurs aînés. Et si les revendications de la noblesse à l&#8217;orée de la révolution visaient à l&#8217;amenuisement du pouvoir royal, les cadets savaient qu&#8217;ils ne profiteraient guère du succès politique de leur caste. En revanche, ils pouvaient tout espérer de l&#8217;institution d&#8217;un ordre nouveau. Voyez le rôle du Vicomte de Noailles, inspirateur de la nuit du quatre août, et puîné.</p>
<p>Quel rapport avec l&#8217;étude précitée&nbsp;? C&#8217;est que les craquements populaires qu&#8217;on a pu mesurer lors des dernières consultations électorales, nourrissent une part de l&#8217;aristocratie moderne. Les jeunes cadres, comme les cadets d&#8217;hier, aspirent à l&#8217;exercice d&#8217;un pouvoir confisqué par des aînés auxquels ils ne croient plus. Jusque chez les patriciens, on trouve des révolutionnaires. Jadis le Duc d&#8217;orléans&nbsp;; aujourd&#8217;hui, au sein des formations politques, les seconds. </p>
<p>Il y a derrière chaque révolutionnaire, assure Frank Herbert, un aristocrate. Aussi une situation proto-révolutionnaire ne se caractérise-t-elle pas par la révolte du peuple (voyez le 21 avril 2002), mais par l&#8217;alliance du peuple et de cette partie des élites qui a cessé de croire en ses chances de succession.</p>
<p>Le travail scientifique serait à faire, mais dans une société où les espoirs de promotion sociale sont faibles, où les positions se gagnent à l&#8217;héritage, où le discours du pouvoir suscite, c&#8217;est selon, rire ou affliction, la situation est mure pour une révolution. Le &laquo;&nbsp;Grand soir&nbsp;&raquo;, peut-être pas. Plus sûrement, une récolte matudinale des biens et des honneurs.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://dinersroom.eu/1344/apres-le-peuple-la-revanche-des-puines/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Des saveurs du savoir</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1339/le-savoir/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/1339/le-savoir/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 07 Jun 2005 13:57:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Peuples et Elites]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://localhost/wordpress/?p=1339</guid>
		<description><![CDATA[<p>Lors des débats sur le Traité constitutionnel, l'une des critiques des adversaires du Traité portait sur l'arrogance de ses partisans. La critique était appuyée sur la prétention au savoir de ces derniers. Il y a lieu de s'interroger, pourtant&#160;: la critique portait-elle sur la réalité du savoir des partisans du traité, ou portait-elle sur la valeur du savoir lui-même&#160;?</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lors des débats sur le Traité constitutionnel, l&#8217;une des critiques des adversaires du Traité portait sur l&#8217;arrogance de ses partisans. La critique était appuyée sur la prétention au savoir de ces derniers. Il y a lieu de s&#8217;interroger, pourtant&nbsp;: la critique portait-elle sur la réalité du savoir des partisans du traité, ou portait-elle sur la valeur du savoir lui-même&nbsp;?</p>
<p><span id="more-1339"></span></p>
<p>
Un peu des deux, peut-être.</p>
<p>En effet, le traité était un texte juridique. Difficile à lire&nbsp;; à comprendre parfois. Cette seule considération aurait du qualifier les discours des juristes. Ils en dirent peu. On ne les écouta guère&nbsp;; ou, bien distraitement.</p>
<p>Il me semble que les juristes sont plus compétents dans leur domaine que les citoyens, ce, même si les citoyens sont seuls compétents pour décider de l&#8217;avenir d&#8217;un texte juridique. Je ne peux m&#8217;empêcher, cependant, de constater avec une certaine incrédulité que les analyses de spécialistes étaient rejetées sur le fondement de leur élitisme.</p>
<p>Non, du reste, que les juristes aient été uniformément partisans du traité. Ils étaient divisés. Mais on eurait pu s&#8217;épargner un certain nombre d&#8217;arguments absurdes  &#8211; pour n&#8217;en citer qu&#8217;un&nbsp;: <em>les risques pesant sur la liberté de l&#8217;avortement</em>. Il était aisé de s&#8217;adresser à n&#8217;importe quel professeur de droit, sur une question si aigue.</p>
<p>Pourtant, cet argument fut entendu&#8230; On n&#8217;en demanda pas compte aux spécialistes de l&#8217;interprétation des textes.</p>
<p>Comment se fait-il que dans un débat technique, le discours de l&#8217;ignorant puisse prétendre à la même valeur que celui du savant ?</p>
<p>Je veux croire qu&#8217;un texte ou une politique doit faire l&#8217;objet de choix. Mais, lorsque la décision recèle des aspect techniques, je ne vois guère pourquoi on devrait se priver de l&#8217;avis des experts. En économie, il est permis d&#8217;écouter les économistes. Il arrive que la communauté des économiste s&#8217;accorde sur l&#8217;absurdité ou la pertinence d&#8217;un argument économique. Il en va de même en droit, ou tout autre domaine dans lequel le citoyen ne peut prétendre à un savoir précis.</p>
<p>
C&#8217;est pourtant un état du débat politique en France. Les détenteurs du savoir, disqualifiés par leur élitisme ne sont guère entendu ni sollicités. Il y a sans doute à dire sur ce désenchantement du savoir. Car, on voit mal que la République &#8211; ou la démocratie en général &#8211; puisse souffrir cette méfiance de la connaissance que nous a semblé révéler parfois le débat sur le traité &#8211; et dont on dit qu&#8217;elle diffuse à l&#8217;école.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://dinersroom.eu/1339/le-savoir/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

