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	<title>Diner’s Room &#187; Économie</title>
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		<title>Élections présidentielles de 2012. France, États Unis. It&#8217;s the economy, stupid.</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Aug 2011 13:32:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, la politique de la France ne se fait pas à la corbeille, que diable. Ce nonobstant, les perspective économiques ne sont guère brillantes. Et il est difficile de croire que celles-ci ne pèseront pas sur les élections qui se profilent en France et aux États-Unis. Pour le dire brutalement, il me semble que Barak Obama ne peut espérer de second mandat tandis que la situation du Président Sarkozy ne peut être sauvée que par ses concurrents. A lire les analystes, il apparaît que la croissance économique des prochains trimestre sera faible, dans le meilleur des cas. Et peut-être négative si tout ne va pas pour le mieux. Or, cela a été noté également, les gouvernements ne disposent plus guère d&#8217;option budgétaire pour stimuler l&#8217;activité économique en raison des tensions sur le marché monétaire. En clair, la France et les États Unis, parmi d&#8217;autres, ne peuvent aggraver la situation de leurs finances publiques en distribuant du pouvoir d&#8217;achat1, car les prêteurs le leur feraient payer trop cher en intérêts. On ne peut les blâmer : il a été autrefois beaucoup reproché aux banques américaines d&#8217;avoir prêté [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, la politique de la France ne se fait pas à la corbeille, que diable.</p>
<p>Ce nonobstant, les perspective économiques ne sont guère brillantes. Et il est difficile de croire que celles-ci ne pèseront pas sur les élections qui se profilent en France et aux États-Unis. Pour le dire brutalement, il me semble que Barak Obama ne peut espérer de second mandat tandis que la situation du Président Sarkozy ne peut être sauvée que par ses concurrents.</p>
<p>A lire les analystes, il apparaît que la croissance économique des prochains trimestre sera faible, dans le meilleur des cas. Et peut-être négative si tout ne va pas pour le mieux. Or, cela a été noté également, les gouvernements ne disposent plus guère d&#8217;option budgétaire pour stimuler l&#8217;activité économique en raison des tensions sur le marché monétaire. En clair, la France et les États Unis, parmi d&#8217;autres, ne peuvent aggraver la situation de leurs finances publiques en distribuant du pouvoir d&#8217;achat<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_0_6304" id="identifier_0_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ou des incitations fiscales aux entreprises.">1</a></sup>, car les prêteurs le leur feraient payer trop cher en intérêts. On ne peut les blâmer : il a été autrefois beaucoup reproché aux banques américaines d&#8217;avoir prêté à des emprunteurs insolvables<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_1_6304" id="identifier_1_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et l&amp;#8217;on reproche aujourd&amp;#8217;hui aux institutions financi&egrave;res d&amp;#8217;avoir beaucoup trop pr&ecirc;t&eacute; &agrave; l&amp;#8217;&Eacute;tat grec.">2</a></sup>. La situation des finances publiques est aujourd&#8217;hui telle que ceux qui la financent — vous, si vous avez des produits d&#8217;épargne &laquo;&nbsp;monétaire&nbsp;&raquo; — estiment qu&#8217;ils courent un <em>risque</em> de pas être remboursés en totalité<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_2_6304" id="identifier_2_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Soit par un d&eacute;faut, soit, plus sournoisement, mais aussi plus probablement, gr&acirc;ce &agrave; une inflation stimul&eacute;e.">3</a></sup>. Or, ce risque se paye d&#8217;un taux intérêt plus élevé. Ce qui aggrave le poids de la dette dans les finances publiques. C&#8217;est ainsi, estime-t-on, que les effets positifs d&#8217;une distribution de revenu dans l&#8217;économie sont largement compensés par les effets négatifs de ses coûts.</p>
<p>Dans ces circonstances, on doit attendre une période plus ou moins longue de médiocre activité économique, le temps que la situation des finances publiques — et privées — s&#8217;améliore. Durant cette période, l&#8217;emploi stagne<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_3_6304" id="identifier_3_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quand le ch&ocirc;mage n&amp;#8217;augmente pas.">4</a></sup>, de même que les revenus. Ce qui, l&#8217;on s&#8217;en doute, ne rend pas les dirigeants politiques populaires aux yeux des agents économiques touchés : en l&#8217;occurrence, ils seront très nombreux. Comme on l&#8217;a vu, de surcroît, les gouvernements ne peuvent pas répondre aux sollicitations dont ils font l&#8217;objet sans risque d&#8217;une dégradation immédiate des finances publiques. C&#8217;est pourquoi leur situation sera périlleuse en période électorale.</p>
<p>Commençons par Barak Obama. Élu <em>cum laude</em> et auréole au plus fort de la crise financière de 2008, le nouveau Président se présentait comme un dirigeant volontariste<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_4_6304" id="identifier_4_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Yes, we can) et de compromis. S&amp;#8217;il est parvenu &agrave; r&eacute;aliser une r&eacute;forme de la protection sociale ((Au reste, modeste.">5</a></sup>, il n&#8217;aura pas été capable, au terme de son mandat, de garantir la stabilité de l&#8217;économie américaine, non plus que celle de l&#8217;emploi. Or, il est un fait que les Présidents américains sont jugés prioritairement sur la situation économique des électeurs, nonobstant leur action ou leur inaction à cet égard.</p>
<p><em>It&#8217;s the economy, Stupid</em>. La brutalité de l&#8217;aphorisme trahit cependant un phénomène documenté dans l&#8217;histoire des élections américaines. L&#8217;électeur américain est politiquement sensible à son niveau de vie, et il a tendance à en faire le critère principal de son jugement. Il se trouve que l&#8217;atonie de l&#8217;activité économique américaine couplée avec la nécessité de désendettement des ménages<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_5_6304" id="identifier_5_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et une fiscalit&eacute; tendanciellement haussi&egrave;re.">6</a></sup> conduit une part de ceux-ci à une dégradation de leur revenu, et par conséquent, à une diminution de leur niveau de vie.</p>
<p>Si l&#8217;on ajoute à cela l&#8217;épisode de la négociation du plafond de la dette et la baisse de sa notation par <em>Standards &amp; Poors</em>, il est difficile de montrer que le Président Obama a démontré sa capacité de <em>leadership</em>. Non seulement les américains estimeront qu&#8217;il n&#8217;a été capable de sauver leur <em>jobs</em>, seront ils tentés de juger qu&#8217;il n&#8217;a pas démontré sa force morale et politique. Ce qui devrait normalement se payer. De fait, selon <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-srv/politics/polls/postpoll_080911.html">un sondage</a> du <em>Washington Post</em>, il perd la confiance de l&#8217;opinion en matière économique.</p>
<p>Certes, les Républicains obtiennent des scores moins élevés encore et le récent <em>imbroglio</em> du plafond de la dette leur coûte davantage qu&#8217;à Barak Obama. Pour autant, cette défiance ne vise pas à un Républicain identifié mais un ensemble de parlementaires, ce qui n&#8217;obère donc pas les chances du future candidat. Et surtout, la situation économique des États Unis ne semble pas devoir s&#8217;arranger dans les prochains trimestres. Dans cette configuration, nombreux seront ceux qui seront tentés par <em>the other guy</em>.</p>
<p>En France, j&#8217;ai cru jusques ici que le Président Sarkozy conservait des bonnes chances de réélection en raison, principalement, du poids de la sociologie électorale et de l&#8217;incapacité de la gauche à réaliser une synthèse majoritaire. Mais les choses pourraient changer si la situation de l&#8217;économie s&#8217;aggrave.</p>
<p>S&#8217;il est peu probable que le Président Sarkozy soit jugé sur l&#8217;apparition de la crise, on examinera en revanche les mesures qu&#8217;il a prises à cet égard. Or, le regard le plus naïf ne pourra qu&#8217;observer tout à la fois l&#8217;impuissance du Président et l&#8217;immodestie de ses engagements. Ce qui pose la question de sa <em>crédibilité</em> en la matière. L&#8217;entreprise de communication qui a voulu placer le Président en <em>leader</em> mondial lors de la crise de 2008 ne résistera sans doute pas au choc de l&#8217;année 2011. Montrer un capitaine au Gouvernail dans la tempête, c&#8217;est efficace. Montrer le même quand le bateau coule, ça l&#8217;est moins. Bref, la politique du <em>spin</em> pourrait peser plus, finalement, que les actes du Président.</p>
<p>Ajoutez à cela que dans une élection orientée sur les enjeux économiques, avec des exigences de <em>rigueur</em> et de <em>sérieux</em>, la présentation des chiffres pourrait être plus iconiques que la mise en scène du gouvernement du monde. Regardez donc celle de la croissance des déficits et de la dette publique dans une période ou la dette souveraine fait l&#8217;actualité<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_6_6304" id="identifier_6_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et elle continuera de la faire.">7</a></sup>. L&#8217;explosion depuis 2007 est patente. Voyez, en face, les recettes fiscales. On peut prévoir une série de chiffres destinés à montrer que la rupture promise a bel et bien conduit l&#8217;économie française devant ses difficultés du jour. Ce sera peut-être injuste, mais assez facile à argumenter. Bref, au lieu que de pouvoir faire valoir la nécessité de sa politique économique<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_7_6304" id="identifier_7_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&eacute;cessit&eacute; discutable, au demeurant. Surtout en mati&egrave;re fiscale.">8</a></sup>, le Président sera conduit à discuter de la gravité de ses conséquences.</p>
<p>Parallèlement, les entreprises de droitisation sécuritaire passeront alors comme des tentatives d&#8217;évitement opportuniste. Une façon d&#8217;obvier les véritables problèmes. Autant dire que si les tendances économiques se confirment, la rhétorique politique de Grenoble sera provisoirement paralysée.</p>
<p>De surcroît, les mesures économiques proposées en guise de cadeau de campagne seront examinées avec méfiance par les électeurs, qui, je le crois, seront plus sensibles à la rigueur du candidat qu&#8217;à des minauderies que l&#8217;on sait aujourd&#8217;hui dangereuses.</p>
<p>Alors, faut-il promettre la défaite au Président Sarkozy ?</p>
<p>Peut-être pas. Il peut espérer que le candidat de gauche apparaîtra suffisamment déraisonnable pour profiter de la comparaison. Ce qui n&#8217;est pas tout à fait impossible, quand on entend bruisser la révolte contre la &laquo;&nbsp;dictature des marchés&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Bref, pour le Président Sarkozy aussi, l&#8217;espoir est à gauche.<br />
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6304" class="footnote">Ou des incitations fiscales aux entreprises.</li><li id="footnote_1_6304" class="footnote">Et l&#8217;on reproche aujourd&#8217;hui aux institutions financières d&#8217;avoir beaucoup trop prêté à l&#8217;État grec.</li><li id="footnote_2_6304" class="footnote">Soit par un défaut, soit, plus sournoisement, mais aussi plus probablement, grâce à une inflation stimulée.</li><li id="footnote_3_6304" class="footnote">Quand le chômage n&#8217;augmente pas.</li><li id="footnote_4_6304" class="footnote">Yes, we can) et de compromis. S&#8217;il est parvenu à réaliser une réforme de la protection sociale ((Au reste, modeste.</li><li id="footnote_5_6304" class="footnote">Et une fiscalité tendanciellement haussière.</li><li id="footnote_6_6304" class="footnote">Et elle continuera de la faire.</li><li id="footnote_7_6304" class="footnote">Nécessité discutable, au demeurant. Surtout en matière fiscale.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>La dégradation de la note américaine tient-elle au régime politique des États Unis ?</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Aug 2011 14:14:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, on vit à la température de ses notes. Oubliés les sages conseils des maîtres d’antan ; le note est devenue le titre et le blâme, l&#8217;honneur ou la flétrissure des temps. Surtout sur le sol de France, où on la révère jusqu&#8217;à en tirer une science : la docimologie. C&#8217;est la dégradation de la note de la dette américaine par l&#8217;agence Standard &#38; Poor&#8217;s qui alimente aujourd&#8217;hui la chronique économique et le frisson éditorial de la catastrophe. Sans préjuger de l&#8217;avenir, dont la prévision, comme chacun sait, est bien malaisée, on peut néanmoins s&#8217;arrêter un peu sur les causes avancées par Standard &#38; Poor&#8217;s1. On s&#8217;étonnera alors peut-être d&#8217;observer que les raisons du pessimisme de l&#8217;agence de notation tiennent moins aux circonstances économiques qu&#8217;aux perspectives politiques. Pour faire bref, Standard &#38; Poor&#8217;s juge que les institutions américaines ont démontré leur incapacité à parvenir à un consensus politique susceptible de garantir une dette publique soutenable. La note reflète notre opinion que l&#8217;efficacité, la stabilité et la prédictibilité de la politique et des institutions politiques américaines ont été plus affaiblies que nous ne le pensions auparavant, au moment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, on vit à la température de ses notes.</p>
<p>Oubliés les sages conseils des maîtres d’antan ; le note est devenue le titre et le blâme, l&#8217;honneur ou la flétrissure des temps. Surtout sur le sol de France, où on la révère jusqu&#8217;à en tirer une science : la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Docimologie">docimologie</a>.</p>
<p>C&#8217;est la dégradation de la note de la dette américaine par l&#8217;agence <em>Standard &amp; Poor&#8217;s</em> qui alimente aujourd&#8217;hui la chronique économique et le frisson éditorial de la catastrophe. Sans préjuger de l&#8217;avenir, dont la prévision, comme chacun sait, est bien malaisée, on peut néanmoins s&#8217;arrêter un peu sur les <a href="http://j.mp/qKrBJ5">causes avancées</a> par <em>Standard &amp; Poor&#8217;s</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/6278/la-degradation-de-la-note-americaine-tient-elle-au-regime-politique-des-etats-unis/#footnote_0_6278" id="identifier_0_6278" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On doit &agrave; notre ami Rubin d&amp;#8217;avoir attir&eacute; notre attention sur ce rapport stimulant.">1</a></sup>. On s&#8217;étonnera alors peut-être d&#8217;observer que les raisons du pessimisme de l&#8217;agence de notation tiennent moins aux circonstances économiques qu&#8217;aux perspectives politiques.</p>
<p>Pour faire bref, <em>Standard &amp; Poor&#8217;s</em> juge que les institutions américaines ont démontré leur incapacité à parvenir à un consensus politique susceptible de garantir une dette publique soutenable.</p>
<blockquote><p>La note reflète notre opinion que l&#8217;efficacité, la stabilité et la prédictibilité de la politique et des institutions politiques américaines ont été plus affaiblies que nous ne le pensions auparavant, au moment où surgissent des défis économiques et fiscaux.<sup><a href="http://dinersroom.eu/6278/la-degradation-de-la-note-americaine-tient-elle-au-regime-politique-des-etats-unis/#footnote_1_6278" id="identifier_1_6278" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="The downgrade reflects our view that the effectiveness, stability, and predictability of American policymaking and political institutions have weakened at a time of ongoing fiscal and economic challenges to a degree more than we envisioned when we assigned a negative outlook to the rating on April 18, 2011.">2</a></sup></p></blockquote>
<p>Les raisons de cet affaiblissement doivent être trouvées dans la défaillance des élites politiques. Aux yeux de l&#8217;agence de notation, en effet, le compromis sur le relèvement du plafond de la dette est insuffisant. Et cette insuffisance est due à l&#8217;intransigeance et la légèreté des élus :</p>
<blockquote><p>Le plafond légal de la dette et la menace de faillite ont constitué de simples jetons d&#8217;enchère dans le débat sur la politique fiscale. De notre avis, malgré un large débat, les différences entre les partis politiques ont été extrêmement difficile à concilier et, selon nous, le compromis qui en a résulté n&#8217;a pas atteint le programme de consolidation fiscale envisagé par certains jusque très récemment.<sup><a href="http://dinersroom.eu/6278/la-degradation-de-la-note-americaine-tient-elle-au-regime-politique-des-etats-unis/#footnote_2_6278" id="identifier_2_6278" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="The statutory debt ceiling and the threat of default have become political bargaining chips in the debate over fiscal policy. Despite this year&amp;#8217;s wide-ranging debate, in ourview, the differences between political parties have proven to be extraordinarily difficult to bridge, and, as we see it, the resulting agreement fell well short of the comprehensive fiscal consolidation program that some proponents had envisaged until quite recently.">3</a></sup></p></blockquote>
<p>Ce ne sont pas, cependant, les faiblesses anecdotiques et conjoncturelles de l&#8217;accord sur la plafond légal qui justifient l&#8217;appréciation de <em>Standard &amp; Poors</em>, mais la crainte que cette situation politique sous-optimale<sup><a href="http://dinersroom.eu/6278/la-degradation-de-la-note-americaine-tient-elle-au-regime-politique-des-etats-unis/#footnote_3_6278" id="identifier_3_6278" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du point de vue de la dette publique et de l&amp;#8217;action &eacute;conomique du Gouvernement.">4</a></sup> ne puisse se résoudre avant qu&#8217;un seuil de risque ait été franchi. Autrement dit, le constat de l&#8217;agence est un celui d&#8217;une carence politique.</p>
<p>Or, cette carence politique ne résulte pas seulement du manque de sagesse des acteurs. Sans doute tout système politique doit-il reposer sur un minimum de raison partagée, mais il est des institutions qui favorisent plus ou moins la rationalité d&#8217;une décision collective. Et celles des États Unis peuvent singulièrement manquer d&#8217;efficacité à cet égard.</p>
<p>Dans ce régime dit <em>présidentiel</em>, aucun pouvoir ne l&#8217;emporte sur l&#8217;autre. Non seulement l&#8217;exécutif ne peut-il imposer ses décisions au congrès, mais encore aucune des chambres<sup><a href="http://dinersroom.eu/6278/la-degradation-de-la-note-americaine-tient-elle-au-regime-politique-des-etats-unis/#footnote_4_6278" id="identifier_4_6278" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="S&eacute;nat ou Chambre des repr&eacute;sentants.">5</a></sup> ne prime-t-elle l&#8217;autre<sup><a href="http://dinersroom.eu/6278/la-degradation-de-la-note-americaine-tient-elle-au-regime-politique-des-etats-unis/#footnote_5_6278" id="identifier_5_6278" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En France, l&amp;#8217;assembl&eacute;e nationale peut in fine imposer sa d&eacute;cision.">6</a></sup>. De sorte que le <em>statu quo</em> bénéficie d&#8217;une prime naturelle dès lors que des majorités sont divergentes parmi les institutions. Et toute mesure ou décision doit également s&#8217;accompagner de compromis qui en limitent la portée ou l&#8217;efficacité. Cette situation favorise naturellement une culture du consensus, mais elle incite également les uns et les autres à garder leurs positions, puisque les électeurs pourraient reprocher à leurs représentants de ne pas avoir défendu efficacement leurs intérêts.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que dans le débat actuel, les républicains se sont très largement opposés à toute hausse des prélèvements obligatoires, tandis que les démocrates se refusaient à diminuer l&#8217;allocation de droits sociaux ou de l&#8217;aide médicale. Il s&#8217;ensuit que le déficit public américain suit une pente dangereuse dans une période de stagnation économique.</p>
<p>De cet épisode, on peut tirer de nombreux enseignements.</p>
<p>Certains observeront que <em>Standard &amp; Poors</em> s&#8217;invite indûment dans le débat démocratique américain en dictant à un État souverain sa politique. Rien n&#8217;est plus faux. L&#8217;agence de notation ne se préoccupe pas de la politique à conduire. Que les États Unis réduisent leur déficit par la diminution des dépenses ou l&#8217;augmentation des recettes fiscales les indiffèrent, et pas davantage n&#8217;exigent-ils des États Unis qu&#8217;ils optent pour une réduction des déficits publics. Ils constatent cependant que leur évolution rend la dette plus risquée pour les prêteurs.</p>
<p>D&#8217;autres estimeront que les élites politiques démontrent leur dédain pour l&#8217;intérêt général au profit de considérations mesquines. Mais il n&#8217;est pas interdit de juger, pour les uns, que l&#8217;accroissement de l&#8217;impôt constitue un risque plus grand que celui du renchérissement de la dette, et qu&#8217;il suffit du reste de couper parmi les dépenses publiques pour aplanir le déficit ; pour les autres, que l&#8217;accroissement de la charge de la dette est un prix à payer raisonnable pour ne pas laisser mourir les pauvres de maladie dans la première économie du Monde.</p>
<p>D&#8217;autre, enfin, jugeront que le régime présidentiel américain montre ici ses failles et qu&#8217;un équilibre des pouvoirs est bien plus à même de répondre aux exigences de l&#8217;urgence. Il est certain qu&#8217;un tel système réclame un très haut degré de consensus sur certaines valeurs politiques primordiales. La démocratie, la défense nationale, les droits fondamentaux et l&#8217;économie de marché semblent être de ceux-ci. Mais il est certain que le défaut de consensus peut avoir un coût politique lourd. Il en va ainsi de la protection sociale et du financement des politiques publiques, dont on voit qu&#8217;ils creusent des sillons profonds. Autrement dit, les conséquences de moyen terme liées à la dégradation des finances publiques peuvent apparaître politiquement moins dangereuse que les enjeux de court terme. La question est politique et non pas morale<sup><a href="http://dinersroom.eu/6278/la-degradation-de-la-note-americaine-tient-elle-au-regime-politique-des-etats-unis/#footnote_6_6278" id="identifier_6_6278" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme cela appara&icirc;t parfois sous la plume de quelques politiques.">7</a></sup>.</p>
<p>Il ne faudrait cependant pas conclure que l&#8217;alternative européenne nous garde de ce genre de problème. Parce que la dette publique est libellée en euros, et que les décisions de politique économique sont prises par chacun des États, toute action concertée réclame un sens du consensus et du compromis dont les européens sont loin d&#8217;avoir fait preuve. Et si la note de <em>Standard &amp; Poor&#8217;s</em> a un sens, le frisson américain doit nous conduire à claquer des dents.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6278" class="footnote">On doit à notre <a href="https://plus.google.com/100047349231974874354/posts/SscxzmhsyD6">ami Rubin</a> d&#8217;avoir attiré notre attention sur ce rapport stimulant.</li><li id="footnote_1_6278" class="footnote"><em>The downgrade reflects our view that the effectiveness, stability, and predictability of American policymaking and political institutions have weakened at a time of ongoing fiscal and economic challenges to a degree more than we envisioned when we assigned a negative outlook to the rating on April 18, 2011.</em></li><li id="footnote_2_6278" class="footnote"><em>The statutory debt ceiling and the threat of default have become political bargaining chips in the debate over fiscal policy. Despite this year&#8217;s wide-ranging debate, in ourview, the differences between political parties have proven to be extraordinarily difficult to bridge, and, as we see it, the resulting agreement fell well short of the comprehensive fiscal consolidation program that some proponents had envisaged until quite recently</em>.</li><li id="footnote_3_6278" class="footnote">Du point de vue de la dette publique et de l&#8217;action économique du Gouvernement.</li><li id="footnote_4_6278" class="footnote">Sénat ou Chambre des représentants.</li><li id="footnote_5_6278" class="footnote">En France, l&#8217;assemblée nationale peut <em>in fine</em> imposer sa décision.</li><li id="footnote_6_6278" class="footnote">Comme cela apparaît parfois sous la plume de quelques politiques.</li></ol>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>A propos de la crise financière : quel doit être le rôle d&#8217;une réglementation ?</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Sep 2008 15:26:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>On n'a pas fini d'en entendre sur les impérities du capitalisme financier et du libéralisme — entendez&#160;: la "<em>déréglementation</em>".</p> <p>Le Président Sarkozy s'est au reste employé à en dénoncer les excès, en appelant, d'une paternelle sévérité, au renforcement des contrôles sur les banques, les agences de notation, les instruments de marché et à peu près tout ce que la finance contemporaine compte d'institutions.</p> <p>Pourtant, la crise actuelle devrait inviter à une lecture plus fine des fonctions de la réglementation&#160;; en particulier dans le domaine économique. Car rien n'assure qu'une intervention de la puissance publique soit bonne en soit. Ni même que des mesures restrictives permettent de ramener une sage prospérités aux nations inquiètes.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On n&#8217;a pas fini d&#8217;en entendre sur les impérities du capitalisme financier et du libéralisme — entendez&nbsp;: la &laquo;&nbsp;<em>déréglementation</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Le Président Sarkozy s&#8217;est au reste employé à en dénoncer les excès, en appelant, d&#8217;une paternelle sévérité, au renforcement des contrôles sur les banques, les agences de notation, les instruments de marché et à peu près tout ce que la finance contemporaine compte d&#8217;institutions.</p>
<p>Pourtant, la crise actuelle devrait inviter à une lecture plus fine des fonctions de la réglementation&nbsp;; en particulier dans le domaine économique. Car rien n&#8217;assure qu&#8217;une intervention de la puissance publique soit bonne en soit. Ni même que des mesures restrictives permettent de ramener une sage prospérités aux nations inquiètes.</p>
<p><span id="more-2239"></span></p>
<p>
De fait — il est bon de le rappeler — la finance de marché et le secteur bancaire sont des domaines hautement contraints par le droit. Des règles prudentielles, par exemple, imposent aux établissements de crédit de respecter un ratio entre leurs sources de financement et la distribution de crédit, de telles façons qu&#8217;elles ne prêtent pas de façon trop inconsidérées et puissent faire face aux besoins des déposants. Les intervenants sur les marchés financiers doivent être capables de couvrir leurs engagements lorsqu&#8217;ils se lancent dans des transactions à terme. De façon générale, les opérations risquées font l&#8217;objet d&#8217;une surveillance de la part des autorités de contrôle.</p>
<p>Suffit-il dès lors de considérer la crise actuelle pour conclure à l&#8217;inefficacité des instruments de surveillance et de contrôle&nbsp;?</p>
<p>Et bien ce n&#8217;est pas certain.</p>
<p>Le comportement des agents économiques dépend largement de la combinaison de leurs anticipations de profit et de leur aversion au risque.</p>
<p>Lorsqu&#8217;ils estiment que l&#8217;environnement est sûr, ils sont tentés de hausser les risques qu&#8217;ils prennent dans l&#8217;espoir d&#8217;un profit élevé. Leur aversion au risque est faible. Dans un environnement incertain, ils répugnent à prendre des risques et préfèrent limiter leurs chances de profit.</p>
<p>Il se trouve que la crise tout à la fois violente et rampante des derniers mois, paradoxalement, tient davantage à une élévation de leur aversion au risque qu&#8217;à une avidité immodérée.</p>
<p>Depuis le retournement du marché immobilier américain et l&#8217;incertitude qui pèse sur les produits subprimes, les banques, inquiètes de l&#8217;état de leurs partenaires, hésitent à conclure des transactions sur le marché monétaire. La crainte que l&#8217;une ou l&#8217;autre d&#8217;entre elles ne parviennent à faire face à ses engagements entrave les prêts de liquidités<sup>[<a href="#pnote-955-1" id="rev-pnote-955-1">1</a>]</sup>. Or, les établissements de crédit ont des besoins réguliers de liquidités, ne serait-ce que pour faire face aux demandes de leur clientèle. Et le défaut de liquidité peut conduire à la cessation des paiements alors même que les banques disposent d&#8217;actifs. D&#8217;où un affolement général<sup>[<a href="#pnote-955-2" id="rev-pnote-955-2">2</a>]</sup>.</p>
<p>Pourtant, les produits titrisés qui sont à l&#8217;origine des inquiétudes ne représentent pas une telle masse, à l&#8217;échelle du système, que l&#8217;on doive craindre un effondrement de la finance. Il n&#8217;est pas même certain que ceux-ci constituent des actifs sans valeur<sup>[<a href="#pnote-955-3" id="rev-pnote-955-3">3</a>]</sup>. A grande échelle, donc, le risque de perte n&#8217;est pas si élevé. A l&#8217;échelle d&#8217;un opérateur, il s&#8217;élève à raison de sa situation particulière&nbsp;; autrement dit, de son degré d&#8217;engagement dans les actifs litigieux. Or, non seulement il est difficile pour le marché de connaître le degré d&#8217;engagement d&#8217;un seul opérateur, mais il est également ardu de se faire une idée du degré de risque que présentent les produits titrisés<sup>[<a href="#pnote-955-4" id="rev-pnote-955-4">4</a>]</sup>.</p>
<p>En bref, les vacillations actuelles proviennent davantage de craintes spécialisées mais diffuses, que d&#8217;une inquiétude sur l&#8217;évolution économique générale.</p>
<p>Et à tout prendre, il convient sans doute de faire décroître l&#8217;aversion au risque des institutions financières. Car c&#8217;est à un comportement excessivement prudent de tous que l&#8217;on peut attribuer une bonne part des dérèglements actuels. En ce sens, les efforts de la puissance publique pour prendre en charge le risque collectif peuvent trouver une justification. </p>
<p>
Pour autant, fera-t-on valoir, si la crise actuelle se manifeste par une crise de confiance, c&#8217;est bien que la politique antérieure a été exagérément légère&nbsp;; et l&#8217;aversion au risque bien trop faible. La restructuration de la finance impose donc de créer des normes qui favorisent une appréciation du risque plus certaine. D&#8217;où un contrôle nécessairement plus intense sur les produits risqués et l&#8217;interdiction de certaines opérations.</p>
<p>Il convient, cependant, d&#8217;y regarder à deux fois.</p>
<p>Outre que l&#8217;innovation financière présente tout de même quelque vertu pour l&#8217;économie dite &laquo;&nbsp;<em>réelle</em>&laquo;&nbsp;<sup>[<a href="#pnote-955-5" id="rev-pnote-955-5">5</a>]</sup>, le problème ne réside peut-être pas tant dans le contrôle que dans l&#8217;aversion au risque des parties prenantes.</p>
<p>Admettons, par exemple, que de nouvelles réglementations permettent d&#8217;élever la transparence des produits et des transactions. Admettons encore que le contrôle des agences de notation assure une évaluation des risques plus aiguë, il n&#8217;est pas impensable que l&#8217;aversion au risque des institutions financières décroissent&nbsp;; de telle sorte qu&#8217;elles adoptent des comportements plus risqués — et peut-être plus risqués encore qu&#8217;auparavant.</p>
<p>Ou, pour utiliser une image, lorsque le brouillard se lève, le conducteur a tendance à élever sa vitesse de conduite, même s&#8217;il roule sur le verglas ou une route sinueuse.</p>
<p>Aussi bien, plutôt que chercher à amenuiser le risque en bridant les activités financières ou à le rendre plus intelligible par les acteurs, ne faut-il pas imaginer plutôt des mécanismes plus performants de rétablissement en cas de réalisation des risques. Autrement dit, ne vaut-il pas mieux choisir de guérir plutôt que d&#8217;espérer prévenir&nbsp;?</p>
<p>Encore une image&nbsp;: il est certainement possible d&#8217;éviter qu&#8217;un enfant se blesse en jouant. Pour cela, on peut l&#8217;immobiliser dans des sangles. N&#8217;est-il pas plus souhaitable de s&#8217;assurer qu&#8217;il sera soigné en cas de blessure légère ?<sup>[<a href="#pnote-955-6" id="rev-pnote-955-6">6</a>]</sup></p>
<p>On ne peut sans doute écarter l&#8217;idée que la réglementation peut contribuer à mesurer le risque financier. Mais encore convient-il de s&#8217;interroger sur le système que l&#8217;on entend développer. </p>
<p></p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-955-1" id="pnote-955-1">1</a>] En particulier lorsque les prêts sont adossés à des titres, car l&#8217;inquiétude porte alors sur la valeur de la garantie.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-955-2" id="pnote-955-2">2</a>] Du fait de la raréfaction des liquidités, les intermédiaires financiers comme les entreprises s&#8217;efforcent de céder des actifs sur les marchés financiers, de telle façon que les cours baissent. Sans compter l&#8217;effet direct sur le cours des institutions financières cotées.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-955-3" id="pnote-955-3">3</a>] Ceci dépend bien sûr de l&#8217;évolution de la défaillance des emprunteurs.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-955-4" id="pnote-955-4">4</a>] Notamment parce qu&#8217;on ignore aujourd&#8217;hui le risque de crédit.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-955-5" id="pnote-955-5">5</a>] Comme le rappellent <a href="http://ew-econ.typepad.fr/mon_weblog/2008/09/la-finance-cest-le-mal-la-preuve-cest-la-crise.html">Etienne Wasmer</a>, mes camarades <a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/">les éconoclastes</a> et <a href="http://rationalitelimitee.wordpress.com/2008/09/29/les-dangers-dun-trop-plein-de-reglementation">Rationalité limitée</a>.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-955-6" id="pnote-955-6">6</a>] Et encore faut-il éviter de le rattraper sans cesse lorsqu&#8217;il trébuche, afin de ne pas le voir jouer à Icare sur le toit de la maison.</p>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>La société générale a-t-elle creusé ses pertes ?</title>
		<link>http://dinersroom.eu/2065/la-societe-generale-a-t-elle-creuse-ses-pertes/</link>
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		<pubDate>Fri, 25 Jan 2008 11:55:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Une chose m'étonne depuis hier, en lisant la presse.</p> <p>On fait peser sur l'arbitragiste indélicat l'extravagance des pertes de la Société Générale.</p> <p>Et pourtant, c'est bien cette dernière qui a dénoué les positions prises par son employé, passant ainsi de pertes virtuelles à des pertes réelles.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une chose m&#8217;étonne depuis hier, en lisant la presse.</p>
<p>On fait peser sur l&#8217;arbitragiste indélicat l&#8217;extravagance des pertes de la Société Générale.</p>
<p>Et pourtant, c&#8217;est bien cette dernière qui a dénoué les positions prises par son employé, passant ainsi de pertes virtuelles à des pertes réelles.</p>
<p><span id="more-2065"></span></p>
<p>
Le <em>trader</em>, en effet, intervenait sur le marché des <em>futures</em>. Ce qui signifie qu&#8217;il passait des contrats à terme en spéculant sur l&#8217;évolution du prix du référent. Il avait omis, cependant, de couvrir ses positions, de sorte que la Société Générale se trouvait engagée pour des montants importants<sup>[<a href="#pnote-776-1" id="rev-pnote-776-1">1</a>]</sup>. Ceci, cependant, ne suffit pas à explique pas les pertes.</p>
<p>En effet, le contrat <em>à terme</em> se dénoue à un horizon fixé par avance<sup>[<a href="#pnote-776-2" id="rev-pnote-776-2">2</a>]</sup>&nbsp;; quelques semaines en principe.</p>
<p>Notre joueur avait donc passé en début d&#8217;année des contrats à terme sur indices en spéculant à la hausse de ces derniers. Les premiers jours de janvier montrèrent que les indices chutaient lourdement &#8211; environ 12 à 15 % sur la période, ce qui n&#8217;est pas mince. En conséquence de quoi, la Société Générale risquait de faire face à des engagements encore plus considérables au terme. </p>
<p>
D&#8217;où l&#8217;inquiétude des dirigeants.</p>
<p>D&#8217;où leur <a href="https://www.offre2.societegenerale.fr/liv/EIF/fichier/00014096.pdf">réaction</a>&nbsp;: déboucler les positions pour éviter l&#8217;aggravation des risques.</p>
<p><a href="http://www.ft.com/cms/s/0/d56e27a8-cab1-11dc-a960-000077b07658,dwp_uuid=7feb1620-ca88-11dc-a960-000077b07658.html">Problème</a>, les risques de pertes au jour de la décision s&#8217;élevaient à 1,5 milliard d&#8217;euros. Mais du fait des remarquables résultats des indices européens lundi et mardi, celles-ci se haussèrent à près de 5 milliards.</p>
<p>Autrement dit, l&#8217;on est passé d&#8217;un <em><strong>risque de perte</strong></em> de 1,5 milliard ou plus à une <em><strong>perte certaine</strong></em> de plus du triple.</p>
<p>Mieux encore, en dénouant ses positions sur l&#8217;indice, la Société Générale a peut-être accru la baisse de son titre et celle des indices &#8211; alors porté par les valeurs bancaires&nbsp;; en sorte qu&#8217;elle a nourri ses propres pertes sur les <em>futures</em>.</p>
<p>Autant dire que ce sont les décisions des dirigeants de la Société Générale qui ont causé les <em>pertes effectives</em>.</p>
<p>Quant à savoir si les pertes auraient été inférieures ou supérieures, on en jugera aux échéances des contrats à terme<sup>[<a href="#pnote-776-3" id="rev-pnote-776-3">3</a>]</sup>. </p>
<p>
Bien sûr, je n&#8217;aurais pas aimé être à la place des dirigeants&nbsp;; et je concède que le maintien d&#8217;une position haussière dans  un environnement turbulent <em>et</em> tendanciellement baissier constituait un risque inquiétant.</p>
<p>Mais il reste que la Société Générale a largement participé à son propre dommage. Et qu&#8217;elle a beau jeu de se défausser sur l&#8217;imprudence et les manoeuvres de son employé. </p>
<p>
Au fait, un mot sur les actionnaires de la Société Générale.</p>
<p>Ceux-ci sont censés supporter les pertes de la société. De surcroît la chute de la valeur du titre ne constitue pas pour eux, en principe, un préjudice réparable. En effet, les juges considèrent que la perte de valeur affecte tous les actionnaires, en sorte que le dommage subi n&#8217;est pas personnel.</p>
<p>En conséquence de quoi, nonobstant les fautes des dirigeants<sup>[<a href="#pnote-776-4" id="rev-pnote-776-4">4</a>]</sup>, il est fort douteux que les actionnaires fussent réparés de la perte de valeur de leur titre. </p>
<p></p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-776-1" id="pnote-776-1">1</a>] En tant qu&#8217;arbitragiste, il était censé prendre des positions à moyen terme couvertes par d&#8217;autres position de court terme sur d&#8217;autres marchés ; les maigres différences d&#8217;ajustement constituant la rémunération de l&#8217;arbitragiste.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-776-2" id="pnote-776-2">2</a>] Quoique les <em>pertes potentielles</em> &#8211; au gré de lévolution du référent &#8211; sur <em>futures</em> soient appelées chaque soir par une chambre de compensation.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-776-3" id="pnote-776-3">3</a>] En tenant compte de ce que les actes de la Société Générale ont pesé sur l&#8217;indice.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-776-4" id="pnote-776-4">4</a>] On pourra leur imputer celle de la supervision de l&#8217;employé indélicat.</p>
</div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Faut-il contrôler les banques davantage ?</title>
		<link>http://dinersroom.eu/2063/faut-il-controler-les-banques-davantage/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/2063/faut-il-controler-les-banques-davantage/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 Jan 2008 12:21:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://localhost/wordpress/?p=2063</guid>
		<description><![CDATA[<blockquote><p><em>- Oui, et plutôt deux fois qu'une</em>, répondra-t-on en France, en se scandalisant parfois que les banques ne fussent plus nationalisées.</p></blockquote> <blockquote><p><em>- Il faut certainement définir des règles plus adaptées</em>, osera-t-on ailleurs sous l'averse d'incertitudes qui a saisi la finance mondiale depuis l'été dernier.</p></blockquote> <blockquote><p><em>- A quoi bon</em>, hésiteront les sceptiques.</p></blockquote> <p>Il faut dire que l'actualité économique invite à la question&#160;; et poser une telle question, c'est souvent y répondre.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><em>- Oui, et plutôt deux fois qu&#8217;une</em>, répondra-t-on en France, en se scandalisant parfois que les banques ne fussent plus nationalisées.</p>
</blockquote>
<blockquote><p><em>- Il faut certainement définir des règles plus adaptées</em>, osera-t-on ailleurs sous l&#8217;averse d&#8217;incertitudes qui a saisi la finance mondiale depuis l&#8217;été dernier.</p>
</blockquote>
<blockquote><p><em>- A quoi bon</em>, hésiteront les sceptiques.</p>
</blockquote>
<p>Il faut dire que l&#8217;actualité économique invite à la question&nbsp;; et poser une telle question, c&#8217;est souvent y répondre.</p>
<p><span id="more-2063"></span></p>
<p>
Il est un fait que le secteur bancaire exerce sur les États une forme de chantage subtil qui peut se résumer ainsi&nbsp;:</p>
<blockquote><p><em>- Si vous ne nous aidez pas, nous mettons vos électeurs sur la paille.</em></p>
</blockquote>
<p>Car lorsqu&#8217;une banque souffre de difficultés financières, ce sont les déposants qui risquent de perdre leurs fonds. </p>
<p>
Bref retour sur le principe de l&#8217;activité bancaire.</p>
<p>La pulpe en est l<em>&#8216;intermédiation</em>&nbsp;: Les banques collectent l&#8217;épargne des ménages sous forme de dépôts et prêtent ces fonds aux emprunteurs&nbsp;: ménages, entreprises et administrations. Elles assurent donc un rôle d&#8217;intermédiaire entre les épargnants et les investisseurs.</p>
<p>Si une banque fait faillite, les clients déposants peuvent perdre leurs deniers engloutis dans la masse des pertes. Autant dire que les autorités politiques ne goûtent guère les difficultés des banques.</p>
<p>Ajoutez à cela que les établissements de crédit sont fortement dépendants les uns des autres. Ils se prêtent des sommes importantes sur le marché monétaire et entretiennent des liens plus étroits par le biais de participations. De la sorte, les risques pesant sur une seule banque peuvent affecter l&#8217;ensemble du système bancaire par effet de dominos. Une hypothèse que les autorités publiques détestent plus encore.</p>
<p>Et les banques savent jouer du risque qu&#8217;elles font peser par leur fragilité sur l&#8217;ensemble de l&#8217;économie. </p>
<p>
Les juristes le savent bien, qui connaissent la jurisprudence des lois dites de &laquo;&nbsp;<em>validation</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Les dispositions protectrices du consommateurs prévoyaient que certaines mentions relatives aux tableaux d&#8217;amortissement devaient figurer dans les offres de prêt immobilier. N&#8217;écoutant que leur nonchalance, un certain nombre d&#8217;établissements bancaires avaient cru bon ne pas devoir les respecter.</p>
<p>La Cour de cassation s&#8217;avisa que le non respect de cette obligation devait entraîner la nullité des prêts. En conséquence de quoi, les emprunteurs n&#8217;étaient plus astreints au paiement des intérêts. Sans désemparer, les banques vinrent geindre devant les autorités politiques pour qu&#8217;elles pallient les effets de leur impéritie. S&#8217;en suivit la loi du 16 avril 1987 et son article 87 &#8211; I<sup>[<a href="#pnote-774-1" id="rev-pnote-774-1">1</a>]</sup> qui prévoyait que lesdites offres de prêt étaient &laquo;&nbsp;<em>réputée régulières</em>&laquo;&nbsp;, nonobstant leur contrariété aux textes.</p>
<p>C&#8217;était une <em>loi de validation</em>, qui rendait valide ce qui avait été jugé nul.</p>
<p>S&#8217;engagea dès lors une série de procédures visant à démontrer qu&#8217;une telle loi était contraire à la Convention européenne des droits de l&#8217;homme. Ce que la Cour européenne des droits de l&#8217;homme admit<sup>[<a href="#pnote-774-2" id="rev-pnote-774-2">2</a>]</sup>, suivie par la Cour de cassation dans un arrêt d&#8217;assemblée plénière du 23 janvier 2004<sup>[<a href="#pnote-774-3" id="rev-pnote-774-3">3</a>]</sup>. Les lois de validation ne s&#8217;appliquent pas dans les instances judiciaires en cours, sauf <em>impérieux motif d&#8217;intérêt général</em>. Et la Cour de cassation jugea le <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&amp;idTexte=JURITEXT000007045782&amp;fastReqId=1316502121&amp;fastPos=3">23 avril 2003</a> &laquo;&nbsp;<em>qu&#8217;obéit à d&#8217;impérieux motifs d&#8217;ordre général l&#8217;intervention du législateur destinée, par l&#8217;adoption de la loi du 12 avril 1996, à aménager les effets d&#8217;une jurisprudence de nature à <strong>compromettre la pérennité des activités bancaires</strong> dans le domaine du crédit immobilier</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Une position que n&#8217;a pas manqué de critiquer la Cour européenne des droits de l&#8217;homme dans un <a href="http://cmiskp.echr.coe.int////tkp197/viewhbkm.asp?action=open&amp;table=F69A27FD8FB86142BF01C1166DEA398649&amp;key=12198&amp;sessionId=4910049&amp;skin=hudoc-fr&amp;attachment=true">arrêt</a> <em>Lecarpentier c. France</em> du 14 février 2006&nbsp;:</p>
<blockquote><p><em>En tout état de cause, dans les faits de l’espèce, aucun élément ne vient étayer l’argument selon lequel l’impact aurait été d’une telle importance que l’équilibre du secteur bancaire et l’activité économique en général auraient été mis en péril. (&#8230;) Outre l’absence d’évaluation crédible du coût virtuel des procédures en cours et futures, lesquelles n’ont pas davantage été recensées, force est de constater que la question ne concernait que certaines banques, à savoir celles qui n’avaient pas respecté l’obligation prévue par l’article L. 312-8 du code de la consommation. Par ailleurs, lesdites banques n’étaient pas directement exposées à un paiement de dommages-intérêts ou de pénalités, mais principalement à un remboursement de sommes préalablement perçues de leurs clients. De fait, si les bénéfices des établissements concernés auraient pu souffrir de l’absence de la loi, il n’est pas établi que leur survie et, a fortiori, l’équilibre général de l’économie nationale, auraient été menacés.</em></p>
</blockquote>
<p>En bref, les banques ont agité le risque systémique et le législateur s&#8217;est précipité pour leur complaire. </p>
<p>
Cela signifie-t-il que les banques échappent à tout contrôle&nbsp;?</p>
<p>Loin de là. La liste des autorités de contrôle des banques est longue comme les sanglots des violons de l&#8217;automne. De la commission bancaire à la Banque de France, en passant par l&#8217;AMF.</p>
<p>Alors, d&#8217;où vient le problème&nbsp;?</p>
<p>Pour une part, il vient de ce que les banques ont développé depuis les années 80&#8242; une activité financière qui dépasse de très loin le rôle classique d&#8217;intermédiation. Elles interviennent sur les marchés financiers, avec les risques que cela suppose.</p>
<p><em><strong>Somme toute, les banques adossent des activités très lucratives et risquées sur une mission d&#8217;intérêt public qu&#8217;est la collecte de l&#8217;épargne et le crédit</strong></em>. De sorte qu&#8217;elles peuvent adopter des positions un peu trop risquées sur les marchés financiers en comptant sur la crainte des autorités politique quant à leur activité d&#8217;intermédiation.</p>
<p>Ou, comme <a href="http://www.ft.com/cms/s/0/73a891b4-c38d-11dc-b083-0000779fd2ac.html">l&#8217;écrit</a> Martin Wolf dans le Financial Times&nbsp;:</p>
<blockquote><p><em>Aucune autre activité n&#8217;a un talent comparable pour privatiser les gains et socialiser les pertes.</em><sup>[<a href="#pnote-774-4" id="rev-pnote-774-4">4</a>]</sup></p>
</blockquote>
<p>Alors, certes, les États et le système financier se sont essayées aux règles dites &laquo;&nbsp;<em>prudentielles</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Il s&#8217;agit, pour l&#8217;essentiel, de prescrire aux établissement de crédits le respect de <em>ratios</em> comptables qui imposent de limiter leurs risques et engagements au regard de leurs fonds propres. Entendez par là que les banques doivent pouvoir maintenir leur capacité à répondre aux engagements qu&#8217;elles prennent.</p>
<p>Mais l&#8217;ingéniosité des financiers ne semble connaître guère de limites. C&#8217;est ainsi que les instruments de titrisation ont permis aux institutions financières d&#8217;échapper aux exigences prudentielles&nbsp;; une technique juridique au service d&#8217;un jeu comptable<sup>[<a href="#pnote-774-5" id="rev-pnote-774-5">5</a>]</sup>. Et ce qui devait arriver arrive&nbsp;: se soustraire aux instruments de mesure du risque ne fait pas disparaître le risque. De sorte que celui-ci se réalise avec, en prime, un remarquable degré d&#8217;incertitude sur son ampleur. Et les banques paient au multiple le fait d&#8217;avoir voulu échapper aux règles de transparence.</p>
<p>Enfin&#8230; Elles ne paient pas seules.</p>
<p>Car les institutions politiques et les autorités bancaires se doivent d&#8217;assister les banques pour ne pas qu&#8217;elles perdent trop. </p>
<p></p>
<blockquote><p><em>La solution résidera-t-elle dans un renforcement de la régulation bancaire ?</em></p>
</blockquote>
<p>Sans doute, mais avec quelques questions.</p>
<p>Martin Wolf, encore, soutient que la régulation est sans cesse devancée par les acteurs du jeu financier.</p>
<blockquote><p><em>C&#8217;est un jeu d&#8217;enfant pour des spécialistes de la finance brillants et motivés de jouer avec la régulation pour son bénéfice.</em><sup>[<a href="#pnote-774-6" id="rev-pnote-774-6">6</a>]</sup></p>
</blockquote>
<p>Mais il propose une piste intéressante&nbsp;: il faut que les banques soient incitées à se comporter avec prudence. Et plus précisément, il faut que ces incitations pèsent sur ceux qui travaillent pour les banques. Aujourd&#8217;hui, en effet, la rémunération des acteurs est indexée sur les profits de court terme&nbsp;:</p>
<blockquote><p><em>En payant des primes considérables sur la base des performances de court terme dans un système ou les primes négatives sont impossibles, les banques créent d&#8217;énormes incitation à déguiser la prise de risque en création de valeur.</em><sup>[<a href="#pnote-774-7" id="rev-pnote-774-7">7</a>]</sup></p>
</blockquote>
<p>Ce dont la <a href="http://www.lefigaro.fr/societes-francaises/2008/01/24/04010-20080124ARTFIG00324-la-societe-generale-victime-d-une-gigantesque-fraude-.php">mésaventure</a> de la Société Générale témoigne. Si l&#8217;un de ses traders a pris soin de tromper la vigilance de ses superviseurs pour prendre des position sur des marchés d&#8217;option<sup>[<a href="#pnote-774-8" id="rev-pnote-774-8">8</a>]</sup>, c&#8217;est que sa rémunération en valait la peine. En sorte qu&#8217;elle peut crier à la fraude et sanctionner la chaîne de contrôle, il reste que les uns et les autres étaient conduits à prendre des risques pour maximiser leur rémunération.</p>
<p>D&#8217;où l&#8217;idée de réglementer les modes de rémunération des acteurs des marchés financiers. En effet, laisser les banques agir d&#8217;elles-même conduirait des jeux non coopératifs<sup>[<a href="#pnote-774-9" id="rev-pnote-774-9">9</a>]</sup>. </p>
<p>
L&#8217;idée peut paraître quelque peu excentrique et teintée d&#8217;un esprit punitif, mais Martin Wolf a raison.</p>
<p>L&#8217;intempérance des institutions financières fait peser un risque lourd sur la pérennité même des économies de marché.</p>
<p>Il n&#8217;est que temps de considérer le rôle des intermédiaires financiers avec lucidité&nbsp;; sans haine ni rage&nbsp;; mais sans aveuglement sur le rôle que nous voulons leur voir tenir. </p>
<p><strong>A lire :</strong> martin Wolf, <em><a href="http://www.ft.com/cms/s/0/73a891b4-c38d-11dc-b083-0000779fd2ac.html">Regulators should intervene in bankers’ pay</a></em> </p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-774-1" id="pnote-774-1">1</a>] &laquo;&nbsp;<em>Sous réserve des décisions de justice passées en force de chose jugée, les offres de prêts mentionnées à l&#8217;article L. 312-7 du code de la consommation et émises avant le 31 décembre 1994 sont réputées régulières au regard des dispositions relatives à l&#8217;échéancier des amortissements prévues par le 2o de l&#8217;article L. 312-8 du même code, dès lors qu&#8217;elles ont indiqué le montant des échéances de remboursement du prêt, leur périodicité, leur nombre ou la durée du prêt, ainsi que, le cas échéant, les modalités de leur variation.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-774-2" id="pnote-774-2">2</a>] Dans une autre matière que bancaire, cependant.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-774-3" id="pnote-774-3">3</a>] En matière de baux immobiliers.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-774-4" id="pnote-774-4">4</a>] &laquo;&nbsp;<em>No industry has a comparable talent for privatising gains and socialising losses. </em>&laquo;&nbsp;</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-774-5" id="pnote-774-5">5</a>] Pour ce que j&#8217;en ai compris, les actifs constitués par les participations titrisées ne sont pas soumis à la même méthode de traitement que les créances d&#8217;emprunts hypothécaires.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-774-6" id="pnote-774-6">6</a>] &laquo;&nbsp;<em>It is child’s play for brilliant and motivated insiders to game such regulation for their benefit.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-774-7" id="pnote-774-7">7</a>] &laquo;&nbsp;<em>By paying huge bonuses on the basis of short-term performance in a system in which negative bonuses are impossible, banks create gigantic incentives to disguise risk-taking as value-creation.</em>&laquo;&nbsp;</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-774-8" id="pnote-774-8">8</a>] Les plus risqués en passant.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-774-9" id="pnote-774-9">9</a>] &laquo;&nbsp;<em>Yet individual institutions cannot change their systems of remuneration on their own, without losing talented staff to the competition. So regulators may have to step in. The idea of such official intervention is horrible, but the alternative of endlessly repeated crises is even worse.</em>&laquo;&nbsp;</p>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Le capitalisme fuit de tous côtés</title>
		<link>http://dinersroom.eu/2005/le-capitalisme-fuit-de-tous-cotes/</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Nov 2007 16:01:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Prix du livre de l'économie du Sénat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Ou, plutôt, il présente quelque désordre, si l'on en croît Michel Aglietta et Laurent Berrebi.</p> <p>Les <em><a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/aglietta.html">désordres dans le capitalisme mondial</a></em>, proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/index.html">Prix du livre de l'économie du Sénat</a>, offrent des pages roboratives au lecteur - peut-être un peu denses au lecteur pressé.</p> <p>Mais là est l'avantage, on pourra y revenir.</p> <p>L'ouvrage présente un tableau stylisé de l'économie mondiale, des États-Unis à la Chine, en passant par la vieille Europe et le Japon vieillissant. Face aux déséquilibres qui s'amoncellent, nuages sombres et clartés, les auteurs s'efforcent d'avancer quelques instruments de stabilisation.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ou, plutôt, il présente quelque désordre, si l&#8217;on en croît Michel Aglietta et Laurent Berrebi.</p>
<p>Les <em><a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/aglietta.html">désordres dans le capitalisme mondial</a></em>, proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/index.html">Prix du livre de l&#8217;économie du Sénat</a>, offrent des pages roboratives au lecteur &#8211; peut-être un peu denses au lecteur pressé.</p>
<p>Mais là est l&#8217;avantage, on pourra y revenir.</p>
<p>L&#8217;ouvrage présente un tableau stylisé de l&#8217;économie mondiale, des États-Unis à la Chine, en passant par la vieille Europe et le Japon vieillissant. Face aux déséquilibres qui s&#8217;amoncellent, nuages sombres et clartés, les auteurs s&#8217;efforcent d&#8217;avancer quelques instruments de stabilisation.</p>
<p><span id="more-2005"></span></p>
<p>
<strong>I. -</strong> Tout commence par un état des lieux&nbsp;: La crise asiatique de 1997 &#8211; 1998 a sensiblement modifié le capitalisme contemporain.</p>
<p>Les <em><strong>pays émergents</strong></em> se sont engagés dans un processus de croissance appuyé sur des formidables capacités de production, suivis en cela par les entreprises des pays développés ont développés, au cours de la décennie 1990 &#8211; 2000. Mais la demande n&#8217;a pas été en mesure de répondre la croissance de l&#8217;offre<sup>[<a href="#pnote-712-1" id="rev-pnote-712-1">1</a>]</sup>, de sorte que l&#8217;on se trouve durablement engagé dans une situation de <em><strong>surcapacités de production</strong></em>. Ce qui conduit à une forte pression baissière sur les prix des produits<sup>[<a href="#pnote-712-2" id="rev-pnote-712-2">2</a>]</sup>.</p>
<p>Si l&#8217;on ajoute à cela la pression qui en résulte sur les salaires<sup>[<a href="#pnote-712-3" id="rev-pnote-712-3">3</a>]</sup>, les auteurs observent que l&#8217;environnement économique est devenu <em><strong>déflationniste</strong></em>. Autrement dit, les pressions qui s&#8217;exercent sur l&#8217;activité économique pèsent sur les prix<sup>[<a href="#pnote-712-4" id="rev-pnote-712-4">4</a>]</sup>. </p>
<p>
Cette tendance s&#8217;est accompagnée d&#8217;une évolution culturelle, soutiennent M. Aglietta et L. Berrebi, caractérisée par l&#8217;exigence de &laquo;&nbsp;<em>création de valeur pour l&#8217;actionnaire ou <strong>valeur actionnariale</strong></em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Ce principe veut que les dirigeants maximisent l&#8217;utilité des actionnaires&nbsp;; ce qui se traduit par une préférence pour les <em>dividendes</em> contre la rémunération du <em>travail</em> ou l<em>&#8216;investissement</em> de capacité. Et par une attention effervescente portée au cours de bourse. Il s&#8217;ensuit que pour maintenir leur consommation, les ménages ont eu recours à l&#8217;endettement, de façon plus ou moins massive selon les régions. Ils ont de surcroît, ès qualité de clients, exercé des pressions à la baisse sur les prix.</p>
<p>Autrement dit, le principe de la valeur actionnariale a pour effet de substituer la distribution de crédits<sup>[<a href="#pnote-712-5" id="rev-pnote-712-5">5</a>]</sup> à la distribution de revenus et de conforter les tendances déflationnistes. </p>
<p>
La <em><strong>finance</strong></em><sup>[<a href="#pnote-712-6" id="rev-pnote-712-6">6</a>]</sup> est caractérisée par le développement des <em>hedge funds</em>. Les fonds spéculatifs s&#8217;efforcent d&#8217;obtenir des meilleures performances que celles des marchés dans leur ensemble. Or, ils collectent une part de plus importante de l&#8217;épargne du public<sup>[<a href="#pnote-712-7" id="rev-pnote-712-7">7</a>]</sup> et n&#8217;ont pas une gestion contrainte par des règles prudentielles. En bref, un facteur de risque pour le système financier.</p>
<p>L&#8217;étude des <em><strong>systèmes bancaires</strong></em> démontre une grande diversité, caractérisée par la relative solidité des banques anglo-saxonnes et la fragilité des banques japonaises et européennes. Ces dernières, en particulier, ne bénéficient pas d&#8217;un système intégré tel que l&#8217;est le système américain&nbsp;; de sorte qu&#8217;elles ne sont pas aussi fortement dissuadées d&#8217;adopter des comportement risqués<sup>[<a href="#pnote-712-8" id="rev-pnote-712-8">8</a>]</sup>. </p>
<p>
<strong>II. -</strong> A la suite de ce panorama, les auteurs dégagent les principales politiques économiques des grandes régions du Monde.</p>
<p>Les <em><strong>États-Unis</strong></em> se caractérisent par un transfert massif de l&#8217;endettement des entreprises aux ménages. Parallèlement, les inégalités de revenus et d&#8217;opportunités sociales se sont accrues sur les trente dernières années. Une politique budgétaire appuyée sur la réduction de l&#8217;impôt a durablement aggravé le déficit public et l&#8217;endettement de l&#8217;État, ce qui pourrait à terme obérer la croissance économique.</p>
<p>Mais de ce bilan en demi-teinte<sup>[<a href="#pnote-712-9" id="rev-pnote-712-9">9</a>]</sup>, les auteurs sauvent la politique monétaire d&#8217;Alan Greenspan, dont ils louent la finesse, la subtilité, et le volontarisme. Ceci au service de la préservation de la stabilité du système financier et de l&#8217;économie dans son ensemble. </p>
<p>
&laquo;&nbsp;<em><strong>L&#8217;Europe</strong> en déshérence</em>&laquo;&nbsp;, titrent M. Aglietta et L. Berrebi. Ce n&#8217;est certes pas un compliment. Pour faire simple, la croissance de la zone euro est médiocre&nbsp;; une situation traitée par une solide absence de politique économique.</p>
<p>Pour les auteurs, le modèle social n&#8217;est nullement une condition de la croissance. En revanche, l&#8217;absence de politiques structurelles &#8211; et en particulier l&#8217;investissement dans l&#8217;innovation &#8211; justifierait une action qui n&#8217;est pas menée. Et de déplorer le manque de coordination des nations européennes &#8211; voire la concurrence interne à l&#8217;Union &#8211; aussi bien que la médiocrité de la gestion des instances de l&#8217;Union &#8211; Commission et BCE. </p>
<p>
Le cas <em><strong>japonais</strong></em> se caractérise par un environnement déflationniste et récessif de moyen terme &#8211; depuis 1990 &#8211; et une politique économique erratique et relativement inefficace jusqu&#8217;au début du siècle.</p>
<p>Mais des changements structurels ont été introduits, en particulier dans le système bancaire. Indépendance des organismes de supervision et organisation de la prise en charge des créances douteuses, qui minaient le système financier nippon depuis dix ans. Le Japon bénéficie cependant &#8211; à la différence de l&#8217;Europe &#8211; d&#8217;une structure productive orientée vers l&#8217;innovation&nbsp;; en particulier dans le domaine des énergies renouvelables. Ce qui est prometteur pour l&#8217;avenir. A condition cependant que les effets d&#8217;une population déclinante puissent être compensés. </p>
<p>
La <em><strong>Chine</strong></em>, finalement, présente une évolution favorable, pilotée avec habileté par les autorités étatiques.</p>
<p>La libéralisation très progressive et très attentive de l&#8217;économie a évité les crises de croissances qu&#8217;ont pu rencontrer les pays de l&#8217;Est en reconversion. Et le système est peu à peu ajusté pour répondre à une intégration dans le capitalisme mondial. Et si les déséquilibres perdurent aujourd&#8217;hui dans le système financier et l&#8217;économie rurale, les politiques économiques s&#8217;efforcent d&#8217;initier des réformes profitables.</p>
<p>En somme, le rattrapage de l&#8217;économie chinoise devrait se faire sans guère de heurts. </p>
<p>
<strong>III. -</strong> Michel Agglietta et Laurent Berrebi poursuivent par l&#8217;analyse des interactions mondiales.</p>
<p>Sur les <em><strong>déséquilibres financiers</strong></em>, ils retiennent la congruence de la déficience de l&#8217;épargne américaine et de l&#8217;abondance de l&#8217;offre des pays asiatiques et des pays producteurs de pétrole. Il convient de noter, à cet égard, qu&#8217;ils attribuent la plus grande part du déséquilibre à la structure de l&#8217;économie américaine. Mais, ajoutent-ils, le déficit courant américain ne peut poursuivre son accroissement<sup>[<a href="#pnote-712-10" id="rev-pnote-712-10">10</a>]</sup>. Car les conditions d&#8217;une croissance suffisante pour rendre le déficit public tolérable sont loin d&#8217;être vérifiées à moyen et long terme.</p>
<p>Il faudra donc un <em><strong>ajustement</strong></em>. Celui-ci doit procéder d&#8217;une dévaluation du dollar face au monnaies asiatiques tout autant que d&#8217;une réappréciation de la monnaie américaine vis à vis de l&#8217;euro. Il suppose le ralentissement de la demande américaine et l&#8217;accroissement de la demande mondiale, de la zone asiatique comme de la zone euro. </p>
<p>
Les auteurs envisagent deux possibilités.</p>
<p>Dans le <strong>premier scénario</strong> &#8211; celui de la <em><strong>correction en douceur</strong></em>, la <em>politique monétaire</em> est mise au service de la restauration de l&#8217;épargne privée américaine. La <em>politique budgétaire</em> vise à réduire le déficit public. Le reste du monde doit pourvoir au ralentissement de la demande américaine par des politiques de relance en Europe et au Japon, aussi bien que par une réévaluation du Yuan par la Chine. Il s&#8217;en suivrait une baisse progressive des taux d&#8217;intérêt long et une hausse des marchés d&#8217;action.</p>
<p>Dans le <strong>second scénario</strong> &#8211; celui de la <em><strong>crise</strong></em> &#8211; deux causes peuvent entraîner un ajustement brutal. L&#8217;atonie de la <em>demande mondiale</em> ne permettra pas aux États-Unis de maintenir leur croissance en diminuant son déficit. Ceci peut résulter de la surévaluation <em>durable</em> de l&#8217;euro face au dollar et des effets récessifs qui résulteraient du sous-emploi. Par ailleurs, la crise immobilière aux États-Unis porte des risques de crise financière qui conduiraient à une baisse de la croissance accompagnée de taux maintenus élevés, d&#8217;un déficit budgétaire explosif et de la chute des marchés d&#8217;action. Il en résulterait un fort affaiblissement de l&#8217;économie mondiale<sup>[<a href="#pnote-712-11" id="rev-pnote-712-11">11</a>]</sup>. </p>
<p>
L&#8217;un des problèmes principaux, soulignent Michel Aglietta et Laurent Berrebi, provient des dysfonctionnements monétaires liés au <em><strong>semi-étalon dollar</strong></em>. En effet, pour absorber l&#8217;endettement américain, les autres régions accumulent les créances en dollar, ce qui conduit à une surliquidité de la devise de référence. Or, les risques de cette surliquidité sont compensés par des interventions des banques centrales qui alimentent le processus. Mais la stabilité financière a le caractère de <em>bien public</em> qu&#8217;il convient de préserver.</p>
<p>La solution, préconisent-ils, consiste dans un renforcement des autres devises &#8211; par exemple l&#8217;euro. Mais ceci ne peut intervenir que dans un <em>contexte coopératif</em> des systèmes financiers, ce qui suppose des changements institutionnels dans la gouvernance monétaire internationale, <em>via</em> la redéfinition du rôle du FMI, qui doit assurer des fonctions d&#8217;autorité de régulation<sup>[<a href="#pnote-712-12" id="rev-pnote-712-12">12</a>]</sup> et une organisation institutionnalisée de la coopération des banques centrales. </p>
<p>
<strong>IV. -</strong> Les auteurs concluent sur les situations européenne et françaises.</p>
<p>Ils critiquent vivement l&#8217;absence de coordination <em>budgétaire</em> des états-membres de l&#8217;Union, tout autant que la modestie et l&#8217;imprévoyance de la <em>politique monétaire</em> de la BCE. Ils font valoir que les politiques structurelles d&#8217;innovation exigent une demande dynamique, ce qu&#8217;interdit le fonctionnement actuel de l&#8217;Union. De là qu&#8217;adviennent des choix non coopératifs comme l&#8217;augmentation de la TVA en Allemagne.</p>
<p>Concernant la France, Michel Aglietta et Laurent Berrebi insistent sur le problème de l<em>&#8216;<strong>innovation</strong></em><sup>[<a href="#pnote-712-13" id="rev-pnote-712-13">13</a>]</sup>. La <em>recherche et le développement</em> peinent à prospérer dans les entreprises, faute de structure de bilan adaptée et de l&#8217;impulsion suffisante de la puissance publique. Si l&#8217;on ajoute à cela un système éducatif déliquescent, et peu tourné vers les besoins de l&#8217;économie, on conçoit que le taux de croissance potentiel de la France s&#8217;amenuise à merci<sup>[<a href="#pnote-712-14" id="rev-pnote-712-14">14</a>]</sup>. </p>
<p>
<strong>VI. -</strong> Après ce très long compte rendu, quelques observations.</p>
<p>Si l&#8217;on doit résumer l&#8217;ouvrage à la hache, on peut dire que les déséquilibres de l&#8217;économie mondiale résultent de trois facteurs&nbsp;:</p>
<p>- La part croissante des <em><strong>économies émergentes</strong></em> dans la production mondiale de biens et services. La croissance de l&#8217;offre qui n&#8217;est pas appuyée sur une demande interne soutenue mais sur des salaires faibles, porte des <em><strong>tensions déflationnistes</strong></em>.</p>
<p>- La <em><strong>valeur actionnariale</strong></em> qui pousse les entreprises à privilégier la rémunération des apporteurs de capitaux contre les salariés et accroît encore les tension déflationnistes. Les salariés, qui sont aussi consommateurs, exigent des prix bas dans un contexte d&#8217;offre abondante et entretiennent la tendance.</p>
<p>- La faiblesse des <em><strong>politiques publiques</strong></em> et l&#8217;absence de <em>coordination</em> des autorités qui les conduisent. Celles-ci privilégient &#8211; au mieux &#8211; les risques internes de court terme au détriment des risques de déséquilibre qui s&#8217;accroissent. </p>
<p>
Sauf les &#8211; inévitables et nécessaires &#8211; réserves d&#8217;appréciation<sup>[<a href="#pnote-712-15" id="rev-pnote-712-15">15</a>]</sup>, on peut souscrire au diagnostic très documenté des auteurs. Aussi bien, du reste, qu&#8217;aux solutions qu&#8217;ils préconisent. En revanche, on peut faire valoir quelques interrogations.</p>
<p>La première tient à la <em><strong>valeur actionnariale</strong></em>&nbsp;: les actionnaires escomptent une rémunération de leur investissement supérieur à la croissance moyenne du marché. Ce qui conduit les entreprises à mener des politiques sous-optimales à moyen terme<sup>[<a href="#pnote-712-16" id="rev-pnote-712-16">16</a>]</sup>. Peut-être, mais l&#8217;on comprend mal pourquoi ces anticipations sur le moyen terme ne pourraient pas souffrir d&#8217;ajustements.</p>
<p>La <em>valeur actionnariale</em> est en effet fondé sur les espérances de agents. Mais compte tenu des conséquences qui en résultent en matière de sous-investissement, on peut difficilement imaginer que le modèle perdure. Un peu à la façon des analyses monétaristes, on peut parier au contraire sur un <strong>apprentissage</strong> des agents quant au rendement escompté de leurs investissements. En particulier lorsque ces anticipations sont menées par des acteurs institutionnels telles que les banques<sup>[<a href="#pnote-712-17" id="rev-pnote-712-17">17</a>]</sup>. Aussi bien l&#8217;évolution du système secrète peut-être ses formes d&#8217;ajustement. </p>
<p>
La <strong>seconde</strong> tient aux <em><strong>politiques économiques</strong></em> et leur <em><strong>coordination</strong></em>. En appeler aux politiques économiques supposent que les autorités trouvent un intérêt suffisant à les mener. Or, il est un fait que les autorités proprement politiques souffrent d&#8217;un horizon court termiste&nbsp;: celui des élections. Il n&#8217;y a donc pas plus de raison de s&#8217;en prendre à la valeur actionnariale &#8211; qui du reste peut s&#8217;ajuster &#8211; qu&#8217;à la <em>valeur électorale</em> &#8211; disons-le ainsi &#8211; qui affecte fort sûrement les décisions de politiques économique.</p>
<p>Ce sont donc sur les institutions non tributaires du &laquo;&nbsp;<em>contrôle démocratique</em>&nbsp;&raquo; &#8211; que les auteurs appellent pour la BCE par exemple &#8211; que doit reposer la stabilité du système. Car celles-ci ne subissent pas les incitations liées au renouvellement de leur mandat et l&#8217;exigence d&#8217;enchâsser leur politique dans un horizon triennal<sup>[<a href="#pnote-712-18" id="rev-pnote-712-18">18</a>]</sup>.</p>
<p>Sans doute les institutions sont nécessaires, mais rien n&#8217;exige que la source dût en être <em>politique</em>. On peut tout a fait imaginer que des autorités telles que les banques centrales constituent des <em><strong>institutions informelles</strong></em><sup>[<a href="#pnote-712-19" id="rev-pnote-712-19">19</a>]</sup>, qui assurent le fonctionnement coordonné du système. <em>Idem</em> des agents privés, qui, pour peu qu&#8217;ils bénéficient d&#8217;une structure suffisante, peuvent engendrer des mécanismes coopératifs&nbsp;: c&#8217;est ainsi que fonctionne l<em>&#8216;arbitrage</em> en matière de justice. Un système non institué par les états, qui fonctionne de façon efficiente parce que les agents ont tout intérêt. </p>
<p>
Et j&#8217;arrête ici, le courage d&#8217;écrire m&#8217;abandonnant&nbsp;; celui de me lire vous ayant sans doute abandonné depuis longtemps. </p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-1" id="pnote-712-1">1</a>] En raison de comportements spécifiques des pays émergents ; en raison de dégonflement de la bulle financière dans les pays développés.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-2" id="pnote-712-2">2</a>] Qui affecte elle-même la rentabilité des entreprises.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-3" id="pnote-712-3">3</a>] Et les exigences de désendettement des entreprises qui les poussent à abaisser leurs prix de vente.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-4" id="pnote-712-4">4</a>] Et ce, notent les auteurs, malgré la tendance à la hausse des matières premières, et en particulier du pétrole : elle n&#8217;a pour conséquence que d&#8217;affaiblir les marges des entreprises qui répercutent cette pression sur les salaires.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-5" id="pnote-712-5">5</a>] Avec la constitution de bulles sur les prix d&#8217;actifs, par exemple, immobiliers.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-6" id="pnote-712-6">6</a>] Je passe sur l&#8217;analyse des marchés boursiers et des taux longs ; pourtant stimulante et décisive.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-7" id="pnote-712-7">7</a>] Ne serait-ce que parce que les déposants traditionnels leur confient l&#8217;administration des fonds.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-8" id="pnote-712-8">8</a>] De surcroît, les procédures préventives n&#8217;ont pas été mises en place, à la différence des États-Unis.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-9" id="pnote-712-9">9</a>] Il faut voir le tableau européen.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-10" id="pnote-712-10">10</a>] Sans que la limite soit pour autant décelable.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-11" id="pnote-712-11">11</a>] Mais, notent les auteurs, au terme du demi-siècle, la croissance mondiale se maintiendra.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-12" id="pnote-712-12">12</a>] Notamment prudentielle.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-13" id="pnote-712-13">13</a>] Mais ils mentionnent également l&#8217;inadaptation de la politique de l&#8217;emploi, tournée vers la réduction des coûts des bas salaires, la politique familiale et le système social, corporatiste.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-14" id="pnote-712-14">14</a>] A comparer, de ce point de vue, avec les justifications apportées aux mouvement de contestation étudiants.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-15" id="pnote-712-15">15</a>] Que je n&#8217;ai pas la prétention de mener.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-16" id="pnote-712-16">16</a>] Cette analyse est contestée par Augustin Landier et David Thesmar dans &#8216;<a href="http://www.amazon.fr/Grand-M%C3%A9chant-March%C3%A9-D%C3%A9cryptage-fantasme/dp/2082105938">Le grand méchant marché</a>&nbsp;&raquo;, comme l&#8217;a évoqué <a href="http://www.leconomiste-notes.fr/dotclear/index.php">Matthieu P.</a>, lors du délicieux déjeuner au Sénat. En passant, un <a href="http://www.leconomiste-notes.fr/dotclear/index.php?2007/11/15/74-agliette-et-berrebi-shorter">note très critique</a> du même sur l&#8217;ouvrage de Michel Aglietta et Laurent Berrebi.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-17" id="pnote-712-17">17</a>] Qui ont vocation à détenir les <em>hedge funds</em>, si l&#8217;on en croit les auteurs.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-18" id="pnote-712-18">18</a>] En France, le temps que la politique se mette en place, et le temps de latence qui précède les élections suivantes pendant lequel les résultats sont discutés.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-19" id="pnote-712-19">19</a>] c&#8217;est du reste déjà le cas.</p>
</div>
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		<title>Le système Alain Minc</title>
		<link>http://dinersroom.eu/2004/le-systeme-alain-minc/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/2004/le-systeme-alain-minc/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 10 Nov 2007 17:06:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Prix du livre de l'économie du Sénat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><em>Petits conseils</em>, voici le titre du <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/mauduit.html">dernier opus</a> de Laurent Mauduit, finaliste sélectionné pour le <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/index.html">Prix des lecteurs du livre d'économie du Sénat</a>.</p> <p>L'ouvrage est né d'une rupture avec Le Monde&#160;; il porte l'empreinte d'une déception et l'auteur ne s'en cache pas.</p> <p>Laurent Mauduit entend décrire le <em>capitalisme à la française</em> saisi par les évolutions anglo-saxones à travers le destin et les pratiques d'un homme&#160;: Alain Minc.</p> <p>Ce dernier paraît naviguer d'une main sûre - mais parfois naufrageuse - au confluent d'une tradition de connivence héritée du capitalisme des grands corps et de la brutalité claire des managers anglo-saxons. Une hybridation de la noblesse d'État par la vigueur un peu aventureuse des pionniers.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Petits conseils</em>, voici le titre du <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/mauduit.html">dernier opus</a> de Laurent Mauduit, finaliste sélectionné pour le <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/index.html">Prix des lecteurs du livre d&#8217;économie du Sénat</a>.</p>
<p>L&#8217;ouvrage est né d&#8217;une rupture avec Le Monde&nbsp;; il porte l&#8217;empreinte d&#8217;une déception et l&#8217;auteur ne s&#8217;en cache pas.</p>
<p>Laurent Mauduit entend décrire le <em>capitalisme à la française</em> saisi par les évolutions anglo-saxones à travers le destin et les pratiques d&#8217;un homme&nbsp;: Alain Minc.</p>
<p>Ce dernier paraît naviguer d&#8217;une main sûre &#8211; mais parfois naufrageuse &#8211; au confluent d&#8217;une tradition de connivence héritée du capitalisme des grands corps et de la brutalité claire des managers anglo-saxons. Une hybridation de la noblesse d&#8217;État par la vigueur un peu aventureuse des pionniers.</p>
<p><span id="more-2004"></span></p>
<p>
L&#8217;auteur retrace la restructuration des grands groupes de la place de Paris au travers des interventions d&#8217;Alain Minc. De la chûte d&#8217;Antoine Zacharias à la prise de contrôle d&#8217;Havas, en passant par les péripéties de Saint-Gobain, Vinci, Bouygues, l&#8217;assistance à Carlo de Benedetti et Vincent Bolloré, et d&#8217;autres encore, il est dressé, par touches, un tableau de la guerre des firmes, faite de mariages, de batailles, de rapts et de potions empoisonnées.</p>
<p>Pour Alain Minc, il s&#8217;agit de favoriser les transactions &#8211; et les susciter souvent &#8211; en pesant par son expertise et sa créativité&nbsp;; mais aussi par l&#8217;image qu&#8217;il cultive et les réseaux qu&#8217;il construit. C&#8217;est un rôle d&#8217;entremetteur discret que décrit Laurent Mauduit, mâtinée de faiseur de roi et de conspirateur. </p>
<p>
Au centre des pratiques décrites, la question des <em><strong>conflits d&#8217;intérêts</strong></em>.</p>
<p>Conflit entre l&#8217;intérêt propre d&#8217;Alain Minc et de ses mandataires, lorsque celui-ci se fait rémunérer les conseils dispensés aux firmes qu&#8217;il administre<sup>[<a href="#pnote-709-1" id="rev-pnote-709-1">1</a>]</sup>. Ceci ressortit au domaine connu des juristes de droit commercial des <em>conventions réglementées</em>.</p>
<p>Conflit entre l&#8217;intérêt des parties lors d&#8217;une négociation lorsqu&#8217;Alain Minc participe aux instances dirigeantes des deux firmes, ou lorsqu&#8217;il se plaît à prodiguer des conseils aux dirigeants de l&#8217;une et l&#8217;autre. On renifle dans les pratiques décrites quelque parfum de déloyauté &#8211; voire de trahison.</p>
<p>Somme toute, l&#8217;action d&#8217;Alain Minc traduit davantage la persistance d&#8217;un jeu de connivences que celui de la modernité libérale. </p>
<p>
Quelques observations critiques.</p>
<p>Un problème premier problème tient au présupposé méthodologique.</p>
<p>La description journalistique des actions d&#8217;un homme ne permet pas toujours d&#8217;appréhender sûrement la <em>part du système</em>. Et l&#8217;on ne saurait, à la lecture, déterminer si Alain Minc constitue l&#8217;emblème du système, ou s&#8217;il a créé autour de sa seule personne une <em>singularité</em> qui trouble le fonctionnement du capitalisme français.</p>
<p>Il apparaît de fait comme un personnage attractif qui perturbe le jeu ordinaire des grands groupes par son influence sur l&#8217;élite dirigeante nationale. On comprend certes que le circuit des connivences inspire encore le déroulement des affaires, mais ceci est-il propre à l&#8217;élite française ?<sup>[<a href="#pnote-709-2" id="rev-pnote-709-2">2</a>]</sup> Et surtout, Alain Minc en est-il le produit le plus achevé ou constitue-t-il, par ses talents particuliers, un artefact singulier&nbsp;?</p>
<p>On peine à répondre à la question<sup>[<a href="#pnote-709-3" id="rev-pnote-709-3">3</a>]</sup>. Et en fait de système, il s&#8217;évince de l&#8217;ouvrage une forme d&#8217;inconsistance de l&#8217;élite économique française, fascinée par des graines d&#8217;originalité littéraire et des audaces stratégiques qui parfois virent au cataclysme.</p>
<p>En bref, si l&#8217;on peut faire le crédit à l&#8217;auteur de son point de départ, il est plus difficile de lui concéder celui de l&#8217;arrivée. </p>
<p>
Le second problème est relatif au prix du livre de l&#8217;économie du Sénat.</p>
<p>Sans rien enlever aux qualités intrinsèques de l&#8217;ouvrage, il ne m&#8217;apparaît pas que celui-ci peut prétendre à enrichir la culture économique.</p>
<p>On y renifle davantage de politique que d&#8217;économie. La conquête du pouvoir surplombe jusqu&#8217;à l&#8217;estomper les enjeux de la production ou du marché.</p>
<p>De surcroît, le domaine d&#8217;intervention d&#8217;Alain Minc se limite au grands groupes<sup>[<a href="#pnote-709-4" id="rev-pnote-709-4">4</a>]</sup>. Et il s&#8217;agit pour l&#8217;essentiel de favoriser les transactions et la restructuration des puissances industrielles et commerciales. L&#8217;on a du reste parfois le sentiment d&#8217;un jeu puéril de chaises musicales, où les places de dirigeants comptent davantage que les enjeux stratégiques.</p>
<p>Sans doute l&#8217;économie ne dédaigne-t-elle pas de travailler sur le fonctionnement des firmes. Mais il peut sembler exagérément réducteur de réduire l&#8217;action des grands groupes aux seules combinaisons de leurs dirigeants.</p>
<p>Exagérément réducteur et probablement trompeur. Car si le jeu d&#8217;ombres peut sans doute jeter quelque lumière sur des stratégies des firmes, il tend à distraire le regard des raisons plus vastes. En bref, il ne s&#8217;agit pas à proprement parler de la description du <em>système du capitalisme français</em>. Et peut-être le tableau nourrit-il l&#8217;idée que l&#8217;économie se résume aux ambitions de quelques uns, trop humains.</p>
<p>C&#8217;est ainsi, par exemple, le récit de la procédure pour plagiat instruit sur la personnalité d&#8217;Alain Minc, mais elle ne trouve guère de place dans l&#8217;explication du système économique. </p>
<p>
Ne disons pas, pour autant, l&#8217;ouvrage dépourvu d&#8217;enseignements ni de qualités. Mais j&#8217;hésite à le recommander pour diffuser la culture de l&#8217;économie dans l&#8217;espace public. </p>
<p>
<strong>NB :</strong> <a href="http://www.leconomiste-notes.fr/dotclear/index.php?2007/11/11/72-courte-note-de-lecture-petits-conseils-de-laurent-mauduit">Autres critiques</a> de même ordre dans les &nbsp;&raquo;notes d&#8217;un économiste.</p>
<p>La <a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2007/11/11/1072-prix-du-livre-d-economie-du-senat-laurent-mauduit-petits-conseils">lecture roborative</a> d&#8217;Alexandre Delaigue, chez les éconoclastes, apporte une critique originale et plutôt favorable à l&#8217;ouvrage. Avec, et c&#8217;est profitable, quelques références pour enrichir le propos de Laurent Mauduit.</p>
<p>Il me semble néanmoins que l&#8217;ouvrage profitera davantage au lecteur averti de quelques notions de science économique. A moins qu&#8217;on ne prenne la précaution de lire les analyses d&#8217;Alexandre. </p>
<p></p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-709-1" id="pnote-709-1">1</a>] Mais qu&#8217;il ne dirige pas. Membre du conseil de surveillance ou du conseil d&#8217;administration le plus souvent.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-709-2" id="pnote-709-2">2</a>] <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=5">L&#8217;ouvrage de Paul Jorion</a> tend à montrer que l&#8217;opacité n&#8217;est pas une spécialité nationale.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-709-3" id="pnote-709-3">3</a>] Laurent Mauduit souligne à plusieurs reprises combien la séduction d&#8217;Alain Minc repose sur une forme d&#8217;originalité.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-709-4" id="pnote-709-4">4</a>] Même si Laurent Mauduit montre que l&#8217;activité d&#8217;Alain Minc ne cesse pas aux marches du Palais Brongniart.</p>
</div>
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		<item>
		<title>La mondialisation au purgatoire</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1996/la-mondialisation-au-purgatoire/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/1996/la-mondialisation-au-purgatoire/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 05 Nov 2007 15:08:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Prix du livre de l'économie du Sénat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>La France est un pays de clochers.</p> <p>Ils peuplent encore, fantômes d'une éternité fragile, la mémoire</p> <p>Et si l'on devait, comme François Mitterrand en 1981, en dessiner l'image, nul doute que l'on trouverait la flèche rassurante. Alors, déjà, se jouait dans le creux des passions le combat terrible d'un avenir venu d'ailleurs et d'un présent anxieux.</p> <blockquote><p><em>L'enfer, ce n'est pas les autres !</em>, s'exclame Pierre Dockès dans un <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=4">bref essai</a> proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d'économie du Sénat 2007</a>.</p></blockquote> <p>En un mot&#160;: les difficultés dont souffre l'économie française ne sont pas, pour l'essentiel, dues à la mondialisation, mais à son adaptation lente. Aussi bien une politique protectionniste n'y pourrait changer goutte, sinon plonger la nation dans une sclérose coûteuse.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La France est un pays de clochers.</p>
<p>Ils peuplent encore, fantômes d&#8217;une éternité fragile, la mémoire</p>
<p>Et si l&#8217;on devait, comme François Mitterrand en 1981, en dessiner l&#8217;image, nul doute que l&#8217;on trouverait la flèche rassurante. Alors, déjà, se jouait dans le creux des passions le combat terrible d&#8217;un avenir venu d&#8217;ailleurs et d&#8217;un présent anxieux.</p>
<blockquote><p><em>L&#8217;enfer, ce n&#8217;est pas les autres !</em>, s&#8217;exclame Pierre Dockès dans un <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=4">bref essai</a> proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d&#8217;économie du Sénat 2007</a>.</p>
</blockquote>
<p>En un mot&nbsp;: les difficultés dont souffre l&#8217;économie française ne sont pas, pour l&#8217;essentiel, dues à la mondialisation, mais à son adaptation lente. Aussi bien une politique protectionniste n&#8217;y pourrait changer goutte, sinon plonger la nation dans une sclérose coûteuse.</p>
<p><span id="more-1996"></span></p>
<p>
A l&#8217;origine de l&#8217;ouvrage, ce sentiment de l&#8217;auteur<sup>[<a href="#pnote-702-1" id="rev-pnote-702-1">1</a>]</sup> que la <em>mondialisation</em> est asservie, c&#8217;est selon, par qui entend amoindrir la protection sociale ou qui entend rétablir une forme de protectionnisme. Autrement dit, la mondialisation ne sert jamais que l&#8217;argumentation d&#8217;une politique de libéralisation d&#8217;un côté et d&#8217;une lutte contre la libéralisation de l&#8217;autre. </p>
<p>
Pierre Dockès s&#8217;efforce donc de soulever la poussière de préjugés qui suffoque le débat public.</p>
<p>Dans un langue claire, il rapporte la mondialisation à la théorie économique des avantages comparatifs pour montrer que la mondialisation des échanges présente des <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Avantage_comparatif">avantages respectifs</a></em> pour les différentes parties prenantes. La mondialisation conduit à des formes de spécialisation dont chacun profite dans l&#8217;échange.</p>
<p>Il n&#8217;oublie cependant pas de souligner que certains y perdent. Ainsi l&#8217;écart s&#8217;accroît entre les rémunérations de travailleurs les moins qualifiés et les plus qualifiés dans les pays développés.</p>
<blockquote><p><em>La mondialisation est fondamentalement bénéfique, mais elle n&#8217;est pas sans dangers pour les plus fragiles, pour eux qui ne peuvent pas s&#8217;adapter rapidement.</em></p>
</blockquote>
<p>C&#8217;est qu&#8217;en effet, l&#8217;évolution de la division du travail et des technologies dans une économie ouverte suppose des phases d&#8217;adaptation rapides et fréquentes. C&#8217;est alors que les facteurs de production inadaptés ou inadaptables souffrent d&#8217;une absence de rémunération.</p>
<p>De là, soutient Pierre Dockès, que des mesures protectionnistes puisse être mises en place, mais à titre provisoire s&#8217;il s&#8217;agit de pallier les coûts de l&#8217;adaptation, ou de façon permanente pour protéger certaines activités. Mais l&#8217;auteur n&#8217;oublie pas de souligner que ces mesures ont un coût collectif en développement et en pouvoir d&#8217;achat. En filigrane, il s&#8217;agit d&#8217;un choix <em>politique</em>, dont il convient d&#8217;éclairer les termes.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que l&#8217;on peut envisager de maintenir une activité agricole dans certains secteurs, par exemple, mais au prix d&#8217;une allocation inefficace des ressources et d&#8217;une diminution du pouvoir d&#8217;achat des consommateurs qui payent plus chers leurs produits<sup>[<a href="#pnote-702-2" id="rev-pnote-702-2">2</a>]</sup>. </p>
<p>
L&#8217;Europe et la France ont certainement perdu dans la mondialisation, avance Pierre Dockès, ne serait-ce que parce que son PIB par habitant<sup>[<a href="#pnote-702-3" id="rev-pnote-702-3">3</a>]</sup> se détériore<sup>[<a href="#pnote-702-4" id="rev-pnote-702-4">4</a>]</sup>. Mais cette perte est demeurée modeste car la mondialisation offre des débouchés commerciales qui ont pu être exploitées.</p>
<p>En réalité, soutient l&#8217;auteur, la France paye un tribut aussi lourd que les autres nations européennes aux adaptations de l&#8217;appareil productif qu&#8217;impose la mondialisation, mais elle ne profite aussi bien des opportunités de croissance qu&#8217;elle offre. La faute à une spécialisation sectorielle peu tournée vers les besoins des pays émergents&nbsp;: en particulier les équipements. </p>
<p>
La mondialisation emporte un  déplacement des hommes et des capitaux. Pierre Dockès note que les premiers s&#8217;équilibreront à mesure de l&#8217;industrialisation des pays sous-développés. Il pointe encore quelque déséquilibre lié au flux de la finance internationale en s&#8217;interrogeant sur la faiblesse des crises jusqu&#8217;aujourd&#8217;hui<sup>[<a href="#pnote-702-5" id="rev-pnote-702-5">5</a>]</sup>.</p>
<p>Sur la question des <em>délocalisations</em>, l&#8217;auteur avance avec courage. Il établit que celles-ci n&#8217;ont pas eu un effet massif sur l&#8217;emploi&nbsp;; elles présentent en revanche un effet positif parce qu&#8217;elles conduisent les entreprises à réorienter leur production locale vers les activités qui contribuent le plus à la valeur ajoutée&nbsp;; il s&#8217;établit ainsi une forme de spécialisation internationale du travail au sein même des firmes. </p>
<p>
Le problème du partage de la valeur ajouté et de la modération salariale n&#8217;est pas esquivé. L&#8217;auteur constate que les revenus du travail n&#8217;ont augmenté qu&#8217;avec modération, du moins, si l&#8217;on s&#8217;en tient aux salaires modestes. En effet, les hauts revenus ont cru de façon importante.</p>
<p>Si l&#8217;on peut s&#8217;en doute imputer une part de la pression déflationniste sur les bas revenus à la concurrence internationale<sup>[<a href="#pnote-702-6" id="rev-pnote-702-6">6</a>]</sup>, la plus grande partie du problème tient à l&#8217;importance du chômage.</p>
<p>En réalité, souligne Pierre Dockès, la modération salariale sur les revenus modestes tient davantage à une redistribution de la valeur ajoutée au profit de la rémunération du capital, et à l&#8217;accroissement des inégalités des revenus<sup>[<a href="#pnote-702-7" id="rev-pnote-702-7">7</a>]</sup>. Or, l&#8217;abaissement du coût du travail ne constitue pas une condition de la division internationale du travail car le choix de l&#8217;allocation des facteurs dépend alors des coûts relatifs.</p>
<p>Aussi bien l&#8217;auteur soutient-il qu&#8217;une politique d&#8217;accroissement du capital humain &#8211; et l&#8217;investissement qui l&#8217;accompagne &#8211; serait bien plus profitable aux entreprises qu&#8217;une diminution inféconde du coût du travail. </p>
<p>
Ce qui conduit Pierre Dockès à deux conclusions&nbsp;:</p>
<p>1. L&#8217;économie de la France devrait s&#8217;orienter vers la production de biens qui exigent une haute technicité et donc, de la connaissance. Ce qui suppose d&#8217;abandonner certains secteurs et de financer la formation et la connaissance. Or, les investissements français en recherche et développement sont structurellement faibles&nbsp;; de même que les instruments de production de l&#8217;innovation.</p>
<p>2. Les politiques monétaires et budgétaires menées en Europe manquent de réactivité aux stimulations de l&#8217;environnement mondial. Il convient donc de rétablir une forme de volontarisme politique qui n&#8217;échoue pas dans un <em>patriotisme économique</em> teinté de mercantislisme. En particulier, il convient que le <em>volontarisme</em> ne conduise pas à protéger des activités fragiles au détriment du développement d&#8217;une production fondée sur le travail qualifié.</p>
<p>Et d&#8217;en appeler à la régulation planétaire pour achever sur les facteurs régionaux de risque économique. </p>
<p></p>
<ul>
<li><strong>Appréciation</strong></li>
</ul>
<p>La brève revue de la mondialisation propose donc une forme de synthèse keynésienne en économie ouverte. Elle a le mérite de faire reposer le propos sur la science économique sans épuiser le lecteur. Et de fait, l&#8217;ouvrage est tout à fait accessible. Il peut donc prétendre bénéficier au <em>grand public</em>.</p>
<p>Le second mérite est de s&#8217;efforcer de combattre l&#8217;argument discret du protectionnisme, rarement déclaré, souvent sous-jacent dans le discours public.</p>
<p>Je ne dirai pas, cependant, que les propositions de l&#8217;auteur renversent les conceptions économiques qui diffusent aujourd&#8217;hui. On peut d&#8217;ailleurs faire le reproche à l&#8217;auteur de s&#8217;abandonner à des propos quelque peu incantatoires lorsqu&#8217;il envisage les solutions.</p>
<p>Certes, l&#8217;économie de la connaissance constitue la réponse la plus rationnelle à la nouvelle division internationale du travail. Cependant, les obstacles à une telle économie sont nombreux. Ne serait-ce que parce que l&#8217;on ignore à quel degré de formation on peut pousser le moins qualifié des agents d&#8217;un pays. Les exigences de qualifications créent une population d&#8217;incapables économiques destinés à souffrir la tutelle collective ou à émigrer.</p>
<p>Si, par ailleurs, Pierre Dockès fait la part des politiques vertueuses et dangereuses, il n&#8217;explique pas pourquoi prospèrent les choix contre-productifs. Le <em>discours</em> public sait conduire l&#8217;apologie de la formation, de la recherche et de l&#8217;innovation&nbsp;; mais les instruments d&#8217;une politique idoine peinent à être mis en place.</p>
<p>Somme toute, partir d&#8217;une lutte contre les arguments protectionnistes pour achever sur les objectifs stratégiques d&#8217;une politique économique peut laisser penser que le seul obstacle à l&#8217;évolution de l&#8217;économie française réside dans un brouillard idéologique.</p>
<p>La méconnaissance de l&#8217;économie nourrit sans doute une hostilité collective mal placée. La lever permettra sans doute d&#8217;éclairer le débat public. Mais c&#8217;est une autre forme d&#8217;opacité que de réintroduire sans le justifier vraiment une boîte à outil keynésienne<sup>[<a href="#pnote-702-8" id="rev-pnote-702-8">8</a>]</sup>. </p>
<p></p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-1" id="pnote-702-1">1</a>] Qu&#8217;il <a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2007/10/24/1055-prix-du-livre-d-economie-du-senat#c5173">expose</a> à nouveau chez les éconoclastes.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-2" id="pnote-702-2">2</a>] Ou qui en financent le coût bas via la fiscalité qui se trouve dès lors détournée d&#8217;autres emplois.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-3" id="pnote-702-3">3</a>] une mesure de la richesse des individus et non pas des nations.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-4" id="pnote-702-4">4</a>] Encore que la richesse habitant ne décroît pas ; elle n&#8217;augmente pas aussi rapidement que dans d&#8217;autres régions du monde, de telle sorte que la richesse relative par habitant choit ; de même que la part de l&#8217;Europe dans le partage de la richesse mondiale.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-5" id="pnote-702-5">5</a>] Une réponse optimiste dans <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">l&#8217;ouvrage</a> de Brender et Pisani, chrnoiqué sur <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php?2007/11/03/700-les-desequilibres-de-la-finance-internationale">ces pages</a>.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-6" id="pnote-702-6">6</a>] En effet, beaucoup de bas salaires &#8211; en particulier dans les services &#8211; ne sont pas soumis à la concurrence mondiale.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-7" id="pnote-702-7">7</a>] Parmi les salariés et en fonction de l&#8217;âge.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-8" id="pnote-702-8">8</a>] Mais avec des référence à <a href="http://krugman.blogs.nytimes.com/">Paul Krugman</a>, quand même.</p>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Les déséquilibres de la finance internationale</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1993/les-desequilibres-de-la-finance-internationale/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/1993/les-desequilibres-de-la-finance-internationale/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 03 Nov 2007 15:44:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Prix du livre de l'économie du Sénat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Devrai-je offrir à ma grand-mère les <em><a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">déséquilibres financiers internationaux</a></em> pour Noël&#160;?</p> <p>Non, elle préfère les chocolats, et c'est fort regrettable.</p> <p>Car le synthétique petit opus d'Anton Brender et Florence Pisani, proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d'économie du Sénat</a> - pour lequel, vous l'avez compris, j'ai vendu mon âme contre un <del>bon</del> repas chaud, s'efforce de répondre à deux questions troublantes&#160;:</p> <blockquote><p><em>- Pourquoi les pays émergents en viennent-ils à financer massivement les dépenses des pays développés ?</em></p></blockquote> <blockquote><p><em>- Cette situation est-elle soutenable, ou doit-on craindre des ajustements brutaux, avec crise de l'économie mondiale, appauvrissement collectif, et enfants morts dans les rues pavées du libéralisme le plus échevelé ?</em></p></blockquote>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Devrai-je offrir à ma grand-mère les <em><a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">déséquilibres financiers internationaux</a></em> pour Noël&nbsp;?</p>
<p>Non, elle préfère les chocolats, et c&#8217;est fort regrettable.</p>
<p>Car le synthétique petit opus d&#8217;Anton Brender et Florence Pisani, proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d&#8217;économie du Sénat</a> &#8211; pour lequel, vous l&#8217;avez compris, j&#8217;ai vendu mon âme contre un <del>bon</del> repas chaud, s&#8217;efforce de répondre à deux questions troublantes&nbsp;:</p>
<blockquote><p><em>- Pourquoi les pays émergents en viennent-ils à financer massivement les dépenses des pays développés ?</em></p>
</blockquote>
<blockquote><p><em>- Cette situation est-elle soutenable, ou doit-on craindre des ajustements brutaux, avec crise de l&#8217;économie mondiale, appauvrissement collectif, et enfants morts dans les rues pavées du libéralisme le plus échevelé ?</em></p>
</blockquote>
<p><span id="more-1993"></span></p>
<p>
La situation de la finance mondiale est caractérisée aujourd&#8217;hui caractérisée par transfert massif de l&#8217;épargne mondiale &#8211; en particulier des pays producteurs de pétrole et de l&#8217;Asie manufacturière &#8211; vers les États-Unis, avec, en corollaire, un endettement impressionnant de ces derniers.</p>
<p>L&#8217;on conçoit évidemment que les habitants des pays développés &#8211; des États-Unis en particulier &#8211; ne soient pas près à renoncer à un niveau de vie menacé par la hausse des matières premières et les tensions déflationnistes qui s&#8217;exercent sur les emplois peu qualifiés<sup>[<a href="#pnote-700-1" id="rev-pnote-700-1">1</a>]</sup>.</p>
<p>On comprend plus mal pourquoi les économies émergentes acceptent de transférer l&#8217;épargne nées de leur croissance aux pays développés au lieu d&#8217;élever leur niveau de vie ou d&#8217;accroître leur patrimoine individuel et collectif.</p>
<p>Les auteurs montrent que les apparences sont trompeuses. </p>
<p>
L&#8217;économie des pays émergents repose sur une activité productive élevée et un système financiers fruste, qui ne permet pas à l&#8217;épargne dégagée de trouver à un emploi<sup>[<a href="#pnote-700-2" id="rev-pnote-700-2">2</a>]</sup>. En effet, l&#8217;épargne dégagée est considérable<sup>[<a href="#pnote-700-3" id="rev-pnote-700-3">3</a>]</sup> et le système bancaire ne peut affecter les dépôts qu&#8217;il reçoit sans prise de risque excessive. Les pays émergents ont donc intérêt à stimuler l&#8217;endettement des pays développés. Pour cela, ils jouent sur le taux de change.</p>
<p>En réalité, donc, les économies émergentes ont <em>besoin</em> d&#8217;écouler une épargne abondante liée à la faiblesse de leurs infrastructure financières. A défaut, ils risque une correction brutale de leur modèle de développement.</p>
<p>Du côté des États-Unis et des pays développés, ce n&#8217;est pas tant le maintien d&#8217;une consommation excessive que la constitution d&#8217;un patrimoine immobilier ou le réaménagement de la dette qui justifie la poursuite de l&#8217;endettement à l&#8217;égard du reste du monde. Et il convient de noter à cet égard, que les déficits courant des pays développés dépendent principalement du comportement d&#8217;endettement des <em>ménages</em><sup>[<a href="#pnote-700-4" id="rev-pnote-700-4">4</a>]</sup>.</p>
<p>Il se trouve cependant que les déficits sont largement concentrés aux États-Unis, de sorte que la pérennité du système dépend très largement de leur possibilité d&#8217;accumuler de la dette. </p>
<p>
Les auteurs examinent enfin les raisons qui pourraient conduire à un effondrement du système&nbsp;:</p>
<blockquote><p>- Que se passerait-il si les pays créanciers des États-Unis choisissaient de maintenir leur épargne sur leur marché domestique, et d&#8217;en priver, donc, les emprunteurs américains&nbsp;?</p>
</blockquote>
<p>En réalité cette hypothèse ne constitue pas un problème, répondent Brender et Pisani, car les États-Unis n&#8217;ont pas un comportement dépensier <em>par nature</em>. Le système financier américain s&#8217;adapterait en augmentant le coût du crédit. Ce qui diminuera l&#8217;évolution de la dépense américaine, mais pas au prix de l&#8217;évolution de la dépense mondiale. Il y aura un <em>rattrapage</em> du reste du monde sur les États-Unis.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Loin d&#8217;être un problème, la disparition des excédents d&#8217;épargne du reste du monde, est, au contraire, une solution</em>&laquo;&nbsp;, concluent les auteurs.</p>
<blockquote><p>- Que se passerait-il si un pays &#8211; la Chine, par exemple &#8211; choisissait de ne plus prêter aux États-Unis leur épargne excédentaire&nbsp;?</p>
</blockquote>
<p>Et bien, pas grand chose. L&#8217;épargne excédentaire finirait par des voies tortueuses à alimenter la dépense américaine&nbsp;: un effet de la globalisation financière. Ceux qui ont absorbé l&#8217;épargne étrangère finiront par la prêter aux États-Unis, moyennant une modification légère de la propension à dépenser de ces derniers.</p>
<blockquote><p>- Que se passerait-il, enfin, si le monde entier doutait de la solvabilité des États-Unis et devenait réticent à leur prêter&nbsp;?</p>
</blockquote>
<p>Le risque est que les États-Unis doivent financer la charge de leur dette par des emprunts nouveaux, ce qui aurait un &laquo;&nbsp;<em>effet boule de neige</em>&nbsp;&raquo; dangereusement critique pour les système international.</p>
<p>En réalité, cette hypothèse inquiétante fait l&#8217;économie des effets de la globalisation financière. En effet, le solde déficitaire net de la balance courante des États-Unis ne fait pas apparaître les <em>actifs</em> détenus par les américains sur le reste du monde<sup>[<a href="#pnote-700-5" id="rev-pnote-700-5">5</a>]</sup>.</p>
<p>Or, observent les auteurs, &laquo;&nbsp;<em>[le] passif [des États-Unis] est moins bien rémunéré que [leur] actif.</em>&nbsp;&raquo; Entendez par là que les États-Unis placent dans le reste du monde une épargne mieux rémunérée que celle qu&#8217;ils absorbent. De ce fait, la charge nette de l&#8217;emprunt qui devrait être financée par des emprunts nouveaux est loin d&#8217;être atteinte.</p>
<p>Ce d&#8217;autant que la baisse du dollar a pour effet de diminuer la charge des emprunts libellés en dollars et d&#8217;accroître la rémunération de leurs actifs en devise. </p>
<p>
Le problème véritable, donc, est celui de la <em><strong>solvabilité</strong></em> des résidents américains qui empruntent l&#8217;épargne mondiale, et en particulier des <em><strong>ménages</strong></em><sup>[<a href="#pnote-700-6" id="rev-pnote-700-6">6</a>]</sup>.</p>
<p>Or, selon les auteurs, la dette des ménages américains n&#8217;est pas détenue directement par le reste du monde, mais par les agents domestiques. Les risques ne pèsent donc pas directement sur les prêteurs étrangers, mais sur les prêteurs américains.</p>
<p>Une analyse cependant partiellement démentie par les tension nées de la crise des <em>subprimes</em> qui a mis au jour l&#8217;investissement direct d&#8217;institutions étrangères dans le marché du crédit américain, <em>via</em> les procédés de <em>titrisation</em>.</p>
<p>Certes, notent les auteurs, certains ménages ont eu un comportement risqué de crédit hypothécaire en spéculant sur la hausse des prix immobiliers, mais la prudence des institutions de crédit devrait permettre de limiter l&#8217;impact des emprunts douteux.</p>
<p>Ce à condition toutefois que l&#8217;économie américaine demeure au plein emploi. Car il est des raisons de penser que la demande intérieure américaine devrait ralentir, ce qui pèsera directement sur l&#8217;emploi, les revenus, et donc la solvabilité de ménages fortement endettés.</p>
<p>La solution, estiment Brender et Pisani, viendra de la baisse du dollar et de la demande mondiale. Mais la baisse du dollar pourrait engendrer des tensions importantes. </p>
<p>
La conclusion que tirent les auteurs est celle d&#8217;un relatif optimisme à moyen terme. Certes, des risques pèsent sur l&#8217;économie mondiale, mais ceux-ci sont compensés par les forces de stabilisation actuelles ainsi que les espoirs raisonnables d&#8217;un développement des systèmes financiers des pays émergents et exportateurs de pétrole.</p>
<p>Cependant, notent-ils, l&#8217;Europe n&#8217;est pas convenablement armée pour mener une politique monétaire active<sup>[<a href="#pnote-700-7" id="rev-pnote-700-7">7</a>]</sup>. En effet, la disparité des situations financières entre les pays européens conduit à minorer mécaniquement l&#8217;effet de la politique des taux sur la demande et l&#8217;endettement interne. </p>
<p>
Un avis final.</p>
<p>Les goguenards jugeront que l&#8217;optimisme de l&#8217;ouvrage est rapidement contredit par l&#8217;épisode récent de la crise des <em>subprimes</em>.</p>
<p>Mais on peut juger au contraire remarquable que les auteurs aient pointé le risque principal du système tout en soulignant l&#8217;efficacité des autres mécanismes stabilisateurs.</p>
<p>Je ne recommanderai pas la lecture de l&#8217;ouvrage au &laquo;&nbsp;<em>grand public</em>&laquo;&nbsp;, cependant.</p>
<p>Il fait appel à des notions économiques connues des lecteurs, et donc peu explicitées. Et ne disons pas qu&#8217;il se lit comme de l&#8217;eau. Bref, un livre d&#8217;économie pour les économistes par des économises.</p>
<p>Il mérite cependant quelques notes de lecture et la diffusion d&#8217;icelles&nbsp;; ne serait-ce que pour montrer combien la finance mondiale, loin de pousser le monde dans un tourbillon de lucre et de pauvreté, machine folle, agit au contraire comme un stabilisateur remarquable des risques portés par l&#8217;économie dite &laquo;&nbsp;<em>réelle</em>&laquo;&nbsp;. </p>
<p></p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-1" id="pnote-700-1">1</a>] La division internationale du travail pèse aujourd&#8217;hui sur les revenus des emplois peu qualifiés.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-2" id="pnote-700-2">2</a>] Il en va ainsi des pays producteurs de pétrole, sauf l&#8217;activité productive.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-3" id="pnote-700-3">3</a>] C&#8217;est l&#8217;effet d&#8217;un système financier qui ne parvient pas, notamment, à proposer des produits en rapport avec son développement économique : les épargnants sont fortement incités à thésauriser.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-4" id="pnote-700-4">4</a>] Aux États-Unis, l&#8217;endettement des ménages dépend principalement du niveau des taux d&#8217;intérêt de long terme, avec une grande élasticité. En Europe, les comportements sont plus hétérogène et la réactivité à la variation des taux d&#8217;intérêts est plus faible.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-5" id="pnote-700-5">5</a>] Les auteurs montrent que la globalisation financière a pour effet la diversification des actifs et des risques ; de sorte que les américains &#8211; comme les européens &#8211; affectent l&#8217;épargne qu&#8217;ils dégagent à des actifs en dollar, mais aussi en devises, lorsqu&#8217;ils investissent à l&#8217;étranger.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-6" id="pnote-700-6">6</a>] Les banques, les entreprises et les administrations publiques ne présentent pas une situation particulièrement inquiétante.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-7" id="pnote-700-7">7</a>] A supposer même qu&#8217;elle le veuille : la BCE, en effet, n&#8217;a pour fonction exclusive que le maintien de l&#8217;inflation, ce qui, dans une période de pression mondiale déflationniste, n&#8217;est pas si malaisé.</p>
</div>
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		<title>Prix du livre d&#8217;économie du Sénat</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1994/prix-du-livre-d-economie-du-senat/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Nov 2007 17:53:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Prix du livre de l'économie du Sénat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Voyez-vous, chers bons lecteurs, j'ai comme <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeeves">Jeeves</a></em> un "<em>réveille-mort</em>" qui sait rafraîchir les tempes lourdes des lendemains de République des blogs.</p> <p>On sait qu'il y a un oeuf dans celui de <em>Jeeves</em>. Je livrerai le contenu du mien lorsque je l'aurai achevé&#160;: il s'agit de la lecture des <em><a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">déséquilibres financiers internationaux</a></em> de Brender et Pisani.</p> <blockquote><p><em>- la chère âme</em>, songez vous. <em>Il s'est procuré un triture-méninges pour échapper au presse-cervelle des constitutions fragiles</em>.</p></blockquote> <p>Et bien non, je ne me le suis pas <em>procuré</em>. Il m'a été livré par coursier il n'y a guère, avec les compliments de la Présidence du Sénat, s'il vous plaît - regard goguenard du factotum devant ma tenue débraillée, en passant.</p> <blockquote><p>- <em>Quoi Jules, On émarge aux oeuvres de la République ?</em></p></blockquote> <p>Non pas, on participe au <em><a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d'économie du Sénat</a></em>. De sorte qu'il n'est rien d'indigne à ce que je reçoive l'objet de mon travail.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voyez-vous, chers bons lecteurs, j&#8217;ai comme <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeeves">Jeeves</a></em> un &laquo;&nbsp;<em>réveille-mort</em>&nbsp;&raquo; qui sait rafraîchir les tempes lourdes des lendemains de République des blogs.</p>
<p>On sait qu&#8217;il y a un oeuf dans celui de <em>Jeeves</em>. Je livrerai le contenu du mien lorsque je l&#8217;aurai achevé&nbsp;: il s&#8217;agit de la lecture des <em><a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">déséquilibres financiers internationaux</a></em> de Brender et Pisani.</p>
<blockquote><p><em>- la chère âme</em>, songez vous. <em>Il s&#8217;est procuré un triture-méninges pour échapper au presse-cervelle des constitutions fragiles</em>.</p>
</blockquote>
<p>Et bien non, je ne me le suis pas <em>procuré</em>. Il m&#8217;a été livré par coursier il n&#8217;y a guère, avec les compliments de la Présidence du Sénat, s&#8217;il vous plaît &#8211; regard goguenard du factotum devant ma tenue débraillée, en passant.</p>
<blockquote><p>- <em>Quoi Jules, On émarge aux oeuvres de la République ?</em></p>
</blockquote>
<p>Non pas, on participe au <em><a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d&#8217;économie du Sénat</a></em>. De sorte qu&#8217;il n&#8217;est rien d&#8217;indigne à ce que je reçoive l&#8217;objet de mon travail.</p>
<p><span id="more-1994"></span></p>
<p>
Aussi bien que son fruit, d&#8217;ailleurs, puisque j&#8217;ai accepté de participer au déjeuner offert au Sénat pour célébrer l&#8217;événement.</p>
<p>On ne propose pas impunément à un goinfre notoire<sup>[<a href="#pnote-699-1" id="rev-pnote-699-1">1</a>]</sup> de souffrir les succulences de la République.</p>
<p>Somme toute, il m&#8217;est demandé de faire la promotion de l&#8217;événement, ce dont je m&#8217;acquitte aujourd&#8217;hui avec le plus grand des plaisirs. J&#8217;engage donc mes bons lecteurs à se rendre sur le site et <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/vote.cgi">voter</a> pour celui qui lui semble mériter les lauriers de la Chambre haute.</p>
<blockquote><p><em>- Mais</em>, vous indignez-vous, <em>comment pourrions-nous voter alors que nous n&#8217;avons pas eu le privilège de recevoir les ouvrages, que nos maigres ressources nous interdisent de nous les procurer tous, et que le temps nous fait défaut pour en prendre connaissance. Car, outre notre pénible labeur, nous devons chaque soir sacrifier à la messe païenne de la star ac&#8217;.</em></p>
</blockquote>
<p>Certes, certes, conviens-je.</p>
<p>Mais rien ne vous interdit pourtant de déférer à la sollicitation que je vous fais, en prenant exemple sur Alexandre Delaigue, des éconoclastes, qui <a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2007/10/24/1055-prix-du-livre-d-economie-du-senat">se prononce</a> pour le seul ouvrage qu&#8217;il ait lu&#8230; Tout en ne manquant pas de commenter les autres. Un concours précieux pour votre information maigre.</p>
<p>Et puis, vous pouvez me suivre sur le chemin périlleux du choix. </p>
<p>
Voici la présentation qui m&#8217;a été faite par Sophie Bataille, en charge pour l&#8217;agence <em>Sixandco</em>, de conduire le projet&nbsp;:</p>
<blockquote><p><em>Ce prix a pour vocation de concourir à une meilleure diffusion de la culture économique, en distinguant un ouvrage scientifiquement incontestable et accessible au grand public.</em></p>
</blockquote>
<p>&laquo;&nbsp;<em><strong>Diffusion de la culture économique</strong></em>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em><strong>Scientifiquement incontestable</strong></em>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<em><strong>accessible au grand public</strong></em>&laquo;&nbsp;. Voici les trois critères.</p>
<p>Le premier critère nous permet derechef et sans lecture, d&#8217;éliminer l&#8217;ouvrage de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=7">Laurent Mauduit</a>, qui ne traite que de très loin d&#8217;économie. Il en va également ainsi du livre de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=9">Jean-Marie Pelt</a>&nbsp;: <em>C&#8217;est vert et ça marche !</em>, dont le caractère économique m&#8217;est apparu des plus incertain.</p>
<p>Le second critère emporte joyeusement les 130 &#8211; petites &#8211; pages de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=8">Denis Olivenne</a> &#8211; pamphlet contre la gratuité, et fait peser des doutes sur celles de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=6">François Lenglet</a>, d&#8217;<a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=3">Alain Villemeur</a> et de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=5">Paul Jorion</a>. Mais une lecture s&#8217;impose<sup>[<a href="#pnote-699-2" id="rev-pnote-699-2">2</a>]</sup>.</p>
<p>Restent les travaux de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=4">Pierre Dockès</a>, d&#8217;<a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=1">Aglietta et Berrebi</a>, de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=3">Delpla et Wyplosz</a> et de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">Brender et Pisani</a>.</p>
<p>Le <em>Brender et Pisani</em> est incontestablement un livre d&#8217;économie stimulant. Mais je ne dirais pas qu&#8217;il est accessible au &laquo;&nbsp;<em>grand public</em>&laquo;&nbsp;. Il en va peut-être ainsi d<em>Aglietta et Berrebi</em>, mais je n&#8217;ai pas reçu l&#8217;ouvrage. Le <em>Dockès</em> et le <em>Delpla et Wyplosz</em><sup>[<a href="#pnote-699-3" id="rev-pnote-699-3">3</a>]</sup> me semblent accessibles au public. Sinon &laquo;&nbsp;<em>grand</em>&laquo;&nbsp;, au moins, à celui des honnêtes hommes. </p>
<p>
J&#8217;ai choisi faire reposer mon choix sur deux qualités alternatives.</p>
<p>La <em><strong>première</strong></em> est celle qui a été proposée par Alexandre Delaigue en parlant du <em>Delpa et Wyplosz</em>:</p>
<blockquote><p><em>[C]&#8216;est l&#8217;exemple typique du livre qui fait date, parce qu&#8217;il contient une idée simple mais fondamentale&nbsp;: parce que les réformes font des perdants, il est légitime de songer à les indemniser.</em></p>
</blockquote>
<p>Bien sûr, je n&#8217;ai pas une culture économique assez importante pour déterminer ce qui &laquo;&nbsp;<em>fait date</em>&laquo;&nbsp;&nbsp;; mais j&#8217;aime bien le principe de l<em>idée simple</em>, avec laquelle on s&#8217;envole, comme chacun sait, vers l&#8217;orient compliqué.</p>
<p>Car l&#8217;économie est une science ardue qui s&#8217;efforce de décrire une réalité plus complexe encore. Il faut se prêter au jeu de la difficulté, ou se résoudre à des dénonciations rageuses. Des hommes, du monde et parfois, de la science économique elle-même.</p>
<p>La <em><strong>seconde</strong></em> est dérivée de la mission assignée au prix&nbsp;:</p>
<p>Compte tenu de la culture économique qui sévit dans nos belles prairies françaises, il me semble qu&#8217;un ouvrage à distinguer viendrait contredire la profusion d&#8217;idées reçues qui émaillent la <em>doxa économique</em> du grand public français.</p>
<p>Aussi bien une explication descriptive d&#8217;un <em>ordre économique</em><sup>[<a href="#pnote-699-4" id="rev-pnote-699-4">4</a>]</sup> peut opportunément éclairer &#8211; aveugler peut-être &#8211; qui erre dans une obscurité peuplée de fantômes et de fantasmes. Vous et moi<sup>[<a href="#pnote-699-5" id="rev-pnote-699-5">5</a>]</sup>. </p>
<p>
Bref, aidez-moi donc par votre vote à éviter que le <em>Prix de l&#8217;économie du sénat</em> ne déchoie dans des grognements pamphlétaires de cent cinquante pages imprimées en caractère 14 ou dans l&#8217;apologie immodérément simplificatrice. Pire encore, dans la réduction de l&#8217;économie à des sommes en dollar et quelques pourcentages. </p>
<p></p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-699-1" id="pnote-699-1">1</a>] Et autre, mais je promets d&#8217;en faire le rapport.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-699-2" id="pnote-699-2">2</a>] Pas pour celui de Villemeur, que je n&#8217;ai pas reçu.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-699-3" id="pnote-699-3">3</a>] Je concède une certaine tendresse pour Charles Wyplosz, qui a su apaiser mes souffrances d&#8217;étudiant par un remarquable <a href="http://www.amazon.fr/Macro%C3%A9conomie-perspective-europ%C3%A9enne-3%C3%A8me-%C3%A9dition/dp/2744501514/ref=sr_1_1/171-8994617-2154617?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1193934822&amp;sr=8-1">Macroéconomie</a>, en collaboration avec Michaël Burda. Je le recommande bien sûr à toute personne. Cela ne se boit pas comme de l&#8217;eau, mai cela s&#8217;étudie avec reconnaissance.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-699-4" id="pnote-699-4">4</a>] Par exemple, la finance internationale.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-699-5" id="pnote-699-5">5</a>] Moi, peut-être un peu moins, ayant eu l&#8217;occasion de mortifier mes préjugés en ma matière dans un amphithéâtre.</p>
</div>
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