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	<title>Diner’s Room &#187; Prix du livre de l&#8217;économie du Sénat</title>
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		<item>
		<title>Le capitalisme fuit de tous côtés</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Nov 2007 16:01:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Prix du livre de l'économie du Sénat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Ou, plutôt, il présente quelque désordre, si l'on en croît Michel Aglietta et Laurent Berrebi.</p> <p>Les <em><a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/aglietta.html">désordres dans le capitalisme mondial</a></em>, proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/index.html">Prix du livre de l'économie du Sénat</a>, offrent des pages roboratives au lecteur - peut-être un peu denses au lecteur pressé.</p> <p>Mais là est l'avantage, on pourra y revenir.</p> <p>L'ouvrage présente un tableau stylisé de l'économie mondiale, des États-Unis à la Chine, en passant par la vieille Europe et le Japon vieillissant. Face aux déséquilibres qui s'amoncellent, nuages sombres et clartés, les auteurs s'efforcent d'avancer quelques instruments de stabilisation.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ou, plutôt, il présente quelque désordre, si l&#8217;on en croît Michel Aglietta et Laurent Berrebi.</p>
<p>Les <em><a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/aglietta.html">désordres dans le capitalisme mondial</a></em>, proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/index.html">Prix du livre de l&#8217;économie du Sénat</a>, offrent des pages roboratives au lecteur &#8211; peut-être un peu denses au lecteur pressé.</p>
<p>Mais là est l&#8217;avantage, on pourra y revenir.</p>
<p>L&#8217;ouvrage présente un tableau stylisé de l&#8217;économie mondiale, des États-Unis à la Chine, en passant par la vieille Europe et le Japon vieillissant. Face aux déséquilibres qui s&#8217;amoncellent, nuages sombres et clartés, les auteurs s&#8217;efforcent d&#8217;avancer quelques instruments de stabilisation.</p>
<p><span id="more-2005"></span></p>
<p>
<strong>I. -</strong> Tout commence par un état des lieux&nbsp;: La crise asiatique de 1997 &#8211; 1998 a sensiblement modifié le capitalisme contemporain.</p>
<p>Les <em><strong>pays émergents</strong></em> se sont engagés dans un processus de croissance appuyé sur des formidables capacités de production, suivis en cela par les entreprises des pays développés ont développés, au cours de la décennie 1990 &#8211; 2000. Mais la demande n&#8217;a pas été en mesure de répondre la croissance de l&#8217;offre<sup>[<a href="#pnote-712-1" id="rev-pnote-712-1">1</a>]</sup>, de sorte que l&#8217;on se trouve durablement engagé dans une situation de <em><strong>surcapacités de production</strong></em>. Ce qui conduit à une forte pression baissière sur les prix des produits<sup>[<a href="#pnote-712-2" id="rev-pnote-712-2">2</a>]</sup>.</p>
<p>Si l&#8217;on ajoute à cela la pression qui en résulte sur les salaires<sup>[<a href="#pnote-712-3" id="rev-pnote-712-3">3</a>]</sup>, les auteurs observent que l&#8217;environnement économique est devenu <em><strong>déflationniste</strong></em>. Autrement dit, les pressions qui s&#8217;exercent sur l&#8217;activité économique pèsent sur les prix<sup>[<a href="#pnote-712-4" id="rev-pnote-712-4">4</a>]</sup>. </p>
<p>
Cette tendance s&#8217;est accompagnée d&#8217;une évolution culturelle, soutiennent M. Aglietta et L. Berrebi, caractérisée par l&#8217;exigence de &laquo;&nbsp;<em>création de valeur pour l&#8217;actionnaire ou <strong>valeur actionnariale</strong></em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Ce principe veut que les dirigeants maximisent l&#8217;utilité des actionnaires&nbsp;; ce qui se traduit par une préférence pour les <em>dividendes</em> contre la rémunération du <em>travail</em> ou l<em>&#8216;investissement</em> de capacité. Et par une attention effervescente portée au cours de bourse. Il s&#8217;ensuit que pour maintenir leur consommation, les ménages ont eu recours à l&#8217;endettement, de façon plus ou moins massive selon les régions. Ils ont de surcroît, ès qualité de clients, exercé des pressions à la baisse sur les prix.</p>
<p>Autrement dit, le principe de la valeur actionnariale a pour effet de substituer la distribution de crédits<sup>[<a href="#pnote-712-5" id="rev-pnote-712-5">5</a>]</sup> à la distribution de revenus et de conforter les tendances déflationnistes. </p>
<p>
La <em><strong>finance</strong></em><sup>[<a href="#pnote-712-6" id="rev-pnote-712-6">6</a>]</sup> est caractérisée par le développement des <em>hedge funds</em>. Les fonds spéculatifs s&#8217;efforcent d&#8217;obtenir des meilleures performances que celles des marchés dans leur ensemble. Or, ils collectent une part de plus importante de l&#8217;épargne du public<sup>[<a href="#pnote-712-7" id="rev-pnote-712-7">7</a>]</sup> et n&#8217;ont pas une gestion contrainte par des règles prudentielles. En bref, un facteur de risque pour le système financier.</p>
<p>L&#8217;étude des <em><strong>systèmes bancaires</strong></em> démontre une grande diversité, caractérisée par la relative solidité des banques anglo-saxonnes et la fragilité des banques japonaises et européennes. Ces dernières, en particulier, ne bénéficient pas d&#8217;un système intégré tel que l&#8217;est le système américain&nbsp;; de sorte qu&#8217;elles ne sont pas aussi fortement dissuadées d&#8217;adopter des comportement risqués<sup>[<a href="#pnote-712-8" id="rev-pnote-712-8">8</a>]</sup>. </p>
<p>
<strong>II. -</strong> A la suite de ce panorama, les auteurs dégagent les principales politiques économiques des grandes régions du Monde.</p>
<p>Les <em><strong>États-Unis</strong></em> se caractérisent par un transfert massif de l&#8217;endettement des entreprises aux ménages. Parallèlement, les inégalités de revenus et d&#8217;opportunités sociales se sont accrues sur les trente dernières années. Une politique budgétaire appuyée sur la réduction de l&#8217;impôt a durablement aggravé le déficit public et l&#8217;endettement de l&#8217;État, ce qui pourrait à terme obérer la croissance économique.</p>
<p>Mais de ce bilan en demi-teinte<sup>[<a href="#pnote-712-9" id="rev-pnote-712-9">9</a>]</sup>, les auteurs sauvent la politique monétaire d&#8217;Alan Greenspan, dont ils louent la finesse, la subtilité, et le volontarisme. Ceci au service de la préservation de la stabilité du système financier et de l&#8217;économie dans son ensemble. </p>
<p>
&laquo;&nbsp;<em><strong>L&#8217;Europe</strong> en déshérence</em>&laquo;&nbsp;, titrent M. Aglietta et L. Berrebi. Ce n&#8217;est certes pas un compliment. Pour faire simple, la croissance de la zone euro est médiocre&nbsp;; une situation traitée par une solide absence de politique économique.</p>
<p>Pour les auteurs, le modèle social n&#8217;est nullement une condition de la croissance. En revanche, l&#8217;absence de politiques structurelles &#8211; et en particulier l&#8217;investissement dans l&#8217;innovation &#8211; justifierait une action qui n&#8217;est pas menée. Et de déplorer le manque de coordination des nations européennes &#8211; voire la concurrence interne à l&#8217;Union &#8211; aussi bien que la médiocrité de la gestion des instances de l&#8217;Union &#8211; Commission et BCE. </p>
<p>
Le cas <em><strong>japonais</strong></em> se caractérise par un environnement déflationniste et récessif de moyen terme &#8211; depuis 1990 &#8211; et une politique économique erratique et relativement inefficace jusqu&#8217;au début du siècle.</p>
<p>Mais des changements structurels ont été introduits, en particulier dans le système bancaire. Indépendance des organismes de supervision et organisation de la prise en charge des créances douteuses, qui minaient le système financier nippon depuis dix ans. Le Japon bénéficie cependant &#8211; à la différence de l&#8217;Europe &#8211; d&#8217;une structure productive orientée vers l&#8217;innovation&nbsp;; en particulier dans le domaine des énergies renouvelables. Ce qui est prometteur pour l&#8217;avenir. A condition cependant que les effets d&#8217;une population déclinante puissent être compensés. </p>
<p>
La <em><strong>Chine</strong></em>, finalement, présente une évolution favorable, pilotée avec habileté par les autorités étatiques.</p>
<p>La libéralisation très progressive et très attentive de l&#8217;économie a évité les crises de croissances qu&#8217;ont pu rencontrer les pays de l&#8217;Est en reconversion. Et le système est peu à peu ajusté pour répondre à une intégration dans le capitalisme mondial. Et si les déséquilibres perdurent aujourd&#8217;hui dans le système financier et l&#8217;économie rurale, les politiques économiques s&#8217;efforcent d&#8217;initier des réformes profitables.</p>
<p>En somme, le rattrapage de l&#8217;économie chinoise devrait se faire sans guère de heurts. </p>
<p>
<strong>III. -</strong> Michel Agglietta et Laurent Berrebi poursuivent par l&#8217;analyse des interactions mondiales.</p>
<p>Sur les <em><strong>déséquilibres financiers</strong></em>, ils retiennent la congruence de la déficience de l&#8217;épargne américaine et de l&#8217;abondance de l&#8217;offre des pays asiatiques et des pays producteurs de pétrole. Il convient de noter, à cet égard, qu&#8217;ils attribuent la plus grande part du déséquilibre à la structure de l&#8217;économie américaine. Mais, ajoutent-ils, le déficit courant américain ne peut poursuivre son accroissement<sup>[<a href="#pnote-712-10" id="rev-pnote-712-10">10</a>]</sup>. Car les conditions d&#8217;une croissance suffisante pour rendre le déficit public tolérable sont loin d&#8217;être vérifiées à moyen et long terme.</p>
<p>Il faudra donc un <em><strong>ajustement</strong></em>. Celui-ci doit procéder d&#8217;une dévaluation du dollar face au monnaies asiatiques tout autant que d&#8217;une réappréciation de la monnaie américaine vis à vis de l&#8217;euro. Il suppose le ralentissement de la demande américaine et l&#8217;accroissement de la demande mondiale, de la zone asiatique comme de la zone euro. </p>
<p>
Les auteurs envisagent deux possibilités.</p>
<p>Dans le <strong>premier scénario</strong> &#8211; celui de la <em><strong>correction en douceur</strong></em>, la <em>politique monétaire</em> est mise au service de la restauration de l&#8217;épargne privée américaine. La <em>politique budgétaire</em> vise à réduire le déficit public. Le reste du monde doit pourvoir au ralentissement de la demande américaine par des politiques de relance en Europe et au Japon, aussi bien que par une réévaluation du Yuan par la Chine. Il s&#8217;en suivrait une baisse progressive des taux d&#8217;intérêt long et une hausse des marchés d&#8217;action.</p>
<p>Dans le <strong>second scénario</strong> &#8211; celui de la <em><strong>crise</strong></em> &#8211; deux causes peuvent entraîner un ajustement brutal. L&#8217;atonie de la <em>demande mondiale</em> ne permettra pas aux États-Unis de maintenir leur croissance en diminuant son déficit. Ceci peut résulter de la surévaluation <em>durable</em> de l&#8217;euro face au dollar et des effets récessifs qui résulteraient du sous-emploi. Par ailleurs, la crise immobilière aux États-Unis porte des risques de crise financière qui conduiraient à une baisse de la croissance accompagnée de taux maintenus élevés, d&#8217;un déficit budgétaire explosif et de la chute des marchés d&#8217;action. Il en résulterait un fort affaiblissement de l&#8217;économie mondiale<sup>[<a href="#pnote-712-11" id="rev-pnote-712-11">11</a>]</sup>. </p>
<p>
L&#8217;un des problèmes principaux, soulignent Michel Aglietta et Laurent Berrebi, provient des dysfonctionnements monétaires liés au <em><strong>semi-étalon dollar</strong></em>. En effet, pour absorber l&#8217;endettement américain, les autres régions accumulent les créances en dollar, ce qui conduit à une surliquidité de la devise de référence. Or, les risques de cette surliquidité sont compensés par des interventions des banques centrales qui alimentent le processus. Mais la stabilité financière a le caractère de <em>bien public</em> qu&#8217;il convient de préserver.</p>
<p>La solution, préconisent-ils, consiste dans un renforcement des autres devises &#8211; par exemple l&#8217;euro. Mais ceci ne peut intervenir que dans un <em>contexte coopératif</em> des systèmes financiers, ce qui suppose des changements institutionnels dans la gouvernance monétaire internationale, <em>via</em> la redéfinition du rôle du FMI, qui doit assurer des fonctions d&#8217;autorité de régulation<sup>[<a href="#pnote-712-12" id="rev-pnote-712-12">12</a>]</sup> et une organisation institutionnalisée de la coopération des banques centrales. </p>
<p>
<strong>IV. -</strong> Les auteurs concluent sur les situations européenne et françaises.</p>
<p>Ils critiquent vivement l&#8217;absence de coordination <em>budgétaire</em> des états-membres de l&#8217;Union, tout autant que la modestie et l&#8217;imprévoyance de la <em>politique monétaire</em> de la BCE. Ils font valoir que les politiques structurelles d&#8217;innovation exigent une demande dynamique, ce qu&#8217;interdit le fonctionnement actuel de l&#8217;Union. De là qu&#8217;adviennent des choix non coopératifs comme l&#8217;augmentation de la TVA en Allemagne.</p>
<p>Concernant la France, Michel Aglietta et Laurent Berrebi insistent sur le problème de l<em>&#8216;<strong>innovation</strong></em><sup>[<a href="#pnote-712-13" id="rev-pnote-712-13">13</a>]</sup>. La <em>recherche et le développement</em> peinent à prospérer dans les entreprises, faute de structure de bilan adaptée et de l&#8217;impulsion suffisante de la puissance publique. Si l&#8217;on ajoute à cela un système éducatif déliquescent, et peu tourné vers les besoins de l&#8217;économie, on conçoit que le taux de croissance potentiel de la France s&#8217;amenuise à merci<sup>[<a href="#pnote-712-14" id="rev-pnote-712-14">14</a>]</sup>. </p>
<p>
<strong>VI. -</strong> Après ce très long compte rendu, quelques observations.</p>
<p>Si l&#8217;on doit résumer l&#8217;ouvrage à la hache, on peut dire que les déséquilibres de l&#8217;économie mondiale résultent de trois facteurs&nbsp;:</p>
<p>- La part croissante des <em><strong>économies émergentes</strong></em> dans la production mondiale de biens et services. La croissance de l&#8217;offre qui n&#8217;est pas appuyée sur une demande interne soutenue mais sur des salaires faibles, porte des <em><strong>tensions déflationnistes</strong></em>.</p>
<p>- La <em><strong>valeur actionnariale</strong></em> qui pousse les entreprises à privilégier la rémunération des apporteurs de capitaux contre les salariés et accroît encore les tension déflationnistes. Les salariés, qui sont aussi consommateurs, exigent des prix bas dans un contexte d&#8217;offre abondante et entretiennent la tendance.</p>
<p>- La faiblesse des <em><strong>politiques publiques</strong></em> et l&#8217;absence de <em>coordination</em> des autorités qui les conduisent. Celles-ci privilégient &#8211; au mieux &#8211; les risques internes de court terme au détriment des risques de déséquilibre qui s&#8217;accroissent. </p>
<p>
Sauf les &#8211; inévitables et nécessaires &#8211; réserves d&#8217;appréciation<sup>[<a href="#pnote-712-15" id="rev-pnote-712-15">15</a>]</sup>, on peut souscrire au diagnostic très documenté des auteurs. Aussi bien, du reste, qu&#8217;aux solutions qu&#8217;ils préconisent. En revanche, on peut faire valoir quelques interrogations.</p>
<p>La première tient à la <em><strong>valeur actionnariale</strong></em>&nbsp;: les actionnaires escomptent une rémunération de leur investissement supérieur à la croissance moyenne du marché. Ce qui conduit les entreprises à mener des politiques sous-optimales à moyen terme<sup>[<a href="#pnote-712-16" id="rev-pnote-712-16">16</a>]</sup>. Peut-être, mais l&#8217;on comprend mal pourquoi ces anticipations sur le moyen terme ne pourraient pas souffrir d&#8217;ajustements.</p>
<p>La <em>valeur actionnariale</em> est en effet fondé sur les espérances de agents. Mais compte tenu des conséquences qui en résultent en matière de sous-investissement, on peut difficilement imaginer que le modèle perdure. Un peu à la façon des analyses monétaristes, on peut parier au contraire sur un <strong>apprentissage</strong> des agents quant au rendement escompté de leurs investissements. En particulier lorsque ces anticipations sont menées par des acteurs institutionnels telles que les banques<sup>[<a href="#pnote-712-17" id="rev-pnote-712-17">17</a>]</sup>. Aussi bien l&#8217;évolution du système secrète peut-être ses formes d&#8217;ajustement. </p>
<p>
La <strong>seconde</strong> tient aux <em><strong>politiques économiques</strong></em> et leur <em><strong>coordination</strong></em>. En appeler aux politiques économiques supposent que les autorités trouvent un intérêt suffisant à les mener. Or, il est un fait que les autorités proprement politiques souffrent d&#8217;un horizon court termiste&nbsp;: celui des élections. Il n&#8217;y a donc pas plus de raison de s&#8217;en prendre à la valeur actionnariale &#8211; qui du reste peut s&#8217;ajuster &#8211; qu&#8217;à la <em>valeur électorale</em> &#8211; disons-le ainsi &#8211; qui affecte fort sûrement les décisions de politiques économique.</p>
<p>Ce sont donc sur les institutions non tributaires du &laquo;&nbsp;<em>contrôle démocratique</em>&nbsp;&raquo; &#8211; que les auteurs appellent pour la BCE par exemple &#8211; que doit reposer la stabilité du système. Car celles-ci ne subissent pas les incitations liées au renouvellement de leur mandat et l&#8217;exigence d&#8217;enchâsser leur politique dans un horizon triennal<sup>[<a href="#pnote-712-18" id="rev-pnote-712-18">18</a>]</sup>.</p>
<p>Sans doute les institutions sont nécessaires, mais rien n&#8217;exige que la source dût en être <em>politique</em>. On peut tout a fait imaginer que des autorités telles que les banques centrales constituent des <em><strong>institutions informelles</strong></em><sup>[<a href="#pnote-712-19" id="rev-pnote-712-19">19</a>]</sup>, qui assurent le fonctionnement coordonné du système. <em>Idem</em> des agents privés, qui, pour peu qu&#8217;ils bénéficient d&#8217;une structure suffisante, peuvent engendrer des mécanismes coopératifs&nbsp;: c&#8217;est ainsi que fonctionne l<em>&#8216;arbitrage</em> en matière de justice. Un système non institué par les états, qui fonctionne de façon efficiente parce que les agents ont tout intérêt. </p>
<p>
Et j&#8217;arrête ici, le courage d&#8217;écrire m&#8217;abandonnant&nbsp;; celui de me lire vous ayant sans doute abandonné depuis longtemps. </p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-1" id="pnote-712-1">1</a>] En raison de comportements spécifiques des pays émergents ; en raison de dégonflement de la bulle financière dans les pays développés.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-2" id="pnote-712-2">2</a>] Qui affecte elle-même la rentabilité des entreprises.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-3" id="pnote-712-3">3</a>] Et les exigences de désendettement des entreprises qui les poussent à abaisser leurs prix de vente.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-4" id="pnote-712-4">4</a>] Et ce, notent les auteurs, malgré la tendance à la hausse des matières premières, et en particulier du pétrole : elle n&#8217;a pour conséquence que d&#8217;affaiblir les marges des entreprises qui répercutent cette pression sur les salaires.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-5" id="pnote-712-5">5</a>] Avec la constitution de bulles sur les prix d&#8217;actifs, par exemple, immobiliers.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-6" id="pnote-712-6">6</a>] Je passe sur l&#8217;analyse des marchés boursiers et des taux longs ; pourtant stimulante et décisive.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-7" id="pnote-712-7">7</a>] Ne serait-ce que parce que les déposants traditionnels leur confient l&#8217;administration des fonds.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-8" id="pnote-712-8">8</a>] De surcroît, les procédures préventives n&#8217;ont pas été mises en place, à la différence des États-Unis.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-9" id="pnote-712-9">9</a>] Il faut voir le tableau européen.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-10" id="pnote-712-10">10</a>] Sans que la limite soit pour autant décelable.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-11" id="pnote-712-11">11</a>] Mais, notent les auteurs, au terme du demi-siècle, la croissance mondiale se maintiendra.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-12" id="pnote-712-12">12</a>] Notamment prudentielle.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-13" id="pnote-712-13">13</a>] Mais ils mentionnent également l&#8217;inadaptation de la politique de l&#8217;emploi, tournée vers la réduction des coûts des bas salaires, la politique familiale et le système social, corporatiste.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-14" id="pnote-712-14">14</a>] A comparer, de ce point de vue, avec les justifications apportées aux mouvement de contestation étudiants.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-15" id="pnote-712-15">15</a>] Que je n&#8217;ai pas la prétention de mener.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-16" id="pnote-712-16">16</a>] Cette analyse est contestée par Augustin Landier et David Thesmar dans &#8216;<a href="http://www.amazon.fr/Grand-M%C3%A9chant-March%C3%A9-D%C3%A9cryptage-fantasme/dp/2082105938">Le grand méchant marché</a>&nbsp;&raquo;, comme l&#8217;a évoqué <a href="http://www.leconomiste-notes.fr/dotclear/index.php">Matthieu P.</a>, lors du délicieux déjeuner au Sénat. En passant, un <a href="http://www.leconomiste-notes.fr/dotclear/index.php?2007/11/15/74-agliette-et-berrebi-shorter">note très critique</a> du même sur l&#8217;ouvrage de Michel Aglietta et Laurent Berrebi.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-17" id="pnote-712-17">17</a>] Qui ont vocation à détenir les <em>hedge funds</em>, si l&#8217;on en croit les auteurs.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-18" id="pnote-712-18">18</a>] En France, le temps que la politique se mette en place, et le temps de latence qui précède les élections suivantes pendant lequel les résultats sont discutés.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-712-19" id="pnote-712-19">19</a>] c&#8217;est du reste déjà le cas.</p>
</div>
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		<title>Le système Alain Minc</title>
		<link>http://dinersroom.eu/2004/le-systeme-alain-minc/</link>
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		<pubDate>Sat, 10 Nov 2007 17:06:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Prix du livre de l'économie du Sénat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><em>Petits conseils</em>, voici le titre du <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/mauduit.html">dernier opus</a> de Laurent Mauduit, finaliste sélectionné pour le <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/index.html">Prix des lecteurs du livre d'économie du Sénat</a>.</p> <p>L'ouvrage est né d'une rupture avec Le Monde&#160;; il porte l'empreinte d'une déception et l'auteur ne s'en cache pas.</p> <p>Laurent Mauduit entend décrire le <em>capitalisme à la française</em> saisi par les évolutions anglo-saxones à travers le destin et les pratiques d'un homme&#160;: Alain Minc.</p> <p>Ce dernier paraît naviguer d'une main sûre - mais parfois naufrageuse - au confluent d'une tradition de connivence héritée du capitalisme des grands corps et de la brutalité claire des managers anglo-saxons. Une hybridation de la noblesse d'État par la vigueur un peu aventureuse des pionniers.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Petits conseils</em>, voici le titre du <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/mauduit.html">dernier opus</a> de Laurent Mauduit, finaliste sélectionné pour le <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/index.html">Prix des lecteurs du livre d&#8217;économie du Sénat</a>.</p>
<p>L&#8217;ouvrage est né d&#8217;une rupture avec Le Monde&nbsp;; il porte l&#8217;empreinte d&#8217;une déception et l&#8217;auteur ne s&#8217;en cache pas.</p>
<p>Laurent Mauduit entend décrire le <em>capitalisme à la française</em> saisi par les évolutions anglo-saxones à travers le destin et les pratiques d&#8217;un homme&nbsp;: Alain Minc.</p>
<p>Ce dernier paraît naviguer d&#8217;une main sûre &#8211; mais parfois naufrageuse &#8211; au confluent d&#8217;une tradition de connivence héritée du capitalisme des grands corps et de la brutalité claire des managers anglo-saxons. Une hybridation de la noblesse d&#8217;État par la vigueur un peu aventureuse des pionniers.</p>
<p><span id="more-2004"></span></p>
<p>
L&#8217;auteur retrace la restructuration des grands groupes de la place de Paris au travers des interventions d&#8217;Alain Minc. De la chûte d&#8217;Antoine Zacharias à la prise de contrôle d&#8217;Havas, en passant par les péripéties de Saint-Gobain, Vinci, Bouygues, l&#8217;assistance à Carlo de Benedetti et Vincent Bolloré, et d&#8217;autres encore, il est dressé, par touches, un tableau de la guerre des firmes, faite de mariages, de batailles, de rapts et de potions empoisonnées.</p>
<p>Pour Alain Minc, il s&#8217;agit de favoriser les transactions &#8211; et les susciter souvent &#8211; en pesant par son expertise et sa créativité&nbsp;; mais aussi par l&#8217;image qu&#8217;il cultive et les réseaux qu&#8217;il construit. C&#8217;est un rôle d&#8217;entremetteur discret que décrit Laurent Mauduit, mâtinée de faiseur de roi et de conspirateur. </p>
<p>
Au centre des pratiques décrites, la question des <em><strong>conflits d&#8217;intérêts</strong></em>.</p>
<p>Conflit entre l&#8217;intérêt propre d&#8217;Alain Minc et de ses mandataires, lorsque celui-ci se fait rémunérer les conseils dispensés aux firmes qu&#8217;il administre<sup>[<a href="#pnote-709-1" id="rev-pnote-709-1">1</a>]</sup>. Ceci ressortit au domaine connu des juristes de droit commercial des <em>conventions réglementées</em>.</p>
<p>Conflit entre l&#8217;intérêt des parties lors d&#8217;une négociation lorsqu&#8217;Alain Minc participe aux instances dirigeantes des deux firmes, ou lorsqu&#8217;il se plaît à prodiguer des conseils aux dirigeants de l&#8217;une et l&#8217;autre. On renifle dans les pratiques décrites quelque parfum de déloyauté &#8211; voire de trahison.</p>
<p>Somme toute, l&#8217;action d&#8217;Alain Minc traduit davantage la persistance d&#8217;un jeu de connivences que celui de la modernité libérale. </p>
<p>
Quelques observations critiques.</p>
<p>Un problème premier problème tient au présupposé méthodologique.</p>
<p>La description journalistique des actions d&#8217;un homme ne permet pas toujours d&#8217;appréhender sûrement la <em>part du système</em>. Et l&#8217;on ne saurait, à la lecture, déterminer si Alain Minc constitue l&#8217;emblème du système, ou s&#8217;il a créé autour de sa seule personne une <em>singularité</em> qui trouble le fonctionnement du capitalisme français.</p>
<p>Il apparaît de fait comme un personnage attractif qui perturbe le jeu ordinaire des grands groupes par son influence sur l&#8217;élite dirigeante nationale. On comprend certes que le circuit des connivences inspire encore le déroulement des affaires, mais ceci est-il propre à l&#8217;élite française ?<sup>[<a href="#pnote-709-2" id="rev-pnote-709-2">2</a>]</sup> Et surtout, Alain Minc en est-il le produit le plus achevé ou constitue-t-il, par ses talents particuliers, un artefact singulier&nbsp;?</p>
<p>On peine à répondre à la question<sup>[<a href="#pnote-709-3" id="rev-pnote-709-3">3</a>]</sup>. Et en fait de système, il s&#8217;évince de l&#8217;ouvrage une forme d&#8217;inconsistance de l&#8217;élite économique française, fascinée par des graines d&#8217;originalité littéraire et des audaces stratégiques qui parfois virent au cataclysme.</p>
<p>En bref, si l&#8217;on peut faire le crédit à l&#8217;auteur de son point de départ, il est plus difficile de lui concéder celui de l&#8217;arrivée. </p>
<p>
Le second problème est relatif au prix du livre de l&#8217;économie du Sénat.</p>
<p>Sans rien enlever aux qualités intrinsèques de l&#8217;ouvrage, il ne m&#8217;apparaît pas que celui-ci peut prétendre à enrichir la culture économique.</p>
<p>On y renifle davantage de politique que d&#8217;économie. La conquête du pouvoir surplombe jusqu&#8217;à l&#8217;estomper les enjeux de la production ou du marché.</p>
<p>De surcroît, le domaine d&#8217;intervention d&#8217;Alain Minc se limite au grands groupes<sup>[<a href="#pnote-709-4" id="rev-pnote-709-4">4</a>]</sup>. Et il s&#8217;agit pour l&#8217;essentiel de favoriser les transactions et la restructuration des puissances industrielles et commerciales. L&#8217;on a du reste parfois le sentiment d&#8217;un jeu puéril de chaises musicales, où les places de dirigeants comptent davantage que les enjeux stratégiques.</p>
<p>Sans doute l&#8217;économie ne dédaigne-t-elle pas de travailler sur le fonctionnement des firmes. Mais il peut sembler exagérément réducteur de réduire l&#8217;action des grands groupes aux seules combinaisons de leurs dirigeants.</p>
<p>Exagérément réducteur et probablement trompeur. Car si le jeu d&#8217;ombres peut sans doute jeter quelque lumière sur des stratégies des firmes, il tend à distraire le regard des raisons plus vastes. En bref, il ne s&#8217;agit pas à proprement parler de la description du <em>système du capitalisme français</em>. Et peut-être le tableau nourrit-il l&#8217;idée que l&#8217;économie se résume aux ambitions de quelques uns, trop humains.</p>
<p>C&#8217;est ainsi, par exemple, le récit de la procédure pour plagiat instruit sur la personnalité d&#8217;Alain Minc, mais elle ne trouve guère de place dans l&#8217;explication du système économique. </p>
<p>
Ne disons pas, pour autant, l&#8217;ouvrage dépourvu d&#8217;enseignements ni de qualités. Mais j&#8217;hésite à le recommander pour diffuser la culture de l&#8217;économie dans l&#8217;espace public. </p>
<p>
<strong>NB :</strong> <a href="http://www.leconomiste-notes.fr/dotclear/index.php?2007/11/11/72-courte-note-de-lecture-petits-conseils-de-laurent-mauduit">Autres critiques</a> de même ordre dans les &nbsp;&raquo;notes d&#8217;un économiste.</p>
<p>La <a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2007/11/11/1072-prix-du-livre-d-economie-du-senat-laurent-mauduit-petits-conseils">lecture roborative</a> d&#8217;Alexandre Delaigue, chez les éconoclastes, apporte une critique originale et plutôt favorable à l&#8217;ouvrage. Avec, et c&#8217;est profitable, quelques références pour enrichir le propos de Laurent Mauduit.</p>
<p>Il me semble néanmoins que l&#8217;ouvrage profitera davantage au lecteur averti de quelques notions de science économique. A moins qu&#8217;on ne prenne la précaution de lire les analyses d&#8217;Alexandre. </p>
<p></p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-709-1" id="pnote-709-1">1</a>] Mais qu&#8217;il ne dirige pas. Membre du conseil de surveillance ou du conseil d&#8217;administration le plus souvent.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-709-2" id="pnote-709-2">2</a>] <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=5">L&#8217;ouvrage de Paul Jorion</a> tend à montrer que l&#8217;opacité n&#8217;est pas une spécialité nationale.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-709-3" id="pnote-709-3">3</a>] Laurent Mauduit souligne à plusieurs reprises combien la séduction d&#8217;Alain Minc repose sur une forme d&#8217;originalité.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-709-4" id="pnote-709-4">4</a>] Même si Laurent Mauduit montre que l&#8217;activité d&#8217;Alain Minc ne cesse pas aux marches du Palais Brongniart.</p>
</div>
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		<title>La mondialisation au purgatoire</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1996/la-mondialisation-au-purgatoire/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/1996/la-mondialisation-au-purgatoire/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 05 Nov 2007 15:08:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Prix du livre de l'économie du Sénat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>La France est un pays de clochers.</p> <p>Ils peuplent encore, fantômes d'une éternité fragile, la mémoire</p> <p>Et si l'on devait, comme François Mitterrand en 1981, en dessiner l'image, nul doute que l'on trouverait la flèche rassurante. Alors, déjà, se jouait dans le creux des passions le combat terrible d'un avenir venu d'ailleurs et d'un présent anxieux.</p> <blockquote><p><em>L'enfer, ce n'est pas les autres !</em>, s'exclame Pierre Dockès dans un <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=4">bref essai</a> proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d'économie du Sénat 2007</a>.</p></blockquote> <p>En un mot&#160;: les difficultés dont souffre l'économie française ne sont pas, pour l'essentiel, dues à la mondialisation, mais à son adaptation lente. Aussi bien une politique protectionniste n'y pourrait changer goutte, sinon plonger la nation dans une sclérose coûteuse.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La France est un pays de clochers.</p>
<p>Ils peuplent encore, fantômes d&#8217;une éternité fragile, la mémoire</p>
<p>Et si l&#8217;on devait, comme François Mitterrand en 1981, en dessiner l&#8217;image, nul doute que l&#8217;on trouverait la flèche rassurante. Alors, déjà, se jouait dans le creux des passions le combat terrible d&#8217;un avenir venu d&#8217;ailleurs et d&#8217;un présent anxieux.</p>
<blockquote><p><em>L&#8217;enfer, ce n&#8217;est pas les autres !</em>, s&#8217;exclame Pierre Dockès dans un <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=4">bref essai</a> proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d&#8217;économie du Sénat 2007</a>.</p>
</blockquote>
<p>En un mot&nbsp;: les difficultés dont souffre l&#8217;économie française ne sont pas, pour l&#8217;essentiel, dues à la mondialisation, mais à son adaptation lente. Aussi bien une politique protectionniste n&#8217;y pourrait changer goutte, sinon plonger la nation dans une sclérose coûteuse.</p>
<p><span id="more-1996"></span></p>
<p>
A l&#8217;origine de l&#8217;ouvrage, ce sentiment de l&#8217;auteur<sup>[<a href="#pnote-702-1" id="rev-pnote-702-1">1</a>]</sup> que la <em>mondialisation</em> est asservie, c&#8217;est selon, par qui entend amoindrir la protection sociale ou qui entend rétablir une forme de protectionnisme. Autrement dit, la mondialisation ne sert jamais que l&#8217;argumentation d&#8217;une politique de libéralisation d&#8217;un côté et d&#8217;une lutte contre la libéralisation de l&#8217;autre. </p>
<p>
Pierre Dockès s&#8217;efforce donc de soulever la poussière de préjugés qui suffoque le débat public.</p>
<p>Dans un langue claire, il rapporte la mondialisation à la théorie économique des avantages comparatifs pour montrer que la mondialisation des échanges présente des <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Avantage_comparatif">avantages respectifs</a></em> pour les différentes parties prenantes. La mondialisation conduit à des formes de spécialisation dont chacun profite dans l&#8217;échange.</p>
<p>Il n&#8217;oublie cependant pas de souligner que certains y perdent. Ainsi l&#8217;écart s&#8217;accroît entre les rémunérations de travailleurs les moins qualifiés et les plus qualifiés dans les pays développés.</p>
<blockquote><p><em>La mondialisation est fondamentalement bénéfique, mais elle n&#8217;est pas sans dangers pour les plus fragiles, pour eux qui ne peuvent pas s&#8217;adapter rapidement.</em></p>
</blockquote>
<p>C&#8217;est qu&#8217;en effet, l&#8217;évolution de la division du travail et des technologies dans une économie ouverte suppose des phases d&#8217;adaptation rapides et fréquentes. C&#8217;est alors que les facteurs de production inadaptés ou inadaptables souffrent d&#8217;une absence de rémunération.</p>
<p>De là, soutient Pierre Dockès, que des mesures protectionnistes puisse être mises en place, mais à titre provisoire s&#8217;il s&#8217;agit de pallier les coûts de l&#8217;adaptation, ou de façon permanente pour protéger certaines activités. Mais l&#8217;auteur n&#8217;oublie pas de souligner que ces mesures ont un coût collectif en développement et en pouvoir d&#8217;achat. En filigrane, il s&#8217;agit d&#8217;un choix <em>politique</em>, dont il convient d&#8217;éclairer les termes.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que l&#8217;on peut envisager de maintenir une activité agricole dans certains secteurs, par exemple, mais au prix d&#8217;une allocation inefficace des ressources et d&#8217;une diminution du pouvoir d&#8217;achat des consommateurs qui payent plus chers leurs produits<sup>[<a href="#pnote-702-2" id="rev-pnote-702-2">2</a>]</sup>. </p>
<p>
L&#8217;Europe et la France ont certainement perdu dans la mondialisation, avance Pierre Dockès, ne serait-ce que parce que son PIB par habitant<sup>[<a href="#pnote-702-3" id="rev-pnote-702-3">3</a>]</sup> se détériore<sup>[<a href="#pnote-702-4" id="rev-pnote-702-4">4</a>]</sup>. Mais cette perte est demeurée modeste car la mondialisation offre des débouchés commerciales qui ont pu être exploitées.</p>
<p>En réalité, soutient l&#8217;auteur, la France paye un tribut aussi lourd que les autres nations européennes aux adaptations de l&#8217;appareil productif qu&#8217;impose la mondialisation, mais elle ne profite aussi bien des opportunités de croissance qu&#8217;elle offre. La faute à une spécialisation sectorielle peu tournée vers les besoins des pays émergents&nbsp;: en particulier les équipements. </p>
<p>
La mondialisation emporte un  déplacement des hommes et des capitaux. Pierre Dockès note que les premiers s&#8217;équilibreront à mesure de l&#8217;industrialisation des pays sous-développés. Il pointe encore quelque déséquilibre lié au flux de la finance internationale en s&#8217;interrogeant sur la faiblesse des crises jusqu&#8217;aujourd&#8217;hui<sup>[<a href="#pnote-702-5" id="rev-pnote-702-5">5</a>]</sup>.</p>
<p>Sur la question des <em>délocalisations</em>, l&#8217;auteur avance avec courage. Il établit que celles-ci n&#8217;ont pas eu un effet massif sur l&#8217;emploi&nbsp;; elles présentent en revanche un effet positif parce qu&#8217;elles conduisent les entreprises à réorienter leur production locale vers les activités qui contribuent le plus à la valeur ajoutée&nbsp;; il s&#8217;établit ainsi une forme de spécialisation internationale du travail au sein même des firmes. </p>
<p>
Le problème du partage de la valeur ajouté et de la modération salariale n&#8217;est pas esquivé. L&#8217;auteur constate que les revenus du travail n&#8217;ont augmenté qu&#8217;avec modération, du moins, si l&#8217;on s&#8217;en tient aux salaires modestes. En effet, les hauts revenus ont cru de façon importante.</p>
<p>Si l&#8217;on peut s&#8217;en doute imputer une part de la pression déflationniste sur les bas revenus à la concurrence internationale<sup>[<a href="#pnote-702-6" id="rev-pnote-702-6">6</a>]</sup>, la plus grande partie du problème tient à l&#8217;importance du chômage.</p>
<p>En réalité, souligne Pierre Dockès, la modération salariale sur les revenus modestes tient davantage à une redistribution de la valeur ajoutée au profit de la rémunération du capital, et à l&#8217;accroissement des inégalités des revenus<sup>[<a href="#pnote-702-7" id="rev-pnote-702-7">7</a>]</sup>. Or, l&#8217;abaissement du coût du travail ne constitue pas une condition de la division internationale du travail car le choix de l&#8217;allocation des facteurs dépend alors des coûts relatifs.</p>
<p>Aussi bien l&#8217;auteur soutient-il qu&#8217;une politique d&#8217;accroissement du capital humain &#8211; et l&#8217;investissement qui l&#8217;accompagne &#8211; serait bien plus profitable aux entreprises qu&#8217;une diminution inféconde du coût du travail. </p>
<p>
Ce qui conduit Pierre Dockès à deux conclusions&nbsp;:</p>
<p>1. L&#8217;économie de la France devrait s&#8217;orienter vers la production de biens qui exigent une haute technicité et donc, de la connaissance. Ce qui suppose d&#8217;abandonner certains secteurs et de financer la formation et la connaissance. Or, les investissements français en recherche et développement sont structurellement faibles&nbsp;; de même que les instruments de production de l&#8217;innovation.</p>
<p>2. Les politiques monétaires et budgétaires menées en Europe manquent de réactivité aux stimulations de l&#8217;environnement mondial. Il convient donc de rétablir une forme de volontarisme politique qui n&#8217;échoue pas dans un <em>patriotisme économique</em> teinté de mercantislisme. En particulier, il convient que le <em>volontarisme</em> ne conduise pas à protéger des activités fragiles au détriment du développement d&#8217;une production fondée sur le travail qualifié.</p>
<p>Et d&#8217;en appeler à la régulation planétaire pour achever sur les facteurs régionaux de risque économique. </p>
<p></p>
<ul>
<li><strong>Appréciation</strong></li>
</ul>
<p>La brève revue de la mondialisation propose donc une forme de synthèse keynésienne en économie ouverte. Elle a le mérite de faire reposer le propos sur la science économique sans épuiser le lecteur. Et de fait, l&#8217;ouvrage est tout à fait accessible. Il peut donc prétendre bénéficier au <em>grand public</em>.</p>
<p>Le second mérite est de s&#8217;efforcer de combattre l&#8217;argument discret du protectionnisme, rarement déclaré, souvent sous-jacent dans le discours public.</p>
<p>Je ne dirai pas, cependant, que les propositions de l&#8217;auteur renversent les conceptions économiques qui diffusent aujourd&#8217;hui. On peut d&#8217;ailleurs faire le reproche à l&#8217;auteur de s&#8217;abandonner à des propos quelque peu incantatoires lorsqu&#8217;il envisage les solutions.</p>
<p>Certes, l&#8217;économie de la connaissance constitue la réponse la plus rationnelle à la nouvelle division internationale du travail. Cependant, les obstacles à une telle économie sont nombreux. Ne serait-ce que parce que l&#8217;on ignore à quel degré de formation on peut pousser le moins qualifié des agents d&#8217;un pays. Les exigences de qualifications créent une population d&#8217;incapables économiques destinés à souffrir la tutelle collective ou à émigrer.</p>
<p>Si, par ailleurs, Pierre Dockès fait la part des politiques vertueuses et dangereuses, il n&#8217;explique pas pourquoi prospèrent les choix contre-productifs. Le <em>discours</em> public sait conduire l&#8217;apologie de la formation, de la recherche et de l&#8217;innovation&nbsp;; mais les instruments d&#8217;une politique idoine peinent à être mis en place.</p>
<p>Somme toute, partir d&#8217;une lutte contre les arguments protectionnistes pour achever sur les objectifs stratégiques d&#8217;une politique économique peut laisser penser que le seul obstacle à l&#8217;évolution de l&#8217;économie française réside dans un brouillard idéologique.</p>
<p>La méconnaissance de l&#8217;économie nourrit sans doute une hostilité collective mal placée. La lever permettra sans doute d&#8217;éclairer le débat public. Mais c&#8217;est une autre forme d&#8217;opacité que de réintroduire sans le justifier vraiment une boîte à outil keynésienne<sup>[<a href="#pnote-702-8" id="rev-pnote-702-8">8</a>]</sup>. </p>
<p></p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-1" id="pnote-702-1">1</a>] Qu&#8217;il <a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2007/10/24/1055-prix-du-livre-d-economie-du-senat#c5173">expose</a> à nouveau chez les éconoclastes.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-2" id="pnote-702-2">2</a>] Ou qui en financent le coût bas via la fiscalité qui se trouve dès lors détournée d&#8217;autres emplois.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-3" id="pnote-702-3">3</a>] une mesure de la richesse des individus et non pas des nations.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-4" id="pnote-702-4">4</a>] Encore que la richesse habitant ne décroît pas ; elle n&#8217;augmente pas aussi rapidement que dans d&#8217;autres régions du monde, de telle sorte que la richesse relative par habitant choit ; de même que la part de l&#8217;Europe dans le partage de la richesse mondiale.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-5" id="pnote-702-5">5</a>] Une réponse optimiste dans <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">l&#8217;ouvrage</a> de Brender et Pisani, chrnoiqué sur <a href="http://dinersroom.free.fr/index.php?2007/11/03/700-les-desequilibres-de-la-finance-internationale">ces pages</a>.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-6" id="pnote-702-6">6</a>] En effet, beaucoup de bas salaires &#8211; en particulier dans les services &#8211; ne sont pas soumis à la concurrence mondiale.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-7" id="pnote-702-7">7</a>] Parmi les salariés et en fonction de l&#8217;âge.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-702-8" id="pnote-702-8">8</a>] Mais avec des référence à <a href="http://krugman.blogs.nytimes.com/">Paul Krugman</a>, quand même.</p>
</div>
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		<item>
		<title>Les déséquilibres de la finance internationale</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1993/les-desequilibres-de-la-finance-internationale/</link>
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		<pubDate>Sat, 03 Nov 2007 15:44:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Prix du livre de l'économie du Sénat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Devrai-je offrir à ma grand-mère les <em><a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">déséquilibres financiers internationaux</a></em> pour Noël&#160;?</p> <p>Non, elle préfère les chocolats, et c'est fort regrettable.</p> <p>Car le synthétique petit opus d'Anton Brender et Florence Pisani, proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d'économie du Sénat</a> - pour lequel, vous l'avez compris, j'ai vendu mon âme contre un <del>bon</del> repas chaud, s'efforce de répondre à deux questions troublantes&#160;:</p> <blockquote><p><em>- Pourquoi les pays émergents en viennent-ils à financer massivement les dépenses des pays développés ?</em></p></blockquote> <blockquote><p><em>- Cette situation est-elle soutenable, ou doit-on craindre des ajustements brutaux, avec crise de l'économie mondiale, appauvrissement collectif, et enfants morts dans les rues pavées du libéralisme le plus échevelé ?</em></p></blockquote>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Devrai-je offrir à ma grand-mère les <em><a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">déséquilibres financiers internationaux</a></em> pour Noël&nbsp;?</p>
<p>Non, elle préfère les chocolats, et c&#8217;est fort regrettable.</p>
<p>Car le synthétique petit opus d&#8217;Anton Brender et Florence Pisani, proposé au <a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d&#8217;économie du Sénat</a> &#8211; pour lequel, vous l&#8217;avez compris, j&#8217;ai vendu mon âme contre un <del>bon</del> repas chaud, s&#8217;efforce de répondre à deux questions troublantes&nbsp;:</p>
<blockquote><p><em>- Pourquoi les pays émergents en viennent-ils à financer massivement les dépenses des pays développés ?</em></p>
</blockquote>
<blockquote><p><em>- Cette situation est-elle soutenable, ou doit-on craindre des ajustements brutaux, avec crise de l&#8217;économie mondiale, appauvrissement collectif, et enfants morts dans les rues pavées du libéralisme le plus échevelé ?</em></p>
</blockquote>
<p><span id="more-1993"></span></p>
<p>
La situation de la finance mondiale est caractérisée aujourd&#8217;hui caractérisée par transfert massif de l&#8217;épargne mondiale &#8211; en particulier des pays producteurs de pétrole et de l&#8217;Asie manufacturière &#8211; vers les États-Unis, avec, en corollaire, un endettement impressionnant de ces derniers.</p>
<p>L&#8217;on conçoit évidemment que les habitants des pays développés &#8211; des États-Unis en particulier &#8211; ne soient pas près à renoncer à un niveau de vie menacé par la hausse des matières premières et les tensions déflationnistes qui s&#8217;exercent sur les emplois peu qualifiés<sup>[<a href="#pnote-700-1" id="rev-pnote-700-1">1</a>]</sup>.</p>
<p>On comprend plus mal pourquoi les économies émergentes acceptent de transférer l&#8217;épargne nées de leur croissance aux pays développés au lieu d&#8217;élever leur niveau de vie ou d&#8217;accroître leur patrimoine individuel et collectif.</p>
<p>Les auteurs montrent que les apparences sont trompeuses. </p>
<p>
L&#8217;économie des pays émergents repose sur une activité productive élevée et un système financiers fruste, qui ne permet pas à l&#8217;épargne dégagée de trouver à un emploi<sup>[<a href="#pnote-700-2" id="rev-pnote-700-2">2</a>]</sup>. En effet, l&#8217;épargne dégagée est considérable<sup>[<a href="#pnote-700-3" id="rev-pnote-700-3">3</a>]</sup> et le système bancaire ne peut affecter les dépôts qu&#8217;il reçoit sans prise de risque excessive. Les pays émergents ont donc intérêt à stimuler l&#8217;endettement des pays développés. Pour cela, ils jouent sur le taux de change.</p>
<p>En réalité, donc, les économies émergentes ont <em>besoin</em> d&#8217;écouler une épargne abondante liée à la faiblesse de leurs infrastructure financières. A défaut, ils risque une correction brutale de leur modèle de développement.</p>
<p>Du côté des États-Unis et des pays développés, ce n&#8217;est pas tant le maintien d&#8217;une consommation excessive que la constitution d&#8217;un patrimoine immobilier ou le réaménagement de la dette qui justifie la poursuite de l&#8217;endettement à l&#8217;égard du reste du monde. Et il convient de noter à cet égard, que les déficits courant des pays développés dépendent principalement du comportement d&#8217;endettement des <em>ménages</em><sup>[<a href="#pnote-700-4" id="rev-pnote-700-4">4</a>]</sup>.</p>
<p>Il se trouve cependant que les déficits sont largement concentrés aux États-Unis, de sorte que la pérennité du système dépend très largement de leur possibilité d&#8217;accumuler de la dette. </p>
<p>
Les auteurs examinent enfin les raisons qui pourraient conduire à un effondrement du système&nbsp;:</p>
<blockquote><p>- Que se passerait-il si les pays créanciers des États-Unis choisissaient de maintenir leur épargne sur leur marché domestique, et d&#8217;en priver, donc, les emprunteurs américains&nbsp;?</p>
</blockquote>
<p>En réalité cette hypothèse ne constitue pas un problème, répondent Brender et Pisani, car les États-Unis n&#8217;ont pas un comportement dépensier <em>par nature</em>. Le système financier américain s&#8217;adapterait en augmentant le coût du crédit. Ce qui diminuera l&#8217;évolution de la dépense américaine, mais pas au prix de l&#8217;évolution de la dépense mondiale. Il y aura un <em>rattrapage</em> du reste du monde sur les États-Unis.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Loin d&#8217;être un problème, la disparition des excédents d&#8217;épargne du reste du monde, est, au contraire, une solution</em>&laquo;&nbsp;, concluent les auteurs.</p>
<blockquote><p>- Que se passerait-il si un pays &#8211; la Chine, par exemple &#8211; choisissait de ne plus prêter aux États-Unis leur épargne excédentaire&nbsp;?</p>
</blockquote>
<p>Et bien, pas grand chose. L&#8217;épargne excédentaire finirait par des voies tortueuses à alimenter la dépense américaine&nbsp;: un effet de la globalisation financière. Ceux qui ont absorbé l&#8217;épargne étrangère finiront par la prêter aux États-Unis, moyennant une modification légère de la propension à dépenser de ces derniers.</p>
<blockquote><p>- Que se passerait-il, enfin, si le monde entier doutait de la solvabilité des États-Unis et devenait réticent à leur prêter&nbsp;?</p>
</blockquote>
<p>Le risque est que les États-Unis doivent financer la charge de leur dette par des emprunts nouveaux, ce qui aurait un &laquo;&nbsp;<em>effet boule de neige</em>&nbsp;&raquo; dangereusement critique pour les système international.</p>
<p>En réalité, cette hypothèse inquiétante fait l&#8217;économie des effets de la globalisation financière. En effet, le solde déficitaire net de la balance courante des États-Unis ne fait pas apparaître les <em>actifs</em> détenus par les américains sur le reste du monde<sup>[<a href="#pnote-700-5" id="rev-pnote-700-5">5</a>]</sup>.</p>
<p>Or, observent les auteurs, &laquo;&nbsp;<em>[le] passif [des États-Unis] est moins bien rémunéré que [leur] actif.</em>&nbsp;&raquo; Entendez par là que les États-Unis placent dans le reste du monde une épargne mieux rémunérée que celle qu&#8217;ils absorbent. De ce fait, la charge nette de l&#8217;emprunt qui devrait être financée par des emprunts nouveaux est loin d&#8217;être atteinte.</p>
<p>Ce d&#8217;autant que la baisse du dollar a pour effet de diminuer la charge des emprunts libellés en dollars et d&#8217;accroître la rémunération de leurs actifs en devise. </p>
<p>
Le problème véritable, donc, est celui de la <em><strong>solvabilité</strong></em> des résidents américains qui empruntent l&#8217;épargne mondiale, et en particulier des <em><strong>ménages</strong></em><sup>[<a href="#pnote-700-6" id="rev-pnote-700-6">6</a>]</sup>.</p>
<p>Or, selon les auteurs, la dette des ménages américains n&#8217;est pas détenue directement par le reste du monde, mais par les agents domestiques. Les risques ne pèsent donc pas directement sur les prêteurs étrangers, mais sur les prêteurs américains.</p>
<p>Une analyse cependant partiellement démentie par les tension nées de la crise des <em>subprimes</em> qui a mis au jour l&#8217;investissement direct d&#8217;institutions étrangères dans le marché du crédit américain, <em>via</em> les procédés de <em>titrisation</em>.</p>
<p>Certes, notent les auteurs, certains ménages ont eu un comportement risqué de crédit hypothécaire en spéculant sur la hausse des prix immobiliers, mais la prudence des institutions de crédit devrait permettre de limiter l&#8217;impact des emprunts douteux.</p>
<p>Ce à condition toutefois que l&#8217;économie américaine demeure au plein emploi. Car il est des raisons de penser que la demande intérieure américaine devrait ralentir, ce qui pèsera directement sur l&#8217;emploi, les revenus, et donc la solvabilité de ménages fortement endettés.</p>
<p>La solution, estiment Brender et Pisani, viendra de la baisse du dollar et de la demande mondiale. Mais la baisse du dollar pourrait engendrer des tensions importantes. </p>
<p>
La conclusion que tirent les auteurs est celle d&#8217;un relatif optimisme à moyen terme. Certes, des risques pèsent sur l&#8217;économie mondiale, mais ceux-ci sont compensés par les forces de stabilisation actuelles ainsi que les espoirs raisonnables d&#8217;un développement des systèmes financiers des pays émergents et exportateurs de pétrole.</p>
<p>Cependant, notent-ils, l&#8217;Europe n&#8217;est pas convenablement armée pour mener une politique monétaire active<sup>[<a href="#pnote-700-7" id="rev-pnote-700-7">7</a>]</sup>. En effet, la disparité des situations financières entre les pays européens conduit à minorer mécaniquement l&#8217;effet de la politique des taux sur la demande et l&#8217;endettement interne. </p>
<p>
Un avis final.</p>
<p>Les goguenards jugeront que l&#8217;optimisme de l&#8217;ouvrage est rapidement contredit par l&#8217;épisode récent de la crise des <em>subprimes</em>.</p>
<p>Mais on peut juger au contraire remarquable que les auteurs aient pointé le risque principal du système tout en soulignant l&#8217;efficacité des autres mécanismes stabilisateurs.</p>
<p>Je ne recommanderai pas la lecture de l&#8217;ouvrage au &laquo;&nbsp;<em>grand public</em>&laquo;&nbsp;, cependant.</p>
<p>Il fait appel à des notions économiques connues des lecteurs, et donc peu explicitées. Et ne disons pas qu&#8217;il se lit comme de l&#8217;eau. Bref, un livre d&#8217;économie pour les économistes par des économises.</p>
<p>Il mérite cependant quelques notes de lecture et la diffusion d&#8217;icelles&nbsp;; ne serait-ce que pour montrer combien la finance mondiale, loin de pousser le monde dans un tourbillon de lucre et de pauvreté, machine folle, agit au contraire comme un stabilisateur remarquable des risques portés par l&#8217;économie dite &laquo;&nbsp;<em>réelle</em>&laquo;&nbsp;. </p>
<p></p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-1" id="pnote-700-1">1</a>] La division internationale du travail pèse aujourd&#8217;hui sur les revenus des emplois peu qualifiés.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-2" id="pnote-700-2">2</a>] Il en va ainsi des pays producteurs de pétrole, sauf l&#8217;activité productive.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-3" id="pnote-700-3">3</a>] C&#8217;est l&#8217;effet d&#8217;un système financier qui ne parvient pas, notamment, à proposer des produits en rapport avec son développement économique : les épargnants sont fortement incités à thésauriser.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-4" id="pnote-700-4">4</a>] Aux États-Unis, l&#8217;endettement des ménages dépend principalement du niveau des taux d&#8217;intérêt de long terme, avec une grande élasticité. En Europe, les comportements sont plus hétérogène et la réactivité à la variation des taux d&#8217;intérêts est plus faible.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-5" id="pnote-700-5">5</a>] Les auteurs montrent que la globalisation financière a pour effet la diversification des actifs et des risques ; de sorte que les américains &#8211; comme les européens &#8211; affectent l&#8217;épargne qu&#8217;ils dégagent à des actifs en dollar, mais aussi en devises, lorsqu&#8217;ils investissent à l&#8217;étranger.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-6" id="pnote-700-6">6</a>] Les banques, les entreprises et les administrations publiques ne présentent pas une situation particulièrement inquiétante.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-700-7" id="pnote-700-7">7</a>] A supposer même qu&#8217;elle le veuille : la BCE, en effet, n&#8217;a pour fonction exclusive que le maintien de l&#8217;inflation, ce qui, dans une période de pression mondiale déflationniste, n&#8217;est pas si malaisé.</p>
</div>
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		<title>Prix du livre d&#8217;économie du Sénat</title>
		<link>http://dinersroom.eu/1994/prix-du-livre-d-economie-du-senat/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Nov 2007 17:53:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[Prix du livre de l'économie du Sénat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Voyez-vous, chers bons lecteurs, j'ai comme <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeeves">Jeeves</a></em> un "<em>réveille-mort</em>" qui sait rafraîchir les tempes lourdes des lendemains de République des blogs.</p> <p>On sait qu'il y a un oeuf dans celui de <em>Jeeves</em>. Je livrerai le contenu du mien lorsque je l'aurai achevé&#160;: il s'agit de la lecture des <em><a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">déséquilibres financiers internationaux</a></em> de Brender et Pisani.</p> <blockquote><p><em>- la chère âme</em>, songez vous. <em>Il s'est procuré un triture-méninges pour échapper au presse-cervelle des constitutions fragiles</em>.</p></blockquote> <p>Et bien non, je ne me le suis pas <em>procuré</em>. Il m'a été livré par coursier il n'y a guère, avec les compliments de la Présidence du Sénat, s'il vous plaît - regard goguenard du factotum devant ma tenue débraillée, en passant.</p> <blockquote><p>- <em>Quoi Jules, On émarge aux oeuvres de la République ?</em></p></blockquote> <p>Non pas, on participe au <em><a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d'économie du Sénat</a></em>. De sorte qu'il n'est rien d'indigne à ce que je reçoive l'objet de mon travail.</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voyez-vous, chers bons lecteurs, j&#8217;ai comme <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeeves">Jeeves</a></em> un &laquo;&nbsp;<em>réveille-mort</em>&nbsp;&raquo; qui sait rafraîchir les tempes lourdes des lendemains de République des blogs.</p>
<p>On sait qu&#8217;il y a un oeuf dans celui de <em>Jeeves</em>. Je livrerai le contenu du mien lorsque je l&#8217;aurai achevé&nbsp;: il s&#8217;agit de la lecture des <em><a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">déséquilibres financiers internationaux</a></em> de Brender et Pisani.</p>
<blockquote><p><em>- la chère âme</em>, songez vous. <em>Il s&#8217;est procuré un triture-méninges pour échapper au presse-cervelle des constitutions fragiles</em>.</p>
</blockquote>
<p>Et bien non, je ne me le suis pas <em>procuré</em>. Il m&#8217;a été livré par coursier il n&#8217;y a guère, avec les compliments de la Présidence du Sénat, s&#8217;il vous plaît &#8211; regard goguenard du factotum devant ma tenue débraillée, en passant.</p>
<blockquote><p>- <em>Quoi Jules, On émarge aux oeuvres de la République ?</em></p>
</blockquote>
<p>Non pas, on participe au <em><a href="http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/livreeco_11_07/forum.html">Prix du livre d&#8217;économie du Sénat</a></em>. De sorte qu&#8217;il n&#8217;est rien d&#8217;indigne à ce que je reçoive l&#8217;objet de mon travail.</p>
<p><span id="more-1994"></span></p>
<p>
Aussi bien que son fruit, d&#8217;ailleurs, puisque j&#8217;ai accepté de participer au déjeuner offert au Sénat pour célébrer l&#8217;événement.</p>
<p>On ne propose pas impunément à un goinfre notoire<sup>[<a href="#pnote-699-1" id="rev-pnote-699-1">1</a>]</sup> de souffrir les succulences de la République.</p>
<p>Somme toute, il m&#8217;est demandé de faire la promotion de l&#8217;événement, ce dont je m&#8217;acquitte aujourd&#8217;hui avec le plus grand des plaisirs. J&#8217;engage donc mes bons lecteurs à se rendre sur le site et <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/vote.cgi">voter</a> pour celui qui lui semble mériter les lauriers de la Chambre haute.</p>
<blockquote><p><em>- Mais</em>, vous indignez-vous, <em>comment pourrions-nous voter alors que nous n&#8217;avons pas eu le privilège de recevoir les ouvrages, que nos maigres ressources nous interdisent de nous les procurer tous, et que le temps nous fait défaut pour en prendre connaissance. Car, outre notre pénible labeur, nous devons chaque soir sacrifier à la messe païenne de la star ac&#8217;.</em></p>
</blockquote>
<p>Certes, certes, conviens-je.</p>
<p>Mais rien ne vous interdit pourtant de déférer à la sollicitation que je vous fais, en prenant exemple sur Alexandre Delaigue, des éconoclastes, qui <a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2007/10/24/1055-prix-du-livre-d-economie-du-senat">se prononce</a> pour le seul ouvrage qu&#8217;il ait lu&#8230; Tout en ne manquant pas de commenter les autres. Un concours précieux pour votre information maigre.</p>
<p>Et puis, vous pouvez me suivre sur le chemin périlleux du choix. </p>
<p>
Voici la présentation qui m&#8217;a été faite par Sophie Bataille, en charge pour l&#8217;agence <em>Sixandco</em>, de conduire le projet&nbsp;:</p>
<blockquote><p><em>Ce prix a pour vocation de concourir à une meilleure diffusion de la culture économique, en distinguant un ouvrage scientifiquement incontestable et accessible au grand public.</em></p>
</blockquote>
<p>&laquo;&nbsp;<em><strong>Diffusion de la culture économique</strong></em>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em><strong>Scientifiquement incontestable</strong></em>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<em><strong>accessible au grand public</strong></em>&laquo;&nbsp;. Voici les trois critères.</p>
<p>Le premier critère nous permet derechef et sans lecture, d&#8217;éliminer l&#8217;ouvrage de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=7">Laurent Mauduit</a>, qui ne traite que de très loin d&#8217;économie. Il en va également ainsi du livre de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=9">Jean-Marie Pelt</a>&nbsp;: <em>C&#8217;est vert et ça marche !</em>, dont le caractère économique m&#8217;est apparu des plus incertain.</p>
<p>Le second critère emporte joyeusement les 130 &#8211; petites &#8211; pages de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=8">Denis Olivenne</a> &#8211; pamphlet contre la gratuité, et fait peser des doutes sur celles de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=6">François Lenglet</a>, d&#8217;<a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=3">Alain Villemeur</a> et de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=5">Paul Jorion</a>. Mais une lecture s&#8217;impose<sup>[<a href="#pnote-699-2" id="rev-pnote-699-2">2</a>]</sup>.</p>
<p>Restent les travaux de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=4">Pierre Dockès</a>, d&#8217;<a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=1">Aglietta et Berrebi</a>, de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=3">Delpla et Wyplosz</a> et de <a href="http://www.senat.fr/cgi-bin/livreeco/liste-avis.cgi?cl=2">Brender et Pisani</a>.</p>
<p>Le <em>Brender et Pisani</em> est incontestablement un livre d&#8217;économie stimulant. Mais je ne dirais pas qu&#8217;il est accessible au &laquo;&nbsp;<em>grand public</em>&laquo;&nbsp;. Il en va peut-être ainsi d<em>Aglietta et Berrebi</em>, mais je n&#8217;ai pas reçu l&#8217;ouvrage. Le <em>Dockès</em> et le <em>Delpla et Wyplosz</em><sup>[<a href="#pnote-699-3" id="rev-pnote-699-3">3</a>]</sup> me semblent accessibles au public. Sinon &laquo;&nbsp;<em>grand</em>&laquo;&nbsp;, au moins, à celui des honnêtes hommes. </p>
<p>
J&#8217;ai choisi faire reposer mon choix sur deux qualités alternatives.</p>
<p>La <em><strong>première</strong></em> est celle qui a été proposée par Alexandre Delaigue en parlant du <em>Delpa et Wyplosz</em>:</p>
<blockquote><p><em>[C]&#8216;est l&#8217;exemple typique du livre qui fait date, parce qu&#8217;il contient une idée simple mais fondamentale&nbsp;: parce que les réformes font des perdants, il est légitime de songer à les indemniser.</em></p>
</blockquote>
<p>Bien sûr, je n&#8217;ai pas une culture économique assez importante pour déterminer ce qui &laquo;&nbsp;<em>fait date</em>&laquo;&nbsp;&nbsp;; mais j&#8217;aime bien le principe de l<em>idée simple</em>, avec laquelle on s&#8217;envole, comme chacun sait, vers l&#8217;orient compliqué.</p>
<p>Car l&#8217;économie est une science ardue qui s&#8217;efforce de décrire une réalité plus complexe encore. Il faut se prêter au jeu de la difficulté, ou se résoudre à des dénonciations rageuses. Des hommes, du monde et parfois, de la science économique elle-même.</p>
<p>La <em><strong>seconde</strong></em> est dérivée de la mission assignée au prix&nbsp;:</p>
<p>Compte tenu de la culture économique qui sévit dans nos belles prairies françaises, il me semble qu&#8217;un ouvrage à distinguer viendrait contredire la profusion d&#8217;idées reçues qui émaillent la <em>doxa économique</em> du grand public français.</p>
<p>Aussi bien une explication descriptive d&#8217;un <em>ordre économique</em><sup>[<a href="#pnote-699-4" id="rev-pnote-699-4">4</a>]</sup> peut opportunément éclairer &#8211; aveugler peut-être &#8211; qui erre dans une obscurité peuplée de fantômes et de fantasmes. Vous et moi<sup>[<a href="#pnote-699-5" id="rev-pnote-699-5">5</a>]</sup>. </p>
<p>
Bref, aidez-moi donc par votre vote à éviter que le <em>Prix de l&#8217;économie du sénat</em> ne déchoie dans des grognements pamphlétaires de cent cinquante pages imprimées en caractère 14 ou dans l&#8217;apologie immodérément simplificatrice. Pire encore, dans la réduction de l&#8217;économie à des sommes en dollar et quelques pourcentages. </p>
<p></p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-699-1" id="pnote-699-1">1</a>] Et autre, mais je promets d&#8217;en faire le rapport.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-699-2" id="pnote-699-2">2</a>] Pas pour celui de Villemeur, que je n&#8217;ai pas reçu.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-699-3" id="pnote-699-3">3</a>] Je concède une certaine tendresse pour Charles Wyplosz, qui a su apaiser mes souffrances d&#8217;étudiant par un remarquable <a href="http://www.amazon.fr/Macro%C3%A9conomie-perspective-europ%C3%A9enne-3%C3%A8me-%C3%A9dition/dp/2744501514/ref=sr_1_1/171-8994617-2154617?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1193934822&amp;sr=8-1">Macroéconomie</a>, en collaboration avec Michaël Burda. Je le recommande bien sûr à toute personne. Cela ne se boit pas comme de l&#8217;eau, mai cela s&#8217;étudie avec reconnaissance.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-699-4" id="pnote-699-4">4</a>] Par exemple, la finance internationale.</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-699-5" id="pnote-699-5">5</a>] Moi, peut-être un peu moins, ayant eu l&#8217;occasion de mortifier mes préjugés en ma matière dans un amphithéâtre.</p>
</div>
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