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	<title>Diner’s Room &#187; accouchement sous X</title>
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		<title>L&#8217;accouchement sous X prive-t-il le géniteur du droit d&#8217;établir sa paternité ?</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2009 14:11:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[juridique]]></category>
		<category><![CDATA[accouchement sous X]]></category>
		<category><![CDATA[adoption]]></category>
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		<category><![CDATA[reconnaissance de paternité]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est la question à nouveau posée au juge civil d&#8217;Orléans. Une femme avait accouché en réclamant le bénéfice des dispositions de l&#8217;article 326 du Code civil qui prévoit la possibilité de demander la préservation du secret de son identité. Autrement dit, un accouchement &#171;&#160;sous X&#160;&#187;. Elle avait alors avancé que l&#8217;enfant été né d&#8217;un viol qu&#8217;elle avait subi. Son compagnon n&#8217;avait pas entrepris de démarches visant à établir une éventuelle paternité ; en sorte que l&#8217;enfant se trouvait sans filiation. Comme pupille de l&#8217;État, il fut placé chez une famille qui obtint l&#8217;adoption plénière en mai 2008. Cependant, les expertises médicales liées à l&#8217;enquête pénale révélèrent un lien génétique entre le compagnon de la femme et l&#8217;enfant. Voici qui en fait, aux yeux du droit, un géniteur, mais pas encore un père1. Il réclame aujourd&#8217;hui l&#8217;établissement du lien de filiation à son égard. Une action qui a peu de chance de prospérer. En effet, la protection de l&#8217;accouchement anonyme suppose que les tiers ne puissent trahir le secret. Ainsi en va-t-il de l&#8217;établissement du lien de filiation avec le père qui pourrait venir contrarier le principes sur lesquels repose cette institution du droit français. C&#8217;est la raison pour laquelle la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est la question <a href="http://www.leparisien.fr/faits-divers/ce-pere-veut-recuperer-sa-fille-nee-sous-x-01-12-2009-729586.php">à nouveau posée</a> au juge civil d&#8217;Orléans.</p>
<p>Une femme avait accouché en réclamant le bénéfice des dispositions de l&#8217;article 326 du Code civil qui prévoit la possibilité de demander la préservation du secret de son identité. Autrement dit, un accouchement &laquo;&nbsp;sous X&nbsp;&raquo;. Elle avait alors avancé que l&#8217;enfant été né d&#8217;un viol qu&#8217;elle avait subi.</p>
<p>Son compagnon n&#8217;avait pas entrepris de démarches visant à établir une éventuelle paternité ; en sorte que l&#8217;enfant se trouvait sans filiation. Comme pupille de l&#8217;État, il fut placé chez une famille qui obtint l&#8217;adoption plénière en mai 2008. Cependant, les expertises médicales liées à l&#8217;enquête pénale révélèrent un lien génétique entre le compagnon de la femme et l&#8217;enfant. Voici qui en fait, aux yeux du droit, un géniteur, mais pas encore un père<sup><a href="http://dinersroom.eu/3734/laccouchement-sous-x-prive-t-il-le-geniteur-du-droit-detablir-sa-paternite/#footnote_0_3734" id="identifier_0_3734" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Contrairement aux rapidit&eacute;s journalistiques.">1</a></sup>. Il réclame aujourd&#8217;hui l&#8217;établissement du lien de filiation à son égard.</p>
<p>Une action qui a peu de chance de prospérer.</p>
<p>En effet, la protection de l&#8217;accouchement anonyme suppose que les tiers ne puissent trahir le secret. Ainsi en va-t-il de l&#8217;établissement du lien de filiation avec le père qui pourrait venir contrarier le principes sur lesquels repose cette institution du droit français. C&#8217;est la raison pour laquelle la jurisprudence se trouve réticente à admettre les actions des autres membres de la famille, qui tendraient à contredire la rigidité du principe de la protection du secret.</p>
<p>Situation discutable, et principe écorné par les dispositions de la Convention de New-York du 26 janvier 1990 <em>relative aux droits de l&#8217;enfant</em> en son article 7.1 :</p>
<p>L’enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le droit d’acquérir une nationalité et, <strong>dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux</strong>.</p>
<p>On aura noté la réserve de &laquo;&nbsp;<em>la mesure du possible</em>&laquo;&nbsp;, qui permet à l&#8217;accouchement sous X de demeurer dans la législation nationale.</p>
<p>Toujours est-il que le législateur et le juge se doivent désormais de concilier le droit de l&#8217;enfant de connaître ses parents, et celui de la génitrice de demeurer étrangère et inconnue de ce dernier.</p>
<p>Une <a id="titreTexte" href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=380C704B94DFA45ADBB929D968A0CB86.tpdjo12v_1?cidTexte=JORFTEXT000020104273&amp;dateTexte=20090119">ordonnance n° 2005-759 du 4 juillet 2005 <em>portant réforme de la filiation et modifiant ou abrogeant diverses dispositions relatives à la filiation</em></a> a ainsi autorisé l&#8217;enfant a procéder à une recherche de maternité sans que puisse lui être opposé le secret de l&#8217;accouchement<sup><a href="http://dinersroom.eu/3734/laccouchement-sous-x-prive-t-il-le-geniteur-du-droit-detablir-sa-paternite/#footnote_1_3734" id="identifier_1_3734" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceci r&eacute;sulte de l&amp;#8217;abrogation de l&amp;#8217;exception pos&eacute;e par l&amp;#8217;ancien article 341 du code civil.">2</a></sup>.</p>
<p>Par ailleurs, la Cour de cassation, dans une <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&amp;idTexte=JURITEXT000007050194&amp;fastReqId=58457348&amp;fastPos=1">importante décision du 7 avril 2006</a><sup><a href="http://dinersroom.eu/3734/laccouchement-sous-x-prive-t-il-le-geniteur-du-droit-detablir-sa-paternite/#footnote_2_3734" id="identifier_2_3734" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comment&eacute;e sur ces pages.">3</a></sup>, a admis que la reconnaissance <em>prénatale</em> du père s&#8217;opposait à la possibilité de l&#8217;adoption par des tiers sans son consentement. En sorte qu&#8217;il était possible au père de faire valoir le lien de filiation contre la procédure d&#8217;adoption, alors même que le secret de l&#8217;accouchement aurait dû le lui interdire.</p>
<p>Les faits, cependant, sont différents dans l&#8217;affaire qui nous occupe.</p>
<p>En effet, le raisonnement de la Cour de cassation reposait sur une <em>reconnaissance prénatale</em>. Celle-ci a pour effet d&#8217;établir le lien de filiation <em>au jour de la naissance</em>. Et ce lien ne pouvait être écarté par les parties prenantes à l&#8217;adoption qui en avaient connaissance.</p>
<blockquote><p>[L]a <span>reconnaissance</span> prénatale avait établi la filiation paternelle de l&#8217;enfant avec effet au jour de sa naissance, de sorte que le conseil de famille des pupilles de l&#8217;Etat, qui était informé de cette <span>reconnaissance</span>, ne pouvait plus, le 26 avril 2001, consentir valablement à l&#8217;adoption de l&#8217;enfant, ce qui relevait du seul pouvoir de son père naturel.</p></blockquote>
<p>Dans l&#8217;affaire d&#8217;Orléans, aucune reconnaissance n&#8217;a été faite. De sorte qu&#8217;au jour de l&#8217;adoption, l&#8217;enfant ne disposait pas d&#8217;une filiation légalement établie.</p>
<p style="padding-left: 30px;">— Mais, objectera-t-on, l&#8217;établissement d&#8217;une filiation ultérieure par le géniteur biologique ne pourrait-elle atteindre cette filiation adoptive ?</p>
<p>Les principes fondamentaux de l&#8217;adoption plénière s&#8217;y opposent. Ainsi dispose l&#8217;article 346 CC :</p>
<blockquote><p>L&#8217;adoption confère à l&#8217;enfant une filiation qui se substitue à sa filiation d&#8217;origine : l&#8217;adopté cesse d&#8217;appartenir à sa famille par le sang, sous réserve des prohibitions au mariage visées aux articles <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070721&amp;idArticle=LEGIARTI000006422117&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid">161 </a>à <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070721&amp;idArticle=LEGIARTI000006422140&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid">164</a>.</p></blockquote>
<p>Autrement dit, les liens de famille préexistants sont rompus irrévocablement par l&#8217;adoption plénière. Dès lors, la reconnaissance, qui supposerait de porter atteinte au principe d&#8217;irrévocabilité de l&#8217;adoption plénière, ne saurait être admise par le juge.</p>
<p>Il est vrai que la loi offre au géniteur la possibilité de contester une filiation établie contre ses droits , notamment au moyen de l&#8217;expertise biologique. Mais admettre cette contestation en matière d&#8217;adoption<sup><a href="http://dinersroom.eu/3734/laccouchement-sous-x-prive-t-il-le-geniteur-du-droit-detablir-sa-paternite/#footnote_3_3734" id="identifier_3_3734" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui, au demeurant, n&amp;#8217;est pas pr&eacute;vu par la loi, qui r&eacute;serve la contestation &agrave; la filiation r&eacute;sultant d&amp;#8217;une reconnaissance ou de la pr&eacute;somption de paternit&eacute;.">4</a></sup> conduirait à fragiliser l&#8217;institution de l&#8217;adoption, et pourrait ne pas correspondre à l&#8217;intérêt supérieur de l&#8217;enfant.</p>
<p>Resterait à invoquer un argument tiré de la nullité de la procédure d&#8217;adoption. Celle-ci, ayant été faite contre les droits du père, devrait pouvoir être anéantie et laisser ouverte la possibilité d&#8217;une reconnaissance.</p>
<p>Le problème est qu&#8217;il n&#8217;est aucune raison de considérer comme nulle la procédure d&#8217;adoption. Dans l&#8217;espèce d&#8217;avril 2007, le Conseil de famille des pupilles de l&#8217;État était informé de l&#8217;action du père, et avait donc donné son consentement contre ses droits. Il s&#8217;agissait par ailleurs d&#8217;une procédure de <em>placement</em>, et non d&#8217;une <em>adoption définitive</em>. Il en va différemment ici, lors que le lien de filiation n&#8217;est pas établi.</p>
<p>Le géniteur fait valoir aujourd&#8217;hui les dissimulations de sa compagne et les retards de l&#8217;institution judiciaire. En effet, la première soutenait que l&#8217;enfant était né d&#8217;un viol collectif. La seconde n&#8217;a procédé à une expertise biologique qu&#8217;au bout de deux ans.</p>
<p>Quel que soit le jugement qu&#8217;on puisse porter sur les affirmations de la génitrice, il reste qu&#8217;un homme raisonnable peut s&#8217;interroger sur sa paternité lorsque naît un enfant d&#8217;une vie commune. S&#8217;il n&#8217;est pas nécessairement le père, les circonstances ne l&#8217;excluent pas tout à fait. Au reste, il n&#8217;a entrepris aucune démarche lors de la naissance pour faire établir ses droits<sup><a href="http://dinersroom.eu/3734/laccouchement-sous-x-prive-t-il-le-geniteur-du-droit-detablir-sa-paternite/#footnote_4_3734" id="identifier_4_3734" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui, en l&amp;#8217;occurrence, aurait sans doute &eacute;t&eacute; admis.">5</a></sup>.</p>
<p>Quant au rôle de la justice, il n&#8217;y a sans doute pas lieu de blâmer sa lenteur, mais plutôt son indiscrétion. Lors d&#8217;une instruction criminelle, le secret de la procédure s&#8217;oppose à ce que des tiers soient informés d&#8217;éléments de l&#8217;enquête. Ce à quoi s&#8217;est employé le juge en charge — du moins, s&#8217;il faut en croire la presse — en communiquant au compagnon de la victime une information obtenue dans le cadre de l&#8217;instruction. C&#8217;est, à cette heure, la seule véritable curiosité juridique de cette affaire.</p>
<p>Pour répondre à la question initiale, donc, non, l&#8217;accouchement sous X ne fait plus nécessairement obstacle aux droits du père. Mais l&#8217;adoption plénière, si. Ce qui suppose donc un peu de diligence. Et malheureusement, parfois un peu de chance.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3734" class="footnote">Contrairement aux rapidités journalistiques.</li><li id="footnote_1_3734" class="footnote">Ceci résulte de l&#8217;abrogation de l&#8217;exception posée par l&#8217;ancien article 341 du code civil.</li><li id="footnote_2_3734" class="footnote"><a href="http://dinersroom.eu/1449/reconnaissance-prenatale-accouchement-sous-x-et-adoption/">Commentée sur ces pages</a>.</li><li id="footnote_3_3734" class="footnote">Ce qui, au demeurant, n&#8217;est pas prévu par la loi, qui réserve la contestation à la filiation résultant d&#8217;une reconnaissance ou de la présomption de paternité.</li><li id="footnote_4_3734" class="footnote">Ce qui, en l&#8217;occurrence, aurait sans doute été admis.</li></ol>]]></content:encoded>
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