<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Diner’s Room &#187; élections</title>
	<atom:link href="http://dinersroom.eu/tag/elections/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://dinersroom.eu</link>
	<description>Work In progress</description>
	<lastBuildDate>Tue, 31 Jan 2012 22:47:23 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.2</generator>
		<item>
		<title>Ensemble, tout devient-il possible en 2012 ?</title>
		<link>http://dinersroom.eu/4331/ensemble-tout-devient-il-possible-en-2012/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/4331/ensemble-tout-devient-il-possible-en-2012/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Feb 2010 13:57:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[2012]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Sarkozy]]></category>
		<category><![CDATA[Président Sarkozy]]></category>
		<category><![CDATA[sondages]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://dinersroom.eu/?p=4331</guid>
		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le service de l&#8217;avenir ne doit pas céder devant la myopie des médiocres. Selon l&#8217;institut BVA et l&#8217;Express, la cote de confiance du Président Sarkozy chute pour s&#8217;établir à 39% d&#8217;opinions favorables contre 56% d&#8217;opinions défavorables. A l&#8217;inverse, Dominique Strauss-Kahn démontre une popularité dodue1 pour l&#8217;échantillon représentatif de la population âgée de 18 ans et plus. La belle affaire. Que l&#8217;action d&#8217;un Président en exercice fasse l&#8217;objet de doutes n&#8217;est en rien une nouveauté. François Mitterrand, dans la première partie de l&#8217;année 1986, avait connu une chute brutale de sa cote de confiance2. Et Jacques Chirac en 2000 établissait des records d&#8217;impopularité dans une configuration politique pourtant favorable. Ceci pour dire que le jugement de l&#8217;opinion sur l&#8217;action d&#8217;un dirigeant ne préjuge pas nécessairement d&#8217;un vote futur3. Tarte à la crème goûtée, donc, que peut-on imaginer du destin du Président Sarkozy  s&#8217;il sollicite à nouveau le suffrage de la Nation ? Tout dépendra, peut-on penser, de trois facteurs. La situation sociale sera le premier d&#8217;entre eux. Que le niveau d&#8217;emploi — et de chômage — soit durablement affecté par la situation économique, et les électeurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4347" class="wp-caption alignleft" style="width: 183px"><img class="size-medium wp-image-4347" title="346px-Sarkozyjaponais" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/02/346px-Sarkozyjaponais-173x300.jpg" alt="Crédit Kenji-Baptiste OIKAWA ; creative commons" width="173" height="300" /><p class="wp-caption-text">Crédit Kenji-Baptiste OIKAWA ; creative commons</p></div>
<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le service de l&#8217;avenir ne doit pas céder devant la myopie des médiocres.</p>
<p>Selon l&#8217;institut BVA et l&#8217;Express, la cote de confiance du Président Sarkozy chute pour s&#8217;établir à 39% d&#8217;opinions favorables contre 56% d&#8217;opinions défavorables. A l&#8217;inverse, Dominique Strauss-Kahn démontre une popularité dodue<sup><a href="http://dinersroom.eu/4331/ensemble-tout-devient-il-possible-en-2012/#footnote_0_4331" id="identifier_0_4331" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="53% des personnes interrog&eacute;es lui souhaitent une plus grande influence dans la politique fran&ccedil;aise.">1</a></sup> pour l&#8217;échantillon représentatif de la population âgée de 18 ans et plus. La belle affaire.</p>
<p>Que l&#8217;action d&#8217;un Président en exercice fasse l&#8217;objet de doutes n&#8217;est en rien une nouveauté. François Mitterrand, dans la première partie de l&#8217;année 1986, avait connu une chute brutale de sa cote de confiance<sup><a href="http://dinersroom.eu/4331/ensemble-tout-devient-il-possible-en-2012/#footnote_1_4331" id="identifier_1_4331" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui l&amp;#8217;avait au reste accompagn&eacute; jusqu&amp;#8217;&agrave; l&amp;#8217;&eacute;lection de 1998.">2</a></sup>. Et Jacques Chirac en 2000 établissait des records d&#8217;impopularité dans une configuration politique pourtant favorable. Ceci pour dire que le jugement de l&#8217;opinion sur l&#8217;action d&#8217;un dirigeant ne préjuge pas nécessairement d&#8217;un vote futur<sup><a href="http://dinersroom.eu/4331/ensemble-tout-devient-il-possible-en-2012/#footnote_2_4331" id="identifier_2_4331" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Valery Giscard d&amp;#8217;Estaing pouvait en 1980 s&amp;#8217;enorgueillir d&amp;#8217;une cote de confiance plut&ocirc;t &eacute;lev&eacute;e.">3</a></sup>.</p>
<p>Tarte à la crème goûtée, donc, que peut-on imaginer du destin du Président Sarkozy  s&#8217;il sollicite à nouveau le suffrage de la Nation ?</p>
<p>Tout dépendra, peut-on penser, de trois facteurs.</p>
<p>La <em><strong>situation sociale</strong> </em>sera le premier d&#8217;entre eux. Que le niveau d&#8217;emploi — et de chômage — soit durablement affecté par la situation économique, et les électeurs pourraient se montrer sévères. Si une situation économique convenable ne garantit pas la satisfaction des électeurs, l&#8217;inverse ne les conduit pas nécessairement à punir le dirigeant en place. Mais encore faut-il que les conséquences sociales de cette situation ne soient pas trop désespérantes.</p>
<p>D&#8217;une certaine façon, la crise mondiale a été une chance pour le Président Sarkozy, car l&#8217;échec de ses promesses économiques peut être imputé à des éléments qui le dépassent. Mais si les conditions économiques s&#8217;améliorent, l&#8217;hiver des attentes sociales connaîtra le dégel, et avec le dégel, le printemps de frustrations. La reprise de la croissance économique, parce qu&#8217;elle précède nécessairement la répartition de ses fruits, suscite toujours des ronchonnements<sup><a href="http://dinersroom.eu/4331/ensemble-tout-devient-il-possible-en-2012/#footnote_3_4331" id="identifier_3_4331" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sans compter la n&eacute;cessit&eacute; de r&eacute;tablir les comptes publics, qui s&amp;#8217;effacera, cela va sans dire, devant les n&eacute;cessit&eacute;s &eacute;lectorales.">4</a></sup>. Contrairement aux apparences, donc, le retour d&#8217;une situation économique plus prometteuse pourrait défavoriser le Président Sarkozy plutôt que l&#8217;avantager.</p>
<p>La <strong><em>question politique</em></strong> sera le second facteur.</p>
<p>Je ne crois pas que l&#8217;élection de 2012 se jouera sur le projet politique. Il se jouera donc sur l&#8217;état des forces politiques.</p>
<p>L&#8217;élection de 2007, me semble-t-il, avait été déterminée tout à la fois par le projet politique du Président Sarkozy la personnalité du même et la personnalité de son opposante principale<sup><a href="http://dinersroom.eu/4331/ensemble-tout-devient-il-possible-en-2012/#footnote_4_4331" id="identifier_4_4331" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fran&ccedil;ois Bayrou avait alors offert un refuge &agrave; ceux qui s&amp;#8217;effaraient ses uns et des autres.">5</a></sup>. Pour le dire vite, ledit projet reposait sur un triptyque fait de <em>volontarisme politique</em>, de <em>réformes structurelles</em>, et d&#8217;un<em> renouvellement des valeurs</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/4331/ensemble-tout-devient-il-possible-en-2012/#footnote_5_4331" id="identifier_5_4331" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le contenu &eacute;tait plus ambigu.">6</a></sup>. Du fait de son originalité, il dominait  les alternatives plus conventionnelles de ses concurrents. Et la question idéologique avait alors un parfum  référendaire.</p>
<p>Je crois le parti socialiste tout à fait incapable de produire une telle perspective politique qu&#8217;elle oblige ses adversaires à se déterminer par rapport à elle. On peut faire confiance à l&#8217;organisation et aux personnalités qui l&#8217;animent pour élaborer un long catalogue de mesures où la &laquo;&nbsp;<em>solidarité</em>&nbsp;&raquo; figurera quatre fois par ligne et la &laquo;&nbsp;<em>République</em>&nbsp;&raquo; à chaque paragraphe. Rien de quoi agiter les âmes<sup><a href="http://dinersroom.eu/4331/ensemble-tout-devient-il-possible-en-2012/#footnote_6_4331" id="identifier_6_4331" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="peut-&ecirc;tre pour le mieux, d&amp;#8217;ailleurs. La modestie de l&amp;#8217;ambition n&amp;#8217;est pas un vice de l&amp;#8217;action politique ; seulement de la conqu&ecirc;te du pouvoir.">7</a></sup>. Le Président Sarkozy, pour sa part, ne pourra se prévaloir de l&#8217;idée de rupture ; ou alors, d&#8217;une façon purement rhétorique qui ne trompera personne. Exit, donc, une élection sur le projet.</p>
<p>Pour ce qui est du rapport des forces politiques, on doit avoir égard aux organisations et aux hommes.</p>
<p>Le parti socialiste risque de payer le succès annoncé de la gauche aux élections régionales. Le parti de gauche et les verts — ses alliés naturels — seront tentés de se compter aux élections présidentielles. Et il n&#8217;est pas certain qu&#8217;une candidature unique socialiste leur agrée, faute, pour les socialistes, de pouvoir leur rétrocéder suffisamment de places éligibles aux élections générales qui suivront. Dès lors, le premier tour pourrait à nouveau voir le candidat socialiste distancé.</p>
<p>La droite, malgré sa faiblesse électorale actuelle, conserve un socle qui se portera naturellement sur le Président Sarkozy s&#8217;il concoure. Cependant, l&#8217;hégémonie de l&#8217;UMP sur les forces de droite amenuise la possibilité de construire une majorité de second tour. Aussi bien, dans cette optique, le succès d&#8217;une candidature centriste pourrait cette fois-ci servir le Président Sarkozy. En prenant à la gauche au premier tour, d&#8217;une part ; en constituant un réservoir de voix de droite modérée pour le second tour, d&#8217;autre part.</p>
<p>Concernant les hommes, le parti socialiste laisse peser une incertitude qui ne le servira pas. Et, contrairement à 2007, il se pourrait que le goût de l&#8217;aventure ait passé à l&#8217;électorat. On ne croit donc pas que Ségolène Royal parviendra, cette fois, à convaincre son camp. La distance de Dominique Strauss-Kahn peut servir sa popularité, mais elle lui nuira lorsqu&#8217;il s&#8217;agira de tisser des liens avec la Nation. Assez étrangement, Martine Aubry et François Hollande pourraient apparaître comme des candidats crédibles.</p>
<p>Mais le seront-ils contre le Président Sarkozy ?</p>
<p>D&#8217;une certaine manière, c&#8217;est la modestie de leur destin qui pourrait les servir. Si une alternative doit être proposée à la personne du Président, une certaine réserve — jospinienne — peut faire luire un concurrent plus que l&#8217;effacer. Et, pour peu qu&#8217;ils parviennent à se dévêtir des frusques grises de premier secrétaire du parti socialiste, ils pourraient proposer une fraîcheur inattendue aux électeurs<sup><a href="http://dinersroom.eu/4331/ensemble-tout-devient-il-possible-en-2012/#footnote_7_4331" id="identifier_7_4331" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Surtout parce qu&amp;#8217;ils ne l&amp;#8217;attendront pas. Bertrand Delano&euml; y est parvenu en 2001.">8</a></sup> .</p>
<p><strong><em>L&#8217;impondérable</em></strong> sera le troisième facteur.</p>
<p>On ne peut exclure l&#8217;une de ces éruptions qui dresse une partie de la Nation contre le Gouvernement et affaibli d&#8217;autant le Président en exercice. Une réaction inadaptée et ses capacités de dirigeants apparaîtront moins certaines ; en particulier aux yeux de ses partisans.</p>
<p>On doit avoir égard également aux intérêts de ses concurrents au sein de la droite.</p>
<p>Il n&#8217;est guère de raison de croire aux chances de Dominique de Villepin. Non plus qu&#8217;à une véritable capacité de nuisance. S&#8217;il peut représenter une forme d&#8217;étendard gaulliste, son électorat potentiel constituera, au pire — ou au mieux — qu&#8217;un renfort accessoire de second tour.</p>
<p>En revanche, les ambitieux de 2017 pourrait songer que dix années de présidence Sarkozy, après douze années de présidence Chirac, offrent des chances raisonnables à la gauche pour la prochaine échéance. Aussi bien, à la manière de Jacques Chirac en 1981, s&#8217;efforceront-ils de soutenir le Président comme la corde le pendu. On pense en particulier à Jean-François Copé, mais nul doute que d&#8217;autres personnalité ne s&#8217;interdisent rien.</p>
<p>Pour autant, à ce jour, les chances de réélection du Président Sarkozy n&#8217;apparaissent pas minces. Plus importantes, en tous les cas, que ce que semblent lui promettent les enquêtes de satisfaction.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_4331" class="footnote">53% des personnes interrogées lui souhaitent une plus grande influence dans la politique française.</li><li id="footnote_1_4331" class="footnote">Qui l&#8217;avait au reste accompagné jusqu&#8217;à l&#8217;élection de 1998.</li><li id="footnote_2_4331" class="footnote">Valery Giscard d&#8217;Estaing pouvait en 1980 s&#8217;enorgueillir d&#8217;une cote de confiance plutôt élevée.</li><li id="footnote_3_4331" class="footnote">Sans compter la nécessité de rétablir les comptes publics, qui s&#8217;effacera, cela va sans dire, devant les nécessités électorales.</li><li id="footnote_4_4331" class="footnote">François Bayrou avait alors offert un refuge à ceux qui s&#8217;effaraient ses uns et des autres.</li><li id="footnote_5_4331" class="footnote">Le contenu était plus ambigu.</li><li id="footnote_6_4331" class="footnote">peut-être pour le mieux, d&#8217;ailleurs. La modestie de l&#8217;ambition n&#8217;est pas un vice de l&#8217;action politique ; seulement de la conquête du pouvoir.</li><li id="footnote_7_4331" class="footnote">Surtout parce qu&#8217;ils ne l&#8217;attendront pas. Bertrand Delanoë y est parvenu en 2001.</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://dinersroom.eu/4331/ensemble-tout-devient-il-possible-en-2012/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les étrennes des buralistes</title>
		<link>http://dinersroom.eu/4089/les-etrennes-des-buralistes/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/4089/les-etrennes-des-buralistes/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 13 Jan 2010 19:20:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[juridique]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[buraliste]]></category>
		<category><![CDATA[débit de tabac]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[remise forfaitaire]]></category>
		<category><![CDATA[UMP]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://dinersroom.eu/?p=4089</guid>
		<description><![CDATA[Dans un monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il importe que les vieux pots accueillent la meilleure soupe. En l&#8217;occurrence, rien ne vaut une modeste subvention pour stimuler les indulgences électorales. C&#8217;est donc en ce frais matin du 13 janvier 2010, cent onzième anniversaire du &#171;&#160;J&#8217;accuse&#160;&#187; de Zola, qu&#8217;a paru le décret n° 2010-41 du 11 janvier 2010 modifiant le décret n° 2006-156 du 13 février 2006 portant création d&#8217;une remise additionnelle en faveur des débitants de tabac. De quoi s&#8217;agit-il ? Les gérants des débits de tabac sont rémunérés par une remise sur les prix pratiqués des produits du tabac1. Cette remise constitue leur marge. Le décret du 13 février 2006 a prévu régime de rémunération complémentaire, également sous forme de remise dite &#171;&#160;additionnelle&#160;&#187;. A ce jour, cette remise est ainsi déterminée2 : Pour les départements de France continentale, le taux de la remise additionnelle est de 2 % sur les 152 500 premiers euros des livraisons annuelles au débit et de 0,5 % sur la tranche de ces livraisons dont la valeur est comprise entre 152 501 et 300 000 euros. Soit, Pour un chiffre d&#8217;affaire de 80 000 € : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4091" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-4091" title="800px-Carotte_vendeur_tabac" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/01/800px-Carotte_vendeur_tabac-300x199.jpg" alt="Crédit Fabien 1309 ; creative commons" width="300" height="199" /><p class="wp-caption-text">Crédit Fabien 1309 ; creative commons</p></div>
<p>Dans un monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il importe que les vieux pots accueillent la meilleure soupe. En l&#8217;occurrence, rien ne vaut une modeste subvention pour stimuler les indulgences électorales.</p>
<p>C&#8217;est donc en ce frais matin du 13 janvier 2010, cent onzième anniversaire du &laquo;&nbsp;J&#8217;accuse&nbsp;&raquo; de Zola, qu&#8217;a paru le <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000021664842&amp;dateTexte=&amp;oldAction=rechJO&amp;categorieLien=id">décret n° 2010-41 du 11 janvier 2010</a> modifiant le <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=1000A3E2EE72EF2F9626BE73C0097077.tpdjo07v_1?cidTexte=JORFTEXT000000788634&amp;categorieLien=cid&amp;dateTexte=">décret n° 2006-156 du 13 février 2006</a> <em>portant création d&#8217;une remise additionnelle en faveur des débitants de tabac</em>.</p>
<p>De quoi s&#8217;agit-il ?</p>
<p>Les gérants des débits de tabac sont rémunérés par une remise sur les prix pratiqués des produits du tabac<sup><a href="http://dinersroom.eu/4089/les-etrennes-des-buralistes/#footnote_0_4089" id="identifier_0_4089" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entre 8 et 9% du prix effectivement pratiqu&eacute;.">1</a></sup>. Cette remise constitue leur marge. Le décret du 13 février 2006 a prévu régime de rémunération complémentaire, également sous forme de remise dite &laquo;&nbsp;additionnelle&nbsp;&raquo;.</p>
<p>A ce jour, cette remise est ainsi déterminée<sup><a href="http://dinersroom.eu/4089/les-etrennes-des-buralistes/#footnote_1_4089" id="identifier_1_4089" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sauf la Corse qui b&eacute;n&eacute;ficie d&amp;#8217;un r&eacute;gime pr&eacute;f&eacute;rentiel.">2</a></sup> :</p>
<blockquote><p>Pour les départements de France continentale, le taux de la remise additionnelle est de 2 % sur les 152 500 premiers euros des livraisons annuelles au débit et de 0,5 % sur la tranche de ces livraisons dont la valeur est comprise entre 152 501 et 300 000 euros.</p></blockquote>
<p>Soit,</p>
<p>Pour un chiffre d&#8217;affaire de 80 000 € : 80 000 x 0,02 = 1600 €</p>
<p>Pour un chiffre d&#8217;affaire de 150 000 € : 150 000 x 0, 02 = 3000 €</p>
<p>Et pour un chiffre d&#8217;affaire de 200 000 € : 152 501 x 0,02 + (200 000 &#8211; 152 501) x 0,005 = 3 287,50 €</p>
<p>Le décret du jour modifie cette méthode de calcul :</p>
<p>Il divise la remise additionnelle en une <em>part proportionnelle</em> et une <em>part forfaitaire</em>.</p>
<p>La <strong><em>part proportionnelle</em></strong> reprend une partie du dispositif précédent. Son taux est de 2 % sur les 152 500 premiers euros. Et disparaissent ainsi les 0,5% sur le chiffre d&#8217;affaire jusqu&#8217;à 300 000 €. Une perte, donc, à priori, pour les débits de tabac les plus actifs. Il n&#8217;en est rien.</p>
<p>La <strong><em>part forfaitaire</em></strong> est prévue par un article 3-1 nouveau :</p>
<blockquote><p>Pour les départements de France continentale, le montant de la prime forfaitaire de service public s&#8217;élève annuellement à :<br />
1 000 euros pour les débits dont la valeur annuelle des livraisons n&#8217;excède pas 100 000 euros ;<br />
500 euros pour les débits dont la valeur annuelle des livraisons est comprise entre 100 001 euros et 300 000 euros.</p></blockquote>
<p>On aura noté en passant la dénomination de &laquo;&nbsp;prime forfaitaire de <strong>service public</strong>&laquo;&nbsp;. C&#8217;est que, si la lutte contre le tabagisme a été érigée au rang de cause nationale, la distribution du tabac relève, quant à elle, de la poursuite de l&#8217;intérêt général<sup><a href="http://dinersroom.eu/4089/les-etrennes-des-buralistes/#footnote_2_4089" id="identifier_2_4089" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dont le service public est la mission.">3</a></sup>.</p>
<p>Refaisons donc nos calculs :</p>
<p>Pour un chiffre d&#8217;affaire de 80 000 € : 80 000 x 0,02 +1000 = 2600 €</p>
<p>Pour un chiffre d&#8217;affaire de 150 000 € : 150 000 x 0, 02 + 500 = 3500 €</p>
<p>Et pour un chiffre d&#8217;affaire de 200 000 € : 152 501 x 0,02 + 500 = 3 550 €</p>
<p>En réalité, seuls y perdent les gérants de débit de tabac qui réalisent un chiffre d&#8217;affaire supérieur à 252 501 €. Cependant, comme le démontre <a href="http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1222#inter5">une étude de l&#8217;INSEE</a><sup><a href="http://dinersroom.eu/4089/les-etrennes-des-buralistes/#footnote_3_4089" id="identifier_3_4089" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&amp;#8217;&eacute;tude date de 2006, mais les revenus li&eacute;s au commerce du tabac n&amp;#8217;ont cess&eacute; de baisser.">4</a></sup>, le chiffre d&#8217;affaire moyen lié au tabac est loin d&#8217;atteindre ce montant. Aussi bien la mesure a-t-elle vocation à bénéficier à une grande partie des gérants de débits de tabac ; qui sont aussi des électeurs.</p>
<p>Nul ne doute que les buralistes — dont on connaît le proverbial gauchisme radical — ne manqueront pas de s&#8217;émouvoir de cette preuve d&#8217;attention gouvernementale.</p>
<p>Et de la faire partager à leur clientèle dont le regard parfois aqueux trahit l&#8217;esprit remarquable et voltairien de notre génie national.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_4089" class="footnote">Entre 8 et 9% du prix effectivement pratiqué.</li><li id="footnote_1_4089" class="footnote">Sauf la Corse qui bénéficie d&#8217;un régime préférentiel.</li><li id="footnote_2_4089" class="footnote">Dont le service public est la mission.</li><li id="footnote_3_4089" class="footnote">L&#8217;étude date de 2006, mais les revenus liés au commerce du tabac n&#8217;ont cessé de baisser.</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://dinersroom.eu/4089/les-etrennes-des-buralistes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Élections européennes : au fait, comment désigne-t-on les députés ?</title>
		<link>http://dinersroom.eu/2596/elections-europeennes-au-fait-comment-designe-t-on-les-deputes/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/2596/elections-europeennes-au-fait-comment-designe-t-on-les-deputes/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 14:28:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Vive l'Europe]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[Parlement européen]]></category>
		<category><![CDATA[proportionnelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://dinersroom.eu/?p=2596</guid>
		<description><![CDATA[Écartons la considérable abstention qui se profile, et voyons comment seront attribués les sièges des représentants français au Parlement européen. Car, ils seront bel et bien pourvus, n&#8217;en déplaise aux pêcheurs et pécheurs du dimanche. Comme chacun le sait — ou non — chaque état membre fixe librement les modalités électives de ceux qu&#8217;il députe au Parlement européen. En France, c&#8217;est la loi n° 77-729 du 7 juillet 1977 relative à l&#8217;élection des représentants au Parlement européen, qui les détermine1 dans son article 3. L&#8217;élection a lieu, par circonscription, au scrutin de liste à la représentation proportionnelle, sans panachage ni vote préférentiel. Les sièges sont répartis, dans la circonscription, entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne. Si plusieurs listes ont la même moyenne pour l&#8217;attribution du dernier siège, celui-ci revient à la liste qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages. En cas d&#8217;égalité de suffrages, le siège est attribué à la liste dont la moyenne d&#8217;âge est la plus élevée. Les sièges sont attribués aux candidats d&#8217;après l&#8217;ordre de présentation sur chaque liste. Il s&#8217;agit donc d&#8217;une élection &#171;&#160;à la représentation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Écartons la considérable abstention qui se profile, et voyons comment seront attribués les sièges des représentants français au Parlement européen. Car, ils seront bel et bien pourvus, n&#8217;en déplaise aux pêcheurs et pécheurs du dimanche.</p>
<p>Comme chacun le sait — ou non — chaque état membre fixe librement les modalités électives de ceux qu&#8217;il députe au Parlement européen.</p>
<p>En France, c&#8217;est la loi <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006068600&amp;dateTexte=20090603">n° 77-729</a> du 7 juillet 1977 <em>relative à l&#8217;élection des représentants au Parlement européen, </em>qui les détermine<sup><a href="http://dinersroom.eu/2596/elections-europeennes-au-fait-comment-designe-t-on-les-deputes/#footnote_0_2596" id="identifier_0_2596" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La derni&egrave;re modification en date du texte date de la Loi n&deg;2003-327 du 11 avril 2003 relative &agrave; l&amp;#8217;&eacute;lection des conseillers r&eacute;gionaux et des repr&eacute;sentants au Parlement europ&eacute;en ainsi qu&amp;#8217;&agrave; l&amp;#8217;aide publique aux partis politiques.">1</a></sup> dans son article 3.</p>
<blockquote><p>L&#8217;élection a lieu, par circonscription, au scrutin de liste à la représentation proportionnelle, sans panachage ni vote préférentiel.</p>
<p>Les sièges sont répartis, dans la circonscription, entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne. Si plusieurs listes ont la même moyenne pour l&#8217;attribution du dernier siège, celui-ci revient à la liste qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages. En cas d&#8217;égalité de suffrages, le siège est attribué à la liste dont la moyenne d&#8217;âge est la plus élevée.</p>
<p>Les sièges sont attribués aux candidats d&#8217;après l&#8217;ordre de présentation sur chaque liste.</p></blockquote>
<p>Il s&#8217;agit donc d&#8217;une élection &laquo;&nbsp;<em>à la représentation proportionnelle</em>&laquo;&nbsp;. Simple dans son principe, effroyablement complexe par les ajustements qu&#8217;elle suppose.</p>
<p>L&#8217;idée générale est que les sièges sont répartis en fonction des votes obtenus. Les candidats d&#8217;une liste se trouvent élus proportionnellement aux suffrages recueillis.</p>
<p>Mais comment ?</p>
<p>Il faut tout d&#8217;abord calculer ce que l&#8217;on appelle le <strong><em>quotient électoral</em></strong>. C&#8217;est à dire la mesure qui permet de déterminer le nombre de voix nécessaire pour obtenir <strong><em>un </em></strong>siège.</p>
<p>Il s&#8217;obtient en divisant le nombre de <em>suffrages exprimés</em> par le nombre de sièges à pourvoir. Exit, donc, les abstentionnistes et les votes blancs. Ce qui est une bonne chose, car l&#8217;élection est avant tout un instrument de désignation des représentants ; en sus de l&#8217;expression des sensibilités et humeurs politiques<sup><a href="http://dinersroom.eu/2596/elections-europeennes-au-fait-comment-designe-t-on-les-deputes/#footnote_1_2596" id="identifier_1_2596" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A noter au reste que si l&amp;#8217;on tenait compte des bulletins blancs et abstentions, le seuil des 5% ne permettrait pas &agrave; beaucoup de listes de se maintenir, et cela favoriserait m&eacute;caniquement les listes en t&ecirc;tes. En quoi les motivations de rejet du vote blanc ou de l&amp;#8217;abstention manqueraient significativement leur objet.">2</a></sup>.</p>
<p>Illustration.</p>
<p>Admettons que 3,5 millions d&#8217;électeurs s&#8217;expriment valablement dans la <em>circonscription</em> Île-de-France. Cette dernière, aux termes du <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=0EA1C5191C16A4211A297FF173236616.tpdjo13v_3?cidTexte=JORFTEXT000020428745&amp;dateTexte=&amp;oldAction=rechJO&amp;categorieLien=id">décret n° 2009-317</a> du 20 mars 2009 <em>fixant le nombre de sièges et le nombre de candidats par circonscription pour l&#8217;élection des représentants au Parlement européen</em>, offre 13 sièges à pourvoir. Le quotient électoral est donc de 3 500 000/13, soit <strong><em>269 230</em></strong> voix nécessaires pour obtenir un siège.</p>
<p>Bien, mais que fait-on des <em>restes</em> ?</p>
<blockquote><p>— Quels restes ?</p></blockquote>
<p>Et bien, si sage que soit le corps électoral, il est rare que la multitude parvienne à diviser son vote en parts égales de quotient électoral.</p>
<p>Admettons, pour la bonne forme, que l&#8217;UMP obtienne 25% des votes, le PS 20%, le modem 15%, les verts, 10%, le parti de gauche, 7%, le NPA, 7%, le FN et Libertas, 5%, et que le reste des listes obtienne ensemble les 6% restant, sans que l&#8217;une dépasse les 5% nécessaires pour être représentés.</p>
<p>Les sièges sont d&#8217;abord attribués en fonction du quotient électoral.<br />

<table id="wp-table-reloaded-id-2-no-1" class="wp-table-reloaded wp-table-reloaded-id-2">
<thead>
	<tr class="row-1 odd">
		<th class="column-1"></th><th class="column-2">Nombre de voix</th><th class="column-3">Sièges attribués</th><th class="column-4">Voix non représentées</th>
	</tr>
</thead>
<tbody>
	<tr class="row-2 even">
		<td class="column-1">UMP</td><td class="column-2">875000</td><td class="column-3">3 (3 x 269 230)</td><td class="column-4">67310</td>
	</tr>
	<tr class="row-3 odd">
		<td class="column-1">PS</td><td class="column-2">700000</td><td class="column-3">2 (2 x 269 230)</td><td class="column-4">161540</td>
	</tr>
	<tr class="row-4 even">
		<td class="column-1">Modem</td><td class="column-2">525000</td><td class="column-3">1 (1 x 269 230)</td><td class="column-4">255770</td>
	</tr>
	<tr class="row-5 odd">
		<td class="column-1">Verts</td><td class="column-2">350000</td><td class="column-3">1 (1 x 269 230)</td><td class="column-4">80770</td>
	</tr>
	<tr class="row-6 even">
		<td class="column-1">Parti de gauche</td><td class="column-2">245000</td><td class="column-3">0</td><td class="column-4">245000</td>
	</tr>
	<tr class="row-7 odd">
		<td class="column-1">NPA</td><td class="column-2">245000</td><td class="column-3">0</td><td class="column-4">245000</td>
	</tr>
	<tr class="row-8 even">
		<td class="column-1">FN</td><td class="column-2">175000</td><td class="column-3">0</td><td class="column-4">175000</td>
	</tr>
	<tr class="row-9 odd">
		<td class="column-1">Libertas</td><td class="column-2">175000</td><td class="column-3">0</td><td class="column-4">175000</td>
	</tr>
	<tr class="row-10 even">
		<td class="column-1">Reste</td><td class="column-2">210000</td><td class="column-3">0</td><td class="column-4">210000</td>
	</tr>
	<tr class="row-11 odd">
		<td class="column-1">Total</td><td class="column-2">3 500 000</td><td class="column-3">0</td><td class="column-4"><strong>1615390</strong></td>
	</tr>
</tbody>
</table>
</p>
<p>Mais comme on peut le voir, toutes les voix — il s&#8217;en faut de beaucoup — ne sont pas représentées (1 615 390/3 500 000), non plus que les sièges attribués  — il en reste 6. Par ailleurs, certaines listes n&#8217;ont pas d&#8217;élus.</p>
<p>Comment, donc pourvoir les six sièges restants ?</p>
<p>Il existe deux systèmes : celui du <strong><em>plus fort reste</em></strong> et celui de la <strong><em>plus forte moyenne</em></strong>.</p>
<p>Le plus fort reste consiste à attribuer les sièges en fonction des vois restantes non représentées. C&#8217;est ainsi que le Modem récupèrerait un siège ; <em>idem</em> du Parti de gauche et du NPA, puis du FN et de Libertas, et enfin du PS. De sorte que l&#8217;UMP se trouverait à égalité en siège avec le PS.</p>
<p>Mais ce n&#8217;est pas la méthode retenue par la loi de 2003 : celle de la plus forte moyenne.</p>
<p>Le système généralement adopté pour calculer la plus forte moyenne consiste à <em>attribuer fictivement</em> les sièges restants à chaque liste et à calculer<em> la moyenne de voix obtenue alors</em> par chaque liste. Les sièges restants sont en suite attribués selon la plus forte moyenne calculée.</p>

<table id="wp-table-reloaded-id-3-no-1" class="wp-table-reloaded wp-table-reloaded-id-3">
<thead>
	<tr class="row-1 odd">
		<th class="column-1"></th><th class="column-2">Nombre de voix</th><th class="column-3">Sièges fictifs</th><th class="column-4">Moyenne</th><th class="column-5">Sièges attribués</th>
	</tr>
</thead>
<tbody>
	<tr class="row-2 even">
		<td class="column-1">UMP</td><td class="column-2">875000</td><td class="column-3">4 (3+1)</td><td class="column-4">218750 (5)</td><td class="column-5">3 +1 = <strong>4</strong></td>
	</tr>
	<tr class="row-3 odd">
		<td class="column-1">PS</td><td class="column-2">700000</td><td class="column-3">3 (2+1)</td><td class="column-4">233333 (4)</td><td class="column-5">2 + 1 = <strong>3</strong></td>
	</tr>
	<tr class="row-4 even">
		<td class="column-1">Modem</td><td class="column-2">525000</td><td class="column-3">2 (1+1)</td><td class="column-4">262500 (1)</td><td class="column-5">1 + 1 = <strong>2</strong></td>
	</tr>
	<tr class="row-5 odd">
		<td class="column-1">Verts</td><td class="column-2">350000</td><td class="column-3">2 (1 +1)</td><td class="column-4">175000 (6)</td><td class="column-5">1 + 1 = <strong>2</strong></td>
	</tr>
	<tr class="row-6 even">
		<td class="column-1">Parti de gauche</td><td class="column-2">245000</td><td class="column-3">1 (0+1)</td><td class="column-4">245000 (2)</td><td class="column-5">0 + 1 = <strong>1</strong></td>
	</tr>
	<tr class="row-7 odd">
		<td class="column-1">NPA</td><td class="column-2">245000</td><td class="column-3">1 (0+1)</td><td class="column-4">245000 (2)</td><td class="column-5">0 + 1 = <strong>1</strong></td>
	</tr>
	<tr class="row-8 even">
		<td class="column-1">FN</td><td class="column-2">175000</td><td class="column-3">1 (0+1)</td><td class="column-4">175000 (6)</td><td class="column-5">0 + 0 = <strong>0</strong></td>
	</tr>
	<tr class="row-9 odd">
		<td class="column-1">Libertas</td><td class="column-2">175000</td><td class="column-3">1 (0+1)</td><td class="column-4">175000 (6)</td><td class="column-5">0 + 0 = <strong>0</strong></td>
	</tr>
</tbody>
</table>

<p>On vérifie donc que le choix de la plus forte moyenne ou du plus fort reste peut sensiblement modifier les résultats. La plus forte moyenne, en l&#8217;occurrence, privilégie les plus grands scores, puisque Libertas et le FN sont privés de siège, alors que l&#8217;UMP en obtient un supplémentaire.</p>
<p>Notons encore que trois listes obtiennent une moyenne égale alors qu&#8217;elles se disputent le dernier siège. La règle veut qu&#8217;il soit attribué de préférence à la liste qui a obtenu le plus grands nombre de voix. Dans le cas très improbable où cela ne suffirait pas, on se fonde sur le classique et gérontocrate critère de l&#8217;âge<sup><a href="http://dinersroom.eu/2596/elections-europeennes-au-fait-comment-designe-t-on-les-deputes/#footnote_2_2596" id="identifier_2_2596" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En l&amp;#8217;occurrence, l&amp;#8217;&acirc;ge moyen de la liste.">3</a></sup>.</p>
<p>On constate au demeurant que le système dit &laquo;&nbsp;<em>proportionnel</em>&nbsp;&raquo; est loin de donner une représentation fidèle des forces politiques en présence, et conduit à des distorsions. Distorsions d&#8217;autant plus grande, d&#8217;ailleurs, que la circonscription est réduite. Avec la France comme circonscription unique, les petites formations politiques auraient de grandes chances d&#8217;obtenir un représentant, alors qu&#8217;elles peuvent perdre cette possibilité lorsque l&#8217;on multiplie les circonscriptions.</p>
<p>Bref, l&#8217;étrange système de circonscriptions de la loi de 2003 vise à favoriser les formations les plus puissantes au détriment des plus réduites, tout en conservant à ces dernières une possibilité de représentation.</p>
<p>Un mot, pour conclure, sur l&#8217;étrange formule de la loi : &laquo;&nbsp;<em>sans panachage ni vote préférentiel</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Le <em><strong>panachage</strong></em> consiste à laisser l&#8217;électeur choisir des noms sur <em>plusieurs liste</em>. Ainsi, si je suis Vérel, je <a href="http://verel.typepad.fr/verel/2009/06/pour-qui-voter-le-7-juin.html">choisis</a> Michel Barnier et Daniel Cohn-Bendit sur les listes UMP et Verts, mais délaisse Rachida Dati et José Bové, dont l&#8217;implication dans le projet européen me semble discutable.</p>
<p>Il convient cependant de ne pas se méprendre. La proportionnelle est un scrutin<strong><em> de liste</em></strong>. C&#8217;est pourquoi le panachage ne conduit pas à choisir <em>ses</em> candidats préférés. On fait la somme des voix recueillies par les candidats <em>de chaque liste</em>, et on calcule la moyenne des suffrages <em>par liste</em> pour attribuer les sièges. En sorte que Rachida Dati, nonobstant le panachage, serait probablement élue, mais que son faible score — en admettant un grand nombre d&#8217;électeurs <em>Vérel </em>— pèserait sur les candidats suivants de la liste UMP.</p>
<p>Pour choisir son candidat et en éliminer d&#8217;autres, c&#8217;est au vote <strong><em>préférentiel</em></strong> qu&#8217;il faut recourir. Le vote préférentiel permet de réorganiser sa liste d&#8217;élection et de placer, qui José Bové, qui Rachida Dati, en fin de liste. L&#8217;ordre définitif de la liste dépend de la pondération effectuée par les électeurs, qui, il faut le dire, font un maigre usage de cet instrument lorsqu&#8217;il leur est offert.</p>
<p>Mais cette liberté n&#8217;est pas offerte à l&#8217;électeur français, ce qui permet aux formations politiques de maîtriser peu ou prou les candidatures qu&#8217;elles souhaitent favoriser. Et l&#8217;on observe ainsi que dans un système proportionnel, l&#8217;électeur perd un peu de sa capacité de choix de ses représentants. Du moins, face aux partis politiques.</p>
<p>Et c&#8217;est sur cette dernière remarque que je laisse mes bons lecteurs méditer leur choix dominical en pleine connaissance de son fruit électoral.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2596" class="footnote">La dernière modification en date du texte date de la Loi n°2003-327 du 11 avril 2003 <em>relative à l&#8217;élection des conseillers régionaux et des représentants au Parlement européen ainsi qu&#8217;à l&#8217;aide publique aux partis politiques</em>.</li><li id="footnote_1_2596" class="footnote">A noter au reste que si l&#8217;on tenait compte des bulletins blancs et abstentions, le seuil des 5% ne permettrait pas à beaucoup de listes de se maintenir, et cela favoriserait mécaniquement les listes en têtes. En quoi les motivations de rejet du vote blanc ou de l&#8217;abstention manqueraient significativement leur objet.</li><li id="footnote_2_2596" class="footnote">En l&#8217;occurrence, l&#8217;âge moyen de la liste.</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://dinersroom.eu/2596/elections-europeennes-au-fait-comment-designe-t-on-les-deputes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>13</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

