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	<title>Diner’s Room &#187; exhibition sexuelle</title>
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		<title>Pouvez-vous porter une mini-jupe à l&#8217;Université ?</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 14:07:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
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		<category><![CDATA[juridique]]></category>
		<category><![CDATA[exhibition sexuelle]]></category>
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		<description><![CDATA[Si l&#8217;on s&#8217;interroge, dans nos contrées, sur la liberté de se voiler, il en va différemment au Brésil, où la liberté de se dévoiler a donné lieu à une piquante affaire rapportée par le Parisien. Une étudiante s&#8217;était présentée à l&#8217;Université vêtue d&#8217;une mini-jupe ; ce qui a suscité les quolibets et insultes de ses camarades. Ainsi que son exclusion pour cause d&#8217;atteinte à la dignité académique et à la moralité. L&#8217;anecdote a provoqué le trouble dans une opinion politique brésilienne généralement fort libérale en la matière. Elle suscite, en marge, quelques questions sur les rapports qu&#8217;une société entretient quant à l&#8217;exposition du corps de l&#8217;autre. Sur le fond, le problème résulte du conflit entre une liberté civile et les droits des tiers.. Concernant la liberté civile, il s&#8217;agit de celle de se vêtir ou de se dévêtir. Cela résulte du droit au respect de la vie privée, qui organise la protection de l&#8217;individu sur les éléments de son intimité ; avec, en corollaire, le droit d&#8217;exposer ladite intimité. Du côté des droits des tiers, il y a bien sûr l&#8217;ordre public, qui vise à éviter les troubles causés à la société ; mais aussi de façon plus fugitive et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-3609" title="418px-Birth_of_Venus_detail" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2009/11/418px-Birth_of_Venus_detail-209x300.jpg" alt="418px-Birth_of_Venus_detail" width="209" height="300" />Si l&#8217;on s&#8217;interroge, dans nos contrées, sur la liberté de se voiler, il en va différemment au Brésil, où la liberté de se dévoiler a donné lieu à une piquante affaire <a href="http://www.leparisien.fr/international/une-bresilienne-exclue-et-honnie-pour-jupe-trop-courte-10-11-2009-706812.php">rapportée</a> par le Parisien.</p>
<p>Une étudiante s&#8217;était présentée à l&#8217;Université vêtue d&#8217;une mini-jupe ; ce qui a suscité les quolibets et insultes de ses camarades. Ainsi que son exclusion pour cause d&#8217;atteinte à la dignité académique et à la moralité.</p>
<p>L&#8217;anecdote a provoqué le trouble dans une opinion politique brésilienne généralement fort libérale en la matière. Elle suscite, en marge, quelques questions sur les rapports qu&#8217;une société entretient quant à l&#8217;exposition du corps de l&#8217;autre.</p>
<p>Sur le fond, le problème résulte du conflit entre une liberté civile et les droits des tiers..</p>
<p>Concernant la liberté civile, il s&#8217;agit de celle de se vêtir ou de se dévêtir. Cela résulte du droit au respect de la vie privée, qui organise la protection de l&#8217;individu sur les éléments de son intimité ; avec, en corollaire, le droit d&#8217;exposer ladite intimité.</p>
<p>Du côté des droits des tiers, il y a bien sûr l&#8217;<em>ordre public</em>, qui vise à éviter les troubles causés à la société ; mais aussi de façon plus fugitive et incertaine, une forme de protection contre les troubles causés à l&#8217;âme par les comportements d&#8217;autrui. Ce que l&#8217;on appelle l&#8217;<em>offense</em>, lorsqu&#8217;elle porte atteinte à l&#8217;honneur. Ou l&#8217;<em>indécence</em>, lorsqu&#8217;elle heurte la pudeur.</p>
<p>Sur le plan de l&#8217;ordre public, on ne compte plus les règlements qui préviennent l&#8217;exposition de la nudité. Le cinéma national, dans la richesse de son exception culturelle, s&#8217;en est d&#8217;ailleurs <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Gendarme_de_Saint-Tropez">fait l&#8217;écho</a> sous forme comique<sup><a href="http://dinersroom.eu/3607/pouvez-vous-porter-une-mini-jupe-a-luniversite/#footnote_0_3607" id="identifier_0_3607" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A d&eacute;fait d&amp;#8217;&ecirc;tre dr&ocirc;le.">1</a></sup> en mettant en scène le combat des forces de l&#8217;ordre contre la licence des mœurs d&#8217;une station balnéaire méditerranéenne.</p>
<p>En matière pénale, c&#8217;est l&#8217;article 222-32 du Code pénal qui réprime l&#8217;<em>exhibition sexuelle</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/3607/pouvez-vous-porter-une-mini-jupe-a-luniversite/#footnote_1_3607" id="identifier_1_3607" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Autrefois, l&amp;#8217;ancien article 330 r&eacute;primait l&amp;#8217;outrage public &agrave; la pudeur, qui n&amp;#8217;exigeait pas n&eacute;cessairement que le lieu d&amp;#8217;exhibition fut accessible au public.">2</a></sup> :</p>
<blockquote><p>L&#8217;exhibition sexuelle imposée à la vue d&#8217;autrui dans un lieu accessible aux regards du public est punie d&#8217;un an d&#8217;emprisonnement et de 15000 euros d&#8217;amende.</p></blockquote>
<p>On le voit, la répression vise sur une forme de <em>contrainte</em> exercée sur autrui par le seul fait de se montrer. Mais encore la nudité doit-elle faire intervenir le sexe. Au reste, l&#8217;exhibition sexuelle est punie au titre des <em>agressions sexuelles</em>.</p>
<p>En matière privée, la question est plus délicate. Ce n&#8217;est plus une exhibition brutale de son intimité, mais l&#8217;exposition plus ou moins étendue de parties de son corps. Ce n&#8217;est plus exactement du sexe — quoiqu&#8217;il soit, d&#8217;une façon ou d&#8217;une autre, en suspens — mais de la séduction.</p>
<p>En principe, le droit au respect de la vie privée protège la licence (dé-)vestimentaire dans le cadre des relations privées. Mais il peut advenir que les relations sociales imposent d&#8217;autres sujétions.</p>
<p>Il en va ainsi du cadre scolaire. Les autorités de l&#8217;établissement sont fondées à proscrire les tenues provocantes dans le règlement intérieur. Il en irait de même, peut-on penser, dans le cadre universitaire.</p>
<p>Les relations de travail, encore, font émerger des tensions sur la licence vestimentaire. Un arrêt de la Cour d&#8217;appel de Nancy en date du 29 novembre 1982 a pu estimer justifié le licenciement d&#8217;une salariée &laquo;&nbsp;<em>venue au travail porteuse d&#8217;un chemisier transparent sur une poitrine nue alors que loin de cacher quoi que ce soit, cette étoffe transparente ne faisait qu&#8217;accentuer le caractère accrocheur de la tenue adoptée par la jeune femme</em>&laquo;&nbsp;. Il faut dire, pour la bonne forme, que l&#8217;employeur avait déjà averti cette dernière d&#8217;éviter les accoutrements aguicheurs. De fait, l&#8217;employeur — comme, peut-on le penser, les autorités disciplinaires d&#8217;un établissement d&#8217;enseignement — peut intervenir pour faire cesser les comportements susceptibles de créer un trouble dans l&#8217;entreprise.</p>
<p>Bien sûr, la mesure du trouble dépend des circonstances de temps et de lieu. Il va de soit que la tenue vestimentaire d&#8217;une aide comptable n&#8217;est pas la même que celle d&#8217;une danseuse de cabaret<sup><a href="http://dinersroom.eu/3607/pouvez-vous-porter-une-mini-jupe-a-luniversite/#footnote_2_3607" id="identifier_2_3607" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dont l&amp;#8217;exposition de la poitrine repr&eacute;sente, pour le coup, une obligation professionnelle.">3</a></sup>. L&#8217;employeur, encore, ne saurait juger du comportement de ses employés sur une plage publique ou dans un lieu de divertissement. En réalité, la question du trouble doit s&#8217;apprécier <em>objectivement</em>. Ce qui n&#8217;est pas la moindre des difficultés.</p>
<p>Une autre difficulté résulte de la divergence entre un trouble objectif — comme celui causé au sein de l&#8217;université brésilienne — et la nécessaire protection des libertés fondamentales. Il ne s&#8217;agit pas que le trouble d&#8217;une population serve à justifier la permanence d&#8217;atteintes trop pesantes aux droits des individus. Quelques centimètres de chair peuvent paraître anodins, mais qu&#8217;en serait-il de la couleur de cette chair ? S&#8217;il avait été tenu compte du trouble causé par l&#8217;inscription de James Meredith à l&#8217;Université de Mississippi, y serait-il entré ?</p>
<p>Alors, l&#8217;on pourra se gausser à merci de cette communauté universitaire rétrograde du Brésil, mais l&#8217;on oubliera pas que les femmes sont invitées à se couvrir les épaules en entrant à Saint-Pierre de Rome. Ce que peu — je n&#8217;en suis pas — trouvent choquant.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3607" class="footnote">A défait d&#8217;être drôle.</li><li id="footnote_1_3607" class="footnote">Autrefois, l&#8217;ancien article 330 réprimait l&#8217;<em>outrage public à la pudeur</em>, qui n&#8217;exigeait pas nécessairement que le lieu d&#8217;exhibition fut accessible au public.</li><li id="footnote_2_3607" class="footnote">Dont l&#8217;exposition de la poitrine représente, pour le coup, une obligation professionnelle.</li></ol>]]></content:encoded>
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