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	<title>Diner’s Room &#187; François Bayrou</title>
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		<title>Élections régionales : un désastre en trompe l&#8217;œil pour la droite ?</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 12:46:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, un homme de qualité se doit de ne point laisser croupir sa pensée dans le silence, sans se laisser arrêter par une ignorance triviale ou une lâche modestie. Raisonnablement nanti de cette qualité que la terre civilisée envie au génie français, je vais donc m&#8217;arrêter sur les résultats du premier tour de ces élections régionales. Commençons par l&#8217;abstention. S&#8217;agit-il d&#8217;un désintérêt pour la chose politique. Désintérêt né tout à la fois d&#8217;un mépris croissant pour le personnel politique et d&#8217;un affaissement du civisme républicain ? On ne peut l&#8217;écarter tout à fait, sans doute. Mais d&#8217;autres facteurs peuvent contribuer à expliquer la désaffection des électeurs pour les urnes. Tout d&#8217;abord, les enjeux du scrutin. Si l&#8217;on admet, comme il résulte d&#8217;une enquête de l&#8217;institut CSA, que les enjeux régionaux ont dominé la perspective nationale, on conçoit volontiers la paresse de l&#8217;électeur. Le pouvoir régional s&#8217;exerce difficilement selon des déterminants idéologiques. Et même si les électeurs ne sont pas au fait des compétences de la région, ils perçoivent sans peine qu&#8217;une inflexion politique des organes dirigeants a des conséquences marginales sur leur vie quotidienne. Dés lors, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/03/MarianneBuste.JPG"><img class="alignleft size-medium wp-image-4516" title="MarianneBuste" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/03/MarianneBuste-170x300.jpg" alt="MarianneBuste" width="170" height="300" /></a>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, un homme de qualité se doit de ne point laisser croupir sa pensée dans le silence, sans se laisser arrêter par une ignorance triviale ou une lâche modestie.</p>
<p>Raisonnablement nanti de cette qualité que la terre civilisée envie au génie français, je vais donc m&#8217;arrêter sur les résultats du premier tour de ces élections régionales.</p>
<p>Commençons par l&#8217;abstention.</p>
<p>S&#8217;agit-il d&#8217;un désintérêt pour la chose politique. Désintérêt né tout à la fois d&#8217;un mépris croissant pour le personnel politique et d&#8217;un affaissement du civisme républicain ?</p>
<p>On ne peut l&#8217;écarter tout à fait, sans doute. Mais d&#8217;autres facteurs peuvent contribuer à expliquer la désaffection des électeurs pour les urnes.</p>
<p>Tout d&#8217;abord, les enjeux du scrutin. Si l&#8217;on admet, comme il résulte <a href="http://www.csa-fr.com/dataset/data2010/opi20100314-sondage-jour-du-vote-au-premier-tour-des-elections-regionales-2010.pdf">d&#8217;une enquête</a> de l&#8217;institut CSA, que les enjeux régionaux ont dominé la perspective nationale, on conçoit volontiers la paresse de l&#8217;électeur. Le pouvoir régional s&#8217;exerce difficilement selon des déterminants idéologiques. Et même si les électeurs ne sont pas au fait des compétences de la région, ils perçoivent sans peine qu&#8217;une inflexion politique des organes dirigeants a des conséquences marginales sur leur vie quotidienne.</p>
<p>Dés lors, les mouvements de l&#8217;opinion à l&#8217;échelle nationale doivent être lus avec circonspection.</p>
<p>Il semble entendu qu&#8217;une bonne part du score de la droite populaire est due à la réticence de son électorat. C&#8217;est une forme de sanction, certes, mais aux conséquences modérées. Une façon de tirer à blanc — si vous me passez l&#8217;expression — qui n&#8217;aura pas nécessairement de conséquences lors d&#8217;un scrutin national. C&#8217;est une chose de taper sur les doigts de son camps lors d&#8217;une élection territoriale ; c&#8217;en est une autre que de favoriser la victoire des adversaires lors des élections présidentielle ou générales. On peut ainsi former l&#8217;hypothèse que la même irritation des sympatisants de la droite ne produira pas les mêmes conséquences en 2012.</p>
<p>L&#8217;abstention, cependant, n&#8217;est pas constituée des seuls électeurs de droite fâchés. Et la gauche aurait tort de se rengorger. Car la victoire en pourcentage — qui semble promise — masque une incapacité persistante à mobiliser massivement son électorat. A cet égard, l&#8217;abstention n&#8217;est pas seulement une manifestation de distance avec la politique ou avec la majorité parlementaire, elle est aussi le signe d&#8217;une défiance à l&#8217;endroit de l&#8217;alternative politique de gauche.</p>
<p>Au reste, la concurrence croissante de la composante écologiste posera sans doute des problèmes lors des échéances nationales. Car la subordination des élections générales à l&#8217;élection présidentielle peut induire des stratégies non coopératives très handicapantes<sup><a href="http://dinersroom.eu/4497/elections-regionales-un-desastre-en-trompe-loeil-pour-la-droite/#footnote_0_4497" id="identifier_0_4497" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La n&eacute;cessit&eacute; de faire un score &agrave; l&amp;#8217;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle pour exister lors des &eacute;lections g&eacute;n&eacute;rales implique que toutes formations doivent proposer un candidat. Ce qui nuit &agrave; la dynamique de premier tour pour le camp le plus parcellis&eacute;.">1</a></sup>. Dans un scrutin uninominal — tel que l&#8217;élection présidentielle —, les écarts de premier tour peuvent être déterminants. Et les voix écologistes qui manqueraient au candidat socialiste lors du premier tour pèseront sur le sort de l&#8217;élection ; davantage que dans un scrutin de liste en tous les cas. Daniel Cohn-Bendit, qui a suggéré l&#8217;abandon d&#8217;une candidature écologiste pour la présidence contre un accord de législature aux élections générales a pointé le danger.</p>
<p>On ne devrait pas, d&#8217;ailleurs, conclure trop vite des résultats des élections européennes et régionales. Les bons scores obtenus par Europe écologie ne garantissent pas nécessairement la pérennité de cette demande politique. Intuitivement, j&#8217;ai tendance à penser qu&#8217;il existe une partie de cet électorat caractérisé par une haute volatilité. Déçue du parti socialiste, elle a pu se tourner vers le Modem par libéralisme de gauche, puis vers les écologistes lorsqu&#8217;ils sont représentés par la figure de Daniel Cohn-Bendit. De façon générale, ces électeurs non captifs cherchent des alternatives à un Parti socialiste parfois désolant de surmoi marxiste. Ils constituent donc une force peu fidèle et prompte à nourrir les espoirs et déceptions des projets politiques aventureux.</p>
<p>Le sort du Modem et de François Bayrou m&#8217;apparaît plus compromis. C&#8217;est  une question de crédibilité politique qui sera, m&#8217;est avis, difficile à  rétablir. Rien ne dit qu&#8217;il n&#8217;existe pas un espace politique pour un  centre au barycentre de gauche, mais la gestion politique du Modem l&#8217;a  provisoirement asséché. Je ne crois donc plus guère au destin de  François Bayrou, qui a su décevoir un électorat prompt à affluer comme à  refluer<sup><a href="http://dinersroom.eu/4497/elections-regionales-un-desastre-en-trompe-loeil-pour-la-droite/#footnote_1_4497" id="identifier_1_4497" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais Nicolas, sur Meilcour.fr, lui  laisse le b&eacute;n&eacute;fice du temps.">2</a></sup>.</p>
<p>Je réserve mon opinion sur les scores du Front National<sup><a href="http://dinersroom.eu/4497/elections-regionales-un-desastre-en-trompe-loeil-pour-la-droite/#footnote_2_4497" id="identifier_2_4497" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J&amp;#8217;aimerais bien savoir si les &eacute;lecteurs de Philippe de Villiers l&amp;#8217;ont suivi dans son alliance avec l&amp;#8217;UMP, ou s&amp;#8217;ils se sont retourn&eacute;s vers le FN.">3</a></sup>. Disons simplement qu&#8217;il n&#8217;a pas été éliminé du jeu politique. Mais rien ne dit qu&#8217;il continuera de peser sur les chances de la droite populaire. Je le crois toujours susceptible de fournir un appréciable renfort au Président Sarkozy si ce dernier choisit de se représenter en 2012. En tous les cas, beaucoup de choses dépendront de la ligne politique adoptée par les successeurs de Jean-Marie Le Pen.</p>
<p>Ceci pour dire que le score de la droite populaire n&#8217;autorise pas nécessairement l&#8217;optimisme de la gauche, non plus que le pessimisme de l&#8217;UMP. Certes, cela va grogner dans les sections ; perdre des places d&#8217;élu ne prédispose pas les militants à l&#8217;enthousiasme. Et l&#8217;UMP, sans doute, devrait choyer ses partisans mieux qu&#8217;il ne le fait aujourd&#8217;hui. Mais je donne toujours à la droite un avantage structurel pour les futures échéances nationales.</p>
<p>Et finalement, le seul échec véritable de la droite, c&#8217;est le score piteux des listes du NPA. Cela profite au Front de gauche, et par là, aux chances électorales du Parti socialiste.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_4497" class="footnote">La nécessité de faire un score à l&#8217;élection présidentielle pour exister lors des élections générales implique que toutes formations doivent proposer un candidat. Ce qui nuit à la dynamique de premier tour pour le camp le plus parcellisé.</li><li id="footnote_1_4497" class="footnote">Mais Nicolas, sur Meilcour.fr, <a href="http://www.meilcour.fr/polito/bayrou-finit-son-calvaire-exsangue.html">lui  laisse</a> le bénéfice du temps.</li><li id="footnote_2_4497" class="footnote">J&#8217;aimerais bien savoir si les électeurs de Philippe de Villiers l&#8217;ont suivi dans son alliance avec l&#8217;UMP, ou s&#8217;ils se sont retournés vers le FN.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Twilight en Poitou-Charentes</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 11:39:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ségolène et François sont invinciblement attirés l&#8217;un vers l&#8217;autre. Mais ils ne peuvent consommer leur union au risque de perdre leur sève électorale. Alors, comme dans Twilight, ils flirtent. Mais à la différence de ce monument de la littérature acnéique, ils partagent les mêmes appétits. Ou, si vous préférez, chacun entend bien faire œuvre de vampire à l&#8217;endroit de l&#8217;autre. Lorsque François Bayrou prétend construire un &#171;&#160;arc central&#160;&#187; parcourant le spectre politique de la gauche à la &#171;&#160;droite républicaine&#171;&#160;, ce n&#8217;est pas seulement dans le souci de réunir des familles dispersées, mais de les gouverner toutes1. Et lorsque Ségolène Royal s&#8217;offre de contribuer à cette cuisine politique, ce n&#8217;est pas comme ingrédient, mais bien en qualité de maitre queux. Autant dire que les propositions canailles et les refus émoustillés traduisent plus le désir de croquer que celui de convoler. Rien de cela n&#8217;est vraiment surprenant. L&#8217;inspiration de toute alliance électorale est moins fraternelle que cannibale. Mais l&#8217;épisode du jour traduit plus de faiblesses que de promesses pour l&#8217;un et l&#8217;autre. L&#8217;arc central de François Bayrou — au delà d&#8217;une formule aux accents mystiques — traduit l&#8217;échec du Modem. Ce parti avait vocation à intégrer une partie du centre droit réticent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3754" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-3754" title="800px-MaraisPoitevinMoutons" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2009/12/800px-MaraisPoitevinMoutons-300x225.jpg" alt="Moutons du Marais Poitevin. Crédit : Marie-Josée Dion (creative commons)" width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">Moutons du Marais Poitevin. Crédit : Marie-Josée Dion (creative commons)</p></div>
<p>Ségolène et François sont invinciblement attirés l&#8217;un vers l&#8217;autre. Mais ils ne peuvent consommer leur union au risque de perdre leur sève électorale. Alors, comme dans <em>Twilight</em>, ils flirtent.</p>
<p>Mais à la différence de ce monument de la littérature acnéique, ils partagent les mêmes appétits. Ou, si vous préférez, chacun entend bien faire œuvre de vampire à l&#8217;endroit de l&#8217;autre.</p>
<p>Lorsque François Bayrou prétend construire un &laquo;&nbsp;<em>arc central</em>&nbsp;&raquo; parcourant le spectre politique de la gauche à la &laquo;&nbsp;<em>droite républicaine</em>&laquo;&nbsp;, ce n&#8217;est pas seulement dans le souci de réunir des familles dispersées, mais de les gouverner toutes<sup><a href="http://dinersroom.eu/3749/twilight-en-poitou-charentes/#footnote_0_3749" id="identifier_0_3749" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A son doigt, l&amp;#8217;anneau unique. J&amp;#8217;aurai pu filer la m&eacute;taphore tolkienienne, &eacute;galement.">1</a></sup>. Et lorsque Ségolène Royal s&#8217;offre de contribuer à cette cuisine politique, ce n&#8217;est pas comme ingrédient, mais bien en qualité de maitre queux. Autant dire que les propositions canailles et les refus émoustillés traduisent plus le désir de croquer que celui de convoler.</p>
<p>Rien de cela n&#8217;est vraiment surprenant. L&#8217;inspiration de toute alliance électorale est moins fraternelle que cannibale. Mais l&#8217;épisode du jour traduit plus de faiblesses que de promesses pour l&#8217;un et l&#8217;autre.</p>
<p>L&#8217;<em>arc central</em> de François Bayrou — au delà d&#8217;une formule aux accents mystiques — traduit l&#8217;échec du Modem. Ce parti avait vocation à intégrer une partie du centre droit réticent au sarkozisme et la gauche sociale libérale orpheline de Dominique Strauss-kahn. Les impérities de la gestion de ses dirigeants, comme les hoquets d&#8217;une ligne politique peu discernable<sup><a href="http://dinersroom.eu/3749/twilight-en-poitou-charentes/#footnote_1_3749" id="identifier_1_3749" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&amp;#8217;humanisme est un pr&eacute;-requis d&eacute;mocratique, pas un horizon programmatique.">2</a></sup> épuisent peu à peu l&#8217;enthousiasme des nouveaux comme la fidélité des anciens. Dès lors, il s&#8217;agit pour François Bayrou de se donner un rôle que son influence électorale ne lui permet pas d&#8217;espérer aujourd&#8217;hui. On y renifle d&#8217;ailleurs vaguement le souvenir du François Mitterrand de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_des_institutions_r%C3%A9publicaines">Convention des institutions républicaines</a>.</p>
<p>Pour Ségolène Royal, l&#8217;ambition de dominer le Parti socialiste — ou d&#8217;y installer une minorité puissante &#8211; semble devoir s&#8217;étioler. Comme s&#8217;étiole le cercle de ses soutiens. Lui reste, comme autrefois, le recours incertain à l&#8217;opinion publique. De là, sans doute, la tentation de donner corps à l&#8217;idée d&#8217;un hymen avec le centre pour les élections régionales en Poitou-Charentes. Ce n&#8217;est pas seulement de la tactique électorale — les négociations d&#8217;alliances se font loin des micros<sup><a href="http://dinersroom.eu/3749/twilight-en-poitou-charentes/#footnote_2_3749" id="identifier_2_3749" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce que S&eacute;gol&egrave;ne Royal a, semble-t-il, tent&eacute;.">3</a></sup>— , mais une façon de renchérir sur la mise de François Bayrou en lui interdisant de suivre. L&#8217;enjeu, bien sûr, réside ici davantage dans la séduction d&#8217;un électorat incertain et fuyant que dans la constitution d&#8217;une véritable union structurelle.</p>
<p>Ces professions de tolérance gourmande, au reste, ressemblent à s&#8217;y méprendre à l&#8217;<em>ouverture</em> du Président Sarkozy<sup><a href="http://dinersroom.eu/3749/twilight-en-poitou-charentes/#footnote_3_3749" id="identifier_3_3749" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette ouverture qui tient davantage du filet de p&ecirc;che &agrave; mailles &eacute;troites, d&amp;#8217;ailleurs.">4</a></sup>. Aller picorer partout ailleurs que chez soi pour tout embrasser ou presque. A cette différence près que l&#8217;ouverture sarkozienne fleure la gloutonnerie — il est fort bien pourvu électoralement — , alors que celles de François Bayrou ou de Ségolène Royal tiennent plutôt de la rapine ; deux loups faméliques se disputant le même mouton.</p>
<p>Faut-il croire que l&#8217;avenir leur permettra de faire prospérer une telle stratégie ?</p>
<p>On n&#8217;y croit guère, au vu des faiblesses qu&#8217;ils ont démontrées depuis 2007.</p>
<p>La première d&#8217;entre elles tient à leurs <em>capacités d&#8217;organisation</em>.</p>
<p>Le Modem n&#8217;a pas seulement subi une saignée électorale, mais également une fuite de cadres. La nouvelle génération politique n&#8217;a pas accompagné la construction d&#8217;une formation politique nouvelle, mais le dépeçage de l&#8217;ancienne UDF. Nombreux sont les désenchantés. Moins nombreux sont les fidèles<sup><a href="http://dinersroom.eu/3749/twilight-en-poitou-charentes/#footnote_4_3749" id="identifier_4_3749" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Aux deux sens du terme.">5</a></sup>. La faute, s&#8217;il faut en croire divers témoignages, aux méthodes de gestion autocratiques de la direction, loin des promesses de démocratie interne d&#8217;hier.</p>
<p>Ségolène Royal, pour sa part, n&#8217;a pas su conquérir le parti socialiste — de peu, il est vrai. Elle s&#8217;est surtout peu à peu coupée de ceux qui avaient cru en son destin ; cadres du parti socialiste, mais aussi partisans de la première heure. Là encore, l&#8217;autoritarisme, l&#8217;amateurisme, et un certain dédain pour la fidélité sont blâmés.</p>
<p>La seconde faiblesse est liée au statut qu&#8217;ils avaient voulu épouser autrefois. Celle de <em>sauveurs</em>, disons-le. Contre la présidence de Nicolas Sarkozy, pour l&#8217;un et l&#8217;autre ; contre le parti socialiste, pour Ségolène Royal ; contre le messianisme de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal, pour François Bayrou. Mais un sauveur se doit d&#8217;être virginal. Et François Bayrou, comme Ségolène Royal, ont corrompu leur image. Ils ont démontré une forme d&#8217;incompétence politique, mais également, des pratiques manœuvrières qui troublent la pureté — sous des formes différentes — qu&#8217;ils mettaient en avant.</p>
<p>Et puis, à force de déclarations à l&#8217;emporte pièce et de coups politiques<sup><a href="http://dinersroom.eu/3749/twilight-en-poitou-charentes/#footnote_5_3749" id="identifier_5_3749" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En particulier pour S&eacute;gol&egrave;ne Royal.">6</a></sup>, ils apparaissent désormais comme des aventuriers et non pas des stratèges. On pardonne volontiers aux politiques d&#8217;avoir des arrières-pensées. Moins facilement de se comporter comme des flambeurs. Le champ de bataille a une noblesse — fût-elle sanglante — que ne lui dispute pas la vulgarité du casino — fût-elle dorée.</p>
<p>Bref, la cour que se mènent François Bayrou et Ségolène Royal n&#8217;est qu&#8217;une brume agitée devant les électeurs. Il est rien moins certain que ceux-ci consentent à s&#8217;y aventurer.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3749" class="footnote">A son doigt, l&#8217;anneau unique. J&#8217;aurai pu filer la métaphore tolkienienne, également.</li><li id="footnote_1_3749" class="footnote">L&#8217;humanisme est un pré-requis démocratique, pas un horizon programmatique.</li><li id="footnote_2_3749" class="footnote">Ce que Ségolène Royal a, <a href="http://www.lefigaro.fr/politique/2009/12/07/01002-20091207ARTFIG00322-pourquoi-bayrou-a-refuse-la-main-tendue-de-royal-.php">semble-t-il</a>, tenté.</li><li id="footnote_3_3749" class="footnote">Cette <em>ouverture</em> qui tient davantage du filet de pêche à mailles étroites, d&#8217;ailleurs.</li><li id="footnote_4_3749" class="footnote">Aux deux sens du terme.</li><li id="footnote_5_3749" class="footnote">En particulier pour Ségolène Royal.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Live-blogging Européennes</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 18:34:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Et bien nous voilà avec les premières estimations. 20h30 : L&#8217;UMP bénéficie de son engagement européen d&#8217;un doigt : plus de 28 %. Le Parti socialiste touche les dividendes de son indigence : 17 % Europe écologie a réussi à faire oublier José Bové : 15 % Le Modem, suivant en cela les prédictions de François Bayrou, a été mésestimé par les sondages : 9% Le Front de gauche prime le NPA. 7 contre 5 %. Le Front national devance Libertas, mais pas de tant que cela : 6 contre 5 %. Grand gagnant en France : le Président Sarkozy. Grands perdants en France : François Bayrou et Martine Aubry. Grande gagnante à gauche : Ségolène Royal. 21h25 : A la République des blogs, on se fait des confidences sur les suffrages de chacun. Le mode élimination semble l&#8217;avoir emporté. de sorte que les résultats déplorables du Partis socialiste et du Modem trahissent bien un sentiment de désaffection de leurs sympathisants. Le Modem s&#8217;est effrité au profit de l&#8217;UMP et d&#8217;Europe écologie, le PS, au profit d&#8217;Europe écologie et du Front de gauche, probablement. Il semble que François Bayrou a payé le prix de son incartade de jeudi dernier. Les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Et bien nous voilà avec les premières estimations.</p>
<p><strong>20h30 :</strong></p>
<p>L&#8217;UMP bénéficie de son engagement européen d&#8217;un doigt : plus de 28 %.</p>
<p>Le Parti socialiste touche les dividendes de son indigence : 17 %</p>
<p>Europe écologie a réussi à faire oublier José Bové : 15 %</p>
<p>Le Modem, suivant en cela les prédictions de François Bayrou, a été mésestimé par les sondages : 9%</p>
<p>Le Front de gauche prime le NPA. 7 contre 5 %.</p>
<p>Le Front national devance Libertas, mais pas de tant que cela : 6 contre 5 %.</p>
<p>Grand gagnant en France : le Président Sarkozy.</p>
<p>Grands perdants en France : François Bayrou et Martine Aubry.</p>
<p>Grande gagnante à gauche : Ségolène Royal.</p>
<p><strong>21h25 :</strong></p>
<p>A la République des blogs, on se fait des confidences sur les suffrages de chacun. Le mode <em>élimination</em> semble l&#8217;avoir emporté. de sorte que les résultats déplorables du Partis socialiste et du Modem trahissent bien un sentiment de désaffection de leurs sympathisants. Le Modem s&#8217;est effrité au profit de l&#8217;UMP et d&#8217;E<em>urope écologie</em>, le PS, au profit d&#8217;<em>Europe écologie</em> et du <em>Front de gauche</em>, probablement.</p>
<p>Il semble que François Bayrou a payé le prix de son incartade de jeudi dernier. Les hésitants n&#8217;ont pas goûté ses saillies contre Daniel Cohn-Bendit — plutôt apprécié parmi la bourgeoisie centriste — non plus que sa posture exagérément victimaire. Compte tenu de son implication personnelle, il y perdra quelques plumes pour l&#8217;avenir.</p>
<p>L&#8217;UMP — c&#8217;est remarquable — obtient un score favorable en cours de législature. A leur crédit, le choix d&#8217;un candidat autenthiquement européen, et finalement peu suspect d&#8217;opportunisme politique — du moins national.</p>
<p>Il est d&#8217;ailleurs remarquable qu&#8217;après quelques mois de crise financière, les partis conservateurs renforcent leur emprise électorale sur l&#8217;Union<sup><a href="http://dinersroom.eu/2667/live-blogging-europeennes/#footnote_0_2667" id="identifier_0_2667" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme semble le d&eacute;montrer les tendances dans les &eacute;tats membres.">1</a></sup>. A l&#8217;inverse, les partis sociaux-démocrates, qui criaient au loup sur les risques de l&#8217;absence de régulation, perdent du crédit : de l&#8217;inconvénient d&#8217;être Cassandre ? Ou peut-être d&#8217;avoir traité avec une hypocrite légèreté une question apparemment grave. Certes, l&#8217;histoire semble leur donner raison, mais par accident.</p>
<p>Dans l&#8217;ordre interne, c&#8217;est avec une délectation un peu désespérée que l&#8217;on observe Martine Aubry, déléguée à la défaite lors du congrès de Reims, goûter les fruits amers de la conspiration. Des dagues bien plantées savent toujours trouver leur chemin.</p>
<p>21h40 :</p>
<p>Ah&#8230; La qualité des sondages. François Bayrou avait raison.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2672" title="bayrou-cb" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2009/06/bayrou-cb.jpg" alt="bayrou-cb" width="461" height="346" /></p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2667" class="footnote">Comme semble le démontrer les tendances dans les états membres.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Élections européennes : j&#8217;ai fait mon choix. Merci François Bayrou.</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Jun 2009 15:25:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est peu de dire que je nageais dans l&#8217;incertitude il y a quelques heures encore. Comme souvent, j&#8217;ai procédé par élimination plutôt que par élection. Quel tableau s&#8217;offrait à ma délibération citoyenne ? Parmi les formations susceptibles de missionner un représentant au Parlement, j&#8217;ai éliminé derechef le Front National, pour cause d&#8217;hostilité à l&#8217;union européenne, le NPA, pour cause d&#8217;indifférence à l&#8217;idée européenne. Sans compter que l&#8217;une et l&#8217;autre formation professent des idéologies qui me sont fort lointaines. Le Front de gauche et Libertas n&#8217;ont pas davantage retenu mon attention. Hors préjugé partisan, leur approche de l&#8217;Europe est empreinte d&#8217;une hypocrisie tribunitienne qu&#8217;il ne me plaît pas d&#8217;appuyer. Sans compter que l&#8217;Union européenne semble constitue  pour eux un simple instrument de différenciation politique ; un outil de marketing au service d&#8217;une existence nationale. Restaient donc quatre listes : celle de l&#8217;UMP, menée par Michel Barnier. Celle du Parti socialiste, conduite par Harlem Désir. Celle du Modem, avec Marielle de Sarnez. Celle d&#8217;Europe écologie, avec Daniel Cohn-Bendit. Malgré mon préjugé social-libéral, je n&#8217;ai pas mis longtemps à éliminer le Parti socialiste. Les tergiversations socialo-centrées de la constitution des listes et le parti pris presque exclusivement anti-gouvernemental de la campagne m&#8217;ont dissuadé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est peu de dire que je nageais dans l&#8217;incertitude il y a quelques heures encore.</p>
<p>Comme souvent, j&#8217;ai procédé par élimination plutôt que par élection.</p>
<p>Quel tableau s&#8217;offrait à ma délibération citoyenne ?</p>
<p>Parmi les formations susceptibles de missionner un représentant au Parlement, j&#8217;ai éliminé derechef le Front National, pour cause d&#8217;hostilité à l&#8217;union européenne, le NPA, pour cause d&#8217;indifférence à l&#8217;idée européenne. Sans compter que l&#8217;une et l&#8217;autre formation professent des idéologies qui me sont fort lointaines.</p>
<p>Le Front de gauche et Libertas n&#8217;ont pas davantage retenu mon attention. Hors préjugé partisan, leur approche de l&#8217;Europe est empreinte d&#8217;une hypocrisie tribunitienne qu&#8217;il ne me plaît pas d&#8217;appuyer. Sans compter que l&#8217;Union européenne semble constitue  pour eux un simple instrument de différenciation politique ; un outil de marketing au service d&#8217;une existence nationale.</p>
<p>Restaient donc quatre listes : celle de l&#8217;<em>UMP</em>, menée par Michel Barnier. Celle du <em>Parti socialiste</em>, conduite par Harlem Désir. Celle du <em>Modem</em>, avec Marielle de Sarnez. Celle d&#8217;<em>Europe écologie</em>, avec Daniel Cohn-Bendit.</p>
<p>Malgré mon préjugé social-libéral, je n&#8217;ai pas mis longtemps à éliminer le Parti socialiste. Les tergiversations socialo-centrées de la constitution des listes et le parti pris presque exclusivement anti-gouvernemental de la campagne m&#8217;ont dissuadé de leur accorder mon suffrage. Pour un parti qui se prétendait légataire d&#8217;une ambition européenne, l&#8217;indifférence presque assumée à l&#8217;endroit des questions extra-nationales a refroidi un enthousiasme déjà bien tiède.</p>
<p>Quoique de gauche par tradition élective, j&#8217;ai considéré un vote UMP.</p>
<p>Pour avoir rencontré Michle Barnier à quelques reprises, il me semblait que son engagement européen — malgré quelques tortillements gouvernementaux — justifiait que l&#8217;on s&#8217;y intéresse.</p>
<p>Mais j&#8217;ai néanmoins écarté cette option pour trois raisons.</p>
<p>Passons sur le soutien affirmé à José Manuel Barroso<sup><a href="http://dinersroom.eu/2653/elections-europeennes-jai-fait-mon-choix-merci-francois-bayrou/#footnote_0_2653" id="identifier_0_2653" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Apr&egrave;s tout, c&amp;#8217;&eacute;tait plut&ocirc;t une marque de conviction plut&ocirc;t que d&amp;#8217;opportunisme.">1</a></sup>.</p>
<p>La première chose est que l&#8217;UMP, comme le Parti socialiste, a donné à la consultation électorale les allures d&#8217;un plébiscite sur la politique — voire la personne — du Président de la République<sup><a href="http://dinersroom.eu/2653/elections-europeennes-jai-fait-mon-choix-merci-francois-bayrou/#footnote_1_2653" id="identifier_1_2653" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&amp;#8217;un des slogans qui s&amp;#8217;affiche en ce moment sur le site de l&amp;#8217;UMP est : &amp;laquo;&amp;nbsp;Le 7 juin, je vote pour la majorit&eacute; pr&eacute;sidentielle&amp;laquo;&amp;nbsp;. Il y aurait d&eacute;j&agrave; &agrave; dire sur la notion de &amp;laquo;&amp;nbsp;majorit&eacute; pr&eacute;sidentielle&amp;nbsp;&amp;raquo; dans une &eacute;lection interne. Mais pour une &eacute;lection europ&eacute;enne, c&amp;#8217;est affligeant.">2</a></sup>. Et il ne me sied pas d&#8217;y être associé.</p>
<p>La seconde chose est que les députés européens de l&#8217;UMP déterminent souvent leur vote en fonction de considérations de politique interne — se désolidarisant en cela des autres membres du PPE. C&#8217;est ainsi qu&#8217;ils se mettent au service de la gloire du Président de la République française plutôt qu&#8217;à celle des peuples de l&#8217;Union. Autrement dit, ils exportent les querelles domestiques là où elles ne devraient pas trouver asile.</p>
<p>La troisième chose est que la politique de constitution des listes n&#8217;a pas été marquée — il s&#8217;en faut de beaucoup — par le souci de faire luire l&#8217;engagement européen du parti majoritaire. Davantage pas celui d&#8217;offrir de confortables pantoufles aux personnels méritants du Parti ou en disgrâce présidentielle. Une sorte d&#8217;outil de management des ressources humaines de l&#8217;UMP. En atteste le cas de Rachida Dati, sur lequel il n&#8217;est guère besoin de disserter.</p>
<p>Si l&#8217;on ajoute à cela que l&#8217;on prête à Michel Barnier d&#8217;autres ambitions que le seul siège de parlementaire, et l&#8217;on comprendra que le vernis dont je créditais l&#8217;UMP contre le PS s&#8217;est bien vite écaillé.</p>
<p>Demeuraient le Modem et Europe écologie.</p>
<p><em>Pour</em> le Modem, une tradition d&#8217;engagement européen et des parlementaires traditionnellement impliqués dans leur tâche<sup><a href="http://dinersroom.eu/2653/elections-europeennes-jai-fait-mon-choix-merci-francois-bayrou/#footnote_2_2653" id="identifier_2_2653" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Si l&amp;#8217;on excepte Fran&ccedil;ois Bayrou.">3</a></sup>. <em>Contre</em>, le choix d&#8217;une campagne bien plus centrée sur la question nationale que sur l&#8217;avenir de l&#8217;Union<sup><a href="http://dinersroom.eu/2653/elections-europeennes-jai-fait-mon-choix-merci-francois-bayrou/#footnote_3_2653" id="identifier_3_2653" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nonobstant les d&eacute;n&eacute;gations de Fran&ccedil;ois Bayrou.">4</a></sup> et une couche de peinture socio-républicaine sur la tradition démocrate et libérale du parti centriste.</p>
<p><em>Pour</em> Europe écologie, la même tradition d&#8217;engagement européen et le refus d&#8217;une hostilité stricte au mécanisme du marché ; ceci porté par la personnalité de Daniel Cohn-Bendit. <em>Contre</em>, la curieuse alliance avec l&#8217;<em>alter-mondialisme</em>, hostile au marché comme à sa régulation supra-étatique ; ceci porté par la personnalité de José Bové. Bref, une alliance de la carpe et du lapin teintée d&#8217;opportunisme.</p>
<p>Et c&#8217;est là que je dois des remerciements à François Bayrou.</p>
<p>Ses saillies et son comportement à l&#8217;endroit de Daniel Cohn-Bendit m&#8217;ont convaincu que les listes du Modem ne méritaient pas mon vote.</p>
<p>Ce qui sourdait de façon vague et incertaine m&#8217;est soudainement apparu avec netteté : Comme le vote pour l&#8217;UMP — ou le PS — le vote Modem tient du plébiscite, mais pour François Bayrou. Ce dernier a entendu asservir toute consultation électorale — et son parti — à son ambition présidentielle.</p>
<p>Qu&#8217;on ne se méprenne pas. Les aspirations de François Bayrou ne m&#8217;apparaissent pas viles ou indignes. Et pas davantage la constitution d&#8217;une force politique susceptible de les soutenir.</p>
<p>Cependant, je juge trop lourd le prix qu&#8217;il fait payer aujourd&#8217;hui au débat public. De son manifeste anti-sarkoziste à sa dénonciation outrancière des médias, il y a là une frontière imperceptible qui méritait de ne pas être franchie. Elle le fut hier, et non sans goujaterie.</p>
<p>Je m&#8217;interrogeais ces derniers mois : François Bayrou méritait-il de rejoindre le Président Sarkozy et Ségolène Royal au banquet de l&#8217;évangélisme politique opportuniste ?</p>
<p>L&#8217;incident d&#8217;hier lève mes doutes.</p>
<p>Et selon moi, il a dû perturber quelques autres centristes de gauche qui, délaissant le parti socialiste, hésitaient entre le Modem et les verts<sup><a href="http://dinersroom.eu/2653/elections-europeennes-jai-fait-mon-choix-merci-francois-bayrou/#footnote_4_2653" id="identifier_4_2653" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La porosit&eacute; de ces deux formations est d&amp;#8217;ailleurs remarquable.">5</a></sup>. Ma défiance nouvelle devrait être partagée par d&#8217;autres, comme le <a href="http://ericdupin.blogs.com/murmures/2009/06/marchaisien-bayrou.html">suggère</a> aujourd&#8217;hui Éric Dupin.</p>
<p>Au delà, je concède que l&#8217;incident marquera durablement le jugement que je porte sur François Bayrou. Et je ne suis plus loin de partager les opinions de mes amis <a href="http://www.authueil.org/?2009/06/05/1345-je-n-ai-jamais-pu-supporter-bayrou">Authueil</a> et <a href="http://feedproxy.google.com/~r/KoztoujoursTuMintresses/~3/iFvVeyRSAsg/">Koz</a>, qui n&#8217;ont jamais nourri, il est vrai, de véritable sympathie pour le personnage politique.</p>
<p>Pour effacer la fêlure, et séduire à nouveau une électorat aujourd&#8217;hui <em>ap<strong>ar</strong>tide</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/2653/elections-europeennes-jai-fait-mon-choix-merci-francois-bayrou/#footnote_5_2653" id="identifier_5_2653" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un n&eacute;ologisme in&eacute;l&eacute;gant dont je ne suis n&eacute;anmoins pas peu fier.">6</a></sup>, il faudra un peu plus que du temps. François Bayou devra concéder son tort et faire amende honorable. Sinon avec sincérité, au moins de façon crédible. Mais ce n&#8217;est pas, il s&#8217;en faut de beaucoup, la tradition nationale.</p>
<p>Alors, concluons en guise de boutade que l&#8217;épisode d&#8217;hier aura au moins un bénéficiaire lointain : ce futur et inconnu candidat du Parti socialiste aux élections présidentielle.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2653" class="footnote">Après tout, c&#8217;était plutôt une marque de conviction plutôt que d&#8217;opportunisme.</li><li id="footnote_1_2653" class="footnote">L&#8217;un des slogans qui s&#8217;affiche en ce moment sur le site de l&#8217;UMP est : &laquo;&nbsp;<em>Le 7 juin, je vote pour la majorité présidentielle</em>&laquo;&nbsp;. Il y aurait déjà à dire sur la notion de &laquo;&nbsp;<em>majorité présidentielle</em>&nbsp;&raquo; dans une élection interne. Mais pour une élection européenne, c&#8217;est affligeant.</li><li id="footnote_2_2653" class="footnote">Si l&#8217;on excepte François Bayrou.</li><li id="footnote_3_2653" class="footnote">Nonobstant les dénégations de François Bayrou.</li><li id="footnote_4_2653" class="footnote">La porosité de ces deux formations est d&#8217;ailleurs remarquable.</li><li id="footnote_5_2653" class="footnote">Un néologisme inélégant dont je ne suis néanmoins pas peu fier.</li></ol>]]></content:encoded>
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