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	<title>Diner’s Room &#187; homoparentalité</title>
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		<title>Homoparentalité : non, les couples homosexuels ne peuvent pas encore adopter</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Nov 2009 14:45:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Débat public]]></category>
		<category><![CDATA[juridique]]></category>
		<category><![CDATA[adoption]]></category>
		<category><![CDATA[couple homosexuel]]></category>
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		<description><![CDATA[Et ce serait grave erreur que de le laisser croire. En effet, la loi réserve l&#8217;adoption au couple marié ou au célibataire. Elle interdit l&#8217;établissement de plusieurs filiations adoptives hors le mariage. C&#8217;est l&#8217;article 346 du Code civil : Nul ne peut être adopté par plusieurs personnes si ce n&#8217;est par deux époux. La formule a le mérite de la clarté. Un couple de concubins ou les partenaires d&#8217;un pacte civil de solidarité ne sauraient prétendre à l&#8217;adoption. Et seul l&#8217;un des membres de ce couple peut adopter, à l&#8217;exclusion de l&#8217;autre. Ce qui est une façon subtile, mais très efficace, d&#8217;exclure juridiquement l&#8217;établissement de liens de famille entre un enfant et un couple homosexuel. Alors, que s&#8217;est-il passé dans la bonne ville de Grenoble ? Eh bien, le tribunal administratif a annulé un acte de refus d&#8217;agrément du Conseil général de l&#8217;Isère. Petit rappel sur l&#8217;adoption. Il existe deux types d&#8217;adoption — simple et plénière — qui diffèrent pour l&#8217;essentiel dans leurs effets. L&#8217;adoption simple ne coupe pas l&#8217;adopté de sa famille d&#8217;origine, alors que l&#8217;adoption plénière substitue le lien d&#8217;adoption aux liens préexistants. Les conditions de l&#8217;une et l&#8217;autre sont semblables pour ce qui concerne les adoptants1. En [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3596" class="wp-caption alignleft" style="width: 235px"><img class="size-medium wp-image-3596" title="Gaypride_Budapest_jesus" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2009/11/Gaypride_Budapest_jesus-225x300.jpg" alt="Jutka Kovacs, Gaypride à Budapest" width="225" height="300" /><p class="wp-caption-text">Jutka Kovacs, Gaypride à Budapest</p></div>
<p>Et ce serait grave erreur que de le laisser croire<a href="http://www.20minutes.fr/article/362433/France-Un-couple-d-homosexuelles-autorise-a-adopter.php"></a>.</p>
<p>En effet, la loi réserve l&#8217;adoption au couple marié ou au célibataire. Elle interdit l&#8217;établissement de plusieurs filiations adoptives hors le mariage. C&#8217;est l&#8217;article 346 du Code civil :</p>
<blockquote><p>Nul ne peut être adopté par plusieurs personnes si ce n&#8217;est par deux époux.</p></blockquote>
<p>La formule a le mérite de la clarté. Un couple de concubins ou les partenaires d&#8217;un pacte civil de solidarité ne sauraient prétendre à l&#8217;adoption. Et seul l&#8217;un des membres de ce couple peut adopter, <strong><em>à l&#8217;exclusion de l&#8217;autre</em></strong>. Ce qui est une façon subtile, mais très efficace, d&#8217;exclure juridiquement l&#8217;établissement de liens de famille entre un enfant et un couple homosexuel.</p>
<p>Alors, que s&#8217;est-il passé dans la bonne ville de Grenoble ?</p>
<p>Eh bien, le tribunal administratif a annulé un acte de<em> refus d&#8217;agrément</em> du Conseil général de l&#8217;Isère.</p>
<p>Petit rappel sur l&#8217;adoption.</p>
<p>Il existe deux types d&#8217;adoption — simple et plénière — qui diffèrent pour l&#8217;essentiel dans leurs effets. L&#8217;adoption <em>simple</em> ne coupe pas l&#8217;adopté de sa famille d&#8217;origine, alors que l&#8217;adoption <em>plénière</em> substitue le lien d&#8217;adoption aux liens préexistants.</p>
<p>Les conditions de l&#8217;une et l&#8217;autre sont semblables pour ce qui concerne les adoptants<sup><a href="http://dinersroom.eu/3594/homoparentalite-non-les-couples-homosexuels-ne-peuvent-pas-encore-adopter/#footnote_0_3594" id="identifier_0_3594" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Si ce n&amp;#8217;est qu&amp;#8217;une adoption pl&eacute;ni&egrave;re &mdash; en raison de sa plus grande solidit&eacute; &mdash; exigera que l&amp;#8217;enfant ait &eacute;t&eacute; plac&eacute; chez le (ou les) futur(s) adoptant(s).">1</a></sup>. En revanche, il existe une différence fondamentale concernant les personnes adoptables. En matière d&#8217;adoption plénière, l&#8217;enfant doit être mineur de quinze ans. Il doit par ailleurs être pupille de l&#8217;État<sup><a href="http://dinersroom.eu/3594/homoparentalite-non-les-couples-homosexuels-ne-peuvent-pas-encore-adopter/#footnote_1_3594" id="identifier_1_3594" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Abandonn&eacute; ou orphelin.">2</a></sup>, ou avoir fait l&#8217;objet d&#8217;une déclaration judiciaire d&#8217;abandon<sup><a href="http://dinersroom.eu/3594/homoparentalite-non-les-couples-homosexuels-ne-peuvent-pas-encore-adopter/#footnote_2_3594" id="identifier_2_3594" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lorsque ses parents se sont d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;s de son sort alors qu&amp;#8217;il &eacute;tait accueilli par un tiers.">3</a></sup>, ou encore fait l&#8217;objet d&#8217;un consentement à l&#8217;adoption de la part des père et mère<sup><a href="http://dinersroom.eu/3594/homoparentalite-non-les-couples-homosexuels-ne-peuvent-pas-encore-adopter/#footnote_3_3594" id="identifier_3_3594" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ou du Conseil de famille. L&amp;#8217;hypoth&egrave;se la moins cruelle.">4</a></sup>. Ceci s&#8217;explique par les effets de l&#8217;adoption plénière.</p>
<p>Qu&#8217;en est-il de l&#8217;agrément administratif ?</p>
<p>Il s&#8217;agit d&#8217;une procédure qui est exigée pour les pupilles de l&#8217;État<sup><a href="http://dinersroom.eu/3594/homoparentalite-non-les-couples-homosexuels-ne-peuvent-pas-encore-adopter/#footnote_4_3594" id="identifier_4_3594" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&amp;#8217;est l&amp;#8217;article L. 225-2 du Code de l&amp;#8217;action sociale et des familles :&amp;nbsp;&amp;raquo;Les pupilles de l&amp;#8217;&Eacute;tat peuvent &ecirc;tre adopt&eacute;s soit par les personnes &agrave; qui le service de l&amp;#8217;aide sociale &agrave; l&amp;#8217;enfance les a confi&eacute;s pour en assurer la garde lorsque les liens affectifs qui se sont &eacute;tablis entre eux justifient cette mesure, soit par des personnes agr&eacute;&eacute;es &agrave; cet effet, soit, si tel est l&amp;#8217;int&eacute;r&ecirc;t desdits pupilles, par des personnes dont l&amp;#8217;aptitude &agrave; les accueillir a &eacute;t&eacute; r&eacute;guli&egrave;rement constat&eacute;e dans un &Eacute;tat autre que la France, en cas d&amp;#8217;accord international engageant &agrave; cette fin ledit &Eacute;tat&amp;laquo;&amp;nbsp;.">5</a></sup> et en matière d&#8217;adoption internationale exclusivement. L&#8217;agrément est délivré par le Président du conseil général pour cinq ans sur avis d&#8217;une commission d&#8217;agrément. Pour ce faire, celle-ci a égard à la &laquo;&nbsp;<em>situation familiale</em>&laquo;&nbsp;, aux &laquo;&nbsp;<em>capacités éducatives</em>&nbsp;&raquo; de l&#8217;adoptant, ainsi qu&#8217;au &laquo;&nbsp;<em>contexte psychologique</em>&nbsp;&raquo; du projet d&#8217;adoption<sup><a href="http://dinersroom.eu/3594/homoparentalite-non-les-couples-homosexuels-ne-peuvent-pas-encore-adopter/#footnote_5_3594" id="identifier_5_3594" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceci aux termes de l&amp;#8217;article R. 225-4 du CASF.">6</a></sup>.</p>
<p>Ce qui nous amène à notre affaire.</p>
<p>En effet, un précédent refus d&#8217;agrément avait été refusé à la candidate à l&#8217;adoption sur le fondement de ses &laquo;&nbsp;<em>conditions de vie</em>&nbsp;&raquo; — entendez, de sa vie de couple homosexuelle. Refus validé par le Conseil d&#8217;état dans un <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&amp;idTexte=CETATEXT000008090195&amp;fastReqId=1033028866&amp;fastPos=4">arrêt du 5 juin 2002</a>.</p>
<blockquote><p>Considérant, en deuxième lieu, que si Mlle [B.] soutient qu&#8217;en mentionnant ses &laquo;&nbsp;conditions  de vie&nbsp;&raquo; pour justifier la légalité du refus d&#8217;agrément, la cour  administrative d&#8217;appel a fait implicitement référence à ses orientations  sexuelles, il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond  que Mlle [B.] était, à l&#8217;époque de l&#8217;instruction de  sa demande, engagée dans une relation homosexuelle stable ; qu&#8217;en considérant  que cette relation devait être prise en considération au regard des  besoins et de l&#8217;intérêt d&#8217;un enfant adopté, la cour n&#8217;a ni fondé  sa décision sur une position de principe concernant les orientations  sexuelles de la requérante, ni méconnu les stipulations combinées  des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des  droits de l&#8217;homme et des libertés fondamentales ; qu&#8217;elle n&#8217;a pas, non  plus, méconnu les dispositions de l&#8217;article L. 225-2 du code pénal  prohibant les discriminations à caractère sexuel ;</p></blockquote>
<p>Cela avait le mérite d&#8217;être clair. La relation homosexuelle stable peut constituer une &laquo;&nbsp;<em>condition de vie</em>&nbsp;&raquo; défavorable à l&#8217;accueil d&#8217;un enfant.</p>
<p>Fort heureusement pour le droit français, la Cour européenne des droits de l&#8217;homme y passa dans un <a href="http://cmiskp.echr.coe.int////tkp197/viewhbkm.asp?action=open&amp;table=F69A27FD8FB86142BF01C1166DEA398649&amp;key=70499&amp;sessionId=37052534&amp;skin=hudoc-fr&amp;attachment=true">arrêt E. B. contre France</a> du 22 janvier 2008, qui constata que les autorités administratives et juridictionnelles nationales avaient, nonobstant la prudence de leur verbe, fondé leur appréciation sur l&#8217;homosexualité de la candidate à l&#8217;adoption<sup><a href="http://dinersroom.eu/3594/homoparentalite-non-les-couples-homosexuels-ne-peuvent-pas-encore-adopter/#footnote_6_3594" id="identifier_6_3594" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette d&eacute;cision fut comment&eacute;e dans un ancien billet.">7</a></sup>. Ce qui ne se justifiait pas au regard du droit français et de la Convention européenne des droits de l&#8217;homme.</p>
<p>D&#8217;où condamnation de la France ; d&#8217;où, par ricochet, annulation du refus d&#8217;agrément par le TA de Grenoble.</p>
<p>Mais au fait, quel est l&#8217;effet de cet agrément ou de son refus ?</p>
<p>Théoriquement, il est nul.</p>
<p>En effet, le juge civil demeure libre de refuser l&#8217;adoption au candidat qui aurait recueilli l&#8217;agrément. De même qu&#8217;il peut prononcer l&#8217;adoption en l&#8217;absence d&#8217;agrément. C&#8217;est l&#8217;article 353-1 du Code civil :</p>
<blockquote><p>Si l&#8217;agrément a été refusé ou s&#8217;il n&#8217;a pas été délivré dans le délai légal, le tribunal peut prononcer l&#8217;adoption s&#8217;il estime que les requérants sont aptes à accueillir l&#8217;enfant et que celle-ci est conforme à son intérêt.</p></blockquote>
<p>En pratique, il est vrai, l&#8217;agrément précède le placement pour un pupille de l&#8217;État — nécessaire pour toute adoption plénière. Et le juge civil, qui n&#8217;y est pas tenu, tient néanmoins grand compte des motifs d&#8217;un éventuel refus d&#8217;agrément.</p>
<p>Pour autant, la décision du juge de Grenoble n&#8217;a pas pour effet de permettre l&#8217;adoption par un <em>couple homosexuel</em>. Faute de mariage. Non plus que par <em>une personne homosexuelle</em>, car c&#8217;est bien le juge <em>civil</em> qui prononce l&#8217;adoption. Et le chemin est encore long, du placement<sup><a href="http://dinersroom.eu/3594/homoparentalite-non-les-couples-homosexuels-ne-peuvent-pas-encore-adopter/#footnote_7_3594" id="identifier_7_3594" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui sera ordonn&eacute; par une administration.">8</a></sup> à un éventuel jugement d&#8217;adoption. Autant d&#8217;occasions, peut-on craindre de camoufler une réticence à l&#8217;endroit des candidats homosexuels à l&#8217;adoption.</p>
<p>Disons que si la décision du jour semble marquer la fin d&#8217;une longue histoire administrative, elle n&#8217;en constitue pas l&#8217;épilogue.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3594" class="footnote">Si ce n&#8217;est qu&#8217;une adoption plénière — en raison de sa plus grande solidité — exigera que l&#8217;enfant ait été placé chez le (ou les) futur(s) adoptant(s).</li><li id="footnote_1_3594" class="footnote">Abandonné ou orphelin.</li><li id="footnote_2_3594" class="footnote">Lorsque ses parents se sont désintéressés de son sort alors qu&#8217;il était accueilli par un tiers.</li><li id="footnote_3_3594" class="footnote">Ou du Conseil de famille. L&#8217;hypothèse la moins cruelle.</li><li id="footnote_4_3594" class="footnote">C&#8217;est l&#8217;article L. 225-2 du Code de l&#8217;action sociale et des familles :&nbsp;&raquo;<em>Les pupilles de l&#8217;État peuvent être adoptés soit par les personnes à qui le service de l&#8217;aide sociale à l&#8217;enfance les a confiés pour en assurer la garde lorsque les liens affectifs qui se sont établis entre eux justifient cette mesure, <strong>soit par des personnes agréées à cet effet</strong>, soit, si tel est l&#8217;intérêt desdits pupilles, par des personnes dont l&#8217;aptitude à les accueillir a été régulièrement constatée dans un État autre que la France, en cas d&#8217;accord international engageant à cette fin ledit État</em>&laquo;&nbsp;.</li><li id="footnote_5_3594" class="footnote">Ceci aux termes de l&#8217;article R. 225-4 du CASF.</li><li id="footnote_6_3594" class="footnote">Cette décision fut commentée dans un <a href="http://dinersroom.eu/2062/un-pas-vers-l-adoption-par-les-homosexuels-mais-un-petit-pas-et-on-s-arrete-la-condamnation-de-la-france-par-la-cedh/">ancien billet</a>.</li><li id="footnote_7_3594" class="footnote">Qui sera ordonné par une administration.</li></ol>]]></content:encoded>
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