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	<title>Diner’s Room &#187; Identité nationale</title>
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		<title>Prix du Mouvement populaire 2010. Un scenario déjà écrit</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Aug 2010 14:25:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le sport hippique demeure l&#8217;un des seuls domaines où se rencontrent les passions aristocratiques et plébéiennes. On en veut pour preuve le défi haletant dans lequel s&#8217;est lancée l&#8217;écurie UMP lors du Prix du Mouvement populaire 2010. En voici la chronique, dont on pardonnera la brièveté comme la légèreté. Terrain lourd à Paris en juillet après l&#8217;averse de révélations sur Éric Woerth. Les spécialistes du steeple s&#8217;en sont donnés à cœur joie mais finissent fatigués. Place, donc, aux spécialistes du galop. Et les candidats sont au départ. Le favori, Président Sarkozy, a remarquablement préparé l&#8217;épreuve avec un échauffement de très bonne tenue au derby des gens du voyage qu&#8217;il a emporté de trois bonnes longueurs. Très à son aise sur les questions sécuritaires, il prend la tête au starter en proposant que les français d&#8217;origine étrangère auteurs de meurtres sur policiers ou gendarmes soient déchus de leur nationalité. Rouge Képi a bénéficié d&#8217;un accessit en raison de sa performance devant le tribunal correctionnel de Paris. Sa condamnation pour injure raciale a été remarquée des parieurs, qui lui ont donné une cote avantageuse. Il prend l&#8217;aspiration [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le sport hippique demeure l&#8217;un des seuls domaines où se rencontrent les passions aristocratiques et plébéiennes.</p>
<p>On en veut pour preuve le défi haletant dans lequel s&#8217;est lancée l&#8217;écurie UMP lors du <em>Prix du Mouvement populaire 2010</em>. En voici la chronique, dont on pardonnera la brièveté comme la légèreté.</p>
<p>Terrain lourd à Paris en juillet après l&#8217;averse de révélations sur Éric Woerth. Les spécialistes du <em>steeple</em> s&#8217;en sont donnés à cœur joie mais finissent fatigués. Place, donc, aux spécialistes du galop.</p>
<p>Et les candidats sont au départ.</p>
<p>Le favori, <em>Président Sarkozy</em>, a remarquablement préparé l&#8217;épreuve avec un échauffement de très bonne tenue au <em>derby des gens du voyage</em> qu&#8217;il a emporté de trois bonnes longueurs. Très à son aise sur les questions sécuritaires, il prend la tête au starter en proposant que les français d&#8217;origine étrangère auteurs de meurtres sur policiers ou gendarmes soient déchus de leur nationalité.</p>
<p><em>Rouge Képi</em> a bénéficié d&#8217;un accessit en raison de sa performance devant le tribunal correctionnel de Paris. Sa condamnation pour injure raciale a été remarquée des parieurs, qui lui ont donné une cote avantageuse. Il prend l&#8217;aspiration de <em>Président Sarkozy</em> et se porte à sa hauteur en suggérant d&#8217;étendre la déchéance aux auteurs d&#8217;excision et autres polygames.</p>
<p><em>Félon Besson</em>, distancé depuis son échec dans le Prix de l&#8217;identité nationale, tente un contre en soulignant les difficultés constitutionnelles. Mais c&#8217;est <em>Ciotti de la Matraque</em>, très apprécié des connaisseurs, qui surgit du diable Vauvert en osant la prison pour les parents de jeunes délinquants. Tandis qu&#8217;<em>Outstanding Lefebvre</em>, toujours habile dans la descente,  poursuit avec le &laquo;&nbsp;problème majeur des étrangers&nbsp;&raquo; et les liens de l&#8217;immigration et de la délinquance.</p>
<p><em>Outsanding Lefebvre</em> est à la lutte pour les places d&#8217;honneur avec <em>Motodidacte d&#8217;amour</em>, redoutable finisseur, qui invite à choisir entre &laquo;&nbsp;français et voyou&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais sur les derniers mètres, c&#8217;est finalement <em>Petit Menhir</em>, une pouliche très prometteuse, qui met tout le monde d&#8217;accord d&#8217;une encolure en accusant les chevaux de l&#8217;écurie UMP de &laquo;&nbsp;jouer en playback&nbsp;&raquo;. Elle remporte finalement les suffrages avec une course d&#8217;attente de toute beauté qui a vu les favoris s&#8217;épuiser à l&#8217;avant. Favoris, qui ont finalement couru pour elle.</p>
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		<title>Identité nationale et immigration : Le maire de Gussainville a-t-il dérapé ?</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 17:12:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[grand débat sur l'identité nationale]]></category>
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		<description><![CDATA[Éric Besson, ministre de l&#8217;immigration, de l&#8217;intégration, de l&#8217;identité nationale et du développement solidaire, s&#8217;est fendu d&#8217;un communiqué pour dénoncer les &#171;&#160;propos xénophobes (&#8230;) intolérables&#160;&#187; tenus par le maire de Gussainville &#171;&#160;en marge d&#8217;une réunion locale&#160;&#187; organisée dans le cadre du débat sur l&#8217;identité nationale. L&#8217;édile se plaignait en termes vifs d&#8217;une surabondance de personnes payées &#171;&#160;à ne rien foutre&#171;&#160;. De quelles personnes ? Des immigrés, si l&#8217;on en croît la réponse donnée à un journaliste de RTL devant les caméras de France télévision. &#171;&#160;Dérapages xénophobes en marge du débat sur l&#8217;identité nationale&#171;&#160;, soutient le ministre en titrant son communiqué. En marge, vraiment ? Pour le juriste, qui n&#8217;a pour guide que les textes, la Nation se résume à la somme des personnes de nationalité française. Elle les contient tous, et se limite à eux. Définition pauvre et tautologique, qui a le mérite, cependant, de ne point s&#8217;encombrer de substance ; en particuliers de ces venins d&#8217;amour, de haine, d&#8217;espoir et de rancœurs. Ce sont donc les règles de la nationalité qui déterminent le contenu de la Nation ; et par conséquent, la Nation elle-même. Et la frontière ainsi tracée distingue le national de l&#8217;étranger. Les conséquences juridiques qui en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Éric Besson, <em>ministre de l&#8217;immigration, de l&#8217;intégration, de l&#8217;identité nationale et du développement solidaire</em>, s&#8217;est fendu d&#8217;un <a href="http://www.immigration.gouv.fr/IMG/pdf/1202-CP-DenonciationProposXenophobes.pdf">communiqué</a> pour dénoncer les &laquo;&nbsp;<em>propos xénophobes (&#8230;) intolérables</em>&nbsp;&raquo; tenus par le maire de Gussainville &laquo;&nbsp;<em>en marge d&#8217;une réunion locale</em>&nbsp;&raquo; organisée dans le cadre du débat sur l&#8217;identité nationale.</p>
<p>L&#8217;édile se plaignait en termes vifs d&#8217;une surabondance de personnes payées &laquo;&nbsp;<em>à ne rien foutre</em>&laquo;&nbsp;. De quelles personnes ? Des <em>immigrés</em>, si l&#8217;on en croît la réponse donnée à un journaliste de RTL devant les caméras de France télévision.</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Dérapages xénophobes en marge du débat sur l&#8217;identité nationale</em>&laquo;&nbsp;, soutient le ministre en titrant son communiqué.</p>
<p><em>En marge</em>, vraiment ?</p>
<p>Pour le juriste, qui n&#8217;a pour guide que les textes, la Nation se résume à la somme des personnes de nationalité française. Elle les contient tous, et se limite à eux. Définition pauvre et tautologique, qui a le mérite, cependant, de ne point s&#8217;encombrer de substance ; en particuliers de ces venins d&#8217;amour, de haine, d&#8217;espoir et de rancœurs.</p>
<p>Ce sont donc les règles de la nationalité qui déterminent le contenu de la Nation ; et par conséquent, la Nation elle-même. Et la frontière ainsi tracée distingue le national de l&#8217;étranger.</p>
<p>Les conséquences juridiques qui en découlent ne sont pas moins claires. Le national jouit d&#8217;un <em>droit à résider</em> sur le territoire national. L&#8217;étranger, d&#8217;une <em>autorisation d&#8217;y séjourner</em> octroyée par l&#8217;État. Et l&#8217;on ne voit guère pourquoi un élu devrait s&#8217;interdire une opinion sur le nombre d&#8217;immigrés sur le territoire français. Même exprimée de façon un peu vive.</p>
<p>Si ce n&#8217;est qu&#8217;<em>étrangers</em> et <em>immigrés</em> ne se confondent pas tout à fait.</p>
<p>Il est des immigrés qui ont acquis la nationalité française. Et il est des étrangers nés sur le sol de France.</p>
<p style="padding-left: 30px;">— Quoi ? Et le droit du sol ?</p>
<p>Eh bien, la tradition monarchique du droit du sol s&#8217;est peu à peu étiolée. Venue du droit féodal, elle avait survécu à la Révolution dans le droit intermédiaire<sup><a href="http://dinersroom.eu/3744/identite-nationale-et-immigration-le-maire-de-gussainville-a-t-il-derape/#footnote_0_3744" id="identifier_0_3744" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voyez par exemple l&amp;#8217;article 2 de la Constitution de 1791, l&amp;#8217;article 4 de la Constitution de 1793, ou l&amp;#8217;article 8 de la Constitution de l&amp;#8217;an III.">1</a></sup>. Mais le Code civil a institué la primauté du <em>jus sanguinis</em> — le droit du sang. Par un silence, d&#8217;ailleurs, en offrant à &laquo;&nbsp;<em>l&#8217;individu né en France d&#8217;un étranger</em>&nbsp;&raquo; la possibilité de &laquo;&nbsp;<em>réclamer la qualité de français</em>&nbsp;&raquo;<sup><a href="http://dinersroom.eu/3744/identite-nationale-et-immigration-le-maire-de-gussainville-a-t-il-derape/#footnote_1_3744" id="identifier_1_3744" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui implique que l&amp;#8217;enfant d&amp;#8217;&eacute;tranger na&icirc;t &eacute;tranger.">2</a></sup>.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, le même Code civil place la filiation comme le premier et principal critère de l&#8217;attribution de la nationalité française. C&#8217;est l&#8217;article 18.</p>
<blockquote><p>Est français l&#8217;enfant dont l&#8217;un des parents au moins est français.</p></blockquote>
<p>La naissance sur le territoire n&#8217;implique l&#8217;attribution automatique de la nationalité qu&#8217;à la condition que l&#8217;un des parents soit né lui-même sur le sol de France. C&#8217;est dire la maigreur du <em>jus soli</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/3744/identite-nationale-et-immigration-le-maire-de-gussainville-a-t-il-derape/#footnote_2_3744" id="identifier_2_3744" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le droit du sol.">3</a></sup> auquel il est d&#8217;usage de rattacher la tradition française.</p>
<p>Par conséquent, il naît chaque jour en France des étrangers qui ne sont pas immigrés.  Il naît encore des français à l&#8217;étranger. Il est des français émigrés. Et il est des français que l&#8217;on dit &laquo;&nbsp;<em>issus de l&#8217;immigration</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Or, le problème du &laquo;&nbsp;<em>grand débat sur l&#8217;identité nationale</em>&nbsp;&raquo; est qu&#8217;il tend à confondre plus qu&#8217;à distinguer.</p>
<p>Voyez, pour vous en convaincre, la <a href="http://circulaires.gouv.fr/pdf/2009/11/cir_29805.pdf">circulaire</a> adressée par le ministre aux préfets pour son organisation.</p>
<p>La première question posée intéresse la qualité de français :</p>
<blockquote><p>— Pour vous, qu&#8217;est-ce qu&#8217;être français aujourd&#8217;hui ?</p></blockquote>
<p>Le citoyen, averti du devoir qui lui est fait de connaître la loi<sup><a href="http://dinersroom.eu/3744/identite-nationale-et-immigration-le-maire-de-gussainville-a-t-il-derape/#footnote_3_3744" id="identifier_3_3744" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nemo censetur ignorare legem. Une maxime de droit fran&ccedil;ais en latin.">4</a></sup>, se précipite vers les textes et déduit du mode d&#8217;acquisition sa qualité de français. Pour celui-ci, ce sera un père français ; pour celui-là, le mariage avec une française ; pour cet autre, la naturalisation.</p>
<p>Viennent alors une série de question sur les symboles de la nation. Questions fort bien réglées par la Constitution du 4 octobre 1958 en son article 2 :</p>
<blockquote><p>La langue de la République est le français.<br />
L&#8217;emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.<br />
L&#8217;hymne national est &laquo;&nbsp;La Marseillaise&nbsp;&raquo;.<br />
La devise de la République est &laquo;&nbsp;Liberté, Égalité, Fraternité&nbsp;&raquo;.</p></blockquote>
<p>Qu&#8217;y lit-on ?</p>
<p>Que l&#8217;emblème et l&#8217;hymne sont <em>nationaux</em>. Mais que la langue et la devise appartiennent à la <em>République</em>. Ce qui, juridiquement revient au même, puisque le français est un citoyen en puissance.</p>
<p>Les difficultés surgissent lorsque l&#8217;on en vient à l&#8217;immigration, ou, à l&#8217;accueil des &laquo;&nbsp;<em>ressortissants étrangers</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<blockquote><p>— Pourquoi accueillir des ressortissants étrangers dans notre République, puis dans notre communauté nationale ?</p></blockquote>
<p>Notons derechef que l&#8217;accueil dans la République est ici distingué de l&#8217;accueil dans la Nation. J&#8217;ai beau chercher, je ne vois pas autre choser pour désigner &laquo;&nbsp;<em>l&#8217;accueil dans la République</em>&nbsp;&raquo; que la <em>citoyenneté</em>. Est-ce à dire qu&#8217;il est en France une citoyenneté extra-nationale ? Plus probablement, les auteurs du texte ont entendu de la République, le <em>territoire</em>. C&#8217;est autre chose, toutefois, comme le suggère d&#8217;ailleurs le reste de la circulaire.</p>
<p>Mais surtout, il est des immigrés français. Or, en limitant la question de l&#8217;immigration à la seule question des étrangers, on nourrit l&#8217;idée d&#8217;un immigré nécessairement étranger. Ou d&#8217;un étranger nécessairement immigré.</p>
<p>En quoi l&#8217;on vient à fondre, imperceptiblement, l&#8217;immigré et l&#8217;étranger.</p>
<p>Dira-t-on donc, que le maire de Gussainville a &laquo;&nbsp;dérapé&nbsp;&raquo; ?</p>
<p>Si tel est le cas, c&#8217;est dans le sens d&#8217;une pente déjà fort glissante.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3744" class="footnote">Voyez par exemple l&#8217;article 2 de la <a href="http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/les-constitutions-de-la-france/constitution-de-1791.5082.html">Constitution de 1791</a>, l&#8217;article 4 de la <a href="http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/les-constitutions-de-la-france/constitution-du-24-juin-1793.5084.html">Constitution de 1793</a>, ou l&#8217;article 8 de la <a href="http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/les-constitutions-de-la-france/constitution-du-5-fructidor-an-iii.5086.html">Constitution de l&#8217;an III</a>.</li><li id="footnote_1_3744" class="footnote">Ce qui implique que l&#8217;enfant d&#8217;étranger naît étranger.</li><li id="footnote_2_3744" class="footnote">Le droit du sol.</li><li id="footnote_3_3744" class="footnote"><em>Nemo censetur ignorare legem</em>. Une maxime de droit français en <em>latin</em>.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Pour Frédéric Lefebvre, L&#8217;identité nationale, c&#8217;est Hadopi</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 11:22:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Lefebvre]]></category>
		<category><![CDATA[Hadopi]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous ne dirons pas que Frédéric Lefebvre est une huitre. Le respect dû à un avocat, ancien parlementaire, s&#8217;y oppose. Nous ne le dirons pas, sinon par révérence devant sa capacité à produire des perles. Et encore la métaphore ne résiste-t-elle pas à l&#8217;avalanche qui laisse présumer un mode de production industriel. Voici donc une de ces perles, toute droit sortie du point presse tenu ce lundi par le porte-parole de l&#8217;UMP, via desourcessures.com1 La question de l&#8217;identité nationale, c&#8217;est en réalité la question de la langue française. C&#8217;est la question de notre culture, de notre identité culturelle. Le texte Hadopi, moi je considère qu&#8217;il faut aller plus loin sur certaines questions pour défendre l&#8217;exception culturelle française (&#8230;). Oui, nous avons bien lu. La loi Hadopi contribue à la définition — ou la défense — de l&#8217;identité nationale. Comme la pertinence de l&#8217;analyse pourrait manquer aux yeux d&#8217;un lecteur distrait, revoyons l&#8217;argument au ralenti. 1. L&#8217;identité nationale repose sur la langue française. Admettons, le français est la langue de la République, dixit la Constitution. 2. L&#8217;identité nationale résulte de l&#8217;identité culturelle. Pourquoi pas ? Le &#171;&#160;patrimoine national&#160;&#187; bénéficie de protections à ce titre. 3. L&#8217;identité nationale relève ainsi de l&#8217;exception [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous ne dirons pas que Frédéric Lefebvre est une huitre. Le respect dû à un avocat, ancien parlementaire, s&#8217;y oppose.</p>
<p>Nous ne le dirons pas, sinon par révérence devant sa capacité à produire des perles. Et encore la métaphore ne résiste-t-elle pas à l&#8217;avalanche qui laisse présumer un mode de production industriel.</p>
<p>Voici donc une de ces perles, toute droit sortie du <a href="http://www.u-m-p.org/site/index.php/ump/s_informer/point_presse/identite_nationale_un_debat_essentiel">point presse</a> tenu ce lundi par le porte-parole de l&#8217;UMP, <em>via</em> <a href="http://desourcesure.com/dss/2009/11/pour_lefebvre_lidentite_nation.php">desourcessures.com</a><sup><a href="http://dinersroom.eu/3551/pour-frederic-lefebvre-lidentite-nationale-cest-hadopi/#footnote_0_3551" id="identifier_0_3551" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mon attention ayant &eacute;t&eacute; attir&eacute;e par une source diligente. On peut &eacute;galement consulter la vid&eacute;o de r&eacute;f&eacute;rence.">1</a></sup></p>
<blockquote><p>La question de l&#8217;identité nationale, c&#8217;est en réalité la question de la langue française. C&#8217;est la question de notre culture, de notre identité culturelle. Le texte Hadopi, moi je considère qu&#8217;il faut aller plus loin sur certaines questions pour défendre l&#8217;exception culturelle française (&#8230;).</p></blockquote>
<p>Oui, nous avons bien lu. La loi Hadopi contribue à la définition — ou la défense — de l&#8217;identité nationale.</p>
<p>Comme la pertinence de l&#8217;analyse pourrait manquer aux yeux d&#8217;un lecteur distrait, revoyons l&#8217;argument au ralenti.</p>
<p>1. L&#8217;identité nationale repose sur la langue française. Admettons, le français est la langue de la République, dixit la Constitution.</p>
<p>2. L&#8217;identité nationale résulte de l&#8217;identité culturelle. Pourquoi pas ? Le &laquo;&nbsp;<em>patrimoine national</em>&nbsp;&raquo; bénéficie de protections à ce titre.</p>
<p>3. L&#8217;identité nationale relève ainsi de l&#8217;<em>exception culturelle</em> — ou le contraire, ce n&#8217;est pas limpide. Soit, encore. Si notre culture présente un caractère exceptionnel, il n&#8217;est guère de doute qu&#8217;elle nous identifie.</p>
<p>4. La loi Hadopi participe à la protection de l&#8217;exception culturelle. <em>Ergo</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/3551/pour-frederic-lefebvre-lidentite-nationale-cest-hadopi/#footnote_1_3551" id="identifier_1_3551" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En latin. Pardon pour l&amp;#8217;atteinte &agrave; l&amp;#8217;identit&eacute; nationale, culturelle et exceptionnelle.">2</a></sup>, la loi Hadopi protège l&#8217;<em>identité nationale</em>.</p>
<p>C&#8217;est à ce moment que mes yeux d&#8217;enfant se troublent devant les souvenirs de Garcimore, ce prestidigitateur à jamais malheureux — pour notre plus grande joie, d&#8217;avoir jamais réussi l&#8217;un de ses tours. Sauf que Garcimore, lui, avait l&#8217;échec intentionnel.</p>
<p>Voyons voir. La loi Hadopi (I) crée une haute autorité qui aura pour mission d&#8217;adresser des courriels à qui est suspect de télécharger illégalement des fichiers protégés par les droits d&#8217;auteurs. Hadopi (II) étend ce pouvoir pour ceux qui auront laissé transiter par leur connexion Internet des fichiers protégés par négligence. Le texte autorise de surcroît le juge judiciaire à prononcer la suspension de la connexion à Internet à titre de peine complémentaire.</p>
<p>Où est la France, là-dedans ?</p>
<p>Un esprit taquin dirait qu&#8217;il s&#8217;agit de la nouvelle haute autorité administrative — dont la profusion exigerait qu&#8217;il soit fait bottin. Ou encore des lois incomplètes en rafale. Ou encore de l&#8217;habitude de faire pleuvoir l&#8217;infraction pénale comme l&#8217;Éternel, des sauterelles sur l&#8217;Égypte.</p>
<p>Non pas, la France se niche dans les fichiers protégés eux-mêmes. Cette traduction est d&#8217;ailleurs confirmée par les propos tenus sur Canal plus<sup><a href="http://dinersroom.eu/3551/pour-frederic-lefebvre-lidentite-nationale-cest-hadopi/#footnote_2_3551" id="identifier_2_3551" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Des propos que l&amp;#8217;on peut retrouver via une vid&eacute;o sur Daylimotion dont je ne fais pas figurer l&amp;#8217;adresse ici, dans l&amp;#8217;ignorance des droits que j&amp;#8217;en ai. Je ne doute pas que le respect de Fr&eacute;d&eacute;ric Lefebvre pour les droits d&amp;#8217;auteurs l&amp;#8217;aient conduit &agrave; obtenir l&amp;#8217;autorisation des producteurs de la matinale de Canal plus.">3</a></sup> par l&#8217;amoureux de la propriété intellectuelle :</p>
<blockquote><p>Si j&#8217;ai parlé de la &laquo;&nbsp;Douce France&nbsp;&raquo;, c&#8217;est parce que je pense que dans le débat sur l&#8217;identité nationale, il y a aussi le débat sur l&#8217;identité culturelle. Le texte qui a été voté, sur Hadopi, qui a fait tant parler, qui défend l&#8217;exception culturelle française, c&#8217;est une forme de défense de l&#8217;identité nationale.</p></blockquote>
<p>Et oui, &laquo;&nbsp;<em>Douce France</em>&laquo;&nbsp;, le chanson admirablement écrite et interprétée par Charles Trenet, se devait d&#8217;être protégée contre les hordes barbares des pirates de l&#8217;Internet, qui ne pensent à rien d&#8217;autre, en téléchargeant, qu&#8217;à faire disparaître l&#8217;exception culturelle nationale.</p>
<p>Subtile<sup><a href="http://dinersroom.eu/3551/pour-frederic-lefebvre-lidentite-nationale-cest-hadopi/#footnote_3_3551" id="identifier_3_3551" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au m&ecirc;me degr&eacute; que le verbe du porte-parole de l&amp;#8217;UMP">4</a></sup> ironie mise à part, on ne voit guère ce qui, dans la répression pénale des atteintes aux droits de propriété intellectuelle, peut servir l&#8217;exception culturelle. D&#8217;une part parce que le téléchargement ne se limite pas — loin s&#8217;en faut — aux œuvres françaises<sup><a href="http://dinersroom.eu/3551/pour-frederic-lefebvre-lidentite-nationale-cest-hadopi/#footnote_4_3551" id="identifier_4_3551" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&amp;#8217;une des raisons identifi&eacute;e par le rapport de Denis Olivennes au t&eacute;l&eacute;chargement d&amp;#8217;&oelig;uvres cin&eacute;matographiques &mdash; en particulier des s&eacute;ries t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es &mdash; &eacute;tait le retard de la diffusion fran&ccedil;aise par rapport &agrave; la diffusion am&eacute;ricaine.">5</a></sup> ; d&#8217;autre part, parce que la limitation de la diffusion de ces œuvres — qu&#8217;impliquerait le succès de la loi Hadopi — ne servira certainement pas, justement, leur diffusion au plus grand nombre. On pourrait même penser, à tout prendre, que l&#8217;exception culturelle serait mieux servie par la communication massive des œuvres d&#8217;origine française. Et à tout prendre, mieux vaudrait instituer, <em>par exception</em>, le téléchargement libre des chansons et films français<sup><a href="http://dinersroom.eu/3551/pour-frederic-lefebvre-lidentite-nationale-cest-hadopi/#footnote_5_3551" id="identifier_5_3551" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une telle exception serait, cela va de soi, sanctionn&eacute; par le Conseil constitutionnel sur le fondement d&amp;#8217;une discrimination injustifi&eacute;e.">6</a></sup>. Doux rêve.</p>
<p>Confessons, pour conclure, une forme de malhonnêteté à l&#8217;endroit de Frédéric Lefebvre. Ou du moins, un défaut d&#8217;indulgence.</p>
<p>La protection des droits d&#8217;auteurs est une tradition nationale issue de la Révolution. Une tradition dont se réclament les lois Hadopi. En cela, celles-ci participeraient d&#8217;une forme de défense de l&#8217;exception culturelle française. Une tradition <em>juridique</em>, donc, plus que culturelle. Et le juriste ne peut qu&#8217;applaudir cet hommage au droit.</p>
<p>Mais le juriste — chafouin par discipline — observera quand même que la loi Hadopi vise à protéger la dimension <em>patrimoniale</em> des droits d&#8217;auteurs, alors que ce sont les droit <em>moraux</em> qui font la sève de la spécificité juridique nationale.</p>
<p>Foin, on pardonnera cette rapidité à celui qui, diplômé de droit privé et public, récent avocat, ne peut décemment ignorer ces nuances.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3551" class="footnote">Mon attention ayant été attirée par une source diligente. On peut également consulter la <a href="http://www.dailymotion.com/video/xb0h00_identite-nationale-un-debat-essenti_news">vidéo de référence</a>.</li><li id="footnote_1_3551" class="footnote">En latin. Pardon pour l&#8217;atteinte à l&#8217;identité nationale, culturelle et exceptionnelle.</li><li id="footnote_2_3551" class="footnote">Des propos que l&#8217;on peut retrouver via une vidéo sur Daylimotion dont je ne fais pas figurer l&#8217;adresse ici, dans l&#8217;ignorance des droits que j&#8217;en ai. Je ne doute pas que le respect de Frédéric Lefebvre pour les droits d&#8217;auteurs l&#8217;aient conduit à obtenir l&#8217;autorisation des producteurs de la <em>matinale</em> de Canal plus.</li><li id="footnote_3_3551" class="footnote">Au même degré que le verbe du porte-parole de l&#8217;UMP</li><li id="footnote_4_3551" class="footnote">L&#8217;une des raisons identifiée par le rapport de Denis Olivennes au téléchargement d&#8217;œuvres cinématographiques — en particulier des séries télévisées — était le retard de la diffusion française par rapport à la diffusion américaine.</li><li id="footnote_5_3551" class="footnote">Une telle exception serait, cela va de soi, sanctionné par le Conseil constitutionnel sur le fondement d&#8217;une discrimination injustifiée.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>De natio quae definienda est</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Oct 2009 12:47:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Débat public]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Identité nationale]]></category>
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		<description><![CDATA[Définir la Nation. Redoutable ambition. C&#8217;est celle que le Gouvernement semble s&#8217;être assigné en lançant un &#171;&#160;grand débat&#160;&#187; au cours duquel il s&#8217;agira rien de moins que d&#8217;établir l&#8217;identité de la Nation. L&#8217;identité, déjà, n&#8217;est pas une notion si aisée à circonscrire. Juridiquement, ce serait l&#8217;état civil. Une filiation, un nom, un prénom, un sexe, et une nationalité1. Toutes choses indisponibles à la puissance de la volonté humaine2. Mais une Nation peut-elle se permettre de faire une recherche de paternité ? Patrie, elle n&#8217;a que des fils et des filles3. Une maternité ?4 Qui donc enfanta la France ? La Gaule, peut-être. Mais Jules César nous dit qu&#8217;il y en avait plusieurs. Et puis il semble entendu que la France à succédé aux Gaules sans en hériter vraiment. Puisqu&#8217;il faut un nom, encore, remontons aux sources. C&#8217;est à une tribu germanique des premiers siècles que nous devons la France. Par une invasion qui, bue toute métaphore, suggère le viol. A tout le moins, l&#8217;hybridation. Dans un sens psychologisant, probablement plus proche du projet gouvernemental, Littré donne le &#171;&#160;sentiment qu&#8217;on a de soi-même&#171;&#160;. Avec ses troubles, lorsque l&#8217;on a le sentiment de ne point s&#8217;appartenir, ou d&#8217;appartenir à autrui. Est-ce à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3504" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-3504" title="800px-Nutrisco_et_extinguo_Salamandre_de_François_I_Azay" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2009/10/800px-Nutrisco_et_extinguo_Salamandre_de_François_I_Azay-300x225.jpg" alt="Nutrisco et extinguo" width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">Nutrisco et extinguo</p></div>
<p>Définir la Nation. Redoutable ambition.</p>
<p>C&#8217;est celle que le Gouvernement semble s&#8217;être assigné <a href="http://www.immigration.gouv.fr/spip.php?page=actus&amp;id_rubrique=254&amp;id_article=1894">en lançant</a> un &laquo;&nbsp;<em>grand débat</em>&nbsp;&raquo; au cours duquel il s&#8217;agira rien de moins que d&#8217;établir l&#8217;identité de la Nation.</p>
<p>L&#8217;<em>identité</em>, déjà, n&#8217;est pas une notion si aisée à circonscrire.</p>
<p>Juridiquement, ce serait l&#8217;<em>état civil</em>. Une filiation, un nom, un prénom, un sexe, et une <em>nationalité</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/3502/de-natio-quae-definienda-est/#footnote_0_3502" id="identifier_0_3502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quoi qu&amp;#8217;un usage sage veuille que la nationalit&eacute; ressortisse &agrave; l&amp;#8217;&eacute;tat politique de la personne.">1</a></sup>. Toutes choses indisponibles à la puissance de la volonté humaine<sup><a href="http://dinersroom.eu/3502/de-natio-quae-definienda-est/#footnote_1_3502" id="identifier_1_3502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du moins, jusqu&amp;#8217;&agrave; ce que la Cour europ&eacute;enne des droits de l&amp;#8217;homme ne s&amp;#8217;en m&ecirc;le.">2</a></sup>. Mais une Nation peut-elle se permettre de faire une recherche de paternité ? <em>Patrie</em>, elle n&#8217;a que des fils et des filles<sup><a href="http://dinersroom.eu/3502/de-natio-quae-definienda-est/#footnote_2_3502" id="identifier_2_3502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La R&eacute;publique ?">3</a></sup>. Une maternité ?<sup><a href="http://dinersroom.eu/3502/de-natio-quae-definienda-est/#footnote_3_3502" id="identifier_3_3502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Encore la R&eacute;publique ?">4</a></sup> Qui donc enfanta la France ? La Gaule, peut-être. Mais Jules César nous dit qu&#8217;il y en avait plusieurs. Et puis il semble entendu que la France à succédé aux Gaules sans en hériter vraiment.</p>
<p>Puisqu&#8217;il faut un nom, encore, remontons aux sources. C&#8217;est à une tribu germanique des premiers siècles que nous devons la France. Par une invasion qui, bue toute métaphore, suggère le viol. A tout le moins, l&#8217;hybridation.</p>
<p>Dans un sens psychologisant, probablement plus proche du projet gouvernemental, Littré donne le &laquo;&nbsp;<em>sentiment qu&#8217;on a de soi-même</em>&laquo;&nbsp;. Avec ses troubles, lorsque l&#8217;on a le sentiment de ne point s&#8217;appartenir, ou d&#8217;appartenir à autrui. Est-ce à dire que Rome n&#8217;est-elle plus dans Rome ? Mais alors, où est-elle ? Et subsidiairement, qui donc a pris sa place ?</p>
<p>Mais le <em>sentiment</em> d&#8217;identité, ce n&#8217;est pas exactement la <em>définition</em> de son être.</p>
<p><em>Définir</em> est une opération intellectuelle qui consiste à  <em>borner</em>. Dire ce qu&#8217;est une chose, c&#8217;est dire d&#8217;abord ce qu&#8217;elle n&#8217;est pas. Tracer des frontières, fussent-elles symboliques. Pour la Nation, communauté humaine, définir l&#8217;identité nationale, c&#8217;est faire un tri entre ce qui lui appartient, et ce qui ne lui appartient pas. Des hommes, avant tout.</p>
<p>Mais également des <em>valeurs</em>, semble-t-il. Elles sont annoncées :</p>
<blockquote><p>[L]iberté, d’égalité, de fraternité, (&#8230;) égalité homme-femme, ou encore de solidarité nationale.</p></blockquote>
<p>A dire vrai, cela fleure plutôt la Nation <em>républicaine</em> que la Nation française. Et encore, d&#8217;une République bien contemporaine. Or, les valeurs d&#8217;une société ne sont pas celle d&#8217;une nation. On ne regrettera pas le régime de primogéniture mâle d&#8217;ancien régime ; non plus que l&#8217;institution civiliste de la puissance paternelle. Mais on voudra bien constater qu&#8217;à porter ailleurs le regard — au nord, par exemple — l&#8217;égalité des sexes se trouve mieux pourvue par l&#8217;histoire et l&#8217;actualité que dans nos contrées hexagonales.</p>
<p>Il faut dire que les &laquo;&nbsp;<em>valeurs</em>&nbsp;&raquo; politiquement revendiquées ont cet avantage de demeurer dans une louable abstraction ; du moins, jusqu&#8217;à ce quelle s&#8217;en viennent infuser le droit le plus tatillon.</p>
<p>On renifle dans la volonté gouvernementale le choix de parvenir à une définition aimable de la Nation. Mais aussi, comme tout Gouvernement, de légiférer. Un bon débat ne saurait s&#8217;achever sans une queue de règlements ; de projets de loi, peut-être. La France n&#8217;en est pas avare ; c&#8217;est un trait de son identité.</p>
<p>Toutes nos lois ne participent-elles pas de l&#8217;identité de la Nation ? Après tout, elles émanent bien de la <em>représentation nationale</em>.</p>
<p>Car, faute de pouvoir s&#8217;exprimer de façon intelligible et permanente, la Nation doit être représentée ; comme les enfants. N&#8217;est-ce pas d&#8217;ailleurs le sort d&#8217;une <em>nation</em> que de demeurer dans une perpétuelle enfance ? L&#8217;étymologie latine suggère que la Nation est une <em>naissance</em>. Chaque jour nouvelle, cela va sans dire. Et à naître si souvent, on peine à grandir.</p>
<p>Ce qui m&#8217;amène, en guise de conclusion, au clin d&#8217;œil du titre.</p>
<p>C&#8217;est un usage immémorial, pour le juriste, que de se laisser aller<sup><a href="http://dinersroom.eu/3502/de-natio-quae-definienda-est/#footnote_4_3502" id="identifier_4_3502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un laisser aller &agrave; force de lexiques et de grammaires, j&amp;#8217;en conviens.">5</a></sup> à la langue latine. La Cour de cassation elle-même n&#8217;y répugne pas tantôt<sup><a href="http://dinersroom.eu/3502/de-natio-quae-definienda-est/#footnote_5_3502" id="identifier_5_3502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par exemple, dans cet arr&ecirc;t du 8 juin 1995. Apr&egrave;s la lex tuboniae, donc.">6</a></sup>. On me pardonnera donc d&#8217;y céder dans le titre de ce billet.</p>
<p>C&#8217;est que la Nation française doit beaucoup aux latins. Beaucoup de droit, une renaissance artistique, de nombreuses denrées que l&#8217;on croirait cisalpines<sup><a href="http://dinersroom.eu/3502/de-natio-quae-definienda-est/#footnote_6_3502" id="identifier_6_3502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La laitue, par exemple. Ou l&amp;#8217;artichaut.">7</a></sup>. Et puis sa <em>langue</em>, dont elle est l&#8217;une des filles abâtardies.</p>
<p>Une langue française dont la Constitution française à proclamé le lien — identitaire : &laquo;&nbsp;<em>La langue de la République <strong>est</strong> le français</em>&laquo;&nbsp;— avec la République ; ce dont une <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000005616341&amp;dateTexte=20091027">loi du 4 août 1994</a><sup><a href="http://dinersroom.eu/3502/de-natio-quae-definienda-est/#footnote_7_3502" id="identifier_7_3502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le 4 ao&ucirc;t n&amp;#8217;est pas toujours l&amp;#8217;anniversaire des libert&eacute;s.">8</a></sup> a cru devoir déduire que les autres langues devaient être exclues<sup><a href="http://dinersroom.eu/3502/de-natio-quae-definienda-est/#footnote_8_3502" id="identifier_8_3502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui d&eacute;montre au passage combien les affirmations solennelles d&amp;#8217;identit&eacute; s&amp;#8217;accompagnent parfois de vell&eacute;it&eacute;s d&amp;#8217;exclusion.">9</a></sup> des activités d&#8217;enseignement, de travail, et des services publics<sup><a href="http://dinersroom.eu/3502/de-natio-quae-definienda-est/#footnote_9_3502" id="identifier_9_3502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Donc, de la Cour de cassation.">10</a></sup>. Y compris le latin.</p>
<p>C&#8217;est une forme d&#8217;ingratitude que d&#8217;achever de trancher, au nom de la sauvegarde de l&#8217;identité nationale, le lien filial avec le passé. Le latin, autrefois, était une langue vivante en France. Vernaculaire dans l&#8217;université ; obligatoire dans les lycées.</p>
<p>En guise de contribution — pas si provocatrice — à la définition de l&#8217;identité nationale, je suis tenté de suggérer que les latinités figurent à nouveau dans les enseignements communs<sup><a href="http://dinersroom.eu/3502/de-natio-quae-definienda-est/#footnote_10_3502" id="identifier_10_3502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&amp;#8217;o&ugrave; ils disparaissent par d&eacute;sint&eacute;r&ecirc;t de tous.">11</a></sup> ; à l&#8217;image de l&#8217;éducation civique et morale, si l&#8217;on veut. Car l&#8217;identité, c&#8217;est à la fois ce que l&#8217;on est, et ce que l&#8217;on n&#8217;est pas.</p>
<p>Quoi de meilleur que d&#8217;apprendre l&#8217;une et l&#8217;autre langue, pour les admirer toutes deux.<br />
</br><br />
</br><br />
<strong>NB :</strong> <em>Nutrisco et extinguo</em> est la devise de François 1er. Outre qu&#8217;il portait le nom du peuple de son royaume, il fit du français la langue de l&#8217;administration. La formule signifie &laquo;&nbsp;j&#8217;entretiens et j&#8217;éteins&nbsp;&raquo; ; ce qui peut-être interprété comme un engagement de protéger les bons et d&#8217;exterminer les méchants. On en trouve d&#8217;étranges échos dans les mots de Napoléon 1er et dans certains discours du Président de la République. Il s&#8217;agissait également, dit-on, d&#8217;une référence à la vie amoureuse du Prince. Une tradition nationale, également.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3502" class="footnote">Quoi qu&#8217;un usage sage veuille que la nationalité ressortisse à l&#8217;état <em>politique</em> de la personne.</li><li id="footnote_1_3502" class="footnote">Du moins, jusqu&#8217;à ce que la Cour européenne des droits de l&#8217;homme ne s&#8217;en mêle.</li><li id="footnote_2_3502" class="footnote">La République ?</li><li id="footnote_3_3502" class="footnote">Encore la République ?</li><li id="footnote_4_3502" class="footnote">Un laisser aller à force de lexiques et de grammaires, j&#8217;en conviens.</li><li id="footnote_5_3502" class="footnote">Par exemple, dans <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechExpJuriJudi&amp;idTexte=JURITEXT000007034437&amp;fastReqId=306755779&amp;fastPos=8">cet arrêt</a> du 8 juin 1995. Après la <em>lex tuboniae</em>, donc.</li><li id="footnote_6_3502" class="footnote">La laitue, par exemple. Ou l&#8217;artichaut.</li><li id="footnote_7_3502" class="footnote">Le 4 août n&#8217;est pas toujours l&#8217;anniversaire des libertés.</li><li id="footnote_8_3502" class="footnote">Ce qui démontre au passage combien les affirmations solennelles d&#8217;identité s&#8217;accompagnent parfois de velléités d&#8217;exclusion.</li><li id="footnote_9_3502" class="footnote">Donc, de la Cour de cassation.</li><li id="footnote_10_3502" class="footnote">D&#8217;où ils disparaissent par désintérêt de tous.</li></ol>]]></content:encoded>
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