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	<title>Diner’s Room &#187; Martine Aubry</title>
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		<title>Présidentielle 2012 : peut-on croire en DSK ?</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Mar 2011 15:35:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, on s&#8217;émerveille volontiers des châteaux de sable. Quand ils ne sont point bâtis en Espagne, de surcroît, par un esprit battant campagne. Je tiens qu&#8217;une victoire de Dominique Strauss-Kahn à l&#8217;élection présidentielle de 2012 tient de cette ibérique chimère. Il lui faudrait pour cela vaincre aux primaires, puis passer le premier tour, et enfin, battre son adversaire de second tour. Autant d&#8217;obstacles pour lesquels DSK manque de jarret, si vous me passez l&#8217;expression. I.- Le risque le plus fréquemment pointé est celui des primaires. On avance ainsi que le positionnement politique de Dominique Strauss-Kahn ne lui permet pas de réunir toute la gauche — ou tout du moins une conjonction suffisante des différentes tendances. Son libéralisme internationaliste indisposerait ceux-ci qui, au Parti socialiste, prônent un interventionnisme musclé de l&#8217;État1. Ceci est juste. Et il faut ajouter que lorsque l&#8217;on entend DSK faire l&#8217;apologie de la politique sociale, on a le sentiment qu&#8217;il récite une fiche de lecture. Quelque part dans le timbre ou les emphases, cela sonne faux. Ainsi en va-t-il, du reste de son désir ou de sa chances de victoire2: il semble ne point [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, on s&#8217;émerveille volontiers des châteaux de sable. Quand ils ne sont point bâtis en Espagne, de surcroît, par un esprit battant campagne.</p>
<p>Je tiens qu&#8217;une victoire de Dominique Strauss-Kahn à l&#8217;élection présidentielle de 2012 tient de cette ibérique chimère.</p>
<p>Il lui faudrait pour cela vaincre aux primaires, puis passer le premier tour, et enfin, battre son adversaire de second tour. Autant d&#8217;obstacles pour lesquels DSK manque de jarret, si vous me passez l&#8217;expression.</p>
<p><strong>I.-</strong> Le risque le plus fréquemment pointé est celui des <strong><em>primaires</em></strong>. On avance ainsi que le positionnement politique de Dominique Strauss-Kahn ne lui permet pas de réunir toute la gauche — ou tout du moins une conjonction suffisante des différentes tendances. Son libéralisme internationaliste indisposerait ceux-ci qui, au Parti socialiste, prônent un interventionnisme musclé de l&#8217;État<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_0_5767" id="identifier_0_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour ne rien dire de cette gauche qui se dit &amp;laquo;&amp;nbsp;anti-lib&eacute;rale&amp;laquo;&amp;nbsp;.">1</a></sup>.</p>
<p>Ceci est juste. Et il faut ajouter que lorsque l&#8217;on entend DSK faire l&#8217;apologie de la politique sociale, on a le sentiment qu&#8217;il récite une fiche de lecture. Quelque part dans le timbre ou les emphases, cela sonne faux. Ainsi en va-t-il, du reste de son désir ou de sa chances de victoire<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_1_5767" id="identifier_1_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ses partisans semblent plus convaincus que lui">2</a></sup>: il semble ne point y croire et l&#8217;on y croit pas davantage. Ce défaut d&#8217;implication nourrit l&#8217;image d&#8217;un pusillanime. Image déjà esquissée lors de la campagne pour la candidature socialiste de 2006 et affinée par le départ pour Washington en 2007<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_2_5767" id="identifier_2_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une erreur de perspective, comme on le verra.">3</a></sup>.</p>
<p>La conjonction de ce positionnement politique encalminé et d&#8217;une personnalité peu charismatique<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_3_5767" id="identifier_3_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je veux dire par l&agrave; que le choix de Dominique Strauss-Kahn semble r&eacute;sulter davantage des voies de la raison que celles de la passion.">4</a></sup> conduit en principe à une fragilité des faveurs et une solidité des réticences<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_4_5767" id="identifier_4_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="la certitude du choix des diff&eacute;rents candidats de la gauche n&amp;#8217;est pas mesur&eacute;e dans les enqu&ecirc;te aujourd&amp;#8217;hui. Sans doute pour des raisons de pertinence. Cette variable est cependant d&eacute;cisive.">5</a></sup> qui ne promet guère.</p>
<p style="padding-left: 30px;">— <em>Et les sondages</em>, me direz-vous ?</p>
<p>Je réponds que les sondages font apparaître un <em>leadership</em> de Dominique Strauss-Kahn réel mais largement <em>tronqué</em>. En effet, ce dernier bénéficie d&#8217;une opinion favorable des sympathisants de droite, mais il ne domine pas nettement Martine Aubry parmi les sympathisants de gauche<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_5_5767" id="identifier_5_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par exemple, cette enqu&ecirc;te BVA des 24 et 25 f&eacute;vrier 2011, ou Dominique Strauss-Kahn appara&icirc;t comp&eacute;tent sur les th&egrave;mes &eacute;conomiques &amp;laquo;&amp;nbsp;de droite&amp;nbsp;&amp;raquo; &mdash; croissance &eacute;conomique et r&eacute;duction des d&eacute;ficits publics, mais plus contest&eacute; sur les th&egrave;mes &amp;laquo;&amp;nbsp;de gauche&amp;nbsp;&amp;raquo; &mdash; in&eacute;galit&eacute;s sociales et ch&ocirc;mage.">6</a></sup>.</p>
<p>Ajoutons que la campagne pour les primaires couve, mais n&#8217;est pas ouverte. En sorte que l&#8217;opinion des sympathisants de gauche<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_6_5767" id="identifier_6_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et du centre, si une partie de celui-ci, comme il est possible, choisit de soigner sa frustration de Fran&ccedil;ois Bayrou en flirtant avec le choix du candidat de gauche.">7</a></sup> se construit aujourd&#8217;hui largement sur des préjugés. On ignore sur quoi se jouera le choix des sympathisants : s&#8217;agira-t-il du positionnement politique ou de l&#8217;aptitude à la victoire ? Et celle-ci sera-t-elle fonction des sondages d&#8217;opinion ? L&#8217;expérience de Ségolène Royal a tout de même démontré la fragilité de telles anticipations. Il se pourrait cette fois que Dominique Strauss-Kahn paye son positionnement politique sans profiter des faveurs de l&#8217;opinion. On peut d&#8217;ailleurs juger de la confiance de ses partisans <a href="http://www.lefigaro.fr/politique/2011/03/10/01002-20110310ARTFIG00774-la-charge-des-amis-de-dsk-contre-les-primaires.php">en observant</a> la promptitude avec laquelle ils remettent en cause la procédure des primaires. Bref, cette première consultation constitue un risque substantiel pour le directeur du FMI.</p>
<p><strong>II. -</strong> Pour prendre le contrepied d&#8217;une idée bien partagée cependant, il ne me semble pas que les <em>primaires</em> constituent la <em>principale difficulté</em>. En effet, Dominique Strauss-Kahn ne me paraît pas le candidat de gauche le plus apte à l&#8217;emporter lors de <strong><em>l&#8217;élection présidentielle</em></strong>.</p>
<p>Son positionnement politique n&#8217;est pas assez plastique, aujourd&#8217;hui, pour recueillir une majorité politique. C&#8217;est même, d&#8217;une certaine façon un positionnement de niche.</p>
<p>En effet, Dominique Strauss-Kahn représente un libéralisme tempéré, mais également européaniste et internationaliste. Ces valeurs séduisent usuellement un électorat modéré, de gauche ou de droite, auquel il faut adjoindre l&#8217;électorat socialiste qui, <em>nolens volens</em>, portera son vote sur le candidat issu des primaires. Mais c&#8217;est bien tout. La gauche antilibérale trouvera, quoi qu&#8217;il arrive un candidat de premier tour. Les centristes de droite, qui lui sont acquis en cas de second tour, porteront leur choix sur un candidat issu d&#8217;une synthèse valoisienne/démocrate-chrétienne<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_7_5767" id="identifier_7_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui sera n&eacute;cessairement pr&eacute;sente, spontan&eacute;e ou suscit&eacute;e par l&amp;#8217;UMP, qui peut trouver int&eacute;r&ecirc;t &agrave; &eacute;liminer Dominique Strauss-Kahn au premier tour.">8</a></sup>.</p>
<p style="padding-left: 30px;">— <em>C&#8217;est bien tout mais c&#8217;est bien assez</em>, direz-vous.</p>
<p>Pas si sûr. La synthèse sociale démocrate internationaliste se réduit considérablement dans l&#8217;opinion française. Elle domine, certes, les élites politiques et médiatiques, mais pas de façon si écrasante. Disons que cette pensée qui se prétend<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_8_5767" id="identifier_8_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle se pr&eacute;tend &eacute;galement &amp;laquo;&amp;nbsp;pens&eacute;e&amp;nbsp;&amp;raquo;, alors qu&amp;#8217;elle n&amp;#8217;est souvent gu&egrave;re   plus qu&amp;#8217;opinion ; et dans le meilleur des cas, aphorisme.">9</a></sup> <em>&laquo;&nbsp;politiquement incorrecte</em>&nbsp;&raquo;<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_9_5767" id="identifier_9_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au pays de Voltaire, c&amp;#8217;est un titre de gloire.">10</a></sup> gagne des sectateurs<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_10_5767" id="identifier_10_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La pens&eacute;e mainstream, d&eacute;sormais, voisine davantage la synth&egrave;se  autoritaire/x&eacute;nophobe/interventionniste du Front national que celle du  PS ou de l&amp;#8217;UMP.">11</a></sup>. C&#8217;est un champs fertile, et l&#8217;on y cultive la avec succès une présence médiatique. En revanche, elle s&#8217;effiloche au fur et à mesure que l&#8217;on descend dans l&#8217;échelle sociale. Les classes moyennes, déjà, aspirent à plus de protection que de liberté et doutent aujourd&#8217;hui de l&#8217;Europe. Les classes populaires dédaignent et craignent tout autant le libéralisme que l&#8217;ouverture des frontières En sorte que l&#8217;UMP et le PS partis se partagent un positionnement minoritaire dans l&#8217;opinion.</p>
<p>De là une erreur profonde, me semble-t-il, de l&#8217;analyse de Dominique Strauss-Kahn comme du Président Sarkozy<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_11_5767" id="identifier_11_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Encore que ce dernier montre des signes d&amp;#8217;&eacute;volution.">12</a></sup>.</p>
<p>Pour ces derniers, la stratégie gagnante est une stratégie dite de &laquo;&nbsp;<em>triangulation</em>&laquo;&nbsp;. Après avoir rassemblé son camps, on va grignoter dans le garde manger de l&#8217;autre en piochant parmi ses thèmes de prédilection. C&#8217;est ainsi que le parti travailliste de Tony Blair avait fait valoir un capitalisme décomplexé et une forme d&#8217;autoritarisme sur la sécurité, thèmes centraux du parti conservateur. C&#8217;est ainsi que le Président Sarkozy avait investi à gauche les thèmes du travail et du pouvoir d&#8217;achat, en ne négligeant pas, à sa droite, celui de la Nation. C&#8217;est ainsi que Dominique Strauss-Kahn et ses partisans chassent au centre et à droite en comptant la gauche acquise.</p>
<p>Le problème de telles stratégies est qu&#8217;elles supposent une <em>base majoritaire acquise</em>. De sorte que les gains liés à la triangulation peuvent être marginaux. Or, il n&#8217;est pas aujourd&#8217;hui de <em>base majoritaire acquise sociale-démocrate</em> pour Dominique Strauss-Kahn<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_12_5767" id="identifier_12_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="De m&ecirc;me qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;est pas de base majoritaire conservatrice/mod&eacute;r&eacute;e acquise pour le Pr&eacute;sident Sarkozy : et ce qu&amp;#8217;il gagne en se droitisant, il le perd sur sa base.">13</a></sup>. Ceci pour deux raisons :</p>
<p style="padding-left: 30px;">1. Si la base sociale démocrate demeure à gauche, elle n&#8217;a plus de vocation majoritaire ; principalement parce qu&#8217;elle ne séduit plus du tout les classes populaires majoritaires et beaucoup moins les classes moyennes. <strong><em>Il y a un problème fondamental d&#8217;adéquation entre la base idéologique sociale-démocrate de la gauche et sa cible électorale</em></strong><sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_13_5767" id="identifier_13_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&amp;#8217;est un probl&egrave;me que devra affronter tout candidat de gauche, du reste.">14</a></sup>.</p>
<p style="padding-left: 30px;">2. Dominique Strauss-Kahn, à force de triangulation, s&#8217;est finalement figé dans un positionnement centriste qui lui interdit les excursions à droite. Et il devra, sans guère d&#8217;autre légitimité que les nécessités de la victoire, aller brouiller son image avec la gauche <em>antilibérale</em>.</p>
<p>Observons à l&#8217;inverse les excellentes perspectives que s&#8217;ouvre Marine Le Pen en triangulant tous azimuts. A la droite populaire, elle offre une image moins excentrique que celle de son père, dépouillée de saillies provocatrices, qui autorisent le flirt, voire des fiançailles en attendant mieux. A la gauche <em>antilibérale</em>, elle offre, le protectionnisme et une laïcité intransigeante, qui permet de se soulager d&#8217;une xénophobie pulsionnelle. Et tout ceci en s&#8217;appuyant sur une conjonction du discours et des classes sociales visées.</p>
<p>Outre le problème du positionnement politique, on doit dire un mot de l&#8217;image de Dominique Strauss-Kahn.</p>
<p>Quelque soit l&#8217;élégance des propos tenus à son endroit par quelques membres de la majorité, il faut convenir que Dominique Strauss-Kahn cultive une posture particulière : il se range ostensiblement du côté des élites économiques et intellectuelles internationales. C&#8217;est une question de style. Or, ces élites sont vues de France<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_14_5767" id="identifier_14_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Vision largement partag&eacute;e &agrave; droite et &agrave; gauche ; surexploit&eacute;e au Front National.">15</a></sup> comme les principaux responsables du destin des peuples. Quoiqu&#8217;ils fassent ou ne fassent pas, on leur prête tout à la fois incompétence et inconséquence. Et, plus grave pour un candidat à la présidence française, une<em><strong> indifférence aux sort des petites gens</strong></em>. C&#8217;est pourquoi le succès d&#8217;opinion en matière de croissance économique, de réduction des déficits publics ou représentation de la France à l&#8217;étranger ne permettent pas d&#8217;augurer un choix électoral. Les thèmes qui comptent sont ceux qui relient directement le candidat au sort de son électorat.</p>
<p>Le choix du FMI, à cet égard, constitue me semble-t-il une autre erreur. Si l&#8217;éloignement nourrit la bienveillance, c&#8217;est souvent à la condition de ne point se rapprocher. Et encore faut-il, pour stimuler l&#8217;attente, démontrer une autre forme de proximité, plus charnelle. Lorsque Charles de Gaulle se retira de la vie politique en 1953, il n&#8217;alla pas se promener sur les plages d&#8217;Irlande, mais se teint en sentinelle à Colombey, tissant, dans ses Mémoires de guerre, quelques mailles d&#8217;une légende.</p>
<p>Dominique Strauss-Kahn s&#8217;en est allé au FMI, à Washington. <em>Aux Amériques</em>, et pas en France. Aux Amériques où la finance domine le monde. Au FMI, où la finance traite les nations comme des subalternes. A tous égards, le FMI symbolise l&#8217;<em>éloignement</em>. <strong><em>Éloignement géographique, éloignement idéologique, éloignement sociologique</em></strong>. Dominique Strauss-Kahn a poli une image d&#8217;exilé opportuniste.</p>
<p>Certes, on fera valoir que le FMI est une <em>instance de régulation</em>, et que Dominique Strauss-Kahn a participé, ce faisant, à la police de la finance par les états. L&#8217;argument ne convaincra cependant que ceux qui sont prêts à l&#8217;entendre. C&#8217;est à dire, peu. Les instances de régulation internationale ont cette image paradoxale, en France, de <em>dictateurs impotents</em> : <em>dictateurs</em>, ils interdisent toute politiques nationale ; <em>impotents</em>, ils sont incapables de protéger les peuples contre l&#8217;avidité des spéculateurs. Si bien que le mandat de Dominique Strauss-Kahn au FMI constitue une cible facile que ne manqueront pas de viser chacun de ses adversaires.</p>
<p>En réalité, le seul avantage véritablement significatif de Dominique Strauss-Kahn est la confiance qu&#8217;il inspire. Il apparaît comme un <strong><em>homme de raison</em></strong>, qui réfléchit avant d&#8217;agir, ne se contente pas de discours, et ne jettera pas la France dans une aventure économique ou politique. S&#8217;il se pique d&#8217;audaces, on lui fera crédit de rationalité. Et il l&#8217;emporte, à cet égard, sur ses probables adversaires : Marine Le Pen et le Président Sarkozy.</p>
<p>La raison, cependant, peut triompher de l&#8217;ardeur à condition qu&#8217;elle ne passe pas pour de l&#8217;<em>irrésolution</em>. Or, tout, dans la personnalité de Dominique Strauss-Kahn traduit l&#8217;irrésolution : de sa campagne en 2006 à son départ au FMI et son silence aujourd&#8217;hui, il semble mégoter son ambition. Or, il aura beau avancer le menton en frapper du poing les pupitres à compter de juillet, ses actes, mais aussi ses silences et omissions passés pèseront lourd.</p>
<p>A tout cela, je voudrais ajouter que Dominique Strauss-Kahn me semble appartenir à cette catégorie de personnalités auquel l&#8217;opinion promet sans cesse un destin dont la réalité politique les prive brutalement. On leur prête de considérables qualités et on les imagine sans peine exercer les plus hautes fonctions. Cependant, il ne s&#8217;agit là que d&#8217;une opinion et non d&#8217;un engagement. Poser un scrutin dans l&#8217;urne suppose une forme de désir que les <em>premiers de la classe</em>, loin de susciter, paralysent parfois.</p>
<p><strong>III. -</strong> Vous l&#8217;aurez donc compris, je ne crois guère au succès de Dominique Strauss-Kahn. A supposer qu&#8217;il emporte la candidature socialiste, il risque une sévère déconvenue lors de l&#8217;élection.</p>
<p style="padding-left: 30px;">— <em>Mais alors</em>, me direz-vous, <em>en qui faut-il croire</em> ? Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal, un(e) autre ?</p>
<p>Quelques mots rapides, en guise de conclusion, pour ne pas excéder l&#8217;attention.</p>
<p>Ce ne sera pas, je crois Ségolène Royal, que le passage dans l&#8217;opposition a fatigué plus qu&#8217;elle ne l&#8217;a préservée<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_15_5767" id="identifier_15_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme, du reste, Fran&ccedil;ois Bayrou.">16</a></sup>.</p>
<p>Martine Aubry a sa chance, c&#8217;est vrai, mais je livre un augure plus propice à François Hollande.</p>
<p>Sans me lancer dans une analyse fouillée<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_16_5767" id="identifier_16_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle viendra peut-&ecirc;tre.">17</a></sup>, je lui prête au moins deux avantages qui font défaut à Dominique Strauss-Kahn.</p>
<p>Le premier est que François Hollande, qui n&#8217;a pas une image bien définie, sinon celle d&#8217;un apparatchik<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_17_5767" id="identifier_17_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et encore celle-ci s&amp;#8217;estompe-t-elle peu &agrave; peu.">18</a></sup> peut aisément se construire une stature présidentielle<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_18_5767" id="identifier_18_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il peut notamment r&eacute;aliser une synth&egrave;se de comp&eacute;tence technique et d&amp;#8217;engagement id&eacute;ologique.">19</a></sup>. Il ne souffre pas de préjugés solides au sein de la gauche, non plus qu&#8217;au centre<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_19_5767" id="identifier_19_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A la diff&eacute;rence de Martine Aubry qui restera l&amp;#8217;inspiratrice de la loi sur les 35 heures, sauf &agrave; faire un aggiornamento politiquement impossible.">20</a></sup>. Bref, il est en mesure d&#8217;écrire son roman personnel sans avoir à faire trop de ratures.</p>
<p>Je tire le second avantage de sa personnalité. François Hollande, on s&#8217;en est moqué, a suivi un <em>régime</em> amaigrissant. Ce qui suppose <em>discipline</em> et <em>détermination</em>. Et démontre tout à la fois que François Hollande est <em>résolu</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_20_5767" id="identifier_20_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A la diff&eacute;rence de Dominique Strauss-Kahn, mais aussi, du Pr&eacute;sident Sarkozy.">21</a></sup> et désireux de vaincre<sup><a href="http://dinersroom.eu/5767/peut-on-croire-a-dsk/#footnote_21_5767" id="identifier_21_5767" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A la diff&eacute;rence de Dominique Strauss-Kahn.">22</a></sup>. Ce n&#8217;est pas la même chose que d&#8217;aspirer au fauteuil présidentiel. Dans le premier cas, on se prépare à la lutte ; dans le second, on la dédaigne. Or, la compétition électorale est une épreuve dirimante dans la conception nationale. On ne porte pas à la magistrature suprême un homme de dossier, mais un homme de pouvoir. Avec l&#8217;engagement et les sacrifices que cela suppose.</p>
<p>Ce qui, donc, peut être raillé comme une coquetterie m&#8217;apparaît comme le témoignage de qualités morales auxquelles les électeurs français sont sensibles.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5767" class="footnote">Pour ne rien dire de cette gauche qui se dit &laquo;&nbsp;<em>anti-libérale</em>&laquo;&nbsp;.</li><li id="footnote_1_5767" class="footnote">Ses partisans semblent plus convaincus que lui</li><li id="footnote_2_5767" class="footnote">Une erreur de perspective, comme on le verra.</li><li id="footnote_3_5767" class="footnote">Je veux dire par là que le choix de Dominique Strauss-Kahn semble résulter davantage des voies de la raison que celles de la passion.</li><li id="footnote_4_5767" class="footnote">la certitude du choix des différents candidats de la gauche n&#8217;est pas mesurée dans les enquête aujourd&#8217;hui. Sans doute pour des raisons de pertinence. Cette variable est cependant décisive.</li><li id="footnote_5_5767" class="footnote">Par exemple, <a href="http://www.bva.fr/gene/expe/download.php?sequence=sondage_fiche_bc0cec79dcb6dace1622ea75c1ac5ea3">cette enquête BVA</a> des 24 et 25 février 2011, ou Dominique Strauss-Kahn apparaît compétent sur les thèmes économiques &laquo;&nbsp;de droite&nbsp;&raquo; — croissance économique et réduction des déficits publics, mais plus contesté sur les thèmes &laquo;&nbsp;de gauche&nbsp;&raquo; — inégalités sociales et chômage.</li><li id="footnote_6_5767" class="footnote">Et du centre, si une partie de celui-ci, comme il est possible, choisit de soigner sa frustration de François Bayrou en flirtant avec le choix du candidat de gauche.</li><li id="footnote_7_5767" class="footnote">Qui sera nécessairement présente, spontanée ou suscitée par l&#8217;UMP, qui peut trouver intérêt à éliminer Dominique Strauss-Kahn au premier tour.</li><li id="footnote_8_5767" class="footnote">Elle se prétend également &laquo;&nbsp;pensée&nbsp;&raquo;, alors qu&#8217;elle n&#8217;est souvent guère   plus qu&#8217;opinion ; et dans le meilleur des cas, aphorisme.</li><li id="footnote_9_5767" class="footnote">Au pays de Voltaire, c&#8217;est un titre de gloire.</li><li id="footnote_10_5767" class="footnote">La pensée <em>mainstream</em>, désormais, voisine davantage la synthèse  autoritaire/xénophobe/interventionniste du Front national que celle du  PS ou de l&#8217;UMP.</li><li id="footnote_11_5767" class="footnote">Encore que ce dernier montre des signes d&#8217;évolution.</li><li id="footnote_12_5767" class="footnote">De même qu&#8217;il n&#8217;est pas de base majoritaire conservatrice/modérée acquise pour le Président Sarkozy : et ce qu&#8217;il gagne en se droitisant, il le perd sur sa base.</li><li id="footnote_13_5767" class="footnote">C&#8217;est un problème que devra affronter tout candidat de gauche, du reste.</li><li id="footnote_14_5767" class="footnote">Vision largement partagée à droite et à gauche ; surexploitée au Front National.</li><li id="footnote_15_5767" class="footnote">Comme, du reste, François Bayrou.</li><li id="footnote_16_5767" class="footnote">Elle viendra peut-être.</li><li id="footnote_17_5767" class="footnote">Et encore celle-ci s&#8217;estompe-t-elle peu à peu.</li><li id="footnote_18_5767" class="footnote">Il peut notamment réaliser une synthèse de compétence technique et d&#8217;engagement idéologique.</li><li id="footnote_19_5767" class="footnote">A la différence de Martine Aubry qui restera l&#8217;inspiratrice de la loi sur les 35 heures, sauf à faire un <em>aggiornamento</em> politiquement impossible.</li><li id="footnote_20_5767" class="footnote">A la différence de Dominique Strauss-Kahn, mais aussi, du Président Sarkozy.</li><li id="footnote_21_5767" class="footnote">A la différence de Dominique Strauss-Kahn.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Parti socialiste : turpitudes au microscope</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Sep 2009 10:52:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Débat public]]></category>
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		<description><![CDATA[Ne mégotons pas. Les bonnes feuilles du livre d&#8217;Antonin André et Karim Rissouli, Hold-ups, arnaques et trahisons, sur le Parti socialiste — à paraître — font mal. On y découvre notamment les méthodes fort peu conventionnelles que la direction d&#8217;aujourd&#8217;hui a employé pour assurer sa victoire au congrès de Reims. La surprise n&#8217;est certes pas de taille, puisque les partisans de Ségolène Royal avaient crié à la fraude ; à tel point qu&#8217;une commission de récolement fut constituée pour poser un tapis sur la poussière rétablir les inexactitudes. Il fût même question de régler l&#8217;affaire devant les tribunaux. C&#8217;est une chose, cependant, d&#8217;être le témoin d&#8217;accusations diverses. C&#8217;en est une autre que d&#8217;en découvrir les détails et sinuosités. L&#8217;idée d&#8217;avoir des acariens dans sa moquette peut être inconfortable. Mais allez donc y jeter un œil au microscope. C&#8217;est peu de dire que l&#8217;affaire ne grandit pas le Parti socialiste. Pire, il dessine avec acuité les mesquineries et bassesses dont on pouvait renifler le méphitique fumet. Martine Aubry, la première, en souffrira. Il y a quelques jour à peine, elle gourmandait le gouvernement pour sa naïveté devant des élections gabonaises douteuses. Une leçon de maître, serait-on tenté de sourire. Outre le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ne mégotons pas.</p>
<p><a href="http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-09-08/extraits-exclusifs-du-livre-choc-l-enquete-qui-accable-martine-aubry/917/0/375277">Les bonnes feuilles</a> du livre d&#8217;Antonin André et Karim Rissouli, <em>Hold-ups, arnaques et trahisons</em>, sur le Parti socialiste — à paraître — font mal.</p>
<p>On y <a href="http://">découvre </a>notamment les méthodes fort peu conventionnelles que la direction d&#8217;aujourd&#8217;hui a employé pour assurer sa victoire au congrès de Reims.</p>
<p>La surprise n&#8217;est certes pas de taille, puisque les partisans de Ségolène Royal avaient crié à la fraude ; à tel point qu&#8217;une commission de récolement fut constituée pour <span style="text-decoration: line-through;">poser un tapis sur la poussière</span> rétablir les inexactitudes. Il fût même <a href="http://">question </a>de régler l&#8217;affaire devant les tribunaux.</p>
<p>C&#8217;est une chose, cependant, d&#8217;être le témoin d&#8217;accusations diverses. C&#8217;en est une autre que d&#8217;en découvrir les détails et sinuosités. L&#8217;idée d&#8217;avoir des acariens dans sa moquette peut être inconfortable. Mais allez donc y jeter un œil au microscope.</p>
<p>C&#8217;est peu de dire que l&#8217;affaire ne grandit pas le Parti socialiste. Pire, il dessine avec acuité les mesquineries et bassesses dont on pouvait renifler le méphitique fumet.</p>
<p>Martine Aubry, la première, en souffrira.</p>
<p>Il y a quelques jour à peine, elle <a href="http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Actualite/Gabon-Aubry-accuse-l-Elysee-131610/">gourmandait</a> le gouvernement pour sa naïveté devant des élections gabonaises douteuses. Une leçon de maître, serait-on tenté de sourire.</p>
<p>Outre le discrédit moral dont elle pourrait faire l&#8217;objet, la voilà qui donne également une image de factieuse peu compatible avec une ambition réconciliatrice ((Si tant est que les épisodes de l&#8217;été ne l&#8217;aient pas ébréchée.) ; ou tout au moins unitaire.</p>
<p>Le rôle joué par ses alliés, également, est pointé de la plume. Notamment celui de la gente fabiusienne.</p>
<p>Et que dire, finalement, de ses adversaires ?</p>
<p>Ce ne sont <a href="http://">assurément</a> pas des oies blanches. Et Ségolène Royal peine à en retirer une l&#8217;image d&#8217;une victime véritable.</p>
<p>Alors, que va-t-il advenir ?</p>
<p>Du côté de la direction, sans doute, des dénégations, minimisations et profession d&#8217;ignorance. En espérant que cela se tasse. Et en oubliant que ce qui se tasse sédimente.</p>
<p>Une stratégie offensive voudrait une action en diffamation contre les auteurs, avec le risque que ceux-ci dévoilent un déluge de révélations et preuves supplémentaires.</p>
<p>Du côté de Ségolène Royal, la logique voudrait également que la justice soit saisie.</p>
<p><a href="http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-09-09/election-du-premier-secretaire-du-ps-royal-on-savait-que-ca-avait-triche/917/0/375446">Plaindre</a> la spoliation des militants, de l&#8217;opinion publique, des français et de la démocratie supporterait mal qu&#8217;il ne fut rien fait.</p>
<p>Une autre option, plus risquée politiquement, mais peut-être plus opportune, consisterait à saisir l&#8217;occasion pour quitter le Parti socialiste et créer un parti nouveau.</p>
<p>Il s&#8217;agirait de profiter des révélations récentes pour se réclamer de la légitimité des militants socialistes et les appeler à une refondation de leur organisation. Le soupçon de fraude pesant sur la direction actuelle, Ségolène Royal aurait beau jeu de se prévaloir d&#8217;une majorité spoliée.</p>
<p>Quant au parti à naître, ce ne pourrait être  <em>Désirs d&#8217;avenir</em> : trop empreint de Ségolisme et identifié à un courant. L&#8217;organisation nouvelle devrait revendiquer la succession du Parti socialiste, avec ses traditions, son histoire, ses valeurs et ses militants.</p>
<p>Ségolène Royal a donc les cartes en main pour réaliser ce qu&#8217;elle a autrefois rêvé.</p>
<p>Pour le Parti de la rue de Solférino, c&#8217;est une autre affaire.</p>
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		<title>Le parti socialiste est toujours en vacances</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Aug 2009 13:36:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>
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		<description><![CDATA[De retour des belles collines toscanes, je découvre, non sans étonnement, que le Parti socialiste est revigoré. Il est vrai que mon esprit était ailleurs — mon corps aussi, d&#8217;ailleurs — en sorte que je n&#8217;avais pas prêté une fiévreuse attention à la préparation des Universités d&#8217;été ; non plus qu&#8217;au diverses réunions qui les avaient précédées. Mais voilà que la presse politique, de retour après sa période d&#8217;hibernation estivale1, s&#8217;avise que le parti socialiste pourrait avoir passé l&#8217;été. En termes prudents, soyons justes. Paul Quigno, pour Libération, évoque un &#171;&#160;début de convalescence&#171;&#160;. Et Paul-Henri du Limbert, au Figaro, juge que le Parti socialiste &#171;&#160;bouge encore&#171;&#160;. C&#8217;est qu&#8217;il osait, ces derniers temps, un exercice improbable : celui de l&#8217;immobilisme frénétique. Bien, que peut-on mettre au crédit de ces Universités d&#8217;été ? Son titre, d&#8217;abord. &#171;&#160;La France qu&#8217;on aime&#160;&#187; a le mérite de la simplicité, sinon de l&#8217;originalité ; on peut même y goûter une certaine fraîcheur. On se souviendra en contrepoint que celles de 2007 fatiguaient d&#8217;un &#171;&#160;Réussir ensemble le changement&#171;&#160;, alors que celles de 2008 affligeaient avec &#171;&#160;pour une alternative crédible en France et en Europe&#171;&#160;. Certains pourront y déceler une tonalité légèrement sarkozienne. J&#8217;en suis. On a loué, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>De retour des belles collines toscanes, je découvre, non sans étonnement, que le Parti socialiste est <a href="http://www.liberation.fr/politiques/0101587873-revigore">revigoré</a>.</p>
<p>Il est vrai que mon esprit était ailleurs — mon corps aussi, d&#8217;ailleurs — en sorte que je n&#8217;avais pas prêté une fiévreuse attention à la préparation des Universités d&#8217;été ; non plus qu&#8217;au diverses réunions qui les avaient précédées.</p>
<p>Mais voilà que la presse politique, de retour après sa période d&#8217;hibernation estivale<sup><a href="http://dinersroom.eu/3113/le-parti-socialiste-est-toujours-en-vacances/#footnote_0_3113" id="identifier_0_3113" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Oui, je sais, c&amp;#8217;est un oxymore. C&amp;#8217;est fait expr&egrave;s.">1</a></sup>, s&#8217;avise que le parti socialiste pourrait avoir passé l&#8217;été. En termes prudents, soyons justes. Paul Quigno, pour Libération, <a href="http://www.liberation.fr/politiques/0101587873-revigore">évoque</a> un &laquo;&nbsp;<em>début de convalescence</em>&laquo;&nbsp;. Et Paul-Henri du Limbert, au Figaro, <a href="http://www.lefigaro.fr/debats/2009/08/31/01005-20090831ARTFIG00494-les-sirene-de-larochelle-.php">juge</a> que le Parti socialiste &laquo;&nbsp;<em>bouge encore</em>&laquo;&nbsp;. C&#8217;est qu&#8217;il osait, ces derniers temps, un exercice improbable : celui de l&#8217;immobilisme frénétique.</p>
<p>Bien, que peut-on mettre au crédit de ces Universités d&#8217;été ?</p>
<p>Son titre, d&#8217;abord. &laquo;&nbsp;<em>La France qu&#8217;on aime</em>&nbsp;&raquo; a le mérite de la simplicité, sinon de l&#8217;originalité ; on peut même y goûter une certaine fraîcheur. On se <a href="http://dinersroom.eu/2227/le-parti-socialiste-va-mal-et-il-le-sait/">souviendra</a> en contrepoint que celles de 2007 fatiguaient d&#8217;un &laquo;&nbsp;<em>Réussir ensemble le changement</em>&laquo;&nbsp;, alors que celles de 2008 affligeaient avec &laquo;&nbsp;<em>pour une alternative crédible en France et en Europe</em>&laquo;&nbsp;. Certains pourront y déceler une tonalité légèrement sarkozienne. J&#8217;en suis.</p>
<p>On a <a href="http://www.rue89.com/ps-la-rochelle-2009/2009/08/30/bonne-nouvelle-pour-le-ps-il-ne-sest-rien-passe-a-la-rochelle">loué</a>, ensuite, l&#8217;absence de querelle. Une bonne chose, c&#8217;est certain. Au moins pour l&#8217;image donnée à l&#8217;électorat, partagé, c&#8217;est selon, entre l&#8217;accablement et l&#8217;ironie.</p>
<p>On peine à croire, cependant, que les racines des déchirements aient pu disparaître sous les chaleurs du mois d&#8217;août. Si les Universités d&#8217;été ont été calmes, c&#8217;est sans doute que les artificiers de juillet ont pu juger que leurs escarmouches nuisaient au Parti socialiste ; ce qui n&#8217;était pas très grave. Mais aussi à eux-même, ce qui l&#8217;était davantage. On fera donc dans le feutré<sup><a href="http://dinersroom.eu/3113/le-parti-socialiste-est-toujours-en-vacances/#footnote_1_3113" id="identifier_1_3113" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour le dire comme Michel Audiard.">2</a></sup>. Du moins provisoirement, car de tels vices sont délicieusement persistants.</p>
<p>Il y a encore les applaudissements au <a href="http://discours.parti-socialiste.fr/2009/08/30/discours-de-m-aubry-en-cloture-de-luniversite-dete-2009/">discours</a> de Martine Aubry. Un succès véritable, si l&#8217;on se penche sur son contenu.</p>
<p>Passées les annonces, on peut difficilement y trouver de raisons de s&#8217;enthousiasmer. &laquo;&nbsp;L&#8217;<em>offensive de civilisation</em>&nbsp;&raquo; de Martine Aubry semble répondre à la &laquo;&nbsp;<em>Politique de civilisation</em>&nbsp;&raquo; du Président Sarkozy. Mais le contenu qu&#8217;elle lui adjoint respire la fadeur classique des oraisons socialistes. La civilisation est brumeuse ; l&#8217;offensive, verbeuse.</p>
<p>On notera que la première secrétaire entend proposer &laquo;&nbsp;<em>aux Français d’être des activistes de [leur] projet</em>&laquo;&nbsp;. Qu&#8217;il leur suffise d&#8217;en être des <em>acteurs</em>, et déjà, une brise de <em>démocratie participative</em> pourrait souffler. La référence à Ségolène Royal sonne, au choix, comme un hommage ou une captation — encore une technique sarkozienne, pour qui veut voir le vice partout. Cela dit, inviter les français à agir sur le projet socialiste est une façon curieusement allusive d&#8217;engager une politique de recrutement. Après tout, un &laquo;&nbsp;<em>activiste</em>&laquo;&nbsp;, c&#8217;est un &laquo;&nbsp;<em>militant</em>&laquo;&nbsp;, dans une langue désuète, mais néanmoins pourvue de sens.</p>
<p>Passons aux propositions qui intéressent la vie de l&#8217;organisation socialiste<sup><a href="http://dinersroom.eu/3113/le-parti-socialiste-est-toujours-en-vacances/#footnote_2_3113" id="identifier_2_3113" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les propositions proprement politiques apparaissent davantage comme les n&eacute;cessaires sucreries de tout discours critique. Elles prosp&egrave;reront &mdash; ou pas &mdash; selon qu&amp;#8217;elles sauront trouver une place dans le d&eacute;bat public.">3</a></sup>.</p>
<p>Il est fait allusion, en fin de discours, à des &laquo;&nbsp;<em>primaires ouvertes</em>&laquo;&nbsp;. En toute rigueur, cela signifie que le prochain candidat du Parti socialiste aux élections présidentielles serait désigné par tous les citoyens qui s&#8217;y intéressent. L&#8217;habileté, cela fut noté, consiste à soumettre ce choix aux militants socialistes.</p>
<p>Il y a deux façons de voir la chose.</p>
<p>On peut juger qu&#8217;il s&#8217;agit de mettre dans la main des militants le poison qu&#8217;il devront avaler. En effet, les membre du parti socialiste sont invités à abandonner cette prérogative qu&#8217;ils avaient de désigner à eux seuls le candidat de l&#8217;ensemble de la gauche. Effet collatéral, les candidats seront conduits à élargir leur offre politique pour complaire à des majorités plus larges, soit qu&#8217;elles visent le centre gauche, soit qu&#8217;elles s&#8217;oriente vers la gauche dite &laquo;&nbsp;<em>anti-libérale</em>&laquo;&nbsp;. Et à terme, l&#8217;ensemble de la gauche sera conduit à se restructurer autour d&#8217;une organisation plus large, par le seul effet des institutions de la cinquième République. Ce serait une façon de construire une forme d&#8217;UMP. Par la base plus que par les cimes.</p>
<p>On peut estimer au contraire que les primaires ouvertes sont une façon de contourner les rigidités du Parti socialiste. Une hybridation qui permettra de se dégager de la mécanique des courants et des fédération. Les primaires permettront au Parti socialiste d&#8217;intéresser en pratique le &laquo;&nbsp;peuple de gauche&nbsp;&raquo; à la désignation de son champion, sans pour autant lui imposer les pesanteurs bureaucratiques de la vie militante. A terme, un moyen de réveiller le goût pour une formation largement discréditée dans l&#8217;opinion publique — en particulier celle qui se veut de gauche.</p>
<p>Bref, disparition ou changement du Parti socialiste. Les deux hypothèses peuvent s&#8217;envisager.</p>
<p>Cela dépendra, pour une bonne part, de la position qu&#8217;adoptera le parti sur le cumul des mandats. Si Martine Aubry — à condition qu&#8217;elle le veuille<sup><a href="http://dinersroom.eu/3113/le-parti-socialiste-est-toujours-en-vacances/#footnote_3_3113" id="identifier_3_3113" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle l&amp;#8217;a semble-t-il &eacute;voqu&eacute; dans son discours d&amp;#8217;ouverture, mais pas dans le discours de cl&ocirc;ture.">4</a></sup> — parvient à imposer cette pratique, on peut <a href="http://verel.typepad.fr/verel/2009/08/gestion-des-carri%C3%A8res-au-ps.html">raisonnablement penser</a> que le Parti socialiste trouvera une voie nouvelle. Cependant, rien ne dit que les militants choisiront de s&#8217;y engager. Tout dépendra de ce qu&#8217;ils anticipent d&#8217;une telle évolution sur leur sort personnel<sup><a href="http://dinersroom.eu/3113/le-parti-socialiste-est-toujours-en-vacances/#footnote_4_3113" id="identifier_4_3113" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il n&amp;#8217;est tout de m&ecirc;me pas rare qu&amp;#8217;un engagement au Parti socialiste ne soit pas d&eacute;nu&eacute; de perspective carri&eacute;riste.">5</a></sup>. Il faut noter, à cet égard, que la réforme des collectivités locales — que le Parti socialiste entend combattre — promet la disparition de nombreux sièges. Ceux qui restent n&#8217;en seront que plus chers.</p>
<p>Que signifiaient, donc, les applaudissements nourris pour Martine Aubry ?</p>
<p>Nul n&#8217;ignore qu&#8217;un oratoire partisan est prédisposé à l&#8217;égard de l&#8217;orateur. C&#8217;est pourquoi, lors d&#8217;un congrès, l&#8217;équilibre des forces peut se deviner dans le succès d&#8217;un discours — succès rarement dépendant de la qualité du discours lui-même.</p>
<p>On peut y voir une forme de légitimation de Martine Aubry. Mais aussi la fatigue d&#8217;une lutte pour le pouvoir ininterrompue depuis 2006. De la campagne pour l&#8217;investiture présidentielle aux élections européennes, les factions n&#8217;ont cessé de lutter. Elles pourraient estimer qu&#8217;il est temps de respirer.</p>
<p>Pour autant, cela ne signifie pas que les problèmes fussent réglés. On peut même estimer qu&#8217;ils demeurent, assoupis, près de resurgir à la première occasion. Et celle-ci ne manquera pas de se présenter.</p>
<p>Aussi bien le Parti socialiste n&#8217;est-il pas de retour, mais bien plus probablement en vacances. En congé de lui-même, et toujours vide de contenu.<br />
</br><br />
</br><br />
</br><br />
</br><br />
<strong>NB :</strong> Cela n&#8217;a guère à voir, mais je signale <a href="http://www.intox2007.info/index.php?post/2009/08/31/Coop-Pol-le-vice-dans-la-rose">ce billet</a> chez <em>Intox 2007</em> sur les projets du PS en ligne. Cela semble un peu nébuleux, mais quand on jette un œil sur le <a href="http://www.parti-socialiste.fr/">site actuel</a>, il y a effectivement un chantier.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3113" class="footnote">Oui, je sais, c&#8217;est un oxymore. C&#8217;est fait exprès.</li><li id="footnote_1_3113" class="footnote">Pour le dire comme Michel Audiard.</li><li id="footnote_2_3113" class="footnote">Les propositions proprement politiques apparaissent davantage comme les nécessaires sucreries de tout discours critique. Elles prospèreront — ou pas — selon qu&#8217;elles sauront trouver une place dans le débat public.</li><li id="footnote_3_3113" class="footnote">Elle l&#8217;a semble-t-il évoqué dans son discours d&#8217;ouverture, mais pas dans le discours de clôture.</li><li id="footnote_4_3113" class="footnote">Il n&#8217;est tout de même pas rare qu&#8217;un engagement au Parti socialiste ne soit pas dénué de perspective carriériste.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Poker au PS</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jul 2009 11:56:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bienvenue au PSPT (Parti Socialiste Poker Tour) Après de jours et des nuits de jeu, on élève les enchères. Je concède cependant ne pas saisir bien la tactique de la première secrétaire. La lettre adressée à Manuel Valls n&#8217;appelait d&#8217;autre réponse que celle qui fut faite. Songez donc : la secrétaire générale invite un députe socialiste à taire ses critiques ou quitter le navire. Et qui plus est publiquement, via une opportune divulgation par voie de presse. L&#8217;une ou l&#8217;autre option était inacceptable pour celui qui entend assouvir quelques ambitions nationales. Se taire eut été déférer au commandement d&#8217;une direction que Manuel Valls conteste dans ses actes et sa légitimité même. Et quitter le parti socialiste sur injonction ne serait pas apparu comme un acte d&#8217;indépendance, mais de désertion opportuniste. Autant dire que le député de l&#8217;Essonne n&#8217;allait pas se coucher devant la mise. Il lui restait à suivre ou relancer. Et si l&#8217;on en juge par les propos employés, c&#8217;est bien le second terme de l&#8217;alternative qui a été choisi. En guise de défense, Manuel Valls se fend d&#8217;une attaque au missile de croisière : &#171;&#160;désinformation&#171;&#160;, &#171;&#160;aveuglement&#171;&#160;, &#171;&#160;conception très datée&#160;&#187; et autres compliments de la même eau. On est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bienvenue au PSPT (<em>Parti Socialiste Poker Tour</em>)</p>
<p>Après de jours et des nuits de jeu, on élève les enchères.</p>
<p>Je concède cependant ne pas saisir bien la tactique de la première secrétaire.</p>
<p>La lettre adressée à Manuel Valls n&#8217;appelait d&#8217;autre réponse que <a href="http://progres.typepad.fr/valls/2009/07/r%C3%A9ponse-%C3%A0-martine-aubry.html">celle qui fut faite</a>.</p>
<p>Songez donc : la secrétaire générale invite un députe socialiste à taire ses critiques ou quitter le navire. Et qui plus est publiquement, <em>via</em> une opportune <a href="http://www.leparisien.fr/politique/le-texte-integral-de-la-lettre-de-martine-aubry-a-manuel-valls-14-07-2009-580147.php">divulgation</a> par voie de presse.</p>
<p>L&#8217;une ou l&#8217;autre option était inacceptable pour celui qui entend assouvir quelques ambitions nationales.</p>
<p>Se taire eut été déférer au commandement d&#8217;une direction que Manuel Valls conteste dans ses actes et sa légitimité même. Et quitter le parti socialiste sur injonction ne serait pas apparu comme un acte d&#8217;indépendance, mais de désertion opportuniste.</p>
<p>Autant dire que le député de l&#8217;Essonne n&#8217;allait pas se coucher devant la mise. Il lui restait à suivre ou relancer. Et si l&#8217;on en juge par les propos employés, c&#8217;est bien le second terme de l&#8217;alternative qui a été choisi.</p>
<p>En guise de défense, Manuel Valls se fend d&#8217;une attaque au missile de croisière : &laquo;&nbsp;<em>désinformation</em>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em>aveuglement</em>&laquo;&nbsp;, &laquo;&nbsp;<em>conception très datée</em>&nbsp;&raquo; et autres compliments de la même eau. On est loin de l&#8217;apaisement.</p>
<p>Le problème de Martine Aubry est que son acte d&#8217;autorité ne supporte pas l&#8217;échec.</p>
<p>Car l&#8217;autorité n&#8217;est pas exactement le pouvoir. Elle procède de l&#8217;<em>obéissance</em> plutôt que du commandement. Et faute d&#8217;être obéie, une autorité s&#8217;éreinte.</p>
<p>Or, l&#8217;injonction faite à Manuel Valls ne pouvait être suivie. C&#8217;était donc l&#8217;assurance pour la première secrétaire d&#8217;ébrécher une autorité déjà mal assurée.</p>
<p>Comment l&#8217;affaire se résoudra-t-elle ?</p>
<p>On imagine mal que la direction du Parti socialiste demeure coite. Il convient au moins de rétorquer car un silence piteux achèverait de consumer un pouvoir bien mal assis.</p>
<p>Une procédure disciplinaire ne doit pas être négligée. Elle flotte, comme un nuage, sur l&#8217;invitation faite de quitter le Parti. Mais à l&#8217;exercice maladroit de l&#8217;autorité succèderait un acte d&#8217;autoritarisme difficile à accepter. Avec des risques de fracture non négligeables.</p>
<p>Car les critiques de Manuel Valls, pour intéressées et virulentes qu&#8217;elles soient, sont partagées à gauche et probablement par une partie des sympathisants du Parti socialiste. Et si l&#8217;on peut pardonner à la direction d&#8217;inféoder la dissidence en période trouble, on ne lui fera pas crédit d&#8217;organiser la division. Ce qui ne manquerait pas d&#8217;apparaître si une procédure d&#8217;exclusion suivait une lettre comminatoire rendue publique.</p>
<p>Je jugeais hier la querelle pichrocoline. De ces agitations minuscules destinées à tromper la torpeur estivale. Et il me plaisait de croire que le ridicule était bien la dernière façon dont la Parti socialiste se distinguait. Le fait est que la ridicule pourrait tourner au tragique.</p>
<p>La seule manière d&#8217;éviter les plus grave dommages serait de parvenir à un compromis. Quelques rodomontades partagées<sup><a href="http://dinersroom.eu/2885/poker-au-ps/#footnote_0_2885" id="identifier_0_2885" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour ne point donner le sentiment de c&eacute;der.">1</a></sup>, suivies d&#8217;un appel au calme et d&#8217;une paix publique matînée de contritions réciproques.</p>
<p>L&#8217;un des problèmes de Martine Aubry est qu&#8217;elle ne peut proposer l&#8217;armistice. Ayant commencé les hostilités, elle se doit d&#8217;accepter la paix proposée par d&#8217;autres.</p>
<p>Manuel Valls aura quelques difficultés à modérer sa position de son seul chef. Il lui faudra attendre qu&#8217;on lui tende la main.</p>
<p>L&#8217;initiative devra donc venir d&#8217;un tiers, qui en profitera pour se parer de l&#8217;image plaisante de conciliateur. Et au milieu des tempêtes, le conciliateur a bien vite fait d&#8217;apparaître comme un capitaine.</p>
<p>Il suffit parfois de suivre pour remporter les mises.</p>
<br>
<br>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2885" class="footnote">Pour ne point donner le sentiment de céder.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 18:34:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Et bien nous voilà avec les premières estimations. 20h30 : L&#8217;UMP bénéficie de son engagement européen d&#8217;un doigt : plus de 28 %. Le Parti socialiste touche les dividendes de son indigence : 17 % Europe écologie a réussi à faire oublier José Bové : 15 % Le Modem, suivant en cela les prédictions de François Bayrou, a été mésestimé par les sondages : 9% Le Front de gauche prime le NPA. 7 contre 5 %. Le Front national devance Libertas, mais pas de tant que cela : 6 contre 5 %. Grand gagnant en France : le Président Sarkozy. Grands perdants en France : François Bayrou et Martine Aubry. Grande gagnante à gauche : Ségolène Royal. 21h25 : A la République des blogs, on se fait des confidences sur les suffrages de chacun. Le mode élimination semble l&#8217;avoir emporté. de sorte que les résultats déplorables du Partis socialiste et du Modem trahissent bien un sentiment de désaffection de leurs sympathisants. Le Modem s&#8217;est effrité au profit de l&#8217;UMP et d&#8217;Europe écologie, le PS, au profit d&#8217;Europe écologie et du Front de gauche, probablement. Il semble que François Bayrou a payé le prix de son incartade de jeudi dernier. Les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Et bien nous voilà avec les premières estimations.</p>
<p><strong>20h30 :</strong></p>
<p>L&#8217;UMP bénéficie de son engagement européen d&#8217;un doigt : plus de 28 %.</p>
<p>Le Parti socialiste touche les dividendes de son indigence : 17 %</p>
<p>Europe écologie a réussi à faire oublier José Bové : 15 %</p>
<p>Le Modem, suivant en cela les prédictions de François Bayrou, a été mésestimé par les sondages : 9%</p>
<p>Le Front de gauche prime le NPA. 7 contre 5 %.</p>
<p>Le Front national devance Libertas, mais pas de tant que cela : 6 contre 5 %.</p>
<p>Grand gagnant en France : le Président Sarkozy.</p>
<p>Grands perdants en France : François Bayrou et Martine Aubry.</p>
<p>Grande gagnante à gauche : Ségolène Royal.</p>
<p><strong>21h25 :</strong></p>
<p>A la République des blogs, on se fait des confidences sur les suffrages de chacun. Le mode <em>élimination</em> semble l&#8217;avoir emporté. de sorte que les résultats déplorables du Partis socialiste et du Modem trahissent bien un sentiment de désaffection de leurs sympathisants. Le Modem s&#8217;est effrité au profit de l&#8217;UMP et d&#8217;E<em>urope écologie</em>, le PS, au profit d&#8217;<em>Europe écologie</em> et du <em>Front de gauche</em>, probablement.</p>
<p>Il semble que François Bayrou a payé le prix de son incartade de jeudi dernier. Les hésitants n&#8217;ont pas goûté ses saillies contre Daniel Cohn-Bendit — plutôt apprécié parmi la bourgeoisie centriste — non plus que sa posture exagérément victimaire. Compte tenu de son implication personnelle, il y perdra quelques plumes pour l&#8217;avenir.</p>
<p>L&#8217;UMP — c&#8217;est remarquable — obtient un score favorable en cours de législature. A leur crédit, le choix d&#8217;un candidat autenthiquement européen, et finalement peu suspect d&#8217;opportunisme politique — du moins national.</p>
<p>Il est d&#8217;ailleurs remarquable qu&#8217;après quelques mois de crise financière, les partis conservateurs renforcent leur emprise électorale sur l&#8217;Union<sup><a href="http://dinersroom.eu/2667/live-blogging-europeennes/#footnote_0_2667" id="identifier_0_2667" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme semble le d&eacute;montrer les tendances dans les &eacute;tats membres.">1</a></sup>. A l&#8217;inverse, les partis sociaux-démocrates, qui criaient au loup sur les risques de l&#8217;absence de régulation, perdent du crédit : de l&#8217;inconvénient d&#8217;être Cassandre ? Ou peut-être d&#8217;avoir traité avec une hypocrite légèreté une question apparemment grave. Certes, l&#8217;histoire semble leur donner raison, mais par accident.</p>
<p>Dans l&#8217;ordre interne, c&#8217;est avec une délectation un peu désespérée que l&#8217;on observe Martine Aubry, déléguée à la défaite lors du congrès de Reims, goûter les fruits amers de la conspiration. Des dagues bien plantées savent toujours trouver leur chemin.</p>
<p>21h40 :</p>
<p>Ah&#8230; La qualité des sondages. François Bayrou avait raison.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2672" title="bayrou-cb" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2009/06/bayrou-cb.jpg" alt="bayrou-cb" width="461" height="346" /></p>
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<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2667" class="footnote">Comme semble le démontrer les tendances dans les états membres.</li></ol>]]></content:encoded>
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