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	<title>Diner’s Room &#187; Président Sarkozy</title>
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		<title>Autopsie d&#8217;une rumeur funèbre</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 17:35:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, on ne peut même plus dormir tranquille du sommeil éternel. Une rumeur court le web. Selon celle-ci, le Président Sarkozy aurait mis en scène le décès du policier blessé à Vitrolles de façon à pouvoir communiquer la nouvelle dans des circonstances opportunes. En clair, il aurait été fait silence sur la mort du serviteur des forces de l&#8217;ordre pour permettre au Président d&#8217;en faire l&#8217;annonce officielle quelques heures plus tard. L&#8217;affaire est délicate, mais elle ne sera pas difficile à confirmer. En effet, les dates et heures de la mort font l&#8217;objet d&#8217;une constatation officielle l&#8217;acte de décès, comme en dispose l&#8217;article 79 du Code civil. Par ailleurs, la constatation médicale de la mort répond à une série de conditions qui excluent les manipulations les plus grossières. Elles sont fixées aux articles R. 1232-1 et suivants du Code de la santé publique1. Il en ressort que le décès d&#8217;une personne sous assistance cardiaque et respiratoire résulte d&#8217;une destruction encéphalique irreversible. Ce que l&#8217;usage profane appelle la &#171;&#160;mort cérébrale&#171;&#160;. Autrement dit, la mort cérébrale est la mort médicalement constatée au sens du droit. A cet égard le prolongement artificiel de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, on ne peut même plus dormir tranquille du sommeil éternel.</p>
<p>Une rumeur court le web. <a href="http://www.plumedepresse.net/mort-du-policier-blesse-a-vitrolles-une-ignoble-manipulation-sarkozyste/#more-5993">Selon celle-ci</a>, le Président Sarkozy aurait mis en scène le décès du policier blessé à Vitrolles de façon à pouvoir communiquer la nouvelle dans des circonstances opportunes. En clair, il aurait été fait silence sur la mort du serviteur des forces de l&#8217;ordre pour permettre au Président d&#8217;en faire l&#8217;annonce officielle quelques heures plus tard. L&#8217;affaire est délicate, mais elle ne sera pas difficile à confirmer.</p>
<p>En effet, les dates et heures de la mort font l&#8217;objet d&#8217;une constatation officielle l&#8217;acte de décès, comme en dispose <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=77706D5046B0FC9703A71B42E9D55DD1.tpdjo14v_3?idArticle=LEGIARTI000024025785&amp;cidTexte=LEGITEXT000006070721&amp;dateTexte=20111209">l&#8217;article 79</a> du Code civil. Par ailleurs, la <em>constatation médicale</em> de la mort répond à une série de conditions qui excluent les manipulations les plus grossières. Elles sont fixées aux articles <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=31CD1CD9FECE4B17372CAEF87476BFE7.tpdjo14v_3?idSectionTA=LEGISCTA000006190246&amp;cidTexte=LEGITEXT000006072665&amp;dateTexte=20111209">R. 1232-1 et suivants</a> du Code de la santé publique<sup><a href="http://dinersroom.eu/6396/autopsie-dune-rumeur-funebre/#footnote_0_6396" id="identifier_0_6396" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ces r&egrave;gles ont &eacute;t&eacute; &eacute;tablies afin d&amp;#8217;organiser les pr&eacute;l&egrave;vements d&amp;#8217;organe, pour des raisons bien &eacute;videntes.">1</a></sup>. Il en ressort que le décès d&#8217;une personne sous assistance cardiaque et respiratoire résulte d&#8217;une <em>destruction encéphalique irreversible</em>. Ce que l&#8217;usage profane appelle la &laquo;&nbsp;<em>mort cérébrale</em>&laquo;&nbsp;. Autrement dit, la mort cérébrale est la mort médicalement constatée au sens du droit.</p>
<p>A cet égard le prolongement artificiel de certaines fonctions vitales est sans effet sur la date ou l&#8217;heure du décès qui doivent apparaître dans les actes de l&#8217;état civil. Ce prolongement est cependant nécessaire pour le prélèvement d&#8217;organes et n&#8217;a donc rien d&#8217;exceptionnel <em>en soi.</em> Mais il le deviendrait, il est vrai, s&#8217;il répondait à d&#8217;autres fins.</p>
<p>Rien n&#8217;empêche, me direz-vous, le médecin de différer l&#8217;heure de la constatation afin de satisfaire, disons, un éventuel caprice présidentiel.</p>
<p>Eh bien, si, le droit. Une déclaration inexacte constituerait un faux en écriture publique ou authentique. Et l&#8217;on doute que quiconque se risquerait à dix années d&#8217;emprisonnement<sup><a href="http://dinersroom.eu/6396/autopsie-dune-rumeur-funebre/#footnote_1_6396" id="identifier_1_6396" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ou quinze ans de r&eacute;clusion, si l&amp;#8217;on consid&egrave;re que le m&eacute;decin se trouve investi d&amp;#8217;une mission de service public.">2</a></sup> pour le bénéfice douteux de manœuvres tout de même difficiles à dissimuler. C&#8217;est que, figurez-vous, l&#8217;heure de la mort importe. Non point en raison d&#8217;une méticulosité administrative funèbre, mais pour permettre l&#8217;application de ce droit de damoclès qu&#8217;est la matière successorale. Pour quelques minutes de vie supplémentaire, des fortunes changent de main. Cela vaut bien que l&#8217;on s&#8217;en préoccupe<sup><a href="http://dinersroom.eu/6396/autopsie-dune-rumeur-funebre/#footnote_2_6396" id="identifier_2_6396" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En cas de d&eacute;c&egrave;s de coh&eacute;ritiers dans un accident commun, par exemple. Si p&egrave;re et fils d&eacute;c&egrave;dent, l&amp;#8217;ordre des d&eacute;c&egrave;s peut d&eacute;cider de la vocation successorale de la m&egrave;re. Elle est unique successeur de son enfant, s&amp;#8217;il a surv&eacute;cu &agrave; son p&egrave;re. Elle partage avec les parents de ce dernier dans l&amp;#8217;autre cas.">3</a></sup>.</p>
<p>Aussi bien, pourvu que ceux qui se sont saisi de l&#8217;affaire poursuivent leur enquête, il sera aisé de procéder aux vérifications idoines. Et chacun pourra à loisir juger de la délicatesse des différents protagonistes.</p>
<p>Un mot, cependant, sur la &laquo;&nbsp;<em>mascarade funèbre</em>&nbsp;&raquo; prêtée au chef de l&#8217;État.</p>
<p>L&#8217;affaire suscite l&#8217;intérêt car elle épouse volontiers l&#8217;idée que l&#8217;on forme sur le cynisme des politiques en général ; et du Président de la République en particulier. Une telle indélicatesse semble répondre au préjugé d&#8217;indécence et d&#8217;opportunisme froid que nous pouvons nourrir à leur endroit. Prêts à piétiner le caractère sacré de la mort pour une bénéfice électoral minuscule.</p>
<p>Il est certain que transiger avec la vérité du trépas manque de panache. Mais il est tout aussi certain que la conscription des défunts est un art de la politique. De Périclès à Malraux en passant par Bossuet et Lincoln, la tradition de l&#8217;oraison funèbre rappelle que les morts ne s&#8217;appartiennent plus tout à fait. Le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Soleil_vert_(film)">soleil vert</a> est d&#8217;abord une nourriture intellectuelle, morale et politique.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6396" class="footnote">Ces règles ont été établies afin d&#8217;organiser les prélèvements d&#8217;organe, pour des raisons bien évidentes.</li><li id="footnote_1_6396" class="footnote">Ou quinze ans de réclusion, si l&#8217;on considère que le médecin se trouve investi d&#8217;une mission de service public.</li><li id="footnote_2_6396" class="footnote">En cas de décès de cohéritiers dans un accident commun, par exemple. Si père et fils décèdent, l&#8217;ordre des décès peut décider de la vocation successorale de la mère. Elle est unique successeur de son enfant, s&#8217;il a survécu à son père. Elle partage avec les parents de ce dernier dans l&#8217;autre cas.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Élections présidentielles de 2012. France, États Unis. It&#8217;s the economy, stupid.</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Aug 2011 13:32:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, la politique de la France ne se fait pas à la corbeille, que diable. Ce nonobstant, les perspective économiques ne sont guère brillantes. Et il est difficile de croire que celles-ci ne pèseront pas sur les élections qui se profilent en France et aux États-Unis. Pour le dire brutalement, il me semble que Barak Obama ne peut espérer de second mandat tandis que la situation du Président Sarkozy ne peut être sauvée que par ses concurrents. A lire les analystes, il apparaît que la croissance économique des prochains trimestre sera faible, dans le meilleur des cas. Et peut-être négative si tout ne va pas pour le mieux. Or, cela a été noté également, les gouvernements ne disposent plus guère d&#8217;option budgétaire pour stimuler l&#8217;activité économique en raison des tensions sur le marché monétaire. En clair, la France et les États Unis, parmi d&#8217;autres, ne peuvent aggraver la situation de leurs finances publiques en distribuant du pouvoir d&#8217;achat1, car les prêteurs le leur feraient payer trop cher en intérêts. On ne peut les blâmer : il a été autrefois beaucoup reproché aux banques américaines d&#8217;avoir prêté [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, la politique de la France ne se fait pas à la corbeille, que diable.</p>
<p>Ce nonobstant, les perspective économiques ne sont guère brillantes. Et il est difficile de croire que celles-ci ne pèseront pas sur les élections qui se profilent en France et aux États-Unis. Pour le dire brutalement, il me semble que Barak Obama ne peut espérer de second mandat tandis que la situation du Président Sarkozy ne peut être sauvée que par ses concurrents.</p>
<p>A lire les analystes, il apparaît que la croissance économique des prochains trimestre sera faible, dans le meilleur des cas. Et peut-être négative si tout ne va pas pour le mieux. Or, cela a été noté également, les gouvernements ne disposent plus guère d&#8217;option budgétaire pour stimuler l&#8217;activité économique en raison des tensions sur le marché monétaire. En clair, la France et les États Unis, parmi d&#8217;autres, ne peuvent aggraver la situation de leurs finances publiques en distribuant du pouvoir d&#8217;achat<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_0_6304" id="identifier_0_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ou des incitations fiscales aux entreprises.">1</a></sup>, car les prêteurs le leur feraient payer trop cher en intérêts. On ne peut les blâmer : il a été autrefois beaucoup reproché aux banques américaines d&#8217;avoir prêté à des emprunteurs insolvables<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_1_6304" id="identifier_1_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et l&amp;#8217;on reproche aujourd&amp;#8217;hui aux institutions financi&egrave;res d&amp;#8217;avoir beaucoup trop pr&ecirc;t&eacute; &agrave; l&amp;#8217;&Eacute;tat grec.">2</a></sup>. La situation des finances publiques est aujourd&#8217;hui telle que ceux qui la financent — vous, si vous avez des produits d&#8217;épargne &laquo;&nbsp;monétaire&nbsp;&raquo; — estiment qu&#8217;ils courent un <em>risque</em> de pas être remboursés en totalité<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_2_6304" id="identifier_2_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Soit par un d&eacute;faut, soit, plus sournoisement, mais aussi plus probablement, gr&acirc;ce &agrave; une inflation stimul&eacute;e.">3</a></sup>. Or, ce risque se paye d&#8217;un taux intérêt plus élevé. Ce qui aggrave le poids de la dette dans les finances publiques. C&#8217;est ainsi, estime-t-on, que les effets positifs d&#8217;une distribution de revenu dans l&#8217;économie sont largement compensés par les effets négatifs de ses coûts.</p>
<p>Dans ces circonstances, on doit attendre une période plus ou moins longue de médiocre activité économique, le temps que la situation des finances publiques — et privées — s&#8217;améliore. Durant cette période, l&#8217;emploi stagne<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_3_6304" id="identifier_3_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quand le ch&ocirc;mage n&amp;#8217;augmente pas.">4</a></sup>, de même que les revenus. Ce qui, l&#8217;on s&#8217;en doute, ne rend pas les dirigeants politiques populaires aux yeux des agents économiques touchés : en l&#8217;occurrence, ils seront très nombreux. Comme on l&#8217;a vu, de surcroît, les gouvernements ne peuvent pas répondre aux sollicitations dont ils font l&#8217;objet sans risque d&#8217;une dégradation immédiate des finances publiques. C&#8217;est pourquoi leur situation sera périlleuse en période électorale.</p>
<p>Commençons par Barak Obama. Élu <em>cum laude</em> et auréole au plus fort de la crise financière de 2008, le nouveau Président se présentait comme un dirigeant volontariste<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_4_6304" id="identifier_4_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Yes, we can) et de compromis. S&amp;#8217;il est parvenu &agrave; r&eacute;aliser une r&eacute;forme de la protection sociale ((Au reste, modeste.">5</a></sup>, il n&#8217;aura pas été capable, au terme de son mandat, de garantir la stabilité de l&#8217;économie américaine, non plus que celle de l&#8217;emploi. Or, il est un fait que les Présidents américains sont jugés prioritairement sur la situation économique des électeurs, nonobstant leur action ou leur inaction à cet égard.</p>
<p><em>It&#8217;s the economy, Stupid</em>. La brutalité de l&#8217;aphorisme trahit cependant un phénomène documenté dans l&#8217;histoire des élections américaines. L&#8217;électeur américain est politiquement sensible à son niveau de vie, et il a tendance à en faire le critère principal de son jugement. Il se trouve que l&#8217;atonie de l&#8217;activité économique américaine couplée avec la nécessité de désendettement des ménages<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_5_6304" id="identifier_5_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et une fiscalit&eacute; tendanciellement haussi&egrave;re.">6</a></sup> conduit une part de ceux-ci à une dégradation de leur revenu, et par conséquent, à une diminution de leur niveau de vie.</p>
<p>Si l&#8217;on ajoute à cela l&#8217;épisode de la négociation du plafond de la dette et la baisse de sa notation par <em>Standards &amp; Poors</em>, il est difficile de montrer que le Président Obama a démontré sa capacité de <em>leadership</em>. Non seulement les américains estimeront qu&#8217;il n&#8217;a été capable de sauver leur <em>jobs</em>, seront ils tentés de juger qu&#8217;il n&#8217;a pas démontré sa force morale et politique. Ce qui devrait normalement se payer. De fait, selon <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-srv/politics/polls/postpoll_080911.html">un sondage</a> du <em>Washington Post</em>, il perd la confiance de l&#8217;opinion en matière économique.</p>
<p>Certes, les Républicains obtiennent des scores moins élevés encore et le récent <em>imbroglio</em> du plafond de la dette leur coûte davantage qu&#8217;à Barak Obama. Pour autant, cette défiance ne vise pas à un Républicain identifié mais un ensemble de parlementaires, ce qui n&#8217;obère donc pas les chances du future candidat. Et surtout, la situation économique des États Unis ne semble pas devoir s&#8217;arranger dans les prochains trimestres. Dans cette configuration, nombreux seront ceux qui seront tentés par <em>the other guy</em>.</p>
<p>En France, j&#8217;ai cru jusques ici que le Président Sarkozy conservait des bonnes chances de réélection en raison, principalement, du poids de la sociologie électorale et de l&#8217;incapacité de la gauche à réaliser une synthèse majoritaire. Mais les choses pourraient changer si la situation de l&#8217;économie s&#8217;aggrave.</p>
<p>S&#8217;il est peu probable que le Président Sarkozy soit jugé sur l&#8217;apparition de la crise, on examinera en revanche les mesures qu&#8217;il a prises à cet égard. Or, le regard le plus naïf ne pourra qu&#8217;observer tout à la fois l&#8217;impuissance du Président et l&#8217;immodestie de ses engagements. Ce qui pose la question de sa <em>crédibilité</em> en la matière. L&#8217;entreprise de communication qui a voulu placer le Président en <em>leader</em> mondial lors de la crise de 2008 ne résistera sans doute pas au choc de l&#8217;année 2011. Montrer un capitaine au Gouvernail dans la tempête, c&#8217;est efficace. Montrer le même quand le bateau coule, ça l&#8217;est moins. Bref, la politique du <em>spin</em> pourrait peser plus, finalement, que les actes du Président.</p>
<p>Ajoutez à cela que dans une élection orientée sur les enjeux économiques, avec des exigences de <em>rigueur</em> et de <em>sérieux</em>, la présentation des chiffres pourrait être plus iconiques que la mise en scène du gouvernement du monde. Regardez donc celle de la croissance des déficits et de la dette publique dans une période ou la dette souveraine fait l&#8217;actualité<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_6_6304" id="identifier_6_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et elle continuera de la faire.">7</a></sup>. L&#8217;explosion depuis 2007 est patente. Voyez, en face, les recettes fiscales. On peut prévoir une série de chiffres destinés à montrer que la rupture promise a bel et bien conduit l&#8217;économie française devant ses difficultés du jour. Ce sera peut-être injuste, mais assez facile à argumenter. Bref, au lieu que de pouvoir faire valoir la nécessité de sa politique économique<sup><a href="http://dinersroom.eu/6304/elections-presidentielles-de-2012-france-etats-unis-its-the-economy-stupid/#footnote_7_6304" id="identifier_7_6304" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&eacute;cessit&eacute; discutable, au demeurant. Surtout en mati&egrave;re fiscale.">8</a></sup>, le Président sera conduit à discuter de la gravité de ses conséquences.</p>
<p>Parallèlement, les entreprises de droitisation sécuritaire passeront alors comme des tentatives d&#8217;évitement opportuniste. Une façon d&#8217;obvier les véritables problèmes. Autant dire que si les tendances économiques se confirment, la rhétorique politique de Grenoble sera provisoirement paralysée.</p>
<p>De surcroît, les mesures économiques proposées en guise de cadeau de campagne seront examinées avec méfiance par les électeurs, qui, je le crois, seront plus sensibles à la rigueur du candidat qu&#8217;à des minauderies que l&#8217;on sait aujourd&#8217;hui dangereuses.</p>
<p>Alors, faut-il promettre la défaite au Président Sarkozy ?</p>
<p>Peut-être pas. Il peut espérer que le candidat de gauche apparaîtra suffisamment déraisonnable pour profiter de la comparaison. Ce qui n&#8217;est pas tout à fait impossible, quand on entend bruisser la révolte contre la &laquo;&nbsp;dictature des marchés&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Bref, pour le Président Sarkozy aussi, l&#8217;espoir est à gauche.<br />
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</br></p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6304" class="footnote">Ou des incitations fiscales aux entreprises.</li><li id="footnote_1_6304" class="footnote">Et l&#8217;on reproche aujourd&#8217;hui aux institutions financières d&#8217;avoir beaucoup trop prêté à l&#8217;État grec.</li><li id="footnote_2_6304" class="footnote">Soit par un défaut, soit, plus sournoisement, mais aussi plus probablement, grâce à une inflation stimulée.</li><li id="footnote_3_6304" class="footnote">Quand le chômage n&#8217;augmente pas.</li><li id="footnote_4_6304" class="footnote">Yes, we can) et de compromis. S&#8217;il est parvenu à réaliser une réforme de la protection sociale ((Au reste, modeste.</li><li id="footnote_5_6304" class="footnote">Et une fiscalité tendanciellement haussière.</li><li id="footnote_6_6304" class="footnote">Et elle continuera de la faire.</li><li id="footnote_7_6304" class="footnote">Nécessité discutable, au demeurant. Surtout en matière fiscale.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Le Front National est-il de droite ?</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Mar 2011 13:39:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, on discute non sans âpreté du caractère extrémiste du Front National. En revanche, sauf le Front National lui-même1, on ne s&#8217;interroge guère sur son ancrage droitier. C&#8217;est que son discours et son encadrement héritent largement des formations d’extrême droite du vingtième siècle. Et son évolution contemporaine — vers la modération —, semble le rapprocher de la droite conservatrice, qui s&#8217;interroge désormais ouvertement sur une éventuelle compatibilité2 des personnes et des projets. Le recrutement de son électorat, cependant, est plus incertain. On sait que le Front National a participé au dépeçage du Parti communiste. On voit encore aujourd&#8217;hui nombre d&#8217;électeurs tracer un chemin de la gauche anti-libérale au parti de Marine Le Pen. Parmi cceux-ci, il en est pour retourner voter à gauche en cas de deuxième tour contre un candidat de l&#8217;UMP. Le Front National n&#8217;agit donc pas nécessairement comme un sas vers le vote conservateur. Or, une appréciation sur le Front National3 doit être menée au regard des aspirations de son électorat tout autant que du discours qu&#8217;il professe. Observons, donc, les préoccupations de ces français qui se reconnaissent proches du Front National4. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, on discute non sans âpreté du caractère extrémiste du Front National.</p>
<p>En revanche, sauf le Front National lui-même<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_0_5819" id="identifier_0_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&amp;laquo;&amp;nbsp;Ni de gauche, ni de droite, fran&ccedil;ais.&amp;nbsp;&amp;raquo;">1</a></sup>, on ne s&#8217;interroge guère sur son ancrage droitier. C&#8217;est que son discours et son encadrement héritent largement des formations d’extrême droite du vingtième siècle. Et son évolution contemporaine — vers la modération —, semble le rapprocher de la droite conservatrice, qui s&#8217;interroge désormais ouvertement sur une éventuelle compatibilité<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_1_5819" id="identifier_1_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour l&amp;#8217;instant, elle s&amp;#8217;interroge sur une incompatibilit&eacute;, mais c&amp;#8217;est affaire de degr&eacute;, et non de nature.">2</a></sup> des personnes et des projets.</p>
<p>Le recrutement de son électorat, cependant, est plus incertain. On sait que le Front National a participé au dépeçage du Parti communiste. On voit encore aujourd&#8217;hui nombre d&#8217;électeurs tracer un chemin de la gauche anti-libérale au parti de Marine Le Pen. Parmi cceux-ci, il en est pour retourner voter à gauche en cas de deuxième tour contre un candidat de l&#8217;UMP. Le Front National n&#8217;agit donc pas nécessairement comme un sas vers le vote conservateur.</p>
<p>Or, une appréciation sur le Front National<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_2_5819" id="identifier_2_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ou tout autre parti politique : les difficult&eacute;s du Parti socialiste doivent &ecirc;tre rapport&eacute;es au hiatus entre la r&eacute;alit&eacute; de son &eacute;lectorat et sa cible d&eacute;clar&eacute;e.">3</a></sup> doit être menée au regard des aspirations de son électorat tout autant que du discours qu&#8217;il professe.</p>
<p>Observons, donc, les préoccupations de ces français qui se reconnaissent proches du Front National<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_3_5819" id="identifier_3_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mesur&eacute;es en mars 2011 par une &eacute;tude de TNS Sofres pour La Croix.">4</a></sup>.</p>
<p><strong>
<table id="wp-table-reloaded-id-4-no-1" class="wp-table-reloaded wp-table-reloaded-id-4">
<thead>
	<tr class="row-1 odd">
		<th class="column-1"></th><th class="column-2"><strong>Chômage et l’emploi</strong></th><th class="column-3"><strong>Santé et la qualité des soins</strong></th><th class="column-4"><strong>Évolution du pouvoir d’achat</strong></th><th class="column-5"><strong>Financement des retraites</strong></th><th class="column-6"><strong>Inégalités sociales</strong></th><th class="column-7"><strong>École et la qualité de l'enseignement</strong></th>
	</tr>
</thead>
<tbody class="row-hover">
	<tr class="row-2 even">
		<td class="column-1"><strong>Front de gauche</strong></td><td class="column-2"><span style="color: #ff0000;"><strong>71</strong></span></td><td class="column-3">54</td><td class="column-4">36</td><td class="column-5">41</td><td class="column-6">52</td><td class="column-7">56</td>
	</tr>
	<tr class="row-3 odd">
		<td class="column-1"><strong>Parti socialiste</strong></td><td class="column-2"><span style="color: #ff0000;"><strong>72</strong></span></td><td class="column-3">55</td><td class="column-4"><span style="color: #ff0000;"><strong>55</strong></span></td><td class="column-5"><span style="color: #ff0000;"><strong>48</strong></span></td><td class="column-6">58</td><td class="column-7">46</td>
	</tr>
	<tr class="row-4 even">
		<td class="column-1"><strong>Europe écologie</strong></td><td class="column-2">55</td><td class="column-3">50</td><td class="column-4">42</td><td class="column-5">39</td><td class="column-6">60</td><td class="column-7">56</td>
	</tr>
	<tr class="row-5 odd">
		<td class="column-1"><strong>Front National</strong></td><td class="column-2"><span style="color: #ff0000;"><strong>74</strong></span></td><td class="column-3"><span style="color: #ff0000;"><strong>44</strong></span></td><td class="column-4"><span style="color: #ff0000;"><strong>57</strong></span></td><td class="column-5"><span style="color: #ff0000;"><strong>54</strong></span></td><td class="column-6"><span style="color: #ff0000;"><strong>27</strong></span></td><td class="column-7"><span style="color: #ff0000;"><strong>33</strong></span></td>
	</tr>
	<tr class="row-6 even">
		<td class="column-1"><strong>UMP</strong></td><td class="column-2">58</td><td class="column-3">52</td><td class="column-4">45</td><td class="column-5">65</td><td class="column-6"><span style="color: #ff0000;"><strong>29</strong></span></td><td class="column-7"><span style="color: #ff0000;"><strong>40</strong></span></td>
	</tr>
</tbody>
</table>
</strong></p>
<p><strong>Le chômage et l&#8217;emploi</strong> représente la prime inquiétude des français, avec <strong>67%</strong> de taux de citation<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_4_5819" id="identifier_4_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et 39% en premi&egrave;re place.">5</a></sup>. Elle est de <strong>74%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>71%</strong> Et <strong>72%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>58%</strong> seulement pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p><strong>La santé et la qualité des soins</strong> représente la deuxième préoccupation des français avec un taux de réponse de <strong>51%</strong>. Ce taux est de <strong>44%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>54%</strong> Et <strong>55%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>52%</strong> pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p><strong>L&#8217;évolution du pouvoir d&#8217;achat</strong> représente la troisième préoccupation des français avec un taux de réponse de <strong>50%</strong>. Ce taux est de <strong>57%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>38%</strong> Et <strong>55%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>45%</strong> pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p><strong>Le financement des retraites</strong> représente la quatrième préoccupation des français avec un taux de réponse de <strong>49%</strong>. Ce taux est de <strong>65%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>41%</strong> Et <strong>48%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>54%</strong> pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p><strong>Les inégalités sociales</strong> représente la cinquième préoccupation des français avec un taux de réponse de <strong>44%</strong>. Ce taux est de<strong> 27%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>52%</strong> Et <strong>58%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>29%</strong> pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p><strong>L&#8217;école et la qualité de l&#8217;enseignement</strong> représente la sixième préoccupation des français avec un taux de réponse de <strong>44%</strong>. Ce taux est de <strong>33%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>56%</strong> Et <strong>46%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>40%</strong> pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p>Dans cette enquête, la <em><strong>sécurité des biens et des personnes</strong></em> ne représente que la <strong>dixième préoccupation</strong> des français avec un taux de <strong>33%</strong> de réponse, mais on ne connaît pas la ventilation par profil. Il en va de même de <em><strong>la mondialisation</strong></em> (<strong>16%</strong> et <strong>treizième préoccupation</strong>) et de <strong><em>l&#8217;intégration et les relations entre groupes sociaux</em></strong> (<strong>12%</strong> et <strong>seizième préoccupation</strong>).</p>
<p>On observe donc que les sympathisants déclarés du Front National partagent équitablement leurs préoccupations avec la gauche traditionnelle et la droite conservatrice. Les questions du chômage et du pouvoir d&#8217;achat tendent à les rapprocher de l&#8217;électorat de gauche, tandis que celles des inégalités sociales, de l&#8217;école et du financement des retraites les situent plutôt du côté des conservateurs.</p>
<p>Une <a href="http://www.ipsos.fr/sites/default/files/attachments/cantonales1ertour_sondageipsoslogicabusinessconsulting_francetelevisions.pdf">autre étude</a><sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_5_5819" id="identifier_5_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ipsos : &Eacute;lections cantonales 2011 : r&eacute;sultats pour la France.">6</a></sup> conduite à l&#8217;orée des élections cantonales expose les motivations des électeurs. Ceux qui font le choix du Front National placent <strong>l&#8217;insécurité</strong> et <strong>l&#8217;immigration</strong> — aux niveaux national et local<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_6_5819" id="identifier_6_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Avec, cependant, cette diff&eacute;rence que le niveau national appara&icirc;t plus d&eacute;terminant que le niveau local ; ce qui tend &agrave; accr&eacute;diter l&amp;#8217;id&eacute;e qu&amp;#8217;il existe, malgr&eacute; tout, des perceptions de l&amp;#8217;ins&eacute;curit&eacute; et de l&amp;#8217;immigration qui ne reposent pas sur l&amp;#8217;exp&eacute;rience directe.">7</a></sup> — au premier rang des leurs motivation de vote — <strong>60%</strong> au niveau national pour l&#8217;un et l&#8217;autre<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_7_5819" id="identifier_7_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="50% au niveau local.">8</a></sup>. L&#8217;évolution des prix et le pouvoir d&#8217;achat arrive en troisième position, mais loin derrière avec <strong>38%</strong>. L&#8217;insécurité et l&#8217;immigration représentent également une préoccupation pour les électeurs de l&#8217;UMP, mais aux troisième et sixième rang seulement. Elles sont en revanche insignifiantes pour les électeurs de gauche.</p>
<p>Que peut-on déduire de ces données croisées ?</p>
<p>En ignorant les biais<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_8_5819" id="identifier_8_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il existe des biais psychologiques. Le jugement de coh&eacute;rence, par exemple, nous pousse &agrave; post-rationaliser nos motivations. C&amp;#8217;est &agrave; dire, &agrave; adopter apr&egrave;s coup des motivations conforme &agrave; nos comportement. Ainsi, l&amp;#8217;&eacute;lecteur de gauche justifie son choix par la mise en avant de ce qu&amp;#8217;il estime devoir &ecirc;tre les sujets d&eacute;terminants d&amp;#8217;un vote de gauche et Idem de celui du Front national.">9</a></sup>, on constate que la sympathie à l&#8217;endroit du Front National s&#8217;appuie sur des préoccupations <em>socio-économiques</em> et des préoccupations <em>sécuritaires</em>. Mais parmi les préoccupations socio-économiques, celles qui ont trait à la <em>justice sociale</em> sont largement ignorées<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_9_5819" id="identifier_9_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A l&amp;#8217;inverse, les in&eacute;galit&eacute;s sociales sont le crit&egrave;re distinctif des votes de gauche et de droite &mdash; &agrave; l&amp;#8217;exception notable et &eacute;trange du NPA : seulement 46% de taux de r&eacute;ponse.">10</a></sup>. En revanche, celles qui contiennent des enjeux de <strong><em>protection individuelle</em></strong><sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_10_5819" id="identifier_10_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Emploi, pouvoir d&amp;#8217;achat, retraites.">11</a></sup> sont mis en avant. Autrement dit, le spectre des préoccupations du sympathisant frontiste fait apparaître un sentiment de <em>vulnérabilité</em> sociale, économique, identitaire et physique.</p>
<p>Ce sentiment est certes inspiré de préoccupation exclusivement <em><strong>individualistes</strong></em> — que l&#8217;on classera, par tradition, <em><strong>à droite</strong></em><sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_11_5819" id="identifier_11_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour autant, on ne peut dire qu&amp;#8217;il se range tout &agrave; fait aux  pr&eacute;occupations de la droite conservatrice classique, toujours inqui&egrave;te  de la question fiscale.">12</a></sup>, lors même qu&#8217;il partage des inquiétudes avec l&#8217;électorat de gauche. Cependant, la recherche d&#8217;une politique de protection s&#8217;adresse traditionnellement aux formations <em><strong>de gauche</strong></em>. Si donc on peut prêter au sympathisant frontiste un corpus de valeurs plutôt marquées à droite, on doit également convenir que ses attentes l&#8217;orientent vers une offre politique de protection traditionnellement monopolisée par la gauche.</p>
<p>Aussi bien doit-on hésiter avant de confiner l&#8217;électeur du Front National dans le giron de la droite. Il ne faut pas davantage écarter l&#8217;hypothèse d&#8217;une porosité croissante entre l&#8217;électorat de la gauche traditionnelle et le Front national. Le siphonnage du Parti communiste dans les années 80s a produit une acculturation notable au sein du Parti de Jean-Marie Le Pen, autrefois très marqué par la préoccupation fiscale. Aujourd&#8217;hui, ce sont les catégories des <strong>ouvriers, employés et inactifs</strong> qui partagent la plus largement leur préoccupations avec les sympathisants du Front National. Or, ces catégories forment le <em>contingent traditionnel du vote de gauche</em>.</p>
<p>Reste, il est vrai, le marqueur de la <strong><em>justice sociale</em></strong>. Mais il est notable que cette préoccupation <em>intéresse davantage les catégories aisées et moyennes supérieures que les catégories modestes et moyennes inférieures</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_12_5819" id="identifier_12_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&ecirc;me observation concernant la ventilation des CSP.">13</a></sup> : les catégories populaires font de l&#8217;inégalité une préoccupation pour 40% alors que les catégories supérieures s&#8217;y intéressent pour 50%. Autrement dit, <strong><em>tout se passe comme si la cible électorale traditionnelle de la gauche abandonnait l&#8217;espoir ou le souci de justice sociale</em></strong>. Ce qui la rend bien sûr disponible à un discours moins universaliste — ou franchement protectionniste —, comme celui du Front National. Et si le prisme égalitariste subsiste dans le débat public français, c&#8217;est parce qu&#8217;il prospère au sein des catégories sociales les plus aisées, qui en monopolisent largement l&#8217;animation.</p>
<p>Le Président Sarkozy professe la <em>droitisation</em> de la société française. C&#8217;est sans doute vrai, mais cette droitisation ne se limite pas à un prurit xénophobe ou autoritaire. Il s&#8217;agit sans doute davantage d&#8217;un développement de la raison individualiste.</p>
<p>Il reste à déterminer si le développement de cet individualisme procède d&#8217;un désenchantement face au discours solidariste dont on attend plus guère, ou s&#8217;il correspond à une évolution axiologique globale. En clair<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_13_5819" id="identifier_13_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et en moins frimeur.">14</a></sup>, la nouvelle indifférence égalitaire traduit-elle une déception des classes populaires ou un véritable changement des valeurs de la société française ?</p>
<p>Dans l&#8217;un et l&#8217;autre cas, les formations de gauche doivent s&#8217;interroger.</p>
<p>Dans le premier cas, sur leur offre politique. Face à une clientèle politique devenue fort méfiante, la promesse égalitaire peut difficilement s’accommoder de mesures d&#8217;ajustement<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_14_5819" id="identifier_14_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et pourtant, ce sont probablement les seules que l&amp;#8217;on peut raisonnablement mettre en &oelig;uvre sans fragiliser trop l&amp;#8217;&eacute;quilibre de la soci&eacute;t&eacute;. C&amp;#8217;est tragique, mais ceux qui pourraient profiter d&amp;#8217;une politique de r&eacute;forme ambitieuse &mdash; quelle qu&amp;#8217;elle soit &mdash; s&amp;#8217;y opposeront probablement avec vigueur.">15</a></sup>.</p>
<p>Dans le second cas, c&#8217;est l&#8217;identité même de la gauche française qui devra être mise à jour. Ce qui est autrement plus douloureux.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5819" class="footnote">&laquo;&nbsp;Ni de gauche, ni de droite, français.&nbsp;&raquo;</li><li id="footnote_1_5819" class="footnote">Pour l&#8217;instant, elle s&#8217;interroge sur une incompatibilité, mais c&#8217;est affaire de degré, et non de nature.</li><li id="footnote_2_5819" class="footnote">Ou tout autre parti politique : les difficultés du Parti socialiste doivent être rapportées au hiatus entre la réalité de son électorat et sa cible déclarée.</li><li id="footnote_3_5819" class="footnote">Mesurées en mars 2011 par <a href="http://www.tns-sofres.com/_assets/files/2011.03.07-baro-preoc.pdf">une étude</a> de TNS Sofres pour La Croix.</li><li id="footnote_4_5819" class="footnote">Et 39% en première place.</li><li id="footnote_5_5819" class="footnote">Ipsos : Élections cantonales 2011 : résultats pour la France.</li><li id="footnote_6_5819" class="footnote">Avec, cependant, cette différence que le niveau national apparaît plus déterminant que le niveau local ; ce qui tend à accréditer l&#8217;idée qu&#8217;il existe, malgré tout, des perceptions de l&#8217;insécurité et de l&#8217;immigration qui ne reposent pas sur l&#8217;expérience directe.</li><li id="footnote_7_5819" class="footnote">50% au niveau local.</li><li id="footnote_8_5819" class="footnote">Il existe des biais psychologiques. Le jugement de cohérence, par exemple, nous pousse à post-rationaliser nos motivations. C&#8217;est à dire, à adopter <em><strong>après coup</strong></em> des motivations conforme à nos comportement. Ainsi, l&#8217;électeur de gauche justifie son choix par la mise en avant de ce qu&#8217;il estime devoir être les sujets déterminants d&#8217;un vote de gauche et Idem de celui du Front national.</li><li id="footnote_9_5819" class="footnote">A l&#8217;inverse, les inégalités sociales sont le critère distinctif des votes de gauche et de droite — à l&#8217;exception notable et étrange du NPA : seulement 46% de taux de réponse.</li><li id="footnote_10_5819" class="footnote">Emploi, pouvoir d&#8217;achat, retraites.</li><li id="footnote_11_5819" class="footnote">Pour autant, on ne peut dire qu&#8217;il se range tout à fait aux  préoccupations de la droite conservatrice classique, toujours inquiète  de la question fiscale.</li><li id="footnote_12_5819" class="footnote">Même observation concernant la ventilation des CSP.</li><li id="footnote_13_5819" class="footnote">Et en moins frimeur.</li><li id="footnote_14_5819" class="footnote">Et pourtant, ce sont probablement les seules que l&#8217;on peut raisonnablement mettre en œuvre sans fragiliser trop l&#8217;équilibre de la société. C&#8217;est tragique, mais ceux qui pourraient profiter d&#8217;une politique de réforme ambitieuse — quelle qu&#8217;elle soit — s&#8217;y opposeront probablement avec vigueur.</li></ol>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;aube du Front National, le crépuscule de la droite</title>
		<link>http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/</link>
		<comments>http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Mar 2011 15:09:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, tous les chats sont gris. Ou tout du moins ne distingue-t-on plus guère parfois, la droite qui se prétend &#171;&#160;populaire&#160;&#187;, de celle qui se dit &#171;&#160;nationale&#160;&#187;. Mais entre chien et loup, s&#8217;agit-il d&#8217;une aube, ou d&#8217;un crépuscule ? C&#8217;est à voir. Un sondage mené par l’institut Harris Interactive donne Marine Le Pen en tête des intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle de 2012. Pâmoisons et récris, fureurs et gourmandise. De partout l&#8217;on conteste, de toute part, on commente. Si l’on peut discuter la valeur de l’enquête1, tout autant que sa vertu prédictive2, il ne fait cependant guère de doute que la nouvelle leader du Front National suscite un intérêt dans l’électorat ; un intérêt qui dépasse celui que Jean-Marie Le Pen avait su faire naître. C’est qu’en effet, la personnalité publique de Marine Le Pen ne semble pas provoquer les réticences que rencontrait son père et prédécesseur. Non plus, d’ailleurs, que son positionnement politique, très clairement autoritaire et emprunt de xénophobie, mais également libéral sur le plan des mœurs, et pourtant interventionniste dans les domaines économiques et sociaux. Une synthèse populiste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, tous les chats sont gris.</p>
<p>Ou tout du moins ne distingue-t-on plus guère parfois, la droite qui se prétend &laquo;&nbsp;populaire&nbsp;&raquo;, de celle qui se dit &laquo;&nbsp;nationale&nbsp;&raquo;. Mais entre chien et loup, s&#8217;agit-il d&#8217;une aube, ou d&#8217;un crépuscule ?</p>
<p>C&#8217;est à voir.</p>
<p><a href="http://www.harrisinteractive.fr/news/2011/07032011.asp">Un sondage</a> mené par l’institut <em>Harris Interactive</em> donne Marine Le Pen en tête des intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle de 2012.</p>
<p>Pâmoisons et récris, fureurs et gourmandise. De partout l&#8217;on conteste, de toute part, on commente.</p>
<p>Si l’on peut discuter la valeur de l’enquête<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_0_5725" id="identifier_0_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dont la m&eacute;thode et les conditions de r&eacute;alisation demeurent largement opaques.">1</a></sup>, tout autant que sa vertu prédictive<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_1_5725" id="identifier_1_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;exp&eacute;rience montre que les intentions de vote mesur&eacute;e &agrave; plusieurs mois de l&rsquo;&eacute;ch&eacute;ance sont tr&egrave;s largement d&eacute;menties.">2</a></sup>, il ne fait cependant guère de doute que la nouvelle leader du Front National suscite un intérêt dans l’électorat ; un intérêt qui dépasse celui que Jean-Marie Le Pen avait su faire naître.</p>
<p>C’est qu’en effet, la personnalité publique de Marine Le Pen ne semble pas provoquer les réticences que rencontrait son père et prédécesseur. Non plus, d’ailleurs, que son positionnement politique, très clairement autoritaire et emprunt de xénophobie, mais également libéral sur le plan des mœurs, et pourtant interventionniste dans les domaines économiques et sociaux. Une synthèse populiste de droite, si l’on veut, dans laquelle se reconnaissent volontiers des électeurs issus de la gauche. Une synthèse moderne — voire moderniste<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_2_5725" id="identifier_2_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Front National version Marine Le Pen semble revendiquer son ancrage dans les &eacute;volutions du temps plut&ocirc;t que de tisser sans cesse la toile immense de la corruption du pass&eacute;.">3</a></sup> —, en tous les cas, que la gauche — en particulier la gauche radicale — aurait bien tort de qualifier de « réactionnaire ».</p>
<p>La force de cette synthèse est qu’elle joint droite et gauche, non pas, comme longtemps, par une conjugaison protestataire, mais plus profondément, en s’appuyant sur des aspirations de classes sociales. En particuliers, des classes dites &laquo;&nbsp;populaires&nbsp;&raquo;. Ce qui rend son assise électorale bien plus solide que celle du Front National canal historique<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_3_5725" id="identifier_3_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je ne serait gu&egrave;re surpris, &agrave; cet &eacute;gard, que la mutation engag&eacute;e par Marine Le Pen conduise &agrave; un changement de label : &laquo; Front &raquo; National, cela sonne encore un peu comme une coop&eacute;rative de bagarreurs.">4</a></sup>, ou que celle de l’UMP tendance « droite populaire », plus usurpatrice que véritablement sensible aux doléances des classes populaires.</p>
<p>Les ouvriers en France, par exemple, n’ont pas de tradition véritablement internationaliste<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_4_5725" id="identifier_4_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Parti communiste fran&ccedil;ais, d&rsquo;ailleurs, a toujours &eacute;t&eacute; un d&eacute;fenseur farouche de la Nation en p&eacute;riode &eacute;lectorale, m&ecirc;me lorsqu&rsquo;il &eacute;tait plus &agrave; l&rsquo;Est qu&rsquo;&agrave; gauche &mdash; Selon le mot de Guy Mollet.">5</a></sup>.  Ils sont plus volontiers protectionnistes et sensibles aux arguments malthusens qui voient dans l’emploi une ressource rare. <em>Rare</em>, donc, objet d&#8217;un discours tenu en terme de justice<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_5_5725" id="identifier_5_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et ce n&amp;#8217;est pas le moindre des tares de la gauche que d&amp;#8217;avoir accr&eacute;dit&eacute; cette vision mortif&egrave;re de l&amp;#8217;&eacute;conomie avec la loi sur le partage du temps de travail. Le vice v&eacute;ritable de la loi sur les 35 heures n&amp;#8217;est pas &agrave; proprement parler &eacute;conomique, il est surtout p&eacute;dagogique.">6</a></sup> : qui <em>mérite</em> le travail ? <em>Rare</em>, donc difficile à partager avec les étrangers, encore moins lorsqu’ils viennent sur le sol français. De là qu’un discours isolationniste les convainc d’autant plus volontiers qu’ils ont eu à souffrir de l’ouverture internationale des marchés.</p>
<p>Les classes populaires, en général, même lorsqu’elles sont protégées par le statut de la fonction publique ont vu se dégrader leur situation économique. La précarisation des emplois, comme la faiblesse de l’augmentation des revenus, rend les situations plus fragiles. Ce d&#8217;autant que les marches de l’échelle sociale sont plus difficile à gravir aujourd&#8217;hui qu&#8217;hier. Et lorsque l’on ne peut progresser, on devient beaucoup plus sensible à toutes les formes de régression. Dans une société rigide comme l&#8217;est la société française, toute évolution est un risque et rares sont les opportunités<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_6_5725" id="identifier_6_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceci, je crois, nous est propre. Il n&amp;#8217;est gu&egrave;re d&amp;#8217;autres soci&eacute;t&eacute;s dans lesquelles le dipl&ocirc;me et l&amp;#8217;exp&eacute;rience professionnelle acquise sont un poids plus qu&amp;#8217;un atout. Les choix les plus pr&eacute;coces figent le destin individuel et instruisent, de la sorte, une sorte de conscience de l&amp;#8217;in&eacute;luctable peu propice &agrave; la diffusion d&amp;#8217;un sentiment de confiance.">7</a></sup>.</p>
<p><em>Last but not least</em>, les classes populaires, sont d’autant plus sensibles aux  questions de sécurité qu’elles sont celles qui subissent le plus  d’infractions. De la sorte, les discours que l’on dit « sécuritaires »  les séduisent volontiers. D&#8217;autant plus volontiers, d&#8217;ailleurs, que ces discours épousent les catégories étrangers/français et peuple/élite.</p>
<p>Tout ceci, bien sûr, n’est qu’un canevas imprécis, mais il permet d&#8217;esquisser les raisons d&#8217;un succès durable et solide pour le Front National.</p>
<p>Pourquoi le Front National plus que le Parti socialiste ou l&#8217;UMP ?</p>
<p>Le Parti socialiste a perdu une bataille fondamentale, qui est celle de l&#8217;idéologie. Il est aujourd&#8217;hui la seule force politique résolument <em>universaliste</em>. Ce qui doit séduire les personnes qui n&#8217;ont que peu à craindre de la mondialisation — soit parce qu&#8217;elles en profitent, soit parce qu&#8217;elles en sont protégées — mais constitue un repoussoir pour les autres. Lorsque le Parti socialiste fait preuve de sagesse et la modération, il passe pour suffisant et ignorant du peuple. Lorsqu&#8217;il s&#8217;échauffe, on le tient, c&#8217;est selon, pour opportuniste ou vain. La seule chance du Parti socialiste, d&#8217;une certaine façon, c&#8217;est l&#8217;échec de la droite modérée — celle qu&#8217;on disait autrefois &laquo;&nbsp;républicaine&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Car l&#8217;UMP n&#8217;est pas en reste. Je pense que le Président Sarkozy et sa tendance &laquo;&nbsp;droite populaire&nbsp;&raquo; a durablement fatigué la droite. Non pas, peut-être, l&#8217;appareil électoral de l&#8217;UMP, mais la droite en tant qu&#8217;agrégat sociologique. Le &laquo;&nbsp;<em>peuple de droite</em>&laquo;&nbsp;, si l&#8217;on veut. La synthèse traditionnelle des conservateurs et de la modération orléaniste a été dissoute dans une forme de bonapartisme vulgaire, dont le Front National sait bien mieux jouer. Sans doute aussi parce que ses cadres y croient.</p>
<p>Certes, la stratégie de segmentation de l&#8217;électorat a réussi. Mais c&#8217;est au profit du Front National. Le Président Sarkozy n&#8217;a pas éreinté le Front National, il lui a préparé un électorat<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_7_5725" id="identifier_7_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et &agrave; mon avis, cet &eacute;lectorat est durable et solide.">8</a></sup>. Et l&#8217;UMP périt par là où elle a pêché. Chercher sans cesse les lignes de fracture a conduit la droite à se diviser, grossièrement, en deux tendance.</p>
<ul>
<li>La <em>tendance <strong>populaire/nationale</strong></em>, que se disputent aujourd&#8217;hui le Président Sarkozy et Marine Le Pen, avec, pour des raisons idéologiques et conjoncturelles, un avantage pour la seconde.</li>
<li>La <em>tendance <strong>modérée/conservatrice</strong></em> (un bon quart de l&#8217;électorat), qui ne suffit plus à l&#8217;emporter pour un candidat de droite, mais hésite désormais à se confondre avec la droite populaire/nationale ; soit parce qu&#8217;elle est modérée<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_8_5725" id="identifier_8_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme mes amis Koz et Authueil.">9</a></sup>, soit parce qu&#8217;elle est réaliste<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_9_5725" id="identifier_9_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme mes amis Koz et Authueil.">10</a></sup> — le système nord-Coréen de rapport au monde n&#8217;est pas une option raisonnable.</li>
</ul>
<p>Le problème, pour l&#8217;UMP, est que ces deux tendances pouvaient se conjuguer électoralement tant qu&#8217;elles n&#8217;étaient pas si accusées. Mais — et c&#8217;était le risque de l&#8217;outrance sarkozienne — à creuser sans cesse les sillons, on finit par tracer des frontières. Et l&#8217;affadissement de la fracture entre la droite populaire et la droite nationale a réciproquement nourrit une fracture entre la droite populaire et la droite conservatrice/modérée. De sorte qu&#8217;il me semble aujourd&#8217;hui peut-être plus facile pour un conservateur de porter son voter vers la gauche modérée que vers la droite populaire ; comme il est peut-être plus facile pour un électeur de la droite populaire de porter son vote sur le Front National que sur un centriste de droite. Bref, le socle électoral de l&#8217;UMP est soumis à des forces centrifuges qui le déportent vers le Front National, tout en le nourrissant.</p>
<p>Faut-il s&#8217;en désespérer ?</p>
<p>Assurément, et à tous points de vue, la <em>Weltanschauung</em> de la droite populaire/nationale n&#8217;est pas très réjouissante. Une telle synthèse, qui professe la détestation du &laquo;&nbsp;politiquement correct&nbsp;&raquo; au profit d&#8217;une &laquo;&nbsp;réalité&nbsp;&raquo; prétendue ne fait en vérité que jeter un voile sur la complexité, voire sur une simplicité déplaisante. Car le fait est que le discours de la droite populaire/nationale<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_10_5725" id="identifier_10_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J&amp;#8217;en aurais autant pour la gauche dite &amp;laquo;&amp;nbsp;radicale&amp;nbsp;&amp;raquo; ou &amp;laquo;&amp;nbsp;de gauche&amp;nbsp;&amp;raquo; &mdash; car j&amp;#8217;ai appris r&eacute;cemment qu&amp;#8217;il existe une &amp;laquo;&amp;nbsp;gauche de gauche&amp;laquo;&amp;nbsp;, figurez-vous. Sinon, on a une &amp;laquo;&amp;nbsp;gauche de droite&amp;nbsp;&amp;raquo; qui n&amp;#8217;est pas vraiment &amp;laquo;&amp;nbsp;&agrave; gauche&amp;nbsp;&amp;raquo;, mais qui n&amp;#8217;est pas &amp;laquo;&amp;nbsp;&agrave; droite&amp;nbsp;&amp;raquo; non plus. En clair, on ne peut jamais voter pour la gauche de droite, &amp;laquo;&amp;nbsp;sauf au second tour&amp;nbsp;&amp;raquo;.">11</a></sup>, loin de décrire la réalité, la travestit sans barguigner pour satisfaire à la jubilation de la colère permanente et de la dénonciation tous azimuts<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_11_5725" id="identifier_11_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="De l&amp;#8217;immigration, des musulmans, des &eacute;lites, des droits-de-l&amp;#8217;hommistes, des juges, des bien-pensants, des anti-racistes, mais aussi des banquiers, des intellectuels, etc.">12</a></sup>. Outre qu&#8217;elle est moralement douteuse, une telle perspective n&#8217;est également guère propice au dynamisme économique<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_12_5725" id="identifier_12_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Celui-ci repose tout de m&ecirc;me sur une certaine confiance dans autrui, et non dans l&amp;#8217;id&eacute;e qu&amp;#8217;il ne cherche qu&amp;#8217;&agrave; profiter de vous.">13</a></sup>.</p>
<p>Il n&#8217;est pas de raison, cependant, de craindre l&#8217;avènement d&#8217;un fascisme <em>soft</em>. Si, comme je le crois, les majorités de droite que nous promet l&#8217;avenir, sont faites d&#8217;une coalition entre la droite conservatrice et la droite populaire/nationale<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_13_5725" id="identifier_13_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La droite mod&eacute;r&eacute;e s&amp;#8217;autonomisant ou se joignant &agrave; la gauche">14</a></sup> — peut-être même conduite par un dirigeant de cette droite populaire/nationale, il n&#8217;en reste pas moins que l&#8217;allégeance du Front National aux us républicains nous assure que l&#8217;on pourra continuer de piailler, même si c&#8217;est dans l&#8217;indifférence.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5725" class="footnote">Dont la méthode et les conditions de réalisation demeurent largement opaques.</li><li id="footnote_1_5725" class="footnote">L’expérience montre que les intentions de vote mesurée à plusieurs mois de l’échéance sont très largement démenties.</li><li id="footnote_2_5725" class="footnote">Le Front National version Marine Le Pen semble revendiquer son ancrage dans les évolutions du temps plutôt que de tisser sans cesse la toile immense de la corruption du passé.</li><li id="footnote_3_5725" class="footnote">Je ne serait guère surpris, à cet égard, que la mutation engagée par Marine Le Pen conduise à un changement de label : « Front » National, cela sonne encore un peu comme une coopérative de bagarreurs.</li><li id="footnote_4_5725" class="footnote">Le Parti communiste français, d’ailleurs, a toujours été un défenseur farouche de la Nation en période électorale, même lorsqu’il était plus à l’Est qu’à gauche — Selon le mot de Guy Mollet.</li><li id="footnote_5_5725" class="footnote">Et ce n&#8217;est pas le moindre des tares de la gauche que d&#8217;avoir accrédité cette vision mortifère de l&#8217;économie avec la loi sur le partage du temps de travail. Le vice véritable de la loi sur les 35 heures n&#8217;est pas à proprement parler économique, il est surtout pédagogique.</li><li id="footnote_6_5725" class="footnote">Ceci, je crois, nous est propre. Il n&#8217;est guère d&#8217;autres sociétés dans lesquelles le diplôme et l&#8217;expérience professionnelle acquise sont un poids plus qu&#8217;un atout. Les choix les plus précoces figent le destin individuel et instruisent, de la sorte, une sorte de conscience de l&#8217;inéluctable peu propice à la diffusion d&#8217;un sentiment de confiance.</li><li id="footnote_7_5725" class="footnote">Et à mon avis, cet électorat est durable et solide.</li><li id="footnote_8_5725" class="footnote">Comme mes amis <a href="http://koztoujours.fr">Koz</a> et <a href="http://authueil.org">Authueil</a>.</li><li id="footnote_9_5725" class="footnote">Comme mes amis <a href="http://koztoujours.fr/">Koz</a> et <a href="http://authueil.org/">Authueil</a>.</li><li id="footnote_10_5725" class="footnote">J&#8217;en aurais autant pour la gauche dite &laquo;&nbsp;radicale&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;de gauche&nbsp;&raquo; — car j&#8217;ai appris récemment qu&#8217;il existe une &laquo;&nbsp;<em>gauche de gauche</em>&laquo;&nbsp;, figurez-vous. Sinon, on a une &laquo;&nbsp;<em>gauche de droite</em>&nbsp;&raquo; qui n&#8217;est pas vraiment &laquo;&nbsp;à gauche&nbsp;&raquo;, mais qui n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;à droite&nbsp;&raquo; non plus. En clair, on ne peut jamais voter pour la <em>gauche de droite</em>, &laquo;&nbsp;sauf au second tour&nbsp;&raquo;.</li><li id="footnote_11_5725" class="footnote">De l&#8217;immigration, des musulmans, des élites, des droits-de-l&#8217;hommistes, des juges, des bien-pensants, des anti-racistes, mais aussi des banquiers, des intellectuels, etc.</li><li id="footnote_12_5725" class="footnote">Celui-ci repose tout de même sur une certaine confiance dans autrui, et non dans l&#8217;idée qu&#8217;il ne cherche qu&#8217;à profiter de vous.</li><li id="footnote_13_5725" class="footnote">La droite modérée s&#8217;autonomisant ou se joignant à la gauche</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;échec retentissant des créateurs de possibles</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Dec 2010 13:13:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, gloire et honneurs sont parfois le salaire du pire. Mais pas toujours. On emprunte à Jean-François Copé, nouveau secrétaire général de l&#8217;UMP1, ce jugement sur l&#8217;entreprise d&#8217;investissement de l&#8217;Internet communautaire par le parti majoritaire. Jugement qui doit autant à la lucidité qu&#8217;au plaisir de souligner l&#8217;échec de son rival et prédécesseur Xavier Bertrand, mais jugement somme toute raisonnable2. Si l&#8217;on en croit la presse, en effet, les créateurs de possibles coûtent fort cher pour un résultat de mort clinique — ou tout du moins, de coma avancé. De fait, l&#8217;enfant était déjà fort mal né : de retards en méprises, jusqu&#8217;à l&#8217;absence de réservation du nom de domaine et un vocabulaire des plus — comment dire ? — exotique3. Tout ceci témoignait d&#8217;un amateurisme qui stupéfiait le plus profane des observateurs. Mais à quoi — ou à qui — faut-il attribuer cet échec ? S&#8217;agit-il de l&#8217;incurie du prestataire ou celle de L&#8217;UMP ? Faut-il blâmer la stratégie ou la mise en œuvre opérationnelle ? Probablement un peu de tout ça. Le prestataire, Isobar4, manquait d&#8217;expérience dans le domaine de la communication politique. Ou, pour être [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, gloire et honneurs sont parfois le salaire du pire. Mais pas toujours.</p>
<p>On emprunte à Jean-François Copé, nouveau secrétaire général de l&#8217;UMP<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_0_5617" id="identifier_0_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au fait, je n&amp;#8217;ai pas r&eacute;ussi &agrave; trouver cette information dans l&amp;#8217;organigramme du site ump.org : il y a vraiment des efforts &agrave; faire sur la qualit&eacute; de l&amp;#8217;information &agrave; l&amp;#8217;UMP.">1</a></sup>, ce jugement sur l&#8217;entreprise d&#8217;investissement de l&#8217;Internet communautaire par le parti majoritaire. Jugement qui doit autant à la lucidité qu&#8217;au plaisir de souligner l&#8217;échec de son rival et prédécesseur Xavier Bertrand, mais jugement somme toute raisonnable<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_1_5617" id="identifier_1_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&amp;#8217;&eacute;tait l&amp;#8217;emploi du terme &amp;laquo;&amp;nbsp;retentissant&amp;nbsp;&amp;raquo;, qui ne saurait caract&eacute;riser les cr&eacute;ateurs de possibles, dont on ne peut dire qu&amp;#8217;ils ont anim&eacute; la chronique m&eacute;diatique.">2</a></sup>.</p>
<p>Si l&#8217;on en croit <a href="http://www.numerama.com/magazine/17685-l-ump-ferme-son-reseau-social-a-plus-d-1-million-d-euros.html">la presse</a>, en effet, <a href="http://www.lescreateursdepossibles.com/">les créateurs de possibles</a> coûtent fort cher pour un résultat de mort clinique — ou tout du moins, de coma avancé.</p>
<p>De fait, l&#8217;enfant était déjà fort mal né : de retards en <a href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/quand-l-ump-se-prend-les-pieds-une-fois-de-plus-dans-l-hadopi_784827.html">méprises</a>, jusqu&#8217;à l&#8217;absence de réservation du nom de domaine et un vocabulaire des plus — comment dire ? — exotique<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_2_5617" id="identifier_2_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Rappelons que dans le projet initial, une initiative &eacute;tait appel&eacute;e un &amp;laquo;&amp;nbsp;n&eacute;cessaire&amp;nbsp;&amp;raquo; dans la novlangue mercato-b&ecirc;tifiante des auteurs.">3</a></sup>. Tout ceci témoignait d&#8217;un amateurisme qui stupéfiait le plus profane des observateurs.</p>
<p>Mais à quoi — ou à qui — faut-il attribuer cet échec ? S&#8217;agit-il de l&#8217;incurie du prestataire ou celle de L&#8217;UMP ? Faut-il blâmer la stratégie ou la mise en œuvre opérationnelle ? Probablement un peu de tout ça.</p>
<p>Le prestataire, <em>Isobar</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_3_5617" id="identifier_3_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Second&eacute; &mdash; ou pilot&eacute; &mdash; par Blue AM, une structure cr&eacute;&eacute;e par le Groupe Aegis avec Christophe Lambert &mdash; le publicitaire.">4</a></sup>, manquait d&#8217;expérience dans le domaine de la communication politique. Ou, pour être exact, dans le domaine de la web-communication politique qui exige une attention et un savoir faire spécifique. Certes, Christophe Lambert — le publicitaire — était de la partie<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_4_5617" id="identifier_4_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Christophe Lambert a particip&eacute; &agrave; plusieurs op&eacute;rations pour le compte du Pr&eacute;sident Sarkozy. Il a notamment conseill&eacute; son fils Jean lors de l&amp;#8217;affaire de l&amp;#8217;EPAD. Avec un succ&egrave;s mitig&eacute; cependant.">5</a></sup>, mais son expérience de la communication politique s&#8217;arrêtait au seuil de l&#8217;Internet. Sans doute a-t-on pensé quelque part que la conjugaison des compétences d&#8217;<em>Isobar</em> dans le domaine du web-marketing et de Christophe Lambert en matière politique suffirait à trouver le bon ton. Il s&#8217;en est fallu de beaucoup.</p>
<p>C&#8217;est qu&#8217;on ne s&#8217;adresse pas à l&#8217;internaute politique comme on s&#8217;adresse au <em>cyberconsommateur</em> — ceci pour <em>Isobar</em>. L&#8217;internaute qui s&#8217;avance d&#8217;un pas pour intégrer un réseau social<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_5_5617" id="identifier_5_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nonobstant l&amp;#8217;analyse de C&eacute;dric Deniaud, le community manager maison, qui estime qu&amp;#8217;il s&amp;#8217;agit d&amp;#8217;une plateforme communautaire. Mais pour quelle communaut&eacute; ?">6</a></sup> à vocation politique met davantage de lui-même dans l&#8217;affaire que lorsqu&#8217;il participe à une campagne virale éphémère ou se précipite sur une <em>vente flash</em>. Et il répugne à se voir traiter comme un client — ou un prospect ; ce qu&#8217;il accepte volontiers dans d&#8217;autres circonstances. C&#8217;est que l&#8217;engagement politique prétend à une dimension moins vulgaire que l&#8217;ordinaire commercial. De fait, les codes et usages du web-marketing — largement infantilisants — appliqués à l&#8217;engagement politique prennent alors une allure vaguement décalée, et pour tout dire, inappropriée<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_6_5617" id="identifier_6_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voyez &agrave; cet &eacute;gard les effets visuels de la pr&eacute;sentation flash sur la page d&amp;#8217;accueil du site.">7</a></sup>.</p>
<p>On ne s&#8217;adresse pas non plus à l&#8217;internaute comme à un <em>public</em>, foule immense et informe, telle qu&#8217;un publicitaire comme Christophe Lambert peut la concevoir. C&#8217;est une banalité, mais celui qui recherche et consulte des contenus sur Internet passe son chemin devant ce qui l&#8217;indiffère. Et les technique de matraquage qui prospèrent à la télévision, la radio, ou dans l&#8217;espace public physique sont largement inopérantes dans un environnement où le destinataire du message souhaite principalement cheminer à son gré.</p>
<p>D&#8217;une certaine façon, la rencontre d&#8217;<em>Isobar</em> et de Christophe Lambert n&#8217;était pas celle de deux compétences complémentaires, mais celle de deux inaptitudes.</p>
<p>La faute leur en revient-elle ?</p>
<p>En partie. Ils auraient certes pu s&#8217;adjoindre le renfort de spécialistes du domaine. Il en est qui pouvaient faire valoir une expérience autrement plus solide<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_7_5617" id="identifier_7_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce que n&amp;#8217;a pas n&eacute;glig&eacute; le Parti socialiste avec la Netscouade. Mais nos amis de Spintank ont eu l&amp;#8217;occasion de travailler pour l&amp;#8217;UMP. Et il en existe d&amp;#8217;autres qu&amp;#8217;eux.">8</a></sup> ; à tout le moins une expérience, ce qui est déjà beaucoup mieux que rien<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_8_5617" id="identifier_8_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et avec l&amp;#8217;exp&eacute;rience, des pr&eacute;jug&eacute;s moins ancr&eacute;s. Il en est un, inavou&eacute;, mais qui s&amp;#8217;&eacute;vince de l&amp;#8217;ensemble de l&amp;#8217;entreprise : c&amp;#8217;est que ce qui vaut pour le commerce des biens et service vaut tout autant pour le commerce des id&eacute;es.">9</a></sup>. On peut renifler là un péché de vanité<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_9_5617" id="identifier_9_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un terme qui a pour synonymes fatuit&eacute; et vacuit&eacute;.">10</a></sup>. Accrocher le parti majoritaire — et peut-être au delà, une campagne électorale — à son tableau de chasse, voilà un titre de notoriété qu&#8217;il convenait de gagner<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_10_5617" id="identifier_10_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et de fait, ils ont gagn&eacute; une certaine notori&eacute;t&eacute;, mais il n&amp;#8217;est pas certain qu&amp;#8217;elle leur agr&eacute;&eacute;.">11</a></sup>.</p>
<p>Le choix du prestataire, cependant, revenait en dernier ressort au donneur d&#8217;ordre. Et si les prestataires ont failli, c&#8217;est sans doute pour beaucoup en raison du fonctionnement de l&#8217;UMP.</p>
<p>Pour aborder cette question, il faut en effet avoir égard à la spécificité d&#8217;un parti politique.</p>
<p>Il s&#8217;agit, comme l&#8217;entreprise, d&#8217;une organisation matérielle et humaine. Plus humaine, d&#8217;ailleurs, que matérielle. Elle obéit à une culture profondément ancrée qui sait résister vigoureusement au changement<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_11_5617" id="identifier_11_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En t&eacute;moigne, &agrave; cet &eacute;gard, l&amp;#8217;&eacute;volution rapide de l&amp;#8217;UMP omni-majoritaire vers un h&eacute;ritage plus ou moins direct du RPR.">12</a></sup>. Elle est dominée, dans sa stratégie comme dans son fonctionnement par la lutte pour le pouvoir, qui constitue un objectif en soi.</p>
<p>En cela, tout projet nouveau constitue un enjeu de pouvoir au moins aussi important — sinon davantage — dans l&#8217;<em>organisation interne</em> que dans la compétition externe. Pour le dire autrement, les différentes factions ou personnalités de l&#8217;UMP avaient un intérêt différent à la réussite ou à l&#8217;échec du projet<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_12_5617" id="identifier_12_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="S&amp;#8217;il avait &eacute;t&eacute; un succ&egrave;s, l&amp;#8217;enjeu de la comp&eacute;tition aurait &eacute;t&eacute; son contr&ocirc;le.">13</a></sup>. Et si certains pouvaient imaginer tirer un bénéfice au fiasco, beaucoup avaient à craindre que le succès ne les fragilise. On en a vu d&#8217;ailleurs l&#8217;illustration à l&#8217;occasion de <a href="http://www.lepoint.fr/actualites/2009-10-01/le-site-qui-fache/1331/0/381864">la fuite d&#8217;un courriel interne</a> qui décrivait les impérities de la mise en œuvre des <em>créateurs de possibles</em> autant qu&#8217;il s&#8217;efforçait d&#8217;en favoriser l&#8217;insuccès. Ne disons pas qu&#8217;il en va tout à fait différemment dans les entreprises, où les enjeux de pouvoir ne sont pas absent — il s&#8217;en faut de beaucoup. Cependant, les conflits internes ne sont pas systématisés avec un tel degré d&#8217;acceptation collective. Disons que dans l&#8217;entreprise, de telles situations sont pathologiques, alors qu&#8217;elles procèdent du fonctionnement ordinaire d&#8217;un parti politique.</p>
<p>Bien sûr, la tâche n&#8217;en fut pas facilitée pour le prestataire qui a du se débattre dans les attentes et demandes contradictoires de son donneur d&#8217;ordre. Mais l&#8217;excuse tient à moitié. Lorsque l&#8217;on se dispose à investir un domaine d&#8217;activité tel que la politique, on s&#8217;organise et on négocie en conséquence. Ne pas le faire témoigne d&#8217;un singulier manque de discernement.</p>
<p>On ignore, pour tout dire, quelle fut à l&#8217;UMP l&#8217;organisation du pilotage des <em>créateurs de possibles</em>, mais il est clair qu&#8217;aucune personnalité n&#8217;avait la main ou la responsabilité directe du projet ; si ce n&#8217;est Xavier Bertrand lui-même, mais avec des capacités de suivi limitées. On se plaît à penser qu&#8217;une telle entreprise ne peut prétendre à la réussite que si elle est confiée à un individu qui la porte en l&#8217;épousant. On aurait pu songer à ceux-là qui bénéficiaient d&#8217;une crédibilité déjà acquise dans le domaine de l&#8217;Internet, en sorte qu&#8217;ils auraient pu utiliser leur image et leur propre réseau pour accompagner l&#8217;affaire. Ainsi, par exemple de Nathalie Kosciusko-Morizet, bien sûr, ou d&#8217;Alain Lambert. Voire à une personnalité à pousser de l&#8217;avant<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_13_5617" id="identifier_13_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pourquoi pas le d&eacute;put&eacute; Tardy, qui se fait aujourd&amp;#8217;hui une r&eacute;putation sur les questions num&eacute;riques gr&acirc;ce &agrave; sa pr&eacute;sence sur Twitter et dans le d&eacute;bat sur la loi Lopssi 2.">14</a></sup>. Avec le risque, toutefois, que son faible poids politique ne puisse faire obstacle aux éléments d&#8217;entropie qui ne cessaient de déplumer le projet. Dans tous les cas, il fallait un responsable qui ait suffisamment à gagner à sa réussite pour qu&#8217;il joue de son influence en ce sens<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_14_5617" id="identifier_14_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Inversement, la paralysie quasi-initiale traduit, d&amp;#8217;une certaine fa&ccedil;on, le peu de cr&eacute;dit qu&amp;#8217;avait cette entreprise au sein m&ecirc;me des leaders de l&amp;#8217;UMP.">15</a></sup>.</p>
<p>De façon générale, les <em>créateurs de possibles</em> participaient au système d&#8217;information de l&#8217;UMP, et avaient vocation à y prendre une part plus grande encore. Mais il semble clair que la dimension stratégique d&#8217;une telle entreprise a été, sinon ignorée, tout du moins, mal conçue.</p>
<p>La place d&#8217;un système d&#8217;information dans une organisation humaine telle qu&#8217;un parti politique est aujourd&#8217;hui largement sous-évaluée. C&#8217;est pourquoi elle ne bénéficie pas des ressources nécessaires à sa mise en œuvre<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_15_5617" id="identifier_15_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et par ressources, on entend ressources politiques, c&amp;#8217;est &agrave; dire le cr&eacute;dit de la notori&eacute;t&eacute; et la r&eacute;tribution en place de pouvoir : le DSI de l&amp;#8217;UMP devrait pouvoir pr&eacute;tendre &agrave; un poste strat&eacute;gique dans l&amp;#8217;organisation et dans la politique nationale. Or, c&amp;#8217;est aujourd&amp;#8217;hui une fonction technique et non politique.">16</a></sup>.</p>
<p>Place sous-évaluée car le système d&#8217;information est conçu comme un simple <em>instrument</em>. Et de fait, on lui prête une vocation presque exclusivement <em>opérationnelle</em> : il s&#8217;agit de recruter des adhérent, de regrouper des militants, de faciliter les contributions financières, voire de participer aux opérations de propagande.</p>
<p>Le système d&#8217;information, cependant, interagit avec l&#8217;organisation elle-même<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_16_5617" id="identifier_16_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une question qu&amp;#8217;on avait soulev&eacute;e ici voil&agrave; presque deux ans, lors de l&amp;#8217;annoncer du r&eacute;seau social de l&amp;#8217;UMP.">17</a></sup> : une organisation hiérarchisée et cloisonnée se conçoit difficilement avec un système d&#8217;information en réseau où dominent des principes de communication horizontale et transversale. Un système d&#8217;information cloisonné ne favorise guère la constitution de réseau et le partage d&#8217;information dont on connaît les vertus en terme de diffusion d&#8217;opinion. Aussi bien la réflexion sur l&#8217;organisation du système d&#8217;information ne se conçoit-elle pas de façon autonome, mais dans son rapport avec l&#8217;organisation elle-même. Ce qui est déjà délicat dans le domaine de l&#8217;entreprise, mais encore plus dans celui du parti politique où l&#8217;organisation profite toujours à ceux qui la dominent.</p>
<p>On n&#8217;imagine guère que le prestataire des <em>créateurs de possibles</em> invite les dirigeants de l&#8217;UMP à modifier l&#8217;organisation des pouvoirs au sein de leur parti. C&#8217;est à l&#8217;UMP elle-même, dirigeants et militants, de se pencher sur l&#8217;enjeu que constitue l&#8217;organisation d&#8217;un système d&#8217;information basé sur la mécanique du réseau social. Une réflexion qui, convenons-en, prend mal sa place à l&#8217;occasion de la création d&#8217;un outil conçu comme purement opérationnel. Mais là est l&#8217;une des erreurs stratégiques de l&#8217;UMP.</p>
<p>L&#8217;autre est d&#8217;avoir mal su définir ce qui constituait la finalité réelle<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_17_5617" id="identifier_17_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les objectifs revendiqu&eacute;s sont variables et n&eacute;buleux.">18</a></sup> des <em>créateurs de possibles</em>. S&#8217;agissait-il de recruter des militants pour l&#8217;UMP ? Pour une future campagne présidentielle ? De créer une infrastructure militante ? De favoriser l&#8217;émergence d&#8217;une communauté virtuelle ? Ou d&#8217;une communauté réelle ?</p>
<p>De fait, les élites nationales ont été intoxiquée par les l&#8217;expérience de la campagne de Barack Obama<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_18_5617" id="identifier_18_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais il est un fait cependant, que l&amp;#8217;&eacute;tude de cette campagne a &eacute;t&eacute; men&eacute;e de fa&ccedil;on plus s&eacute;rieuse par des groupes de r&eacute;flexion proches du Parti socialiste &mdash; notamment Terra Nova.">19</a></sup>. <a href="http://my.barackobama.com">MyBO</a> a constitué, il est vrai, un modèle d&#8217;action politique efficace sur Internet, mais ce modèle a été sommairement compris comme une solution virtuelle d&#8217;activation du militantisme. Il a été négligé à quel point le système d&#8217;information de <em>MyBO</em> répondait — en même temps qu&#8217;il le transformait — à l&#8217;organisation politique des démocrates en campagne.</p>
<p>Car MyBO était bel et bien un outil de campagne électorale. Ce qui est autre chose qu&#8217;une infrastructure destinée à nourrir la vie partisane. Ce que l&#8217;on peut demander et attendre d&#8217;un engagement de quelques mois est sans commune mesure avec l&#8217;attention quotidienne que l&#8217;on peut porter à la vie politique ; pour ne rien dire d&#8217;un parti politique.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que l&#8217;UMP se heurtait à trois obstacles :</p>
<p>1. Elle n&#8217;était pas en campagne présidentielle.</p>
<p>2. Elle est le parti majoritaire. Or, on est plus enclin à l&#8217;activisme dans l&#8217;opposition.</p>
<p>3. Par tradition, le parti gaulliste — dont l&#8217;UMP est l&#8217;héritière à peine abâtardie — est peu actif lorsqu&#8217;il a un Président issu de ses rangs. A ce point qu&#8217;on peut se demander, si le jugement &laquo;&nbsp;d&#8217;état léthargique&nbsp;&raquo; porté sur <em>les créateurs de possibles</em> ne caractérise pas également l&#8217;UMP. En quoi, ironiquement, le destin du système d&#8217;information épouserait finalement celui de l&#8217;organisation.</p>
<p>De fait, il n&#8217;a jamais été clairement établi que la stratégie des <em>créateurs de possibles</em> fut d&#8217;animer la vie partisane de l&#8217;UMP ou de préparer une infrastructure susceptible de porter la campagne présidentielle de 2012. Le fait que le Président Sarkozy, discrètement mais réellement, se soit intéressé à la chose nourrissait l&#8217;ambiguïté : son intérêt était clairement celui d&#8217;un parti en sommeil, mais prêt à bondir à compter du second semestre 2011.</p>
<p>Il n&#8217;a pas davantage été établi que les recettes de MyBO puisse s&#8217;appliquer à la vie quotidienne d&#8217;un parti politique tel que l&#8217;UMP. Ce qui suppose, d&#8217;ailleurs, de déterminer les objectifs de ce parti hors des périodes de campagne électorale. Le soutien à la politique gouvernementale ne passe guère par les <em>initiatives</em>, qui sont autant de critiques discrètes de ce qui n&#8217;est pas fait. Cela se conçoit, certes, dans une situation où le dirigeant du parti et le Président de la République sont concurrent<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_19_5617" id="identifier_19_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme dans la p&eacute;riode de 2005 &agrave; 2007, lorsque le Pr&eacute;sident Sarkozy pr&eacute;parait &agrave; l&amp;#8217;UMP sa campagne &eacute;lectorale.">20</a></sup>, mais plus difficilement autrement.</p>
<p>On le voit, les obstacles devant la réussite du projet <em>créateurs du possibles</em> étaient importants et nombreux. Autant stratégiques qu&#8217;opérationnels ; autant contingents que structurels ; et, d&#8217;une certaine façon, la surprise eût été le succès<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_20_5617" id="identifier_20_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A supposer, d&amp;#8217;ailleurs, que l&amp;#8217;on ait pu d&eacute;terminer ce qui pouvait constituer un succ&egrave;s.">21</a></sup>. Mais là se situe la difficulté de l&#8217;entreprise. Et les acteurs du web politique devraient se retourner sur ce magistral échec et s&#8217;interroger en profondeur<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_21_5617" id="identifier_21_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="il est clair que ce billet n&amp;#8217;est qu&amp;#8217;une dissertation superficielle.">22</a></sup> sur ses raisons.</p>
<p>Compte-tenu des obstacles que l&#8217;on a mis en lumière, d&#8217;ailleurs, une des questions devrait être de déterminer ce qui a pu conduire les protagonistes à le conduire malgré tout.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5617" class="footnote">Au fait, je n&#8217;ai pas réussi à trouver cette information dans l&#8217;organigramme du site <a href="http://www.lemouvementpopulaire.fr/personnalites/">ump.org</a> : il y a vraiment des efforts à faire sur la qualité de l&#8217;information à l&#8217;UMP.</li><li id="footnote_1_5617" class="footnote">N&#8217;était l&#8217;emploi du terme &laquo;&nbsp;retentissant&nbsp;&raquo;, qui ne saurait caractériser les <em>créateurs de possibles</em>, dont on ne peut dire qu&#8217;ils ont animé la chronique médiatique.</li><li id="footnote_2_5617" class="footnote">Rappelons que dans le projet initial, une <em>initiative</em> était appelée un &laquo;&nbsp;<em>nécessaire</em>&nbsp;&raquo; dans la novlangue mercato-bêtifiante des auteurs.</li><li id="footnote_3_5617" class="footnote">Secondé — ou piloté — par <em>Blue AM</em>, une structure créée par le Groupe <em>Aegis</em> avec Christophe Lambert — le publicitaire.</li><li id="footnote_4_5617" class="footnote">Christophe Lambert a participé à plusieurs opérations pour le compte du Président Sarkozy. Il a notamment conseillé son fils Jean lors de l&#8217;affaire de l&#8217;EPAD. Avec un succès mitigé cependant.</li><li id="footnote_5_5617" class="footnote">Nonobstant l&#8217;analyse de Cédric Deniaud, le <em>community manager</em> maison, qui estime qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une <em>plateforme communautaire</em>. Mais pour quelle communauté ?</li><li id="footnote_6_5617" class="footnote">Voyez à cet égard les effets visuels de la présentation flash sur la <a href="http://www.lescreateursdepossibles.com/">page d&#8217;accueil du site</a>.</li><li id="footnote_7_5617" class="footnote">Ce que n&#8217;a pas négligé le Parti socialiste avec la <a href="http://www.lanetscouade.com/">Netscouade.</a> Mais nos amis de <a href="http://www.spintank.fr">Spintank</a> ont eu l&#8217;occasion de travailler pour l&#8217;UMP. Et il en existe d&#8217;autres qu&#8217;eux.</li><li id="footnote_8_5617" class="footnote">Et avec l&#8217;expérience, des préjugés moins ancrés. Il en est un, inavoué, mais qui s&#8217;évince de l&#8217;ensemble de l&#8217;entreprise : c&#8217;est que ce qui vaut pour le commerce des biens et service vaut tout autant pour le commerce des idées.</li><li id="footnote_9_5617" class="footnote">Un terme qui a pour synonymes <em>fatuité</em> et <em>vacuité</em>.</li><li id="footnote_10_5617" class="footnote">Et de fait, ils ont gagné une certaine notoriété, mais il n&#8217;est pas certain qu&#8217;elle leur agréé.</li><li id="footnote_11_5617" class="footnote">En témoigne, à cet égard, l&#8217;évolution rapide de l&#8217;UMP omni-majoritaire vers un héritage plus ou moins direct du RPR.</li><li id="footnote_12_5617" class="footnote">S&#8217;il avait été un succès, l&#8217;enjeu de la compétition aurait été son contrôle.</li><li id="footnote_13_5617" class="footnote">Pourquoi pas le député Tardy, qui se fait aujourd&#8217;hui une réputation sur les questions numériques grâce à sa présence sur Twitter et dans le débat sur la loi Lopssi 2.</li><li id="footnote_14_5617" class="footnote">Inversement, la paralysie quasi-initiale traduit, d&#8217;une certaine façon, le peu de crédit qu&#8217;avait cette entreprise au sein même des leaders de l&#8217;UMP.</li><li id="footnote_15_5617" class="footnote">Et par <em>ressources</em>, on entend <em>ressources <strong>politiques</strong></em>, c&#8217;est à dire le crédit de la notoriété et la rétribution en place de pouvoir : le DSI de l&#8217;UMP devrait pouvoir prétendre à un poste stratégique dans l&#8217;organisation et dans la politique nationale. Or, c&#8217;est aujourd&#8217;hui une fonction technique et non politique.</li><li id="footnote_16_5617" class="footnote">Une question <a href="http://dinersroom.eu/2337/l-ump-a-l-epreuve-d-internet/">qu&#8217;on avait soulevée</a> ici voilà presque deux ans, lors de l&#8217;annoncer du réseau social de l&#8217;UMP.</li><li id="footnote_17_5617" class="footnote">Les objectifs revendiqués sont variables et nébuleux.</li><li id="footnote_18_5617" class="footnote">Mais il est un fait cependant, que <a href="http://www.tnova.fr/essai/moderniser-la-vie-politique-innovations-am-ricaines-le-ons-pour-la-france">l&#8217;étude de cette campagne</a> a été menée de façon plus sérieuse par des groupes de réflexion proches du Parti socialiste — notamment Terra Nova.</li><li id="footnote_19_5617" class="footnote">Comme dans la période de 2005 à 2007, lorsque le Président Sarkozy préparait à l&#8217;UMP sa campagne électorale.</li><li id="footnote_20_5617" class="footnote">A supposer, d&#8217;ailleurs, que l&#8217;on ait pu déterminer ce qui pouvait constituer un succès.</li><li id="footnote_21_5617" class="footnote">il est clair que ce billet n&#8217;est qu&#8217;une dissertation superficielle.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Faut-il se réjouir du succès de Marine Le Pen ?</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Dec 2010 12:44:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il fait bon Noël. Et pour fêter cela, une question en forme de boutade : Faut-il se réjouir du succès de Marine Le Pen ? Une boutade ? Presque une provocation. Un démocrate modéré en tout1 doit-il nécessairement s&#8217;affliger que la représentante d&#8217;opinions que l&#8217;on qualifiera de &#171;&#160;tranchées&#160;&#187; fasse recette dans l&#8217;opinion publique ? On l&#8217;aura deviné, la réponse est négative. S&#8217;inquiéter des succès du Front National est une tradition de l&#8217;électorat de gauche2 et d&#8217;une bonne partie de la droite3. Mais on attendait que, Jean-Marie Le Pen vieillissant, la séduction qu&#8217;il exerçait sans désemparer depuis près de vingt-cinq ans s&#8217;étiolât avec les ans. Foin, c&#8217;est Marine Le Pen, toute fraîche émoulue d&#8217;un relooking idéologique, qui tient haute la flamme tricolore du Front National dans l&#8217;opinion publique et les médias. Ce succès intrigue et tracasse. Il affole, même, si l&#8217;on en juge par la fanfare rhétorique qu&#8217;a entonné une bonne partie de la majorité dès l&#8217;orée de l&#8217;été. Du côté des médias — que le Front National exaspère et fascine, à la façon de ces animaux venimeux que l&#8217;on aime contempler et craindre dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il fait bon Noël.</p>
<p>Et pour fêter cela, une question en forme de boutade : Faut-il se réjouir du succès de Marine Le Pen ?</p>
<p>Une <em>boutade</em> ? Presque une <em>provocation</em>.</p>
<p>Un démocrate modéré en tout<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_0_5598" id="identifier_0_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sauf dans la d&eacute;fense de la mod&eacute;ration elle m&ecirc;me, qui ne doit pas admettre de compromis, cela va de soi.">1</a></sup> doit-il nécessairement s&#8217;affliger que la représentante d&#8217;opinions que l&#8217;on qualifiera de &laquo;&nbsp;tranchées&nbsp;&raquo; fasse recette dans l&#8217;opinion publique ?</p>
<p>On l&#8217;aura deviné, la réponse est négative.</p>
<p>S&#8217;inquiéter des succès du Front National est une tradition de l&#8217;électorat de gauche<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_1_5598" id="identifier_1_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du c&ocirc;t&eacute; des &eacute;tats-majors partisans, on peine parfois &agrave; cacher sa joie.">2</a></sup> et d&#8217;une bonne partie de la droite<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_2_5598" id="identifier_2_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A l&amp;#8217;exception des &eacute;tats-majors partisans qui n&amp;#8217;h&eacute;sitent pas &agrave; d&eacute;p&ecirc;cher les valeurs r&eacute;publicaines au secours d&amp;#8217;une d&eacute;faite &eacute;lectorale.">3</a></sup>. Mais on attendait que, Jean-Marie Le Pen vieillissant, la séduction qu&#8217;il exerçait sans désemparer depuis près de vingt-cinq ans s&#8217;étiolât avec les ans.</p>
<p>Foin, c&#8217;est Marine Le Pen, toute fraîche émoulue d&#8217;un <em>relooking</em> idéologique, qui tient haute la flamme tricolore du Front National dans l&#8217;opinion publique et les médias. Ce succès intrigue et tracasse. Il affole, même, si l&#8217;on en juge par la fanfare rhétorique qu&#8217;a entonné une bonne partie de la majorité dès l&#8217;orée de l&#8217;été.</p>
<p>Du côté des médias — que le Front National exaspère et fascine, à la façon de ces animaux venimeux que l&#8217;on aime contempler et craindre dans les vivariums — on se plaît à dénoncer tout à la fois la mue de la bête immonde, et sa permanence. Autrement dit, Marine Le Pen n&#8217;est pas une version adoucie de Jean-Maire Le Pen, mais une digne héritière. Seule la distingue une forme de modernité de façade, plus séductrice que conquérante ; plus rouée qu&#8217;agressive ; plus soft, finalement. Tout aussi efficace que son père, sinon davantage. Bref, un danger plus grand qu&#8217;elle n&#8217;y paraît. Plus grand que son père n&#8217;a jamais été.</p>
<p>Que l&#8217;on me pardonne, c&#8217;est tout le contraire.</p>
<p>Ceux qui me lisent<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_3_5598" id="identifier_3_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;crire cela est une vanit&eacute;, mais ceux qui me lisent ne l&amp;#8217;ignorent pas.">4</a></sup> savent combien j&#8217;ai le goût des formes. La démocratie — la société démocratique —, comme l&#8217;état de droit sont affaires de forme plus que de fond. En sorte que la différence n&#8217;est pas subtile entre Marine Le Pen, qui s&#8217;efforce de satisfaire aux formes, et son père, qui se plaisait à les violer<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_4_5598" id="identifier_4_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un peu comme les soudards font avec les femmes en terre de conqu&ecirc;te, d&amp;#8217;ailleurs.">5</a></sup>. C&#8217;est que, voyez-vous, l&#8217;obéissance aux formes n&#8217;est pas qu&#8217;une façon <em>masquer</em> la violence, mais un véritable <em>renoncement</em> à cette même violence. Et si l&#8217;on peut voir dans cette obéissance une forme d&#8217;hypocrisie<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_5_5598" id="identifier_5_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&amp;#8217;hommage, dit-on, que le vice rend &agrave; la vertu.">6</a></sup>, il ne faut pas négliger l&#8217;essentiel : le discours du Front National se police. Qu&#8217;importe, à cet égard, le for intérieur de Marine Le Pen. Qu&#8217;importe même celui de ses partisans. C&#8217;est une leçon des démocraties que les élus ne sont pas tenus par leurs convictions profondes, mais par celles que l&#8217;électeur a cru bon — à tort ou à raison — de faire peser sur eux. Aussi bien ne doit-on croire que Marine Le Pen, en soignant une rhétorique plus moderniste, distille le venin incolore de convictions extrêmes. La modération de son discours est le signe même d&#8217;un divorce d&#8217;avec l&#8217;extrémisme<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_6_5598" id="identifier_6_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A la diff&eacute;rence, peut-on penser, de Bruno Gollnisch.">7</a></sup>.</p>
<p>Ces choses étant dites, il ne s&#8217;agit pas pour autant de ranger Marine Le Pen et <em>son</em> Front National au rayon des parangons de la modération. <em>Modéré</em>, son discours l&#8217;est au regard de celui que tenait autrefois son père et les <em>leaders</em> du Front National. Mais il demeure franchement brutal dans le débat politique national.</p>
<p>Ma thèse est que Marine Le Pen n&#8217;est pas une représentante de la droite extrême, en cela qu&#8217;elle adopte assez clairement un corpus de valeurs globalement partagées au sein des formations politiques de gouvernement<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_7_5598" id="identifier_7_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A cet &eacute;gard, ses &eacute;carts de langage&nbsp; &mdash; pr&eacute;sents et &agrave; venir &mdash; ne me semblent pas trahir la v&eacute;rit&eacute; d&amp;#8217;un habitus de la droite extr&ecirc;me, mais des man&oelig;uvres d&amp;#8217;appareil dans une p&eacute;riode de forte transition pour le Front National.">8</a></sup>. Elle appartient donc — tout du moins a-t-elle vocation à appartenir — au cénacle politique classique. Et dans ce cadre, on ne peut dire qu&#8217;elle fait figure de modérée. Ses prises de positions ne sont pas marquées par le sceau de la nuance et de la subtilité.</p>
<p>Mais elles ne sont pas si éloignées de celles que peuvent tenir certains représentant de la <em>droite populaire</em>. En particulier de ceux qui se réclament de ce courant <span style="text-decoration: line-through;">de pensée</span> d&#8217;opinion. De fait, le discours de la droite conservatrice a connu un saut qualitatif qui l&#8217;a fait largement changer de nature et le rapproche désormais de provinces autrefois acquises au Front National.</p>
<p>Je ne parle pas ici des questions d&#8217;<em>immigration</em>, de <em>sécurité</em> et d&#8217;<em>identité nationale</em> — voire de <em>laïcité</em>, dans sa version contemporaine, mais d&#8217;une rhétorique basée sur &laquo;&nbsp;<em>la réalité</em>&laquo;&nbsp;, les &laquo;&nbsp;<em>illusions des élites</em>&laquo;&nbsp;, leur &laquo;&nbsp;<em>naïveté</em>&laquo;&nbsp;, voire leur <em>&laquo;&nbsp;duplicité&nbsp;&raquo;</em>. Au delà, de l&#8217;inutilité — voire la nuisibilité — des &laquo;&nbsp;<em>tabous</em>&laquo;&nbsp;, du &laquo;&nbsp;<em>politiquement correct</em>&nbsp;&raquo; — entendez par là une certaine discipline de la nuance. Bref, un discours qu&#8217;épouse volontiers la droite issue des élections de 2007 à la suite du premier d&#8217;entre eux : le Président Sarkozy<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_8_5598" id="identifier_8_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il n&amp;#8217;y a d&amp;#8217;ailleurs pas que la droite ; &agrave; sa fa&ccedil;on &mdash; et peut-&ecirc;tre de fa&ccedil;on plus virulente encore &mdash;, Jean-Luc M&eacute;lenchon n&amp;#8217;h&eacute;site pas &agrave; s&amp;#8217;&eacute;lever &mdash; si l&amp;#8217;on ose dire &mdash; contre l&amp;#8217;id&eacute;e m&ecirc;me d&amp;#8217;un verbe retenu.">9</a></sup>. Mais les liens de l&#8217;alliance ne sont pas ceux du sang. Et si la droite conservatrice épouse le discours, Marine Le Pen y a été baignée comme aux fonts baptismaux. Elle y excelle avec un naturel et une conviction qui font passer Éric Ciotti et Christian Estrosi pour de joyeux excursionnistes. Mais ceci est une autre histoire, au reste, <a href="http://www.koztoujours.fr/?p=8247">remarquablement chroniquée</a> par notre ami Koz.</p>
<p>En bref, donc, pour répondre à notre question du jour.</p>
<p>Oui, on peut se réjouir du succès de Marine Le Pen, si on estime qu&#8217;elle se substitue à Jean-Marie Le Pen dans l&#8217;électorat. En revanche, on doit s&#8217;inquiéter de ce même succès — à ce point qu&#8217;il est imité désormais à droite et à gauche —, lorsque l&#8217;on aborde la question du débat public.</p>
<p>Marine Le Pen ne constitue pas un danger pour les institutions ; il s&#8217;en faut de beaucoup. Et, d&#8217;une certaine manière, il est politiquement sain que des engagements, même brutaux et hétérodoxes s&#8217;inscrivent dans les institutions politiques communes.</p>
<p>En revanche, que les discours de Marine Le Pen, du Président Sarkozy, de Brice Hortefeux, de la droite populaire, de Jean-Luc Mélenchon ou Olivier Besancenot prospèrent peut susciter quelque malaise. Car il s&#8217;agit là d&#8217;une forme de régression propice à l&#8217;animosité collective. Ce n&#8217;est pas un danger pour les institutions, mais on peut craindre pour la Nation<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_9_5598" id="identifier_9_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui autrefois avait justifi&eacute; que je me refuse &agrave; voter pour le Pr&eacute;sident Sarkozy : la jouissance de la transgression et l&amp;#8217;art de la division .">10</a></sup><br />
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NB : On aura excusé, je l&#8217;espère, un silence de quelques jours. Silence las et ennuyé, pour tout dire, par une actualité redondante. A moins que l&#8217;ennui soit du côté de l&#8217;âme. C&#8217;est à voir.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5598" class="footnote">Sauf dans la défense de la modération elle même, qui ne doit pas admettre de compromis, cela va de soi.</li><li id="footnote_1_5598" class="footnote">Du côté des états-majors partisans, on peine parfois à cacher sa joie.</li><li id="footnote_2_5598" class="footnote">A l&#8217;exception des états-majors partisans qui n&#8217;hésitent pas à dépêcher les valeurs républicaines au secours d&#8217;une défaite électorale.</li><li id="footnote_3_5598" class="footnote">Écrire cela est une vanité, mais <em>ceux qui me lisent</em> ne l&#8217;ignorent pas.</li><li id="footnote_4_5598" class="footnote">Un peu comme les soudards font avec les femmes en terre de conquête, d&#8217;ailleurs.</li><li id="footnote_5_5598" class="footnote">L&#8217;hommage, dit-on, que le vice rend à la vertu.</li><li id="footnote_6_5598" class="footnote">A la différence, peut-on penser, de Bruno Gollnisch.</li><li id="footnote_7_5598" class="footnote">A cet égard, ses écarts de langage  — présents et à venir — ne me semblent pas trahir la vérité d&#8217;un <em>habitus</em> de la droite extrême, mais des manœuvres d&#8217;appareil dans une période de forte transition pour le Front National.</li><li id="footnote_8_5598" class="footnote">Il n&#8217;y a d&#8217;ailleurs pas que la droite ; à sa façon — et peut-être de façon plus virulente encore —, Jean-Luc Mélenchon n&#8217;hésite pas à s&#8217;élever — si l&#8217;on ose dire — contre l&#8217;idée même d&#8217;un verbe retenu.</li><li id="footnote_9_5598" class="footnote">Ce qui autrefois avait justifié que je me refuse à voter pour le Président Sarkozy : <a href="http://dinersroom.eu/1742/pourquoi-je-ne-voterai-pas-pour-nicolas-sarkozy/">la jouissance de la transgression et l&#8217;art de la division </a>.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Un Gouvernement révolutionnaire</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Nov 2010 16:29:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, la République française a un nouveau gouvernement. Non pas un gouvernement d&#8217;opportunité, non pas un gouvernement de combat électoral, mais un gouvernement &#171;&#160;révolutionnaire&#160;&#187;, selon les mots — pas mâchés pour une soupe — de Christine Lagarde. Car &#171;&#160;le principe de la révolution (&#8230;) c&#8217;est que vous faites un tour complet, à 360 degrés.&#160;&#187; Un tour complet, certes, mais autour d&#8217;un astre, et non pas de soi-même1. Une révolution, cependant, se passe difficilement de changement. Après tout, une (r)évolution n&#8217;est qu&#8217;une sorte d&#8217;évolution. Quel en est donc le sens ? — On est revenu à l&#8217;impératif de la solidité, du professionnalisme. Un retour, donc. Sans vouloir chipoter madame la ministre de l&#8217;Économie, des finances et de l&#8217;Industrie, on renifle là le parfum d&#8217;un aveu : l&#8217;ancien Gouvernement, qui précédait le nouveau Gouvernement, se caractérisait donc par la fragilité et l&#8217;amateurisme. Nul ne songerait à contester le jugement d&#8217;une personnalité si éminente, par ailleurs témoin privilégié et actrice de cette période2. On se permettra cependant d&#8217;observer une remarquable stabilité de l&#8217;équipe gouvernementale. Mais peut-être faut-il aller chercher ces adjuvants de solidité et de professionnalisme dans les nominations [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, la République française a un nouveau gouvernement.</p>
<p>Non pas un gouvernement d&#8217;opportunité, non pas un gouvernement de combat électoral, mais un gouvernement &laquo;&nbsp;révolutionnaire&nbsp;&raquo;, <a href="http://www.france-info.com/chroniques-les-invites-de-france-info-2010-11-15-remaniement-un-virage-a-360o-christine-lagarde-497376-81-188.html">selon les mots</a> — pas mâchés pour une soupe — de Christine Lagarde. Car &laquo;&nbsp;<em>le principe de la révolution (&#8230;) c&#8217;est que vous faites un tour complet, à 360 degrés</em>.&nbsp;&raquo; Un tour complet, certes, mais autour d&#8217;un astre, et non pas de soi-même<sup><a href="http://dinersroom.eu/5554/un-gouvernement-revolutionnaire/#footnote_0_5554" id="identifier_0_5554" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce serait une rotation.">1</a></sup>. Une révolution, cependant, se passe difficilement de changement. Après tout, une <em>(<strong>r</strong>)</em><em>évolution</em> n&#8217;est qu&#8217;une sorte d&#8217;<em>évolution</em>. Quel en est donc le sens ?</p>
<p style="padding-left: 30px;">— On est revenu à l&#8217;impératif de la solidité, du professionnalisme.</p>
<p>Un <em>retour</em>, donc.</p>
<p>Sans vouloir chipoter madame la ministre de l&#8217;Économie, des finances et de l&#8217;Industrie, on renifle là le parfum d&#8217;un aveu : l&#8217;ancien Gouvernement, qui précédait le nouveau Gouvernement, se caractérisait donc par la <em>fragilité</em> et l&#8217;<em>amateurisme</em>. Nul ne songerait à contester le jugement d&#8217;une personnalité si éminente, par ailleurs témoin privilégié et actrice de cette période<sup><a href="http://dinersroom.eu/5554/un-gouvernement-revolutionnaire/#footnote_1_5554" id="identifier_1_5554" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et puis, il faut donner cr&eacute;dit &agrave; ceux qui avouent des erreurs ; pas seulement celles des autres.">2</a></sup>. On se permettra cependant d&#8217;observer une remarquable stabilité de l&#8217;équipe gouvernementale. Mais peut-être faut-il aller chercher ces adjuvants de solidité et de professionnalisme dans les nominations de MM. Mariani et Lefebvre, dont la sobriété dans l&#8217;expression et la lucidité de l&#8217;analyse ne manqueront pas d&#8217;infuser au sein de la nouvelle équipe.</p>
<p>Au delà, on peut se demander quel peut-être l&#8217;intérêt d&#8217;une telle réorganisation.</p>
<p>Passons sur l&#8217;hypothèse d&#8217;un nouvel élan politique. Christine Lagarde, faisant profession de rigueur, en a concédé l&#8217;inanité<sup><a href="http://dinersroom.eu/5554/un-gouvernement-revolutionnaire/#footnote_2_5554" id="identifier_2_5554" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sauf, bien s&ucirc;r, &agrave; ce que le professionnalisme tienne lieu de doctrine ; ce qui n&amp;#8217;est pas invraisemblable, mais un peu inqui&eacute;tant.">3</a></sup>. Mieux même, la coloration idéologique — le ministère de l&#8217;Identité nationale — ou symbolique — la promotion de mesdames Amara, Dati ou Yade — qui avait parfois présidé aux choix de la précédente équipe s&#8217;étiole jusqu&#8217;à disparaître. Non pas que le Président ait renoncé à cette logique de communication, mais elle n&#8217;est plus portée par le Gouvernement.</p>
<p>On peine un peu, d&#8217;ailleurs, à donner un sens aux aménagements opérés. La dynamique électoraliste semble dominer, mais de façon plutôt négative. Et si je devais parier, je miserais sur un Gouvernement discret plutôt que sur la charge de la Brigade légère. L&#8217;accueil de Frédéric Lefebvre peut d&#8217;ailleurs apparaître, au choix, comme une promotion ou une cloche de silence. A l&#8217;inverse, la mise à l&#8217;écart des leaders centristes peut relever d&#8217;une stratégie d&#8217;externalisation<sup><a href="http://dinersroom.eu/5554/un-gouvernement-revolutionnaire/#footnote_3_5554" id="identifier_3_5554" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&amp;#8217;externalisation n&amp;#8217;est qu&amp;#8217;une fa&ccedil;on de b&eacute;n&eacute;ficier des m&ecirc;mes services &agrave; moindre co&ucirc;t.">4</a></sup> plus que d&#8217;une mise à l&#8217;écart. </p>
<p>De fait, la logique de la Constitution issue de la réforme de juin 2008 conduit à confiner le Gouvernement dans une mission de direction de l&#8217;administration tandis que l&#8217;Élysée et le Parlement se partagent les fonctions de propagande.</p>
<p>Certes, les grommellements des élus et de l&#8217;appareil militant en faveur de François Fillon — ou en défaveur de Jean-Louis Borloo<sup><a href="http://dinersroom.eu/5554/un-gouvernement-revolutionnaire/#footnote_4_5554" id="identifier_4_5554" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui n&amp;#8217;a pas tout de Winston Churchill.">5</a></sup> — ont pu incidemment orienter les choix du Président. Mais il eut été fort aventureux de confier au leader des valoisiens<sup><a href="http://dinersroom.eu/5554/un-gouvernement-revolutionnaire/#footnote_5_5554" id="identifier_5_5554" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Plus orl&eacute;anistes, aujourd&amp;#8217;hui, que radicaux.">6</a></sup> la politique de Matignon. Et faute de François Fillon, une personnalité falote<sup><a href="http://dinersroom.eu/5554/un-gouvernement-revolutionnaire/#footnote_6_5554" id="identifier_6_5554" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Politiquement, s&amp;#8217;entend.">7</a></sup> se serait imposée.</p>
<p>Au fond, on soutenir deux interprétations des choix du Président Sarkozy :</p>
<p>Soit le remaniement minimaliste et le choix de conserver François Fillon lui ont été dictés par les circonstances et son propre engagement, auquel cas, c&#8217;est le résultat d&#8217;une <em>faiblesse politique</em>.</p>
<p>Soit le Président a pu observer que les deux années de fin de mandat se traduisaient généralement par un épuisement du pouvoir ; épuisement peu propice à une réélection. Aussi bien, fatiguer sans vergogne les équipes en place n&#8217;est-il pas une solution invraisemblable. On laisse de côté les grandes réformes et on tente d&#8217;alimenter le débat public par des propositions de mesures marginales et clivantes. Et d&#8217;ici un an, on construit un nouveau projet politique — à dominante économique<sup><a href="http://dinersroom.eu/5554/un-gouvernement-revolutionnaire/#footnote_7_5554" id="identifier_7_5554" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Genre : &amp;laquo;&amp;nbsp;depuis la crise financi&egrave;re, l&amp;#8217;&eacute;conomie est une page blanche. Apr&egrave;s avoir maintenu la France &agrave; flots,  reste tout &agrave; inventer. Et voici mon projet nouveau. NB : les socialistes sont nuls et has been avec leur &eacute;tat providence. Mais j&amp;#8217;ai des amis &eacute;cologistes pour une nouvelle &eacute;conomie verte.">8</a></sup> — avec de nouvelles figures pour la porter.</p>
<p>Dans ce cas, le micro-remaniement n&#8217;a guère pour fonction que de répondre aux nécessités d&#8217;un cycle politique prévisible. Loin d&#8217;être un signe de faiblesse, la réponse du Président Sarkozy trahit un sens aigu du rythme de la politique nationale. On peut prêter beaucoup de défauts au Président, mais on doit lui faire le crédit d&#8217;un certain talent dans ce domaine.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5554" class="footnote">Ce serait une <em>rotation</em>.</li><li id="footnote_1_5554" class="footnote">Et puis, il faut donner crédit à ceux qui avouent des erreurs ; pas seulement celles des autres.</li><li id="footnote_2_5554" class="footnote">Sauf, bien sûr, à ce que le professionnalisme tienne lieu de doctrine ; ce qui n&#8217;est pas invraisemblable, mais un peu inquiétant.</li><li id="footnote_3_5554" class="footnote">L&#8217;externalisation n&#8217;est qu&#8217;une façon de bénéficier des mêmes services à moindre coût.</li><li id="footnote_4_5554" class="footnote">Qui n&#8217;a pas tout de Winston Churchill.</li><li id="footnote_5_5554" class="footnote">Plus orléanistes, aujourd&#8217;hui, que radicaux.</li><li id="footnote_6_5554" class="footnote">Politiquement, s&#8217;entend.</li><li id="footnote_7_5554" class="footnote">Genre : &laquo;&nbsp;depuis la crise financière, l&#8217;économie est une page blanche. Après avoir maintenu la France à flots,  reste tout à inventer. Et voici mon projet nouveau. NB : les socialistes sont nuls et <em>has been</em> avec leur état providence. Mais j&#8217;ai des amis écologistes pour une nouvelle économie verte.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>La stratégie du Président Sarkozy est-elle une chance pour la gauche ?</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Sep 2010 14:31:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, les urnes sont maîtresses capricieuses et volages. Il n&#8217;est guère de chroniqueur averti de la vie politique qui n&#8217;ait jugé les prises de positions estivales du Président Sarkozy inspirées par un soupçon de stratégie électorale. Une offensive résolument autoritaire et saupoudrée de touches xénophobes — à la façon impressionniste — dessine un tableau finalement chatoyant pour une partie de l&#8217;électorat de la droite. Et notamment de cet électorat venu du Front National renforcer autrefois le score de premier tour du Président Sarkozy. Ne faut-il pas dans les épisodes récents voir le souci de réunir à nouveau les électeurs de droite en vue d&#8217;une dynamique électorale écrasante ? Ce Blitz droitier qu&#8217;une coalition de centre-gauche ne peut contrarier au second tour1. Sans doute. Mais il n&#8217;a pas échappé aux observateurs les plus avisés qu&#8217;une partie de la droite modérée ne manquait pas d&#8217;exprimer des réserves appuyées ou discrètes. Les débats sur le projet de loi relatif à l&#8217;immigration, à l&#8217;intégration et à la nationalité font ainsi apparaître, sinon des fractures, tout au moins des fêlures au sein de la majorité parlementaire. Une partie des catholiques de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, les urnes sont maîtresses capricieuses et volages.</p>
<p>Il n&#8217;est guère de chroniqueur averti de la vie politique qui n&#8217;ait jugé les prises de positions estivales du Président Sarkozy inspirées par un soupçon de stratégie électorale. Une offensive résolument autoritaire et saupoudrée de touches xénophobes — à la façon impressionniste — dessine un tableau finalement chatoyant pour une partie de l&#8217;électorat de la droite. Et notamment de cet électorat venu du Front National renforcer autrefois le score de premier tour du Président Sarkozy. Ne faut-il pas dans les épisodes récents voir le souci de réunir à nouveau les électeurs de droite en vue d&#8217;une dynamique électorale écrasante ? Ce Blitz droitier qu&#8217;une coalition de centre-gauche ne peut contrarier au second tour<sup><a href="http://dinersroom.eu/5360/la-strategie-du-president-sarkozy-est-elle-une-chance-pour-la-gauche/#footnote_0_5360" id="identifier_0_5360" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A propos, il faudra se demander un jour si le score de Fran&ccedil;ois Bayrou n&amp;#8217;a finalement pas &eacute;t&eacute; un atout consid&eacute;rable pour Nicolas Sarkozy.">1</a></sup>.</p>
<p>Sans doute. Mais il n&#8217;a pas échappé aux observateurs les plus avisés qu&#8217;une partie de la droite modérée ne manquait pas d&#8217;exprimer des réserves appuyées ou discrètes. Les débats sur le <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/dossiers/immigration_integration_nationalite.asp">projet de loi</a> <em>relatif à l&#8217;immigration, à l&#8217;intégration et à la nationalité</em> <a href="http://www.lepost.fr/article/2010/09/28/2239939_ces-elus-ump-opposes-au-projet-de-loi-besson-sur-l-immigration.html">font ainsi apparaître</a>, sinon des fractures, tout au moins des fêlures au sein de la majorité parlementaire. Une partie des catholiques de droite<sup><a href="http://dinersroom.eu/5360/la-strategie-du-president-sarkozy-est-elle-une-chance-pour-la-gauche/#footnote_1_5360" id="identifier_1_5360" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Que je crois convenablement repr&eacute;sent&eacute;e par l&amp;#8217;ami Koz.">2</a></sup> ne cesse de désapprouver la façon dont le Président Sarkozy et son état-major se sont saisi de la question Rom.</p>
<p>Faut-il croire, donc, qu&#8217;il pourrait perdre au centre ce qu&#8217;il gagne à droite ? De sorte que la gauche pourrait profiter en 2012 d&#8217;une droite plus proche de la ligne Maginot que de la division Guderian ?</p>
<p>C&#8217;est une hypothèse possible, quoique fragile.</p>
<p>Comme souvent, le sort des futurs élections se jouera au centre. En 2007, les stratégies de contournement de Ségolène Royal<sup><a href="http://dinersroom.eu/5360/la-strategie-du-president-sarkozy-est-elle-une-chance-pour-la-gauche/#footnote_2_5360" id="identifier_2_5360" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour ne rien dire de Fran&ccedil;ois Bayrou qui compatit sur l&amp;#8217;essaimage. Mais il est tout de m&ecirc;me rare qu&amp;#8217;on fasse une majorit&eacute; d&amp;#8217;une force d&amp;#8217;appoint.">3</a></sup> comme de Nicolas Sarkozy avaient finalement davantage profité au second. Il était parvenu à convaincre une partie du centre que son autoritarisme affiché n&#8217;était que l&#8217;expression d&#8217;une volonté ferme<sup><a href="http://dinersroom.eu/5360/la-strategie-du-president-sarkozy-est-elle-une-chance-pour-la-gauche/#footnote_3_5360" id="identifier_3_5360" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Aujourd&amp;#8217;hui, on dirait que c&amp;#8217;est le contraire.">4</a></sup>. Mais il avait ménagé les modérés par une combinaison originale de flatteries plébéiennes et de célébration du libéralisme. Étrangement, l&#8217;équilibre des excès apparaissait alors comme une forme de pondération.</p>
<p>Les choses paraissent plus délicates aujourd&#8217;hui. La rhétorique pacificatrice à laquelle le Président a su parfois exceller ne pourra, je pense, effacer un discours qui a été perçu, pour une fois, comme inutilement outrancier et cyniquement opportuniste. Et la xénophobie fait partie de ces champs sémantiques avec lesquelles on ne peut jongler en France. Les positions que l&#8217;on adopte marquent durablement. Il se pourrait ainsi qu&#8217;une partie du centre droit soit plus réticent que jadis à accorder son suffrage au Président Sarkozy en 2012.</p>
<p>Cela ne signifie pas, naturellement, qu&#8217;ils voteront pour un candidat de gauche<sup><a href="http://dinersroom.eu/5360/la-strategie-du-president-sarkozy-est-elle-une-chance-pour-la-gauche/#footnote_4_5360" id="identifier_4_5360" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sauf peut-&ecirc;tre Dominique Strauss-Kahn dont la mod&eacute;ration r&eacute;elle peut les rassurer.">5</a></sup>, mais ils pourraient s&#8217;abstenir. Ils dégageraient de la sorte un espace pour le candidat de gauche.</p>
<p>Un espace de respiration, pour tout dire. Car le futur candidat de gauche rencontrera, comme souvent, un obstacle dans sa lutte pour la conquête du centre : le concours de la gauche dite &laquo;&nbsp;anti-libérale&nbsp;&raquo; impose d&#8217;adopter parfois des positions difficilement compatibles avec la rigueur attendue par le centre gauche. L&#8217;abstention bienveillante d&#8217;une partie de l&#8217;électorat de centre droit pourrait permettre au candidat de gauche de s&#8217;émanciper d&#8217;un discours gauchisant. En pariant sur le fait qu&#8217;il recueillera, quoiqu&#8217;il advienne, les voix de gauche hostiles au Président Sarkozy, il peut se permettre d&#8217;aller quérir le vote centriste avec un positionnement bêtement pondéré.</p>
<p>Voilà un oracle qui laisse de bonnes chances à candidat de la gauche modérée. A condition, toutefois, que celui-ci passe le filtre des primaires ; puis du premier tour.</p>
<p>Car si l&#8217;on peut s&#8217;interroger sur la pertinence de la stratégie droitière du Président Sarkozy en cet année 2010, il faut admirer le coup politique du projet de loi sur les retraites.</p>
<p>Voici un texte d&#8217;une modération exemplaire qui parvient à scinder la gauche. Ne nous y trompons pas, l&#8217;augmentation de l&#8217;âge légal de départ à la retraite ne règle que très provisoirement le problème du financement à l&#8217;horizon de vingt ou trente ans. En revanche, il permet de stimuler un vif débat au sein de la gauche. Malgré les apparences et les nuances, le Parti socialiste se range grossièrement à l&#8217;analyse de la droite<sup><a href="http://dinersroom.eu/5360/la-strategie-du-president-sarkozy-est-elle-une-chance-pour-la-gauche/#footnote_5_5360" id="identifier_5_5360" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une bonne partie de son &eacute;lectorat semble plus r&eacute;ticent.">6</a></sup>. Mais ce que la France compte d&#8217;alter-mondialistes, d&#8217;anti-libéraux et d&#8217;anti-capitalistes, refuse le compromis de l&#8217;augmentation de la durée du travail pour faire valoir une autre répartition — considérée comme moins injuste — des méthodes de financement. Une pomme de discorde que l&#8217;on veut volontiers croquer, très à gauche. Sous le regard gourmand du Président Sarkozy, cela va sans dire.</p>
<p>Aussi bien la véritable fracture sur la question des retraites ne divise-t-elle pas la droite et la gauche, mais la gauche elle-même. Lorsque la loi aura passé — et ne doutons pas qu&#8217;elle passe — les comptes se feront au sein des formations de gauche. Un discours virulent du Parti socialiste inquiètera les centristes de gauche qui pourraient hésiter — voire s&#8217;abstenir<sup><a href="http://dinersroom.eu/5360/la-strategie-du-president-sarkozy-est-elle-une-chance-pour-la-gauche/#footnote_6_5360" id="identifier_6_5360" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En 2007, ils auraient probablement accorder leur suffrage au Pr&eacute;sident Sarkozy.">7</a></sup> — en 2012. Or, le Parti socialiste peut difficilement manquer d&#8217;épouser une contestation sociale vigoureuse. Surtout s&#8217;il est sollicité par l&#8217;agitation des autres forces politiques de gauche.</p>
<p>Aussi bien le succès des manifestations et mouvements sociaux de l&#8217;automne, loin de nuire au Président Sarkozy, favorisent au contraire sa stratégie électorale de neutralisation du centre.</p>
<p>J&#8217;ai du mal à concevoir que ce ne soit pas volontaire. Et j&#8217;ai également du mal à ne pas admirer la manœuvre.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5360" class="footnote">A propos, il faudra se demander un jour si le score de François Bayrou n&#8217;a finalement pas été un atout considérable pour Nicolas Sarkozy.</li><li id="footnote_1_5360" class="footnote">Que je crois convenablement représentée par <a href="http://www.koztoujours.fr/">l&#8217;ami Koz</a>.</li><li id="footnote_2_5360" class="footnote">Pour ne rien dire de François Bayrou qui compatit sur l&#8217;essaimage. Mais il est tout de même rare qu&#8217;on fasse une majorité d&#8217;une force d&#8217;appoint.</li><li id="footnote_3_5360" class="footnote">Aujourd&#8217;hui, on dirait que c&#8217;est le contraire.</li><li id="footnote_4_5360" class="footnote">Sauf peut-être Dominique Strauss-Kahn dont la modération réelle peut les rassurer.</li><li id="footnote_5_5360" class="footnote">Une bonne partie de son électorat semble plus réticent.</li><li id="footnote_6_5360" class="footnote">En 2007, ils auraient probablement accorder leur suffrage au Président Sarkozy.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Prix du Mouvement populaire 2010. Un scenario déjà écrit</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Aug 2010 14:25:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le sport hippique demeure l&#8217;un des seuls domaines où se rencontrent les passions aristocratiques et plébéiennes. On en veut pour preuve le défi haletant dans lequel s&#8217;est lancée l&#8217;écurie UMP lors du Prix du Mouvement populaire 2010. En voici la chronique, dont on pardonnera la brièveté comme la légèreté. Terrain lourd à Paris en juillet après l&#8217;averse de révélations sur Éric Woerth. Les spécialistes du steeple s&#8217;en sont donnés à cœur joie mais finissent fatigués. Place, donc, aux spécialistes du galop. Et les candidats sont au départ. Le favori, Président Sarkozy, a remarquablement préparé l&#8217;épreuve avec un échauffement de très bonne tenue au derby des gens du voyage qu&#8217;il a emporté de trois bonnes longueurs. Très à son aise sur les questions sécuritaires, il prend la tête au starter en proposant que les français d&#8217;origine étrangère auteurs de meurtres sur policiers ou gendarmes soient déchus de leur nationalité. Rouge Képi a bénéficié d&#8217;un accessit en raison de sa performance devant le tribunal correctionnel de Paris. Sa condamnation pour injure raciale a été remarquée des parieurs, qui lui ont donné une cote avantageuse. Il prend l&#8217;aspiration [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le sport hippique demeure l&#8217;un des seuls domaines où se rencontrent les passions aristocratiques et plébéiennes.</p>
<p>On en veut pour preuve le défi haletant dans lequel s&#8217;est lancée l&#8217;écurie UMP lors du <em>Prix du Mouvement populaire 2010</em>. En voici la chronique, dont on pardonnera la brièveté comme la légèreté.</p>
<p>Terrain lourd à Paris en juillet après l&#8217;averse de révélations sur Éric Woerth. Les spécialistes du <em>steeple</em> s&#8217;en sont donnés à cœur joie mais finissent fatigués. Place, donc, aux spécialistes du galop.</p>
<p>Et les candidats sont au départ.</p>
<p>Le favori, <em>Président Sarkozy</em>, a remarquablement préparé l&#8217;épreuve avec un échauffement de très bonne tenue au <em>derby des gens du voyage</em> qu&#8217;il a emporté de trois bonnes longueurs. Très à son aise sur les questions sécuritaires, il prend la tête au starter en proposant que les français d&#8217;origine étrangère auteurs de meurtres sur policiers ou gendarmes soient déchus de leur nationalité.</p>
<p><em>Rouge Képi</em> a bénéficié d&#8217;un accessit en raison de sa performance devant le tribunal correctionnel de Paris. Sa condamnation pour injure raciale a été remarquée des parieurs, qui lui ont donné une cote avantageuse. Il prend l&#8217;aspiration de <em>Président Sarkozy</em> et se porte à sa hauteur en suggérant d&#8217;étendre la déchéance aux auteurs d&#8217;excision et autres polygames.</p>
<p><em>Félon Besson</em>, distancé depuis son échec dans le Prix de l&#8217;identité nationale, tente un contre en soulignant les difficultés constitutionnelles. Mais c&#8217;est <em>Ciotti de la Matraque</em>, très apprécié des connaisseurs, qui surgit du diable Vauvert en osant la prison pour les parents de jeunes délinquants. Tandis qu&#8217;<em>Outstanding Lefebvre</em>, toujours habile dans la descente,  poursuit avec le &laquo;&nbsp;problème majeur des étrangers&nbsp;&raquo; et les liens de l&#8217;immigration et de la délinquance.</p>
<p><em>Outsanding Lefebvre</em> est à la lutte pour les places d&#8217;honneur avec <em>Motodidacte d&#8217;amour</em>, redoutable finisseur, qui invite à choisir entre &laquo;&nbsp;français et voyou&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais sur les derniers mètres, c&#8217;est finalement <em>Petit Menhir</em>, une pouliche très prometteuse, qui met tout le monde d&#8217;accord d&#8217;une encolure en accusant les chevaux de l&#8217;écurie UMP de &laquo;&nbsp;jouer en playback&nbsp;&raquo;. Elle remporte finalement les suffrages avec une course d&#8217;attente de toute beauté qui a vu les favoris s&#8217;épuiser à l&#8217;avant. Favoris, qui ont finalement couru pour elle.</p>
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		<title>Leçon de courage politique à l&#8217;usage des sceptiques</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 16:09:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le citoyen français peut se réjouir que le courage politique le dispute à la fidélité aux engagement. C&#8217;est dire si l&#8217;on doit s&#8217;étonner d&#8217;une abstention si massive lors des élections régionales. Discours de M. le Président de la République prononcé à Artemare le jeudi 10 septembre 2009 : — J’en ai pris l’engagement au printemps dernier : une fiscalité écologique nouvelle, la taxe carbone sera créée. (&#8230;) — Mesdames, Messieurs, la création d’une taxe carbone est tout sauf une décision anodine. Elle constitue un choix stratégique mûrement réfléchi, un virage fiscal majeur, ainsi qu’une décision économique de toute première importance. (&#8230;) — C’est un combat que je vais mener. La taxe carbone aux frontières est le complément naturel de la taxe carbone intérieure. Bien plus, la taxe carbone aux frontières est vitale pour nos industries et nos emplois. Elle exige d’abord la création de la taxe carbone en France. (&#8230;) — Vous le voyez, Mesdames, Messieurs, il en va de la fiscalité écologique comme de tant d’autres choses : il y a ceux qui en parlent, et il y a ceux qui la font. C’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, le citoyen français peut se réjouir que le courage politique le dispute à la fidélité aux engagement.</p>
<p>C&#8217;est dire si l&#8217;on doit s&#8217;étonner d&#8217;une abstention si massive lors des élections régionales.</p>
<p><a href="http://www.elysee.fr/download/?mode=press&amp;filename=Discours_2009-09-10_Artemarre.pdf">Discours</a> de M. le Président de la République prononcé à Artemare le jeudi 10 septembre 2009 :</p>
<blockquote><p>— J’en ai pris l’engagement au printemps dernier : une fiscalité écologique nouvelle, la taxe carbone sera créée.<br />
(&#8230;)<br />
— Mesdames, Messieurs, la création d’une taxe carbone est tout sauf une décision anodine. Elle constitue un choix stratégique mûrement réfléchi, un virage fiscal majeur, ainsi qu’une décision économique de toute première importance.<br />
(&#8230;)<br />
— C’est un combat que je vais mener. La taxe carbone aux frontières est le complément naturel de la taxe carbone intérieure. Bien plus, la taxe carbone aux frontières est vitale pour nos industries et nos emplois. Elle exige <strong>d’abord</strong> la création de la taxe carbone en France.<br />
(&#8230;)<br />
— Vous le voyez, Mesdames, Messieurs, il en va de la fiscalité écologique comme de tant d’autres choses : <strong>il y a ceux qui en parlent, et il y a ceux qui la font</strong>. C’est pour moi, profondément, une question de responsabilité. Une question de responsabilité vis-à-vis de nos enfants et des générations à venir, car cette mesure contribuera à dessiner un monde meilleur pour eux. Une question de responsabilité vis-à-vis des Français d’aujourd’hui.<br />
(&#8230;)<br />
— La situation est trop grave pour se mentir ou pour faire semblant. Toute ma vie, j’ai voulu réhabiliter la politique. Au-delà des grands mots, réhabiliter la politique, c’est croire qu’il n’y a jamais de fatalité. (&#8230;) <strong>Réhabiliter la politique, c’est croire que la parole des responsables politiques doit garder un sens</strong>. Et il n’y a aucune fatalité à ce que le temps qui passe, <strong>les difficultés du moment</strong> ou la <strong>démagogie ambiante</strong> viennent à bout des plus belles idées, des engagements les plus indispensables et des combats les plus nobles. Voilà l’éthique que je porte dans mon action. Du courage, je n’en manquerai pas.</p></blockquote>
<p><a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20100323.OBS0812/chantal_jouanno_se_dit_desesperee_du_recul_sur_la_taxe_.html">En effet</a> :</p>
<blockquote><p>François Fillon a annoncé, mardi 23 mars, lors d&#8217;une réunion de députés UMP l&#8217;abandon de la taxe carbone en soulignant qu&#8217;elle devait se faire au niveau européen pour &laquo;&nbsp;ne pas plomber la compétitivité&nbsp;&raquo; des entreprises françaises, selon plusieurs participants à la réunion. L&#8217;entourage du Premier ministre a assuré à l&#8217;AFP que cela ne signifiait pas l&#8217;abandon pur et simple de la taxe carbone.</p></blockquote>
<p></br><br />
</br><br />
</br><br />
NB : Un billet à la <a href="http://embruns.net">embruns</a>, mais un commentaire s&#8217;impose-t-il vraiment ?</p>
]]></content:encoded>
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