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	<title>Diner’s Room &#187; UMP</title>
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		<title>Le Front National est-il de droite ?</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Mar 2011 13:39:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, on discute non sans âpreté du caractère extrémiste du Front National. En revanche, sauf le Front National lui-même1, on ne s&#8217;interroge guère sur son ancrage droitier. C&#8217;est que son discours et son encadrement héritent largement des formations d’extrême droite du vingtième siècle. Et son évolution contemporaine — vers la modération —, semble le rapprocher de la droite conservatrice, qui s&#8217;interroge désormais ouvertement sur une éventuelle compatibilité2 des personnes et des projets. Le recrutement de son électorat, cependant, est plus incertain. On sait que le Front National a participé au dépeçage du Parti communiste. On voit encore aujourd&#8217;hui nombre d&#8217;électeurs tracer un chemin de la gauche anti-libérale au parti de Marine Le Pen. Parmi cceux-ci, il en est pour retourner voter à gauche en cas de deuxième tour contre un candidat de l&#8217;UMP. Le Front National n&#8217;agit donc pas nécessairement comme un sas vers le vote conservateur. Or, une appréciation sur le Front National3 doit être menée au regard des aspirations de son électorat tout autant que du discours qu&#8217;il professe. Observons, donc, les préoccupations de ces français qui se reconnaissent proches du Front National4. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, on discute non sans âpreté du caractère extrémiste du Front National.</p>
<p>En revanche, sauf le Front National lui-même<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_0_5819" id="identifier_0_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&amp;laquo;&amp;nbsp;Ni de gauche, ni de droite, fran&ccedil;ais.&amp;nbsp;&amp;raquo;">1</a></sup>, on ne s&#8217;interroge guère sur son ancrage droitier. C&#8217;est que son discours et son encadrement héritent largement des formations d’extrême droite du vingtième siècle. Et son évolution contemporaine — vers la modération —, semble le rapprocher de la droite conservatrice, qui s&#8217;interroge désormais ouvertement sur une éventuelle compatibilité<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_1_5819" id="identifier_1_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour l&amp;#8217;instant, elle s&amp;#8217;interroge sur une incompatibilit&eacute;, mais c&amp;#8217;est affaire de degr&eacute;, et non de nature.">2</a></sup> des personnes et des projets.</p>
<p>Le recrutement de son électorat, cependant, est plus incertain. On sait que le Front National a participé au dépeçage du Parti communiste. On voit encore aujourd&#8217;hui nombre d&#8217;électeurs tracer un chemin de la gauche anti-libérale au parti de Marine Le Pen. Parmi cceux-ci, il en est pour retourner voter à gauche en cas de deuxième tour contre un candidat de l&#8217;UMP. Le Front National n&#8217;agit donc pas nécessairement comme un sas vers le vote conservateur.</p>
<p>Or, une appréciation sur le Front National<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_2_5819" id="identifier_2_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ou tout autre parti politique : les difficult&eacute;s du Parti socialiste doivent &ecirc;tre rapport&eacute;es au hiatus entre la r&eacute;alit&eacute; de son &eacute;lectorat et sa cible d&eacute;clar&eacute;e.">3</a></sup> doit être menée au regard des aspirations de son électorat tout autant que du discours qu&#8217;il professe.</p>
<p>Observons, donc, les préoccupations de ces français qui se reconnaissent proches du Front National<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_3_5819" id="identifier_3_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mesur&eacute;es en mars 2011 par une &eacute;tude de TNS Sofres pour La Croix.">4</a></sup>.</p>
<p><strong>
<table id="wp-table-reloaded-id-4-no-1" class="wp-table-reloaded wp-table-reloaded-id-4">
<thead>
	<tr class="row-1 odd">
		<th class="column-1"></th><th class="column-2"><strong>Chômage et l’emploi</strong></th><th class="column-3"><strong>Santé et la qualité des soins</strong></th><th class="column-4"><strong>Évolution du pouvoir d’achat</strong></th><th class="column-5"><strong>Financement des retraites</strong></th><th class="column-6"><strong>Inégalités sociales</strong></th><th class="column-7"><strong>École et la qualité de l'enseignement</strong></th>
	</tr>
</thead>
<tbody class="row-hover">
	<tr class="row-2 even">
		<td class="column-1"><strong>Front de gauche</strong></td><td class="column-2"><span style="color: #ff0000;"><strong>71</strong></span></td><td class="column-3">54</td><td class="column-4">36</td><td class="column-5">41</td><td class="column-6">52</td><td class="column-7">56</td>
	</tr>
	<tr class="row-3 odd">
		<td class="column-1"><strong>Parti socialiste</strong></td><td class="column-2"><span style="color: #ff0000;"><strong>72</strong></span></td><td class="column-3">55</td><td class="column-4"><span style="color: #ff0000;"><strong>55</strong></span></td><td class="column-5"><span style="color: #ff0000;"><strong>48</strong></span></td><td class="column-6">58</td><td class="column-7">46</td>
	</tr>
	<tr class="row-4 even">
		<td class="column-1"><strong>Europe écologie</strong></td><td class="column-2">55</td><td class="column-3">50</td><td class="column-4">42</td><td class="column-5">39</td><td class="column-6">60</td><td class="column-7">56</td>
	</tr>
	<tr class="row-5 odd">
		<td class="column-1"><strong>Front National</strong></td><td class="column-2"><span style="color: #ff0000;"><strong>74</strong></span></td><td class="column-3"><span style="color: #ff0000;"><strong>44</strong></span></td><td class="column-4"><span style="color: #ff0000;"><strong>57</strong></span></td><td class="column-5"><span style="color: #ff0000;"><strong>54</strong></span></td><td class="column-6"><span style="color: #ff0000;"><strong>27</strong></span></td><td class="column-7"><span style="color: #ff0000;"><strong>33</strong></span></td>
	</tr>
	<tr class="row-6 even">
		<td class="column-1"><strong>UMP</strong></td><td class="column-2">58</td><td class="column-3">52</td><td class="column-4">45</td><td class="column-5">65</td><td class="column-6"><span style="color: #ff0000;"><strong>29</strong></span></td><td class="column-7"><span style="color: #ff0000;"><strong>40</strong></span></td>
	</tr>
</tbody>
</table>
</strong></p>
<p><strong>Le chômage et l&#8217;emploi</strong> représente la prime inquiétude des français, avec <strong>67%</strong> de taux de citation<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_4_5819" id="identifier_4_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et 39% en premi&egrave;re place.">5</a></sup>. Elle est de <strong>74%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>71%</strong> Et <strong>72%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>58%</strong> seulement pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p><strong>La santé et la qualité des soins</strong> représente la deuxième préoccupation des français avec un taux de réponse de <strong>51%</strong>. Ce taux est de <strong>44%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>54%</strong> Et <strong>55%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>52%</strong> pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p><strong>L&#8217;évolution du pouvoir d&#8217;achat</strong> représente la troisième préoccupation des français avec un taux de réponse de <strong>50%</strong>. Ce taux est de <strong>57%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>38%</strong> Et <strong>55%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>45%</strong> pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p><strong>Le financement des retraites</strong> représente la quatrième préoccupation des français avec un taux de réponse de <strong>49%</strong>. Ce taux est de <strong>65%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>41%</strong> Et <strong>48%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>54%</strong> pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p><strong>Les inégalités sociales</strong> représente la cinquième préoccupation des français avec un taux de réponse de <strong>44%</strong>. Ce taux est de<strong> 27%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>52%</strong> Et <strong>58%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>29%</strong> pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p><strong>L&#8217;école et la qualité de l&#8217;enseignement</strong> représente la sixième préoccupation des français avec un taux de réponse de <strong>44%</strong>. Ce taux est de <strong>33%</strong> pour les sympathisants du Front National, <strong>56%</strong> Et <strong>46%</strong> pour ceux du Front de gauche et du Parti socialiste, et <strong>40%</strong> pour ceux de l&#8217;UMP.</p>
<p>Dans cette enquête, la <em><strong>sécurité des biens et des personnes</strong></em> ne représente que la <strong>dixième préoccupation</strong> des français avec un taux de <strong>33%</strong> de réponse, mais on ne connaît pas la ventilation par profil. Il en va de même de <em><strong>la mondialisation</strong></em> (<strong>16%</strong> et <strong>treizième préoccupation</strong>) et de <strong><em>l&#8217;intégration et les relations entre groupes sociaux</em></strong> (<strong>12%</strong> et <strong>seizième préoccupation</strong>).</p>
<p>On observe donc que les sympathisants déclarés du Front National partagent équitablement leurs préoccupations avec la gauche traditionnelle et la droite conservatrice. Les questions du chômage et du pouvoir d&#8217;achat tendent à les rapprocher de l&#8217;électorat de gauche, tandis que celles des inégalités sociales, de l&#8217;école et du financement des retraites les situent plutôt du côté des conservateurs.</p>
<p>Une <a href="http://www.ipsos.fr/sites/default/files/attachments/cantonales1ertour_sondageipsoslogicabusinessconsulting_francetelevisions.pdf">autre étude</a><sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_5_5819" id="identifier_5_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ipsos : &Eacute;lections cantonales 2011 : r&eacute;sultats pour la France.">6</a></sup> conduite à l&#8217;orée des élections cantonales expose les motivations des électeurs. Ceux qui font le choix du Front National placent <strong>l&#8217;insécurité</strong> et <strong>l&#8217;immigration</strong> — aux niveaux national et local<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_6_5819" id="identifier_6_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Avec, cependant, cette diff&eacute;rence que le niveau national appara&icirc;t plus d&eacute;terminant que le niveau local ; ce qui tend &agrave; accr&eacute;diter l&amp;#8217;id&eacute;e qu&amp;#8217;il existe, malgr&eacute; tout, des perceptions de l&amp;#8217;ins&eacute;curit&eacute; et de l&amp;#8217;immigration qui ne reposent pas sur l&amp;#8217;exp&eacute;rience directe.">7</a></sup> — au premier rang des leurs motivation de vote — <strong>60%</strong> au niveau national pour l&#8217;un et l&#8217;autre<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_7_5819" id="identifier_7_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="50% au niveau local.">8</a></sup>. L&#8217;évolution des prix et le pouvoir d&#8217;achat arrive en troisième position, mais loin derrière avec <strong>38%</strong>. L&#8217;insécurité et l&#8217;immigration représentent également une préoccupation pour les électeurs de l&#8217;UMP, mais aux troisième et sixième rang seulement. Elles sont en revanche insignifiantes pour les électeurs de gauche.</p>
<p>Que peut-on déduire de ces données croisées ?</p>
<p>En ignorant les biais<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_8_5819" id="identifier_8_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il existe des biais psychologiques. Le jugement de coh&eacute;rence, par exemple, nous pousse &agrave; post-rationaliser nos motivations. C&amp;#8217;est &agrave; dire, &agrave; adopter apr&egrave;s coup des motivations conforme &agrave; nos comportement. Ainsi, l&amp;#8217;&eacute;lecteur de gauche justifie son choix par la mise en avant de ce qu&amp;#8217;il estime devoir &ecirc;tre les sujets d&eacute;terminants d&amp;#8217;un vote de gauche et Idem de celui du Front national.">9</a></sup>, on constate que la sympathie à l&#8217;endroit du Front National s&#8217;appuie sur des préoccupations <em>socio-économiques</em> et des préoccupations <em>sécuritaires</em>. Mais parmi les préoccupations socio-économiques, celles qui ont trait à la <em>justice sociale</em> sont largement ignorées<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_9_5819" id="identifier_9_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A l&amp;#8217;inverse, les in&eacute;galit&eacute;s sociales sont le crit&egrave;re distinctif des votes de gauche et de droite &mdash; &agrave; l&amp;#8217;exception notable et &eacute;trange du NPA : seulement 46% de taux de r&eacute;ponse.">10</a></sup>. En revanche, celles qui contiennent des enjeux de <strong><em>protection individuelle</em></strong><sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_10_5819" id="identifier_10_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Emploi, pouvoir d&amp;#8217;achat, retraites.">11</a></sup> sont mis en avant. Autrement dit, le spectre des préoccupations du sympathisant frontiste fait apparaître un sentiment de <em>vulnérabilité</em> sociale, économique, identitaire et physique.</p>
<p>Ce sentiment est certes inspiré de préoccupation exclusivement <em><strong>individualistes</strong></em> — que l&#8217;on classera, par tradition, <em><strong>à droite</strong></em><sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_11_5819" id="identifier_11_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour autant, on ne peut dire qu&amp;#8217;il se range tout &agrave; fait aux  pr&eacute;occupations de la droite conservatrice classique, toujours inqui&egrave;te  de la question fiscale.">12</a></sup>, lors même qu&#8217;il partage des inquiétudes avec l&#8217;électorat de gauche. Cependant, la recherche d&#8217;une politique de protection s&#8217;adresse traditionnellement aux formations <em><strong>de gauche</strong></em>. Si donc on peut prêter au sympathisant frontiste un corpus de valeurs plutôt marquées à droite, on doit également convenir que ses attentes l&#8217;orientent vers une offre politique de protection traditionnellement monopolisée par la gauche.</p>
<p>Aussi bien doit-on hésiter avant de confiner l&#8217;électeur du Front National dans le giron de la droite. Il ne faut pas davantage écarter l&#8217;hypothèse d&#8217;une porosité croissante entre l&#8217;électorat de la gauche traditionnelle et le Front national. Le siphonnage du Parti communiste dans les années 80s a produit une acculturation notable au sein du Parti de Jean-Marie Le Pen, autrefois très marqué par la préoccupation fiscale. Aujourd&#8217;hui, ce sont les catégories des <strong>ouvriers, employés et inactifs</strong> qui partagent la plus largement leur préoccupations avec les sympathisants du Front National. Or, ces catégories forment le <em>contingent traditionnel du vote de gauche</em>.</p>
<p>Reste, il est vrai, le marqueur de la <strong><em>justice sociale</em></strong>. Mais il est notable que cette préoccupation <em>intéresse davantage les catégories aisées et moyennes supérieures que les catégories modestes et moyennes inférieures</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_12_5819" id="identifier_12_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&ecirc;me observation concernant la ventilation des CSP.">13</a></sup> : les catégories populaires font de l&#8217;inégalité une préoccupation pour 40% alors que les catégories supérieures s&#8217;y intéressent pour 50%. Autrement dit, <strong><em>tout se passe comme si la cible électorale traditionnelle de la gauche abandonnait l&#8217;espoir ou le souci de justice sociale</em></strong>. Ce qui la rend bien sûr disponible à un discours moins universaliste — ou franchement protectionniste —, comme celui du Front National. Et si le prisme égalitariste subsiste dans le débat public français, c&#8217;est parce qu&#8217;il prospère au sein des catégories sociales les plus aisées, qui en monopolisent largement l&#8217;animation.</p>
<p>Le Président Sarkozy professe la <em>droitisation</em> de la société française. C&#8217;est sans doute vrai, mais cette droitisation ne se limite pas à un prurit xénophobe ou autoritaire. Il s&#8217;agit sans doute davantage d&#8217;un développement de la raison individualiste.</p>
<p>Il reste à déterminer si le développement de cet individualisme procède d&#8217;un désenchantement face au discours solidariste dont on attend plus guère, ou s&#8217;il correspond à une évolution axiologique globale. En clair<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_13_5819" id="identifier_13_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et en moins frimeur.">14</a></sup>, la nouvelle indifférence égalitaire traduit-elle une déception des classes populaires ou un véritable changement des valeurs de la société française ?</p>
<p>Dans l&#8217;un et l&#8217;autre cas, les formations de gauche doivent s&#8217;interroger.</p>
<p>Dans le premier cas, sur leur offre politique. Face à une clientèle politique devenue fort méfiante, la promesse égalitaire peut difficilement s’accommoder de mesures d&#8217;ajustement<sup><a href="http://dinersroom.eu/5819/le-front-national-est-il-de-droite/#footnote_14_5819" id="identifier_14_5819" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et pourtant, ce sont probablement les seules que l&amp;#8217;on peut raisonnablement mettre en &oelig;uvre sans fragiliser trop l&amp;#8217;&eacute;quilibre de la soci&eacute;t&eacute;. C&amp;#8217;est tragique, mais ceux qui pourraient profiter d&amp;#8217;une politique de r&eacute;forme ambitieuse &mdash; quelle qu&amp;#8217;elle soit &mdash; s&amp;#8217;y opposeront probablement avec vigueur.">15</a></sup>.</p>
<p>Dans le second cas, c&#8217;est l&#8217;identité même de la gauche française qui devra être mise à jour. Ce qui est autrement plus douloureux.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5819" class="footnote">&laquo;&nbsp;Ni de gauche, ni de droite, français.&nbsp;&raquo;</li><li id="footnote_1_5819" class="footnote">Pour l&#8217;instant, elle s&#8217;interroge sur une incompatibilité, mais c&#8217;est affaire de degré, et non de nature.</li><li id="footnote_2_5819" class="footnote">Ou tout autre parti politique : les difficultés du Parti socialiste doivent être rapportées au hiatus entre la réalité de son électorat et sa cible déclarée.</li><li id="footnote_3_5819" class="footnote">Mesurées en mars 2011 par <a href="http://www.tns-sofres.com/_assets/files/2011.03.07-baro-preoc.pdf">une étude</a> de TNS Sofres pour La Croix.</li><li id="footnote_4_5819" class="footnote">Et 39% en première place.</li><li id="footnote_5_5819" class="footnote">Ipsos : Élections cantonales 2011 : résultats pour la France.</li><li id="footnote_6_5819" class="footnote">Avec, cependant, cette différence que le niveau national apparaît plus déterminant que le niveau local ; ce qui tend à accréditer l&#8217;idée qu&#8217;il existe, malgré tout, des perceptions de l&#8217;insécurité et de l&#8217;immigration qui ne reposent pas sur l&#8217;expérience directe.</li><li id="footnote_7_5819" class="footnote">50% au niveau local.</li><li id="footnote_8_5819" class="footnote">Il existe des biais psychologiques. Le jugement de cohérence, par exemple, nous pousse à post-rationaliser nos motivations. C&#8217;est à dire, à adopter <em><strong>après coup</strong></em> des motivations conforme à nos comportement. Ainsi, l&#8217;électeur de gauche justifie son choix par la mise en avant de ce qu&#8217;il estime devoir être les sujets déterminants d&#8217;un vote de gauche et Idem de celui du Front national.</li><li id="footnote_9_5819" class="footnote">A l&#8217;inverse, les inégalités sociales sont le critère distinctif des votes de gauche et de droite — à l&#8217;exception notable et étrange du NPA : seulement 46% de taux de réponse.</li><li id="footnote_10_5819" class="footnote">Emploi, pouvoir d&#8217;achat, retraites.</li><li id="footnote_11_5819" class="footnote">Pour autant, on ne peut dire qu&#8217;il se range tout à fait aux  préoccupations de la droite conservatrice classique, toujours inquiète  de la question fiscale.</li><li id="footnote_12_5819" class="footnote">Même observation concernant la ventilation des CSP.</li><li id="footnote_13_5819" class="footnote">Et en moins frimeur.</li><li id="footnote_14_5819" class="footnote">Et pourtant, ce sont probablement les seules que l&#8217;on peut raisonnablement mettre en œuvre sans fragiliser trop l&#8217;équilibre de la société. C&#8217;est tragique, mais ceux qui pourraient profiter d&#8217;une politique de réforme ambitieuse — quelle qu&#8217;elle soit — s&#8217;y opposeront probablement avec vigueur.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Brèves observations sur les élections cantonales</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Mar 2011 18:54:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, une hirondelle ne fait pas le printemps, mais un premier tour d&#8217;élections cantonales, si. Du moins lorsqu&#8217;il tombe un dimanche 20 mars 2011, jour d&#8217;équinoxe. Les résultats du premier tour des élections cantonales n&#8217;autorisent sans doute pas de conclusions incontestables. Les ignorer, cependant, au prétexte de l&#8217;abstention, ou refuser d&#8217;y voir autre chose qu&#8217;une collection de joutes locales serait faire preuve d&#8217;un même aveuglement. Ce scrutin a bel et bien une valeur politique, et celle-ci est élevée. Les enseignements à en tirer sont fort riches, pourvu qu&#8217;on puisse le faire avec suffisamment d&#8217;information, de labeur et de talent. Toutes choses dont l&#8217;honnêteté m&#8217;invite à reconnaître le défaut1. Ce sera donc le plaisir de la spéculation qui guidera ces brèves remarques. Pourquoi les élections cantonales ont un contenu politique riche ? Eh bien, de façon paradoxale, à raison de leur insignifiance. On en ignore généralement l&#8217;objet et quand on le connaît, il est bien difficile de lui prêter un contenu politique majeur. Il s&#8217;agit après tout d&#8217;élire une majorité chargée d&#8217;administrer le département. Les décisions de gestion y sont fort peu politiques et l&#8217;enjeu fiscal est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, une hirondelle ne fait pas le printemps, mais un premier tour d&#8217;élections cantonales, si.</p>
<p>Du moins lorsqu&#8217;il tombe un dimanche 20 mars 2011, jour d&#8217;équinoxe.</p>
<p>Les résultats du premier tour des élections cantonales n&#8217;autorisent sans doute pas de conclusions incontestables. Les ignorer, cependant, au prétexte de l&#8217;abstention, ou refuser d&#8217;y voir autre chose qu&#8217;une collection de joutes locales serait faire preuve d&#8217;un même aveuglement. Ce scrutin a bel et bien une valeur politique, et celle-ci est élevée. Les enseignements à en tirer sont fort riches, pourvu qu&#8217;on puisse le faire avec suffisamment d&#8217;information, de labeur et de talent. Toutes choses dont l&#8217;honnêteté m&#8217;invite à reconnaître le défaut<sup><a href="http://dinersroom.eu/5800/breves-observations-sur-les-elections-cantonales/#footnote_0_5800" id="identifier_0_5800" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&ecirc;me si ma vanit&eacute; proteste &eacute;nergiquement.">1</a></sup>.</p>
<p>Ce sera donc le plaisir de la spéculation qui guidera ces <span style="text-decoration: line-through;">brèves</span> remarques.</p>
<p>Pourquoi les élections cantonales ont un contenu politique riche ?</p>
<p>Eh bien, de façon paradoxale, à raison de leur insignifiance. On en ignore généralement l&#8217;objet et quand on le connaît, il est bien difficile de lui prêter un contenu politique majeur. Il s&#8217;agit après tout d&#8217;élire une majorité chargée d&#8217;administrer le département. Les décisions de gestion y sont fort peu politiques et l&#8217;enjeu fiscal est inexistant. Les conseillers généraux sortants — ou leurs concurrents — n&#8217;entretiennent pas avec leurs électeurs le lien<sup><a href="http://dinersroom.eu/5800/breves-observations-sur-les-elections-cantonales/#footnote_1_5800" id="identifier_1_5800" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Souvent client&eacute;liste.">2</a></sup> que le maire ou le député se doit de nourrir. Il s&#8217;ensuit que le choix électoral, alors, se résume souvent à l&#8217;expression d&#8217;une affiliation partisane.</p>
<p>Comment, donc, interpréter les choix de ce dimanche 20 mars 2011, jour de printemps ?</p>
<p><strong><em>L&#8217;abstention</em></strong>, d&#8217;abord, trahit assurément le désintérêt de l&#8217;électeur. Mais à quoi l&#8217;attribuer ?</p>
<p>Au premier chef, à l&#8217;absence d&#8217;enjeu véritable, sans doute. D&#8217;autant que l&#8217;indifférence de l&#8217;électeur était largement entretenue par l&#8217;énergique indolence des principaux partis — le Front National excepté. Pour des raisons évidentes, l&#8217;UMP, qui anticipait fort justement sa défaite, n&#8217;a pas stimulé la joute électorale. Pour des raisons moins évidentes, le Parti socialiste n&#8217;est pas parvenu à dramatiser un scrutin qui se présentait pourtant sous un jour favorable. Il faut ajouter à cela que la défiance à l&#8217;égard de l&#8217;UMP s&#8217;est sans doute manifestée<sup><a href="http://dinersroom.eu/5800/breves-observations-sur-les-elections-cantonales/#footnote_2_5800" id="identifier_2_5800" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme il est de fr&eacute;quent usage &agrave; droite.">3</a></sup> par un refus de vote qui a nourrit l&#8217;abstention.</p>
<p><strong><em>La débâcle de l&#8217;UMP</em></strong> est le second fait marquant. Quels que soient les explications sinueuses de ses dirigeants.</p>
<p>Cette débâcle ne se lit pas seulement dans le score médiocre d&#8217;un parti à vocation hégémonique sur le camp conservateur<sup><a href="http://dinersroom.eu/5800/breves-observations-sur-les-elections-cantonales/#footnote_3_5800" id="identifier_3_5800" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A la diff&eacute;rence du parti socialiste, l&amp;#8217;UMP peut difficilement pr&eacute;tendre &agrave; de bons r&eacute;sultats &agrave; moins de 30% des votes.">4</a></sup>, mais également aux honorables résultats des candidats &laquo;&nbsp;<em>divers droites</em>&laquo;&nbsp;. Faire le choix d&#8217;un candidat <em>divers droite</em> dans une élection où la variable personnelle des candidats est faible montre le rejet dont l&#8217;UMP fait l&#8217;objet parmi l&#8217;électorat de droite. Tout du moins, celui qui s&#8217;est déplacé. Car il faut réserver également à droite la part d&#8217;abstentionnistes.</p>
<p><strong><em>Notule en passant :</em></strong> on sait que l&#8217;électorat âgé a une propension à la participation électorale plus élevée que les autres classes d&#8217;âge. On sait aussi que cet électorat a une préférence nette pour la droite conservatrice. Il conviendra donc d&#8217;observer avec attention le vote des personnes âgées. Car, si celles-ci se sont détournées du parti du Président Sarkozy alors qu&#8217;elles constituent sa &laquo;&nbsp;fidèle clientèle&nbsp;&raquo;, même au profit de la droite diverse ou du Front National, il y aura de quoi s&#8217;inquiéter franchement pour le premier tour de 2012.</p>
<p><strong><em>Une droite tripolaire</em></strong>, ensuite. La droite des cantonales, en effet, apparaît divisée en trois contingent de force équivalente. La <strong>droite conservatrice</strong> de l&#8217;UMP n&#8217;obtient qu&#8217;une légère avance (17%) sur la <strong>droite nationale</strong> (15,2%) et les candidats <strong>divers droite</strong> (15%). Cette division est tout à la fois artificielle et réelle.</p>
<p>Elle est <strong>artificielle</strong> dans la mesure où le vote <em>divers droite</em> semble traduire davantage un rejet de l&#8217;UMP qu&#8217;une fracture idéologique franche au sein de la droite. Par ailleurs, l&#8217;abstention a sans doute pour effet de minorer le score de l&#8217;UMP.</p>
<p>Elle est peut être <strong>réelle</strong> dans la mesure où l&#8217;UMP accuse un net tropisme droitier qui peut indisposer <em>l&#8217;électorat conservateur modéré</em>.</p>
<p>Or, rien n&#8217;assure que cet électorat, qui a témoigné de son agacement, reviendra à la raison partisane en 2012 pour porter le Président Sarkozy au second tour de l&#8217;élection présidentielle. Rien, il est vrai, ne l&#8217;interdit. L&#8217;électorat conservateur est fidèle et légitimiste. Il vote rarement contre un candidat conservateur et préfère s&#8217;abstenir. En cela, le vote <em>divers droite</em> peut apparaître comme un signe de rupture. Cependant, l&#8217;insignifiance des élections cantonales a pu libérer les humeurs de cet électorat qui hésitera à favoriser la victoire d&#8217;un adversaire en 2012. Sans compter qu&#8217;il faudrait un rival solide au Président Sarkozy pour porter un vote concurrent.</p>
<p>Vous me direz que les rivaux ne manquent pas à droite. C&#8217;est vrai. Mais iront-ils jusqu&#8217;à contester au candidat de la droite majoritaire la possibilité de l&#8217;emporter ? Rien n&#8217;est moins sûr.</p>
<p><em><strong>Le Front National obtient un score honorable</strong></em>. On fait valoir, certes, que ses résultats en voix n&#8217;excèdent guère ceux de scrutins antérieurs, mais il était d&#8217;usage qu&#8217;une abstention forte le défavorise<sup><a href="http://dinersroom.eu/5800/breves-observations-sur-les-elections-cantonales/#footnote_4_5800" id="identifier_4_5800" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les motivations du vote Front National empruntent souvent aux m&ecirc;me sources que l&amp;#8217;abstention.">5</a></sup>. Aussi bien faut-il tempérer le jugement sur cette stagnation relative.</p>
<p>Tout comme il faut mesurer l&#8217;appréciation selon laquelle le résultat donné au niveau national ne tient pas compte de l&#8217;absence de candidats du Front National dans certaines circonscriptions. Sans doute les résultats obtenus localement sont-ils plus élevés que la moyenne nationale, mais on ne peut en déduire qu&#8217;une couverture totale des circonscriptions aurait significativement haussé le score final. On peut estimer, en effet, que le Parti de Marine Le Pen a négligé des cantons dans lesquels il n&#8217;anticipait pas de bons résultats.</p>
<p>En réalité, le test, pour le Front National commence <em>au second tour</em>. Si ses candidats se trouvent en mesure de contester la victoire à leurs adversaires, c&#8217;est que le vote Front National est devenu moins rebutant pour l&#8217;électeur. Et en particulier l&#8217;électeur de droite.</p>
<p>Outre qu&#8217;une telle hypothèse aurait pour effet de solidifier un électorat plus confiant dans les chances de succès de ses candidats, elle rendrait la tâche des conservateurs modérés plus ardue ; car il lui faudrait envisager d&#8217;intégrer le Front national à une coalition de droite<sup><a href="http://dinersroom.eu/5800/breves-observations-sur-les-elections-cantonales/#footnote_5_5800" id="identifier_5_5800" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui, en passant, me semble une bonne chose pour le syst&egrave;me politique fran&ccedil;ais.">6</a></sup>. Mais la synthèse du centre droit et de la droite nationale peut être ardue à trouver.</p>
<p><em><strong>La situation de la gauche</strong></em> n&#8217;appelle pas de réponse particulière. Elle semble convenablement structurée pour former une coalition victorieuse lors d&#8217;un scrutin national, mais se heurte à son défi historique sous la cinquième République : trouver un candidat qui puisse réaliser une synthèse électorale personnelle à la mesure de celle qui peut prospérer dans des scrutins collectifs : on imagine volontiers l&#8217;électeur socialiste porter ses voix sur un candidat communiste dans un canton ou un département. Mais il peut hésiter davantage dans le cadre de l&#8217;élection présidentielle, face à un candidat de la droite modérée.</p>
<p>Autrement dit, l&#8217;enjeu, pour la gauche, réside dans le choix d&#8217;un candidat. A droite, c&#8217;est devenu une question de structure partisane.</p>
<p>Je m&#8217;en voudrais, pour finir, de ne pas dire un mot du Modem, dont la maigreur du résultat permet de mesurer la confiance de l&#8217;électeur. Et je ne crains pas de m&#8217;avancer en prophétisant pour 2012 un score médiocre à François Bayrou, qui a largement épuisé le crédit qu&#8217;il avait pu gagner en 2007.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5800" class="footnote">Même si ma vanité proteste énergiquement.</li><li id="footnote_1_5800" class="footnote">Souvent clientéliste.</li><li id="footnote_2_5800" class="footnote">Comme il est de fréquent usage à droite.</li><li id="footnote_3_5800" class="footnote">A la différence du parti socialiste, l&#8217;UMP peut difficilement prétendre à de bons résultats à moins de 30% des votes.</li><li id="footnote_4_5800" class="footnote">Les motivations du vote Front National empruntent souvent aux même sources que l&#8217;abstention.</li><li id="footnote_5_5800" class="footnote">Ce qui, en passant, me semble une bonne chose pour le système politique français.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;aube du Front National, le crépuscule de la droite</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Mar 2011 15:09:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, tous les chats sont gris. Ou tout du moins ne distingue-t-on plus guère parfois, la droite qui se prétend &#171;&#160;populaire&#160;&#187;, de celle qui se dit &#171;&#160;nationale&#160;&#187;. Mais entre chien et loup, s&#8217;agit-il d&#8217;une aube, ou d&#8217;un crépuscule ? C&#8217;est à voir. Un sondage mené par l’institut Harris Interactive donne Marine Le Pen en tête des intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle de 2012. Pâmoisons et récris, fureurs et gourmandise. De partout l&#8217;on conteste, de toute part, on commente. Si l’on peut discuter la valeur de l’enquête1, tout autant que sa vertu prédictive2, il ne fait cependant guère de doute que la nouvelle leader du Front National suscite un intérêt dans l’électorat ; un intérêt qui dépasse celui que Jean-Marie Le Pen avait su faire naître. C’est qu’en effet, la personnalité publique de Marine Le Pen ne semble pas provoquer les réticences que rencontrait son père et prédécesseur. Non plus, d’ailleurs, que son positionnement politique, très clairement autoritaire et emprunt de xénophobie, mais également libéral sur le plan des mœurs, et pourtant interventionniste dans les domaines économiques et sociaux. Une synthèse populiste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, tous les chats sont gris.</p>
<p>Ou tout du moins ne distingue-t-on plus guère parfois, la droite qui se prétend &laquo;&nbsp;populaire&nbsp;&raquo;, de celle qui se dit &laquo;&nbsp;nationale&nbsp;&raquo;. Mais entre chien et loup, s&#8217;agit-il d&#8217;une aube, ou d&#8217;un crépuscule ?</p>
<p>C&#8217;est à voir.</p>
<p><a href="http://www.harrisinteractive.fr/news/2011/07032011.asp">Un sondage</a> mené par l’institut <em>Harris Interactive</em> donne Marine Le Pen en tête des intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle de 2012.</p>
<p>Pâmoisons et récris, fureurs et gourmandise. De partout l&#8217;on conteste, de toute part, on commente.</p>
<p>Si l’on peut discuter la valeur de l’enquête<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_0_5725" id="identifier_0_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dont la m&eacute;thode et les conditions de r&eacute;alisation demeurent largement opaques.">1</a></sup>, tout autant que sa vertu prédictive<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_1_5725" id="identifier_1_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;exp&eacute;rience montre que les intentions de vote mesur&eacute;e &agrave; plusieurs mois de l&rsquo;&eacute;ch&eacute;ance sont tr&egrave;s largement d&eacute;menties.">2</a></sup>, il ne fait cependant guère de doute que la nouvelle leader du Front National suscite un intérêt dans l’électorat ; un intérêt qui dépasse celui que Jean-Marie Le Pen avait su faire naître.</p>
<p>C’est qu’en effet, la personnalité publique de Marine Le Pen ne semble pas provoquer les réticences que rencontrait son père et prédécesseur. Non plus, d’ailleurs, que son positionnement politique, très clairement autoritaire et emprunt de xénophobie, mais également libéral sur le plan des mœurs, et pourtant interventionniste dans les domaines économiques et sociaux. Une synthèse populiste de droite, si l’on veut, dans laquelle se reconnaissent volontiers des électeurs issus de la gauche. Une synthèse moderne — voire moderniste<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_2_5725" id="identifier_2_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Front National version Marine Le Pen semble revendiquer son ancrage dans les &eacute;volutions du temps plut&ocirc;t que de tisser sans cesse la toile immense de la corruption du pass&eacute;.">3</a></sup> —, en tous les cas, que la gauche — en particulier la gauche radicale — aurait bien tort de qualifier de « réactionnaire ».</p>
<p>La force de cette synthèse est qu’elle joint droite et gauche, non pas, comme longtemps, par une conjugaison protestataire, mais plus profondément, en s’appuyant sur des aspirations de classes sociales. En particuliers, des classes dites &laquo;&nbsp;populaires&nbsp;&raquo;. Ce qui rend son assise électorale bien plus solide que celle du Front National canal historique<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_3_5725" id="identifier_3_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je ne serait gu&egrave;re surpris, &agrave; cet &eacute;gard, que la mutation engag&eacute;e par Marine Le Pen conduise &agrave; un changement de label : &laquo; Front &raquo; National, cela sonne encore un peu comme une coop&eacute;rative de bagarreurs.">4</a></sup>, ou que celle de l’UMP tendance « droite populaire », plus usurpatrice que véritablement sensible aux doléances des classes populaires.</p>
<p>Les ouvriers en France, par exemple, n’ont pas de tradition véritablement internationaliste<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_4_5725" id="identifier_4_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Parti communiste fran&ccedil;ais, d&rsquo;ailleurs, a toujours &eacute;t&eacute; un d&eacute;fenseur farouche de la Nation en p&eacute;riode &eacute;lectorale, m&ecirc;me lorsqu&rsquo;il &eacute;tait plus &agrave; l&rsquo;Est qu&rsquo;&agrave; gauche &mdash; Selon le mot de Guy Mollet.">5</a></sup>.  Ils sont plus volontiers protectionnistes et sensibles aux arguments malthusens qui voient dans l’emploi une ressource rare. <em>Rare</em>, donc, objet d&#8217;un discours tenu en terme de justice<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_5_5725" id="identifier_5_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et ce n&amp;#8217;est pas le moindre des tares de la gauche que d&amp;#8217;avoir accr&eacute;dit&eacute; cette vision mortif&egrave;re de l&amp;#8217;&eacute;conomie avec la loi sur le partage du temps de travail. Le vice v&eacute;ritable de la loi sur les 35 heures n&amp;#8217;est pas &agrave; proprement parler &eacute;conomique, il est surtout p&eacute;dagogique.">6</a></sup> : qui <em>mérite</em> le travail ? <em>Rare</em>, donc difficile à partager avec les étrangers, encore moins lorsqu’ils viennent sur le sol français. De là qu’un discours isolationniste les convainc d’autant plus volontiers qu’ils ont eu à souffrir de l’ouverture internationale des marchés.</p>
<p>Les classes populaires, en général, même lorsqu’elles sont protégées par le statut de la fonction publique ont vu se dégrader leur situation économique. La précarisation des emplois, comme la faiblesse de l’augmentation des revenus, rend les situations plus fragiles. Ce d&#8217;autant que les marches de l’échelle sociale sont plus difficile à gravir aujourd&#8217;hui qu&#8217;hier. Et lorsque l’on ne peut progresser, on devient beaucoup plus sensible à toutes les formes de régression. Dans une société rigide comme l&#8217;est la société française, toute évolution est un risque et rares sont les opportunités<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_6_5725" id="identifier_6_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceci, je crois, nous est propre. Il n&amp;#8217;est gu&egrave;re d&amp;#8217;autres soci&eacute;t&eacute;s dans lesquelles le dipl&ocirc;me et l&amp;#8217;exp&eacute;rience professionnelle acquise sont un poids plus qu&amp;#8217;un atout. Les choix les plus pr&eacute;coces figent le destin individuel et instruisent, de la sorte, une sorte de conscience de l&amp;#8217;in&eacute;luctable peu propice &agrave; la diffusion d&amp;#8217;un sentiment de confiance.">7</a></sup>.</p>
<p><em>Last but not least</em>, les classes populaires, sont d’autant plus sensibles aux  questions de sécurité qu’elles sont celles qui subissent le plus  d’infractions. De la sorte, les discours que l’on dit « sécuritaires »  les séduisent volontiers. D&#8217;autant plus volontiers, d&#8217;ailleurs, que ces discours épousent les catégories étrangers/français et peuple/élite.</p>
<p>Tout ceci, bien sûr, n’est qu’un canevas imprécis, mais il permet d&#8217;esquisser les raisons d&#8217;un succès durable et solide pour le Front National.</p>
<p>Pourquoi le Front National plus que le Parti socialiste ou l&#8217;UMP ?</p>
<p>Le Parti socialiste a perdu une bataille fondamentale, qui est celle de l&#8217;idéologie. Il est aujourd&#8217;hui la seule force politique résolument <em>universaliste</em>. Ce qui doit séduire les personnes qui n&#8217;ont que peu à craindre de la mondialisation — soit parce qu&#8217;elles en profitent, soit parce qu&#8217;elles en sont protégées — mais constitue un repoussoir pour les autres. Lorsque le Parti socialiste fait preuve de sagesse et la modération, il passe pour suffisant et ignorant du peuple. Lorsqu&#8217;il s&#8217;échauffe, on le tient, c&#8217;est selon, pour opportuniste ou vain. La seule chance du Parti socialiste, d&#8217;une certaine façon, c&#8217;est l&#8217;échec de la droite modérée — celle qu&#8217;on disait autrefois &laquo;&nbsp;républicaine&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Car l&#8217;UMP n&#8217;est pas en reste. Je pense que le Président Sarkozy et sa tendance &laquo;&nbsp;droite populaire&nbsp;&raquo; a durablement fatigué la droite. Non pas, peut-être, l&#8217;appareil électoral de l&#8217;UMP, mais la droite en tant qu&#8217;agrégat sociologique. Le &laquo;&nbsp;<em>peuple de droite</em>&laquo;&nbsp;, si l&#8217;on veut. La synthèse traditionnelle des conservateurs et de la modération orléaniste a été dissoute dans une forme de bonapartisme vulgaire, dont le Front National sait bien mieux jouer. Sans doute aussi parce que ses cadres y croient.</p>
<p>Certes, la stratégie de segmentation de l&#8217;électorat a réussi. Mais c&#8217;est au profit du Front National. Le Président Sarkozy n&#8217;a pas éreinté le Front National, il lui a préparé un électorat<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_7_5725" id="identifier_7_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et &agrave; mon avis, cet &eacute;lectorat est durable et solide.">8</a></sup>. Et l&#8217;UMP périt par là où elle a pêché. Chercher sans cesse les lignes de fracture a conduit la droite à se diviser, grossièrement, en deux tendance.</p>
<ul>
<li>La <em>tendance <strong>populaire/nationale</strong></em>, que se disputent aujourd&#8217;hui le Président Sarkozy et Marine Le Pen, avec, pour des raisons idéologiques et conjoncturelles, un avantage pour la seconde.</li>
<li>La <em>tendance <strong>modérée/conservatrice</strong></em> (un bon quart de l&#8217;électorat), qui ne suffit plus à l&#8217;emporter pour un candidat de droite, mais hésite désormais à se confondre avec la droite populaire/nationale ; soit parce qu&#8217;elle est modérée<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_8_5725" id="identifier_8_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme mes amis Koz et Authueil.">9</a></sup>, soit parce qu&#8217;elle est réaliste<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_9_5725" id="identifier_9_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme mes amis Koz et Authueil.">10</a></sup> — le système nord-Coréen de rapport au monde n&#8217;est pas une option raisonnable.</li>
</ul>
<p>Le problème, pour l&#8217;UMP, est que ces deux tendances pouvaient se conjuguer électoralement tant qu&#8217;elles n&#8217;étaient pas si accusées. Mais — et c&#8217;était le risque de l&#8217;outrance sarkozienne — à creuser sans cesse les sillons, on finit par tracer des frontières. Et l&#8217;affadissement de la fracture entre la droite populaire et la droite nationale a réciproquement nourrit une fracture entre la droite populaire et la droite conservatrice/modérée. De sorte qu&#8217;il me semble aujourd&#8217;hui peut-être plus facile pour un conservateur de porter son voter vers la gauche modérée que vers la droite populaire ; comme il est peut-être plus facile pour un électeur de la droite populaire de porter son vote sur le Front National que sur un centriste de droite. Bref, le socle électoral de l&#8217;UMP est soumis à des forces centrifuges qui le déportent vers le Front National, tout en le nourrissant.</p>
<p>Faut-il s&#8217;en désespérer ?</p>
<p>Assurément, et à tous points de vue, la <em>Weltanschauung</em> de la droite populaire/nationale n&#8217;est pas très réjouissante. Une telle synthèse, qui professe la détestation du &laquo;&nbsp;politiquement correct&nbsp;&raquo; au profit d&#8217;une &laquo;&nbsp;réalité&nbsp;&raquo; prétendue ne fait en vérité que jeter un voile sur la complexité, voire sur une simplicité déplaisante. Car le fait est que le discours de la droite populaire/nationale<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_10_5725" id="identifier_10_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J&amp;#8217;en aurais autant pour la gauche dite &amp;laquo;&amp;nbsp;radicale&amp;nbsp;&amp;raquo; ou &amp;laquo;&amp;nbsp;de gauche&amp;nbsp;&amp;raquo; &mdash; car j&amp;#8217;ai appris r&eacute;cemment qu&amp;#8217;il existe une &amp;laquo;&amp;nbsp;gauche de gauche&amp;laquo;&amp;nbsp;, figurez-vous. Sinon, on a une &amp;laquo;&amp;nbsp;gauche de droite&amp;nbsp;&amp;raquo; qui n&amp;#8217;est pas vraiment &amp;laquo;&amp;nbsp;&agrave; gauche&amp;nbsp;&amp;raquo;, mais qui n&amp;#8217;est pas &amp;laquo;&amp;nbsp;&agrave; droite&amp;nbsp;&amp;raquo; non plus. En clair, on ne peut jamais voter pour la gauche de droite, &amp;laquo;&amp;nbsp;sauf au second tour&amp;nbsp;&amp;raquo;.">11</a></sup>, loin de décrire la réalité, la travestit sans barguigner pour satisfaire à la jubilation de la colère permanente et de la dénonciation tous azimuts<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_11_5725" id="identifier_11_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="De l&amp;#8217;immigration, des musulmans, des &eacute;lites, des droits-de-l&amp;#8217;hommistes, des juges, des bien-pensants, des anti-racistes, mais aussi des banquiers, des intellectuels, etc.">12</a></sup>. Outre qu&#8217;elle est moralement douteuse, une telle perspective n&#8217;est également guère propice au dynamisme économique<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_12_5725" id="identifier_12_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Celui-ci repose tout de m&ecirc;me sur une certaine confiance dans autrui, et non dans l&amp;#8217;id&eacute;e qu&amp;#8217;il ne cherche qu&amp;#8217;&agrave; profiter de vous.">13</a></sup>.</p>
<p>Il n&#8217;est pas de raison, cependant, de craindre l&#8217;avènement d&#8217;un fascisme <em>soft</em>. Si, comme je le crois, les majorités de droite que nous promet l&#8217;avenir, sont faites d&#8217;une coalition entre la droite conservatrice et la droite populaire/nationale<sup><a href="http://dinersroom.eu/5725/laube-du-front-national-le-crepuscule-de-la-droite/#footnote_13_5725" id="identifier_13_5725" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La droite mod&eacute;r&eacute;e s&amp;#8217;autonomisant ou se joignant &agrave; la gauche">14</a></sup> — peut-être même conduite par un dirigeant de cette droite populaire/nationale, il n&#8217;en reste pas moins que l&#8217;allégeance du Front National aux us républicains nous assure que l&#8217;on pourra continuer de piailler, même si c&#8217;est dans l&#8217;indifférence.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5725" class="footnote">Dont la méthode et les conditions de réalisation demeurent largement opaques.</li><li id="footnote_1_5725" class="footnote">L’expérience montre que les intentions de vote mesurée à plusieurs mois de l’échéance sont très largement démenties.</li><li id="footnote_2_5725" class="footnote">Le Front National version Marine Le Pen semble revendiquer son ancrage dans les évolutions du temps plutôt que de tisser sans cesse la toile immense de la corruption du passé.</li><li id="footnote_3_5725" class="footnote">Je ne serait guère surpris, à cet égard, que la mutation engagée par Marine Le Pen conduise à un changement de label : « Front » National, cela sonne encore un peu comme une coopérative de bagarreurs.</li><li id="footnote_4_5725" class="footnote">Le Parti communiste français, d’ailleurs, a toujours été un défenseur farouche de la Nation en période électorale, même lorsqu’il était plus à l’Est qu’à gauche — Selon le mot de Guy Mollet.</li><li id="footnote_5_5725" class="footnote">Et ce n&#8217;est pas le moindre des tares de la gauche que d&#8217;avoir accrédité cette vision mortifère de l&#8217;économie avec la loi sur le partage du temps de travail. Le vice véritable de la loi sur les 35 heures n&#8217;est pas à proprement parler économique, il est surtout pédagogique.</li><li id="footnote_6_5725" class="footnote">Ceci, je crois, nous est propre. Il n&#8217;est guère d&#8217;autres sociétés dans lesquelles le diplôme et l&#8217;expérience professionnelle acquise sont un poids plus qu&#8217;un atout. Les choix les plus précoces figent le destin individuel et instruisent, de la sorte, une sorte de conscience de l&#8217;inéluctable peu propice à la diffusion d&#8217;un sentiment de confiance.</li><li id="footnote_7_5725" class="footnote">Et à mon avis, cet électorat est durable et solide.</li><li id="footnote_8_5725" class="footnote">Comme mes amis <a href="http://koztoujours.fr">Koz</a> et <a href="http://authueil.org">Authueil</a>.</li><li id="footnote_9_5725" class="footnote">Comme mes amis <a href="http://koztoujours.fr/">Koz</a> et <a href="http://authueil.org/">Authueil</a>.</li><li id="footnote_10_5725" class="footnote">J&#8217;en aurais autant pour la gauche dite &laquo;&nbsp;radicale&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;de gauche&nbsp;&raquo; — car j&#8217;ai appris récemment qu&#8217;il existe une &laquo;&nbsp;<em>gauche de gauche</em>&laquo;&nbsp;, figurez-vous. Sinon, on a une &laquo;&nbsp;<em>gauche de droite</em>&nbsp;&raquo; qui n&#8217;est pas vraiment &laquo;&nbsp;à gauche&nbsp;&raquo;, mais qui n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;à droite&nbsp;&raquo; non plus. En clair, on ne peut jamais voter pour la <em>gauche de droite</em>, &laquo;&nbsp;sauf au second tour&nbsp;&raquo;.</li><li id="footnote_11_5725" class="footnote">De l&#8217;immigration, des musulmans, des élites, des droits-de-l&#8217;hommistes, des juges, des bien-pensants, des anti-racistes, mais aussi des banquiers, des intellectuels, etc.</li><li id="footnote_12_5725" class="footnote">Celui-ci repose tout de même sur une certaine confiance dans autrui, et non dans l&#8217;idée qu&#8217;il ne cherche qu&#8217;à profiter de vous.</li><li id="footnote_13_5725" class="footnote">La droite modérée s&#8217;autonomisant ou se joignant à la gauche</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;échec retentissant des créateurs de possibles</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Dec 2010 13:13:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, gloire et honneurs sont parfois le salaire du pire. Mais pas toujours. On emprunte à Jean-François Copé, nouveau secrétaire général de l&#8217;UMP1, ce jugement sur l&#8217;entreprise d&#8217;investissement de l&#8217;Internet communautaire par le parti majoritaire. Jugement qui doit autant à la lucidité qu&#8217;au plaisir de souligner l&#8217;échec de son rival et prédécesseur Xavier Bertrand, mais jugement somme toute raisonnable2. Si l&#8217;on en croit la presse, en effet, les créateurs de possibles coûtent fort cher pour un résultat de mort clinique — ou tout du moins, de coma avancé. De fait, l&#8217;enfant était déjà fort mal né : de retards en méprises, jusqu&#8217;à l&#8217;absence de réservation du nom de domaine et un vocabulaire des plus — comment dire ? — exotique3. Tout ceci témoignait d&#8217;un amateurisme qui stupéfiait le plus profane des observateurs. Mais à quoi — ou à qui — faut-il attribuer cet échec ? S&#8217;agit-il de l&#8217;incurie du prestataire ou celle de L&#8217;UMP ? Faut-il blâmer la stratégie ou la mise en œuvre opérationnelle ? Probablement un peu de tout ça. Le prestataire, Isobar4, manquait d&#8217;expérience dans le domaine de la communication politique. Ou, pour être [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, gloire et honneurs sont parfois le salaire du pire. Mais pas toujours.</p>
<p>On emprunte à Jean-François Copé, nouveau secrétaire général de l&#8217;UMP<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_0_5617" id="identifier_0_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au fait, je n&amp;#8217;ai pas r&eacute;ussi &agrave; trouver cette information dans l&amp;#8217;organigramme du site ump.org : il y a vraiment des efforts &agrave; faire sur la qualit&eacute; de l&amp;#8217;information &agrave; l&amp;#8217;UMP.">1</a></sup>, ce jugement sur l&#8217;entreprise d&#8217;investissement de l&#8217;Internet communautaire par le parti majoritaire. Jugement qui doit autant à la lucidité qu&#8217;au plaisir de souligner l&#8217;échec de son rival et prédécesseur Xavier Bertrand, mais jugement somme toute raisonnable<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_1_5617" id="identifier_1_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&amp;#8217;&eacute;tait l&amp;#8217;emploi du terme &amp;laquo;&amp;nbsp;retentissant&amp;nbsp;&amp;raquo;, qui ne saurait caract&eacute;riser les cr&eacute;ateurs de possibles, dont on ne peut dire qu&amp;#8217;ils ont anim&eacute; la chronique m&eacute;diatique.">2</a></sup>.</p>
<p>Si l&#8217;on en croit <a href="http://www.numerama.com/magazine/17685-l-ump-ferme-son-reseau-social-a-plus-d-1-million-d-euros.html">la presse</a>, en effet, <a href="http://www.lescreateursdepossibles.com/">les créateurs de possibles</a> coûtent fort cher pour un résultat de mort clinique — ou tout du moins, de coma avancé.</p>
<p>De fait, l&#8217;enfant était déjà fort mal né : de retards en <a href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/quand-l-ump-se-prend-les-pieds-une-fois-de-plus-dans-l-hadopi_784827.html">méprises</a>, jusqu&#8217;à l&#8217;absence de réservation du nom de domaine et un vocabulaire des plus — comment dire ? — exotique<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_2_5617" id="identifier_2_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Rappelons que dans le projet initial, une initiative &eacute;tait appel&eacute;e un &amp;laquo;&amp;nbsp;n&eacute;cessaire&amp;nbsp;&amp;raquo; dans la novlangue mercato-b&ecirc;tifiante des auteurs.">3</a></sup>. Tout ceci témoignait d&#8217;un amateurisme qui stupéfiait le plus profane des observateurs.</p>
<p>Mais à quoi — ou à qui — faut-il attribuer cet échec ? S&#8217;agit-il de l&#8217;incurie du prestataire ou celle de L&#8217;UMP ? Faut-il blâmer la stratégie ou la mise en œuvre opérationnelle ? Probablement un peu de tout ça.</p>
<p>Le prestataire, <em>Isobar</em><sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_3_5617" id="identifier_3_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Second&eacute; &mdash; ou pilot&eacute; &mdash; par Blue AM, une structure cr&eacute;&eacute;e par le Groupe Aegis avec Christophe Lambert &mdash; le publicitaire.">4</a></sup>, manquait d&#8217;expérience dans le domaine de la communication politique. Ou, pour être exact, dans le domaine de la web-communication politique qui exige une attention et un savoir faire spécifique. Certes, Christophe Lambert — le publicitaire — était de la partie<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_4_5617" id="identifier_4_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Christophe Lambert a particip&eacute; &agrave; plusieurs op&eacute;rations pour le compte du Pr&eacute;sident Sarkozy. Il a notamment conseill&eacute; son fils Jean lors de l&amp;#8217;affaire de l&amp;#8217;EPAD. Avec un succ&egrave;s mitig&eacute; cependant.">5</a></sup>, mais son expérience de la communication politique s&#8217;arrêtait au seuil de l&#8217;Internet. Sans doute a-t-on pensé quelque part que la conjugaison des compétences d&#8217;<em>Isobar</em> dans le domaine du web-marketing et de Christophe Lambert en matière politique suffirait à trouver le bon ton. Il s&#8217;en est fallu de beaucoup.</p>
<p>C&#8217;est qu&#8217;on ne s&#8217;adresse pas à l&#8217;internaute politique comme on s&#8217;adresse au <em>cyberconsommateur</em> — ceci pour <em>Isobar</em>. L&#8217;internaute qui s&#8217;avance d&#8217;un pas pour intégrer un réseau social<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_5_5617" id="identifier_5_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nonobstant l&amp;#8217;analyse de C&eacute;dric Deniaud, le community manager maison, qui estime qu&amp;#8217;il s&amp;#8217;agit d&amp;#8217;une plateforme communautaire. Mais pour quelle communaut&eacute; ?">6</a></sup> à vocation politique met davantage de lui-même dans l&#8217;affaire que lorsqu&#8217;il participe à une campagne virale éphémère ou se précipite sur une <em>vente flash</em>. Et il répugne à se voir traiter comme un client — ou un prospect ; ce qu&#8217;il accepte volontiers dans d&#8217;autres circonstances. C&#8217;est que l&#8217;engagement politique prétend à une dimension moins vulgaire que l&#8217;ordinaire commercial. De fait, les codes et usages du web-marketing — largement infantilisants — appliqués à l&#8217;engagement politique prennent alors une allure vaguement décalée, et pour tout dire, inappropriée<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_6_5617" id="identifier_6_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voyez &agrave; cet &eacute;gard les effets visuels de la pr&eacute;sentation flash sur la page d&amp;#8217;accueil du site.">7</a></sup>.</p>
<p>On ne s&#8217;adresse pas non plus à l&#8217;internaute comme à un <em>public</em>, foule immense et informe, telle qu&#8217;un publicitaire comme Christophe Lambert peut la concevoir. C&#8217;est une banalité, mais celui qui recherche et consulte des contenus sur Internet passe son chemin devant ce qui l&#8217;indiffère. Et les technique de matraquage qui prospèrent à la télévision, la radio, ou dans l&#8217;espace public physique sont largement inopérantes dans un environnement où le destinataire du message souhaite principalement cheminer à son gré.</p>
<p>D&#8217;une certaine façon, la rencontre d&#8217;<em>Isobar</em> et de Christophe Lambert n&#8217;était pas celle de deux compétences complémentaires, mais celle de deux inaptitudes.</p>
<p>La faute leur en revient-elle ?</p>
<p>En partie. Ils auraient certes pu s&#8217;adjoindre le renfort de spécialistes du domaine. Il en est qui pouvaient faire valoir une expérience autrement plus solide<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_7_5617" id="identifier_7_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce que n&amp;#8217;a pas n&eacute;glig&eacute; le Parti socialiste avec la Netscouade. Mais nos amis de Spintank ont eu l&amp;#8217;occasion de travailler pour l&amp;#8217;UMP. Et il en existe d&amp;#8217;autres qu&amp;#8217;eux.">8</a></sup> ; à tout le moins une expérience, ce qui est déjà beaucoup mieux que rien<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_8_5617" id="identifier_8_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et avec l&amp;#8217;exp&eacute;rience, des pr&eacute;jug&eacute;s moins ancr&eacute;s. Il en est un, inavou&eacute;, mais qui s&amp;#8217;&eacute;vince de l&amp;#8217;ensemble de l&amp;#8217;entreprise : c&amp;#8217;est que ce qui vaut pour le commerce des biens et service vaut tout autant pour le commerce des id&eacute;es.">9</a></sup>. On peut renifler là un péché de vanité<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_9_5617" id="identifier_9_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un terme qui a pour synonymes fatuit&eacute; et vacuit&eacute;.">10</a></sup>. Accrocher le parti majoritaire — et peut-être au delà, une campagne électorale — à son tableau de chasse, voilà un titre de notoriété qu&#8217;il convenait de gagner<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_10_5617" id="identifier_10_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et de fait, ils ont gagn&eacute; une certaine notori&eacute;t&eacute;, mais il n&amp;#8217;est pas certain qu&amp;#8217;elle leur agr&eacute;&eacute;.">11</a></sup>.</p>
<p>Le choix du prestataire, cependant, revenait en dernier ressort au donneur d&#8217;ordre. Et si les prestataires ont failli, c&#8217;est sans doute pour beaucoup en raison du fonctionnement de l&#8217;UMP.</p>
<p>Pour aborder cette question, il faut en effet avoir égard à la spécificité d&#8217;un parti politique.</p>
<p>Il s&#8217;agit, comme l&#8217;entreprise, d&#8217;une organisation matérielle et humaine. Plus humaine, d&#8217;ailleurs, que matérielle. Elle obéit à une culture profondément ancrée qui sait résister vigoureusement au changement<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_11_5617" id="identifier_11_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En t&eacute;moigne, &agrave; cet &eacute;gard, l&amp;#8217;&eacute;volution rapide de l&amp;#8217;UMP omni-majoritaire vers un h&eacute;ritage plus ou moins direct du RPR.">12</a></sup>. Elle est dominée, dans sa stratégie comme dans son fonctionnement par la lutte pour le pouvoir, qui constitue un objectif en soi.</p>
<p>En cela, tout projet nouveau constitue un enjeu de pouvoir au moins aussi important — sinon davantage — dans l&#8217;<em>organisation interne</em> que dans la compétition externe. Pour le dire autrement, les différentes factions ou personnalités de l&#8217;UMP avaient un intérêt différent à la réussite ou à l&#8217;échec du projet<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_12_5617" id="identifier_12_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="S&amp;#8217;il avait &eacute;t&eacute; un succ&egrave;s, l&amp;#8217;enjeu de la comp&eacute;tition aurait &eacute;t&eacute; son contr&ocirc;le.">13</a></sup>. Et si certains pouvaient imaginer tirer un bénéfice au fiasco, beaucoup avaient à craindre que le succès ne les fragilise. On en a vu d&#8217;ailleurs l&#8217;illustration à l&#8217;occasion de <a href="http://www.lepoint.fr/actualites/2009-10-01/le-site-qui-fache/1331/0/381864">la fuite d&#8217;un courriel interne</a> qui décrivait les impérities de la mise en œuvre des <em>créateurs de possibles</em> autant qu&#8217;il s&#8217;efforçait d&#8217;en favoriser l&#8217;insuccès. Ne disons pas qu&#8217;il en va tout à fait différemment dans les entreprises, où les enjeux de pouvoir ne sont pas absent — il s&#8217;en faut de beaucoup. Cependant, les conflits internes ne sont pas systématisés avec un tel degré d&#8217;acceptation collective. Disons que dans l&#8217;entreprise, de telles situations sont pathologiques, alors qu&#8217;elles procèdent du fonctionnement ordinaire d&#8217;un parti politique.</p>
<p>Bien sûr, la tâche n&#8217;en fut pas facilitée pour le prestataire qui a du se débattre dans les attentes et demandes contradictoires de son donneur d&#8217;ordre. Mais l&#8217;excuse tient à moitié. Lorsque l&#8217;on se dispose à investir un domaine d&#8217;activité tel que la politique, on s&#8217;organise et on négocie en conséquence. Ne pas le faire témoigne d&#8217;un singulier manque de discernement.</p>
<p>On ignore, pour tout dire, quelle fut à l&#8217;UMP l&#8217;organisation du pilotage des <em>créateurs de possibles</em>, mais il est clair qu&#8217;aucune personnalité n&#8217;avait la main ou la responsabilité directe du projet ; si ce n&#8217;est Xavier Bertrand lui-même, mais avec des capacités de suivi limitées. On se plaît à penser qu&#8217;une telle entreprise ne peut prétendre à la réussite que si elle est confiée à un individu qui la porte en l&#8217;épousant. On aurait pu songer à ceux-là qui bénéficiaient d&#8217;une crédibilité déjà acquise dans le domaine de l&#8217;Internet, en sorte qu&#8217;ils auraient pu utiliser leur image et leur propre réseau pour accompagner l&#8217;affaire. Ainsi, par exemple de Nathalie Kosciusko-Morizet, bien sûr, ou d&#8217;Alain Lambert. Voire à une personnalité à pousser de l&#8217;avant<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_13_5617" id="identifier_13_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pourquoi pas le d&eacute;put&eacute; Tardy, qui se fait aujourd&amp;#8217;hui une r&eacute;putation sur les questions num&eacute;riques gr&acirc;ce &agrave; sa pr&eacute;sence sur Twitter et dans le d&eacute;bat sur la loi Lopssi 2.">14</a></sup>. Avec le risque, toutefois, que son faible poids politique ne puisse faire obstacle aux éléments d&#8217;entropie qui ne cessaient de déplumer le projet. Dans tous les cas, il fallait un responsable qui ait suffisamment à gagner à sa réussite pour qu&#8217;il joue de son influence en ce sens<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_14_5617" id="identifier_14_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Inversement, la paralysie quasi-initiale traduit, d&amp;#8217;une certaine fa&ccedil;on, le peu de cr&eacute;dit qu&amp;#8217;avait cette entreprise au sein m&ecirc;me des leaders de l&amp;#8217;UMP.">15</a></sup>.</p>
<p>De façon générale, les <em>créateurs de possibles</em> participaient au système d&#8217;information de l&#8217;UMP, et avaient vocation à y prendre une part plus grande encore. Mais il semble clair que la dimension stratégique d&#8217;une telle entreprise a été, sinon ignorée, tout du moins, mal conçue.</p>
<p>La place d&#8217;un système d&#8217;information dans une organisation humaine telle qu&#8217;un parti politique est aujourd&#8217;hui largement sous-évaluée. C&#8217;est pourquoi elle ne bénéficie pas des ressources nécessaires à sa mise en œuvre<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_15_5617" id="identifier_15_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et par ressources, on entend ressources politiques, c&amp;#8217;est &agrave; dire le cr&eacute;dit de la notori&eacute;t&eacute; et la r&eacute;tribution en place de pouvoir : le DSI de l&amp;#8217;UMP devrait pouvoir pr&eacute;tendre &agrave; un poste strat&eacute;gique dans l&amp;#8217;organisation et dans la politique nationale. Or, c&amp;#8217;est aujourd&amp;#8217;hui une fonction technique et non politique.">16</a></sup>.</p>
<p>Place sous-évaluée car le système d&#8217;information est conçu comme un simple <em>instrument</em>. Et de fait, on lui prête une vocation presque exclusivement <em>opérationnelle</em> : il s&#8217;agit de recruter des adhérent, de regrouper des militants, de faciliter les contributions financières, voire de participer aux opérations de propagande.</p>
<p>Le système d&#8217;information, cependant, interagit avec l&#8217;organisation elle-même<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_16_5617" id="identifier_16_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une question qu&amp;#8217;on avait soulev&eacute;e ici voil&agrave; presque deux ans, lors de l&amp;#8217;annoncer du r&eacute;seau social de l&amp;#8217;UMP.">17</a></sup> : une organisation hiérarchisée et cloisonnée se conçoit difficilement avec un système d&#8217;information en réseau où dominent des principes de communication horizontale et transversale. Un système d&#8217;information cloisonné ne favorise guère la constitution de réseau et le partage d&#8217;information dont on connaît les vertus en terme de diffusion d&#8217;opinion. Aussi bien la réflexion sur l&#8217;organisation du système d&#8217;information ne se conçoit-elle pas de façon autonome, mais dans son rapport avec l&#8217;organisation elle-même. Ce qui est déjà délicat dans le domaine de l&#8217;entreprise, mais encore plus dans celui du parti politique où l&#8217;organisation profite toujours à ceux qui la dominent.</p>
<p>On n&#8217;imagine guère que le prestataire des <em>créateurs de possibles</em> invite les dirigeants de l&#8217;UMP à modifier l&#8217;organisation des pouvoirs au sein de leur parti. C&#8217;est à l&#8217;UMP elle-même, dirigeants et militants, de se pencher sur l&#8217;enjeu que constitue l&#8217;organisation d&#8217;un système d&#8217;information basé sur la mécanique du réseau social. Une réflexion qui, convenons-en, prend mal sa place à l&#8217;occasion de la création d&#8217;un outil conçu comme purement opérationnel. Mais là est l&#8217;une des erreurs stratégiques de l&#8217;UMP.</p>
<p>L&#8217;autre est d&#8217;avoir mal su définir ce qui constituait la finalité réelle<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_17_5617" id="identifier_17_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les objectifs revendiqu&eacute;s sont variables et n&eacute;buleux.">18</a></sup> des <em>créateurs de possibles</em>. S&#8217;agissait-il de recruter des militants pour l&#8217;UMP ? Pour une future campagne présidentielle ? De créer une infrastructure militante ? De favoriser l&#8217;émergence d&#8217;une communauté virtuelle ? Ou d&#8217;une communauté réelle ?</p>
<p>De fait, les élites nationales ont été intoxiquée par les l&#8217;expérience de la campagne de Barack Obama<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_18_5617" id="identifier_18_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais il est un fait cependant, que l&amp;#8217;&eacute;tude de cette campagne a &eacute;t&eacute; men&eacute;e de fa&ccedil;on plus s&eacute;rieuse par des groupes de r&eacute;flexion proches du Parti socialiste &mdash; notamment Terra Nova.">19</a></sup>. <a href="http://my.barackobama.com">MyBO</a> a constitué, il est vrai, un modèle d&#8217;action politique efficace sur Internet, mais ce modèle a été sommairement compris comme une solution virtuelle d&#8217;activation du militantisme. Il a été négligé à quel point le système d&#8217;information de <em>MyBO</em> répondait — en même temps qu&#8217;il le transformait — à l&#8217;organisation politique des démocrates en campagne.</p>
<p>Car MyBO était bel et bien un outil de campagne électorale. Ce qui est autre chose qu&#8217;une infrastructure destinée à nourrir la vie partisane. Ce que l&#8217;on peut demander et attendre d&#8217;un engagement de quelques mois est sans commune mesure avec l&#8217;attention quotidienne que l&#8217;on peut porter à la vie politique ; pour ne rien dire d&#8217;un parti politique.</p>
<p>C&#8217;est ainsi que l&#8217;UMP se heurtait à trois obstacles :</p>
<p>1. Elle n&#8217;était pas en campagne présidentielle.</p>
<p>2. Elle est le parti majoritaire. Or, on est plus enclin à l&#8217;activisme dans l&#8217;opposition.</p>
<p>3. Par tradition, le parti gaulliste — dont l&#8217;UMP est l&#8217;héritière à peine abâtardie — est peu actif lorsqu&#8217;il a un Président issu de ses rangs. A ce point qu&#8217;on peut se demander, si le jugement &laquo;&nbsp;d&#8217;état léthargique&nbsp;&raquo; porté sur <em>les créateurs de possibles</em> ne caractérise pas également l&#8217;UMP. En quoi, ironiquement, le destin du système d&#8217;information épouserait finalement celui de l&#8217;organisation.</p>
<p>De fait, il n&#8217;a jamais été clairement établi que la stratégie des <em>créateurs de possibles</em> fut d&#8217;animer la vie partisane de l&#8217;UMP ou de préparer une infrastructure susceptible de porter la campagne présidentielle de 2012. Le fait que le Président Sarkozy, discrètement mais réellement, se soit intéressé à la chose nourrissait l&#8217;ambiguïté : son intérêt était clairement celui d&#8217;un parti en sommeil, mais prêt à bondir à compter du second semestre 2011.</p>
<p>Il n&#8217;a pas davantage été établi que les recettes de MyBO puisse s&#8217;appliquer à la vie quotidienne d&#8217;un parti politique tel que l&#8217;UMP. Ce qui suppose, d&#8217;ailleurs, de déterminer les objectifs de ce parti hors des périodes de campagne électorale. Le soutien à la politique gouvernementale ne passe guère par les <em>initiatives</em>, qui sont autant de critiques discrètes de ce qui n&#8217;est pas fait. Cela se conçoit, certes, dans une situation où le dirigeant du parti et le Président de la République sont concurrent<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_19_5617" id="identifier_19_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme dans la p&eacute;riode de 2005 &agrave; 2007, lorsque le Pr&eacute;sident Sarkozy pr&eacute;parait &agrave; l&amp;#8217;UMP sa campagne &eacute;lectorale.">20</a></sup>, mais plus difficilement autrement.</p>
<p>On le voit, les obstacles devant la réussite du projet <em>créateurs du possibles</em> étaient importants et nombreux. Autant stratégiques qu&#8217;opérationnels ; autant contingents que structurels ; et, d&#8217;une certaine façon, la surprise eût été le succès<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_20_5617" id="identifier_20_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A supposer, d&amp;#8217;ailleurs, que l&amp;#8217;on ait pu d&eacute;terminer ce qui pouvait constituer un succ&egrave;s.">21</a></sup>. Mais là se situe la difficulté de l&#8217;entreprise. Et les acteurs du web politique devraient se retourner sur ce magistral échec et s&#8217;interroger en profondeur<sup><a href="http://dinersroom.eu/5617/lechec-retentissant-des-createurs-de-possibles/#footnote_21_5617" id="identifier_21_5617" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="il est clair que ce billet n&amp;#8217;est qu&amp;#8217;une dissertation superficielle.">22</a></sup> sur ses raisons.</p>
<p>Compte-tenu des obstacles que l&#8217;on a mis en lumière, d&#8217;ailleurs, une des questions devrait être de déterminer ce qui a pu conduire les protagonistes à le conduire malgré tout.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5617" class="footnote">Au fait, je n&#8217;ai pas réussi à trouver cette information dans l&#8217;organigramme du site <a href="http://www.lemouvementpopulaire.fr/personnalites/">ump.org</a> : il y a vraiment des efforts à faire sur la qualité de l&#8217;information à l&#8217;UMP.</li><li id="footnote_1_5617" class="footnote">N&#8217;était l&#8217;emploi du terme &laquo;&nbsp;retentissant&nbsp;&raquo;, qui ne saurait caractériser les <em>créateurs de possibles</em>, dont on ne peut dire qu&#8217;ils ont animé la chronique médiatique.</li><li id="footnote_2_5617" class="footnote">Rappelons que dans le projet initial, une <em>initiative</em> était appelée un &laquo;&nbsp;<em>nécessaire</em>&nbsp;&raquo; dans la novlangue mercato-bêtifiante des auteurs.</li><li id="footnote_3_5617" class="footnote">Secondé — ou piloté — par <em>Blue AM</em>, une structure créée par le Groupe <em>Aegis</em> avec Christophe Lambert — le publicitaire.</li><li id="footnote_4_5617" class="footnote">Christophe Lambert a participé à plusieurs opérations pour le compte du Président Sarkozy. Il a notamment conseillé son fils Jean lors de l&#8217;affaire de l&#8217;EPAD. Avec un succès mitigé cependant.</li><li id="footnote_5_5617" class="footnote">Nonobstant l&#8217;analyse de Cédric Deniaud, le <em>community manager</em> maison, qui estime qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une <em>plateforme communautaire</em>. Mais pour quelle communauté ?</li><li id="footnote_6_5617" class="footnote">Voyez à cet égard les effets visuels de la présentation flash sur la <a href="http://www.lescreateursdepossibles.com/">page d&#8217;accueil du site</a>.</li><li id="footnote_7_5617" class="footnote">Ce que n&#8217;a pas négligé le Parti socialiste avec la <a href="http://www.lanetscouade.com/">Netscouade.</a> Mais nos amis de <a href="http://www.spintank.fr">Spintank</a> ont eu l&#8217;occasion de travailler pour l&#8217;UMP. Et il en existe d&#8217;autres qu&#8217;eux.</li><li id="footnote_8_5617" class="footnote">Et avec l&#8217;expérience, des préjugés moins ancrés. Il en est un, inavoué, mais qui s&#8217;évince de l&#8217;ensemble de l&#8217;entreprise : c&#8217;est que ce qui vaut pour le commerce des biens et service vaut tout autant pour le commerce des idées.</li><li id="footnote_9_5617" class="footnote">Un terme qui a pour synonymes <em>fatuité</em> et <em>vacuité</em>.</li><li id="footnote_10_5617" class="footnote">Et de fait, ils ont gagné une certaine notoriété, mais il n&#8217;est pas certain qu&#8217;elle leur agréé.</li><li id="footnote_11_5617" class="footnote">En témoigne, à cet égard, l&#8217;évolution rapide de l&#8217;UMP omni-majoritaire vers un héritage plus ou moins direct du RPR.</li><li id="footnote_12_5617" class="footnote">S&#8217;il avait été un succès, l&#8217;enjeu de la compétition aurait été son contrôle.</li><li id="footnote_13_5617" class="footnote">Pourquoi pas le député Tardy, qui se fait aujourd&#8217;hui une réputation sur les questions numériques grâce à sa présence sur Twitter et dans le débat sur la loi Lopssi 2.</li><li id="footnote_14_5617" class="footnote">Inversement, la paralysie quasi-initiale traduit, d&#8217;une certaine façon, le peu de crédit qu&#8217;avait cette entreprise au sein même des leaders de l&#8217;UMP.</li><li id="footnote_15_5617" class="footnote">Et par <em>ressources</em>, on entend <em>ressources <strong>politiques</strong></em>, c&#8217;est à dire le crédit de la notoriété et la rétribution en place de pouvoir : le DSI de l&#8217;UMP devrait pouvoir prétendre à un poste stratégique dans l&#8217;organisation et dans la politique nationale. Or, c&#8217;est aujourd&#8217;hui une fonction technique et non politique.</li><li id="footnote_16_5617" class="footnote">Une question <a href="http://dinersroom.eu/2337/l-ump-a-l-epreuve-d-internet/">qu&#8217;on avait soulevée</a> ici voilà presque deux ans, lors de l&#8217;annoncer du réseau social de l&#8217;UMP.</li><li id="footnote_17_5617" class="footnote">Les objectifs revendiqués sont variables et nébuleux.</li><li id="footnote_18_5617" class="footnote">Mais il est un fait cependant, que <a href="http://www.tnova.fr/essai/moderniser-la-vie-politique-innovations-am-ricaines-le-ons-pour-la-france">l&#8217;étude de cette campagne</a> a été menée de façon plus sérieuse par des groupes de réflexion proches du Parti socialiste — notamment Terra Nova.</li><li id="footnote_19_5617" class="footnote">Comme dans la période de 2005 à 2007, lorsque le Président Sarkozy préparait à l&#8217;UMP sa campagne électorale.</li><li id="footnote_20_5617" class="footnote">A supposer, d&#8217;ailleurs, que l&#8217;on ait pu déterminer ce qui pouvait constituer un succès.</li><li id="footnote_21_5617" class="footnote">il est clair que ce billet n&#8217;est qu&#8217;une dissertation superficielle.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Faut-il se réjouir du succès de Marine Le Pen ?</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Dec 2010 12:44:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il fait bon Noël. Et pour fêter cela, une question en forme de boutade : Faut-il se réjouir du succès de Marine Le Pen ? Une boutade ? Presque une provocation. Un démocrate modéré en tout1 doit-il nécessairement s&#8217;affliger que la représentante d&#8217;opinions que l&#8217;on qualifiera de &#171;&#160;tranchées&#160;&#187; fasse recette dans l&#8217;opinion publique ? On l&#8217;aura deviné, la réponse est négative. S&#8217;inquiéter des succès du Front National est une tradition de l&#8217;électorat de gauche2 et d&#8217;une bonne partie de la droite3. Mais on attendait que, Jean-Marie Le Pen vieillissant, la séduction qu&#8217;il exerçait sans désemparer depuis près de vingt-cinq ans s&#8217;étiolât avec les ans. Foin, c&#8217;est Marine Le Pen, toute fraîche émoulue d&#8217;un relooking idéologique, qui tient haute la flamme tricolore du Front National dans l&#8217;opinion publique et les médias. Ce succès intrigue et tracasse. Il affole, même, si l&#8217;on en juge par la fanfare rhétorique qu&#8217;a entonné une bonne partie de la majorité dès l&#8217;orée de l&#8217;été. Du côté des médias — que le Front National exaspère et fascine, à la façon de ces animaux venimeux que l&#8217;on aime contempler et craindre dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il fait bon Noël.</p>
<p>Et pour fêter cela, une question en forme de boutade : Faut-il se réjouir du succès de Marine Le Pen ?</p>
<p>Une <em>boutade</em> ? Presque une <em>provocation</em>.</p>
<p>Un démocrate modéré en tout<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_0_5598" id="identifier_0_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sauf dans la d&eacute;fense de la mod&eacute;ration elle m&ecirc;me, qui ne doit pas admettre de compromis, cela va de soi.">1</a></sup> doit-il nécessairement s&#8217;affliger que la représentante d&#8217;opinions que l&#8217;on qualifiera de &laquo;&nbsp;tranchées&nbsp;&raquo; fasse recette dans l&#8217;opinion publique ?</p>
<p>On l&#8217;aura deviné, la réponse est négative.</p>
<p>S&#8217;inquiéter des succès du Front National est une tradition de l&#8217;électorat de gauche<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_1_5598" id="identifier_1_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du c&ocirc;t&eacute; des &eacute;tats-majors partisans, on peine parfois &agrave; cacher sa joie.">2</a></sup> et d&#8217;une bonne partie de la droite<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_2_5598" id="identifier_2_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A l&amp;#8217;exception des &eacute;tats-majors partisans qui n&amp;#8217;h&eacute;sitent pas &agrave; d&eacute;p&ecirc;cher les valeurs r&eacute;publicaines au secours d&amp;#8217;une d&eacute;faite &eacute;lectorale.">3</a></sup>. Mais on attendait que, Jean-Marie Le Pen vieillissant, la séduction qu&#8217;il exerçait sans désemparer depuis près de vingt-cinq ans s&#8217;étiolât avec les ans.</p>
<p>Foin, c&#8217;est Marine Le Pen, toute fraîche émoulue d&#8217;un <em>relooking</em> idéologique, qui tient haute la flamme tricolore du Front National dans l&#8217;opinion publique et les médias. Ce succès intrigue et tracasse. Il affole, même, si l&#8217;on en juge par la fanfare rhétorique qu&#8217;a entonné une bonne partie de la majorité dès l&#8217;orée de l&#8217;été.</p>
<p>Du côté des médias — que le Front National exaspère et fascine, à la façon de ces animaux venimeux que l&#8217;on aime contempler et craindre dans les vivariums — on se plaît à dénoncer tout à la fois la mue de la bête immonde, et sa permanence. Autrement dit, Marine Le Pen n&#8217;est pas une version adoucie de Jean-Maire Le Pen, mais une digne héritière. Seule la distingue une forme de modernité de façade, plus séductrice que conquérante ; plus rouée qu&#8217;agressive ; plus soft, finalement. Tout aussi efficace que son père, sinon davantage. Bref, un danger plus grand qu&#8217;elle n&#8217;y paraît. Plus grand que son père n&#8217;a jamais été.</p>
<p>Que l&#8217;on me pardonne, c&#8217;est tout le contraire.</p>
<p>Ceux qui me lisent<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_3_5598" id="identifier_3_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;crire cela est une vanit&eacute;, mais ceux qui me lisent ne l&amp;#8217;ignorent pas.">4</a></sup> savent combien j&#8217;ai le goût des formes. La démocratie — la société démocratique —, comme l&#8217;état de droit sont affaires de forme plus que de fond. En sorte que la différence n&#8217;est pas subtile entre Marine Le Pen, qui s&#8217;efforce de satisfaire aux formes, et son père, qui se plaisait à les violer<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_4_5598" id="identifier_4_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un peu comme les soudards font avec les femmes en terre de conqu&ecirc;te, d&amp;#8217;ailleurs.">5</a></sup>. C&#8217;est que, voyez-vous, l&#8217;obéissance aux formes n&#8217;est pas qu&#8217;une façon <em>masquer</em> la violence, mais un véritable <em>renoncement</em> à cette même violence. Et si l&#8217;on peut voir dans cette obéissance une forme d&#8217;hypocrisie<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_5_5598" id="identifier_5_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&amp;#8217;hommage, dit-on, que le vice rend &agrave; la vertu.">6</a></sup>, il ne faut pas négliger l&#8217;essentiel : le discours du Front National se police. Qu&#8217;importe, à cet égard, le for intérieur de Marine Le Pen. Qu&#8217;importe même celui de ses partisans. C&#8217;est une leçon des démocraties que les élus ne sont pas tenus par leurs convictions profondes, mais par celles que l&#8217;électeur a cru bon — à tort ou à raison — de faire peser sur eux. Aussi bien ne doit-on croire que Marine Le Pen, en soignant une rhétorique plus moderniste, distille le venin incolore de convictions extrêmes. La modération de son discours est le signe même d&#8217;un divorce d&#8217;avec l&#8217;extrémisme<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_6_5598" id="identifier_6_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A la diff&eacute;rence, peut-on penser, de Bruno Gollnisch.">7</a></sup>.</p>
<p>Ces choses étant dites, il ne s&#8217;agit pas pour autant de ranger Marine Le Pen et <em>son</em> Front National au rayon des parangons de la modération. <em>Modéré</em>, son discours l&#8217;est au regard de celui que tenait autrefois son père et les <em>leaders</em> du Front National. Mais il demeure franchement brutal dans le débat politique national.</p>
<p>Ma thèse est que Marine Le Pen n&#8217;est pas une représentante de la droite extrême, en cela qu&#8217;elle adopte assez clairement un corpus de valeurs globalement partagées au sein des formations politiques de gouvernement<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_7_5598" id="identifier_7_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A cet &eacute;gard, ses &eacute;carts de langage&nbsp; &mdash; pr&eacute;sents et &agrave; venir &mdash; ne me semblent pas trahir la v&eacute;rit&eacute; d&amp;#8217;un habitus de la droite extr&ecirc;me, mais des man&oelig;uvres d&amp;#8217;appareil dans une p&eacute;riode de forte transition pour le Front National.">8</a></sup>. Elle appartient donc — tout du moins a-t-elle vocation à appartenir — au cénacle politique classique. Et dans ce cadre, on ne peut dire qu&#8217;elle fait figure de modérée. Ses prises de positions ne sont pas marquées par le sceau de la nuance et de la subtilité.</p>
<p>Mais elles ne sont pas si éloignées de celles que peuvent tenir certains représentant de la <em>droite populaire</em>. En particulier de ceux qui se réclament de ce courant <span style="text-decoration: line-through;">de pensée</span> d&#8217;opinion. De fait, le discours de la droite conservatrice a connu un saut qualitatif qui l&#8217;a fait largement changer de nature et le rapproche désormais de provinces autrefois acquises au Front National.</p>
<p>Je ne parle pas ici des questions d&#8217;<em>immigration</em>, de <em>sécurité</em> et d&#8217;<em>identité nationale</em> — voire de <em>laïcité</em>, dans sa version contemporaine, mais d&#8217;une rhétorique basée sur &laquo;&nbsp;<em>la réalité</em>&laquo;&nbsp;, les &laquo;&nbsp;<em>illusions des élites</em>&laquo;&nbsp;, leur &laquo;&nbsp;<em>naïveté</em>&laquo;&nbsp;, voire leur <em>&laquo;&nbsp;duplicité&nbsp;&raquo;</em>. Au delà, de l&#8217;inutilité — voire la nuisibilité — des &laquo;&nbsp;<em>tabous</em>&laquo;&nbsp;, du &laquo;&nbsp;<em>politiquement correct</em>&nbsp;&raquo; — entendez par là une certaine discipline de la nuance. Bref, un discours qu&#8217;épouse volontiers la droite issue des élections de 2007 à la suite du premier d&#8217;entre eux : le Président Sarkozy<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_8_5598" id="identifier_8_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il n&amp;#8217;y a d&amp;#8217;ailleurs pas que la droite ; &agrave; sa fa&ccedil;on &mdash; et peut-&ecirc;tre de fa&ccedil;on plus virulente encore &mdash;, Jean-Luc M&eacute;lenchon n&amp;#8217;h&eacute;site pas &agrave; s&amp;#8217;&eacute;lever &mdash; si l&amp;#8217;on ose dire &mdash; contre l&amp;#8217;id&eacute;e m&ecirc;me d&amp;#8217;un verbe retenu.">9</a></sup>. Mais les liens de l&#8217;alliance ne sont pas ceux du sang. Et si la droite conservatrice épouse le discours, Marine Le Pen y a été baignée comme aux fonts baptismaux. Elle y excelle avec un naturel et une conviction qui font passer Éric Ciotti et Christian Estrosi pour de joyeux excursionnistes. Mais ceci est une autre histoire, au reste, <a href="http://www.koztoujours.fr/?p=8247">remarquablement chroniquée</a> par notre ami Koz.</p>
<p>En bref, donc, pour répondre à notre question du jour.</p>
<p>Oui, on peut se réjouir du succès de Marine Le Pen, si on estime qu&#8217;elle se substitue à Jean-Marie Le Pen dans l&#8217;électorat. En revanche, on doit s&#8217;inquiéter de ce même succès — à ce point qu&#8217;il est imité désormais à droite et à gauche —, lorsque l&#8217;on aborde la question du débat public.</p>
<p>Marine Le Pen ne constitue pas un danger pour les institutions ; il s&#8217;en faut de beaucoup. Et, d&#8217;une certaine manière, il est politiquement sain que des engagements, même brutaux et hétérodoxes s&#8217;inscrivent dans les institutions politiques communes.</p>
<p>En revanche, que les discours de Marine Le Pen, du Président Sarkozy, de Brice Hortefeux, de la droite populaire, de Jean-Luc Mélenchon ou Olivier Besancenot prospèrent peut susciter quelque malaise. Car il s&#8217;agit là d&#8217;une forme de régression propice à l&#8217;animosité collective. Ce n&#8217;est pas un danger pour les institutions, mais on peut craindre pour la Nation<sup><a href="http://dinersroom.eu/5598/faut-il-se-rejouir-du-succes-de-marine-le-pen/#footnote_9_5598" id="identifier_9_5598" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui autrefois avait justifi&eacute; que je me refuse &agrave; voter pour le Pr&eacute;sident Sarkozy : la jouissance de la transgression et l&amp;#8217;art de la division .">10</a></sup><br />
</ br><br />
</ br><br />
</ br><br />
</ br><br />
NB : On aura excusé, je l&#8217;espère, un silence de quelques jours. Silence las et ennuyé, pour tout dire, par une actualité redondante. A moins que l&#8217;ennui soit du côté de l&#8217;âme. C&#8217;est à voir.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5598" class="footnote">Sauf dans la défense de la modération elle même, qui ne doit pas admettre de compromis, cela va de soi.</li><li id="footnote_1_5598" class="footnote">Du côté des états-majors partisans, on peine parfois à cacher sa joie.</li><li id="footnote_2_5598" class="footnote">A l&#8217;exception des états-majors partisans qui n&#8217;hésitent pas à dépêcher les valeurs républicaines au secours d&#8217;une défaite électorale.</li><li id="footnote_3_5598" class="footnote">Écrire cela est une vanité, mais <em>ceux qui me lisent</em> ne l&#8217;ignorent pas.</li><li id="footnote_4_5598" class="footnote">Un peu comme les soudards font avec les femmes en terre de conquête, d&#8217;ailleurs.</li><li id="footnote_5_5598" class="footnote">L&#8217;hommage, dit-on, que le vice rend à la vertu.</li><li id="footnote_6_5598" class="footnote">A la différence, peut-on penser, de Bruno Gollnisch.</li><li id="footnote_7_5598" class="footnote">A cet égard, ses écarts de langage  — présents et à venir — ne me semblent pas trahir la vérité d&#8217;un <em>habitus</em> de la droite extrême, mais des manœuvres d&#8217;appareil dans une période de forte transition pour le Front National.</li><li id="footnote_8_5598" class="footnote">Il n&#8217;y a d&#8217;ailleurs pas que la droite ; à sa façon — et peut-être de façon plus virulente encore —, Jean-Luc Mélenchon n&#8217;hésite pas à s&#8217;élever — si l&#8217;on ose dire — contre l&#8217;idée même d&#8217;un verbe retenu.</li><li id="footnote_9_5598" class="footnote">Ce qui autrefois avait justifié que je me refuse à voter pour le Président Sarkozy : <a href="http://dinersroom.eu/1742/pourquoi-je-ne-voterai-pas-pour-nicolas-sarkozy/">la jouissance de la transgression et l&#8217;art de la division </a>.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>La douteuse indemnisation de la Mairie de Paris par l&#8217;UMP</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 12:50:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, les remèdes nuisent, comme il se doit, parfois plus que le mal. Il se murmure, depuis quelques jours, que des négociations ont été menées entre la Mairie de Paris, Jacques Chirac et les dirigeants de la majorité pour mettre fin à l&#8217;action civile de la Mairie de Paris dans la procédure engagée contre l&#8217;ancien Président de la République. Sur le plan du droit, comme sur le plan politique, l&#8217;affaire contient quelques fragilités. Voyons pour le droit. La Mairie de Paris, qui prétend1 avoir été conduite à rémunérer des personnes pour un travail qu&#8217;elles n&#8217;exécutaient pas, réclame aux responsables de l&#8217;époque — en particulier son maire Jacques Chirac — la restitution des sommes indûment versées. Pour ce faire, et comme l&#8217;autorise la procédure française, elle joint son action civile à l&#8217;action publique menée par le ministère public devant une juridiction pénale — en l&#8217;occurrence, le Tribunal correctionnel de Paris, qui doit entendre les parties d&#8217;ici quelques mois. Jacques Chirac, en effet, doit être jugé prochainement pour détournement de fonds publics et abus de confiance au détriment de la Mairie de Paris. Quoique jugées par le même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/08/800px-Hotel_de_Ville_Paris_Wikimedia_Commons.jpg"><img class="size-medium wp-image-5304 alignleft" title="800px-Hotel_de_Ville_Paris_Wikimedia_Commons" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/08/800px-Hotel_de_Ville_Paris_Wikimedia_Commons-300x115.jpg" alt=" Crédit Benh LIEU SONG. Creative commons" width="300" height="115" /></a>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, les remèdes nuisent, comme il se doit, parfois plus que le mal.</p>
<p>Il se murmure, depuis quelques jours, que des négociations ont été menées entre la Mairie de Paris, Jacques Chirac et les dirigeants de la majorité pour mettre fin à l&#8217;action civile de la Mairie de Paris dans la procédure engagée contre l&#8217;ancien Président de la République.</p>
<p>Sur le plan du droit, comme sur le plan politique, l&#8217;affaire contient quelques fragilités.</p>
<p>Voyons pour le droit.</p>
<p>La Mairie de Paris, qui prétend<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_0_5300" id="identifier_0_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A ce jour, l&amp;#8217;affaire n&amp;#8217;a pas &eacute;t&eacute; jug&eacute; au p&eacute;nal non plus qu&amp;#8217;au civil. Il n&amp;#8217;y a cependant pas &eacute;t&eacute; mis fin. On est donc tenu par la proc&eacute;dure.">1</a></sup> avoir été conduite à rémunérer des personnes pour un travail qu&#8217;elles n&#8217;exécutaient pas, réclame aux responsables de l&#8217;époque — en particulier son maire Jacques Chirac — la restitution des sommes indûment versées. Pour ce faire, et comme l&#8217;autorise la procédure française, elle joint son <strong><em>action civile</em></strong> à <em><strong>l&#8217;action publique</strong></em> menée par le ministère public devant une juridiction pénale — en l&#8217;occurrence, le Tribunal correctionnel de Paris, qui doit entendre les parties d&#8217;ici quelques mois. Jacques Chirac, en effet, doit être jugé prochainement pour détournement de fonds publics et abus de confiance au détriment de la Mairie de Paris.</p>
<p>Quoique jugées par le même tribunal, l&#8217;action civile et l&#8217;action publique obéissent à des régimes différents. C&#8217;est ainsi que le ministère public, par exemple, ne peut se désister. Une fois l&#8217;action engagée, la juridiction répressive est saisie et doit statuer, et ce même si le ministère public abandonne l&#8217;accusation et requièrt la relaxe<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_1_5300" id="identifier_1_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui pourrait &ecirc;tre le cas dans l&amp;#8217;affaire qui nous occupe.">2</a></sup>. Surtout<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_2_5300" id="identifier_2_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et sauf la voie particuli&egrave;re de la composition p&eacute;nale.">3</a></sup>, il ne peut <strong><em>transiger</em></strong>. A l&#8217;inverse, la partie civile demeure maître de son action civile à laquelle elle peut renoncer. De même qu&#8217;elle peut contracter une <em><strong>transaction</strong></em> avec la partie poursuivie afin de régler le litige avant qu&#8217;il ne vienne en procès ou qu&#8217;une décision définitive fût rendue<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_3_5300" id="identifier_3_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Aux termes de l&amp;#8217;article 2044 du Code civil, &amp;laquo;&amp;nbsp;la transaction un contrat par lequel les parties terminent une contestation n&eacute;e, ou pr&eacute;viennent une contestation &agrave; na&icirc;tre&amp;nbsp;&amp;raquo;.">4</a></sup>. C&#8217;est la voie dans laquelle pensent à s&#8217;engager la Mairie de Paris et Jacques Chirac dans l&#8217;affaire qui les oppose.</p>
<p>La transaction est donc un contrat de droit privé, qui, comme le précise l&#8217;article 2046 du Code civil, n&#8217;empêche pas la poursuite du ministère public en matière pénale. Ne pensons donc pas qu&#8217;elle mettrait fin à l&#8217;affaire, même si l&#8217;on peut penser qu&#8217;avec un ministère public indolent et une partie civile absente, la défense aura la partie plus facile<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_4_5300" id="identifier_4_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais pas si facile, si le Pr&eacute;sident du Tribunal d&eacute;cide de prendre une part active &agrave; l&amp;#8217;instruction &agrave; l&amp;#8217;audience.">5</a></sup>. En revanche, elle éteint l&#8217;action civile dont elle doit régler les effets. De sorte que la Mairie de Paris accepte de renoncer à obtenir une condamnation civile au profit du versement d&#8217;une somme destinée à indemniser les dommages subis<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_5_5300" id="identifier_5_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Encore faut-ils que ceux-ci soient express&eacute;ment pr&eacute;vus par la transaction. Si le contrat ne vise que les sommes ind&ucirc;ment pay&eacute;es et non l&amp;#8217;indemnisation d&amp;#8217;un &eacute;ventuel pr&eacute;judice moral, l&amp;#8217;action ne sera pas &eacute;teinte sur ce chef.">6</a></sup>.</p>
<p>Il n&#8217;y a donc pas de problème particulier à la conclusion d&#8217;une transaction entre la Mairie et Jacques Chirac<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_6_5300" id="identifier_6_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Notons cependant qu&amp;#8217;aux termes de l&amp;#8217;article 2045, la transaction pass&eacute;e par une commune doit &ecirc;tre autoris&eacute;e par le Premier ministre.">7</a></sup>. Un tel accord permet d&#8217;éviter les frais afférents au procès civil et préserve ainsi les intérêts du créancier qui ne recherche pas — faut-il le rappeler encore — la condamnation pénale du prévenu en guise d&#8217;indemnisation.</p>
<p>L&#8217;intervention de l&#8217;UMP dans l&#8217;affaire, cependant, pose davantage de difficultés. Cela ne concerne certes pas la Mairie de Paris, ni même les contribuables<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_7_5300" id="identifier_7_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui ne tirent pas de l&amp;#8217;imp&ocirc;t vers&eacute; un droit personnel &agrave; contr&ocirc;ler l&amp;#8217;emploi des subventions faite aux partis politiques.">8</a></sup>, mais sans doute davantage les adhérents de l&#8217;UMP et peut-être même le ministère public.</p>
<p>L&#8217;UMP, en effet, n&#8217;est pas partie au procès mené contre Jacques Chirac. Et même si l&#8217;on peut juger qu&#8217;elle a pu tirer intérêt — sous la forme du RPR — des irrégularités prêtées à Jacques Chirac, elle n&#8217;a pas été directement mise en cause<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_8_5300" id="identifier_8_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce qui aurait &eacute;t&eacute; possible pour recel aux termes de la combinaison des articles 321-12 et 131-39 du code p&eacute;nal.">9</a></sup>. A quel titre, donc, peut-elle intervenir dans l&#8217;affaire qui oppose Jacques Chirac et la Mairie de Paris ?</p>
<p>A titre <strong><em>gratuit</em></strong>, répondra le juriste qui ne peut dégager d&#8217;intérêt juridique<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_9_5300" id="identifier_9_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le seul qui vaille, en droit.">10</a></sup> à l&#8217;engagement de payer qu&#8217;annonce le Président de l&#8217;UMP <a href="http://www.lefigaro.fr/politique/2010/08/30/01002-20100830ARTFIG00413-emplois-fictifs-l-ump-prete-a-payer-pour-chirac.php">dans le Figaro</a>. En effet, l&#8217;UMP ne reçoit rien en contrepartie de l&#8217;obligation qu&#8217;elle contracte au profit de la Mairie de Paris. Il s&#8217;agit donc d&#8217;une <em>libéralité</em> <em>indirecte</em> au profit de Jacques Chirac. Or, rien ne dit qu&#8217;une telle libéralité soit licite.</p>
<p>En effet, la licéité des actes faits par une association<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_10_5300" id="identifier_10_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les partis politiques ne sont que des associations soumises &agrave; un r&eacute;gime particulier quant &agrave; leur objet et leur financement.">11</a></sup> dépend de l&#8217;objet qu&#8217;elle s&#8217;est donné dans les statuts et de l&#8217;intérêt que l&#8217;acte présente pour l&#8217;association<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_11_5300" id="identifier_11_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au regard de son objet.">12</a></sup>. Voici ce que précisent <a href="http://www.lemouvementpopulaire.fr/Shared/Documents/Les-statuts.pdf">ceux de l&#8217;UMP</a> à l&#8217;article 2 :</p>
<blockquote><p>L’Union a pour objet de concourir à l’expression du suffrage universel dans le respect des valeurs de la République, Liberté, Egalité, Fraternité, des principes fondamentaux consacrés par la Constitution, de l’unité de la République et de l’indépendance de la Nation.<br />
Elle entend promouvoir, au service de la France et des Français, la liberté de conscience et la dignité de la personne, la diffusion de la culture et de l’instruction, le développement de la libre entreprise, l’État de droit, la justice sociale, le dialogue social, les droits, devoirs et solidarités fondamentales, l’égalité des chances, la sécurité des personnes et des biens, la protection de la nature et de l’environnement, la responsabilité individuelle, l’épanouissement de la famille, l’autorité de l’état, la libre administration des collectivités locales.<br />
Elle agit pour le rayonnement de la France dans le monde, pour la pérennité de la nation française, de son identité et de sa culture, pour le développement de la francophonie, pour la construction d’une Europe libre et démocratique et pour le progrès de la démocratie dans le monde.<br />
L’Union rassemble tous les Françaises et les Français qui partagent ces objectifs. Elle garantit la libre expression des sensibilités politiques qui la composent. Elle veille au respect du principe de parité entre les femmes et les hommes dans la vie du parti et l’accès aux responsabilités électives.</p></blockquote>
<p>Vous me direz que c&#8217;est large.</p>
<p>J&#8217;en conviens. Mais je confesse une certaine difficulté à faire coller à ces statuts le paiement sans contrepartie d&#8217;une indemnité civile au président d&#8217;un ancien mouvement fondateur dont les actes ont pu porter atteinte à l&#8217;image du mouvement et mis celui-ci dans une situation fragile par rapport à la justice pénale<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_12_5300" id="identifier_12_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A cet &eacute;gard, l&amp;#8217;UMP aurait pu tenter de se constituer partie civile.">13</a></sup>. Bref, les adhérents de l&#8217;UMP peuvent juger que la direction ferait un usage quelque peu curieux de leur contribution.</p>
<p>Ceci, d&#8217;ailleurs, sans préjudice d&#8217;une éventuelle<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_13_5300" id="identifier_13_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle n&amp;#8217;a cependant rien de certain et d&eacute;pendrait des modalit&eacute;s de la prise de d&eacute;cision.">14</a></sup> qualification d<em>&#8216;abus de confiance</em>. Car, dès lors que les dirigeants de l&#8217;UMP affectent les fonds reçus à un emploi autre que celui qui a été prévu dans les statuts, ils les détournent<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_14_5300" id="identifier_14_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&ecirc;me s&amp;#8217;il ne s&amp;#8217;agit pas de se les approprier.">15</a></sup> ; on retrouve alors les éléments constitutifs de l&#8217;infraction prévue à l&#8217;article 314-1 du code pénal. Ajoutons qu&#8217;en ce cas, Jacques Chirac comme la Mairie de Paris pourraient être jugées pour <em>recel</em>, en ce qu&#8217;elles ont bénéficié du produit d&#8217;un délit.</p>
<p>Bref. Il n&#8217;y a pas de problème de principe pour la transaction. On peut en trouver davantage dans l&#8217;intervention de l&#8217;Union pour un mouvement populaire.</p>
<p>Passons au plan politique, ensuite.</p>
<p>Je concède une certaine hésitation.</p>
<p>Par souci de la rigueur, je suis plutôt tenté de considérer que la transaction, qui ne modifie pas le cours de la justice pénale, a le mérite de ne pas polluer le futur procès de scories partisanes. D&#8217;un autre côté, je suis conscient qu&#8217;il en sera pour juger que majorité et opposition sont plus prompt à s&#8217;entendre pour apaiser les difficultés judiciaires qui pèsent sur l&#8217;un d&#8217;entre eux que pour servir l&#8217;intérêt de la France.</p>
<p>Cette dernière analyse, cependant, ne me satisfait pas. Car s&#8217;il ne faut pas ignorer les émotions et préjugés d&#8217;une opinion publique fatiguée, il ne s&#8217;agit pas plus de se soumettre à son jugement. Tenir compte de l&#8217;opinion du peuple ne consiste pas nécessairement à lui obéir, mais peut-être davantage d&#8217;y répondre et de n&#8217;en point démordre.</p>
<p>La gauche, je crois, se trouve dans une situation difficile. Elle ne gagne certainement pas grand chose à accabler l&#8217;ancien président de la République. Pour autant, elle ne peut donner le sentiment de participer à une entreprise d&#8217;inhumation de la procédure. Ne serait-ce que pour une question de morale publique<sup><a href="http://dinersroom.eu/5300/la-douteuse-indemnisation-de-la-mairie-de-paris-par-lump/#footnote_15_5300" id="identifier_15_5300" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et en particulier &agrave; Paris, o&ugrave; la question a sans doute fortement pes&eacute; sur l&amp;#8217;&eacute;volution politique de la ville.">16</a></sup>.</p>
<p>La droite populaire, également, a plus à perdre qu&#8217;à gagner dans ce débat. En payant pour Jacques Chirac, l&#8217;UMP peut donner le sentiment d&#8217;une solidarité politique d&#8217;intérêt, sans considération morale en cette période où la majorité ne recueille guère de satisfecit de l&#8217;opinion. Autrement dit, la majorité vole au secours des truands lorsqu&#8217;ils sont puissants tout en tenant un discours des plus fermes à l&#8217;endroit des personnes les moins favorisées. D&#8217;un autre côté, la fidélité à l&#8217;égard du chef est une valeur constitutive de la culture de la droite populaire. Quoi que l&#8217;on puisse reprocher à Jacques Chirac, il en est beaucoup, au Mouvement populaire, pour penser que l&#8217;UMP ne se grandirait pas en l&#8217;abandonnant à son sort.</p>
<p>Tout ceci pour dire que cette affaire a tout d&#8217;un poison dans les veines de la politique nationale. Et toute solution n&#8217;apparaît pas satisfaisante.</p>
<p>Le plus simple, peut-être, consisterait peut-être à s&#8217;en remettre à la rigueur du droit et tirer parti des incertitudes juridiques qui pèsent sur l&#8217;intervention de l&#8217;UMP pour trouver une façon de se dégager d&#8217;une solution finalement lourde de risques juridiques et politiques.</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5300" class="footnote">A ce jour, l&#8217;affaire n&#8217;a pas été jugé au pénal non plus qu&#8217;au civil. Il n&#8217;y a cependant pas été mis fin. On est donc tenu par la procédure.</li><li id="footnote_1_5300" class="footnote">Ce qui pourrait être le cas dans l&#8217;affaire qui nous occupe.</li><li id="footnote_2_5300" class="footnote">Et sauf la voie particulière de la composition pénale.</li><li id="footnote_3_5300" class="footnote">Aux termes de l&#8217;article 2044 du Code civil, &laquo;&nbsp;la transaction un contrat par lequel les parties terminent une contestation née, ou préviennent une contestation à naître&nbsp;&raquo;.</li><li id="footnote_4_5300" class="footnote">Mais pas si facile, si le Président du Tribunal décide de prendre une part active à l&#8217;instruction à l&#8217;audience.</li><li id="footnote_5_5300" class="footnote">Encore faut-ils que ceux-ci soient expressément prévus par la transaction. Si le contrat ne vise que les sommes indûment payées et non l&#8217;indemnisation d&#8217;un éventuel préjudice moral, l&#8217;action ne sera pas éteinte sur ce chef.</li><li id="footnote_6_5300" class="footnote">Notons cependant qu&#8217;aux termes de l&#8217;article 2045, la transaction passée par une commune doit être autorisée par le Premier ministre.</li><li id="footnote_7_5300" class="footnote">Qui ne tirent pas de l&#8217;impôt versé un droit personnel à contrôler l&#8217;emploi des subventions faite aux partis politiques.</li><li id="footnote_8_5300" class="footnote">Ce qui aurait été possible pour <em>recel</em> aux termes de la combinaison des articles 321-12 et 131-39 du code pénal.</li><li id="footnote_9_5300" class="footnote">Le seul qui vaille, en droit.</li><li id="footnote_10_5300" class="footnote">Les partis politiques ne sont que des associations soumises à un régime particulier quant à leur objet et leur financement.</li><li id="footnote_11_5300" class="footnote">Au regard de son objet.</li><li id="footnote_12_5300" class="footnote">A cet égard, l&#8217;UMP aurait pu tenter de se constituer partie civile.</li><li id="footnote_13_5300" class="footnote">Elle n&#8217;a cependant rien de certain et dépendrait des modalités de la prise de décision.</li><li id="footnote_14_5300" class="footnote">Même s&#8217;il ne s&#8217;agit pas de se les approprier.</li><li id="footnote_15_5300" class="footnote">Et en particulier à Paris, où la question a sans doute fortement pesé sur l&#8217;évolution politique de la ville.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Élections régionales : tout est perdu, sauf l&#8217;Alsace</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Mar 2010 19:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Débat public]]></category>
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		<category><![CDATA[Alsace]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, on ne recherche plus guère la conversation des savants, des voyageurs ou des limonadiers. De ceux qui, enfin, se sont fait un ministère de la connaissance des hommes. On leur préfère histrions, devins et spéculateurs en tout genre. Le divertissement y gagne ce qu&#8217;y perd le savoir. Mais enfin, quel imbécile a-t-il jamais décrété que la veille du lundi devait être dévolu aux fades profondeurs ? C&#8217;est donc dans un esprit de légèreté, duquel toute modestie doit être sévèrement écartée, que je m&#8217;apprête à commenter les résultats des élections régionales. Comme tout le monde, j&#8217;ai suivi la publication des résultats sur les sites de nos amis belges et suisses1. De sorte que je puis annoncer la rumeur qui court : la droite a sauvé l&#8217;Alsace. 46% des votes contre 39%. Ah, il est beau le grand chelem ! C&#8217;est bien gentil de se gargariser de la Lorraine et autres provinces, mais l&#8217;Alsace, ils ne l&#8217;auront pas. Non plus que la Guyane, semble-t-il. Et Frédéric Lefebvre me prêterait-il son office, ne serait-ce que pour quelques secondes, je n&#8217;hésiterais pas à me gausser de la présomption de madame [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4555" class="wp-caption alignleft" style="width: 298px"><a href="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/03/Cigognealsace.gif"><img class="size-full wp-image-4555" title="Cigognealsace" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/03/Cigognealsace.gif" alt="Une cigogne alsacienne" width="288" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Une cigogne alsacienne</p></div>
<p>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour son empire, on ne recherche plus guère la conversation des savants, des voyageurs ou des limonadiers. De ceux qui, enfin, se sont fait un ministère de la connaissance des hommes.</p>
<p>On leur préfère histrions, devins et spéculateurs en tout genre. Le divertissement y gagne ce qu&#8217;y perd le savoir. Mais enfin, quel imbécile a-t-il jamais décrété que la veille du lundi devait être dévolu aux fades profondeurs ?</p>
<p>C&#8217;est donc dans un esprit de légèreté, duquel toute modestie doit être sévèrement écartée, que je m&#8217;apprête à commenter les résultats des élections régionales.</p>
<p>Comme tout le monde, j&#8217;ai suivi la publication des résultats sur les sites de nos amis belges et suisses<sup><a href="http://dinersroom.eu/4554/elections-regionales-tout-est-perdu-sauf-lalsace/#footnote_0_4554" id="identifier_0_4554" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dans l&amp;#8217;ordre alphab&eacute;tique.">1</a></sup>. De sorte que je puis annoncer la rumeur qui court : la droite a sauvé l&#8217;Alsace. 46% des votes contre 39%.</p>
<p>Ah, il est beau le grand chelem ! C&#8217;est bien gentil de se gargariser de la Lorraine et autres provinces, mais l&#8217;Alsace, ils ne l&#8217;auront pas. Non plus que la Guyane, semble-t-il. Et Frédéric Lefebvre me prêterait-il son office, ne serait-ce que pour quelques secondes, je n&#8217;hésiterais pas à me gausser de la présomption de madame Martine Aubry.</p>
<p>Et c&#8217;est pourquoi je ne me priverai pas ici d&#8217;une déclaration solennelle.</p>
<p>Déclaration solennelle<sup><a href="http://dinersroom.eu/4554/elections-regionales-tout-est-perdu-sauf-lalsace/#footnote_1_4554" id="identifier_1_4554" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une solennit&eacute; qui m&amp;#8217;interdit d&amp;#8217;en r&eacute;server la publication pour cette seule page ; l&amp;#8217;honneur &mdash; et le droit de courte citation &mdash; exige donc que j&amp;#8217;en laisse libre la reproduction.">2</a></sup> :</p>
<blockquote><p>La France se compose de 25 régions et d&#8217;une collectivité territoriale — ci après, la Corse — : le gain de 23 régions ne constitue pas un grand chelem.</p></blockquote>
<p>Et les amateurs de bridge auront noté qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas davantage d&#8217;un petit chelem. Voilà pour les idées reçues. L&#8217;honnête citoyen, qui chérit l&#8217;exactitude comme une mère son enfant, ne manquera de méditer cette considération dès plus limpides.</p>
<p>Comme Xavier Bertrand, on peut légitimement estimer que le message envoyé par les français est celui de la précaution et de la stabilité&#8230; Et aussi qu&#8217;il ne faut pas interpréter les résultats. D&#8217;ailleurs, ce n&#8217;est pas une victoire de la gauche, mais de l&#8217;abstention.</p>
<p>Retour au réel.</p>
<p>Le fait est que les résultats les plus étonnants sont ceux du Front National. Nonobstant un frémissement de la participation électorale, le parti de la droite nationale consolide un certain nombre de positions. Plus que les résultats du premier tour, ces scores doivent être mesurés à l&#8217;aune de l&#8217;ambition annoncée du Président Sarkozy en 2007. Si le Front National se maintient, malgré les habiles séductions dont son électorat a fait l&#8217;objet, c&#8217;est qu&#8217;il épouse un sentiment<sup><a href="http://dinersroom.eu/4554/elections-regionales-tout-est-perdu-sauf-lalsace/#footnote_2_4554" id="identifier_2_4554" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ou un ressentiment ; ou un espoir, d&amp;#8217;ailleurs : m&amp;#8217;est avis que le vote pour le FN traduit un espoir plus qu&amp;#8217;un d&eacute;sespoir.">3</a></sup> puissant du corps électoral.</p>
<p>(A suivre, bien sûr)</p>
<br>
<br>
<br>
<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_4554" class="footnote">Dans l&#8217;ordre alphabétique.</li><li id="footnote_1_4554" class="footnote">Une solennité qui m&#8217;interdit d&#8217;en réserver la publication pour cette seule page ; l&#8217;honneur — et le droit de courte citation — exige donc que j&#8217;en laisse libre la reproduction.</li><li id="footnote_2_4554" class="footnote">Ou un ressentiment ; ou un espoir, d&#8217;ailleurs : m&#8217;est avis que le vote pour le FN traduit un espoir plus qu&#8217;un désespoir.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Élections régionales : un désastre en trompe l&#8217;œil pour la droite ?</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 12:46:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Président Sarkozy]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, un homme de qualité se doit de ne point laisser croupir sa pensée dans le silence, sans se laisser arrêter par une ignorance triviale ou une lâche modestie. Raisonnablement nanti de cette qualité que la terre civilisée envie au génie français, je vais donc m&#8217;arrêter sur les résultats du premier tour de ces élections régionales. Commençons par l&#8217;abstention. S&#8217;agit-il d&#8217;un désintérêt pour la chose politique. Désintérêt né tout à la fois d&#8217;un mépris croissant pour le personnel politique et d&#8217;un affaissement du civisme républicain ? On ne peut l&#8217;écarter tout à fait, sans doute. Mais d&#8217;autres facteurs peuvent contribuer à expliquer la désaffection des électeurs pour les urnes. Tout d&#8217;abord, les enjeux du scrutin. Si l&#8217;on admet, comme il résulte d&#8217;une enquête de l&#8217;institut CSA, que les enjeux régionaux ont dominé la perspective nationale, on conçoit volontiers la paresse de l&#8217;électeur. Le pouvoir régional s&#8217;exerce difficilement selon des déterminants idéologiques. Et même si les électeurs ne sont pas au fait des compétences de la région, ils perçoivent sans peine qu&#8217;une inflexion politique des organes dirigeants a des conséquences marginales sur leur vie quotidienne. Dés lors, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/03/MarianneBuste.JPG"><img class="alignleft size-medium wp-image-4516" title="MarianneBuste" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/03/MarianneBuste-170x300.jpg" alt="MarianneBuste" width="170" height="300" /></a>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, un homme de qualité se doit de ne point laisser croupir sa pensée dans le silence, sans se laisser arrêter par une ignorance triviale ou une lâche modestie.</p>
<p>Raisonnablement nanti de cette qualité que la terre civilisée envie au génie français, je vais donc m&#8217;arrêter sur les résultats du premier tour de ces élections régionales.</p>
<p>Commençons par l&#8217;abstention.</p>
<p>S&#8217;agit-il d&#8217;un désintérêt pour la chose politique. Désintérêt né tout à la fois d&#8217;un mépris croissant pour le personnel politique et d&#8217;un affaissement du civisme républicain ?</p>
<p>On ne peut l&#8217;écarter tout à fait, sans doute. Mais d&#8217;autres facteurs peuvent contribuer à expliquer la désaffection des électeurs pour les urnes.</p>
<p>Tout d&#8217;abord, les enjeux du scrutin. Si l&#8217;on admet, comme il résulte <a href="http://www.csa-fr.com/dataset/data2010/opi20100314-sondage-jour-du-vote-au-premier-tour-des-elections-regionales-2010.pdf">d&#8217;une enquête</a> de l&#8217;institut CSA, que les enjeux régionaux ont dominé la perspective nationale, on conçoit volontiers la paresse de l&#8217;électeur. Le pouvoir régional s&#8217;exerce difficilement selon des déterminants idéologiques. Et même si les électeurs ne sont pas au fait des compétences de la région, ils perçoivent sans peine qu&#8217;une inflexion politique des organes dirigeants a des conséquences marginales sur leur vie quotidienne.</p>
<p>Dés lors, les mouvements de l&#8217;opinion à l&#8217;échelle nationale doivent être lus avec circonspection.</p>
<p>Il semble entendu qu&#8217;une bonne part du score de la droite populaire est due à la réticence de son électorat. C&#8217;est une forme de sanction, certes, mais aux conséquences modérées. Une façon de tirer à blanc — si vous me passez l&#8217;expression — qui n&#8217;aura pas nécessairement de conséquences lors d&#8217;un scrutin national. C&#8217;est une chose de taper sur les doigts de son camps lors d&#8217;une élection territoriale ; c&#8217;en est une autre que de favoriser la victoire des adversaires lors des élections présidentielle ou générales. On peut ainsi former l&#8217;hypothèse que la même irritation des sympatisants de la droite ne produira pas les mêmes conséquences en 2012.</p>
<p>L&#8217;abstention, cependant, n&#8217;est pas constituée des seuls électeurs de droite fâchés. Et la gauche aurait tort de se rengorger. Car la victoire en pourcentage — qui semble promise — masque une incapacité persistante à mobiliser massivement son électorat. A cet égard, l&#8217;abstention n&#8217;est pas seulement une manifestation de distance avec la politique ou avec la majorité parlementaire, elle est aussi le signe d&#8217;une défiance à l&#8217;endroit de l&#8217;alternative politique de gauche.</p>
<p>Au reste, la concurrence croissante de la composante écologiste posera sans doute des problèmes lors des échéances nationales. Car la subordination des élections générales à l&#8217;élection présidentielle peut induire des stratégies non coopératives très handicapantes<sup><a href="http://dinersroom.eu/4497/elections-regionales-un-desastre-en-trompe-loeil-pour-la-droite/#footnote_0_4497" id="identifier_0_4497" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La n&eacute;cessit&eacute; de faire un score &agrave; l&amp;#8217;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle pour exister lors des &eacute;lections g&eacute;n&eacute;rales implique que toutes formations doivent proposer un candidat. Ce qui nuit &agrave; la dynamique de premier tour pour le camp le plus parcellis&eacute;.">1</a></sup>. Dans un scrutin uninominal — tel que l&#8217;élection présidentielle —, les écarts de premier tour peuvent être déterminants. Et les voix écologistes qui manqueraient au candidat socialiste lors du premier tour pèseront sur le sort de l&#8217;élection ; davantage que dans un scrutin de liste en tous les cas. Daniel Cohn-Bendit, qui a suggéré l&#8217;abandon d&#8217;une candidature écologiste pour la présidence contre un accord de législature aux élections générales a pointé le danger.</p>
<p>On ne devrait pas, d&#8217;ailleurs, conclure trop vite des résultats des élections européennes et régionales. Les bons scores obtenus par Europe écologie ne garantissent pas nécessairement la pérennité de cette demande politique. Intuitivement, j&#8217;ai tendance à penser qu&#8217;il existe une partie de cet électorat caractérisé par une haute volatilité. Déçue du parti socialiste, elle a pu se tourner vers le Modem par libéralisme de gauche, puis vers les écologistes lorsqu&#8217;ils sont représentés par la figure de Daniel Cohn-Bendit. De façon générale, ces électeurs non captifs cherchent des alternatives à un Parti socialiste parfois désolant de surmoi marxiste. Ils constituent donc une force peu fidèle et prompte à nourrir les espoirs et déceptions des projets politiques aventureux.</p>
<p>Le sort du Modem et de François Bayrou m&#8217;apparaît plus compromis. C&#8217;est  une question de crédibilité politique qui sera, m&#8217;est avis, difficile à  rétablir. Rien ne dit qu&#8217;il n&#8217;existe pas un espace politique pour un  centre au barycentre de gauche, mais la gestion politique du Modem l&#8217;a  provisoirement asséché. Je ne crois donc plus guère au destin de  François Bayrou, qui a su décevoir un électorat prompt à affluer comme à  refluer<sup><a href="http://dinersroom.eu/4497/elections-regionales-un-desastre-en-trompe-loeil-pour-la-droite/#footnote_1_4497" id="identifier_1_4497" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais Nicolas, sur Meilcour.fr, lui  laisse le b&eacute;n&eacute;fice du temps.">2</a></sup>.</p>
<p>Je réserve mon opinion sur les scores du Front National<sup><a href="http://dinersroom.eu/4497/elections-regionales-un-desastre-en-trompe-loeil-pour-la-droite/#footnote_2_4497" id="identifier_2_4497" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J&amp;#8217;aimerais bien savoir si les &eacute;lecteurs de Philippe de Villiers l&amp;#8217;ont suivi dans son alliance avec l&amp;#8217;UMP, ou s&amp;#8217;ils se sont retourn&eacute;s vers le FN.">3</a></sup>. Disons simplement qu&#8217;il n&#8217;a pas été éliminé du jeu politique. Mais rien ne dit qu&#8217;il continuera de peser sur les chances de la droite populaire. Je le crois toujours susceptible de fournir un appréciable renfort au Président Sarkozy si ce dernier choisit de se représenter en 2012. En tous les cas, beaucoup de choses dépendront de la ligne politique adoptée par les successeurs de Jean-Marie Le Pen.</p>
<p>Ceci pour dire que le score de la droite populaire n&#8217;autorise pas nécessairement l&#8217;optimisme de la gauche, non plus que le pessimisme de l&#8217;UMP. Certes, cela va grogner dans les sections ; perdre des places d&#8217;élu ne prédispose pas les militants à l&#8217;enthousiasme. Et l&#8217;UMP, sans doute, devrait choyer ses partisans mieux qu&#8217;il ne le fait aujourd&#8217;hui. Mais je donne toujours à la droite un avantage structurel pour les futures échéances nationales.</p>
<p>Et finalement, le seul échec véritable de la droite, c&#8217;est le score piteux des listes du NPA. Cela profite au Front de gauche, et par là, aux chances électorales du Parti socialiste.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_4497" class="footnote">La nécessité de faire un score à l&#8217;élection présidentielle pour exister lors des élections générales implique que toutes formations doivent proposer un candidat. Ce qui nuit à la dynamique de premier tour pour le camp le plus parcellisé.</li><li id="footnote_1_4497" class="footnote">Mais Nicolas, sur Meilcour.fr, <a href="http://www.meilcour.fr/polito/bayrou-finit-son-calvaire-exsangue.html">lui  laisse</a> le bénéfice du temps.</li><li id="footnote_2_4497" class="footnote">J&#8217;aimerais bien savoir si les électeurs de Philippe de Villiers l&#8217;ont suivi dans son alliance avec l&#8217;UMP, ou s&#8217;ils se sont retournés vers le FN.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Élections régionale. En péniche sur la Seine</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Mar 2010 19:02:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Jean-Paul Huchon]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il ne sera pas dit que Jules a renoncé à franchir de Rubicon. Et faute de Rubicon, il a traversé la Seine, fleuve de tradition gauloise qui arrose la bonne ville de Troyes avant de partager Paris en escalopes. C&#8217;est en effet à la rive gauche parisienne qu&#8217;est amarrée L&#8217;Équité, péniche de campagne de Valérie Pécresse et son équipe. Prêtons-leur pour un soir la devise parisienne : Fluctuat nec mergitur. Et tant que nous y sommes, cédons à la facilité du pastiche. Mars le joli mars en péniche sur la Seine Une dame regardait quelques tristes résultats Vous êtes si jolie mais la défaite est là Qui donc a fait pleurer cette âme républicaine Un peu d&#8217;histoire. Le pont du Garigliano, qui nous contemple de ses quatre décennies, a été nommé ainsi par hommage à une victoire remportée en 1944 par le Maréchal Juin. Mais c&#8217;est aussi le lieu des hauts faits du chevalier Bayard, qui combattit les espagnols pour couvrir la retraite des armées françaises. Bref, une défaite glorieuse sous le regard pontifical de Jules II1. Il est 20 heures. Les résultats viennent de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/03/P1000448.JPG"><img class="alignleft size-medium wp-image-4495" title="P1000448" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/03/P1000448-300x225.jpg" alt="P1000448" width="300" height="225" /></a>Dans ce monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il ne sera pas dit que Jules a renoncé à franchir de Rubicon.</p>
<p>Et faute de Rubicon, il a traversé la Seine, fleuve de tradition gauloise qui arrose la bonne ville de Troyes avant de partager Paris en escalopes.</p>
<p>C&#8217;est en effet à la rive gauche parisienne qu&#8217;est amarrée L&#8217;Équité, péniche de campagne de Valérie Pécresse et son équipe. Prêtons-leur pour un soir la devise parisienne : <em>Fluctuat nec mergitur</em>.</p>
<p>Et tant que nous y sommes, cédons à la facilité du pastiche.</p>
<p>Mars le joli mars en péniche sur la Seine<br />
Une dame regardait quelques tristes résultats<br />
Vous êtes si jolie mais la défaite est là<br />
Qui donc a fait pleurer cette âme républicaine</p>
<p>Un peu d&#8217;histoire.</p>
<p>Le pont du Garigliano, qui nous contemple de ses quatre décennies, a été nommé ainsi par hommage à une victoire remportée en 1944 par le Maréchal Juin. Mais c&#8217;est aussi le lieu des hauts faits du chevalier Bayard, qui combattit les espagnols pour couvrir la retraite des armées françaises. Bref, une défaite glorieuse sous le regard pontifical de Jules II<sup><a href="http://dinersroom.eu/4466/elections-regionale-en-peniche-sur-la-seine/#footnote_0_4466" id="identifier_0_4466" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est de tradition que les Jules ont, de tous temps, sournoisement infest&eacute; les hauts lieux du pouvoir. Songez &agrave; la R&eacute;publique des Jules.">1</a></sup>.</p>
<p>Il est 20 heures. Les résultats viennent de tomber sur TF1. Un moment de silence sépulcral. <em>Sic tansit gloria mundi</em>. Quelques instants plus tard, des cris et applaudissements lorsque la liste UMP de Valérie Pécresse est annoncée devant celle de Jean-Paul Huchon.</p>
<p>Patrick Karam, numéro deux de la liste UMP à Paris fait part de ses projets au Conseil régional. Il compte provoquer sans cesse Jean-Paul Huchon, jusqu&#8217;à provoquer des incidents de séances. Je ne suis pas sûr que l&#8217;UMP y trouvera une image plus chatoyante.</p>
<p>Entre désolation et consolation : c&#8217;est la débâcle, mais la liste de Valérie Pécresse semble avoir obtenu de meilleurs résultats que celle de Jean-Paul Huchon. Les équipes parisiennes se satisfont d&#8217;un score prévisible meilleur que les tendances nationales. Un étrange soulagement flotte parmi les militants.</p>
<p>Le calme désormais. Et un peu de luxe et de volupté. Les militants plaisantent.Valérie Pécresse passe, un téléphone vissé à l&#8217;oreille. Mine soucieuse ou concentrée. Il est 22h30 et il est déjà demain.</p>
<p>Certains observent que la campagne de l&#8217;UMP pour le second tour commence dès maintenant alors que la gauche devra prendre le temps de constituer des listes. Un autre motif d&#8217;espoir.</p>
<p>De fait, si les estimations sont confirmées par les résultats, la gauche devra faire face à un problème compliqué : la puissance montante des écologistes trahit une infidélité croissante au parti socialiste et ne garantit nullement des reports favorables au parti socialiste. De surcroît, ce nouveau succès peut conduire les alliés du Parti socialiste à un comportement peu accommodant. La droite parlementaire, sans doute, perd beaucoup. Mais la gauche est bien loin de s&#8217;assurer une autorité durable.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_4466" class="footnote">Il est de tradition que les Jules ont, de tous temps, sournoisement infesté les hauts lieux du pouvoir. Songez à la République des Jules.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Les étrennes des buralistes</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Jan 2010 19:20:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jules</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans un monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il importe que les vieux pots accueillent la meilleure soupe. En l&#8217;occurrence, rien ne vaut une modeste subvention pour stimuler les indulgences électorales. C&#8217;est donc en ce frais matin du 13 janvier 2010, cent onzième anniversaire du &#171;&#160;J&#8217;accuse&#160;&#187; de Zola, qu&#8217;a paru le décret n° 2010-41 du 11 janvier 2010 modifiant le décret n° 2006-156 du 13 février 2006 portant création d&#8217;une remise additionnelle en faveur des débitants de tabac. De quoi s&#8217;agit-il ? Les gérants des débits de tabac sont rémunérés par une remise sur les prix pratiqués des produits du tabac1. Cette remise constitue leur marge. Le décret du 13 février 2006 a prévu régime de rémunération complémentaire, également sous forme de remise dite &#171;&#160;additionnelle&#160;&#187;. A ce jour, cette remise est ainsi déterminée2 : Pour les départements de France continentale, le taux de la remise additionnelle est de 2 % sur les 152 500 premiers euros des livraisons annuelles au débit et de 0,5 % sur la tranche de ces livraisons dont la valeur est comprise entre 152 501 et 300 000 euros. Soit, Pour un chiffre d&#8217;affaire de 80 000 € : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_4091" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-4091" title="800px-Carotte_vendeur_tabac" src="http://dinersroom.eu/wp-content/uploads/2010/01/800px-Carotte_vendeur_tabac-300x199.jpg" alt="Crédit Fabien 1309 ; creative commons" width="300" height="199" /><p class="wp-caption-text">Crédit Fabien 1309 ; creative commons</p></div>
<p>Dans un monde où la corruption des valeurs morales étend chaque jour davantage son empire, il importe que les vieux pots accueillent la meilleure soupe. En l&#8217;occurrence, rien ne vaut une modeste subvention pour stimuler les indulgences électorales.</p>
<p>C&#8217;est donc en ce frais matin du 13 janvier 2010, cent onzième anniversaire du &laquo;&nbsp;J&#8217;accuse&nbsp;&raquo; de Zola, qu&#8217;a paru le <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000021664842&amp;dateTexte=&amp;oldAction=rechJO&amp;categorieLien=id">décret n° 2010-41 du 11 janvier 2010</a> modifiant le <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=1000A3E2EE72EF2F9626BE73C0097077.tpdjo07v_1?cidTexte=JORFTEXT000000788634&amp;categorieLien=cid&amp;dateTexte=">décret n° 2006-156 du 13 février 2006</a> <em>portant création d&#8217;une remise additionnelle en faveur des débitants de tabac</em>.</p>
<p>De quoi s&#8217;agit-il ?</p>
<p>Les gérants des débits de tabac sont rémunérés par une remise sur les prix pratiqués des produits du tabac<sup><a href="http://dinersroom.eu/4089/les-etrennes-des-buralistes/#footnote_0_4089" id="identifier_0_4089" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entre 8 et 9% du prix effectivement pratiqu&eacute;.">1</a></sup>. Cette remise constitue leur marge. Le décret du 13 février 2006 a prévu régime de rémunération complémentaire, également sous forme de remise dite &laquo;&nbsp;additionnelle&nbsp;&raquo;.</p>
<p>A ce jour, cette remise est ainsi déterminée<sup><a href="http://dinersroom.eu/4089/les-etrennes-des-buralistes/#footnote_1_4089" id="identifier_1_4089" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sauf la Corse qui b&eacute;n&eacute;ficie d&amp;#8217;un r&eacute;gime pr&eacute;f&eacute;rentiel.">2</a></sup> :</p>
<blockquote><p>Pour les départements de France continentale, le taux de la remise additionnelle est de 2 % sur les 152 500 premiers euros des livraisons annuelles au débit et de 0,5 % sur la tranche de ces livraisons dont la valeur est comprise entre 152 501 et 300 000 euros.</p></blockquote>
<p>Soit,</p>
<p>Pour un chiffre d&#8217;affaire de 80 000 € : 80 000 x 0,02 = 1600 €</p>
<p>Pour un chiffre d&#8217;affaire de 150 000 € : 150 000 x 0, 02 = 3000 €</p>
<p>Et pour un chiffre d&#8217;affaire de 200 000 € : 152 501 x 0,02 + (200 000 &#8211; 152 501) x 0,005 = 3 287,50 €</p>
<p>Le décret du jour modifie cette méthode de calcul :</p>
<p>Il divise la remise additionnelle en une <em>part proportionnelle</em> et une <em>part forfaitaire</em>.</p>
<p>La <strong><em>part proportionnelle</em></strong> reprend une partie du dispositif précédent. Son taux est de 2 % sur les 152 500 premiers euros. Et disparaissent ainsi les 0,5% sur le chiffre d&#8217;affaire jusqu&#8217;à 300 000 €. Une perte, donc, à priori, pour les débits de tabac les plus actifs. Il n&#8217;en est rien.</p>
<p>La <strong><em>part forfaitaire</em></strong> est prévue par un article 3-1 nouveau :</p>
<blockquote><p>Pour les départements de France continentale, le montant de la prime forfaitaire de service public s&#8217;élève annuellement à :<br />
1 000 euros pour les débits dont la valeur annuelle des livraisons n&#8217;excède pas 100 000 euros ;<br />
500 euros pour les débits dont la valeur annuelle des livraisons est comprise entre 100 001 euros et 300 000 euros.</p></blockquote>
<p>On aura noté en passant la dénomination de &laquo;&nbsp;prime forfaitaire de <strong>service public</strong>&laquo;&nbsp;. C&#8217;est que, si la lutte contre le tabagisme a été érigée au rang de cause nationale, la distribution du tabac relève, quant à elle, de la poursuite de l&#8217;intérêt général<sup><a href="http://dinersroom.eu/4089/les-etrennes-des-buralistes/#footnote_2_4089" id="identifier_2_4089" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dont le service public est la mission.">3</a></sup>.</p>
<p>Refaisons donc nos calculs :</p>
<p>Pour un chiffre d&#8217;affaire de 80 000 € : 80 000 x 0,02 +1000 = 2600 €</p>
<p>Pour un chiffre d&#8217;affaire de 150 000 € : 150 000 x 0, 02 + 500 = 3500 €</p>
<p>Et pour un chiffre d&#8217;affaire de 200 000 € : 152 501 x 0,02 + 500 = 3 550 €</p>
<p>En réalité, seuls y perdent les gérants de débit de tabac qui réalisent un chiffre d&#8217;affaire supérieur à 252 501 €. Cependant, comme le démontre <a href="http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1222#inter5">une étude de l&#8217;INSEE</a><sup><a href="http://dinersroom.eu/4089/les-etrennes-des-buralistes/#footnote_3_4089" id="identifier_3_4089" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&amp;#8217;&eacute;tude date de 2006, mais les revenus li&eacute;s au commerce du tabac n&amp;#8217;ont cess&eacute; de baisser.">4</a></sup>, le chiffre d&#8217;affaire moyen lié au tabac est loin d&#8217;atteindre ce montant. Aussi bien la mesure a-t-elle vocation à bénéficier à une grande partie des gérants de débits de tabac ; qui sont aussi des électeurs.</p>
<p>Nul ne doute que les buralistes — dont on connaît le proverbial gauchisme radical — ne manqueront pas de s&#8217;émouvoir de cette preuve d&#8217;attention gouvernementale.</p>
<p>Et de la faire partager à leur clientèle dont le regard parfois aqueux trahit l&#8217;esprit remarquable et voltairien de notre génie national.</p>
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<br><ol class="footnotes"><li id="footnote_0_4089" class="footnote">Entre 8 et 9% du prix effectivement pratiqué.</li><li id="footnote_1_4089" class="footnote">Sauf la Corse qui bénéficie d&#8217;un régime préférentiel.</li><li id="footnote_2_4089" class="footnote">Dont le service public est la mission.</li><li id="footnote_3_4089" class="footnote">L&#8217;étude date de 2006, mais les revenus liés au commerce du tabac n&#8217;ont cessé de baisser.</li></ol>]]></content:encoded>
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